M
M. E YTAN
Qu’est-ce qu’un quantificateur ? Le point de vue de l’algèbriste
Mathématiques et sciences humaines, tome 10 (1965), p. 47-65
<http://www.numdam.org/item?id=MSH_1965__10__47_0>
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QU’EST-CE QU’UN QUANTIFICATEUR ?
LE POINT
DEVUE
DEL’ALGEBRISTE M.
EYTANRésumé :
On décrit La
logique proportionnelle
àpartir
de la notion de valeurLogique.
Onpasse
ensuite à lalogique propositionnelle déductive,
dont un modèlealgébrique fidèle
est la structured’aLgébre
de Boole. Puis vient ladescription
de laLogique fonctionnelle
et de laLogigue fonctionnelle
dé-ductive ; la
structurealgébrique représentative
est celled’algèbre
monadi-que.
Depuis
les Grecs lamathématique
se veut déductive etrigoureuse. Or,
on est en droit de se demander ce
qui
constitue une démonstration et ceqyton
entendpar la rigueur. Répondre
à cettequestion
est lePrincipal
objectif
de laLogigue.
Pour yParvenir
elle utilise unLangage mathématique;
on La
désigne
alorspar Logigue mathématique.
Survient alorsl’algébriste:
devant cet
objet mathématique qu’est
laLogigue,
il cède à sonpenchant
na-turel et essaye de La caractériser d’un
point
de vuepurement aLgébrique.
Suivre ses
premiers pas
dans cette voie sera notre but dans cesquelques pages.
1.-
LOGIQUE
PROPOSITIONNELLE 1.1.-Proposition. Valeur logique
Lorsque
nous nousexprimons
nous utilisons desphrases.
Si l’on fait abstrac-tion de la structure interne de la
phrase,
de sa formegranmiaticale, etc.,
y negardant
commecaractéristique
que sa vérité ou safausseté,
on obtient la notionde
proposition pouvant prendre
les valeurslogiques
"vrai" ou "faux". Une propo- sition est donc une unitéindivise,
unatome, susceptible
d’être vraie(en abrégé V)
ou fausse(en abrégé F). Désignons
lespropositions
par des minuscules latines p, q, r... La valeurlogique
sera la valeur de la fonction vqui
à toute propo-sition p associe un des éléments de l’ensemble
VY F
selon que p est vraieou
fausse
resp. Ainsi soit p laproposition:
"+ 2est
un entiernégatif".
Savaleur
logique
sera: v(p) =
F.
1.2.-
Opérat i ons logiques, tab 1 es
devérité
Considérer les
propositions prises
isolément serait aussi peu utile que borner la Chimie à l’étude des atomes. Tout comme enChimie,
on a besoin de"composer"
lespropositions
entreelles,
c.à.d. associer à un certain nombre depropositions
une nouvelleproposition.
Par
exemple
si p est laproposition:
"la fonction
f:x~1.2
est continue sur tout intervalle borné ne contenant pasx
un
voisinage
de0";
et si q est la
proposition:
"la fonction
f:x...,,1.2
estintégrable
sur tout intervalle borné ne contenantx
pas un
voisinage
de " .Alors la
proposition
r:"la fonction
f:x~1.2
est continue etintégrable
sur tout intervalle borné nex
contenant pas un
voisinage
de 0"se
présente
tout naturellement.Si nous
symbolisons
r par:"p
etq"
alorsl’opération qui
aucouple (p, q)
associe
"p
etq"
est uneopération logique
binaire.Remarquons cependant qu’une proposition
est caractérisée par sa valeurlogique;
il est donc raisonnabled’imposer
que les valeurslogiques
de p et q déterminent celle de laproposition
"p
etq"~
et defaçon générale
celle du résultat d’uneopération logique
binairequelconque portant
sur lecouple (p, q).
Parexemple,
il est raisonnable de pos- tuler que"p
etq"
prenne la valeur V si et seulement si p et qprennent
toutesdeux la valeur V. Il en résulte que se donner la valeur
logique
du résultatd’une
opération logique
pour toutes les valeurslogiques
desopérandes
définitentièrement
l’opération.
