A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B
F RANÇOIS B LANCHARD
Conditions d’isomorphisme des flots spéciaux
Annales de l’I. H. P., section B, tome 11, n
o2 (1975), p. 173-185
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Conditions d’isomorphisme
des flots spéciaux
François
BLANCHARD(*)
Laboratoire de Calcul des Probabilités, Université Paris VI, 4, place Jussieu, Tour 56, 75230 Paris Cedex 05
Vol. XI, n° 2, 1975, p. 173-185. Calcul des Probabilités et Statistique.
ABSTRACT. - For two
special
flows to beisomorphic,
theautomorphisms
on which
they
are built must haveisomorphic
inducedsystems.
It is shown that two
special
flows onisomorphic
bases areisomorphic
if and
only
if a measurable function u can be found such thatwhere
f and g
are theceiling functions,
and i is theisomorphism
of thebases.
1. INTRODUCTION
Le théorème d’Ambrose-Kakutani
[1]
ne donne pas unereprésentation unique
d’un flot propre comme flotspécial :
laquestion
se pose donc de savoirquelles
relations existent entre les diversesreprésentations spéciales
d’un même
flot;
le cas leplus
clair à cetégard
est celui des processus ponc- tuelsstationnaires,
dont on connaît unereprésentation canonique (Hanen [7]) qui
n’est pas celle d’Ambrose-Kakutani. D’un autrecôté, Krieger [10]
a récemment établi
l’équivalence
del’isomorphisme
faible des automor-phismes
detype IIIo,
avecl’isomorphisme
des flotsspéciaux, cependant
que(*)
Équipe
de Recherche n° 1 « Processus stochastiques et applications » dépendant de la Section n° 1 « Mathématiques, Informatique » associée au C. N. R. S.Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B - Vol. XI, n° 2 - 1975. 12
174 F. BLANCHARD
Comes et Takesaki
[4]
donnaient unecorrespondance
entre flotsspéciaux
et facteurs de
type IIIo.
On trouvera ici une condition nécessaire et suffisante
d’isomorphisme
de deux flots
spéciaux, qui s’exprime
sous forme d’une condition sur lessystèmes dynamiques
de base : l’existence d’induitsisomorphes, qui
a éténotée par Kakutani
[8], puis
par A. Connes[2],
et d’une condition d’homo-logie (à
cetisomorphisme près)
des fonctionsplafonds (§ 4).
Ellepermet
ensuite de construire des flotsisomorphes
à un flot donné(§ 5).
Les
exposés
de Lazaro etMeyer [11]
ont été fortement mis àcontribution;
la construction
qu’ils
donnent des flotsspéciaux
serévèle,
àl’usage,
extrê-mement commode pour les démonstrations de mesurabilité et de conser-
vation de la mesure; elle
permet
d’abandonnerl’hypothèse,
souventgênante
que la fonction
plafond
est bornée inférieurement par un réelpositif;
le théorème 3
ci-après
est, en ce sens,plus
fort que le théorème 1 de Gure-vic [6],
dont il estinspiré,
etpermet
de rendrecompte
desisomorphismes
des processus
ponctuels
considérés comme flotsspéciaux
au-dessus de leurmesure de Palm.
L’idée d’abandonner cette
hypothèse
sur unpoint particulier
se trouvechez Hanen
[7],
p. 27.Je remercie MM.
Ledrappier
et Neveu pour de fructueuses discussions.2. NOTATIONS ET RAPPELS
Soit
(Q, j~, J1)
un espace deLebesgue
de mesure un automor-phisme
sur cet espace(bijection
bi-mesurable conservant lamesure)
quenous supposerons
conservatif,
c’est-à-dire que pour tout élément A dej~,
on a
Le
système dynamique (Q, ~,
,u,r)
sera noté enabrégé (Q, r) quand
iln’y
a pasd’ambiguïté. Soitfune application intégrable
de Q dansR+ - {0}.
