zepros.fr
26 000 exemplaires
Diffusion trimestrielle ÉVOLUTION
Le nouvel Esprit Casa
Faire sortir le carrelage de l’univers salle de bains, c’est le pari de Denis Matériaux.
À Vannes, l’exposition de 600 m² compte tirer parti d’un marché porteur mais chahuté sur les marges, en innovant sur le parcours d’achat et l’expérience client.
P. 14SPONSORING
P.26
Comment le négoce fait le buzz
EXCLUSIVITÉ
GoodHome, de Londres à Lille
« Derrière ce mur on réinvente le bricolage »,
un message signé “GoodHome par Casto”,
le nouveau concept arrivé tout droit de
Londres. Et c’est Lille que le groupe Kingfischer
a choisi pour cette première implantation
française. Découverte et images
P. 16Marie-Laure Barriera
Directrice de la rédaction
Bonne rentrée durable !
Zepros 17 | Septembre 2019
3
NÉGOCE
DOSSIER GRAND ANGLE 26
Sponsoring : mettre l’émotion au centre du jeu
L’ACTU DE VOS MARCHÉS 32
ACTUALITÉS
Mon Smatphone y était 04
Planète distri 06
GPS Conjoncture 08
Actus au “Macroscope” 10
L’actu de la distribution 14
8 14
Houzz étudie la rénovation. Inattendu, N.Godet succès à Jacques Pestre.
35
Le plein de nouveautés chez Vaillant. Paille de riz cherche négoces.
40
L’ACTU DE L’INNOVATION 40
Bientôt en rayon 40
Nouveautés 42
Selfie story 47
L
a trêve estivale, une parenthèse dans le calendrier des tâches et impératifs à ac- complir, et parfois aussi la possibilité d’oublier les informations anxiogènes déli- vrées quotidiennement. Difficile toutefois d’ignorer l’actualité de la fin août qui, sur fond de G7 organisé en France, a relayé les incendies de la forêt amazonienne. Un dur retour à la réalité, celle d’un environnement malmené et de l’accélération du réchauffement climatique. Invitées au menu de la reprise, ces thématiques nous ont ramenés à la ques- tion de la transition énergétique en France qui peine toujours à décoller.Pour ce numéro de rentrée de Zepros Négoceprivilégions toutefois encore les trains à l’heure. Et sur le front des nouvelles positives, citons la refonte de l’éco-PTZ qui devrait redonner un coup de pouce aux travaux, la parution au Journal Officiel du tant attendu
“Décret Tertiaire” portant obligation de travaux, ou encore, le “coup de pouce” Isola- tion, Chaudière, PAC à 1 euro… N’oublions pas quand même le petit bémol créé par la transformation du CITE en prime qui pourrait au contraire, selon les professionnels, enrayer la machine. Car rester optimiste ne veut pas dire rester béat. Alors parce que la rentrée (scolaire) est souvent l’occasion de dresser sa liste de bonnes résolutions, c’est peut-être le bon moment de se refixer des priorités : favoriser les produits éco- responsables, poursuivre les actions de formation et de sensibilisation auprès de ses équipes et de ses clients, travailler en filière sur la question des déchets et, pourquoi pas, des emballages dans une optique de réduction des plastiques… Dans la chasse au carbone et les objectifs d’économies d’énergie que s’est fixé le pays, le Bâtiment peut être un grand contributeur. Sur fond de conjoncture incertaine, même si la croissance de la construction tient encore, pas de leçon à donner mais des enseignements à tirer, quand même, pour cette rentrée 2019.l
8-10, rue des Blés – Bât. M/36 – 93210 La Plaine Saint-Denis – Tél. : 0149985845 – Fax. : 0149985847 – e-mail : [email protected]– internet : www.zepros.fr • Directeur de la publication :Philippe Paulic– Tél. : 0662730602 – [email protected] • RÉDACTIONDirectrice des rédactions :Marie-Laure Barriera – Tél. : 0666646103 – [email protected]• Rédacteur en chef :Marc Wast – Tél. : 0669742455 – [email protected]
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Procédé d’impression sans eau waterless - Origine du papier : France (Chapelle Darblay) - Taux de fibres recyclées : 100 % - Eutrophisation : PTot = 0,009 kg/tonne.
« La mobilisation des entreprises est indispensa- ble car le dérèglement climatique, sa rapidité et son ampleur, font peser des risques sur toute la société.[...] Ce dérèglement a des effets : sur les ressources, la production, le fonctionnement des entreprises, l’organisation du travail au quotidien.
Aucun secteur d’activité, aucune entreprise, ne peut donc fermer les yeux sur la transition écolo- gique. Opposer ambition écologique et efficacité économique, serait non seulement stérile, mais
contre-productif. » LA PHRASE DU MOIS
© Betty
Elisabeth Borne lors de la rencontre des Entrepreneurs de France le 29 août 2019
MON SMARTPHONE Y ÉTAIT
Zepros 17 | Septembre 20194
DAIKIN-TEWIS • 5 JUILLET 2019.
Après l’Allemagne, petit séjour en Espagne, autour de Valence, afin de découvrir les tout récents investissements réalisés par le groupe Daikin pour moderniser les lignes de production du site Tewis, spé- cialisé dans les unités de réfrigération. En plus des systèmes fonctionnant encore au fluide R134a, on trouve des machines uti- lisant du CO2, même pour les très grosses puissances. Ce savoir-faire encore rare sur le marché, permet au groupe japonais de gagner de belles parts de marché sur ce secteur de plus en plus concurrentiel.
NICE • LE 26 AOÛT.
Leroy-Merlin lance une capsule cuisine dans la ville de Nice.
L'idée de ce petit showroom consiste à se rapprocher des “ha- bitants” dans un univers cosy pour parler projet. Et comme désormais, rien ne se fait sans “événementialiser”, Leroy-Mer- lin y va de son atelier cuisine avec cours de chefs... sur du ma- tériel des cousins de Boulanger, que l'on peut, du coup, com- mander aussi. Jolie recette !
Conférences, salons, chantiers, rencontres... : ce sont les instantanés
de l’actu Bâtiment. Un florilège d’infos proposé par la rédaction de Zepros Négoce et Zepros Habitat, à retrouver en intégralité sur Tokster.com.
SAINT-LÔ • LE 20 AOÛT.
Stylée, la cour matériaux dernier cri de Lamaison.fr ! Presque déco...
C'est signé Districo (Agrial) qui a transformé ses 129 magasins (bientôt 134) Point Vert, Point Vert Le Jardin, Magasin Vert ou La Maison Point Vert (ouf !)... en une seule enseigne : lamaison.fr. Et dans ses versions grand format, comme ici à Saint-Lô (50), le magasin dispose d'une cour matériaux qui vise d'abord les agri-adhérents, mais aussi les artisans et les particuliers !
FESTOOL • 28 JUIN 2019.
C’est dans la banlieue de Stuttgart, en Allemagne, que le fabricant d’outillage électroportatif, spécialiste dans le domaine du bois, a présenté, en partenariat avec Bott et Tanos, la 3egénération du système de rangement Systainer, déjà écoulé à plus de 25 millions d’exemplaires. Au programme également, le tour de différents ateliers pour présenter, entre autres, des nouveautés actuelles (gamme d’aspirateurs connectés) et à venir (scie sur table Saw Stop qui sera lancée l’année prochaine). Autre moment clé de la visite, la découverte de l’atelier SAV qui centralise toutes les révisions et réparations et qui voit passer 180 000 machines chaque année.