D’où les définitionsplus précises qui
suivent.Une
opération logique
n-aire est une loi decomposition
interne(portant
sur n
propositions)
c.à.d. uneapplication qui
associe uneproposition unique
q
aun-uplet (p1,
y p2, e ...,pn) (où
les pi, i =1,
a2,
... n sont despropositions), complètement
définie par une loi decomposition
des valeurslogiques
des npropositions
pi. L8 table de véritécorrespondante
est une tablequi
associe mevaleur
logique unique aux e
valeurslogiques possibles
des pi c.à.d. la table donnant la loi decomposition
des valeurslogiques
des pi.Par
exemple
considéronsl’opération logique
binaire & définie par la table de vérité suivante:1
1
On reconnaît en P1 & P2 la
proposition "pl
et1.3.-
Opérations loqiques us ue 11 e s
Nous n’allons pas considérer toutes les
opérations logiques possibles,
uneopération
n-aire donnant lieu à2211
tables de véritépossibles,
ce nombreétant donc considérable.
On va se borner en fait à une
opération
unaire et troisopérations
binaires.1 .31.- LA
N ÉGAT
ION : C’est uneopération
unaire(1 ~
p p définiepar la
table de vérité ci-dessous:
1
1 p
(qu’on
lit"non-p")
est donc vraie si et seulement si p estfausse,
c’est ,la
négation
de p au sens ordinaire du mot.1.32.- LA CONJONCTION: I C’est
l’opération
binaire & donnée enexemple plus
haut.1.33.- LA DISJONCTION: t C’est
l’opération
binaireP2)~ Pl
5P2
définiepar la table de vérité:
P1
8 P2 est donc vraie si au moins l’une des deuxpropositions P1’ p2
est vraie.On la lit
"Pl
oup~" ~
le ou n’étant pas exclusif(p1
ou p2 ou lesdeux).
1.3~.- L T ’MP L 1 CAT 1 ON: 1 C’est
l’opération
binaire(p ,
1P2)~ P1 ~
P2 définiepar la table de vérité:
1
P2
est donctoujours
vraie sauf siP1
est vraie et p2 est fausse. On la lit"P1 implique P2"e
et elle a le sens intuitifqu’on
donne àl’implication(2)
à ceci
près qu’une proposition
fausseimplique n’importe quelle proposition,
que cette dernière soit vraie ou fausse.
1.4.-
Express ions logiques
En itérant
plusieurs
fois chacune desopérations logiques
définiesci-dessus,
ou en les combinant entre
elles,
y on obtient uneexpression logique.
(1 )
Ou encore "un i tai re"y(-2’)
"Si i pi alorsp2".
Par
exemple:
sont des
expressions logiques.
Plus
p‘récisément
onpeut
définir defaçon
récurrente lesexpressions logi-
ques de la
façon
suivante:a)
p, T q, p & que p ~ q, p a q sont desexpressions logiques;
b)
Si X est uneexpression logique, T
X est uneexpression logique;
c)
Si X et Y sont desexpressions logiques,
sont des
expressions logiques;
d)
les seulesexpressions logiques
sont celles données par les critèresa) , b)" c).
Par
exemple,
soit Zl’expression:
p &(q
&(
1r) ) qui
est de la forme:Or q
8c ( 1 r)
est de la formeq & X
où Xest, r.
X est une
expression logique
en vertu dea) ;
’Y l’est en vertu de
c),
donc p & Y l’est aussi en vertu dec),
c. à. d. Zl’est aussi.
Par
contre j ( 8c p)
n’est pas uneexpression logique
car & p ne l’est pas.1.5.-
Tautoloqie
etcontradiction. Equivalence logique
Par la
façon
même dont on a défini. lesopérations logiques usuelles,
noussavons calculer la valeur
logique
de leur résultat. On pourradonc,
deproche
enproche,
y calculer la valeurlogique
v(X)
de touteexpression logique X,
étantdonné la valeur
logique
de ses constituants(propositions
dont est formé X par lesrègles a), b), c), du § 1.4).
On pourra parexemple
dresser la table de vé-rité de X de
proche
enproche.
