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Vivre sa commune. une vocation commerciale sans dividendes

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Academic year: 2022

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DIMANCHE 21 NOVEMBRE 2021

17 RABIE ETHANI 1443 N° 7494 - PRIX 10 DA

E

lles sont spécialisées dans les matériaux de construction. Le récent Salon du bâtiment qu’avait abrité la Safex a révélé bon nombre d’entreprises nationales qui se sont spécialisées dans des domaines qui ont le vent en poupe : équipements et matériaux respectueux de l’environnement et moins énergivores.

L

aCour constitutionnelle qui a remplacé le Conseil constitutionnel se veut désormais un organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics. Ainsi, elle a pour mission d’arbitrer et régler tout conflit pouvant émerger entre les différents pouvoirs constitutionnels. Les requêtes adressées à la Cour constitutionnelle peuvent provenir du président de la République, des présidents du Conseil de la nation et de l’Assemblée populaire nationale, et du Premier ministre. En outre, il est ouvert la possibilité d’une saisine par un groupe d’une quarantaine de députés ou de 25 membres du Conseil de la nation.

.

PAGE 12

Ces entreprises tournées vers l’avenir

ww BÂTIMENT

E

xcessif. Le mot était dans la bouche de pratiquement tous les passagers d’Air Algérie en provenance de l’étranger. Il s’agit bien sûr des prix des billets d’avion dont la hausse est jugée non seulement exagérée mais aussi injustifiée.

.

PAGE 4

Les voyageurs outrés par les prix des billets

ww AÉROPORT INTERNATIONAL D’ALGER

QUOTIDIEN NATIONAL

H orizons

UNE INSTITUTION QUI S’AFFIRME

COUR CONSTITUTIONNELLE

.

LIRE EN PAGE 3

n ORGANISATION DES ÉLECTIONS

LOCALES

UN BUDGET DE 8,67 MILLIARDS

. DA

PAGE 2

Lire Wassila Ould Hamouda en pages 5-6-7

L

a commune aurait dû voir grand, grâce à ses recettes commerciales. Mais paradoxalement, Bachdjarah ne peut boucler son budget annuel sans l’aide de l’Etat.

D’ailleurs, ses recettes ne suffisent même pas à assurer les salaires de ses employés. C’est dire.

B

Ba acch hd djja arra ah h,,

une vocation commerciale sans

dividendes

l Fatiha Benabbou, constitutionnaliste :

«Les membres de la Cour ne sont

pas dans un état d’allégeance»

Vivre sa commune

Ph : Foud S. Ph : Fouad S

(2)

2

www.horizons.dz HORIZONS • Dimanche 21 Novembre 2021

A LGÉRIE ACTUALITÉS

Les manuscrits, photographies ou tout autre document et illustration adressés ou remis à la Rédaction ne sont pas rendus et ne peuvent faire l’objet d’une réclamation.

HORIZONS SUR INTERNET : https://www.horizons.dz

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Sarl «T.D.S» Diffusion «Sud»- Tél : 06.61 24 29 10 — 029 71 38 25 . Tirage de l’édition d’hier : 9500 exemplaires Quotidien d’information

édité par la SPA HORIZONS"

au capital social de 160.000.000,00 DA

PRÉSIDENTE-DIRECTRICE GÉNÉRALE Saliha AOUÈS

Horizons

CAMPAGNE ÉLECTORALE

PLUSIEURS FORMATIONS POLITIQUES ONT APPELÉ À L’IMPÉRATIF DE CONFÉRER AUX PRÉSIDENTS DES ASSEMBLÉES POPULAIRES COMMUNALES (APC) de plus larges prérogatives pour traiter la crise du logement et examiner les demandes exprimées par les citoyens, à travers un système de statistique intégré et un fichier national précis et sécurisé au profit des franges sociales qui nécessitent réellement des aides de l’Etat dans

ce domaine. ORGANISATION DES

ÉLECTIONS LOCALES

Allocation

d’un budget de 8,67 milliards de DA

U

n budget de 8,67 milliards de dinars a été alloué pour les dépenses liées à la préparation et à l’organisation des élections locales du 27 novembre 2021, selon un décret présidentiel publié au Journal officiel (J.O.) n°86. «Il est ouvert, sur 2021, un crédit de 8.670.000.000 dinars, applicable aux budgets de fonctionnement des ministères de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, de la Justice, et de la Communication», précise le décret n°21-442 du 10 novembre 2021 signé par le prési- dent de la République, Abdelmadjid Tebboune. En vertu de ce texte, une enveloppe de 7,75 milliards de dinars a été allouée au ministère de l’Intérieur pour prendre en charge les dépenses des services déconcentrés de l’Etat et celles de fonctionnement des délégations de l’Autorité nationale indépen- dante des élections (Anie).

Il a été également affecté un budget de l’ordre de 380 millions de dinars au ministère de la Justice et un budget de 540 millions de dinars au ministère de la Communication, libellés au titre des dépenses de l’administration centrale liées à la préparation et à l’organisation des élections locales 2021.

L

edossier du logement constitue un véritable «casse-tête» pour chaque responsable local qui se retrouve confronté directement aux citoyens, à chaque annonce de la liste des bénéficiaires.

Plusieurs présidents d’an- ciennes assemblées locales esti- ment qu’il est plus que nécessaire d’élar- gir davantage leurs prérogatives dans le cadre des amendements prévus dans les codes communal et de wilaya, notam- ment en ce qui a trait au dossier du loge- ment qui constitue le véritable problème auquel font face les élus et les citoyens à la fois, et ce, en raison de la forte deman- de et de l’offre insuffisante, en sus des manipulations de certaines opérations de distribution au détriment du simple citoyen et des véritables résidents de la commune, plaçant ainsi plusieurs respon-

sables locaux devant des choix difficiles.

Le candidat du parti Sawt Echaâb et ancien président d’APC d’El Harrach, Mezioud Mourad, a plaidé pour l’intro- duction de nouveaux amendements dans les codes communal et de wilaya à même de conférer de larges prérogatives aux élus.

Après avoir souligné que le président d’APC aspire à des prérogatives dépas- sant les 70% pour lui permettre de prendre la bonne décision, loin des pres- sions exercées par les commissions, le même intervenant n’a pas nié le rôle important des commissions de daïra et de wilaya, appelant à l’impératif de leur attribuer un rôle de contrôle uniquement.

Dans le souci de pallier ce problème, Mezioud a proposé l’accès des com- munes à des quotas plus importants de logements sociaux, l’amélioration des

conditions d’accès au logement social, notamment en terme de fiches de paie, l’ouverture de la voie aux opérateurs pri- vés pour la réalisation de logements dans les différentes communes au titre du logement locatif à même de résorber un nombre important de demandes et l’arrêt immédiat des opérations de logement des habitants des bidonvilles qui empêchent l’accès des demandeurs de logement au logement social. Pour sa part, le candidat du FLN et ancien président d’APC de Mahelma Merzoug Hamid a insisté sur l’impératif d’élargir les prérogatives du président d’APC afin d’avoir «un rôle actif» dans la commission et de lui per- mettre de convaincre ses membres quant aux dossiers des citoyens qui ouvrent réellement droit au logement, affirmant, toutefois, que les quotas octroyés ne peu- vent satisfaire toutes les demandes.

L

a visite officielle du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, au Maroc cette semaine, vise, selon les experts à perturber l’Algérie, qui s’apprête à abriter le Sommet de la Ligue arabe en mars prochain et à affaiblir son rôle de médiation dans le dénouement des conflits dans la région.

L’expert des relations internatio- nales Mohamed Hassene Daouadji affirme que cette visite est une pre- mière dans l’histoire de la région et intervient dans le sillage de l’achè- vement du processus de normalisa- tion entre l’entité sioniste et le royaume du Maroc. «La normalisa- tion des relations entre le Maroc et l’entité sioniste n’est pas similaire à celle du reste des pays ayant déjà emprunté cette voie, tant la région connaît une nouvelle donne selon laquelle se fait une redistribution

des forces et une éventuelle émer- gence de plans stratégiques visant à attenter aux Etats de la région. Il s’agit de répartir ces pays en fonc- tion de leurs allégeances à l’entité sioniste dans le but d’affaiblir toute action de résistance contre sa poli- tique expansionniste et jeter la cause palestinienne aux oubliettes», explique l’universitaire. Le rappro- chement maroco-sioniste est mar- qué par une hostilité inédite envers l’Algérie, qui a toujours fait montre de son attachement indéfectible à son idéologie révolutionnaire et à sa doctrine défendant le droit des peuples à leur autodétermination, analyse-t-il.