Retrouvez toute l’info au quotidien sur
VAILLANT GROUP • 9 JUILLET 2019.
C’était une conférence de presse très attendue. Régis Lutte- nauer, directeur de Vaillant Group (à g.) et Tony Neulat, direc- teur marketing, ont annoncé le retour des marques Saunier Du- val et Vaillant sur Interclima 2019. Une bonne nouvelle pour les installateurs qui vont pouvoir découvrir les principales nou- veautés, qui valent le déplacement. Par exemple, le système Iso- dyn3 pour une gestion très efficace de l’ECS, une murale gaz conden- sation dédiée à la pro- blématique de l’habitat collectif et une pompe à chaleur haute tempéra- ture utilisant du fluide propane.
© Laetitia Jacquesson
REED EXPOSITION PUTEAUX • 2 SEPTEMBRE 2019
La rédaction de Zeprosétait représentée au sein du jury “Structures, ma- tériels, outils et logiciels” des Awards de l’Innovation du Mondial du bâ- timent 2019. Parmi 36 dossiers, cinq ont été choisis comme lauréats.
Sans révéler le palmarès, il est possible de dire que la numérisation, la lutte contre la pénibilité et les matériaux biosourcés ont été distingués.
Les prix seront remis lors du salon qui se déroulera du 4 au 8 novembre au Parc des expositions Paris Nord Villepinte.
ACTUS MONDE
Zepros 17 | Septembre 20196
1
PLANÈTE DISTRI
Il s’en passe des choses, en dehors de nos frontières! Tour du monde des projets et réalisations du moment.
BELGIQUE
L’économie circulaire pousse bien
Yuman Village est le premier centre com- mercial du pays 100 % consacré à l’éco- nomie circulaire. Ouvert au cœur de Bruxelles sur 800 m², il rassemble en un seul lieu des acteurs de l’économie circu- laire et du consommer local. Les produits sont de seconde main ou issus du recy- clage. Dans le même esprit, le concept Re- Tuna est une autre initiative à suivre : il s’agit d’un centre commercial durable dé- dié au « zéro déchet» et ouvert en 2015 à 100 km de Stockholm, en Suède.
2
ÉTATS-UNIS
L’invasion des robots
Un plan d’investissement massif dans l’intelligence artificielle et les robots, c’est ce qu’a annoncé Wallmart pour optimiser ses approvisionnements en rayons. Des petits wagons entièrement autonomes parcourent le point de vente de long en large, pour analyser avec leurs scanners l’implantation de chaque produit et as- surer l’éventuel réassort en linéaires. Ils s’assurent aussi de l’exactitude de toutes les étiquettes prix en temps réel.
Parallèlement, 1 860 robots seront chargés du nettoyage des sols de ses maga- sins tandis que les réserves de ses principaux points de vente bénéficieront de 900 nouvelles tours automatiques qui permettent aux clients de récupérer dans la zone de drive leurs achats effectués en ligne.
1
BELGIQUE
Solaire sur mesure ou à l’essai
Acheter des panneaux solaires en grande sur- face de bricolage ce n’est pas nouveau, mais l’enseigne Brico, vient de franchir le pas en nouant un partenariat avec la société Earth.
En ligne ou en magasin, les clients peuvent effectuer une simulation à partir de leur consommation et le type d’habitation. Earth assure l’analyse technique et l’installation des panneaux solaires en moins d’une jour- née. Plus original, l’enseigne propose un sys- tème de location pour lever les freins à l’achat. L’offre Brico Solar est disponible dans 20 (des 130) magasins Brico et dans les 12 magasins Planit.
2
Zepros 17 | Septembre 2019
ACTUS MONDE 7
NEGOCE
MONDE
La fidélité a de la valeur
La gestion des cartes et points fidélité est un casse- tête pour le consommateur. La start-up Sandblock a lancé son appli baptisée “Surprise”, afin de réunir en un seul lieu les points fidélité de centaines d’en- seignes. En s’appuyant sur une solution blockchain innovante, les points cumulés sont en fait transfor- més en cryptomonnaie (de l’argent virtuel) qui peut être échangée contre des euros sonnants et trébu- chants ; ou bien réutilisée dans le réseau des marques partenaires. Actuellement, la valeur de ces points Surprise est indexée sur le cours du bitcoin pour assurer un lancement du dispositif avec une volatilité limitée…
ÉTATS-UNIS
Tous les atouts du virtuel
Mêler le physique au virtuel devient une norme du commerce.
Exemple très abouti : le concept développé par la start-up new- yorkaise Showfields. Présenté par ses concepteurs comme «le magasin le plus intéressant au monde», ce showroom multi- marques de 1 300 m² n’accueille que des pure players. Chacun d’entre eux dispose d’un corner de quelques mètres carrés pour y présenter ses offres, notamment grâce à des écrans tactiles as- surant les passages de commandes des consommateurs. Ludique et surtout malin, un jeu de miroirs connectés et de mobilier high-tech dans les boutiques incite les clients à prendre photos et selfies pour les poster eux-mêmes sur Instagram ou Pinterest.
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ESPAGNE
Du bon usage des déchets
De test en test, Carrefour alimente sa culture de l’expérimentation digitale.
Exemple lancé il y a un an, l’application ReciclaYa (c’est-à-dire : « Recycler maintenant ») pour guider les consommateurs. D'un simple scan du code- barres figurant sur le ticket de caisse, le consommateur, via l’appli mobile, visualise comment et où déposer les déchets dans le conteneur le plus proche. Les utilisateurs reçoivent des points qui peuvent ensuite être échan- gés en bons d’achats. D’abord testé dans deux hypermarchés (à Logroño, au nord du pays, et à Palma de Majorque) auprès de plus de 1 000 clients, le dispositif, qui a reçu le soutien de plusieurs grandes marques, alimentaires et non alimentaires, s’est déployé au niveau national.
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3
8 CONJONCTURE | GPS
Zepros 17 | Septembre 2019 TENDANCES DE LA RÉNOVATIONLes jeunes dépensent autant que les seniors
L
’activité du secteur de la rénovation est restée sta- ble en 2018, selon les chif- fres publiés par Houzz*. Il appa- raît que la moitié des propriétaires présents sur la plateforme ont rénové 3 pièces de leur logement, p o u r u n b u d g e t m oye n d e 13 000 €. Et plus du tiers des propriétaires ayant déjà rénové prévoyaient de poursuivre leurs projets en 2019. Cette catégorie préfère investir pour mettre son habitat à son goût plutôt que de déménager. «Avoir une maison personnalisée est l’une des moti- vations principales pour toutes lesgénérations», assure Houzz.fr.
Ce besoin d’adaptation du loge- ment arrive en tête des raisons de lancement de travaux, princi- palement pour les jeunes géné- rations (25-39 et 40-54 ans).
Pour les tranches d’âges les plus élevées (55-74 ans), c’est le temps libre qui permet de s’in- vestir dans ces opérations.