Lazaro et
Meyer [11]
donnent du flotspécial (Q, é, Tt),
ou(Q, TJ,
la construction suivante :
Soit
fi
= Q x[R,
muni de la~-algèbre
j~produit
de j~ par lesboréliens,
et de la
mesurer
(8)dt,
stable par leflot Bt
des translations. On définitet
SZ =
S2o,
munie des restrictions j~ =et
=(qui
est de massetotale
finie
ainsi que du flotTt :
où k est tel que
est
isomorphe
auquotient
de(Q, et)
pour la relation ~ :(x, u’)
s’il existe k dans Z tel que
On notera que =
fi+k(x) -
On sait par ailleurs que tout flot
spécial
est un flot mesurable(Lazaro
et
Meyer [11], II,
p.6).
Si l’on se donne un second
système dynamique (Q’, i’)
et une fonctionintégrable positive g,
on construira de manièreanalogue
le flot(SZ’, T;).
Soit 03C6
unisomorphisme
de(Q, i)
dans(Q’, r’).
DÉFINITION. - Une
application C
deQ
dansQ’,
est ditecompatible
avec
l’isomorphisme 03C6
si pour tout élément(x, t)
deQ,
il existe un entierrelatif k tel que :
ou, de manière
équivalente,
Nous
appellerons isomorphisme
de deux flotsspéciaux
unebijection bi-mesurable,
conservant la mesure etéchangeant
lesflots,
entre NC etN ~~,
N et N’ étant des
parties négligeables
defi
etQ’,
invariantes par le flot et mesurables.3. CONDITIONS SUR LES BASES
Soit
(Q, Tt)
et~SZ’, T;)
deux flotsspéciaux isomorphes
parD,
de bases(Q, i)
et
(Q’, z’)
définisrespectivement
sous les fonctionsf
et g.On dira que A E j~ est un sous-ensemble exhaustif de Q
(« sweep-out
set »,
Krengel [9]),
siVol. XI, n° 2 - 1975.
176 F. BLANCHARD
Si nous utilisons la définition
classique
del’automorphisme
induit(Kaku-
tani
[8],
ou Friedman[5],
p.13),
nous dirons par extension que l’auto-morphisme
iA induit par i sur A est exhaustif si A est exhaustif.Le résultat suivant a été énoncé par Kakutani
[8]
et retrouvé par A. Connes[2]
par de tous autres moyens. J’en donne ici unedémonstration.
THÉORÈME 1. - Si deux flots
spéciaux
sontisomorphes,
leurssystèmes dynamiques
de base ont des induitsisomorphes,
etl’isomorphisme
desflots est
compatible
avec celui des bases.Démonstraiton. Posons :
1)
Pardéfinition,
A’ est laprojection
sur Q’ de l’ensemble mesurableC(E
xf 0 ~),
où E est lapartie
de Q sur lespoints
au-dessus delaquelle ~
est défini. A’ est donc
mesurable,
et le mêmeargument
vaut pour A.A est exhaustif pour i : en
effet,
soit x E E :O(x, 0)
EQ’,
etd’après
lespropriétés
élémentaires des flotsspéciaux (Lazaro
etMeyer [11], II),
ilexiste presque sûrement un
point
x’ tel quedonc il existe un entier
positif k
tel que03C4-kx
e A. Donc~03C4nA
= Q p. s.,et, comme A est
mesurable,
est nécessairement non nulle.2)
Montrons maintenant que les induits etr~
sontisomorphes.
A tout élément x de
A,
on faitcorrespondre l’unique
élément de A’tel que
ou bien
ce
qui
entraîneque 03A6
seracompatible
avec03C6.
(/?) ~
est unebijection,
car si l’on définitl’application ~’ :
:~’ o ~
estl’application identique
de E.(~) ~
est mesurable :~(~) peut
se définir comme laprojection
sur Q’de
0),
donc commeproduit d’applications mesurables;
il en est demême
de ~ -1.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
(c) l/J
conserve la mesure. Soit sur A la fonctionpositive u(x)
=proj R 4Y(x, 0).
