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Sur les courbes de Bragg

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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HAL Id: jpa-00242597

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242597

Submitted on 1 Jan 1913

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P. Bianu

To cite this version:

P. Bianu. Sur les courbes de Bragg. Radium (Paris), 1913, 10 (4), pp.122-125. �10.1051/ra-

dium:01913001004012201�. �jpa-00242597�

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fuites électriques, d’ailleurs, prennent alors une in1- portance qui va en augmentant.

Mais si dans le mode d’ionisation que j’ai employé

2013 rayons du radium traversant plusieurs millimètres d’aluminium

-

il s’était trouvé des ions à charge double, les valeurs de k D tirées des mesures auraient

été sensiblement plus élevées. Je ferai remarquer que ni Millikan d’une part, ni Franck et Westphal de

l’autre, n’ont trouvé d’ions à charge double avec les

rayons y, ce qui est pour le moins curieux, étant donné

la ressemblance frappante des rayons y et des rayons de R0153ntgen.

[Manuscrit reçu le 30 avril 1913.]

Sur les courbes de Bragg

Par P. BIANU

[Faculté des Sciences de Paris.

-

Laboratoire de Mme CURIE.]

Bragg et Kleemann 1 les premiers ont étudié les

ravons x par l’ionisation produite dans l’air et dans

une chambre d’ionisation de faible épaisseur. En

faisant varier la distance entre la matière active et la

Fig. i .

chambre d’ionisation, ils ont obtenu la courbe bien

connue du courant en fonction de la distance. Nous 1. Phil. Mag.. 1904 et 1905.

nous sommes proposé l’étude de cette courbe en

fonction de la pression et l’appareil dont nous nous

sommes servi a été construit d’après les mêmes prin- cipes que celui de Bragg, mais de dimensions assez

grandes pour pouvoir obtenir les courbes d’ionisation

sans interposition d’écrans. La figure 1 indique les

diverses parties de l’appareil : C est le plateau relié à

l’électromètre à cadrans E; B une toile métallique

reliée à une batterie d’accumulateurs P ; A une toile de protection reliée à la cage D et au sol S. Cet ensemble est supporté par trois colonnes métalliques

fixées sur la plaque en verre V. Le polonium déposé

sur un disque d’argent de 2 cm de diamètre (F) est

fixé sur le plateau L; celui-ci, étant supporté par le tube à crémaillère K, peut se déplacer en tournant le

bouton M. Une règle graduée R fixée sur une des

Fig. 2.

colonnes nous indique le déplacement de la couche - active. Un manomètre à mercure et un thermomètre fixés sur les autres colonnes montrent la pression et

la température.

Les rayions « étaient canalisés par un diaphragme T composé d’une série de tubes juxtaposés et le tout

couvert par une grande cloche en verre l’on faisait

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01913001004012201

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le vide à l’aide d’une trompe à eau. La difficulté qui

se présente c’est de pouvoir faire des déplacements

sans que la pression du gaz varie. D’après les con-

seils de M. Debierne nous avons obtenu de très bons résultats en employant le dispositif indiqué par la figure 2. Le pignon P, qui agit sur la crémaillère Ii,

et le bouton M sont fixés sur un même axe AA qui,

par la partie B et l’intermédiaire d’une rondelle en

cuir graissé D, repose sur la pièce E. En vissant convenablement C, la pression exercée sur la bague métallique G se transmet à B par l’intermédiaire de la rondelle en cuir graissé F. La manoeuvre du bou-

ton M est un peu difficile mais nous avons pu tracer les courbes de Bragg sans que la pression varie d’une

quantité appréciable.

Chacun des groupes des rayons « émis par les substances radioactives a un certain parcours à la

pression atmosphérique. Avant de nous occuper des courbes de Bragg nous avons cherché ce que devient,

en faisant varier la pression, le produit p X a oü p désigne la pression et a le parcours des rayons sous

cette pression. Pour mieux préciser la fin du par-

cours les expériences ont été faites sans canaliser les rayons. Le tableau suivant est relatif à l’air sec et nous montre les pressions, les parcours correspon- dants et les valeurs du produit p X a.

Ces résultats nous permettent donc de considérer le produit p X a comme constant au 1 /1 00e près, du

moins pour les pressions indiquées. Les dimensions de l’appareil ne permettant pas des déplacements plus grands que 40 cm, on ne pouvait pas poursuivre

l’étude à des pressions plus basses sans employer des

écrans.

Ainsi en interposant 4 feuilles d’a1u111117111n1 de

2p.,94 chacune, à la pression de 12C"’,06, le par-

cours est égal à 12cm ,53 ; en faisant le vide jusqu’à la pression de 4,c,",07 le parcours a été trouvé égal à

37cm. Si le produit p X a =Cte il faut avoir

Jo. 55 12, 06 = 37cm, 14 = parcours u la pression

de 4cm, 07; or c’est précisément ce que nous avons

trouve, l’écart ne dépassant pas le centième.

