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nos questionnaires
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J•a1 déjà quelques réponses de col lègues lnst 1 tuteurs. J •at dè- j à émis l'opinion que ces attesta- tions n•ont qu'une valeur partlcu- 1 lère aux t~tes de classes, à ceux qui. parce qu'll.s réussissent ne . suscitent, ni ne subissent les dra- mes si communs avec la masse des moyens.
Autrement dit. 5$ des effec- tifs savent se défendre contre la scolastique. Mals c'est du problè- me des 95 autres pour cent que nous avons surtout à nous préoccuper.
Un de ces camarades émet· au sujet de la dlsclpl lne coopérative 1 'opinion suivante :
• La dlsclpllne coopérative: c•est un Idéal d!ff!clle, vers le··
quel on marche patiemment. Se fi- gurer qu'on la crée avec un petit discours fait au début de l'année c'est une naîveté ou une pieuse ma- n le. Une étape: que le gosse accep- te la sanction comme le résultat mér 1 té de sa paresse, de son Impu- dence ou de son culot, c'est déjà un p~lnt difficile à atteindre. Ne pas etre un fi le maussade mals un arbitre loyal, c'est déjà bien.•
Non, nous pouvons aller beau- coup plus loin et montrer que par nos techniques, par le travail vi- vant, par le journal mural et la réunion coopérative du samedi que nous recommandons tout particuliè- rement, nous mettons à la portée • tous les éducateurs une forme de dlsclpl lne qui dépasse les sanctions et constitue la plus éminente des formations morales et clvlques.
Une prochaine brochure EH se- ra consacrée à la Coopération. Je serais heureux de recevoir des ca- marades les documents qui peuvent y figurer.
C. FREINET
Les parents jugent l'École
·Voici quelques critiques fai- tes à l'Ecole tr'adltlonnelle par un père d'élève, bijoutier à AIX:
•Jusqu'à maintenant, Roland ne s'est pas Intéressé à la classe.
Pour lui, le travail sc.olalre a un effet Inhibiteur. Pour Illustrer. voilà un fait. A l'~ge de cinq ans
11 allait volontiers se mettre au piano jouer à sa façon. Un ami qui avait fait des études très appro-
01~
Notre propagande
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Parceque nous avons été formés à l 'ancienne école, parce que 11Ecole moderne n•a pas toujours pénétré à 100%
not1·c technique de vle, nous avons tendance, souvent enco- re, à suppléer par les théories et les explications verba- les ou écrites aux 'réa11~gt1ofis pratiques seules valables.
Nous y glissons insensiblement, à tout instant, eL nous avons besoin, pér1od1quement, de redresser d1un bru-·
tal coup de barre.
n y
a une dizaine d1ann.ées, nos groupes, qui étaient par rois encore à la remorque des Orollpet'I Fr!in9als d' Edue;a··tion Nouvelle aujourd'hui disparus, croyaient bien raire en organisant de belles conférences, avec l'appoint, quand ce- là dtalt possible, de personnalltds compétentes susceptlbleu d'attirer la client~le.
Nous nous sommes aper9us à temps, que cette prati- que nous menait au dépérissement et à la mort de nos grou- pes qui n •apportaient plus à nos adhérents l 'alde p1·atique attendue.
Nous sommes partout r~partis avec la seule activi- té efficiente : les discussions théoriques et techniques à ~Gme les clabses qu'on vlslte .- et qui ne sont pas to1·cé- ment modernisées à tOO% - 11arndl1orat1on du matériel et de~
techniques de travail, les cahiers d~ rouleme~t, les écoles d1app11cat1on, les expos1t1ons-démonstratlons oà l'on volt non seu1emen1. les résultats obtenus mais aussi, mail! sui·tout.
les petits ouvriers au travail, et enfin stages sous toutes leurs formes, y ~omprls les stages d'un Jour, tels que les pratique avec tant de suce' ès• notre ami SPAUTZ au LHxemtiourg,
Nous avons alors cotoyé un autre danger parce qu•on nous assurait que la voie expérimentale sur laquelle nou6 avancions désormais avec certitude était trop lente et que, au point oà nous en étions de nos réalisations nous puutions prétendre à une pddagogle de masse qui se~alt notre trl0rnphc. Mals il y !allait de la propagande, c1est-à-dlr~ l'action da la presse, de la Radio et sl possible même de la télévision. Il surr1sa1t de parier aux Journalistes et aux personnalit-ds à 11atrat des nouveautés le langage qui leur convenait.
Nous pourrions alors nous envoler.
