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Analyse de la sémiologie radioclinique du kyste hydatique pulmonaire

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ARTICLE ORIGINAL

Analyse de la sémiologie radioclinique du kyste hydatique pulmonaire

Analysis of radioclinical semeiology of hydatid cyst of the lung

W. El Khattabi , A. Aichane , A. Riah , H. Jabri , H. Afif , Z. Bouayad

Service des maladies respiratoires, hôpital « 20 Août », CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc Disponible sur Internet le 30 octobre 2012

MOTS CLÉS Hydatidose ; Kyste hydatique ; Imagerie ; Sérologie ; Chirurgie

Résumé Le kyste hydatique pulmonaire (KHP) est une pathologie encore fréquente dans les pays du pourtour méditerranéen notamment au Maroc. Notre travail est une étude descriptive de 70 cas de KHP colligés de 2007 à 2010. La moyenne d’âge était de 35 ans, il y avait une prédominance masculine (53 %). L’origine rurale était rapportée dans 47 % et un contact direct avec les chiens dans 64 % des cas. Les signes révélateurs étaient dominés par la toux (86 %) et la douleur thoracique (70 %). Le diagnostic était radioclinique, renforcé dans certains cas par une sérologie hydatique positive. Le KHP était le plus souvent unique (84 %) et sain (55 %). La localisation droite était prédominante avec une atteinte majeure du lobe inférieur droit. Le traitement chirurgical a été indiqué chez 96 % des patients. Le kyste hydatique (KH) du foie a été découvert dans 20 % des cas et opérés en un seul temps dans 71 % des cas. L’évolution était favorable dans 73 % des cas et marquée par une récidive dans trois des cas opérés.

© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

KEYWORDS Hydatidosis;

Hydatid cyst;

Imaging;

Serology;

Surgery

Summary The pulmonary hydatid cyst is frequent in Mediterranean countries such as Morocco.

Our analytic study concerned 70 cases of lung hydatid cysts collected from 2007 to 2010. Mean age was 35 years and we noted a male predominance (53%). Forty-seven percent of patients belong to rural environment where 64% of them were in contact with dogs. The respiratory symptomatology was made mostly by cough (86%) and chest pain (70%). Diagnosis was based on radioclinical arguments with positive hydatic serology in some cases. The cyst was single in 84% of the cases, safe in 55% of the cases. The location in the right lung was dominant with

Auteur correspondant.

Adresse e-mail : welkhattabi@yahoo.fr (W. El Khattabi).

0761-8417/$ — see front matter © 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

http://dx.doi.org/10.1016/j.pneumo.2012.09.001

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a major affection of the right lower lobe. Conventional surgery was indicated in 67 cases. The liver hydatid cyst was discovered in 20% of cases and treated at the same time phases in 71% of cases. The evolution was good in 73% of the cases and marked by a recurrence in three of the operated cases.

© 2012 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

Introduction

Le kyste hydatique (KH), hydatidose, échinococcose ou encore maladie hydatique est une parasitose cosmopolite due au développement chez l’Homme, hôte intermédiaire accidentel, de la forme larvaire de l’Echinococcus granu- losus, petit teania vivant dans l’intestin des carnivores domestiques. La localisation pulmonaire est la deuxième par sa fréquence après la localisation hépatique tout âge confondu [1,2]. Le kyste hydatique pulmonaire (KHP) est une maladie apparemment bénigne mais en fait grave par ses complications mécaniques, infectieuses, ou métastatiques.

Son diagnostic repose sur l’anamnèse, la clinique, l’imagerie et l’immunologie. Le traitement chirurgical est à ce jour le seul traitement efficace. Ses résultats dépendent de nom- breux facteurs, en particulier du stade évolutif du kyste.

Patients et méthodes

Notre travail est une étude descriptive d’une série de KHP hospitalisés dans notre formation sur une période de quatre ans (janvier 2007 à décembre 2010).

L’objectif de notre étude est d’analyser la sémiologie clinique et radiologique de nos patients et les déductions thérapeutiques qui en découlent.

L’analyse des données a été faite par Excel version 2007.

Résultats

Profil épidémiologique

Cette étude a porté sur un effectif de 70 cas de KHP confir- més. Nous avons noté une prédominance masculine (53 %).

La moyenne d’âge était de 35 ans (extrêmes 15 et 75 ans), les patients étaient âgés de moins de 30 ans dans 44 % des cas.

