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C. Etude de l’inversibilité de u et v

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Academic year: 2021

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(1)

Problème 2 (Mines 2017 math 1)

Etude d’un endomorphisme d’un espace de fonctions numériques SoitIun intervalle de la forme [−a,a] oùaest un réel strictement positif. Dans tout le problème, on considère les ensembles suivants :

• EleC-espace vectoriel constitué des applications deIdansCde classeC;

• Dla partie deE constituée de ses éléments développables en série entière sur un voisinage de 0 ;

• P la partie deE constituée de ses éléments polynomiaux.

Pour toutnN, on note

Wn= Z π/2

0

(sin(t))nd t

et sif ∈E, on noteu(f) etv(f) les applications deIdansCdéfinies par les formules

xI,u(f)(x)=2 π

Z π/2 0

f(xsin(t))d t

xI,v(f)(x)=f(0)+x Z π/2

0

f0(xsin(t))d t Les candidats devront justifier leurs affirmations.

A. Préliminaires

1. Justifier queP etDsont des sous-espaces vectoriels deE.

Par définition,DetP sont des parties deE. Non vides car contenante0. Une combinaison linéaire de fonctions polynomiales est une fonction polyno- miale. Sif etgsont développables en série entière respectivement sur ]−r,r[

et sur ]−r0,r0[, oùr>0 etr0>0,αf +βg (α,βC) l’est. DoncDest aussi stable par combinaison linéaire. Finalement,

P etDsont des sous-espaces vectoriels deE

2. Montrer que sif ∈E,u(f) etv(f) sont bien définies et appartiennent àE, et que l’on définit ainsi des endomorphismesuetvdeE.

- Pour toutxI, t7→f(xsin(t)) est continue sur le segment [0,π/2] (car

|xsin(t)| ≤ |x| ≤aet doncxsin(t)∈Ipour tout (x,t)I×[0,π/2]) et donc intégrable sur ce segment.

- Pour toutt∈[0,π/2],x7→f(xsin(t)) est indéfiniment dérivable surI, de dérivéep-ièmex7→(sin(t))pf(p)(xsin(t)) par récurrence surpN.

- Pour toutpNetxI,t7→(sin(t))pf(p)(xsin(t)) est continue sur [0,π/2].

- Pour toutpNett∈[0,π/2],x7→(sin(t))pf(p)(xsin(t)) est continue sur I.

- ∀pN∀(x,t)∈I×[0,π/2], |(sin(t))pf(p)(xsin(t))| ≤ kf(p)k. (f(p)est continue sur le segment [0,π/2] donc bornée sur ce segment). Et toute fonction constante est intégrable sur le segment [0,π/2].

(2)

Le théorème de classeCdes fonctionsx7−→

Z

J

h(x,t)dts’applique donc et montre que

f ∈E,u(f)∈E Il dit aussi que

pN,u(f)(p) : x7→2 π

Zπ/2 0

(sin(t))pf(p)(xsin(t))d t La linéarité deuest conséquence directe de la linéarité de l’intégrale :

u∈L(E)

Sif ∈E,f0∈Eet commev(f)=‚f(0)+π2Id×u(f0),v(f)∈E (carE est stable par produit et par combinaison linéaire). La linéarité devdécoule de celle de uet de la linéarité de la dérivation.

v(E)⊂Eetv∈L(E)

3. Montrer queP est stable paruetv.

uetvétant linéaires, il suffit de montrer queu(en) etv(en) sont dansP pour tout entiernNen : x7→xn.

Un calcul élémentaire donne

nN,u(en)=2Wn π en

nN,v(en)=nWn−1en et v(e0)=1=e0 On a donc montré que

u(P)⊂P etv(P)⊂P

4. Etablir pournNune relation simple entreWn+2etWn. En déduire que pour toutnN,

WnWn+1= π 2(n+1)

Une intégration par parties donne (on primitive sin(x) et on dérive sinn−1(x), toutes les fonctions utilisées sont de classeC1sur [0,π/2])

n≥2,Wn

−cos(x) sinn−1(x)¤π/2

0 +(n−1) Zπ/2

0

cos2(x) sinn−2(x)d x

Avec cos2x=1−sin2x, on obtientWn=n−1

n Wn−2. Ainsi

nN,Wn+2=n+1 n+2Wn

(3)

On en déduit que

nN, (n+2)Wn+2Wn+1=(n+1)WnWn+1

c’est à dire que la suite de terme général (n+1)WnWn+1est constante. Or, W0=π

2 etW1=1 et on a donc

nN,WnWn+1= π 2(n+1)

5. Montrer que la suite (Wn)nNest strictement décroissante. Déterminer sa li- mite et donner un équivalent de cette suite.