Force est de constater qu’à tra- vers cette alliance, le Maroc fait de

«la sous-traitance géopolitique»

pour la mise en œuvre des manœuvres provocatrices sionistes

contre l’Algérie et sa stabilité, pour- suit-il. Cette approche géopolitique visant «la somalisation» de la région et celle prônée par l’Algérie, anti-impérialiste, s’entrechoquent, ajoute Daouadji, qualifiant «la série de normalisation gratuite» des pays arabes avec Israël de menace contre la liberté et la souveraineté des Etats. Et, partant, l’Algérie est appe- lée à prémunir son front interne contre les guerres électroniques et médiatiques visant l’unité nationale.

Sur le plan régional et international, il est impératif, recommande-t-il, d’intensifier les relations avec les pays voisins et amis, ainsi qu’avec les alliés stratégiques.

Par ailleurs, l’universitaire considère que la France constitue un

«grand chiffre» dans l’équation sécuritaire régionale visant l’Algérie, d’où la démarche de cette

dernière d’aider les pays voisins, notamment au Sahel à sortir des griffes de l’ancien colonisateur et de les engager sur la voie du dévelop- pement économique.

Il met l’accent sur le rôle de l’Algérie en la matière de médiation qu’elle devrait mettre en avant lors du prochain Sommet arabe afin de dénouer les conflits minant la région arabe et africaine.

RÉACTIVER LA DIPLOMATIE DES SOMMETS Pour sa part, le spécialiste des relations internationales, Oussama Bouchemakh, souligne l’importance de cette rencontre régionale et des dossiers qui vont être à l’ordre de jour, notamment la possibilité de réintégrer la Syrie dans l’organisa- tion arabe et la situation sécuritaire en Libye après le sommet de Paris, tenu récemment. «Cette rencontre

arabe sera une opportunité pour l’Algérie afin de réactiver la diplo- matie des Sommets et créer des espaces pour tenter de converger les visions entre les pays arabes et ainsi trouver des solutions aux mul- tiples crises dans la région. Selon Bouchemakh, le Maroc et l’entité sioniste, et à travers la visite de Benny Gantz, accélèrent leur plan commun afin de mettre en échec ce Sommet, mais aussi barrer la route à l’Algérie qui ambitionne clairement une forte présence en Afrique. «Le Maroc est devenu une plateforme pour Israël qui s’efforce, depuis 2016, à tisser des relations denses avec les pays de la région à l’effet de circonscrire davantage l’Algérie dans l’intention de semer les troubles dans la région», décrypte l’expert.

n Aziza Mehdid

VISITE AU MAROC DU MINISTRE DE LA DÉFENSE DE L’ENTITÉ SIONISTE

«Volonté de faire capoter le Sommet arabe d’Alger»

Les futurs élus réclament plus de prérogatives

Photo : Horizons

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ACTUALITÉS 3

A LGÉRIE

HORIZONS •Dimanche 21 Novembre 2021

LA COMPOSANTE DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

CONNUE

LA COUR CONSTITUTIONNELLE REMPLACE DÉSORMAIS LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONFORMÉMENT AUX NOUVELLES ATTRIBUTIONS DÉCIDÉES DANS LE CADRE

DE L’AMENDEMENT DE LA LOI FONDAMENTALE INTERVENU EN NOVEMBRE 2020. La Cour assumera de nouvelles missions en tant qu’organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics pour développer la justice constitutionnelle et protéger au mieux les droits fondamentaux des individus.

Opérationnelle

avant la fin de l’année

L

es expériences du passé et les vides juridiques ayant suscité une crise de légitimité avaient mis le Conseil constitutionnel dans des situations de blocage. Il fallait y remédier en vue d’éviter des scénarios similaires.

Kamel Fenniche, président du Conseil constitutionnel, avait expli- qué, maintes fois, que la révision constitution- nelle était nécessaire pour satisfaire les revendi- cations du Hirak qui n’a eu de cesse de reven- diquer une Algérie nouvelle totalement libérée des vieilles pratiques. La Cour Constitutionnelle constitue pour lui «une valeur ajoutée», dont les prérogatives lui confèrent d’autres charges, telles que l’intervention dans le débat politique pour éviter toute paralysie des institutions constitutionnelles qui pourrait plonger à nouveau le pays dans des crises poli- tiques aux conséquences désastreuses. Ce nou- vel aspect est la caractéristique majeure de la nouvelle institution. Les autorités habilitées auront, de ce fait, la possibilité de saisir la Cour

pour interpréter des dispositions constitution- nelles dans le souci de préserver la stabilité de l’Etat. On retient tous les retombées de l’article 102 de la Constitution et les conséquences qu’il avait engendrées en raison de l'ambiguïté qui l’entoure. Cet état de fait avait donné à réflé- chir. Il fallait agir pour éliminer ces complexi- tés juridiques qui mettent à rude épreuve la clarté de la loi. Cette Cour, prévue dans le cha- pitre 4 de la Constitution, a de grands défis à relever. Elle aura aussi à se prononcer sur les recours et annoncer les résultats définitifs des élections présidentielles et législatives et des référendums. Elle statuera également sur la constitutionnalité des traités internationaux, des lois, des ordonnances et des règlements. Pas seulement. Elle se doit de garantir l’équilibre des pouvoirs, afin d’éviter toute prédominance institutionnelle. Elle est supposée défendre les droits des citoyens et de l’opposition. Pour honorer tous ces engagements, il fallait priori- ser les critères de probité et de compétences élevées dans le choix de sa composante. A cet effet, une commission nationale a été mise en

place conformément aux textes juridiques et réglementaires régissant l’opération, notam- ment les articles 186 et 187 de la Constitution et les dispositions du décret présidentiel 21-304 du 4 août 2021 fixant les conditions et les modalités d’élection des professeurs de droit constitutionnel membres de la Cour constitu- tionnelle. 21 bureaux de vote ont été répartis à travers les facultés de droit à l’échelle nationa- le. Cette haute instance est composée de 12 membres, 4 désignés par le président de la République, dont le président de la Cour, un élu par la Cour suprême, un élu par le Conseil d’Etat et 6 élus au suffrage parmi les profes- seurs de droit constitutionnel. Ces membres viennent de prêter serment lors d’une cérémo- nie organisée au siège de la Cour suprême en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi. Il faut s’attendre à ce qu’elle soit opérationnelle avant la fin de l’année en cours en vertu de l’article 224 de la Constitution.

nKarima Alloun

Par Ouali Mouterfi

L

a mise en place de la Cour consti- tutionnelle vient honorer une nou- velle fois l'une des promesses sur lesquelles s'était engagé à concré- tiser Abdelmadjid Tebboune une fois élu à la magistrature suprême.

Instance juridique prévue dans la Constitution approuvée par référendum en 2020, la Cour constitutionnelle, dont les membres ont récemment prêté serment, se différencie radicalement du Conseil constitutionnel. Indépendante et dotée de larges attributions, elle se pose et s'impo- se comme l'épine dorsale de l'Etat de droit, l'organe régulateur du fonctionne- ment des institutions et de l'activité des pouvoirs publics, à travers le contrôle de la constitutionnalité de toutes les lois pro- duites, tout en veillant à leur conformité avec l'esprit de la démocratie et leur res- pect des droits et libertés tels que garan- tis par le texte fondamental. Cette instan- ce a aussi pour mission de livrer son arbi- trage entre institutions et régler tout conflit pouvant émerger entre les diffé- rents pouvoirs constitutionnels. Son contrôle s'étend à tous les traités, lois et règlements sur lesquels elle doit se pro- noncer par décision quant à leur constitu- tionnalité avant leur ratification et promul- gation, ainsi que sur les recours relatifs aux résultats des élections présidentielles et législatives, et référendaires. Les requêtes adressées à la Cour constitution- nelle peuvent provenir du président de la République, des présidents du Conseil de la nation et de l'Assemblée populaire nationale, et du Premier ministre. En outre, il est ouvert la possibilité d'une sai- sine par un groupe d'une quarantaine de députés ou de 25 membres du Conseil de la nation, ainsi que sur renvoi de la Cour suprême ou du Conseil d'Etat.

