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CR Stage National SVT - Salon Ivry 13 au 15 novembre 2009

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CR Stage National SVT - Salon Ivry 13 au 15 novembre 2009

Le stage national SVT a regroupé une vingtaine de stagiaires du vendredi 13 au dimanche 15

novembre, pour une journée disciplinaire syndicale et deux journées d'ateliers et de débats sur le site du Salon du livre d'Histoire des Sciences et des Techniques d'Ivry / Seine.

Vendredi 13 novembre : JRD

10 - 11h : point de situation syndicale

• Valérie SIPAHIMALANI fait le point sur l'appel à la grève du 24 novembre : suppressions de postes, mastérisation, revalorisation du métier, inquiétudes sur la réforme du lycée.

• Le tour de table fait ressortir les points suivants :

- l'attente importante des collègues de lycée sur la réforme du lycée : il faut que le SNES communique sur le projet ; des préoccupations sur le taux d'échec en 2

nde

, - les problèmes de l'adéquation entre les programmes de collège et de lycée, ainsi

que le lien avec les programmes de science du primaire, - des problèmes d'inspection,

- comment militer dans son établissement : quels outils, quels conseils, la sensation d'isolement ; ne pas hésiter à consulter le site du SNES, section "Penser et exercer son métier/nos pratiques/Les observatoires…/disciplines/…" ; un document de synthèse sur le socle commun, à destination des S1, est en ligne [

http://www.snes.edu/Fiche-College-No2.html ].

11h00 - 12h45 : rencontre avec D. ROJAT, doyen de l'IG (Inspection Générale) de SVT

• commentaires sur les "documents ressources" :

- les enseignants doivent arrêter de considérer que tout est dicté par le ministère ; il faut abandonner le "tout prescriptif", ne pas imposer de systèmes, qui transforment les bonnes idées en usines à gaz rigides,

- prendre en compte la diversité des situations, favoriser la diversification

pédagogique, laisser sa liberté au professeur de la classe qui sait le mieux ce qu'il a à faire ; la démarche d'investigation doit rester très souple.

• tâche complexe :

- rien de vraiment nouveau dans ce concept, déjà utilisé par de nombreux collègues, et donc il n'y a pas un besoin spécifique de formation,

- ne pas confondre complexe et compliqué, travail sur projet pluri-dimentionnel,

• sur la question de l'inspection :

- ce n'est pas le ministère qui dicte comment faire la classe, les acteurs de terrain sont de plus en plus autonomes,

- la loi d'orientation laisse une liberté pédagogique, et le droit à l'expérimentation y est inscrit ; les résultats importent plus que les méthodes,

- métier d'inspection en profonde mutation ; la phase de métamorphose est difficile pour tout les acteurs - c'est la crise d'adolescence du système éducatif,

Les stagiaires font remarquer :

- le manque véritable d'accompagnement des collègues autour de leur carrière, - l'écart important entre la réalité de la classe et le passage ponctuel de l'IPR

(Inspecteur Pédagogique Régional),

- l'importance de la note en terme de salaire et de carrière,

- le rapport à l'inspecteur dépend plus de la personne que de la fonction,

- les discussions lors des formations sont souvent très fermées,

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- le manque de cohérence entre les disciplines.

Réponses de D. ROJAT :

- la lourdeur de la machine "Education Nationale" possède quand même un certain avantage et apporte une certaine forme de stabilité face aux changements

politiques

- le système d'inspection, basé sur le rapport humain, est forcément très "personne- dépendant"

- la taille du "groupe SVT" de l'enseignement secondaire (17 000 profs, 50 IPR et 5 IG) est une bonne taille, ni trop petite ni trop grande, qui permet une homogénéité - les SVT sont réputées pour être une discipline d'ouverture et impliquée dans de

nombreux projets - c'est aussi un inconvénient qui provoque une "consommation"

importante d'IPR (conseillers de recteurs, implication dans des projets autres…), les rendant moins disponibles pour d'autres tâches,

- concernant le manque de personnel de laboratoire : se tourner vers les Conseils généraux

• Problème de la pédagogie de projet : lié au manque de cohérence dans les programmes ? implique un fort investissement interdisciplinaire (bénévolat, HS ?) ne serait-ce pas préférable de favoriser des sciences en petits groupes pour donner du sens ?

