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Changement d'échelle en élevage : les limites de l'approche agrégative

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: hal-01210737

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01210737

Submitted on 5 Jun 2020

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Changement d’échelle en élevage : les limites de l’approche agrégative

Philippe Faverdin, Mathieu Vigne

To cite this version:

Philippe Faverdin, Mathieu Vigne. Changement d’échelle en élevage : les limites de l’approche agréga-tive. Efficience des Productions Animales, Dec 2014, Montpellier, France. �hal-01210737�

(2)

L’efficience environnementale en élevage

face aux changements d’échelle

Philippe FAVERDIN, Mathieu VIGNE

UMR PEGASE, INRA St-Gilles UMR SELMET, CIRAD La Réunion

(3)

Gaz à effet de

serre :

les vaches en

position

(4)

De multiples postes d’émission

et de nombreuses interactions

De nombreuses sources d’émissions Des gaz émis par plusieurs postes Des postes émettant plusieurs gaz

(5)

4

Sources d’émissions de gaz à effet

de serre sur l’exploitation

CH

4 Fermentation entérique

Gestion des déjections (bâtiment, stockage, traitement)

CO

2 Ressources énergétiques fossiles (fuel, électricité)Intrants des cultures (phytos, engrais, semences) Intrants de l’élevage (alimentation, litière, animaux) "Énergie grise" des agroéquipements et bâtiments

Stockage de Carbone

-+

N

2

O

Fertilisation minérale

Engrais de ferme (pâturage et épandage) Déposition et lessivage

+

+

+

PRG : 21 (25) PRG : 310 (298) PRG : 1

(6)

Les différentes échelles du problème

Territoire,

pays

Exploitation

Animal…

Connaissances

Compréhension des processus

Lien avec les impacts et les ressources

Prises de décisions = Possibilités d’action!

Vers quels systèmes demain pour mieux gérer les risques environnementaux avec une bonne efficience de production ?

(7)

Le changement d’échelle à

l’épreuve des solutions

(8)

Niveau animal :

Bilan couplage-découplage N et C

et émissions

(9)

La prairie et les cultures couplent N et C grâce à la photosynthèse La digestion microbienne découple en partie C et N : émission de CO2, de CH4, production NH3 transformé en urée Lait et viande : exportations avec C et N couplé

Dans les fèces, N et C sont encore couplés, mais peuvent évoluer

Dans l’urine, N urée est très important et n’est plus couplé au C Ammoniac ou nitrate Effluents : découplage C-N (ou recouplage)

Les animaux découplent largement le

carbone et l’azote couplés par les plantes

Métabolisme énergétique

(10)

Efficience à l’échelle animale :

un plaidoyer pour la spécialisation laitière

(11)

Efficacité : un pladoyer pour la

spécialisation laitière

(12)

Bilan C annuel d’une vache laitière dans un

systèmes herbager et dans un système ration

complète ensilage de maïs

C ingéré 2705 kg/an 3574 kg/an C CO2 1389 (51%) 1351 (38%) C CH4 106 (4%) 134 (4%) C urine 37 (1%) 33 (1%) C fèces 669 (25%) 1271 (36%) C lait 505 (19%) 717 (20%) C gestation GPV 20 (1%) 31 (1%) Lait produit 7500 kg/an 10500 kg/an (Maxin et al, 2007)

(13)

En conclusion au niveau animal

• Une logique d’intensification à l’animal :

utiliser des vaches fortes productrices

• Plutôt des régimes conservés à base

d’ensilage de maïs bien complémentés

– L’efficience d’utilisation de C et N vers le lait sera

accrue

– Le découplage de C et N au niveau des effluents

sera réduit, moins de perte de N urinaire

• Faut-il donc promouvoir des systèmes laitiers

avec des vaches fortes productrices

(14)

Niveau exploitation :

Bilan couplage-découplage C et N

et pertes vers l’environnement

(15)