Les lampions se sont vite éteints. On nous annonce même que l'UNESCO n•a vas cru bon d1ag1•ée1' notre Féd~rat1on
Internationale d1Ecole Moderne et notre vropositlJn si g~
néreuse d1une année internationale de 11Educat1on nia ren- contré aucun écho.
Devons-nous nous plaindre et nous décourager, ou reconnaître seulement notre erreur pour repartir dans le bon chemin 7
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Je me souviens avoir parlé dans tels ou tels chers-lieux de départements aux 2 ou 3000 instituteurs qui étaient venus m'entendre parce qu111s avaient un jour de congé. Je ne sais pas s'il en est resté seulement une tra- ce dans l'esprit de quelques camarades.
Nous avons rait de multfples orrres pour conju- guer nos errorts avec ceux de personnalités ou d'organi- sations qui étaient très près de nous par les buts pour- suiviso L'échec a été total.
Et pourtant, sl nos techniques ont ·progressé au point d11nfluencer profondément la pédagogie rran9alse et internationale, c•est sans doute que nos processus habi- tuels de dlf!uslon expérimentale ne manquent pas d1e!fl- cience et que c'est à eux que nous devons continuer notre conriance.et notre attachement.
Cela ne sign1!1e point que nous nous replions sur nous-m€mes, mals que nous cholslssons le mode de propagan- de et d'action qui, à 11usage, nous réussit le mieux&
• travailler dans nos classes en améliorant sans cesse, coopératlvemcnt, nos outils et nos techniques.
• montrer sur place, dans nos classes mêmes, les normes nouvelles de notre activité.
• En dlrruser les résultats par tous moyens.
Il raut bien nous persuader que ce n•est jamais du sommet que nous viendra le succès. C'est à la base d'abord qu1il nous raut agir. Sl nos techniques ont vraiment·les vertus que nous leur attribuons en race d'une école dont la raillite devient, par la rorce des choses, de plus en plus flagrante, elles imposeront leurs solutions. L'agré- ment et l'appui du sommet viendront après. Ils viendront dans la mesure o~ les pouvoirs politiques et sociaux se- ront en quête de méthodes erriclentes pour préparer un monde meilleur.
Cette position es~ valable aussi bien poûr l'é- tranger que pour la France.
Depuis 25 ans nous taisons parvenir nos revues à des éducateurs et à des organismes d'Allemagne, de Pologne, d'U.R.S.S, des U.S.A., d'Angleterre. Papier perdu, ou du moins de bien faible rendement, disons 6
%.
Mals que se mettent à travailler selon nos tech- niques, et s•unissent da~s des Coopératives ou des Oulldes de travail, les éducateurs suisses~ italiens, belges ou hollandais, alors, même sans aucun agrément orriciel, nos techniques progressent et 1nr1uencent tout !•enseignement. Nos Congrès, avec leurs expositions technologiques ou ar- tistiques orrrent bien un premier intérêt, une possiblll- té de déclanchement de la cur;ostté. Il y manque toujours
~fondles en musique nous poussa à lui faire donner des leçons de pia- no. Hous ail Ions voir mon vieux professeur de piano qui, quelques jours après, lui donnait sa premiè- re· leçon de solfège, Au bout d'un quart d'heure, Roland posait cette question: "Mals pourquoi on ne me fait pas jouer du piano ? " Expl !- cations du professeur et réponse négative. Rolan.d ne voulu_t pas con- tinuer. Nous n'avons pas Insisté, Et pourtant, 11 continue depuis h pianoter selon l'inspiration du mo- ment,
Autrement dit, le travail, tel qu'on le lui présente partout, est un épouvantail. Pour lu!, le travail n'est pas la vie, Le travail c'est la contrainte morale, ce n'est pas ln llberté. Par contre, 11 pré- fère une occupation de son choix et dans laquelle 11 a une part active et prépondérante. Mals alors, Il est difficile de faire coinclder un programme scolaire avec le choix capricieux d0un enfant.
C'est Justement ce que vous faites avec 1e r. TEXTE LIBREu mo- ment unique ob la matière à appren- dre correspond ~la disposition mentale de 1 'enfant. Pourquoi ?Par- ce que le sujet d'étude est son élu au 1 leu d'être le pensum, le travail Imposé par UH GRAND. Dans le premier cas, l'enfant l mettra tout le meilleur de lul-meme, car c•est SON sujet, dans le second cas,
11 subira dans une attitude Inhibée ou révoltée suivant le moment, ce travail sans Intérêt pour lui.