La cuisine devant la salle de bains
L’amélioration de l’esthétique et du confort arrivent en tête des priorités, devant l’amélioration de la fonctionnalité et la recherche
d’efficacité énergétique. Les se- niors se montrent particulière- ment sensibles aux thématiques environnementales (voir gra- phique 1). Les pièces rénovées sont d’abord les chambres, de- vant les pièces d’eau, puis les sé- jours et les entrées. Mais ce sont bien les cuisines qui mobilisent le plus de ressources : à elles seules, elles réclament 7 000 € de budget (+27 %), soit deux fois plus que les salles de bains (- 12 %). Les améliorations des propriétaires portent principale- ment sur l’électricité et la plom- berie, devant le chauffage ou le
changement des menuiseries.
Les professionnels interviennent dans les trois-quarts des cas, sol- licités tout autant par les jeunes générations que par les baby- boomers (graphique 2).
Quant au moyen de financement, il reste essentiellement assuré par les économies personnelles (65 %), loin devant les prêts ban- caires ou crédits (20 %). La prin- cipale difficulté évoquée est celle du respect du budget (37 %), de- vant la problématique de choix des produits et matériaux (32 %) ou d’un prestataire adéquat (29 %). Respect des délais et
gestion des imprévus ferment la marche. Enfin, l’étude Houzz note que la décoration et l’ameuble- ment restent prioritaires face aux projets plus ambitieux de réno- vation. Ce que le site nomme «la touche finale» et qui semble da- vantage intéresser les plus jeunes. Quant aux interventions de réparation, elles concerneront entre 15 et 25 % des proprié- taires. ● g. noble
* Houzz est une plateforme internet dé- diée à la décoration, l’aménagement et la rénovation, qui rassemble une com- munauté de millions de propriétaires et de professionnels de la maison à travers le monde.
Priorités des propriétaires en 2018
améliorer l’esthétique et le confort améliorer la fonctionnalité améliorer l’efficacité énergétique augmenter la valeur à la revente Minimiser les coûts d’amélioration intégrer des matériaux écologiques régler des problèmes de santé installer un système domotique
le confort et l’esthétique arrivent en tête. l’amélioration de l’efficacité énergétique ne pointe qu’en 3eposition et semble davantage mobiliser les 55-74 ans (44 %) que les 25-39 ans (41 %), tout comme l’intégration de matériaux écologiques ou de sys- tèmes domotiques.
67 % 53 % 41 % 33 % 29 % 18 % 16 % 5 %
Types de professionnels embauchés
chef de chantier/Maître d’œuvre concepteur et rénovateur de cuisine architecte Jardinier concepteur et rénovateur de salle de bains paysagiste ou architecte paysagiste décorateur ou styliste d’intérieur constructeur
les entrepreneurs sont les plus sollicités, ainsi que les spécialistes de la cuisine. les ar- chitectes d’intérieur complètent le podium. du côté des métiers, les électriciens (38 %) devancent les plombiers (37 %) et les peintres (26 %).
Typologie des sondés
l’étude houzz a été menée auprès de 10 954 répondants à un questionnaire en ligne de 160 questions. les propriétaires sont rarement seuls (24 % de célibataires, séparés ou veufs) et présentent des revenus moyens de moins de 50 k€ pour le foyer (52 % des cas). ils habitent des maisons individuelles, construites entre 1960 et 2000, d’une valeur estimée à moins de 400 k€.
17 % 14 % 11 % 5 % 5 % 4 % 3 %
3 %
Prévisions pour 2019
décoration ou ameublement rénovation réparation aménagement achat Vente
les Français propriétaires envisagent de dépenser 5 000 € en 2019. un budget davantage adapté à de la décoration/ameublement qu’à une véritable rénovation. Mais un tiers d’en- tre eux souhaite toutefois engager ou poursuivre des travaux dans leur habitat.
54 %
36 %
15 %
9 %
6 %
5 %
10 % 10 %
10 % 17 %
8 % 3 %
2 %
2016-2019 2011-2015 2001-2010 1981-2000 1961-1980 1941-1960 1921-1940
type d’habitation
période de construction du logeMent
1901-1920 23 %
55 % 16 % 14 % 15 %
Maison individuelle
Maison de ville ou mitoyenne
appartement de grand immeuble/
copropriété autre
Valeur déclarée par le propriétaire
22 % 45 % 33 %
200 000 € ou moins
200 000 € - 399 999 €
400 000 € ou plus
L’ACTu | MACROSCOPE
Zepros 17 | Septembre 201910
L
a transformation du Cré- dit d’impôt transition énergétique (CITE) en prime réservée aux ménages précaires est prévue pour 2020.D’abord annoncée pour le 1erjan- vier 2019, puis reportée à l’an- née suivante, il semble que cette évolution ne convainque pas les organismes professionnels. Plu- sieurs, comme la Fédération française du Bâtiment (FFB), la Confédération de l’artisanat et petites entreprises du Bâtiment (Capeb) ou le Syndicat des éner- gies renouvelables (SER), ont publié des communiqués préci- sant leurs attentes face à ce changement.
du temps et des moyens La Capeb note tout d’abord que l’évolution du dispositif paraît ambitieuse dans un laps de temps trop court. La prime pro- posée par le gouvernement se- rait «très complexe dans sa pré- sentation», car modulée en fonction des revenus du ménage, de la région de résidence et de la typologie de logement (maison individuelle ou logement collec- tif). Un mode de calcul ardu qui
«risque d’engendrer un manque de lisibilité», estime la confé- dération, qui réclame «un ac- compagnement spécifique des acteurs» pour que les profes- sionnels soient informés et conseillés. Jacques Chanut, le président de la FFB, considère, lui aussi, que le calendrier est complexe. Quant au SER, il re- commande que l’Agence natio- nale de l’habitat (Anah), qui se verrait confier le rôle de verser les aides, soit «dotée de moyens supplémentaires, notamment hu- mains », afin de traiter rapide- ment la masse de dossier qui lui
incombera. Il souhaite également qu’une période de transition en- tre le CITE actuel et la future prime soit décidée. Le syndicat argumente : «Il est, en effet, es- sentiel de ne pas modifier le ré- gime de soutien au milieu de la saison de chauffe 2019-2020».
Pour le SER, les opérations enga- gées jusqu’au 31 décembre de- vront pouvoir continuer à bénéfi- cier du dispositif de crédit d’impôt, et rester éligibles jusqu’au 30 juin suivant, «à condition que les tra- vaux de pose de l’appareil soient réalisés d’ici là».
Chez Effy, on s’alerte d’une «mise en œuvre trop rapide» et d’une
«absence de moyens de lutte contre les fraudes». Le groupe spécialisé dans la rénovation énergétique craint «un trou d’air au 1ersemestre 2020» lié à l’at- tentisme et l’incertitude autour des dossiers, et recommande lui aussi d’engager une période de transition «courant 2020 sur cer- tains territoires» avant la géné- ralisation au début de 2021.
Ne pas exclure les ménages les plus... riches Autre demande des organisa- tions : ne pas tout focaliser sur les ménages les plus modestes et les solutions d’entrée de gamme. La Capeb espère que les familles dont les revenus sont si- tués dans les 9eet 10edéciles * soient maintenues dans le dis- positif, «afin que ces ménages puissent continuer à participer au défi de la rénovation énergé- tique». Pour le SER, il faudra être attentif «à ce que le futur sys- tème ne couvre pas l’intégralité du coût des travaux, sauf pour des ménages aux revenus très modestes», afin d’équilibrer le marché et d’éviter une concen-
tration sur les solutions les moins onéreuses. Les profes- sionnels soulignent que ces mé- nages des déciles les plus élevés
«investissent massivement dans les énergies renouvelables et re- présentent, actuellement, près de 50 % du montant total de la ré- duction d’impôt obtenue à tra- vers le CITE».