L'importance dans la vie d'une nation de cette institution n'est pas à démontrer, et la nécessité de son existence s'est large- ment imposée au vu de la complexifica- tion du fonctionnement du pays et du nombre croissant de dysfonctionnements et de situations litigieuses ou conflic- tuelles nés du développement insuffisam- ment contrôlé et mis en conformité avec l'arsenal juridique national. La composan- te n'en est pas moins un aspect sensible de la Cour constitutionnelle qui compte douze membres, dont le tiers est désigné par le président de la République, un élu parmi les membres du Conseil d’Etat et un autre parmi ceux de la Cour suprême, tandis que les six autres sont élus au suf- frage parmi les professeurs de droit constitutionnel. Ses membres remplissent un mandat unique de six ans et sont renouvelés par moitié tous les trois ans, à l'exception du président de la Cour.

nO. M.

FATIHA BENABBOU, CONSTITUTIONNALISTE

«Les membres de la Cour ne sont pas en état d’allégeance»

Entretien réalisé par Assia Boucetta

F

atihaBenabbou, professeure en droit constitutionnel et membre de la Cour constitutionnelle, revient dans cet entretien sur la mission, les prérogatives et la composante de cette nouvelle ins- titution.

Comment la Cour constitu- tionnelle peut-elle contribuer à faire émerger une justice indépendante ?

La Cour constitutionnelle est très importante, puisque c’est à elle de juridictionnaliser la poli- tique et à lui mettre des limites.

Cela est aussi valable pour la justi- ce qui doit, à la faveur de la mise en place de cette nouvelle institu- tion, reconnaître et reconsidérer les droits fondamentaux des citoyens. Si jamais une loi ou un règlement remet en cause un de ces droits, la Cour pourrait user de ses prérogatives pour annuler, sous certaines conditions, une disposi- tion qui porterait atteinte aux droits garantis par la Constitution.

Il faut savoir que cette Cour qui est à même de conférer aux citoyens plus de confiance en la justice est une nouveauté, y compris par rap- port à certains pays européens.

S’agit-il d’une avancée des droits fondamentaux des citoyens ?

C’est une réelle avancée dans la concrétisation des droits fonda- mentaux inscrits et garantis par la Constitution. Pour atteindre cet objectif, des conditions doivent néanmoins être réunies car on parle de lois et de règlements qui n’ont jamais fait l’objet d’un contrôle de constitutionnalité.

Dans ce cadre, une présélection, voire un filtrage par les juridic- tions suprêmes s’impose, soit la Cour suprême et le Conseil d’Etat.

Autrement dit, ce ne sont pas toutes les affaires juridiques qui devront arriver entre les mains de la Cour constitutionnelle. Il s’agit de dossiers étudiés et sélectionnés par la Cour suprême ou le Conseil d’Etat à qui il appartient de tran- cher sur leurs importances et sur la nécessité ou pas de les transférer vers la Cour constitutionnelle.

Ainsi, si ces deux juridictions esti- ment que les affaires étudiées à leur niveau ne répondent pas aux conditions exigées par la loi, elles sont systématiquement éliminées et n’arriveront jamais à la Cour.

Il ya, en somme, beaucoup de prérequis, d’où l’importance d’une concertation entre les membres de cette Cour, dont la mise en place constitue un acquis pour les Algériens et une continuation sur le plan régional. Certains de nos voisins avaient déjà fait ce pas en optant pour une Cour constitution- nel à la place de leurs Conseils constitutionnels qui est un organe politique.

Que pensez-vous de la composition de cette Cour ?

Les membres composant cette Cour sont toutes des personnes qui

ont un parcours universitaire et juridique non négligeable. Il ya un tiers qui est nommé par le Président et les deux autres tiers ont tous été élus par leurs pairs.C’est donc une composante qui a une légitimité, puisque la majorité des membres a été recon- nue par leur communauté qui connaît parfaitement ses compé- tences et ses qualités profession- nelles. C’est une légitimité obte- nue après une élection démocra- tique et nullement après une nomi- nation discrétionnaire venant de la part d’une autorité politique. Les membres qui constituent aujour- d’hui cette Cour ne sont donc pas en état d’allégeance vis-à-vis de quiconque.

Est-ce que les membres élus ne voudraient-ils pas, étant majoritaires, avoir plus de pouvoir ?

Ils sont tenus de se concerter et de s’entendre avec le tiers nommé par le président de la République, sachant qu’ils ne peuvent pas avoir une opinion dissidente dans la mesure où le vote se fait à la majo- rité. C’est pourquoi il est difficile de voir une opposition surgir face à une quelconque décision.

Contrairement aux institutions internationales où les membres peuvent ne pas être d’accord et constituer une opinion dissidente, dans la Cour constitutionnelle, toutes les décisions sont prises à la majorité.

nA. B.

Commentaire

De larges attributions

Photo : Fouad S.

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4

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A LGÉRIE ACTUALITÉS

HORIZONS •Dimanche 21 Novembre 2021

OUVERTURE DES SALLES DE FÊTES

Une décision à contre‐courant

selon le D

r

Melhag

LE MINISTÈRE DU COMMERCE A ANNONCÉ, JEUDI DERNIER, LA REPRISE DE L'ACTIVITÉ DES SALLES DE FÊTES, SUSPENDUE DEPUIS PLUS DE 19 MOIS.

Et même si le département de Kamel Rezig a prévu un strict respect du protocole sanitaire, le D

r

Mohamed Melhag, chercheur en virologie, qualifie

cette décision de prématurée.

S

elon lui, une telle mesure vient à contre- courant de la tendance haussière des cas de contamination, pré- mices, selon plusieurs spécialistes, d’une qua- trième vague.

«Personnellement, je ne comprends pas les motivations du ministère du Commerce. Il faut se rappeler com- ment Blida a été le premier foyer de contagion en Algérie, qui a pris son départ lors d’une fête de mariage», a-t-il dit. Pour lui, cette autorisation donne un soupçon de confiance aux citoyens en pensant que la pandémie

est derrière. «Il faut savoir que les chiffres communiqués par le minis- tère de la Santé ne reflètent pas la réalité puisqu’on comptabilise uni- quement les cas positifs par la PCR et l’on oublie aussi les porteurs sains qui sont une source de danger et les personnes qui présentent des symp- tômes légers de l’infection», a-t-il dit. Le spécialiste se dit contre les mesures de déconfinement. Il plaide pour un durcissement des mesures pour réduire les risques de cette vague. «Personnellement, j'étais contre l'allégement et l'ouverture de certains commerces non essentiels et je considère qu'on a assez d'expé- rience pour éviter les effets néfastes

d’une quatrième vague comme c’était le cas de la troisième vague où nous avons vécu une expérience amère pour tous les Algériens», a-t- il expliqué et d’ajouter : «Pourquoi veut-on refaire la même erreur lorsque nous avons ouvert tous les commerces et l’organisation des élections législatives.» L’expert a lancé un appel aux autorités de revoir cette décision pour éviter au système de santé d'être dépassé par le nombre important de personnes nécessitant une hospitalisation en soins intensifs. «Il est important pour nous de tirer des leçons de nos précédentes expériences et d'éviter l'effondrement de notre système de

santé, de répondre à une demande croissante en hospitalisation où tous auront besoin de quantités impor- tantes en oxygène», a-t-il averti.

Selon lui, ce qui se passe actuelle- ment dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne, en Angleterre, en Europe de l'Est et aux États-Unis d'Amérique, doit alerter les autorités sanitaires. Ces pays font face à des milliers de nouvelles contaminations quotidiennement malgré des taux de vaccination importants. Le Dr Melhag a fait savoir que derrière chaque rebond, il y a toujours un relâchement dans le respect des mesures sanitaires.

«Comment voulez-vous que les

autorités contrôlent et veillent au respect strict de ce protocole sanitai- re au niveau des salles de fête. Ce qui me pousse à dire que nous n’avons pas les moyens de notre politique», s’est-il interrogé. Selon lui, le rôle de la communauté scien- tifique est d’alerter les pouvoirs publics sur les risques d’une pro- chaine vague. Sauf exigence d’un pass sanitaire, avec l'utilisation des codes QR (Quick Response) pour l'ensemble des travailleurs et des visiteurs de ces espaces par le res- ponsable de ces salles, le DrMelhag doute de la fiabilité de ce contrôle.

n Samira Belabed

CORONAVIRUS

144 nouveaux cas, 98 guérisons et 3 décès en 24 heures

C

ent quarante-quatre nouveaux cas confirmés de coronavirus (Covid-19), 98 guérisons et 3 décès ont été enregistrés ces dernières 24 heures en Algérie, a annoncé, hier, le ministère de la Santé, dans un communiqué. Le total des cas confirmés s'élève ainsi à 208.839, celui des décès à 6.017 cas, alors que le nombre de patients guéris est passé à 143.223. Par ailleurs, 24 patients sont actuellement en soins inten- sifs, ajoute la même source. En outre, 24 wilayas n'ont recensé aucun cas durant les dernières 24 heures, 20 autres ont enregis- tré de 1 à 9 cas, tandis que 4 wilayas ont enregistré 10 cas et plus.