Trente-trois de nos patients étaient d’origine rurale (47 %), 22 habitaient dans des conditions socioéconomiques défavorables (31 %).

Quarante-cinq patients déclaraient avoir un contact direct avec les chiens, de par leur profession (ouvriers agri- coles, bouchers) ou leur mode de vie (64 %). Les femmes au foyer représentaient un tiers des cas (33 %).

Tableau clinique

Les signes fonctionnels respiratoires étaient dominés par la toux (86 %) et la douleur thoracique (70 %). L’hémoptysie était présente dans 41 % des cas et la dyspnée dans 26 % des cas. L’hydatidoptysie a été décrite par 18 patients (26 %). Le

médecin a assisté au rejet des membranes dans trois cas.

Seulement deux patients étaient asymptomatiques (3 %).

Tous les patients étaient en bon état général.

L’examen pleuropulmonaire était normal chez 46 patients (66 %). Un syndrome d’épanchement liqui- dien a été retrouvé dans 17 cas (24 %), un syndrome d’épanchement mixte dans deux cas (3 %) et un syndrome de condensation dans cinq cas (7 %). L’examen abdominal a objectivé une hépatomégalie chez deux patients (3 %).

Radiographie thoracique

Le KHP était unique dans 59 cas (84 %) alors que les 11 autres patients avaient deux kystes ou plus (16 %) (Tableau 1).

L’aspect d’opacité dense à bords réguliers était le plus fré- quent (43 %), les autres aspects radiologiques sont résumés dans le Tableau 2.

Le KHP siégeait dans les deux poumons, avec une prédi- lection pour le poumon droit, le lobe inférieur droit était plus fréquemment atteint (32 %). Dans les KHP multiples (11 cas), l’atteinte était bilatérale dans neuf cas (82 %). Une opacité de type pleural était associée dans huit cas (11 %).

Échographie

Échographie abdominale

Elle était systématique, elle a montré un KH du foie dans 14 cas (20 %).

Échographie thoracique

Quarante-deux patients ont bénéficié d’une échographie thoracique (60 %) qui a montré une masse liquidienne transsonique bien limitée avec renforcement postérieur évo- catrice d’un KHP sain dans 17 cas (40 %) et une collection liquidienne intraparenchymateuse avec un contenu écho- gène évoquant des membranes hydatiques flottantes dans 15 cas (36 %).

Tableau 1 Répartition des malades selon le nombre de kystes.

Nombre de kystes Nombre de cas Pourcentage (%)

1 59 84

2 5 7

3 3 4

6 1 1

8 1 1

> 10 1 1

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Tableau 2 Aspects radiologiques du kyste hydatique (KH).

Aspect radiologique Apport diagnostique Nombre de kystes

Opacité dense à bords réguliers (Fig. 1) Aspect suggestif 40

Opacité dense à bords flous (Fig. 2) — 9

Image en grelot (Fig. 3) Pathognomonique 5

Image de pneumokyste (Fig. 4) Pathognomonique 3

Image hydro-aérique avec niveau régulier (Fig. 5) — 28

Aspect de membrane flottante (Fig. 6) Pathognomonique 6

Cavité vide — 2

Tableau 3 Répartition des cas selon le nombre de kystes à la TDM.

Nombre de kystes Nombre de cas

1 43

2 5

3 1

5 1

6 1

> 10 2

Échocardiographie

Elle est réalisée dans les KHP multiples (9 %), elle a montré une image hétérogène en faveur d’un KH de l’infundibulum pulmonaire.

Tomodensitométrie (TDM) thoracique

Seulement 53 patients ont bénéficié d’une TDM thoracique (76 %). À travers l’analyse des dossiers recrutés durant les deux premières années, il ressort que la TDM thoracique n’était pas systématique. L’accès plus facile à cet examen dans les années suivantes ont fait de la TDM un examen systématique avant tout geste chirurgical.

Le nombre de kystes est résumé dans le Tableau 3. Dans 50 cas (94 %), le nombre de kystes a été identique sur la TDM et la radiographie standard, alors que dans trois cas la TDM montrait plus de kystes par rapport à la radiographie standard (10 vs 8, 5 vs 3 et 2 vs 1).

Les aspects scannographiques sont résumés dans le Tableau 4.

La TDM a permis de mettre en évidence une pleurésie associée dans 13 cas (24,5 %), un KH du foie dans 14 cas (26 %) et une hypodensité cardiaque.

À noter que la TDM cérébrale réalisée chez les patients porteurs d’une hydatidose multiple était normale.

