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’CONSIDERATIONS GENERALES
SUR
L^EPITHELIOMA
^
DE LA VERGE
ET SUR SON TRAITEMENT CHIRURGICAL
PERSONNEL DE LA FACULTÉ
MM. MAIRET Doyen
FORGUE.
AssesseurPROFESSEURS
Hjgiène
MM.
BERTIN-SANSf-^ÿ)Clinique médicale
GRASSET
Clinique chirurgicale
TEDENAT.
Clinique obstétricale et gynécologie
GRYNFELTT.
— —
ch. du cours, M. PuechThérapeutique et matière médicale
HAMELIN
(*).Clinique médicale
CARRIEU.
Clinique des maladies mentales et nerveuses
MAIRET
(•^).Physique médicale
IMBERT.
Botanique ethistoire naturelle médicale
GRANEL.
Clinique chirurgicale
FORGÜE.
Clinique ophtalmologique
TRUC.
Chimie médicale et Pharmacie
VILLE.
Physiologie
HEDON.
Histologie
VIALLETON.
Pathologie interne
DUCAMP.
Anatomie .' GILIS.
Opérations et appareils.'
ESTOR.
Microbiologie
RODET.
Médecine légale et toxicologie
SARDA.
Clinique des maladies des enfants
BAUMEL.
Anatomie pathologique
BOSC.
Doyen
honoraire : M.VIALLETON.
Professeurs honoraires:
MM. JAUMES, PAULET
(O.CHARGÉS DE COURS COMPLÉMENTAIRES
Accouchements
MM. VALLOIS,
agrégé.Clinique ann. des mal, syphil. et cutanées. .
BROUSSE,
agrégé.Clinique annexe des maladies des vieillards.
VIRES,
agrégé.Pathologie externe L.
IMBERT,
agrégé.Pathologie générale
RAYMOND,
agrégé.AGRÉGÉS EN EXERCICE
:MM BROUSSE
RAUZIER LAPEYRE MOITESSIER
DE
ROUVILLE
M.
H.GOT,
secrétaire.MM. PUECH
VALLOIS
MOURET GALAVIELLE
MM. RAYMOND
VIRES
L.
IMBERT
H.
BERTIN-SANS
EXAMINATEURS
DE LA THÈSE
:MM. TÉDENAT,
président.ESTOR
L.
IMBERT.
DE
ROUVILLE.
La Faculté de médecine de Montpellier déclare que les opinions émises dans les Dissertations qui lui sont pré.seutées doivent être considérées comme propres à leur auteur ; qu'elle n'entend leur donnerni approbation ni improbation.
!3
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 80
SUR
L’ÉPITHÉLIOMA
DE EA VERGE
ET SON TRAITEMENT CHIRURGICAL
THÈSE
Présentée et publiquement soutenue à la Faculté de médecine de Montpellier
LE 27 JUILLET 1901 .
H. -P. VILLA
Né à Aniane (Hérault).
PHARMACIEN
DE CLASSEPOUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR EN MÉDECINE
MONTPELLIER
IMPRIMERIE CENTRALE DU MIDI
(hamelin frères)
1901
i.
A LA MÉMOIRE
DE MON PREMIER MAITRE ET BIENFAITEUR
N »
LE DOCTEUIÎ JOULLIÉ
A M. LE PHOFESSEUK AGREGE L. 1MBES5T
PROFESSEUR AGRÉGÉ A LA FACULTÉ
A
MON PRÉSIDENT DE THÈSE
MONSIEUR LE PROFESSEUR TÉDENAT
PROFESSEUR DE CLINIQUE CHIRURGICALE A LA FACULTÉ DE MONTPELLIER
MEIS ET AMICIS
H.-P.-VILLA,
Puisque,
par cemodeste
travail sur l’épithélioma de laverge,
nous terminons nos études
médicales à la Faculté,un
devoir s’imposeavant de
quitter nos Maîtres, celui de lesremercier des soins bienveillants qu’ils n’ont cessé de
nous
prodiguer, et del’encouragement
qu’ilsnenous
ontpasménagé, pendant
ladurée de
nos études.Nous ne
saurions oublier letribut
de
‘reconnaissanceque nous devons
àM.