AÉROPORT INTERNATIONAL D’ALGER

Les voyageurs outrés par les prix des billets

A

l’aéroport Houari Boumediene, à Alger, les voyageurs arrivés dans la matinée d’hier de Paris et Marseille ont été unanimes à dénoncer les prix excessivement chers des billets, se disant, la mort dans l’âme, contraints et impuissants devant cette situation «insuppor- table». Il est vrai qu’il devient de plus en plus difficile pour les Algériens établis à l’étranger d’acquérir un billet que ce soit pour les allers ou les retours, notamment en France. Depuis la réouverture partielle des frontières en juin dernier, les billets d’avion des différentes com- pagnies aériennes se vendent à des tarifs excessivement élevés. Le problème se pose plus précisément pour les vols Paris-Alger où les prix des billets affichent une hausse sans précédent. «Nous avons déboursé 2.500 euros pour un aller-retour avec nos deux enfants. Je paye le triple du voyage. C’est de l’abus !», rouspète Taous, accompagnée de son époux Rabah en partance vers Paris. Un autre voya- geur se plaint de l’annulation d’un vol sur Paris. «Le vol que ma mère allait prendre a été inopinément annulé, sans nous informer», peste-t-il. Amirouche allait inscrire sa mère en liste d’attente dans l’espoir de la voir rentrer chez elle. «Pour éviter de débourser une fortu-

ne, mon frère établi aux Etats-Unis d’Amérique s’est chargé de faire la réservation du billet de ma mère. C’est soulageant», a-t-il expliqué. D’autres voyageurs accusent les compagnies aériennes, notamment Air Algérie, d’augmenter les prix pour renflouer leurs caisses, notamment après une longue période de fermeture due à la crise sanitaire du coronavirus, exprime Abdelmadjid Aroua, un commerçant établi à Paris. «Certes, toutes les

compagnies aériennes du monde entier ont augmenté le prix de leurs billets mais pas de cette façon. Je connais plein de personnes qui n’ont pas pu venir au bled à cause de la cherté des billets.» L’idéal, dit-il, est d’étudier pro- fondément cette problématique. Un autre voyageur a trouvé la bonne astuce pour voya- ger moins cher. Il avoue qu’il a fait la réserva- tion de son vol pour le mois de décembre, afin de profiter des tarifs promotionnels, notam-

ment en cette fin d’année où les prix sont imbattables en comparaison avec les autres mois. «Je pars vers Montréal. J’ai payé 125.000 DA. C’est un prix excessif par rapport à 2018 où j’avais payé 75.000 DA pour le voyage», a-t-il illustré. Même ressenti pour le jeune avocat Mohamed Talbi dont la résidence familiale est à Marseille. «La hausse des prix des billets a empêché les membres de ma famille de venir en Algérie. Je suis le seul qui réussit à faire la navette», a-t-il raconté, navré.

Pour un déplacement professionnel, un fonc- tionnaire dans les finances, habitant à Paris, n’a pas caché sa joie de rentrer en Algérie, et ce, malgré la hausse du prix du billet. «Je sais que c’est une situation difficile pour tout le monde, mais je suis obligé de prendre l’avion pour revoir ma mère surtout qu’elle est souf- frante. C’est vital !» Pour en savoir plus, nous avons tenté de joindre la direction d’Air Algérie qui ne veut faire aucun commentaire sur le sujet, sous le prétexte que le Premier ministre a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête, où il promet que des décisions seront prises à cet effet.

n Samira Sidhoum

TIZI OUZOU

Des enfants en danger

S

elonles services de la bri- gade de protection des per- sonnes vulnérables relevant du SW.PJ de la Sûreté de wilaya de Tizi Ouzou, le nombre d’enfants en situation de danger est de plus en plus élevé. Cette année, lesdits ser- vices ont traité plus d’affaires que l’année dernière. Ces affaires sont classées en trois catégories, celles des enfants en danger physique et moral, des enfants victimes de vio- lence et des enfants impliqués dans différentes affaires cri-

minelles. Pour la première catégorie, il est fait état de 116 enfants en danger physique et moral depuis le début de cette année contre 108 enfants en 2020.

Pour la seconde, ce sont 65 affaires dont 24 affaires de violences volon-

taires qui ont été traitées contre 53 affaires dont 28 affaires de coups et blessures volontaires l’année d’avant.

Quant à la troisième, il y a eu une légè- re baisse d'affaires cette année 2021 qui n’est pas encore achevée puisque, les

mêmes services ont enre- gistré 41 affaires dont 18 affaires de coups et bles- sures volontaires, et 23 autres affaires (vols, dégra- dation volontaire de bien d’autrui, etc…) contre 43 affaires dont 16 affaires de coups et blessures volon- taires, et 27 autres affaires (vols, dégradation volontai- re de bien d’autrui, etc…) en 2020. Par ailleurs, dans ce bilan, il ressort aussi que seul un enfant a été placé au centre de rééducation de Boukhalfa (banlieue ouest de TiziOuzou), alors que 3 autres ont été transférés au centre de l'enfance aban- donnée en 2021 contre respectivement 8 et 2 enfants en 2020.

nRachid Hammoutène

DGSN

Portes ouvertes sur

les accidents de la circulation

E

ncommémoration de la Journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a participé, hier, à Riad El Feth,

Alger, aux activités portes ouvertes pour la prévention des accidents de la circulation, organisées par le ministère de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du

territoire, a-t-on appris auprès de cette institution. La participation de la DGSN à travers la mise en place d’un chapiteau dédié à l'exposition de divers équipements et moyens

modernes utilisés par les équipes opérationnelles de la Sûreté nationale œuvrant dans le domaine de la prévention de la circulation et de la lutte contre les infractions au code de la route. A l'occasion, une animation vidéo dynamique sur les accidents de la circulation a également été présentée, appuyée par la distribution de brochures et d'affiches de sensibilisation, répondant ainsi aux préoccupations des visiteurs sur ce sujet,

toujours d’actualité.

nS. Sidhoum

Ph : Horizons

Ph : Larbi.L

(5)

www.horizons.dz

5

La campagne électorale en vue du scrutin local du 27 novembre prochain a démarré le jeudi 4 novembre. Et de ce fait, Horizons accompagne ce

périple de 20 jours, du 4 au 23 novembre.

Collaborateurs et correspondants battront campagne en un focus sur des communes riches

et pauvres. Du terrain dans les quatre coins du pays. Un choix qui n’en est pas véritablement un, si ce n’est donner à découvrir des

régions de nouvelles wilayas récemment érigées, ou d’autres contrées que le hasard fait découvrir, racontées, mises à nu par habitants et autorités locales. Potentialités, insuffisances, projets en attente, initiatives heureuses, investissements rentables… Tout un zoom pour éclairer sur un état des lieux qui pourrait changer la destinée de toute une population, qui aspire à un renouveau de l’administration dans une Algérie qui voit désormais autrement.

V IVRE SA OMMUNE C

À NOS LECTEURS

Reportage de Wassila Ould Hamouda Photos : Foued S.

HORIZONS •Dimanche 21 Novembre 2021

A quelques encablures du centre ville d’Alger, il est une commune qui fait beaucoup parler d’elle. Connue et célèbre pour être populaire et populeuse. Au début de l’érection

des nouvelles cités dans les années 1970, ce quartier, aujour- d’hui touffu, était envié pour son espace aéré, ses immeubles bien conçus, son court de tennis où des champions sont passés. Puis avec les extensions qui lui ont été apportées et les années de feu, la commune était crainte. Elle rebutait même. Et voici que depuis quelques années, elle gagne en popularité et on la rallie de partout, des quatre coins du pays. C’est parce que le commerce qui y fleurit, les prix qui y

sont pratiqués, à la portée des petites bourses, et la construction de grands centres commerciaux ont fini par faire oublier au commun des Algériens cette mauvaise réputation d’insécurité qui l’a poursuivie longtemps. Et nous sommes presque tentés de la faire passer pour une commune à l’aise financièrement. Mais non. De tout ce foisonne-

ment économique, elle n’en profite pas, d’où le ralentissement des projets entamés, programmés. Le logement vient en tête. Le casse-tête de l’APC passée, car il reste beaucoup à faire. Pourtant bien des chantiers lancés ont été réali-

sés surtout en faveur de la jeunesses, comme des bibliothèques et des terrains de sport. Détour.

pauvre malgré sa vocation commerciale

CONTRE TOUTE LOGIQUE, LA COMMUNE DE BACHDJARAH est considérée pauvre alors qu’elle jouit d’une vocation commerciale par excellence. Le nombre de magasins se trouvant sur son territoire est important mais s’avère, toutefois, insuffisant pour renflouer ses caisses et participer à son

développement. Toute commune vit selon les revenus générés par la taxe sur l’activité professionnelle (TAP).