Aprés intégration des inégalités (sin(x))n+1≤(sin(x))npourx∈[0,π/2] (consé- quence de sin(x)∈[0, 1] pourx∈[0,π/2]) on obtientWn+1Wn, ce qui prouve la décroissance de la suite (Wn). Si, par l’absurde,WnWn+1=0 alors l’inté- grale de (sin(x))n−(sin(x))n+1est nulle sur [0,π/2]. Ceci est impossible car la fonction est continue, positive et non nulle. On a donc montré que

(Wn)n∈Nest strictement décroissante

Comme (Wn) est décroissante et minorée par 0, elle admet une limite positive

`. En passant à la limite dans la relation de la question 4, on obtient que`2=0 et ainsi

nlim→+∞Wn=0

On sait queWn+1WnWn−1et donc (on multiplie parWn≥0)Wn+1WnWn2Wn−1Wn. Avec la relation de la question précédente,

π

2(n+1)≤Wn2π 2(n−1) Majorant et minorant étant équivalents à π

2n, il en est de même deWn2. Comme Wn>0, on conclut que

Wn∼ rπ

2n

B. Propriétés topologiques de u et v

On considère la normeMde la convergence uniforme surE définie pour tout f ∈Epar la formule

M(f)=max

xI |f(x)|

6. Vérifier queMest bien définie et montrer qu’il existe un réelαtel que

f ∈E M¡ u(f

αM(f)

(4)

Une fonction de classeCsurIest continue sur le segmentI. Elle est donc bornée et atteint ses bornes sur ce segment. Donc Mest bien définie .

f ∈E,∀xI,|u(f)(x)| ≤2 π

Zπ/2 0

M(f)d t=M(f)

Le majorant étant indépendant dex, on af ∈E M(u(f))≤M(f) . 7. On définit l’applicationN : E→RparN(f)=M(f)+M(f0) ; montrer qu’il

existe un réelβtel que

f ∈E M¡ v(f

βN(f)

f ∈E,∀xI,|v(f)(x)| ≤ |f(0)| +a Z π/2

0

M(f0)d t

M(f)+aM(f0)

≤(a+1)N(f) Le majorant étant indépendant dex, on conclut que

f ∈E M(f)≤(a+1)N(f)

8. Si f ∈E etε>0, montrer qu’il existep∈P tel que f(0)=p(0) et|f0(x)− p0(x)| ≤εpour toutxI. En déduire que, pour toutf ∈E, il existe une suite (pn) d’éléments deP telle que

N(pnf)−−−−−→n

→+∞ 0

Iest un segment etf0est continue surI, donc, par théorème de Weierstrass, il existeq∈P telle que

xI |f0(x)−q(x)| ≤² On définitppar

xI p(x)=f(0)+ Zx

0

q(t)dt Alorsp0=qetp(0)=f(0), donc pconvient .

Mais aussi

xI |f(x)−p(x)| =

¯

¯

¯

¯ Z x

0

¡f0(t)−p0(t)¢ dt

¯

¯

¯

¯≤ Soitpnassocié par ce qui précède à²=1/n. Alors

N(pnf)=M(pnf)+M(pn0f0)≤a n+1

n On a donc bien trouvé

une suite (pn) d’éléments deP telle queN(pnf)−−−−−→n→+∞ 0

(5)

C. Etude de l’inversibilité de u et v

9. Déterminer les restrictions deuvetvuàP. Soitendéfinie surIpar

t>0 en(t)=tn, pournN.