Quels matériels dans le périmètre du CITe ? Même réserve pour la FFB qui avance que ces ménages plus ai- sés finiraient par privilégier de simples travaux d’embellisse- ment au détriment de réelles ré- novations thermiques. Jacques Chanut préconise de conserver les 9eet 10edéciles dans le cadre de travaux globaux, incorporant l’isolation des parois et/ou toi- tures. Sur ce point, la Capeb es- time irréaliste le bond d’effica-
cité des étiquettes F et G à A ou B : « Au mieux, il faudrait prévoir un saut de classe vers D ou C ».
Côté technologies, les avis sont nombreux. Pour la Capeb, «le montant des aides prévues pour certains travaux (chaudière à gaz THPE, isolation des rampants de toiture...) n’est pas suffisant au regard des prix moyens prati- qués». Elle demande donc de
«réévaluer les montants forfai- taires pour les mettre en cohé- rence avec les prix de marchés» et «de veiller au rapport coût/ef- ficacité des équipements», no- tant que les technologies les plus performantes risquaient de ne pas être favorisées, car généra- lement plus onéreuses. La FFB bataille également pour le main- tien des chaudières à très hautes performances, en revoyant tou- tefois à la baisse le montant de la prime (600 € contre 1 000 € à
l’origine). Le SER milite au contraire pour le maintien des appareils de chauffage au bois moins performants (type foyers fermés et inserts) et pour que les appareils à bûches bénéficient d’un soutien similaire à ceux fonctionnant aux granulés. De même, le syndicat propose de soutenir fortement l’achat et l’installation d’équipements géo- thermiques de surface, afin que cette solution efficace mais coû- teuse se développe en France.
Pour l’association “Équilibre des énergies”, ce sont les radiateurs électriques performants (pilo- tés), qui devront être intégrés dans le CITE : «Cette prime, si elle reste alignée avec les taux ac- tuels du crédit d’impôt, pourrait représenter une aide supplémen- taire de 100 € pour les Français qui remplacent leur “grille-pain”
par des radiateurs intelligents».
Elle estime qu’entre 4,4 et 5,8 millions de foyers seraient encore équipés de vieux radia- teurs, ce qui représente un parc à remplacer de 20 à 30 millions d’unités !
Toutes ces propositions seront discutées par le gouvernement dans le cadre du Projet de loi de finances 2020, qui déterminera, in fine, les moyens dont dispo- sera effectivement l’Anah... ●
G. Noble
* Plus de 26 624€/an pour le 9e décile, et plus de 33 896 €/an pour le 10e et dernier décile.
RéfoRme du CITe
Les contre-propositions des pros
La question de l’information du grand public est centrale dans la réussite de ce dispositif.
De leur côté, les entreprises ont besoin d’une information clarifiée et simplifiée afin de pouvoir
la relayer à leurs clients. Parallèlement, une campagne massive gouvernementale confiée
à l’Ademe ou à l’Anah doit intervenir en complémentarité des actions que les organisations
professionnelles mèneront auprès du secteur
Patrick Liébus, président de la Capeb.
Ces négociations dans la semaine à venir vont être déterminantes pour les travaux de rénovation
énergétique du Bâtiment. Nous demandons une cohérence entre les discours ambitieux sur les objectifs et les choix budgétaires du gouvernement.
Jacques Chanut, président de la FFB
A
ttendu depuis près de 10 ans, le décret relatif «aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie fi- nale dans des bâtiments à usage tertiaire» a été publié au Journal Officielle 25 juillet dernier, pour une application au 1eroctobre 2019. Ce texte doit permettre de diminuer les besoins d’un im- mense pan de l’immobilier en France, privé et public. Car, si la consommation énergétique du tertiaire n’a diminué que de 1 % entre 2009 et 2016, elle devra for- tement décroître dans les années qui viennent. L’objectif est d’at- teindre, en 2030, -40 % par rap- port à 2010. Puis la tendance se poursuivra au cours des décennies suivantes : - 50 % en 2040 et -60 % en 2050, ceci afin de ré-pondre aux exigences de la loi Elan. Sont concernés les immeu- bles de bureaux ou d’activité d’au moins 1 000 m2.
Le Serce (syndicat des entreprises de la transition énergétique et nu- mérique) salue «la consultation qui s’est déroulée d’octobre 2018 à avril 2019» qui a «permis d’asso- cier les acteurs concernés» pour qu’ils contribuent à la rédaction du décret d’application (n° 2019-771).
D’après la filière, le passage d’un taux de rénovation faible (1,5 %) à
un taux légèrement plus soutenu (2,5 %) permettrait de créer 40 000 emplois. Toutefois, le Serce note : «Il reste à finaliser l’ar- rêté fixant les seuils de performance à atteindre et les conditions de mo- dulation prévues». Le texte pré- cise que les objectifs de réduction pourront être adaptés en fonction d’éventuelles pathologies du bâti ou de modifications trop impor- tantes. Des sanctions administra- tives pourront être engagées en cas de manquement. l G. Noble BÂTIMENTS TERTIAIRES
La rénovation énergétique devient obligatoire
Zepros 17 | Septembre 2019
MACROSCOPE | L’ACTU 11
NEGOCE
P
arues au Journal Officiel du 20 août, les nouvelles règles d’application de l’éco-PTZ étaient attendues par les professionnels pour redynamiser l’activité. Pre- mière bonne nouvelle, ce prêt est prorogé jusqu’au 31 décembre 2021, tandis que ses conditions d’application sont modifiées en deux temps. Finançant à hauteur de 30 000 € les travaux réalisés par une entreprise certifiée RGE, le dispositif avait déjà été rema- nié le 1ermars 2019 en suppri- mant l’obligation de “bouquet de travaux”. Jusqu'à présent, les pré- tendants à l’éco-conditionnalité des travaux devaient s’engager à faire réaliser au moins deux ou trois opérations visant à optimi- ser les consommations énergé- tiques de leur habitation.Ensuite, depuis le 1erjuillet, l’éco- PTZ est étendu à tout logement achevé depuis plus de deux ans.
Auparavant, seuls les bâtiments d’habitation construits avant le 1erjanvier 1990 étaient concer- nés. Et l’isolation des planchers bas fait désormais partie des tra- vaux éligibles. Enfin, la durée de tous les éco-prêts vient d’être uniformisée à 15 ans. Un dispo- sitif moins complexe et des cri- tères d’accès élargis : de quoi re- lancer la machine ? l S. V.
AIDE À LA RÉNOVATION
L’éco-PTZ enfin relancé
PRODUCTION DE MATÉRIAUX
Toutes les nuances de gris
S
elon les derniers chiffres pu- bliés par le ministère du Lo- gement à fin juillet, l’été n’aura pas été très favorable au loge- ment neuf. Ainsi, de mai à juillet, les autorisations affichent - 0,8 % par rapport aux trois mois précédents. Si le logement individuel redresse un peu la tête (+ 1,0 % après - 2,3 %), en re- vanche, le collectif enregistre -2,0 %. Parallèlement, les mises en chantier semblent avoir en- rayé la chute avec une évolution globale de -1,3 % (-4,5 % sur les trois mois précédents). Mais là encore rien de vraiment réjouis- sant : l’individuel stagne à+ 0,2 % et le collectif recule de 2,2 % (contre -6,2 %).