• question sur la nouvelle définition d'espèce : "bug" du programme… (cf plus loin)

• la réforme du lycée :

- se fera à moyens constants, et ne laissera pas les profs inoccupés, - pas d'infos sur le programme de seconde, SVT dans tronc commun

- vers une première un peu moins spécialisée et une terminale plus spécialisée.

14h00 - 18h00

• Pratiques et programmes du collège :

- manque de cohérence entre les programmes de SVT et de PC (plusieurs notions de PC abordées plus en tôt en SVT),

- problème des "boites noires", nombreuses principalement au niveau 5

ème

(énergie, espèces chimiques (O

2

, CO

2

…), nutrition…), qui était moins flagrant lorsque le programme était plus cyclique, moins linéaire… mais ne sont-elles pas plus problématiques pour nous que pour les élèves ?

- problème du niveau d'abstraction des notions enseignées qui semble "remonter"

de plus en plus en amont au fur et à mesure des nouveaux programmes. Difficulté pour certains élèves d'accéder à des connaissances abstraites, âge compatible avec la compréhension de différents concepts ?

- fort anthropocentrisme des nouveaux programmes ; quasi-disparition de la botanique… reflet du monde qui nous entoure !

- difficulté de la liaison Primaire - Secondaire : les professeurs des écoles ne sont pas tous (…) des scientifiques, les programmes de primaire sont très "flous" sur les sciences (mais nombreux documents d'accompagnement), pas de moyens pour organiser cette liaison…

• Validation du B2i : ne peut pas être rattrapé par un jury (sauf si le collège a été dans l'impossibilité de le valider dans l'année)

• Evaluation du socle commun :

- problème de la mise en place des grilles et tableaux de compétences :

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o affichage en salle des profs du tableau avec l'ensemble des élèves, provoquant une culpabilisation et une pression sur les collègues, o pression de la hiérarchie (quelquefois expérimentation "obligatoire"), o d'après l'IG, pas de travail supplémentaire puisque cela fait déjà partie des

pratiques des enseignants…

o conduite dictée par les "superprofs",

o élaboration de sous-grilles plus précises localement, générant un surplus de travail d'élaboration et d'évaluation,

- limites et dérives des livrets d'évaluation :

o compétences qui ne sont pas évaluables, ou imprécises,

o "course aux croix" comme pour le B2i, validation systématique, o nécessité de temps de concertation… toujours plus !

o pérennité de l'acquisition de la compétence… (au collège, du primaire au secondaire…)

o forts doutes sur la réalité du transfert de compétences entre matières, o non compensation entre les piliers,

o risques de n'enseigner que ce qui appartient au socle (ne concerne pas les SVT),

o traficotage des résultats pour coller aux contrats d'objectifs,

o équité / cohérence de l'évaluation sur l'ensemble des établissements ? o problème des compétences comportementales des piliers 6 et 7, o difficulté d'acquisition de certains piliers par certains élèves

(dyslexiques…),

o disparition de la culture humaniste en langue (A2), - objectifs sous-jacents de l'évaluation :

o quelle utilisation par le ministère (évaluation chiffrée de la réalisation des contrats d'objectifs de chaque EPLE),

o pilotage par l'évaluation,

o indicateur LOLF, réclamé par Bercy ; conséquences (perverses ?) sur l'attribution des moyens ?

o portefeuille de compétences - par opposition aux diplômes - éléments de réflexion

o l'évaluation de compétences précises peut valoriser les élèves ponctuellement ( la France possède plutôt une évaluation négative) o quelle évaluation de l'élève ? (pays nordiques : pas de note mais "Acquis /

En cours d'Acquisition / Non Acquis). Intérêt de la note qui permet de faire mieux qu'une réponse binaire ?