Imagerie par résonance magnétique (IRM) thoracique

Elle a été réalisée chez un seul patient ayant un aspect d’hydatidose multiple avec une hypodensité cardiaque.

L’IRM a confirmé la présence d’une formation arrondie liqui- dienne multiloculaire à l’origine de l’artère pulmonaire. Le patient a été proposé pour une chirurgie cardiovasculaire afin d’éviter la dissémination hématogène.

Bronchoscopie

La bronchoscopie a été réalisée chez 46 patients (66 %). À travers l’analyse des dossiers, il ressort que la bronchoscopie n’était pas systématique dans la prise en charge du KHP sain.

Elle est indiquée en cas de KHP compliqué ou en cas de doute diagnostique. Elle a objectivé des membranes hydatiques dans 12 cas (26 %), des sécrétions bronchiques mucopuru- lentes dans 11 cas (24 %) et un saignement dans cinq cas (10 %). La recherche de scolex dans le liquide d’aspirations bronchiques était négative chez tous les patients.

Biologie

La numération sanguine a montré une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles chez 16 patients (29 %) témoi- gnant d’une surinfection du KHP et une éosinophilie modérée chez 13 patients (24 %). La sérologie hydatique

Tableau 4 Aspects scannographiques du kyste hydatique pulmonaire (KHP).

Aspects scannographiques Apport diagnostique Nombre de kystes

Image ronde ou ovalaire, limites nettes, densité liquidienne (Fig. 7) Aspect suggestif 28

Aspect de croissant (Fig. 8) Pathognomonique 1

Aspect de clartés piégées (Fig. 9) Aspect suggestif 1

Image hydro-aérique à paroi fine, niveau hydrique régulier — 24

Image hydro-aérique à paroi fine, niveau hydrique ondulé (aspect de membranes flottantes) (Fig. 10)

Pathognomonique 16

Image en grelot (Fig. 11) Aspect suggestif 10

Cavité vide — 3

Aspect pseudotumoral — 5

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Tableau 5 Technique chirurgicale utilisée en fonction de l’état du kyste.

État du kyste Technique

Énucléation Ponction-aspiration Périkystectomie

Sain 7 11 7

Fissuré 0 2 2

Rompu 0 8 11

pratiquée chez 52 patients (74 %) par deux méthodes quantitatives (Enzyme Linked Sorbent Assay [Elisa] et hém- maglutination indirecte [HAI]) était positive dans 32 cas (61,5 %).

Traitement

Au terme du bilan radiologique, 67 patients (96 %) ont été opérés. Le traitement était conservateur dans 48 cas (72 %) dans les KHP uniques. Le Tableau 5 résume la technique utilisée en fonction de l’état du kyste.

Un traitement chirurgical radical a été nécessaire dans 11 cas (segmentectomie dans trois cas [4,5 %], polysegmen- tectomie dans cinq cas [7,5 %] et lobectomie dans trois cas [4,5 %]).

Les deux cas de KHP multiple unilatéral ont été extraits en un seul temps opératoire par ponction—aspiration. Les KHP multiples bilatéraux (six cas) ont été opérés en deux temps avec un intervalle moyen de six semaines. Le trai- tement était conservateur dans quatre cas, utilisant la ponction—aspiration dans deux cas et la périkystectomie dans deux cas. Une polysegmentectomie a été nécessaire dans les deux autres cas. Le KH du foie (14 cas) a été opéré en deux temps dans dix cas, et en un seul temps avec recours à la phrénotomie dans les KHP de la base droite (quatre cas).

Le KH de l’infundibulum pulmonaire a été opéré sous circulation extracorporelle avec ponction puis ablation du kyste et résection du dôme saillant.

L’hydatidose pulmonaire multiple relevait d’un traite- ment médical à base d’albendazole.

Évolution

Tous les patients ont été sensibilisés sur les risques de leur maladie et l’importance de la surveillance. Seulement 33 patients ont été suivis régulièrement (47 %) et ce, mal- gré plusieurs relances par téléphone et par courrier écrit.

La moyenne de suivi était de 18 mois.

L’évolution était favorable. Elle a été marquée par la persistance d’une cavité séquellaire dans trois cas et une récidive dans le même poumon dans cinq cas.

Discussion

Afin de comprendre les manifestations cliniques et les aspects radiologiques que génère le KHP, nous avons estimé intéressant de rappeler certaines spécificités.