Elle est mesurable et l’on a
Tt { 0 ~ - t).
Pour toute fonction
positive
h min( f, g
ol/J),
le sous-ensemble deA,
B
= { (x, t) :
x EA,
t~ h(x) ~
a pour mesure Parailleurs,
JA
et, comme
h _ g
o~,
ce dernier terme estu étant
mesurable,
on a :Or le dernier terme vaut :
Donc
du fait
que f et g
sont strictementpositives, l’égalité
segénéralise
immédia-tement à toute fonction h
intégrable,
et enparticulier
aux indicateursd’ensembles. 03C6
conserve bien la mesure.(d) Enfin, 03C6
o TA =03C4’A’ 03C6.
Soit k etk’
lesplus petits
entierspositifs
tels que,
respectivement, ~kx
E A et o4J(x)
E A’ : par définition del’induit, ikx
= 03C4Ax et03C4’k’(03C6(x)) = 03C4’A
o et parailleurs,
si n’était paségal
à~’k~x’, d’après
la définition de4J,
il existeraitko k, positif (ou
bienko k’),
tel queikx
E A(resp. i’k~(~(x))
EA’).
Donc =-r,k’
o4J(x),
ce
qui
établit le résultat.Soit
m(x)
le nombre de sautsnécessaires, partant
d’unpoint
deA,
pourrevenir dans A :
1 est récurrent
donc,
A étant de mesurepositive,
on sait que n est fini p. s.A f,
on associe la fonctionpositive fA
ainsi définie :(que
nousappellerons
fonction induite def
par i surA).
Vol. XI, n~ 2 - 1975.
178 F. BLANCHARD
Le résultat suivant est
classique (cf.
Chacon[3]).
THÉORÈME 2. - Si A est exhaustif pour T, le flot
spécial (À, ~)
construitsur
(A, ï~)
sous la fonction/~
estisomorphe
au flot(Q, T,)
sousf.
Démonstration. - Soit = min C’est une
appli-
cation mesurable de Q dans Fà. Posons
Cette
application
defi
dansÀ
peut sedécomposer
comme suit : soitl’isomorphisme canonique
deQ
dans =n)
est inclus dansÀ,
et ~P
peut
s’écrireA
partir
delà,
il est facile de vérifierque
est unisomorphisme.
Grace aux théorèmes 1 et
2,
onpeut toujours
se ramener à un isomor-phisme
de flotsspéciaux compatible
avec unisomorphisme
des bases.Si la définition d’un
automorphisme
induit sur toutepartie
mesurablenécessite la conservativité de i, en
revanche,
onpeut
définir un induitsur un
sous-ensemble,
pourvuqu’on
y revienne au bout d’untemps fini,
sans que i soit nécessairement conservatif. D’où la nécessité du lemme
suivant, lorsque
nous construirons unautomorphisme ayant
un induit donné.LEMME 1. - Soit ,u une mesure a-finie sur
(Q, j~), r
unautomorphisme
de cet espace
mesuré,
A un sous-ensemble exhaustif pour T.1)
TA est conservatif si et seulement si T estconservatif;
2)
Soit Tconservatif;
iA estapériodique
si et seulement si T estapério- dique.
Ebauche de démonstration :
1)
Si iA estconservatif,
pour E Ej~,
soitOn montre que :
La
réciproque
résulte de la conservativité de i,appliquée
auxparties
mesu-rables de A.