Des résultats qui n’infléchissent pas la tendance baissière obser- vée sur 12 mois. 29 300 autori- sations de logements ont ainsi été perdues d’août 2018 à juillet 2019, en données brutes, et 19 900 mises en chantier par rapport aux douze mois précé- dents.
Des pertes qui concernent parti- culièrement l’individuel. Sur ce secteur, les autorisations ont di- minué de 8 600 unités (-4,6 %), et la baisse concerne aussi bien l’individuel pur (-4,7 %) que l'in- dividuel groupé (-4,4 %). En re-
vanche, sur les mises en chan- tiers (9 700 unités de moins), la chute incombe principalement à l’individuel pur (-7,3 %).
Enfin, les statistiques du minis- tère prévoient désormais un dé- lai moyen de 5,3 mois avant la mise en chantier des logements individuels autorisés, «ce qui se- rait très légèrement inférieur au délai moyen de longue période (5,5 mois de juillet 2010 à juillet 2019)». Quant au collectif, le délai moyen d’ouverture de chantier s’établirait à 10,4 mois, également en dessous de la moyenne de longue période (11,6 mois). l M.-L. B.
AUTORISATIONS ET MISES EN CHANTIER
Logements neufs : pas d’embellie estivale
Source : SDES, Sit@de12, estimations à fin juillet 2019
L
es dernières tendances conjoncturelles publiées par l’Unicem sont tout en nuances.Si au premier semestre 2019, l’ac- tivité granulats et le BPE affichent respectivement une hausse de 2,5 % et 5,1 % sur un an, la pro- duction au cours des 3 derniers mois est, elle, en baisse. À titre d’exemple, pour le BPE, le recul atteint 3,3 % par rapport au pre- mier trimestre 2019 et 1,9 % rap- porté au même trimestre de 2018. L’indicateur global des ma- tériaux traduit des tendances as- sez comparables pour la période.
Cette contraction concerne la quasi-totalité des matériaux.
Seule exception, les produits en béton en hausse de 2,9 % sur le bimestre avril-mai, qui profitent de l’activité des Travaux publics.
En effet, les commandes à des- tination du Bâtiment commen- cent à refléter la décélération du collectif et de l’individuel. Après avoir accumulé des retards dans la livraison des chantiers (gou- lots d’étranglement en produc- tion liés au personnel, au maté- riel), les carnets de commandes commencent tout juste à se tasser, bien que restant histori- quement élevés, notamment dans le segment du gros œuvre (8,7 mois). l M.-L. B.
CHIFFRES CLÉS.
1er semestre 2019/ 1ersemes- tre 2018 :
• BPE : + 5,1 %
• Granulats : + 2,5 %
(Données CVS-CJO)
Logements autorisés
(Cumul des douze derniers mois en niveau et en évolution)
Logements commencés
(Cumul des douze derniers mois en niveau et en évolution)
Taux d’évolution en % Supérieur à 10 Entre 0 et 10 Entre -10 et 0 Inférieur à -10
L’ACTU | MACROSCOPE
Zepros 17 | Septembre 201912
E
n finir avec l’image de l’ap- prentissage vue depuis long- temps en France comme une voie de garage… C’est tout l’objectif de la réforme de l’enseignement professionnel en alternance an- noncée en 2018 par la ministre du Travail Muriel Pénicaud et qui entre progressivement en vi- gueur depuis le 1erjanvier. Sim- plifier, séduire, clarifier, sont les maîtres mots du projet qui vise aussi bien les entreprises d’ac-cueil que les jeunes et les familles.
Parmi les points les plus concrets, citons par exemple l’aide finan- cière pour le permis de conduire, ou l’augmentation de la rémuné- ration…
Mais l’objectif est aussi de met- tre en adéquation l’offre et la de- mande. La libéralisation instau- rée dans l’ouverture de nouveaux CFA va de pair avec les nouvelles modalités de financement, celui- ci n’étant plus assuré par les ré-
gions. Le dispositif “coût- contrats” encourage ainsi les of- fres de formation d’un CFA qui sont en phase avec la demande des entreprises. Toutefois, face au risque de mettre en péril les métiers de niches ou les cursus dans les zones reculées, un fonds de péréquation régionale de 250 millions d’euros est prévu.
Autre risque à contourner, celui du vide de la période transitoire entre les deux systèmes. Le mi- nistère a donc autorisé les CFA à appliquer le système du coût- contrat dès cette rentrée. La nou- veauté réside aussi dans le ca- lendrier scolaire puisque le texte ouvre la possibilité de conclure des contrats d’apprentissage d’une durée supérieure à celle de la formation, afin de tenir compte des différents parcours des jeunes.
Évolution également en cas de rupture de contrat : l’apprenti peut poursuivre sa formation au sein des centres de formation d’apprentis (CFA), bénéficiant alors du statut de «stagiaire de la formation professionnelle» pendant 6 mois.●
M.-L. Barriera APPPRENTISSAGE
Où en est la réforme ?
Rappel des points clés
1.L’apprentissage est pris en charge par les branches profession- nelles, et un nouvel organisme national, France Compétences. Les CFA peuvent ouvrir de nouvelles sections et seront financés pour chaque jeune sous contrat, selon un coût unique sur le territoire pour chaque diplôme.
2.L’âge limite est repoussé à 30 ans, avec un âge minimum à 16 ans.
3.Les personnes majeures en contrat d’apprentissage bénéficient d’une enveloppe de 500 € destinée à les aider à passer leur permis de conduire.
4.Les contrats peuvent être conclus n’importe quand et les durées ont également été réformées, de six mois jusqu’à trois ans.
5.Une nouvelle aide unique de 4 200 € est versée aux entreprises la première année (pour les entreprises de moins de 250 salariés pré- parant à des diplômes de niveau bac ou inférieur).
6.Les mineurs pourront travailler jusqu’à huit heures par jour et 35 heures par semaine, voire 40 heures, par dérogation, pour cer- taines activités déterminées par décret en Conseil d’État.
L
a DGCCRF met en garde les consommateurs sur le dé- marchage téléphonique autour d’offres d’isolation à 1 € de la part de sociétés se présentant comme mandatées par des organismes officiels. Les escrocs indiquent que les travaux d’efficacité éner-gétique seraient obligatoires, à moins de s’acquitter d’une «taxe carbone», ce qui n’est pas le cas pour les particuliers. Les coor- données des clients acceptant les offres de travaux sont transmises à une société qui présente alors un contrat non conforme (sans
bordereau de rétractation ou exi- geant le paiement immédiat). Les matériaux installés ne répondent généralement pas aux normes en vigueur ou sont mal mis en œuvre. La répression des fraudes recommande donc de ne pas donner suite aux appels, d’effec- tuer des recherches sur les so- ciétés, d’être vigilant sur le contenu des contrats et de ne ja- mais signer dans la précipitation.
L’offre d’isolation «à partir de 1 €» restera valable jusqu’en dé- cembre 2020 sous certaines conditions, notamment que l’en- treprise soit signataire de la charte “Coup de pouce” du mi- nistère de la Transition écolo- gique. L’aide apportée sera de 10 ou 20 €/m2selon les revenus du
ménage. ● G. N.
ALERTE
Isolation à 1 € : attention aux arnaques !