Avec 6 écrans d’aluminium de même épaisseur à

la pression de 12cm, 02 le parcours est de 6cm, 65, il

devient 59cm, 7 à la pression de 1cm, 99. Or on a :

Pour des pressions plus faibles l’angle de la courbe

d’ionisation avec l’axe des abscisses devisent trop petit pour (luoii puisse fixer avec précision la fin du

parcours.

La particule Y. lancée par l’atome radioactif possède

une certaine énergie qu’elle dépense pendant son trajet. D’après Bragg le phénomène d’ionisation ne

demanderait aucune dépense d’énergie appréciable, et

la perte d’énergie serait due à la pénétration de la particule à travers les atomes.

Admettant qu’à température constante l’atome

reste identique à diverses pressions, la même dépense d’énergie permettrait la pénétration d’un même

nombre d’atomes, ce qui expliquerait pourquoi

p Xa = Cte. Le résultat serait le même si l’ionisation demandait elle aussi une certaine énergie, pourvu que le phénomène soit indépendant de la pression.

En d’autres termes les considérations précédentes

nous laissent prévoir que dans un gaz l’ionisation totale serait indépendante de la pression 1.

Des expériences confirmatives ont été faites dans l’air sec et à la température moyenne de 161.

Pour l’étude de la question on commence par tracer les courbes de Bragg à différentes pressions;

mais parce que les courbes sont modifiées suivant les dimensions de la chambre d’ionisation’, il faut con- struire pour chaque pression la courbe correspon- dante à une chambre d’épaisseur nulle. On y arrive

en suivant la méthode de M. Moulin5 et on compare les surfaces comprises entre les axes de coordonnées et les courbes d’ionisation, qui sont proportionnelles

au nombre d’ions produits.

En ce qui concerne les courants de saturation nous avons suivi les indications données par M. Moulin 4.

Pour simplifier les calculs nous avons employé une

méthode un peu différente. Considérons par exemple

une des courbes de Bragg tracée à la pression p1, et

avec une chambre d’ionisation d’épaisseur e1, Cette courbe sera comparable à la courbe tracée à la pression p1 2, mais avec une chambre d’ionisation

d’épaisseur 2e1. Donc après avoir tracé la courbe d’io- nisation à la pression p1 2 avec une chambre d’ionisa- tion ei, on construit la courbe qu’on obtiendrait avec

une épaisseur 2e 1 - si la construction de l’appareil le permet on peut tracer directement cette dernière courbe.

-

Les ordonnées doivent être égaicsen valeur

1. 11-’ CURIE. Trailé de radioactivité. 2. 203.

2. )1-’ CURIE. Traité de 1’adioactiL’ité. 2, 114.

3. M. Mocux. Thèse de doctorat. Paris (1910) 20.

4. -)[. MOULIN. Thèse de doctoral. Paris (1910) 48.

(4)

avec les ordonnées correspondantes de la courbe à la

pression Pi’ mais les abscisses doubles : en divisant par deux les abscisses on doit obtenir une courbe de Bragg superposée à la courbe p,. Si la superposition est par- faite, cela veut dire que les rayons oc pendant leur trajet dans l’air ont produit le même nombre d’ions

(identiquement répartis) à la pression pi et à la pres- sion p1 2.

La figure 5 indique quelques résultats obtenus à diverses pressions. La courbe 1 a été tracée à la pres-

Les expériences ont été faites à la pression de 26cm,25 et les écrans’employés étaient en aluminium,

argent et or. Les drivers écrans étaient placés entre la

matière active et le diaphragme, celui-ci permettant

aux rayons l’incidence maxima de 1 JO. Les résultats obtenus sont indiqués sur la figure 4, où 1 repré-

sente la courbe dans l’air sans écrans; II la courbe

qu’on obtient après le passage des rayons à travers un écran métallique ; Itl la même courbe mais après le

passage à travers deux écrans identiques. Pour mieux

comparer les diverses courbes nous avons superposé

Fig. 3.

sion 24 cm, 3 ; I I à la pression de 16cm, 17; III à la pression de 12cm,14 et IV à la pression de 8cm, 1 et

avec la même chambre d’ionisation.

La courbe III’ est la courbe qu’on obtiendrait à la

pression 12cm, 14 mais avec une chambre d’ionisation

double ; la courbe IV’ est à la pression de 81-,l et

aussi avec une chambre d’ionisation d’épaisseur double, et la courbe IV’, est à la mêlne pression mais

avec une chambre d’ionisation triple.