2)
La démonstration est donnée parKrengel [9],
p. 164.Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
4. CONDITION D’ISOMORPHISME DE DEUX FLOTS
SPÉCIAUX
AU-DESSUS DE DEUX BASES ISOMORPHES
Si 0 :
(Q, Tt)
-(S~’, T;)
est unisomorphisme
et(Q, i)
--~(Q’, i’)
est celui
qu’on
obtient àpartir
de 0 par la méthodeemployée
dans ladémonstration du théorème
1,
il est facile de voirqu’il
existe une fonction umesurable sur
(A, d A)
telle que :(c’est
exactement la fonction u définie dans la secondepartie
de cettedémonstration).
Enfait,
onpeut
montrer un résultatplus
fort : il en est de mêmequel
que soitl’isomorphisme 03C6
entre les deuxbases,
pourvuqu’existe
entre les flots définis resp. au-dessusde f et de g
unisomorphisme compatible avec ~ ;
et deplus,
la condition(2)
est suffisante.Dans le cas où les bases de deux flots sont les
mêmes,
et est l’iso-morphisme identité,
la formule(2)
devientNous dirons dans ce cas que
f et g
sonthomologues
pour l’automor-phisme
i.Voici maintenant un résultat
qui
étend le théorème 1 deGurevic [6].
THÉORÈME 3.
2014 Soit ~ : (Q, i)
-(Q’, ~’)
unisomorphisme
au senslarge
de deux
systèmes dynamiques, (D, Tt)
et(S2’, T;)
les flotsspéciaux
construitsrespectivement
sous les fonctionsf
et g. S’il existe uneapplication
mesu-rable u de Q dans
R,
telleque f
et g vérifientil existe
(hors
d’un ensemble1-négligeable)
uneapplication 03A6
deQ
dansQ’,
compatible avec ~
etqui
est unisomorphisme
des flots.Démonstration. -
1 ) L’application t)
=T r + n(x~(~(x), 0)
est unebijection (hors
d’un ensemblenégligeable).
La démonstration en est pure- menttechnique,
la voicicependant
à titred’exemple;
soit :Vol. XI, n° 2 - 1975.
180 F. BLANCHARD
où k est tel que gk o +
u(x)
gk+ 1 et parconséquent
ce
qui
sesimplifie
enoù j
est tel queOr la relation
(2) implique
ce
qui, reporté
dans(5),
donne la conditionsur j :
Mais,
pardéfinition, 0 t f (x)
et, parapplication
de la relation(1),
En combinant
(6)
et(7),
ilvient : j
= - k et,reporté
dans(4),
celaimplique
que
Par
ailleurs, 0
commute avec le flot : pour(x, a) donné, T,(x, a)
se décom-pose en un nombre fini
d’applications
de la formea),
ou de la formea)
avec0 _ a + 03B2 ~ f(y), que 03A6
transforme chacune en la trans-lation
correspondante
deT’;
la démonstration est dansl’esprit
de cellequi précède.
On a donc obtenu une
application
deil
dansD’, compatible
avec03C6, bijective
etéchangeant
les flots. Grace à la mesurabilité des flotsspéciaux,
~ et son inverse sont mesurables.
2)
Reste à montrerque 03A6
conserve la mesure.Soit E une
partie
mesurable deQ,
que nous considérerons aussi comme sous-ensemble deQ.
SoitLa famille
(Ek, -
oo k +oo)
constitue unepartition
mesurable de E.En se
plaçant
dansQ, t) E Qk quand (x, t)
EEk,
etcar la mesure de
Lebesgue
dusegment
de fibre au-dessus dupoint
a~ estconservée par la translation
L’application §
deQ
dansQ’ : t)
=t), produit
cartésienpar
l’identité,
est unisomorphisme
et par définition de o8_,~(Ek)
EQ~;
enfin
l’application
deQ~
dansQ’ : ~3’ k (Y ) , v - (r~ ~ - est
un iso-morphisme. Comme 03A6|Ek
=Ou, et que 03A6
est unebijection,
On a donc dès maintenant le résultat
suivant,
en associant les théo- rèmes 2 et 3 : si les bases de deux flotsspéciaux
ont des induits exhaustifsisomorphes,
il suffit pour que les flots soient eux-mêmesisomorphes
que les fonctions induites des fonctionsplafond
vérifient la relation(2).