Reprenons l’expression logique:
p &(q
&( 1 r) ) désignée
par ZPour calculer la valeur
logique
de Z on a cherché sesconstituants ~
dresséles
23 =
8possibilités
des valeurslogiques
dutriplet (p,
q,r) puis
calculéde
proche
enproche,
en se servantdu § 1.3,
les valeurslogiques
desexpressions
partielles
constituant Z.1.51.- TAUTOLOGtE: Soit une
expression logique X,
P1,P2’
... e pn ses consti- tuants. On dira que X est unetat7.tologie
si v(X) =
Vquelles
que soient les valeurslogiques
de P1, p2, ... ~ e pn. Autrement dit uneexpression logique
estune
tatitologie
si elle est vraiequelles
que soient les valeurs de ses consti- tuants. Si on dresse la table de vérité de X on reconnaîtra que c’est une tau-tologie
au fait que la colonne X necomporte
que des V.Par
exemple
soit Xl’expression
p 8( ~ p) .
La table de vérité de X est:Donc X est une
tautologies.
Par contrel’expression
Z vueplus
haut n’est pas unetautologie.
Quel
est le sens intuitif d’unetautologie?
L’énoncéqu’elle représente
nefournit aucun
renseignement
sur les valeurslogiques
à donner à sespropositions
constituantes pour
qu’elle
soitvraie, puisque
de toutefaçon
cet énoncé esttoujours
vrai. Mais c’estjustement
là tout son intérêt: unetatrtologie
estvraie par sa forme
même, indépendamment
de toutcontenu;
or laLogique
s’intéres-se au
formel a
yindépendamment
du contenu. La recherche destautologies
est doncune des tâches de la
Logique propositionnelle.
1.52.- CONTRAD ICTTON: de même
qu’une tautologie
était uneexpression logique
tou-jours vraie,
y une contradiction Y est uneexpression logique toujours
fausse.Pour
qu’il
en soitainsi,
il faut et il suffit que Y soit de la forme où X est unetaiitologie.
Ceci résulte immédiatement de la considération de la table de vérité de Y et de X.Par
exemple
on a vu quep
8(’1 p)
est unetautologie;
donc ‘I(p 5 (, p) )
est une contradiction.
Autre
exemple:
p &(n p)
est une contradiction. Pour levoir,
dressons satable de vérité:
1.53.-
’ÉQUTVALENCE
LOGIQUE: Soient X et Y deuxexpressions logiques.
On dira que X estlogiquement équivalent
àY,
et on le noteraX 2=1- Y,
sil’expression
Y)
&X)
est unetaiàologie,
c.à.d.lorsque X implique
Y et Yimplique
X
quels
que soient les valeurs de leurs constituants.On vérifie sans
peine (et
le lecteurpourra 1 s’y
exercer avecprofit)
que:a)
X = Xquelle
que soitl’expression logique X;
b)
si X = Y alors Y ~ Xquelles
que soient X etY;
c)
si X = Y et Y = Z alors X = Zquelles
que soientX, Y,
Z.Ainsi
l’équivalence logique
est une relationd’équivalence.
Intuitivement ellesignifie
que deuxexpressions logiques équivalentes
sont toutes deux simul-tanément vraies ou simultanément fausses.
1 #
Du
point
de vueformel,
yqui
est celui de laLogique,
onpeut
donc les con-fondre.
Voici
quelques
résultats:41. .. ,
"quels
que soient p, q, r".L’ensemble de toutes les
expressions logiques (considérées
comme indiscerna- bles si elles sontlogiquement équivalentes),
y muni desopérations logiques
qu.enous avons définies
(qui d’après (7)
et(8) peuvent
se ramener à lanégation
et ladisjonction),
y constituent laLogique propositionnelle.
L’étude de laLogique
pro-positionnelle
consisteessentiellement,
nous l’avons dit(1 ) ~
en la recherchedes
tautologies. Cependant, procéder
comme nous l’avons faitjusqu’ici,
parl’étude des tables de
vérité,
est fastidieux. Le moy-en de trouver lestautologies
nous est donné par la
déduction.,
verslaquelle
nous nous tournonsmaintenant,
enaccentuant encore
plus
le caractère formel de ce que nous faisons.2.-
LOGIQUE
PROPOSITIONNELLE DEDUCTIVENous allons
partir d’expressions primitives,
y ouatomes,
y que nous allons composer entre elles par desopérations
pour obtenir desexpressions,
construites suivant certainesrègles.