On a, pour toutxI,

u(en)(x)=2 π

Z π/2 0

xnsinntdt

=2 πWnxn Doncu(en)=2

πWnen.

De plus, pourxI,v(e0)(x)=1, d’oùv(e0)=e0, et sin≥1, v(en)(x)=x

Z π/2 0

nxn1sinn1tdt

=nxnWn1 et doncv(en)=nWn1en. Donc, sin≥1, (u◦v)(en)=nWn1u(en)=nWn1

2

πWnen=en

(en utilisant4.). Et (uv)(e0)=u(e0)=2

πW0e0=e0. Maisuvest linéaire, et (en)n∈Nest une base deP. Donc

(u◦v)P =IdP Sin≥1,

(v◦u)(en)=2

πWnv(en)=2

πWn×nWn−1en=en.

Et (v◦u)(e0)=u(e0)=e0. Finalement, comme ci-dessus, (v◦u)P =IdP

10. Déterminer (u◦v)(f) pour toutf ∈E. Le réel 0 est-il valeur propre de l’endo- morphismev?

Remarquons, en enchaînant les inégalités6.et7.que, pour toutf ∈E, M¡

(u◦v)(f

αM¡ v(f

αβN(f) Soitf ∈E, et soit (pn) une suite d’éléments deEtelle que

N(pnf)−−−−−→n

→+∞ 0 L’inégalité ci-dessous montre que

M¡

(u◦v)(pnf

−−−−−→n→+∞ 0 ou encore

M¡

pn−(u◦v)f¢

−−−−−→n→+∞ 0

d’après9.Mais commeMN, la suite (pn) converge uniformément versf. Or elle converge aussi uniformément vers (u◦v)(f). Donc

(6)

f ∈E (u◦v)(f)=f Et doncuv=IdE. Doncvest injective, donc

0 n’est pas valeur propre dev

11. Déterminer également (v◦u)(f) pour toutf ∈E. [On pourra déterminer une constanteγtelle que, pour toutf ∈E,M¡

u(f)0¢

γM(f0)]. Conclure.

Commençons par ce préliminaire. On a vu en2.que, sif ∈E, on a

xI u(f)0(x)= 2 π

Z π/2 0

sint f0(xsint) dt Et donc, pour toutxI,

|u(f)0(x)| ≤ 2 π

Z π/2

0 |sint| |f0(xsint)|dt

≤2 π

Z π/2

0

M(f0)dt

=M(f0) Donc γ=1 convient.

On reprend, sif ∈E, une suite (pn) une suite d’éléments deEtelle que N(pnf)−−−−−→n→+∞ 0

On a alors, pour toutn≥0, M¡

(v◦u)(pnf

=M¡

pn−(v◦u)(f)¢

βN¡

u(pnf)¢ (inégalité de7.). Mais d’autre part,

N¡

u(pnf

=M¡

u(pnf)¢ +M¡

u(pnf)0¢

αM¡ pnf¢

+γM¡

(pnf)0¢

≤(α+γ)N(pnf)

On conclut alors exactement comme dans la question précédente que

f ∈E (v◦u)(f)=f Et donc uetvsont des automorphismes deE,v=u1

Application

12. Montrer quef ∈Eest paire (resp. impaire) si et seulement siu(f) l’est. Qu’en est-il pourv?

L’expression deu(f) montre clairement que sif est paire (respectivement im- paire),u(f) l’est.

Sif ∈E, on peut écrire de manière unique f =g+h

(7)

avecg paire ethimpaire.démonstration à rappeler sur la copie même si c’est très classique.

Alorsu(f)=u(g)+u(h), oùu(g) etu(h) sont respectivement paire et impaire. Donc, toujours par unicité de la décomposition ci-dessus, siu(f) est paire,u(h)=0, donc h=0 (caruest injective). Et siu(f) est impaire,g=0 de même. Donc on a montré

f ∈Eest paire (resp. impaire) si et seulement siu(f) l’est

Sif est paire, f0est impaire donc la formule de définition dev(f) montre quev(f) est paire.

Sif est impaire,f(0)=0 etf0est paire donc la formule de définition dev(f) montre quev(f) est impaire.