La réalité d’un terrain

E

nl’absence de tissu industriel,  Bachdjarah n’a d’entrée locale que celle émanant des com- merces. «Heureusement que l’Etat accorde un budget aux communes», souligne le P/APC, Djaâfer Limam. Il a fait savoir que le budget de Bachdjarah se situe entre 35 et 50 milliards de centimes. «Tout dépend des revenus», nous explique-t-il. Pour l’exercice 2021, le budget a été de l’ordre de 50 milliards de centimes, beaucoup plus supérieur à celui de 2019, exercice durant lequel le montant n’a pas dépassé pas les 30 milliards des centimes. «Nous

avons pu relever nos recettes en imposant aux commerçants qui occupent des biens de la commune de régulariser leur situation. Mais ce budget reste insuffisant pour couvrir les besoins de la commune. Même pas pour assurer les salaires des travailleurs de l’APC. Chaque fois, nous faisons appel à la wilaya pour une rallonge», ajoute-t-il, faisant savoir qu’une partie de ce budget est allouée aux charges et l’autre au fonctionnement. Les revenus de la commune ne repré- sentent, selon lui, que 7% du budget global. Et pourtant Bachdjarrah constitue une vraie plaque tournante en matiè- re de commerce. Et pas que. Sans citer les magasins qui se

trouvent au bas des immeubles, Bachdjarah jouit de trois grands centres commerciaux, à savoir Taiba, situé en face de la cité La Montagne, le bazar Chaoui, jouxtant la mos- quée Abou Obayda, et enfin le centre commercial Hamza, situé au cœur de ce quartier populaire. De véritables temples du shopping qui attirent chaque jour des milliers de visiteurs, notamment de jeunes futures mariées qui prépa- rent leur trousseau de noces. Ils viennent de partout, attirés par la multitude de boutiques, offrant une large gamme de produits à des prix défiant toute concurrence.  Le marché des fruits et légumes constitue un lieu mythique.

B

BA AC CH HD DJJA AR RA AH H

Suite en page 7

l La commune en chiffres

POPULATION : 90.00 âmes SUPERFICIE : 33.000 ha BUDGET : 50 milliards de centime dont

7% revenu local 2 bibliothèques 27 primaires et 10 cantines 

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Entretien réalisé par W. Ould Hamouda

D

ans cet entretien, le P/APC  souligne la faiblesse des revenus de la commu- ne de Bachdjarah et reconnaît les pro- blèmes existants, soulignant que durant son mandat, il a essayé, tant bien que mal, d’apporter des solutions aux problèmes  soulevés par la population. Il indique que le P/APC a des prérogatives très limitées.

Votre mandat tire à sa fin.  Quel est votre bilan ?

De quel bilan voulez-vous parler ? Je n’ai assuré qu’un mandat que je  n’ai, d’ailleurs,  pas pu  accomplir  jusqu’au bout.

Malheureusement, pour nous, les P/APC,  notre mandat a été écourté d’une année.  Contrairement à nos prédécesseurs qui ont eu la chance de siéger  pendant 5 ans, les P/APC actuels n’ont eu finalement que quatre années d’exercice.  Est-ce que cette durée est   suffisante pour apporter un  jugement.

Non,  bien évidemment.  Il faut au moins deux mandats pour réaliser des résultats. Nous nous inscrivons pleinement dans cette dynamique enclenchée par le président de la République visant à  renouveler les instances institution- nelles et de leur donner un nouveau souffle.

C’est un processus à suivre et nous compre- nons parfaitement cette démarche qui se décli- ne du programme du Président que nous sou- tenons indéniablement.   

Vous êtes-vous présenté pour un second mandat et finir ainsi votre programme ? L’idée ne m’a même pas effleuré l’esprit.

Assurer le poste de P/APC est loin d’être évi- dent. Surtout que nous sommes soumis à une grande  responsabilité sans pour autant qu’on soit doté des moyens  nécessaires et des préro- gatives qui nous permettraient d’agir libre- ment et de répondre efficacement aux préoc- cupations des citoyens. Nous avons les mains liées et notre champ d’intervention est très limité. Ce que la population  ne veut point  comprendre. Elle croit que nous avons un pouvoir de décision et que nous avons des solutions, clé en mains, alors que ce n’est, malheureusement, pas le cas. Comment vou- lez-vous qu’un président d’une APC qui n’a pas la latitude de  distribuer des logements, qui ne peut pas gérer des affaires d’ordre social, qui n’a même pas d’autorité sur les ser- vices de Net Com, sur la sûreté, les pompiers et toutes les administrations qui assurent le service public, pour ne citer que ceux-là, pour- rait-il apporter un plus à sa commune ? Nous ne sommes plus comme avant, quand le maire avait un rôle et un poids très important dans le développement de sa commune. Il avait tout le pouvoir de décision. Aujourd’hui, nous ne sommes que   des   présidents d’Assemblée populaire communale. Nous n’avons même pas le droit d’octroyer un simple kiosque. Ceci pour vous dire que nos prérogatives ont été réduites. Nous devons nous référer à chaque fois à la décision du wali délégué, alors que

celui-ci ne réside pas dans la commune et ignore  quasiment les problèmes auxquels font face les citoyens.  Aussi, aucune action ne peut être concrétisée sans l’aval du contrôleur financier. A titre d’exemple, nous avons pris l’initiative d’acheter des téléphones portables aux lauréats du baccalauréat. Le contrôleur financier s’y est opposé, car dans sa nomen- clature, il est juste inscrit l’achat de tablettes.

C’est inconcevable d’offrir des tablettes à des adultes. C’est pour ces raisons et bien d’autres que j’ai décidé de ne pas  me présenter pour un deuxième mandat. Etre dans cette incapacité de répondre aux aspirations des citoyens m’a vraiment frustré. Du coup, je préfère  m’abste- nir. Que tout le monde sache qu’un salaire d’un P/APC est inférieur à celui d’un chef de service d’une daïra qui touche 120.000 DA.

En toute transparence, mon salaire est de 76.000 DA.

Avez-vous regretté d’avoir été président d’APC et quel est votre conseil à votre successeur ?

Nullement. C’est une expérience qui a enrichi mon parcours professionnel et poli- tique.  J’ai fait tout mon possible pour amélio- rer la situation de cette commune. C’est loin d’être une sinécure, sachant que la commune est pauvre, n’ayant pas de grands revenus.  Nous avons pu, tant bien que mal, réaliser des   progrès. J’espère, toutefois, que les prochains  élus  ne seront pas confrontés aux mêmes problèmes. Lesquels devront être pris en compte dans le cadre de la révision du code communal.  L’élu doit être crédible vis-à- vis des citoyens et de sa tutelle. Il doit s’impo- ser et faire preuve de responsabilité. A titre indicatif, pour l’attribution de logements sociaux, il y a une commission de la daïra, pré- sidée par le wali délégué, qui siège pour traiter les dossiers des citoyens. Le P/APC n’a qu’une seule voix. Et pourtant, c’est lui qui connaît la situation des souscripteurs et c’est lui qui accueille les gens au quotidien.

Dernièrement,  suite aux intempéries,  il y a eu des inondations au niveau d’Oued Ouchayah.

Je me suis déplacé à 23h pour m’enquérir de la situation qui était en effet catastrophique. Les habitants étaient très en colère. Ils m’ont reproché de ne pas avoir été relogés alors que

je ne leur ai rien promis. Car, je n’ai pas le pouvoir de décision mais de proposition.