Histoire naturelle du kyste hydatique

Les embryons hexacanthes du parasite Echinococcus granu- losus qui arrivent au niveau des poumons sont rapidement circonscrits par un granulome inflammatoire. Ils peuvent être détruits ou bien poursuivre leur évolution en se trans- formant en forme kystique [3,4].

Le KH se présente comme une structure univésiculaire de petite taille et sous tension. Il est bordé d’une paroi de 1,5 mm d’épaisseur identifiable par l’imagerie, faite de deux membranes intimement accolées : la membrane pro- ligère et la cuticule. Le KH s’accroît d’abord rapidement puis d’une fac ¸on capricieuse pendant des années, voire des dizaines d’années. Il peut atteindre un diamètre de plus de 20 cm et avoir un contenu de plus de 3 L fait d’un liquide eau de roche correspondant à un transsudat de sérum, d’abord acéphalocyste puis se chargeant rapidement de protoscolex [4,5].

Le KH s’épanouit dans le sens de la moindre résis- tance, il est d’abord sphérique et peut prendre des aspects variés lorsqu’il rencontre un obstacle. Il induit, au sein du parenchyme pulmonaire, la formation d’une coque scléro- inflammatoire (adventice ou périkyste).

La multivésiculisation endogène et exogène sont rare- ment observées dans les KHP en raison de la souplesse du parenchyme pulmonaire qui explique aussi que l’épaisseur du périkyste soit souvent moins importante que celle du KH du foie.

Les calcifications du KHP sont rares en raison de la faible teneur du parenchyme pulmonaire en gaz carbonique et ce, malgré la présence du phosphore en quantité suffisante (libéré par la nécrose tissulaire) pour la précipitation cal- cique [5,6].

En augmentant progressivement de taille, le KHP pro- voque une nécrose ischémique et une érosion de la paroi bronchique suivie d’une fistulisation broncho-kystique qui constitue un tournant décisif dans l’évolution du KH et un prélude aux complications.

Tableau clinique

Pour la plupart des auteurs [7,8], la prédominance mas-

culine semble classique du fait des professions exposées,

l’adulte jeune de moins de 30 ans, est atteint dans 70 %

des cas [7,9]. Cela est souligné dans notre étude. L’absence

totale des signes cliniques, retrouvée dans seulement deux

cas dans notre série, n’est pas une éventualité rare car, nous

l’avons vu plus haut, le kyste rencontre peu de résistance

dans sa croissance intrapulmonaire. La découverte fortuite

est variable selon les auteurs (Tableau 6).

(5)

Tableau 6 Fréquence de la découverte fortuite selon les auteurs.

Auteurs Nombre total de cas Découverte fortuite

Nombre de cas Pourcentage (%)

Darwich [9] 206 38 18

Salih [7] 405 65 16

Rifki-Jai [8] 184 10 5,4

Notre série 70 2 2,9

Lorsqu’il est symptomatique, le KHP peut être révélé par des signes fonctionnels respiratoires non spécifiques à type de douleur thoracique, dyspnée, toux, hémoptysie et/ou hydatidoptysie qui est le symptôme le plus évocateur. Celui- ci est défini par le rejet lors d’un effort de toux d’un liquide eau de roche contenant des membranes de couleur blanc- nacré. Des signes infectieux peuvent être associés en cas de surinfection du kyste. Les manifestations allergiques sont exceptionnelles. Le Tableau 7 résume les signes cliniques.

L’examen clinique est pauvre, les gros kystes peuvent déterminer un syndrome d’épanchement liquidien, retrouvé dans notre série dans 24 % des cas. Il faut rechercher d’autres localisations associées.

Radiographie thoracique

L’expression radiologique du KHP est très variée. Le KHP sain se traduit par une opacité de tonalité hydrique, homo- gène, dense, unique ou multiple, à contours nets, arrondie ou ovalaire, en « boulet de canon » ou en « ballon de rugby » très suggestive du diagnostic (Fig. 1). Parfois les limites de l’opacité sont floues, réalisant « l’image à bords huilés d’Escuerdo » (Fig. 2), témoin d’une réaction du parenchyme pulmonaire [3]. L’aspect de KHP sain a été retrouvé chez plus de la moitié de nos malades (53 %).

Figure 1. Opacité arrondie dense et homogène, à bords réguliers et nets en rapport avec un kyste hydatique pulmonaire (KHP) sain.