Un plaidoyer pour l’intensification des

systèmes de production

Herrero et al., 2013 Emissions de GES (en kg CO2e/kg de protéines animales)

(16)

Les émissions de méthane des

systèmes laitiers

(17)

A l’échelle exploitation laitière

les émissions globales de GES sont

peu liées au niveau de production laitière

Source : Hacala et al, 2006

Il reste à préciser la compensation possible

par le stockage de carbone par les prairies

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 3 000 4 000 5 000 6 000 7 000 8 000 9 000 10 000

Lait équivalent CO2/l lait

Production laitière (l lait/VL.an)

(18)

Comment traiter le problème de la

co-production lait viande ?

4 méthodes de calcul (Cederberg et Stadig 2003)

• Aucune allocation

– Tout est censé n’être destiné qu’à produire du lait (approche de l’article de Capper)

• Allocation économique

– Allocation des émissions basée sur le prix du produit lait et viande

• Allocation biologique

– Allocation basée sur les besoins biologique pour produire le lait et la viande

• Extension du système

– Il n’y a pas d’allocation. La méthode essaye de prévoir comment produire la même quantité de viande dans des systèmes spécialisés viande si l’on produit plus de lait et moins de viande dans les systèmes spécialisé lait

(19)

Analyse des productions des systèmes

de départ produisant lait et viande

(20)

La méthode de prise en compte de la viande

change beaucoup l’Empreinte carbone du lait

(21)

Efficience à l’échelle des systèmes : Resituer les

fonctions de l’animal dans les systèmes agro-pastoraux

• Multiple rôle de l’élevage : Force de travail, Capital économique, Transfert de fertilité, …

• Impact de l’intégration agriculture-élevage sur l’efficience énergétique de système d’élevage périurbains et agro-pastoraux (n=32) au Burkina Faso (Benagabou, 2013)

– Productivité faible : 1 l.VL-1.j-1

– Rôle primordial de la fumure organique : 80-98% des sorties énergétiques à l’échelle de l’animal

=> L’intégration agriculture-élevage au cœur de l’efficience des systèmes

IAE = f (% besoins en funure organique couverts par

l’exploitation, %besoins fourragers couverts par l’exploitation; % besoins en traction animale couvert par l’exploitation)

(22)

En conclusion au niveau

systèmes de production

• Une logique d’intensification à l’animal qui

n’apparaît plus aussi évidente

• Un avantage plus net pour les systèmes

herbagers que pour les systèmes à base

d’ensilage de maïs à même contexte

pédoclimatique

• L’intégration agriculture-élevage et le

recouplage rapide du cycle C sont des

facteurs d’efficience au sein de l’exploitation

• Ces avantages sont-ils toujours conservés à

(23)

Niveau territoire, pays :

Assembler les systèmes de production

pour construire la cohérence

Intensifier et spécialiser

(24)

Empreinte carbone : un pladoyer

pour la spécialisation laitière

(25)

Agabriel, 2010

Deux populations spécialisées et plus productives

Poids carcasse vaches réformes Charolaises

+ 60 kg en 30 ans

Spécialisation et intensification des

productions bovines sans modification du

rapport de production Viande/Lait

0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 1970 1980 1990 2000 2010 + 103 kg lait/an Données Eurostat kg /t ê te /a n Lait produit/vache laitière présente

(26)

Moins de vaches laitières : la race

normande grande perdante!