11 est certain que 1 'enseigne- ment habituel a échoué avec notre fils. SI nous continuons à le lais- ser dans le même enseignement, 11 deviendra un cancre, un être qu'on laisse au fond des classes avec toute la suite des complexes d'in- fériorité qui mènent à toutes sor- tes de dérllglements physiques, ln- ' tellectuels et moraux que consacre
finalement !'étiolement de laper- sonnal lté,
Ou b 1 en , 1 l su 1 v ra votre e Îl-
s e 1 g n eme nt, sl vous le voulez bien.
Hous sommes persuadés qu' 11 pren ..
dra alors conscience de lul-même parce qu'il aura un libre champ d'action ob sa nature s'exprimera librement : Pour lui, apprendre sera agir et non subir.
De plus, son activité menée en accord avec celles des autres camarades dans la COOPERATIVE lui donnera le sentiment qu' l l apprend par les autres autant que par lui- même dans le 1 lbre échange des
Idées et du savoir,
Hous avons dit un peu le pro- blème qui se pose à nous pour l'ins- truction de notre fils. Hous n'avoM pas trouvé de solution dans l'En- selgnement habituel. Hous voyons la vraie solution dans le vôtre. "
A propos
de l'aHa,Lre. LeGuen
à. La. :R~LlnLOn
Nous avons relaté en son temps. comment notre ami LE GUEll avait été m11traqué à la· Réunion au moment du Référ.endum, et comment · cet Incident avait amené ~~ ferme- ture de l0Ecole Expérimentale qui
venait de s'ouvrir et dont LE GUEH était Dlret;teur.
Hous a~lons assu;é LE GUEH de \a sol ldarlté morale et ma- tér11cl le de tous les camarades de 1•Ecole Moderne, et nous pouvions donner cette assurance. Malgré la
recommandation que nous faisions au bas de 1°appel de n'envoyer les
fonds que lorsque nous en ferlons expressément la demande, un nombre Important de camarades ont sponta- nément envoyé leurs billets de mille (au total 19.500 Frs).
Le procès n'aura pas 1 leu et les chani·es elles-mê"mes del' Ecole Moderne à la Réunion ne sont pas définitivement compromises.
LE GUEH et se~ amis pourront con- tinuer leurs effo1 ts pour la bon- ne cause.
Au terme .de cette affalr~.
notre ami LE GUEN nous dit com-
b len 11 a été touché par la spon- tané! té des ge.stes de défense et de solidarité de nos camarades
e l 11 vous en remercie.
Il tient tout particuliè- r ement à remercier - et nous nous joignons à 1 ul - notre camarad~
UEBERSCHLAG. Inspecteur Primaire qui a su. avec courage et huma- n lté, montrer que la sol ldarlté Ecole Moderne n'est pas un vain
rnot. C.F •
.f...g....§.. llous retournerons aux cama- rades les fonds versés.
la prés.?nce d 1une classe et le spet\tacle seul décisif du comportement des maîtres et des élèves dans le complexe d'une éducation reconsidérée.
C'est à la notion ~e stages qu'il nous taut toujours revenir, tant sur le "plan international qu.e national.
Quand not1•e ami "SPAUTZ vient passer un roois et dero1 à 11Ecole Freinet, 11 part en sachant comment 11 doit abor · der désormais le travail nouveau et le Grand Duché devient un centre vivant qu1 accueille. les stagiaires ~'Allemagne
oîi s 1 organiseront bientôt des Groupes d 1 Ecole Jioderne.
Quand l t équ!De de GOUZIL par•t en car jusqu •en You- goslavie pour y tenir des stages de t1·avail, le prof 1t en est de même certain.
Et si nos techniques r>rogressent si méthodiquement dans 11.AJllértque lat.me, c1est. que nous y avons un· Institut Coo- pératif de 11Ecol& Moderne qui a calqué son act1m1 sur le nôtr!l. et que nous ·pouvons· comr>ter·, au Mexique n0tamment, sur la .pr·opagande permanente que aont nos écoles expé1·tmen- tales ôcint 11Ecole Freinet de San Andréa Tuxtla, de notre cher REDOUDO est le prototype.
c•est pourquoi, en invitant les divel'.G pays à par- ticiper à notre Congrès·International de Mulhouse, nous leur dirons le protlt qu'ils auraient à autoriser leurs délégués à fal~e un stage d1au moins un mois dans une de nos écoles.
C'est pourquoi aussi nous invitons dès mainten&nt tous nos adhérents de Fcance et de l'étranger à organiser des expos1tlons-démonstrat1ons et des stages d'étd.
Ce travail, cette 1n1tlatlon qui, de proche en prochd sape et éb1•an1e la v1e111e école, c1est cela notrll·propa-
g~nde.
Elle est et sera décisive ••
C. FREINEI'