Le KHP fissuré réalise l’aspect d’un croissant gazeux ou de ménisque dit « image en grelot » (Fig. 3) ou pneumo- kyste, se traduisant par une clarté située au pôle supérieur de l’opacité entre la paroi externe du kyste et la paroi interne du périkyste, cet aspect est pathognomonique du KHP (Fig. 4). La rupture kystique intrabronchique se traduit par une image hydro-aérique avec niveau régulier, corres- pondant soit à l’évacuation des membranes hydatiques, soit à leur immersion totale dans le liquide hydatique (Fig. 5) ou par une image hydro-aérique à niveau irrégulier mamelonné due aux membranes flottantes réalisant le signe de Nénu- phar (Fig. 6). Enfin, une image en pont ou « signe de double arc d’Ivassinevitch » est due au détachement partiel des membranes du kyste formant un pont au dessus du niveau liquidien. Ces deux derniers aspects sont pathognomoniques du KHP rompu [3].

Il arrive que la totalité du liquide hydatique soit éva- cuée et seule persiste la membrane mère incarcérée dans la cavité résiduelle, c’est la phase de rétention de membrane réalisant une opacité ronde à limites floues, entourée d’une fine clarté en anneau, image « en cocarde ».

Le KHP complètement vidé de son contenu réalise une image grossièrement arrondie, limitée par une bande opaque plus ou moins fine [12].

Figure 2. Opacité arrondie à bords flous.

(6)

Tableau 7 Tableau comparatif des signes cliniques selon les auteurs.

Signes cliniques Racil [10] Khalil [11] Notre série

Nombre % Nombre % Nombre %

Toux 41 79 38 47,5 60 86

Douleur thoracique 28 54 52 65 49 70

Hémoptysie 37 71 31 39 29 41

Dyspnée 09 17 14 17,5 18 26

Hydatidoptysie 22 42 15 19 18 26

Figure 3. Image en grelot.

Figure 4. Image de pneumokyste.

Figure 5. Image hydro-aérique avec niveau régulier.

La rupture du KHP dans la plèvre est relativement rare, mais dramatique par son tableau de détresse respiratoire et de choc anaphylactique. Radiologiquement, elle se mani- feste par un pneumothorax, un hydropneumothorax ou une pleurésie.

Dans notre série, nous avons constaté que la localisa- tion droite était prédominante. Les KHP multiples sont dus à une infestation primitive itérative ou à une hydatidose secondaire à la rupture d’un KHP préexistant, d’un KH du myocarde dans le cœur droit ou d’un KHF dans la veine cave inférieure [10]. L’hydatidose pulmonaire secondaire est exceptionnelle. Les KHP sont souvent bilatéraux. Quand ils sont unilatéraux, on note une prédominance droite. Dans notre série, la localisation bilatérale représentait 13 % des cas.

Échographie

L’échographie thoracique reste d’emploi limité. En effet un kyste de petite taille ou profond est difficile à visualiser.

L’enveloppe ostéoarticulaire du thorax et l’air alvéolaire

constituent des limites à cet examen.

(7)

Figure 6. Aspect de membrane flottante.

L’échographie permet d’affirmer la nature kystique, pré- cise la topographie d’une opacité basithoracique par rapport au diaphragme et élimine la présence de vaisseau aberrant systémique en faveur d’une séquestration [13].

L’échographie thoracique permet de distinguer plusieurs types de lésions :

• les kystes simples anéchogènes, retrouvés dans 24 % des cas dans notre série ;

• les kystes rompus hétérogènes avec des cônes d’ombre acoustiques postérieurs traduisant la présence d’air ;

• enfin, les kystes avec une membrane proligère visible, se traduisant par une formation échogène linéaire et ondu- lée, retrouvés dans 36 % de nos échographies.

L’échographie abdominale doit être systématique à la recherche de localisations abdominales, en particulier hépa- tiques [1].

La découverte d’une hydatidose pulmonaire multiple doit toujours faire rechercher une localisation cardiaque primitive, d’où l’intérêt majeur d’une échocardiographie systématique transthoracique ± transœsophagienne. Dans notre série, l’échocardiographie a objectivé un KH infun- dibulaire dans un cas.

Tomodensitométrie thoracique

Elle permet une étude précise du kyste et du parenchyme périkystique, confirme la nature liquidienne et permet d’éliminer d’autres étiologies. Elle permet de détecter des kystes de petite taille, de déterminer leur stade évolutif, et surtout de faire un bilan complet d’autres localisations thoracique possibles qui peuvent passer inaperc ¸ues à la radiographie standard [10,13]. Dans notre série, la TDM a montré plus de KHP par rapport à la radiographie standard dans trois cas.