(27)
(28)

La spécialisation laitière n’a pas modifié la

production de viande bovine par animal

0 50 100 150 200 250 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 Année P ro d u c ti o n v ia n d e é q u iv a le n t c a rc a s s e (k g /a n im a l/ a n

) Production par vache

Production par bovin

(29)

y = -0.1x + 853.2 y = -1.5x + 659.6 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Année E m is s io n d e m é th a n e ( k g ) Méthane kg/T viande EC méthane kg/10T de lait

Emissions de méthane

(30)

Modèle de démographie et des productions

du cheptel bovin français

Démographie (catégories stat.) Productions - Lait - Carcasses - Export vif Emissions GES Facteurs émissions (kg eq CO2/tête/an)

Productivité laitière (kg lait/tête/an)

Poids carcasse (kg eq carc/tête/an)

Temps présence (nb jours/tête) Etat stationnaire 100 JB abattus 18 mois 100 JB 0-1 an 50 JB 1-2 ans (Puillet et al. 2012)

(31)

Intensification troupeau laitier : émissions directes

GES VL compense

GES VA

Peu d’intérêt

intensification si

productivité numérique

(Puillet et al. 2012)

(32)

Mixité troupeau laitier : émissions directe

GES VA ne compense

pas

GES VL

Compensation GES

VL

forte

GES VA

car + viande en N

(Puillet et al. 2012)

(33)

En conclusion

• Les GES : Même si l’impact est global, les

conclusions à l’échelle de l’animal ne sont pas

extrapolable à des échelles supérieures

• La spécialisation et l’intensification animale

n’améliore pas forcément l’émission de GES

contrairement à ce qui est souvent écrit

• L’amélioration de la production de viande pourrait

être plus intéressante que l’amélioration de la

production de lait

• Comment améliorer : Approche bottom-up ou

top-down ?

(34)

Quelle démarche adopter entre

niveaux d’organisation pour

résoudre les problèmes de

l’adaptation ?

(35)

Les difficultés du challenge

• Prendre en compte la finitude des

ressources

• Prendre en compte la diversité des objectifs

• Prendre en compte l’interdépendance

directes et indirectes des systèmes

• Prendre en compte la dynamique

• Intégrer les mécanismes sociaux

(36)

L’évaluation est multicritère mais constituée

d’un ensemble de dilemmes

Réduire l’emprise Diminuer la charge (N, pesticide) /ha

Qualité de l’air Qualité de l’eau

Valeur nutritionnelle

et sécurité Valeur hédonique

Spécialisation de métiers (production)

Pluriactivité (Services)

Libérer du temps Augmenter

les profits

• Pas de réponse globale • Le contexte est essentiel

Anaérobie

(N2, mais CH4)

Aérobie

(37)

La production animale, grosse

consommatrice d’aliments et de surfaces…

Alimentation Animale Rapport AFSSA , 2000 Alimentation animale

(38)

… mais pas toujours

en compétition avec l’homme

• Toutes les surfaces ne sont pas cultivables pour des produits végétaux

destinés à l’homme

• L’homme ne valorise que les fruits, tubercules et racines des plantes, délaissant les parties cellulosiques essentiellement valorisées par les ruminants

• Les monogastriques valorisent mieux les ressources « en compétition avec l’homme que les ruminants

• L’utilisation de surfaces prairiales offre d’autres services écosystémiques et paysagers dans les territoires.

(39)

… mais pas toujours

en compétition avec l’homme

• Toutes les surfaces ne sont pas cultivables pour des produits végétaux destinés à l’homme

• L’homme ne valorise que les fruits, tubercules et racines des plantes, délaissant les parties cellulosiques essentiellement valorisées par les ruminants

(40)

Les performances du système

alimentaire, comment optimiser ?

Le système alimentaire mondial

(Jean-Louis Rastoin, Gérard Ghers, 2010, QUAE Ed.)

1/ Fixer des objectifs permettant de Satisfaire au mieux les besoins en valorisant au mieux l’ensemble des ressources

Pertinence

Niveau d’organisation élevé vers des niveaux inférieurs

2/ Compte tenu de cette pertinence qui aura alloué des ressources, comment les valoriser au mieux dans chaque système

Efficience

Niveau d’organisation bas

3/ Vérifier que les résultats ainsi obtenus sont cohérents avec les objectifs.

Indicateurs pertinents

Efficacité

Niveaux d’organisation bas vers des niveaux supérieurs

(41)

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