En divisant par 2 les abscisses des courbes III’ et IV’ et par 3 celles de la courbe IV’ 1 on obtient les courbes III", IV1" et IV" qui se superposent sur les courbes 1 et II.

On remarque sur la figure 5 que les courbes III", IV," et IV" diffèrent légèrement des courbes 1 et Il

(peut-être à cause des erreurs expérimentales), mais

l’écart entre les surfaces ne dépassant pas le 1/100e

on peut admettre que le nombre d’ions produits par les rayons x est indépendant de la pression du moins jus- qu’à la pression de 8 cm et avec la précision indiquée.

Pour des pressions plus faibles les parcours de- viennent considérables et on est obligé d’employer des

4crans, mais les courbes de Bragg obtenues ne sont

pas comparables à celles obtenues sans écran. Étant

donné l’importance que ce fait pourrait avoir nous

nous sommes proposé d’étudier le changement pro- duit sur la courbe de Bragg, après le passage des rayons i à travers les écrans métalliques.

la fin du parcours, et on remarque que la valeur du courant dans la région du maximum reste constante, mais que ce maximum se déplace vers la matière

Fig. 4.

active. Nous avons remarque que le déplacement

du maximum verts la matière active est propor-

tionnel à l’épaisseur de l’écran traversé. Ainsi sans

(5)

écran et dans l’air à la pression de 26’’"B25 le maxi-

mum se trouvait à 2UII,4 de la fin du parcours et un écran d’aluminium de 5:1.,94 d’épaisseur place le

maximum à 2’’"’, 6 de la fin du parcours ; le déplace-

ment est donc de 0cm, 2. Deux. écrans d’aluminium, en

tout 11u, 79 d’épaisseur, placent le maximum à 2’’"B8

de la fin du parcours et dans ce cas le déplacement (à)

est de Ocm,4. L’épaisseur a augmenté de 5u, 94 à 11;.u 79,

c’est-à-dire dans le rapport de 1 à 1,98 et le déplace-

ment du maximum de 1 à 2. Il résulte donc que 1a d’aluminium déplace le maximum de la courbe

de Bragg d’environ Ocm,03 tandis que le parcours est raccourci de OC111 ,45.

Un écran d’argent de 2u,73 raccourcit le parcours de 1 1cm, 4 à 8cm, 9 donc A-- 2cm,5 et le raccourcisse- ment par p est de Ocm,9’1. Le maximum de la courbe

est déplacé de 0cm, 4 par un écran de 2:1.,73 et de 0cm, 8 par un écran d’épaisseur double; donc par u

d’argent le déplacement est de 0cm, 14.

Des expériences analogues ont été faites avec des

écrans en or, et les résultats moyens sont de même

sens que précédemment. Dans le cas de l’or on remar-

que une petite diminution du maximum et cela pro- bablement à cause de la dispersion des rayons. Un écran d’or de 2:1.,27 raccourcit le parcours de 2cm,85 donc 1»À équivaut à 1cm, 25 d’air à la pres- sion de 26cm, 25; le maximum a été déplacé, par le même écran, de Ocm,7. et par conséquent 1»À d’or dé-

place le maximum de 0,,-,5 . Le tableau suivant contient les valeurs du déplacement du maximum et le rac-

courcissement du parcours par u de matière traversée à la pression de 26cm, 25.

En examinant les conditions expérimentales on pen- serait tout d’abord que le déplacement du maximum pourrait s’expliquer parle fait que, parmi les rayons x

qui traversent l’écran, il y en a qui tombent norma- lement, d’autres qui tombent sous une incidence variable ; la valeur maxima de cette incidence est d’en-

viron Ijo. Ceci étant le parcours des rayons obliques

est diminué d’une quantité plus grande que le par-

cours des rayons normaux, il résulterait donc un

déplacement ne dépassant pas 3,5 100 du raccourcisse-

ment du parcours des rayons 7. Cette correction faite,

on trouve que le maximum de la courbe de Bragg se déplace réellement suivant la nature de l’écran tra- versé et par pL ce déplacement est qualitativement proportionnel au poids atomique du métal.

La figure 5 indique ce déplacement pour des épais-

Fig. 5.

seurs d’aluminium, d’argent et d’or telles que le rac- courcissement du parcours soit le même.

Il serait intéressant de mieux préciser la loi du déplacement du maximum en employant du polonium

très concentré et en couche très mince, ce qui est

absolument indispensable pour fixer exactement la

position du maximum de la courbe.

D’après les résultais que nous avoiis obtenus on

pourrait affirmer que les rayons ri. traversant la matière subissent un changement dans ce sens que la

répartition des ions formés le long de leur trajet n’est

pas la même mais dépend de la nature de l’écran tra- versé.

[)Ianuscrit reçu le 19 mars 1915.1

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