Figure 7. Image ronde ou ovalaire, limites nettes, densité liqui- dienne.

Le KH sain se traduit par une masse liquidienne limitée par une paroi fine et régulière (Fig. 7). Le KHP passe par six stades évolutifs [14].

Stade I : aspect en « bague à châton »

Il résulte de l’entrée d’une quantité minime d’air entre l’endokyste et le périkyste, cet aspect est pathognomonique du KHP.

Stade II : aspect de « croissant » et « croissant inversé »

Il est dû à l’introduction d’air entre l’endokyste et le péri- kyste avec décollement partiel de l’endokyste (Fig. 8).

Stade III : aspect de « clartés piégées » et de « nid d’abeille »

Il est dû au décollement total de l’endokyste sans évacua- tion du contenu liquidien. L’aspect de « clartés piégées » est défini par la présence de petites bulles aériques au sein du contenu liquidien (Fig. 9). Quand les bulles sont nombreuses, elles réalisent l’aspect « en nid d’abeilles ».

Figure 8. Aspect de croissant.

(8)

Figure 9. Aspect de clartés piégées.

Stade IV : images hydro-aériques

Elles sont dues au décollement de l’endokyste avec éva- cuation partielle du contenu liquidien, réalisant l’aspect en

« double arc » où l’endokyste est partiellement collabé, de

« nénuphar » où l’endokyste totalement collabé flotte sur le liquide (Fig. 10). S’il reste complètement immergé, il réalise un aspect « serpigineux ». Ces trois aspects sont pathogno- moniques de KHP.

Stade V : aspect de rétention sèche

Il est le résultat d’une évacuation complète du liquide hyda- tique et de la rétraction de l’endokyste réalisant un aspect de « pelote de laine » ou en « grelot » (Fig. 11) ou encore un aspect pseudotumoral.

Stade VI : aspects séquellaires

Il est le résultat d’une élimination complète du contenu du KHP laissant une cavité aérique à paroi fine ou épaisse ou une image dense linéaire non septale.

Imagerie par résonance magnétique

Son intérêt essentiel est anatomique. Elle permet dans les cas difficiles d’établir l’origine exacte des lésions par

Figure 10. Image hydro-aérique à paroi fine, niveau hydrique ondulé (aspect de membranes flottantes).

Figure 11. Image en grelot.

l’exploration multiplanaire notamment des éléments du médiastin et leur nature liquidienne.

Déductions thérapeutiques

Le traitement a été déduit à partir des résultats de l’imagerie thoracique. Ainsi, les KHP uniques ou multiples unilatéraux relevaient d’un traitement chirurgical qui était le plus conservateur possible. La TDM a permis de détecter des KHP infraradiologiques qui pouvaient échapper à la chi- rurgie. Elle a également permis de choisir le côté à opérer en premier en fonction du stade évolutif des kystes. Enfin, la TDM, l’échographie et l’IRM ont permis de détecter des lésions extrapulmonaires associées.

Les trois cas de récidives sont probablement dues à des KHP infraradiologiques ou à une technique chirurgicale défaillante ayant omis le traitement de la cavité résiduelle.

Conclusion

À travers notre série, nous soulignons que le KHP se mani- feste par des signes peu spécifiques. La toux et la douleur thoracique sont les signes qui poussent le malade à consul- ter. Seul l’hydatidoptysie vue par un médecin confirme le diagnostic, ce signe est rare. La radiographie thoracique est souvent suggestive du diagnostic de KHP. Cependant, la TDM thoracique doit être systématique avant tout acte chirurgical afin de ne pas méconnaître les KHP infrara- diologiques. L’échographie abdominale, plus sensible pour explorer le foie, doit être systématique vu la fréquence de la double localisation foie—poumon. Dans les KHP mul- tiples, l’échocardiographie doit être systématique afin de rechercher une localisation cardiovasculaire. La TDM céré- brale vise à chercher une localisation encéphalique en cas de dissémination hématogène mais sa place n’est pas éta- blie. L’IRM thoracique n’est pas systématique, elle permet le diagnostic topographique dans certaines localisations fron- tières notamment dans les KHP à proximité de la masse cardiaque. Les résultats de l’imagerie vont guider la décision thérapeutique.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en

relation avec cet article.

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