D’autrepart,
on. va poser un ensemble de thèsesprimi-
tives ou
axiomes,
ce seront destautologies particulières,
et desrègles
de dé-duction
permettant
de dérivertoutes
les autrestautologies appelées
théorèmesou thèses.
2.1.-
Atomes
On se donne un ensemble S
=
p, q, r,...
d’atomesreprésentant
desproposi-
tions. ,
2.2.-
Opérations
On se donne les
opérationsl
y&, 8 , ~ (en
fait on sait bienque 1
et 8suffiraient
(1),
mais le fait de se donner lesdeux.autres opérations allège l’écriture)
c.à.d. dessymboles n’appartenant
pas à S etqui
serviront à formerles
expressions (cf. ci-dessous).
2.3.-
Expressions, critères
deformation
On forme des
expressions
par desassemblages (c.à.d.
des suitesd’éléments
de S et
d’opérations juxtaposés) d’après
les critèressuivants,
dits critères deformation
(2) :
F1 - tout élément p de S est une
expression;
F2 - si X est une
expression
-1 X est uneexpression;
F3 - si X et Y sont des
expressions,
X &Y,
X 8Y,
X ~ Y sont desexpressions;
F4 - les seules
expressions
sont lesassemblages
formésd’après
les critèresF1, F2,
F3.2.4.-
Ax i omes (3)
On reconnaît là des
tautologies particulières.
Les autres s’en déduiront par les critères de déduction.2.5.-
Critères
dedéduction
D1 - A1, A2, A3,
A4 sont des thèses(4);
D2 - si Y
désigne X,
alorsX >
Y est une thèse et Y > X est unethèse;
D3 - si X est une thèse et si X ~ Y est une
thèse,
Y est une thèseaussi ;
D4 - les seules thèses sont celles obtenues par les critères
D2,
D3.On voi.t aisément que le critère
capital
estD3,
ditrègle
d’inférence ou dedétachement;
c’est luiqui permet
de progresser enaugmentant
la liste des thèses.~ 1 )
Cf. 1 es équivalences(7) ~ (8), §
1.53.(2)
En toute rgueur il faudrait aussi énoncer les règles ou critères de substitution de variables.Nous lais~erons ce point de côté, Le lecteur intéressé pourra se reporter à
DM F] .
.- - -...
(4)
Les thèses sont des tautologies.2.6.-
Démonstrat ion
Toute suite
d’expressions X1’ X2’
...,~
telle queX1
soit une thèse etque s’obtienne à
partir
deXi
par un critère de déduction(i=1y
...n-1)
est une démonstra,tion de
~.
Procéder de la sorte alourdiraitcependant
les textes.Aussi établit-on à
partir
de théorèmesdéjà déduits,
de nouvellesrègles
d’infé-rence que l’on utilise ensuite au même titre
qu’un
des critères D. Parexemple:
On reconnait sur cette dernière formule le célèbre
principe
du tiers exclu.On reconnait
partiellement
leprincipe
de doublenégation.
3.-
LOGIQUE
PROPOSITIONNELLE DEDUCTIVE ET ALGEBRE DE BOOLE 3.1.-Algèbre de Boole (1 )
On
appelle algèbre
de Boole la donnée d’un ensembleB,
muni d’uneopération
un a i r e -
p~ p’
1 et d’uneopération
binaire(p, q)---.
p v q vérifiant lesaxiomes suivants
(2):
BO - B contient au moins deux
éléments;
(2)
I1 1 y a beaucoup d’autres systèmes d’axiomes possibles, celui-ci est commode pour notre exposé.On pose alors:
(ces
éléments sontindépendants
deu)
et on montre que les
propriétés
suivantes sont vérifiée:quels
que soient pe q, r e B.Exemple
d’unealgèbre
de Boole: l’ensemble B desparties
d’un ensembleE,
où
"p’ "
est 1 ecomplémentaire
de lapartie
p deE,
a"p
-vq’F
est l’union pU q de p et q,"p A q"
est leur intersectionp n
q, 0 est l’ensemble videfJ,
1 l’ensem-ble E tout ent,i er.
«
3.2.