- quelle attitude adopter ?

o ne pas imposer des actions qui peuvent pénaliser des collègues

o SE, SGEN et parents sont pour -> il faut pouvoir leur expliquer la position du SNES au regard des arguments ci-dessus,

o utilisation de ses propres grilles d'évaluation de certaines compétences : on peut se rabattre sur les 4 colonnes de base présentées dans le

Vademecum_Sciences_Techno. (voir Eduscol)

o Pour 2010 : seulement note de service sur la mise ne place du dispositif au niveau 4

ème

, mais n'a pas force de loi ; reste le B2i et le A2 obligatoires, o [mandat] ne rien valider cette année.

On peut noter qu'aucun bilan n'a été diffusé des expérimentations successives du B2i, A2 ni des différents livrets expérimentaux.

• Réflexion sur le cahier de textes électronique :

- certaines administrations veulent l'imposer,

- quel lien conserver avec les documents papiers ?

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- risques de flicage (parents, IPR…), mise en concurrence/compétition des profs par les parents, pb de confidentialité de certains documents,

- les codes d'accès, indispensables, sont trop facilement contournables (échanges entre parents…),

- augmentation de la fracture numérique,

- querelle entre anciens et modernes (outil pratique…),

- des documents [http://www.snes.edu/ENT-droits-syndicaux-et-droits.html] sont en cours d'élaboration au S4 et devrait être mis en ligne sous peu, dans la rubrique [PENSER ET EXERCER SON METIER >>Nos métiers - Nos disciplines - Nos pratiques >>Enseignant >>Contenus et pratiques : les

observatoires >>Les disciplines >>TICE, B2i, C2i].

La question de l'inspection a été assez longuement abordée, durant ce stage, à partir d'une expérience personnelle douloureuse, suivie d'éléments de réponse apportés par le doyen de l'IG de SVT et d'une discussion entre stagiaires.

Nous pouvons apporter quelques éléments complémentaires sur l'évolution de l'inspection :

• évolution de la mission des IPR :

Ils vont être de plus en plus amenés à évaluer les établissements, ou des équipes

pédagogiques, laissant l'évaluation individuelle à des chargés de mission. L'objectif "lolfien" de visite de 80 % des enseignants au moins tous les 5 ans semble remis en cause par le ministère, et

l'évaluation des enseignants doit être repensé.

Dans la lettre de mission des IPR de mai 2009 apparait aussi très clairement l'incitation (l'impulsion !) de la mise en place des "bonnes pratiques". Le texte précise aussi que : " La liberté pédagogique dont bénéficient, pour organiser leur enseignement, les personnels enseignants de

l’enseignement scolaire, dans le cadre notamment des dispositions des articles L. 921-1-1 et L. 311-3 du code de l’éducation, ne sera pas le prétexte de pratiques qui font obstacle à l’acquisition des savoirs ", qui est parfaitement en contradiction avec les différents discours sur l'autonomie ou l'initiative soit disant laissée aux enseignants…

• évolution du recrutement des IPR :

Plusieurs modifications importantes du mode de recrutement des IPR apparaissent dans les projets présentés à la dernière Commission Technique Paritaire Ministérielle :

- recrutement possible de personnels issus d'autres ministères ou du secteur privé, sur la seule base d'une expérience professionnelle dans un domaine plus ou moins proche des missions des IPR (un DRH de chez Loréal, par exemple)…

- une forte augmentation du nombre d'accès sur liste d'aptitude et détachement, qui visent manifestement à contourner le recrutement par concours.

Se pose alors la question de quelle "expertise" disposerons les nouveaux IPR ainsi recruté par rapport à la discipline qu'ils auront à évaluer et aux "bonnes pratiques" à impulser.

La gestion des IPR serait aussi de plus en plus sous l'emprise du recteur et de moins en moins

dépendante de l'IGEN.

Références

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