PLF 2020
Les entreprises mises à contribution
E
mmanuel macron avait pré- paré le terrain il y a quelque mois en annonçant que les en- treprises seraient davantage mises à contribution pour bou- cler le budget. Les premières an- nonces distillées par Bruno Le- maire, le ministre de l’Économie, concernant le prochain projet de loi de Finances, le confirment.Quels sont donc les change- ments prévus ? Côté niches fis- cales, sur lesquelles 620 millions d’euros seront récoltés, l’avan- tage dont bénéficie le gazole non routier accordé à certains sec- teurs comme le BTP sera bien concerné, mais avec un délai plus long. La fin de cette niche s’éta-
lera sur 3 ans, avec une première étape en juillet 2020 qui fixera une réduction de 45 %. Autre mesure concernant le BTP, le ra- botage de la déduction forfaitaire spécifique (DFS) pour frais pro- fessionnels qui devrait rapporter au gouvernement une économie de 400 M€.
Enfin, le PLF 2020 devrait aussi, à nouveau, mettre à contribution plus lourdement la trésorerie d’Action Logement (ex-1 % Lo- gement), fruit des cotisations pa- tronales des entreprises de plus 50 salariés. C’est le ministère du Logement qui devrait bénéficier de cette ponction, évaluée à 500
M€. ● M.-L. B.
Bercy prépare une loi de Finances qui devrait augmenter la contribution des entreprises.
La ministre du Travail Muriel Pénicaud
Zepros 17 | Septembre 2019
L’actu | MACROSCOPE 13
NEGOCE
P
lus de 86 000 équivalents temps plein en 2017 (+7 %), c’est ce que représente le secteur des énergies renouvelables et de récupération selon la dernière étude qu’y consacre l’Ademe *.Une croissance quasi parallèle à celle du chiffre d’affaires (26 Md€), explique l’Agence de l’environne- ment et de la maîtrise de l’éner- gie qui relève toutefois des situa- tions contrastées sur le marché.
Sur le secteur de la chaleur re- nouvelable, les dynamiques dif- fèrent entre chauffage pour les particuliers et chaleur collective.
Dans l’individuel (chauffage bois, pompes à chaleur, chauffe-eau thermodynamique, solaire ther- mique...), le marché s’élève à 5,4 Md€ pour un effectif de 32 400 équivalents temps plein.
Sa vitalité s’explique «par la pro- gression du marché du bois do- mestique (2,8 Md€)» et la part croissante de bois consommé par les ménages. Le secteur est éga-
lement porté par le succès des PAC aérothermiques et des chauffe-eau thermodynamiques, dont les prix ont suivi une ten- dance baissière. Le segment du solaire thermique, lui, est en crise depuis 2009, et atteint un niveau particulièrement bas en 2017, p a ss a n t s o u s l a b a r re d e s 320 M€ de ventes avec moins de 2 500 salariés.
Du côté du collectif (réseaux de chaleur, valorisation énergétique des déchets, géothermie...), l’évo- lution est moins positive sur la
période 2016-2017, freinée par les faibles prix du gaz, selon l’Ademe. Bilan : un marché évalué à 3 Md€ pour 14 500 postes. Les filières du bois collectif (1,4 Md€, 6 500 postes) et de la géother- mie (350 M€, 2 300 postes) ont connu des baisses de CA et d’ef- fectifs en 2016 et 2017. Quant aux réseaux de chaleur, ils ont connu un regain d’activité grâce à l’augmentation du prix de la chaleur (1 Md€), avec un nombre d ’ e m p l o i s e n h a u s s e (4 900 équivalents temps plein).
«M ê m e c o n s t a t e n c e q u i concerne la valorisation des dé- chets ménagers. Le marché aug- mente (218 M€)», tout comme les effectifs qui frisent les 650 sa- lariés. Quant au biogaz, il a connu un fort développement en 2016 e t 2 0 17 p o u r a t te i n d re l es 690 M€ de CA.
Autre élément marquant de l’étude, l’envol de l’éolien terres- tre en 2016 : 4,75 Md€ de ventes et 13 200 emplois, soit respecti- vement la moitié et le tiers du to- tal des renouvelables. L’hydro-
électricité, acteur majeur du mix électrique français, arrive en se- conde position, avec 3,7Md€ de chiffre d’affaires et 11 500 sala- riés. Quant au photovoltaïque, il a rebondi entre 2016 et 2017, pour parvenir à 4,8 Md€ de CA pour u n e f f e c t i f d e s e u l e m e n t 4 700 personnes en France. Cette filière avait connu un recul im- portant suite au moratoire im- posé par le gouvernement après
2010. l M.-L. B.
* “Marchés & emplois concourant à la transition énergétique et écologique dans le secteur des énergies renouvela- bles et de récupération”
TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
EnR : marchés et emplois en croissance
Montant total lié aux énergies renouvelables et de récupération en 2016 (M€)
Emplois associés aux énergies renouvelables et de récupération en 2016 (ETP)
Éolien
Éolien
4 746 15 730
14 220 13 210 11 600 6 590 4 960 4 670 2 450 2 340 2 110 1 200 1 050 640 3 666
3 646 2 838 2 437 2 235 1 394 1 036 784 554 351 335 218 Hydroélectricité
Hydroélectricité Solaire PV
Solaire PV Bois énergie domestique
Bois énergie domestique
Biodiesel
Biodiesel PAC domestique
PAC domestique
Bois énergie collectif
Bois énergie collectif
Réseaux de chaleur
Réseaux de chaleur
Biocarburants essence
Biocarburants essence
Biogaz Biogaz
Géothermie
Géothermie
Solaire thermique
Solaire thermique
Valorisation énerg. des DMA Valorisation énerg. des DMA
L’ACTU DE LA DISTRI | MULTISPÉCIALISTE
Zepros 17 | Septembre 201914
A
u sein de Saint-Gobain Distribution Bâtiment France (SGDB-France), le “who’s who” vient de bou- ger. À la tête de l’enseigne phare du groupe (environ 3,2 Md€ de CA estimé et 11 000 salariés), Nicolas Godet a succédé le 1erseptembre à Jacques Pestre qui est sur le départ. Son nom n ’e s t p a s i n co n n u d a n s l e monde du négoce, puisqu’il a dirigé l’enseigne PUM Plas-tiques, et occupé aussi la di- re c t i o n d u p l a n a u s e i n d e SGDB-France. Au poste de Dg adjoint de cette filiale distribu- tion aux côtés de Patrice Ri- chard, il a aussi la responsabi- lité de Décocéram, dont le Dg Christophe Callon lui est ratta- ché. Jusqu’à début 2020, date à laquelle Jacques Pestre prend officiellement sa retraite, ce der- nier reste «Dg-a et membre du comité exécutif de SGDB France,
en charge des relations exté- rieures, du développement et de la RSE », précise le groupe.
De la banque au négoce Diplômé d’un master en Business Adminis- tration obtenu à l’Es- sec en 2001, Nicolas Godet a entamé sa carrière chez Exane BNP Paribas jusqu’en 2010. En 2011, il intè- gre Saint-Gobain où il est suc- cessivement directeur du plan du pôle Distribution, Dg de PUM Plastiques, puis Dg Produits de construction pour l’Asie du Sud- Est, un poste qu’il occupait jusqu’à cet été.