Algèbre
deBoole 1 ibre
Les éléments d’une
algèbre
de Boole satisfont à diverses conditionsalgé- briques (par exemple les
axiomesB1 ~
5B2, B3, B4)
du seul faitqii’ ils appartiennent
à une
algèbre
de Boolp.- Si les éléments d’unepartie
S de B ne satisfont pas à d’autres conditions quequi
découlent nécessairement desaxiomes,
on ditqu’elle
est Ceei valable enparticulier lorsque
S B etl’algèbre
estalors dite
Schématiquement
onpput
dire que les élément de S ne satisfont à aiicune conditionspéciale ~~~,¿d0152 qu’on peut
lesplonger
dans unealgèbre
deBoole
quelconque de’ façon arbitraire
et sansrisque
de contradiction.Pour
exprimer
ceci de façonpré0i RP,
nouas allons support que Sengen.dre B,
c.à.d. B est 1 a
plus
tu de Boole contenant,S,
ou. en.~~o.re B est l’ en-semble de toutes
expressions
que 1 ’onpeut
former avec lesopérations ’ , -et
vappliquées
ax>t,ant, de fois qlip vnudra aux éi ém«nts de S.Un ensemble de
générateurs
S de B sera dit libre si tout=eapplication
de Sà une
algèbre
de Boole conque Apeut-être
étendue à unhomomorphisme (appli-
cation conservant 1 es
opérations ’
et, v de chacun? des de Bdans
A. En d’ autres termef S est libre si touteapplication
g de S dans unealgèbre
de BooleA
quelconque
admet ilne extension funique qui applique
B dans A defaçon
que:et
L’algèbre
de Boole B est dite libre si ellepossède
un ensemble degénéra-
teurs libre S.
On
peut
schématiser cette définition par led.iagramme
suivant:"d
est la fonctionidentique
définie par E à valeurs dansB,
et telle que:fl (p) =
p pour tout p e E.Ceci
exprime
le fait que E est unepartie
de B. g est uneapplication quel-
conque de E dans
A;
f est l’extension de g dont il estquestion
dans la définition.On l’a
indiquée
enpointillé,
car elle"complète"
lediagramme qui
est comnutatifau sens que
(f
o(p) =
g(p)
pour tout p E E. Enfin pourindiquer
que E ~ /engendre
B(ce qui
n’est pasindiqué
par lediagramme),
y onpeut exiger
l’unicitéde f.
Remarque:
pour lesalgèbres
de Boole nonlibres,
cf[A L].
Dupoint
de vuede la
Logique,
unealgèbre
de Boole liéeprovient
d’une libre paradjonction
detautologies supplémentaires,
parexemple
dutype:
"si(xn)
est une suite deCauchy
de nombresréels,
cette suite à une limite réelle".3.3.-
Rapports
avec 1 alogique
propositionneHe
Remplaçons
dans le§ 1. 53. _ , 1 ,
,&, 5,;:)
v,- ~respecti-
vement. Les
propriétés exposées
au§ 1.53.
deviennent celles du§
3:1. selon latable de concordance:
Ainsi, algébriquement,
lalogique propositionnelle
est unealgèbre
deBoole,
à une
question
de notationprès,
y et cettealgèbre
de Boole estlibre,
car lespropriétés (1 )
à(12)
du§
1.53. sont desconséquences
des seuls axiomes. Bienplus,
on a ainsi unprocédé
de construction d’unealgèbre
de Boole Elibre,
et un théorème d’existence: il suffit departir
de l’ensemble E delettres,
de formertoutes les
expressions
au moyen desopérateurs
1 et v,puis
de"passer
auquotient"
en confondant des éléments décrétés
"égaux",
tels p A q et q Sx p(qui, a priori,
étaient
distincts).
Comment passer auquotient ?
Autrementdit,
comment décrire la relationd’équivalence particulière qu’est l’ équivalence logique?
Si l’on seréfère à la manière traditionnelle de faire en
algèbre (par
exemple dans l’étudedes
anneaux),
on voit que laprocédure
est la suivante: on se donne d’abord uneclasse
d’équivalence spéciale (le noyau)
et uneopération particulière (la
"sous-traction").
&Puits,
on dit que deux éléments sontéquivalents
si et seulement sileur différence
appartient
au noyau. Onpeut procéder
defaçon
tout à fait ana-logue
pourl’équivalence logique.