C’est la raison pour laquelle je dis aux candi- dats à ces élections de ne pas promettre  des choses que vous ne pourrez pas concrétiser une fois en poste. Pour  ceux qui nous ont élus, nous ne sommes que des menteurs. Mais la réalité est tout autre. Autre exemple, pour faire passer un marché, en principe une fois  le dossier validé par la plénière composée de 23 élus, la décision doit être  irréversible. Alors que dans la loi actuelle, le dossier passe par la plénière et ensuite par la commission des mar- chés. Si celle-ci fait des réserves, le dossier est rejeté et renvoyé une autre fois à la plénière.

Pour une erreur de frappe, le  dossier  peut être rejeté et  examiné de nouveau. Toute la  procé- dure sera refaite. C’est du temps perdu. C’est la cause du blocage de plusieurs marchés et par conséquent du développement de la com- mune.  C’est inconcevable et c’est injuste. Le processus doit être inversé. La plénière doit être souveraine. Il  faut revoir beaucoup de choses. Les élus à l’APN doivent tenir compte de ces détails, car il s’agit du développement des communes et par ricochet celui du pays. Il est impératif que le législateur aille sur le ter- rain et constater de visu.

Quels sont les projets  réalisés pendant votre mandat ?

Il y a eu beaucoup de chantiers pris en charge dans le cadre de l’assainissement, l’AEP,   le revêtement des routes… Avant, durant la période hivernale, la commune souf- frait des inondations. Ce problème a été réglé grâce aux travaux effectués. Reste les deux points à Oued Ouchayah et à La Glacière qui débordent  encore. Cela nous dépasse.  C’est un projet géré par la wilaya attribué à l’entre- prise Amenhyd pour la construction des dalots. Les espaces que nous avons récupérés suite aux opérations de relogement, dans le cadre de l’opération d’éradication des bidon- villes, ont été reconvertis en aires de jeux et espaces verts, comme c’est le cas à la cité des Palmiers, Boumerza et à El Quaria. Il faut savoir qu’avec l’aide de la wilaya, nous avons éradiqué 7 sites de bidonville. Nous avons réa- lisé plus de 20 terrains de sport de proximité et un stade communal. A cela s’ajoute la réalisa- tion de deux bibliothèques, une à Djenane Mebrouk et la seconde à la cité Bachdjarah.

L’ex-siège de l’APC a été transformé en mai- son de jeunes sophistiquée et moderne. Celle- ci est en phase d’achèvement. Il reste juste le muret de clôture. Durant mon mandat, j’ai poursuivi également la réalisation d’un centre commercial de 500 commerces dont les tra- vaux ont été lancés avant 2018 et vendus sur plan. Il reste juste à placer les ascenseurs et les compteurs. Son ouverture devrait se faire dans  moins de deux mois. Il faut savoir que la commune manque d’assiettes foncières.

Est-ce que la commune a bénéficié  de logements sociaux ?

Nous avons un lot de  210 logements LPA qui va être livré prochainement. C’est très peu par rapport aux demandes qui dépassent  les 5.000 dossiers retenus.

nW. O. H.

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V IVRE SA COMMUNE

HORIZONS •Dimanche 21 Novembre 2021

LE P/APC LIMAM  DJAÂFER À HORIZONS

«Avec des prérogatives limitées, je préfère ne pas briguer

un deuxième mandat»

S

ituéau niveau de Bachdjarah 1, la station de bus Etusa sera déplacée à La Montagne. Le site sera reconverti en un grand centre d’affaires de R+7 avec deux sous-sols. C’est un des projets inscrits  en vertu du jumelage réalisé avec l’APC de Dar El Beïda, laquelle prévoit également des contributions dans divers domaines, à savoir écono- mique, commercial, culturel et sportif.

Le choix du site s’explique par le fait qu’au niveau de cette station de trans-

port, il existe  des locaux commerciaux abandonnés depuis plus de 20 ans, pour reprendre les propos du P/APC, Djaâfer Limam.  Celui-ci a fait savoir que le projet est validé par les plénières des deux communes. Il est au niveau de la wilaya. Pour ce qui est des usagers des bus Etusa, il a assuré que des arrêts seront installés tout le long de la route principale.  Reste à savoir si le nouvel élu validera le projet. 

nW. O. H.

DAR EL BEÏDA À LA RESCOUSSE

Un centre

d’affaires remplacera la station de bus

Etusa

Reportage de Wassila Ould Hamouda Photos : Foued S.

TRANSPORTS Le métro, un grand atout

U

ndes atouts de cette commune est le métro. La commune  est dotée de deux stations de métro. En venant d’Alger le premier arrêt du métro est à Bachdjarah Tennis où il y a quatre sorties. La seconde halte est à Bachdjarah 1, laquelle donne la possibilité de sortir du côté de la cité dite Kalitousse et la seconde à Bachdjarah. Le métro  est venu consolider les moyens de

transport existants.

nW. O. H.  

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l Pourquoi  pas une médiathèque ?

P

ourune population estimée à plus de 90.000 âmes, la commune de Bachdjarah n’a que deux biblio- thèques communales dont une est située à Djenane Mebrouk, baptisée Mohamed-Benkahla, et une autre au niveau de Bachdjarah 1.  Elle se trouve à côté du commissariat de police et elle porte  le nom d’un ex- P/APC, victime du terrorisme en 1994,  Rabie Allaouchiche en l’occurrence.   Rencontrée, la direc- trice  par intérim,  Karima Bouchel, a  fait savoir que cette bibliothèque comporte deux salles d’une capacité d’accueil de 500 places.  Son souhait est de voir cette bibliothèque plus moderne et dotée de beaucoup de chaises et de moyens informatiques afin de   «la transformer en   vraie médiathèque pour que les étudiants puissent en bénéficier dans leurs travaux de recherche». 

n W. O. H. 

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HORIZONS •Dimanche 21 Novembre 2021

SA COMMUNE

MARCHÉ INFORMEL, LE POINT NOIR

IN F R AST RU CT U R ES

l VIEUX BÂTI : UN DOSSIER LOURD

180 bâtisses classées «rouge 5»

L

undi, c’est une journée de réception à l’APC. Alors qu’il ne lui reste que quelques jours avant les élections locales,  le président est très sollicité par les riverains. Une vieille dame désemparée prie les agents afin qu’ils se déplacent à son domicile, situé à Lengri, un des anciens quartiers de Bachdjarah.  Sa demeu- re semble être  très impactée par les dernières intempéries. «Je vais me retrouver sans abri», dit-elle sur un ton de désespoir. Un monsieur, la quarantaine, est alar- mé par une notification de démolition de sa maison, décision  prise par  la wilaya déléguée. Le P/APC le reçoit et le rassure qu’une opposition a été faite car les conditions ne sont pas réunies.  Les cas sociaux  sont nombreux. Il suffit de voir la

pile de dossiers sur le bureau du P/APC pour le constater. Une lourde tâche attend le futur élu. En effet, la commune a traîné  le problème du vieux bâti comme un boulet  au pied depuis belle lurette. Selon le P/APC, Djaâfer Limam, il y a actuel-

lement «180 immeubles menaçant ruine classés «rouge 5» et dont les habitants devraient être évacués».  Selon lui, la commune n’a pas bénéficié  d’un grand lot

de logements sociaux. Seulement 200 unités, alors que  la demande dépasse les 7.000 dossiers.  Bachdjarah a cinq quartiers dont la plupart sont anciens,  à l’ima- ge de ceux appelés  communément La Glacière (cité Bel Air),  Djenane Mabrouk, Oued Ouchayeh et Diar Djemaâ qui remontent à l’époque coloniale, contrairement à Bachdjarah dont les immeubles ont été construits dans les années 1970. En pas-

sant de la rue  Sissani-Rabie à Oued Ouchayeh jusqu’à la rue Chahid Gaceb Ahmed (ex-la rue d’El Oued), la précarité d’une bonne partie des maisons est

frappante. Mis à part les nouvelles constructions, les autres manquent d’entretien et dont certaines menacent même  ruine.   La majorité des maisons sont dans l’indivision et les sites ne sont  pas cadastrés, souligne une responsable au niveau de l’APC, informant que 316 dossiers ont été enregistrés  pour la mise en conformité. Les  conditions de vie dans ces quartiers restent à désirer. Avec

les  chaussées détériorées, la route est quasiment impraticable.  Lakhdear Aounia  est un ancien de La Glacière. Rencontré à la rue d’El Oued, il dénonce l’absence des autorités locales, montrant au passage les dommages engendrés par les intempéries qui constituent un danger pour les automobilistes, Entre autres, un cratère que les riverains ont  entouré d’objets de fortune pour éviter une catas- trophe. «Cette  fuite d’eau remonte à plus de 4 mois alors que nous n’avons pas

d’eau dans les robinets», déplore-t-il. A La Glacière, des usines sont fermées depuis très longtemps alors qu’elles pouvaient être récupérées, souligne le sexagé-

naire, pour créer des espaces pour les jeunes et les enfants du quartier.  

nW. O. H.

