La trace é crite en classe
Comment aider les élèves à apprendre en s’occupant de la trace écrite ?
« La pensée ne devient précise que lorsqu’elle trouve le mot.
Je ne suis conscient de ce que je pense que lorsque je suis capable de le formuler, de l’expliciter dans des mots. » Hegel
La trace écrite constitue la mise à l’écrit, individuelle ou collective, d’un savoir élaboré en classe. Ce savoir peut-être une connaissance, une procédure, une attitude…
En ce sens, la trace écrite constitue un lieu précieux pour les apprentissages des élèves, mais aussi pour le travail de l’enseignant.
Du côté des élèves
Les traces écrites servent de mémoire des apprentissages et d’outils pour les travaux à venir. Elles sont construites avec les élèves après une phase de recherche, d’observation ou d’essais. Leur construction peut passer par une phase individuelle, mais nécessite également une mise en commun collective pour élaborer un objet de savoir commun.
Elles permettent de conscientiser les apprentissages, de se rendre compte de ce qu’on apprend, de mobiliser l’attention des élèves et de susciter des rétroactions. Dans le cas où on veut enseigner des compétences, elles permettent d’expliciter celles-ci, les procédures à employer. Elles participent pleinement à l’acquisition de la compétence 2 du socle commun : « Les méthodes et outils pour apprendre ».
Elles peuvent prendre la forme de leçons à apprendre, mais pas forcément. La verbalisation elle-même permet aux élèves de comprendre ce qu’on attend d’eux. Ils doivent pouvoir également s’en servir comme ressource, et il s’agit donc de leur
La trace écrite 2 grainesdelivres.fr
C’est souvent la trace pour les parents du travail fait en classe, ainsi que pour les autres professeurs (remplaçants, année suivante.. ).
Du côté enseignant
Le fait d’avoir préparé ces traces à l’avance permet de déterminer les notions à
structurer, la façon dont les faire partager à de jeunes élèves, la réflexion en amont qui permet à l’enseignant de savoir ce qu’il va enseigner. Partager un savoir savant à de jeunes élèves, en restant compréhensible tout en s’éloignant le moins possible de la réalité scientifique, demande une réflexion en amont.
L’enseignant s’approprie ainsi les savoirs, les procédures, imagine ou découvre des passages, des aides. Il doit pour lui-même formuler les explications qu’il pourra donner et les outils qu’il pourra apporter. Cette verbalisation permettra ensuite devant les élèves de ne pas être démuni au moment d’expliquer une notion ou une procédure qui nous paraît tellement simple ou évidente… qu’on ne sait pas l’expliquer.
Concrètement
En fonction des compétences programmées, j’essaie de préparer bien en amont de la séance la façon dont je pourrai expliquer cette compétence à de jeunes enfants, la forme que cette trace pourra prendre.
1. Lors de la séance, je prévois des moments de structuration où nous arriverons collectivement à une formulation proche de ce que j’avais prévu. Je me sers d’affiches A3 pour écrire toutes nos découvertes. Mes élèves de CP ne savent pas lire tout ce que j’écris, alors je tente d’ajouter des petits dessins ou des exemples. Ce peut-être aussi un schéma, une carte mentale, une liste… Ces affiches sont construites au fur et à mesure de l’avancée des apprentissages… ou parfois d’un seul coup lors d’une phase récapitulative.
Ces affiches s’ « empilent » sur le tableau, mémoire accumulative de tous nos
apprentissages. A chaque moment de reprise d’une compétence, à chaque fois qu’on en a besoin, on peut retrouver la trace d’un apprentissage dans les affiches et les relire
ensemble.
Empilement des affiches de maths et français
Récapitulatif sous forme de carte mentale
Liste de mots outils
Affiche personnalisée avec les images du livre
La trace écrite 4 grainesdelivres.fr
2. Parallèlement, je distribue souvent à mes élèves une trace écrite individuelle reprenant les affiches, que je tape moi même pour des raisons de lisibilité au CP, que parfois ils complètent, par collage, coloriage, ajout d’exemples… afin de se les
approprier. Ils ont ainsi un cahier outil en français et un en mathématiques. Je les renvoie souvent à cette mémoire afin qu’ils découvrent que c’est un outil pour eux.
Parfois, je fais relire à la maison, pour fixer les procédures, ou se les remémorer. Les parents m’ont déjà renvoyé également que c’est un outil intéressant pour eux pour aider leurs enfants.
Quelques éléments de réflexion :
Comme pour tout, il n’y a pas une seule façon de faire valable pour tout. Il faut donc adapter sa réflexion au mieux lors de la préparation. Voici quelques questions à se poser pour construire une trace écrite :
• Quel contenu ?
• Quelle place dans le processus d’apprentissage ?
• Quelle construction, quelle forme ?
• Quelle appropriation par l’élève, quelle part personnelle ?
• Quelle utilisation, quelle réactivation ?
• Comment la faire évoluer ?
• Comment l’adapter, la différencier ?