Afin decomprendre
le choix du noyau et de.l’opération
de"soustraction",
remarquonsqu’ une expression logique
de la formep ~ p, (ou,
en notation du§ 1,
p &(ip))
est unecontradiction;
donc(p
~1p’ )’
1est une
tautologie.
Le noyau est la classed’équivalence
de cettetautologie
par- ticulière(les
éléments du noyau sont encoreappelés
destautologies).
On montreque le noyau est
indépendant
du choix de laproposition
p.L’opération
de "sous- traction" est cellequi
auxexpressions logiques
X et Y associel’expression
(X 4 YI) 1 A
1 soit(X 9Y)
n(Y -7X) ("X
si et seulement siY") .
Pour que les
expressions logiques
T et U soientéquivalentes
il faut et il suffit que(T (U - T )
soit unetautologie appartienne
au noyau.Mais on aurait pu
s’y prendre
autrement: on aurait pu faire la listecomplè-
te de toutes les
tatitologi.es,
et définirl’équivalence
àpartie
destautologies
en formant
(Y 2013~X).
Bien entendu il n’est pasquestion
de faire effec-t-ivement la liste au sens U.~1’f’J.. du
mot,
elle est Mais onpeut s’y
pren- dre habilement pour décrire cette listecomplètement
en un nombre fini de mots.Pour cela on donne une
petite
liste detautologies spéciales
y avecquelques règles permettant
d’enproduire
facilement d’autres. Lestautologies spéciales
ne sontautres que les axiomes A1 à A4 décrits au
paragraphe 2.4.,
et lesrègles
de fa-brication des autres
tautologies
sont les critères de déduction du§ 2.5., qui
se réduisent en fait à la seule
règle
D3. Ainsi lalogique propositionnelle
dé-ductive n’est pas autre chose que la
description
de laprocédure
constructivepermettant
d’obtenir unealgèbre
de Boole libre.Bien
entendu!
on aurait pu choisir d’autres axiomes et d’autres critères de déduction(1 ) ,
mais cequ’on
obtient finalement esttoujours
unealgèbre
de Boolelibre, qui
est donc uneimage algébrique
fidèle de lalogique propositionnelle
déductive
(2).
4.-
LOGIQUE . FONCT,’L OHN ELLE
’
4.1.-
Structure de
laproposition, individus, prédicats
Dans
le §
1 nous étions convenus de considérer laproposition
comme un toutindivisible,
un atome.Cependant lorsqu’on
désire pousserl’analyse
un peuplus (1 )
I ls sont.dus b Hilbert et Ackermann cf.[G T L]
(2)
Pour les algèbres de Boole non libres et les théories logiques avec axiomes cf.AL
loin,
il faut bien en arriver à uneanalyse
de laproposition.
Considérons parexemple
laproposition:
"les
points A,
B sont situés entre lespoints B,
C".On peut
ydistinguer
deuxespèces d’objets:
a)
desobjets susceptibles
d’être liés par laproposition:
ce sont les in-dividus
(il peut n’y en
avoirqu’un seul),
y tels"A", "B", "C",
y"T
-
b)
desobjets susceptibles
de lier les individus dans laproposition:
cesont les
prédicats
tels "... sont situés entre... ". . De même laproposition:
"l’entier a divise l’entier b" est une
proposition
où les individus sonta et
b,
leprédicat
étant: "... divise ... ". .4.2.-
Fonction propos itionnel le, propriétés, re 1 at i ons
D’après
leparagraphe précédent,
nous voyons que la structure d’une propo- sitionpeut
être schématisée sous la forme f(a’ b,
ce... ) ;
constituée parl’assemblage
d’unprédicat
f et des individus a,b,
c, ... On est donc amené à considérer des fonctions fqui
aux individus x, y, z, ..., associent la pro-position
f(x,
y, y z,...).
Une telle fonction est une fonctionpropositionnelle.
Par un abus de
langage
habituel onappelle
aussi fonctionpropositionnelle
lavaleur f
(x,
y, y z,... ) prise
par f pour les individus x, y, z, ... En fait il est à noter que x, y, z, ... ne sont pas àproprement parler
desindividus,
maisdes variables d’individus c.à.d. des lettres indéterminées
auxquelles
onpeut
substituer des individus.