V IVRE

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Le bonheur des uns fait le malheur des autres

EN CE TEMPS PLUVIEUX, les habitants de ce quartier populaire

respirent  et retrouvent une vie presque paisible. 

L

emarché informel qui bat son plein dans cette circonscription complique d’une manière ou d’une autre leur quotidien. C’est, d’ailleurs, un des points noirs que cette commune, à l’instar des autres quartiers popu- laires qui souffrent du même problè- me, n’a pas pu se débarrasser.

Artères comme trottoirs sont   pratiquement accaparés et squattés   par  les  vendeurs à la sauvette. La taille de ce marché donne une idée sur l’ampleur que prend ce phénomène qui gangrène l’économie nationale. La com- mune avait  bénéficié   en 2012 d’une opéra- tion de grande envergure d’éradication du marché informel  qui constituait un vrai casse- tête pour les riverains. Au grand dam de ces derniers, ce phénomène est revenu de plus belle.  «D’habitude, surtout lorsqu’il fait beau, impossible de se frayer un chemin. C’est devenu invivable.

Les accès aux immeubles sont bloqués. Si par malheur il y a un accident ou une person- ne  qui nécessite une évacuation rapide à l’hô- pital, la tâche sera difficile.» Evoquant le pro- blème de stationnement, il dira :  «La majorité des cités sont devenues des parkings. Nos enfants ne trouvent même pas où jouer.» Pour ce qui est de l’état des trottoirs, «c’est un chantier qui ne se finit jamais», dit-il en poin- tant un doigt accusateur sur les autorités

locales qui, d’après lui, ont brillé par leur absence. Un autre déplore le manque d’orga- nisation. Selon lui, le mot «anarchie» trouve son vrai sens dans cette commune où les habi- tants «sont livrés à  eux-mêmes».

Pour l’anecdote, il raconte  que lors du mariage d’une  voisine, il a fallu la mobilisa- tion «d’ouled el houma»  pour faire un passa- ge au cortège. Même les commerçants du

«formel» se plaignent et dénoncent la concur- rence déloyale. «C’est un laisser-aller total», lance un commerçant de  chaussures  ayant un local au centre commercial Hamza. «Ceci sans citer les désagréments et les bagarres qui se déclenchent entre ces vendeurs», a-t-il ajouté.  Les rues ne respirent plus. Du matin au soir, des «commerçants» viennent de par-

tout déposer leurs  marchandises, parfois à même le sol. «Il y a que ta mère et ton père qui ne se vendent pas ici», ironise un des ven- deurs. En effet, il y a de tout. Vêtements, pro- duits alimentaires, fruits et légumes, ustensiles de cuisine, affaires scolaires, produits de déco… Même l’or et la devise ne manquent pas.  Un grand bazar à ciel ouvert.

A partir de 17h, le marché Dlala (marché fréquenté généralement par les hommes)  prend place. Celui-ci est fréquenté beaucoup plus par les hommes.   Du côté du château d’eau, il y a ce que les habitants appellent «dlalet laadjayez»  (le marché aux puces pour dames d’un certain âge). Elles ne gênent guère les passants, les automobilistes, et encore moins  les habitants. Elles occupent

un petit jardin  mal entretenu et très peu fré- quenté, selon les témoignages. Ils sont  nom- breux à venir flâner et regarder ce qu’elles proposent comme objets  de brocante et vête- ments vintage… Si pour les habitants, ce mar- ché informel est «un vrai casse-tête» et une source d’anxiété, les visiteurs qui le fréquen- tent le considèrent comme étant   le nouvel Eldorado du commerce. Pour cette jeune dame qui traîne une charrette pleine à craquer, le marché Bachdjarah «offre de bonnes affaires à des prix raisonnables, à la portée des petites bourses.

C’est vrai que la qualité de certains pro- duits reste à désirer, mais dans l’ensemble, je repars satisfaite et le coffre bien rempli».  Elle n’est pas la seule, d’ailleurs, qui trouve son compte et son... bonheur.   «C’est une aubai- ne», ajoute une autre femme, visiblement une fidèle des lieux. Cette dernière évoque un pro- blème sérieux qui n’est pas des moindres  :

«Avec le chômage,   il vaut mieux que ces jeunes exercent  dans ce marché que d’aller voler.»  Qu’est-ce qu’a fait l’APC pour aider ces jeunes  et par ricochet répondre aux préoc- cupations des riverains ?

«Les capacités de la commune ne suffisent pas pour intégrer tout ce monde qui travaille dans le marché informel. C’est une situation que nous avons héritée. L’APC  ne peut pas à  elle seule éradiquer un marché informel de cette taille alors qu’elle n’a pas d’alternative à donner à ces jeunes. En plus, c’est une déci- sion politique qui se prend à haut niveau et non pas par l’APC», a répondu le P/APC Djaâfer Limam.  

n Wassila O. H. 

De tous les marchés de la capitale, celui-ci est celui qui pra- tique les plus bas prix. Il s’est forgé la réputation du marché des «zawali» (pauvres). Pour citer qu’un exemple, le prix affiché de la pomme de terre, le légume qui défraie la chronique ces derniers jours,  est de 70 DA/ kg alors qu’ailleurs, elle n’est pas cédée à moins de 100 DA.  «Effectivement, les prix sont abordables et même négociables.  Même s’il ne s’agit pas de grandes marques, les produits sont de qualité, que ce soit pour les vêtements

ou les chaussures ou autres. Les  nouveaux mariés trouvent ici leur bonheur», témoigne une sexagénaire rencontrée au centre commercial Hamza. Ici comme ailleurs dans les deux autres centres précités, le visiteur a l’embarras du choix. Ce n’est pas tout.

La commune fêtera bientôt «un nouveau-né». Un qua- trième centre de 500 magasins sera  ouvert au grand public, au plus tard d’ici à janvier 2022.  Il se situe  à côté du centre commercial Hamza. Il y a un mur qui les sépare. «Il reste

juste à installer les ascenseurs et les compteurs d’électrici- té», a fait savoir le P/APC, précisant que ce projet lancé en 2018 relève de la commune et que les locaux ont été vendus sur plan avant même son arrivée à la tête de l’APC. «Je n’ai fait que poursuivre les travaux entamés par mon prédéces- seur», a-t-il dit. Une réponse à peine voilée à ceux qui ont contesté la distribution de ces locaux, soulignant le manque de transparence.    

nW. O. H.

Suite de la page 5

La réalité d’un terrain

l CLUB DE TENNIS

Un patrimoine bien préservé

L

e club de tennis de Bachdjarah est le plus grand   d’Algérie. Sa conception a été réalisée par Le Corbusier. Il a été construit en 1936 par un architecte français. Fermé durant la guerre de Libération, le club a rouvert  ses portes en 1962, en accueillant la première école de tennis, trois ans après. Aujourd’hui, il compte plus de 1.500 adhérents. D’une superficie de 17.000 m2, le club  jouit de 12 courts, de vestiaires et d’un grand parcours pour les amoureux du footing. Cinq courts attendent leur réparation. Il a abrité  plusieurs tournois internationaux et a vu évoluer  de grands champions, à l’image d’Abdesslam Mahmoudi qui fut le premier entraîneur algérien de tennis, et du champion Tarik Benhabiles. «Ce club est d’un grand apport pour cette commune car il a contribué à l’édu- cation de ses enfants. C’est un vivier pour ces jeunes», indique Ketfi Khiar, ex-joueur de tennis et ex-premier vice-président de la Fédération de tennis.  Rencontré, le président de la Ligue de ten- nis, Nacer Benhabiles, a fait savoir que ce club est géré par l’Office du club olympique, indiquant qu’il est le plus entretenu de tous les clubs.  Les horaires d’ouverture  sont de 8h à 22h. La tarification est fixée à 8.000 DA/an pour les enfants et 20.000 pour les adultes.

nW. O. H.