La condition que vous venons d’énoncer est
également
nécessairequand
iest
apériodique (on
sait grace au lemme 1qu’il
estéquivalent
de supposer iAapériodique).
THÉORÈME 4. - Soient
(Q, i)
et(Q’, i’)
deuxsystèmes dynamiques apério- diques, 03C6 : (Q, i)
~(Q’, i’)
unisomorphisme.
S’il existe uneapplication C compatible
avec~,
presque sûrement définie deQ
dansQ’, qui
transformeTB
enT;,
il existe une fonction mesurable u surQ,
telle queDémonstration.
~, compatible
avec est de la forme :Soit XE Q :
1)
Soient a et b deux réelspositifs,
inférieursà f (x).
Hors d’unensemble
7-négligeable,
Donc :
ou
Le second membre s’écrit
pour une certaine valeur de k. T’est comme T
apériodique,
donc(8)
entraîneque
sur le
segment [0, .f(x)[ pour
-presque tout x.2)
Parailleurs,
Vol. XI, n° 2 - 1975.
182 F. BLANCHARD
ce
qui
s’écrit encoredonc ~ ===~ + 1, et
soit
3)
On notera que u est mesurable sur(Q, A).
Eneffet,
la restriction de 03A6 à l’ensemble Qx ~ 0 ~ :
reste une
application
mesurable de cet ensemble dans unepartie
deQ’,
c’est-à-dire que est uneapplication
mesurable de(Q, ~)
dans lui-même,
ett’( . )
de(Q, si)
dans (~.La mesurabilité de
ik~ v( . )
entraîne celle de k :qui
est l’ensemble des invariants d’unendomorphisme
sur un espace deLebesgue,
est mesurable.Par
conséquent,
est mesurable.
Remarques.
-1 )
Soit J la sous03C3-algèbre
de A des événements inva- riants par L. Si les flots(Q, Tt)
et(0’, T;)
sontisomorphes
de manièrecompatible
aveccp,
on montrefacilement,
que L soitapériodique
ou non,que
Or,
si T n’estapériodique
que sur unepartie négligeable
deQ,
cette conditionest
suffisante;
eneffet,
sur l’ensemble invariant où T estpériodique
depériode
n,vérifie
avec f la
relation(2’);
or,(2’)
est une relationd’équivalence
compa- tible avec l’addition desfonctions,
et il suffitd’appliquer
le théorème 3 pour obtenirl’isomorphisme
des flots.Par contre, dans le cas
général, (9)
n’entraîne pas(2’).
La remarque suivante fournit descontre-exemples.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
2)
Le théorème suivant est bien connu desergodiciens quoique
nonpublié
à ma connaissance. Sapartie directe,
laplus intéressante,
s’obtientpar un
simple calcul,
laréciproque
est uneapplication
immédiate du théo-rème 3.
THÉORÈME 5. - Si
(Q, i)
est unsystème dynamique ergodique,
les deuxpropriétés
suivantes sontéquivalentes :
a)
le flot(Q, Tt)
sous la fonctionf
n’est pas faiblementmélangeant;
b) f (x)
vérifie la relation(2’)
avec une fonctionan(x), a réel, n(x)
à valeursentières.
Les théorèmes 3 et 4
permettent
del’interpréter
comme suit : tout flotspécial ergodique ayant
des valeurs propres estisomorphe
à un flotspécial
sur la même
base,
sous une fonctionplafond
à valeurs dans un ensembleen
progression arithmétique.
3)
Dans les notationsdu § 3,
les fonctionsf et fA -
={fA 0
0 sur sur AcA
sont homo-logues,
c’est-à-direqu’elles
vérifient la relation(2’).