Lorsque
la fonctionf(x)
est une fonction d’une seule variable onl’appelle
une
propriété.
Ainsi sif(x) désigne
"x est un entierpair",
alorsf(x)
est unepropriété.
Par contre
lorsque
la fonctionf (x’
y, z,... )
est une fonction deplusieurs variables,
onl’appelle
une relation(n-aire
si elleporte
sur narguments).
Parexemple
sif (x=
y,z)
est laproposition "y
est entre x et z" alorsf (x~
y,z)
est une relation ternaire.
La
logique
fonctionnelle n’est rien d’autre que l’étude des fonctions pro-positionrlell es.
4.3.-
Quant i f i cat i on
Soit la fonction
propositionnelle (1 )
"x est mortel" que nousdésignerons
par
f (x) .
Onpeut
alors être amené à considérer laproposition"
pour tout x~ xest mortel"
(ou
"tous les individus sontmortels"). Cettep:r’op_ositi0u
estliée.,
bien
entendu,
àf(x).
On ditqu’elle
s’obtient àpartir
def(x)
parquantifica-
tion universelle et on la
note V x f(x).
De
façon générale
onappelle quantificateur
universel lesymbole V qui, à
lafonction
propositionnelle f(x)
associe laproposition "pour
tout x,f (x) ".
(1)
Le domaine de définition def(x)
étant les ?nd!vSdus vivants.Bien
entendu,
onpeut,
au lieu d’unepropriété f (x) , quantifier
une relationn-aire
.f ( x,
y, y z,... )
et obtenir laproposition V
xd y
d z ...f ( x,
y,z, ... ) qui
se lit"pour
tout x, tout y, tout z, ...f ( x,
y,z, .~ .) ".
. ,Remarquons
que laproposition V
xf(x)
ne contientplus
la variable x(1) qui
est dite liée ou muette. Ainsi sif(x) désigne
"x estmortel",
y alors Y xf(x) désigne
"tout individu est mortel"qui
bien entendu ne contientplus
x. De mêmeV
x 14
yf (x, y)
ne contientplus
ni x ni y.En
mathématique
il arrive souvent que l’on ait affaire à des variablesliés,
ainsi x est lié dans
l’expression
A .y
15F(x) d r,
x et y sont liés dansl’expres-
sinon
«
(F
est une fonctionnumérique
de une oudeuxva-
n
riables
respectivement),
i est lié dans ~al
*ilo °
Reprenons
la fonctionpropositionnelle
"x est mortel"désignée
parf (x).
Onpeut
être amené à lui associer laproposition
"il y a au moins un individu mortel"(ou "pour
au moins un x, x estmortel")
que l’onno-te 3
xf(x).
On ditqu’elle
est obtenue de
f(x)
parquantification
existentielle.De
façon générale
onappele quantificateur
existentiel lesymbole Il qui
àlra
fonctionpropositionnelle f(x)
associe laproposition "pour
au moins un x,f (x) " notée 3
xf(x).
On définira de
façon analogue
laproposition 3
x 1y -1
z ...f (x~
y, z,...)
à
partir
de la relationf (x~
y, yz~ ... )
et on se rendracompte
que dans cette pro-position
x, y, z, ... sont des variables liées. Enparticulier 3
xf(x)
ne con-tient pas x.
Dans tout ce
qui suit,
et poursimplifier
trèsconsidérablement
y on nes’occupera plus
que despropriétés,
laissant de côté les relations. Disons néan- moins que la théorie(logique
etalgébrique)
existe et estparfaitement
aupoint.
On renvoie le lecteur intéressé à
[AL]
et[DMFJ.