Le Bâtiment “tout-terrain”
Après avoir passé dix ans chez Isover, puis encore dix ans chez Saint-Gobain Vitrage, Jacques
Pestre est entré dans le pôle Distribution du groupe. Direc- teur commercial chez Point.P pour le Sud-Ouest, président de Point.P Rhône-Alpes, puis en Paca, il prend en main dès 2010 l’enseigne Point.P en tant que Dg-a du groupe Point.P qui
ne s’appelait alors pas encore SGDB France. Ce manager de terrain a aussi codirigé, dès 2014, le plan de rénovation énergétique des bâtiments de la “Nouvelle France Industrielle”.
Il préside aussi le Cercle Pro- modul. l M.-L. Barriera
© Cyrus Cornut
À
Vannes, dans le Morbihan, le négociant breton Denis Matériaux conforte son posi- tionnement d’hyperspécialiste du carrelage. Avec un parti pris :«Sortir le carrelage de la salle de bains et de la cuisine en présen- tant cet univers sous toutes les coutures», confie Rachel Denis- Lucas qui dirige le pôle Négoce de la PME familiale. Inauguré début juin, dans la foulée des 40 ans du groupe, son 5eshow- room Esprit Casa ambitionne de
«casser les codes» du secteur.
Usages alternatifs Son atout ? «Une vraie segmen- tation de l’offre par pièce», confie l a d i r i g ea n te a l o rs q u ’ «e n moyenne, un ménage renouvelle son carrelage tous les 17 ans». Sur 600 m², l’exposition qui dispose de 50 m² de LS et 4 000 m² d’entrepôt, consacre 3 boxes à l’offre bains. Les 17 autres scé- nographies braquent les projec-
teurs sur des collections par pièce : chambre, salon, bureau, dressing, entrée… Quitte à sug- gérer des usages alternatifs de la céramique en parements muraux, mobilier ou plans de travail.
Autre particularité du lieu : d’im- posants présentoirs amovibles valorisent les formats XXL (jusqu’au 150 x 300 cm pour cer- taines références). Parmi les
4 000 références en catalogue (contre environ 2 000 pour les quatre autres Esprit Casa, situés à Saint-Malo, Rennes, Redon et Ploërmel), seuls 10 % de l’assor- timent est exposé et stocké sur place.
« Grand écart »
Sur un marché chahuté et où les marges sont plutôt tendues, ce
nouvel Esprit Casa veut impulser
«un nouveau souffle», une ex- périence et un parcours d’achat
«uniques». Managés par Isabelle Guimard, les six collaborateurs (3 conseillères de vente, 2 ATC itinérants et un chef de cour) suivront deux fois l’an des for- mations dans ce sens pour ac- tualiser leurs connaissances tech- niques. Mais aussi pour «avoir la maîtrise parfaite» des aspects liés à la décoration intérieure et au design.
Quant au positionnement prix, il fait «le grand écart : de l’offre chan- tiers pour cibler cémistes et pro- motion immobilière jusqu’aux très grands formats décoratifs desti- nés aux projets d’architecte», dé- taille Rachel Denis-Lucas qui sou- haite booster cet univers carrelage.
Aujourd’hui, cette famille capte environ 8 % du CA ventes du pôle Négoce du groupe. D’après le cabinet MSI, «environ 4 % des salles de bains sont rénovées
chaque année en France, soit plus d’un million de mètres carrés de faïences et sol à remplacer tous les ans». Sans compter les autres pièces à vivre qu’Esprit Casa cible désormais... l S. V.
CONCEPT INNOVANT
Esprit Casa : le carrelage sort du bain
RECENTRAGE.
DMTP sera vendu
Onze ans après sa création au sein de SGDB France, le spécialiste Point.P TP (filiale DMTP) devrait être absorbé par le n°2 du secteur Frans Bonhomme. Évoqué depuis plus d’un an, ce rachat est prévu, au plus tard, d’ici à mars 2020 et sous réserve que le futur ensemble ne se heurte pas à des questions de concurrence. Les 58 Point.P TP représentent environ 3,5 % du CA distribution de Saint-Gobain en France.
DIGITAL.
Des QR-codes
S’il dispose de sa vaste car- reauthèque conçue dans
«un esprit “comme à la mai- son”», le showroom fournit aussi les informations tech- niques et de pose des gam- mes via des QR-codes. À terme, le contenu s’enrichira (vues 3D des projets), d’au- tant que l’enseigne devrait disposer d’un site e-com- merce, a priori cet automne.
NOMINATION ET STRATÉGIE
Nicolas Godet, nouveau pilote de Point.P
851
agences, dont environ 30 Point.P
Express (40 à terme) et 4 expos
“nouveau format”.
Désormais n°2 de SGDB France et Dg de Point.P, Nicolas Godet a notamment géré la montée en charge et la digitali- sation de l’enseigne sœur PUM Plastiques de 2013 à l’été 2016.
En France, le marché des carreaux céramiques s’est érodé de 3-4 % en 2018 (107 millions de m²). Pour réveiller le secteur, l’Esprit Casa vannetais (56) décline un mix produits largement revisité (fines épaisseurs, formats XXL, large choix de grès cérame…) et un parcours client innovant.
Zepros 17 | Septembre 2019
L’ACTU DE LA DISTRI | MULTISPÉCIALISTE 15
NEGOCE
À
la tête de Jardin Habitat Construction (JHC) depuis onze ans, Jacky Habich a inau- guré en mai de nouveaux entre- pôts pour stocker les matériaux de construction. Installé à Gox- willer, dans le Bas-Rhin, le gros- siste livre, notamment pour les paysagistes, desmatériaux déco- ratifs (blocs, ga- lets de verre…) et des liants pour
l’aménagement extérieur : ci- ments classiques, spéciaux ou formulés.
À la demande
Très attaché à la démarche
“100 % made in Alsace” qu’il af- fiche sur son site web, le chef d’entreprise se fournit néan- moins, entre autres, auprès de fournisseurs allemands et espa- gnols pour lesquels il a long- temps été VRP. Sa valeur ajou- tée ? «La logistique et la livraison de tous les gabarits ; notamment ceux que les clients ne peuvent pas faire eux-mêmes», observe Jacky Habich qui manage huit salariés, dont 4 commerciaux iti- nérants sur l’Hexagone et 4 col- laborateurs chargés de la gestion ou de la manutention.
Sa clientèle se partage entre des revendeurs BtoC et des négoces
généralistes pour l’activité sacs, d’une part, et d’autre part des usines de préfabrication et cen- trales à béton pour le vrac. Ses nouveaux locaux de stockage de 1 0 0 0 m ² c o u v e r t s e t d e 3 000 m² extérieurs lui permet- tent de «mettre rapidement à dis- position des quan- tités à la demande et panacher diffé- rents produits en sacs, big-bag pour ceux qui ne veulent pas forcément un camion complet».
« Ce qui fait la différence, désor- mais, sur notre marché et dont nous faisons notre spécialité, c’est la capacité logistique à servir des quantités partielles quelle que soit la demande», note Jacky Habich.
Selon lui, la tendance est claire- ment aux produits formulés et prêts à l’emploi, plutôt qu’au sac de ciment avec lequel il faut faire le mélange. l C. Nagyos LOGISTIQUE
en alsace, JHc fait dans le détail
Jacky Habich veut se démarquer avec sa logistique huilée pour tout type de demande.
2,23 M€
de CA en 2018.
Plan de stock.
diversifications
Disposant de sa propre MDD, JHC veut développer ciments en vrac et anhydride pour chapes liquides. Il stocke aussi une offre saisonnière : sel de dé- neigement, pellets, etc. Bref, la diversification dans le détail !