5. CONSTRUCTION DE FLOTS
SPÉCIAUX
ISOMORPHES A UN FLOTSPÉCIAL DONNÉ
Grace aux résultats
obtenus,
nous allonspouvoir
construire àpartir
d’un flot
spécial
donné des flotsspéciaux qui
lui sontisomorphes.
Soit
(Q, i)
unsystème dynamique, f
une fonctionpositive intégrable,
(Q, Tt)
construit sousf ;
on choisit unepartie
exhaustiveA,
et on construit(À, 9t)
sur(A, ~A)
sous lafonction fA, puis (A’, 9r~
sur une baseisomorphe
à
(A, iA) et
sous une fonction gA, vérifiant avecfA
la relation(2).
Il nousfaut maintenant
obtenir,
àpartir
d’unsystème dynamique donné,
d’autressystèmes
dont celui-ci soit l’induit.A. Construction de
systèmes dynamiques ayant
un induit donnéCette construction par la méthode des
piles
estclassique;
Chacon[3]
en donne l’ébauche.
On se donne un
système dynamique (Q, i)
et uneapplication
mesu-rable
n(x)
de Q dans l’ensemble des entierspositifs
ou nuls. SoitVol. XI, n° 2 - 1975.
184 F. BLANCHARD
et soit
A~
unecopie
deA~,
dont les éléments seront notés Xh x étant l’élé-ment de Q
dont xi
est lacopie.
Chacun des ensemblesA;
est muni de la03C3-algèbre Ai
induite parA,
et de la mesure i restriction de ,u àAi : (Ao,
est en
particulier
unecopie
de(Q, j~, J1).
Sur(A~
+A~
+ ...A~
+
..., ...Et)
..., po Et) ... J1k @... )
que l’onnotera
(An, dn, n), où n
est elle aussi6-finie,
nous définironsl’application i
comme suit :
Il est facile de démontrer que
~n
est unautomorphisme,
et estisomorphe
à 03C4 parl’application
xo x. Grace à lapremière partie
dulemme
1,
si i estconservatif, in
l’est aussi.B. Construction d’un flot
spécial
Appliquons
la constructionprécédente
à(A’, i~,,~,
de la manière suivante : soitho = 0, h1, h2,
..., une suite infinie de fonctionsmesurables, intégrables, positives
surA’,
croissant vers + oo en presque toutpoint
etn(x)
l’indice(fini)
de ladernière
d’entre elles à être inférieureà f (x)
aupoint
x.On construit
iÂn~ - (Q’, T’)
et on définitgA, est bien la fonction induite
de g
parT’
surA’ = Aô,
tellequ’elle
estdéfinie
au §
3.D’après
le théorème2,
le flot construit sur(A’, iÂ,~
sous gA,, est doncisomorphe
au flot construit sur(Q’, i’)
sous g.Sur la notion
d’homologie.
Dansl’esprit
de cequi précède,
on remar-quera la
propriété
suivante : soit 03A6 unisomorphisme
de(Q, Tt)
dans(Q’, T;);
il
permet
d’introduire sur(Q
Q+Q’, d EB d’, Il
@ unautomorphisme
à
partir
de l’ordre de succession despoints (x, 0) 0)
sur uneorbite du flot
Tt.
T et
T’ apparaissent
comme les induits de T~, sur desparties
de Q 0Q’,
ce
qu’avait
noté , Kakutani ,[8].
Les fonctionsf = ~ ~ 0 , f
sur Q ~ etg,
définiesur Q’
de manière
analogue,
sont alorshomologues
pourl’automorphisme
i~.L’homologie
des fonctionsf
et g, surl’espace
Q Q+ Q’ et pour un auto-morphisme ayant
T et r’ pourinduits,
est donc nécessaire et suffisante pour que les flotsspéciaux correspondants
soientisomorphes.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section
BIBLIOGRAPHIE
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(Manuscrit t reçu le 7 février 1975 ~
Vol. XI, n° 2 - 1975.