4.4.--
Etude
de lalogique f onot i onne 11 e
A
partir
du moment où l’on a défini les fonctionsprépositionnelles
et lesquantificateurst
onpeut définir,
tout comme pour lalogique propositionnelle,
la notion
d’opérateur fonctionnel, d’expression
fonctionnelle(extensions
desnotions
d’opérateur logique
etd’expression logique)
s celle de l’identitélogique
(extention
de latautologie)
etc. cf.§
5.Ce
qu’il
y a deneuf,
parcontre,
ce sont lespropriétés
desquantifica-
teurs. On
peut
montrer que, sparmi d’autres,
a les relations suivantes sont intuiti- vement vraies(on
utilise pour lesopérations
la notation desalgèbres
deBoole,
avec la
correspondance indiquée au §
3.3. entre écriture booléenne et lesymbolisme
du 9 1~) ~ i
~ ~, ,~ ~ ~ ,(1)
Ou plus exactement la variable x est une variable factice que 1"on peut remplacer par toute autre variable(ou
même par unblanc)
ayant le même domaine de variation que x.5.-
LOGIQUE
FONCTIONNELLE DEDUCTIVENous allons
esquisser
brièvement l’ étude de lalogique
fonctionnelle déduc- tive (limitée auxpropriétés f(x),
fonctionspropositionnelles
dfune seule varia-ble)
sur le modèle de cequi
a été construit pour lalogique propositionnelle
déductive.
5.1.- Atomes
On se donne: >
a)
des variables depropositions
p ; q, r, ... gb)
des variables d’individus x. y~ z.... ;c)
des variables de fonctionsf,
~ g,hé
....Les lettres des classes
b)
etc)
interviennent sotis lag(y), h(g),
... dits éléments fonctionnel. Les atomes sont les variables deproposi-
tions et les éléments fonctionnels.
5.2.-
Opérateurs
’On se donne les
signes ,
v, ~ et 2013~qui
sont lesopérateurs (ces signes
n’étant pas des
atomes) .
5.3.-
Quantificateurs
On se donne les
symboles:
’a) ~ quantificateur
unii.erse.L;b ) 1 quantifi cateur
existentiel :(distincts
des atomes et desopérateurs).
5.4.-
Critères
deformat ion des expressions
Des
expressions
sont forméesd’après
les critères suivants(où
intuil,ix,e- ment une variable libre est une variable nonliée,
c.à.d. une vraieF1 -
a)
p, q, r sont desexpressions
ne contenant aucunevariable,
libre ouliée;
b) f(x), f(y),
.. ~g(x), g~;~’) ~
-.eh(x), h{y),
...sont des
expressions
contenant les variables libres x, ,y~ ... ;F2 - si X est une
expression
y Xs est uneexpression
contenant les mêmes varia-bles,
libres ouliées,
1 queX;
F3 - si
X,
Y sont desexpressions
tellesqu’aucune
variable ne soi.t à la foislibre en l’une et liée en
l’autre,
X vY ~
e X AY,
X -1 sont des expres- sions contenant les mêmesvariables,
libres oii tiées, queX,
Y;F4 - si
X(x)
est uneexpression
contenant la variables librex, V
xX(x)
etg
xX(x)
sont desexpressions
contenant la variable liée xet,
parailleurs,
yles mêmes variables. libres ou
liées,
queX(x);
F5 - les seules
expressions
et les seulesvariables,
libres ouliées,
y contenues dans uneexpression
sont celles obtenues parapplication
des critèresF1,
yF2, F3,
F4(1).
5.5.-
Opérateurs et quantificateurs primitifs
On
peut,
nous le savons, y définir lesopérateurs A
et --~ en fonction desseuls
opérateurs ’
1 et vqui seront,
pour cetteraison,
ditsprimitifs;
si onne le fait pas
systématiquement,
c’est pour ne pas alourdir les écritures. De même la relation(3) du §
4.4. montre que lequantificateur universel V peut
se définir à
partir
duquantificateur existentiel a qui
est donc ditprimitif.
5.6.-
Axiomes
5.7.-
Critères
dedéduction
D1 -
A1, A2, A3, A4, A5,
A6 sont desthèmes;
D2 - si Y
désigne X,
X- Y est une thèse etest
unethèse;
D3 - si X est une thèse et si X- Y est une
thèse,
Y est unethèse;
D4 - si x ne
figure
pas dans X et si X-Y(x)
est unethèse, X- Ù
xY(x)
est une
thèse;
D5 - si x ne
figure
pas dans Y et siX(x)-t y
est unethèse, 3
xX(x)-
yest une
thèse;
’D6 - les seules thèses sont celles formées à
partir
des critèresD1,
yD2, D3, D4,
D5.
6.- AIGEBRE
MON A D 1 Q U.E
On va se donner une