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HORIZONS •Dimanche 21 Novembre 2021

M ONDE

L

eMaroc tente de créer une nouvelle réalité de tensions et d'anarchie, visant à faciliter l'intervention étrangère éhontée dans la région, en vue de servir des agents coloniaux connus, a affirmé le président sahraoui, Brahim Ghali, vendredi dernier dans son al- locution d'ouverture de la 5esession ordinaire du secrétariat national du Front Poli- sario. Le président Ghali a condamné «les opé- rations terroristes lâches» exécutées par l'Etat de l'occupation marocaine à l'encontre de ci- toyens civils sahraouis, algériens et mauritaniens sans défense. Mettant en avant la solidité des relations de fraternité et de voisinage entre la République sahraouie et la République algé- rienne démocratique et populaire, le président sahraoui a fait part de son estime et de sa re- connaissance pour la position de principe ancrée de l'Algérie, peuple et gouvernement, sous la direction du président, Abdelmadjid Tebboune, aux côtés du peuple sahraoui. Il a également salué tous les amis et alliés de par le monde», ainsi que l'engagement de l'Union africaine (UA) quant aux principes de son acte constitutif, tout en mettant en valeur les positions exprimées par plusieurs pays, à l'instar de la République de l'Afrique du Sud.

Ghali, également Secrétaire général du Front Polisario, a réaffirmé que le peuple sahraoui qui prônera toujours la paix juste et durable, a déjà tranché et pris sa décision souveraine d'intensifier sa guerre de Libération juste, avec tous les moyens légaux, à leur tête la lutte armée, jusqu'au parachèvement de la souve- raineté de la République sahraouie sur tous

son territoire national. Il a souligné que toute démarche au niveau des Nations unies et qui ne vise pas à parachever le règlement convenu, en mettant en œuvre la tâche de la Mission des

Nations unies pour l'organisation d'un référen- dum au Sahara occidental (Minurso), «sera un contournement honteux de l'engagement conjoint, une conspiration et un manquement

non seulement pour le peuple sahraoui pacifiste, mais également à l'égard de la légalité interna- tionale en général». Le secrétaire général du Front Polisario a salué «avec fierté et estime»

les combattants de l'Armée populaire de libé- ration sahraouie (APLS), ainsi que la montée, ces derniers temps, du militantisme héroïque du peuple sahraoui sur le front du territoire oc- cupé et au sud du Maroc, et ce, en dépit de la multiplication par l'Etat d'occupation marocaine de ses procédés de répression brutale.

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CHOISIT DE GÉRER LA CRISE AU LIEU DE LA RÉSOUDRE Le président sahraoui a estimé que la dernière résolution 2602 (2021) du Conseil de sécurité de l'ONU traduisait une tendance dan- gereuse qui cherche à contourner la légalité internationale, en adoptant la gestion de la crise au lieu de sa résolution, et en œuvrant à déformer le cadre juridique de la solution, de sorte qu'elle passe de sa formule simple et claire, consacrée dans la Charte et les résolutions onusiennes, à savoir la décolonisation du Sahara occidental et l'autodétermination du peuple sahraoui, à un labyrinthe de concepts et de ter- minologies. Cette tendance, a-t-il souligné, es- tune restriction complète du travail de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU, car dépassant l'essence du mandat de la Minurso, qui, en conséquence, se transforme en un simple moyen de violation du droit international, à travers le maintien du statu quo de l'occupation militaire marocaine illégale de certaines parties des territoires de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

nSynthèse S. C.

SAHARA OCCIDENTAL

MALI

Une coalition de partis refuse de participer aux consultations du pouvoir

U

nedizaine d'organisations politiques maliennes ont signifié vendredi der- nier au président de transition, le colo- nel Assimi Goïta, leur refus de partici- per à des consultations nationales dont le gouvernement fait un évènement dé- terminant avant la tenue d'élections et un retour des civils au pouvoir. Le

«Cadre d'échange», coalition de partis, avait déjà annoncé son refus de prendre part aux «Assises nationales de la refon- dation» programmées par le pouvoir d'ici à la fin de l'année. Il a exprimé ce refus en personne vendredi au colonel Goïta, au pouvoir depuis le coup d’Etat militaire du 18 août 2020. «Nous avons rencontré ce matin à Koulouba (le palais présidentiel) le président de transition.

Nous lui avons expliqué notre vision, mais la pomme de discorde se situe au

niveau des Assises nationales de la re- fondation», a Sékou Niamé Bathily, chargé de communication du cadre d'échange. «On veut que le délai de la transition ne soit pas lié aux Assises. On veut les dissocier pour aller à l'organisa- tion rapide des élections», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, insiste sur la tenue de ces As- sises en vue de décider du contenu poli- tique de la transition en cours. Il fait pri- mer ces Assises sur la tenue d'élections et les autorités maliennes ont récem- ment notifié à la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao) qu'elles se- raient dans l'incapacité d'organiser des élections présidentielle et législatives en février 2022, comme les nouveaux maîtres de Bamako s'y était préalable- ment engagée.

L

a visite du ministre israélien de la Défense au Maroc prévue la semaine prochaine intervient dans un contexte d'accélération de la cadence des tentatives sionistes visant à porter atteinte à la sécurité et la stabilité dans la région, a affirmé vendredi dernier le politologue et écrivain palestinien, Salah Aouadh. Dans une déclaration à l'APS, le politologue palestinien a indiqué que «la visite officielle du ministre israélien prévue le 24 novembre s'inscrit dans la concrétisation des conventions stratégiques entre les gouvernements marocain et l'entité sioniste qui veille actuellement à œuvrer à accélérer la cadence de ses tentatives visant à porter atteinte à la sécurité et la stabilité de la région».

Cette visite intervient quelques jours après l'anniversaire de la proclamation de l'indépendance de l'Etat de Palestine (15 novembre 1988) par l'Organisation de libération de Palestine (OLP) à Alger, a-t-il fait observer. Pour cet écrivain, la question du Sahara occidental, du Sahel et de l'es-

pionnage ciblant la région ainsi que l'instigation des forces subversives dans la région en échange de l'adhésion de l'entité sioniste à l'Union africaine (UA) et les appels à conclure des partenariats en Afrique prouvent que l'Algérie constitue une pierre d'achoppement de la réalisation de cette visée, une réalité concrétisée par les efforts de la diplomatie algérienne au sein de l'UA pour barrer la route à toute tentative des sionistes de s'infiltrer dans cette institution».

Concernant les résultats d'éventuelles conventions entre les deux parties, M. Aouadh a estimé que «la coopération entre l'entité sioniste et le Makhzen portera sur des dossiers servant les intérêts des deux parties, citant la question du Sahara occidental et l'obtention de la technologie israélienne dans plusieurs domaines en échange de l'incursion de l'entité dans la région». Le politologue a évoqué également le rôle de la France, rappelant les récentes tentatives de déstabiliser la région, notamment la Libye et la Tunisie».

LE MAROC TENTE DE CRÉER UNE NOUVELLE RÉALITÉ de tensions et d'anarchie, visant à faciliter l'intervention étrangère éhontée dans la région, en vue de servir des agents coloniaux connus, a affirmé le président sahraoui, Brahim Ghali, vendredi dernier dans son allocution d'ouverture de la 5

e

session ordinaire

du secrétariat national du Front Polisario.

P

lusieurscentaines de Libyens ont manifesté dans la capitale Tripoli et à Misrata (ouest) vendredi dernier pour dénoncer la participation à l'élection présidentielle de

Seif al-Islam Kadhafi, fils cadet de l’ancien dirigeant, Mouammar Kadhafi, et du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est. Dans la capitale, ils brandissaient des drapeaux libyens et berbères ainsi que des pancartes avec des inscriptions en arabe et en anglais contre la participation aux élections de ceux qu'ils ont qualifiés de

«criminels de guerre». Certains manifestants ont piétiné les portraits de Seif al-Islam Kadhafi et de Khalifa Haftar, barrés d'une croix rouge, selon des médias. À Misrata, ils

étaient «plusieurs centaines» à protester de la même manière, selon la télévision privée libyenne Libya Febrayer. «Oui aux élections, non aux criminels», scandaient les protestataires. Mardi dernier, le maréchal Haftar s'est porté candidat à la présidentielle de décembre,

deux jours après Seif al-Islam Kadhafi, recherché par la Cour pénale internationale pour des accusations de «crimes

contre l'humanité».

LIBYE-PRÉSIDENTIELLE

Manifestations contre les candidatures du fils

Kadhafi et de Haftar

Brahim Ghali dénonce le régime marocain

VISITE DU MINISTRE ISRAÉLIEN DE LA DÉFENSE AU MAROC

Accélération de la cadence des tentatives

de déstabilisation de la région, selon Salah Aouadh

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