On conclut alors, exactement de même que pouru, que

f ∈Eest paire (resp. impaire) si et seulement siv(f) l’est

D. Etude des valeurs propres de u et v

13. Montrer queλest une valeur propre devsi et seulement si 1/λest une valeur propre deu. Qu’en est-il des vecteurs propres correspondants ?

Rappelons queλ6=0 par10.Supposonsf ∈E\ {0} telle que v(f)=λf

Alors, en appliquantuet11., on obtientf =λu(f), etu(f)6=0, donc 1/λest valeur propre deu, etf est vecteur propre deuassocié à cette valeur propre.

Maisuetvjouent des rôles symétriques dans ce raisonnement. Donc

λest une valeur propre devsi et seulement siλ1est une valeur propre deu. Et les vecteurs propres sont les mêmes.

14. Montrer queDest stable paru. L’est-il parv?

Soitf ∈D. Il existe une suite (an)nNde nombres complexes etr∈]0,a] tels que

u∈]−r,r[, f(u)= X k=0

akuk On en déduit que

x∈]−r,r[,u(f)(x)=2 π

Z π/2

0

X k=0

aksin(t)kxkd t (en effet, pour toutt∈[0,π/2], si|x| <r,|xsint| ≤x<r).

Fixonsx∈]−r,r[ et posonsgk : t7→aksin(t)kxk. On akgkk,[0,π/2]≤ |akxk|

(8)

qui est le terme général d’une série convergente.Pgkconverge donc norma- lement, a fortiori uniformément, sur le segment [0,π/2], on peut donc

∀|x| <min(a,R),u(f)(x)=2 π

X k=0

akWkxk u(f) est donc développable en série entière sur ]−r,r[ et

Dest stable paru Commev(f)=‚f(0)+π

2u(f0) et commeDest stable par dérivation, par com- binaison linéaire et par produit (et contient les constantes), on a aussi

Dest stable parv

On considère une valeur propreλdeu, de vecteur propre associéf ∈E.

15. Vérifier que sinN, le nombremn=maxtI|f(n)(t)|est bien défini, et établir que pour toutxI,

|λ| · |f(n)(x)| ≤2mnWn

π En déduire quef ∈P.

Commef ∈E, les dérivées successives def sont toutes continues. Et comme Iest un segment :

Pour tpout∀nN,mn=maxtI|f(n)(t)|est bien défini

Commeu(f)=λf, on au(f)(n)=λf(n)et avec l’expression des dérivées ob- tenue en2.,

xI,|λ|·|f(n)(x)| =2 π

¯

¯

¯

¯ Z π/2

0

(sin(t))nf(n)(xsin(t))d t

¯

¯

¯

¯≤2mn

π Z π

0 |sin(t)|nd t Comme sin est positive sur [0,π/2], on a donc

xI,|λ| · |f(n)(x)| ≤2mnπWn Le majorant étant indépendant dex, on a en particulier,

|λ| ·mn≤2mnWn π

S’il existen tel quemn =0 alors f(n)est nulle surI et f est polynomiale.

Sinon, on peut diviser parmn et faire tendrenvers+∞pour obtenirλ=0.

Exclu par11.Donc

f ∈P

16. Déterminer les valeurs propres et les vecteurs propres deuetv.

Sif ∈P, alors il existedtel que

f ∈Vect(e0, . . . ,ed)

(9)

Or la matrice deudans la base (e0, . . . ,ed) est diagonale, de valeurs propres les 2

πWn, 0≤nd, qui sont deux à deux distincts. Donc si f est vecteur propre deu,f ∈Vect(ek) pour un certaink. Finalement

Les valeurs propres deusont les 2

πWn,nN. Les vecteurs propres associés à 2 πWn sont lesαen,αC\ {0}

Les vecteurs propres devsont les mêmes que ceux deu. La valeur propre de vassociée àenest π

2Wn, qui s’écrit aussinWn−1sin≥1.

17. L’espace vectorielEadmet-il une base de vecteurs propres deu? Dev? Certes non : une famille de vecteurs propres deu(ou dev) ne peut engen- drer plus queP.

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