L’ACTU DE LA DISTRI | MULTISPÉCIALISTE
Zepros 17 | Septembre 201916
« D
errière ce mur, on réinvente le bricolage»... À l’image d’Ikea, de Décathlon ou encore de Zara, le britannique Kingfisher doit repenser son écosystème face à l’explosion des market- places. Depuis mi-août, le n° 1 eu- ropéen du bricolage s’affaire à im- planter un magasin GoodHome d’environ 500 m² à Saint-André- lez-Lille, à proximité du siège so- cial de sa filiale hexagonale (Cas- torama, Brico Dépôt). Avant l’été, deux premiers GoodHome avaient déjà ouvert au sud de Londres par B&Q (filiale de King- fisher et leader sur le marché an- glais du bricolage).Au nord de Lille, ce “GoodHome par Castorama” devrait être un format express comme ses cou- sins londoniens. Il sera mitoyen d’un point de vente O’Terra (en- seigne alimentaire en circuit court) et d’un McDonald’s. D’ail- leurs, la chaîne de restauration rapide a, en partie, inspiré le nou- veau concept GoodHome. À l’en-
trée du magasin, la version an- glaise propose un écran tactile pour passer commande avant de retirer les produits au comptoir.
Une autre zone est dédiée à l’es- pace Projets. Quant aux artisans, ils disposent également leur pro- pre zone Comptoir.
En mode citadin et click & collect
Les deux GoodHome londoniens de 500m² de vente alignent ac- tuellement un stock de 6 000 ré- férences. À terme, 40 000 arti- cles devraient être inscrits au
catalogue. Alors qu’en France, Castorama n’arrive pas à sortir la tête de l’eau (11 magasins sur 101 doivent fermer d’ici à 2020), ce nouveau format express et ur- bain devrait débarquer très vite à Paris, puis dans d’autres grandes métropoles. Au point de remplacer, à terme, les enseignes Castorama et de sa consœur Brico Dépôt ? Début juin, en pré- sentant la marque «internatio- nale, unique et transversale» GoodHome, Véronique Laury (alors Dg de Kingfisher) avait martelé, irritée, que ce projet
«n’est pas à l'ordre du jour. On reste Castorama et Brico Dépôt.
Ce n’est pas une nouvelle en- seigne. C'est une enseigne qui vit avec les deux autres».
Désavouée fin mars dernier par le groupe coté à la City après des résultats 2018-2019 décevants*, Véronique Laury sera remplacée, a priori, fin septembre – ou, au plus tard, au cours de l’automne –
par Thierry Garnier. À 53 ans, cet ex-directeur exécutif de Carre- four en Asie a notamment œuvré à faire sortir de terre le format Carrefour Market… l
P. Dieuzeide et S. V.
* Sur l’exercice 2018-2019, le CA conso- lidé de Kingfisher a chuté de 1,6 % à pé- rimètre constant. En France où l’activité s’érode depuis trois ans, le CA ventes a baissé de 3,4 % (- 3,7 % à périmètre comparable).
© Collinge/Kingfisher
N
ouvelle rentrée scolaire, nouveau parrain ! Après SGDB France, Chausson Maté- riaux, Barillet (Sylvalliance) ou encore PPG Distribution, entre autres, le groupe Doras reprend le flambeau pour épauler la sec- tion BTS technico-commercial“Matériaux du Bâtiment” que l’établissement dijonnais avait
ouverte en 2001. Il y a déjà quelques années, ce distributeur bourguignon (filiale du groupe Samse) avait déjà endossé le cos- tume de parrain.
C’est le 15 octobre que le lycée or- ganise sa journée de parrainage pour la promotion 2021 de cette classe de BTS qui, tous les ans, forme environ 20 jeunes. Pour
l’occasion, une centaine de per- sonnes seront présentes : étu- diants, corps enseignant, repré- sentants de la Capeb 21 et de l’Éducation nationale, mais aussi la FNBM. D’ailleurs, dans un contexte de réforme de la for- mation professionnelle et de l’ap- prentissage, son délégué géné- ral, Laurent Martin-Saint-Léon, devrait faire un point sur l’OPCO Constructys, tout en valorisant les multiples opportunités de car- rière dans le négoce.
« Cette journée permet aux diffé- rents partenaires (entreprises, étu- diants, équipe pédagogique) de se rencontrer, de créer des liens et de mettre en place des projets : stages, visites d’entreprises et/ou de chantiers, conférences sur les produits, etc.», rappelle Jérôme Martin, l’un des professeurs- coordinateurs de ce BTS. lS. V.
PARRAINAGE
Doras avec le lycée “Les Marcs d’Or”
ARRIVÉE D’UN FORMAT EXPRESS DE GSB
En France, GoodHome prépare son entrée près de Lille
À nouveau sponsor auprès du Dijon FCO pour la saison 2019-2020 de Ligue 1 Conforama, Doras soutient aussi la “promo” 2021 de futurs né- gociants en cours au lycée dijonnais.
Pour lire l’article inté- gral, flashez le QR code
© Groupe Doras
Situé au nord de Lille, le premier site français “GoodHome par Casto”
pourrait ouvrir cet automne. Ciblant particuliers et pros, c’est un mélange de Screwfix, B&Q, McDo et d’un peu de Casto.
À Wallington et Croydon, près de Londres, les 2 “GoodHome by B&Q”, de 500 m², disposent d’environ 100 m² de vente et sont ouverts de 7 h à 20 h. Avec leurs écrans pour des “order express”, on se croit presque dans un McDonald’s pour acheter 6 000 articles en disponibilité immédiate, et plus de 20 000 à J+1 en click & collect ou livré. Outre la zone “Projet”, il y a un comptoir pro. Une dizaine de vendeurs anime le magasin.
EN RÉGION PARISIENNE
Brico Cash propose la “quantité chantier”
S
ur l’Île-de-France, les Mous- quetaires passeraient-ils à l’attaque ? Au cours de l’été, le groupement coopératif qui détient entre autres Bricomarché et Bri- corama, a annoncé avoir ouvert son 3eBrico Cash francilien. Déjà présente à Montgeron (91) et Meaux (77), l’enseigne discount de bricolage s’est installée à Saint- Mard (77), une commune en plein essor et proche de l’aéroport de Roissy-Charles De Gaulle. Selon le franchiseur, il s’agit du «premier dépôt implanté suivant le modèle établi par le concept de l’enseigne».Ce Brico Cash “grand format” dis- pose d’une surface de 5 000 m² dont 2 900 m² de zone chaude et 2 690 m² de cour matériaux.
Souhaitant cibler notamment les artisans, il propose 12 000 réfé- rences «en quantité chantier». Il décline aussi les services déjà dé- ployés dans les 26 autres maga- sins que le discounter recense dans l’Hexagone : l’ouverture de
compte professionnel, la livraison sur chantier, la location de ca- mionnette et de matériel via un partenariat avec Tool Matic (marque exclusivement distribuée par le réseau), la menuiserie sur mesure (fenêtres et portes de pla- card), la livraison de béton prêt à l’emploi sur chantier, l’étude pour planchers béton et enfin une ma- chine à teinter. D’ici à cinq ans, Brico Cash vise une centaine de points de vente en France. lS. V.
Avec près de 2 700 m² de cour matériaux et des services dédiés, le 3eBrico Cash francilien cible en particulier les pros sur un marché déjà très concurrentiel.