le professeuragrégé Léon Imbert;
c’est lui quinous
a inspiré le sujet de cette étude,dans
laquelle ilnous
a servi de guide.Nous aimons
aussi ànous
rappeler les travaux pratiques qui cou- ronnèrent son coursdu
derniersemestre
d’hiver, lesquels furentpour nous
d’excellents exercices cliniques,nous
pré- parantaux
difficultés de la carrière médicale.M.
le professeurTédenat,
qui a bien voulu accepter laprésidence
de
notre thèse, joignant à salongue
expériencele talent
que
l’on sait, n’a rien négligépour nous
instruiredans
ses leçons cliniques.Nous
leremercions
infinimentdesnombreuses
observationsVIII
qu’il a bien voulu
nous communiquer pour
la rédaction de notre travail et de la peine qu’il s’estdonnée
pour nous.M.
le professeur Ester,dans
la chirurgie infantile,M.
de Rouville,dans
ses consultations externes, ontégalement
droit à notre gratitude.Enfin, il faudrait citer tous nos Maîtres, si cela suffisait
pour nous
libérerde
la dette de reconnaissanceque nous avons
contractée envers eux.Nous
nenous
attarderons pasdavantage
etnous
allons entrerimmédiatement dans
notre sujet, après avoir dit merci à noscamarades de
toutes leurssympathies
à notre égard.$
INTRODUCTION
L’étude
du
traitement chirurgical de l’épithélioma de laverge
nous amènera
à étudier l’amputation partielle, l’ampu- tation totale, et, enfin, l’émasculation totale. C’est le planque nous
suivronsdans
notre travail ;nous
envisagerons succes-sivement
ces trois casdans
l’historique, le traitement, les indications, les suites et résultats.Pour
nous, l’amputation partielle portera surun
point quel-conque
de la verge etnon
sur leprépuce
ou le fourreaudu
pénis,
comme
le veutDemarquay.
L’amputation
totale portera sur la racine, c’estune
sorte d’extirpation de l’organe. L’émasculation totale joindra l’en-lèvement
des testicules à l’extirpation aussi complèteque
possible de la verge, selon la définition de Carboriell.#
L'
é
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
SUR
L’ÉPITHÉLIOMA
DE LA VERGE
ET SON TRAITEMENT CHIRURGICAL
HISTORIQUE
C’est le
VIt“°
siècle quinous
fournit les premiers docu-ments
sur l’amputationde
laverge;
encore présentent- ilsune
certaine obscurité et concernent-ilsune
opération qui necorrespond
qu’imparfaitement à celle quinous
occupe. C’est ainsique Paul d’Egine
propose chez leshypospades
la sépa- ration de la partie de laverge
qui est enavant du
méat. Plus tard, auXVI“®
siècle, Fabriced’Aquapendente
etAmbroise
Paré, quiconnurent
etpratiquèrent sans doute cette opération,en
parlent sansaucun
détail et sebornent
à proposer des canulespour
les opérés.Au commencement du XVII™®
siècle,Guillaume
deHilden
eut l’occasion de pratiquer cette opération. L’édition pos-thume
(il estmort
en 1634) de ses « observations cbirurgiques»—
12—
publiée en 1669, à
Genève,
contient, outre la relation de cefait,
une
planche représentant l’énormefungus chancreux
dontil
débarrassa
Pierre Perrod, maréchal, à Cresciac, prèsLau- sanne
(observationXCV, page
451). L’observation suivante(XCVI)
est intitulée: « Qu’il y adu danger en
la sectiondu
membre
viril «, et relatedeux
faits de section accidentelle de cet organe.Le second document
rencontré par ordre chro- nologique est antérieur à 1634, c’est-à-dire à lamort
de Hilden. Il contient le récit d’uneamputation
pratiquée parun
chirurgiende
Florence, aumoyen de
l’instrument tran- chant. Scultetqui le rapporte raconte,dans
lemême ouvrage
et sous le titre « observation
LX
»,une
opération pratiquée parlui-même en
1635.Si l’on parcourt les vieux
ouvrages,
on trouvedans un
livre publié en 1670 par le chirurgienDeboze
(Recueilde
1026 observations chirurgicales, chez PierreChouet, Genève
1670)deux
observations de Bartholin,dont
l’une, rapportée sur le récitde Georges
Seger, est datéede
1659.Ainsi, bien
avant Ruysch,
on avait pratiqué desamputations du
pénis, et cesamputations
avaient été pratiquéesau
bis- touri.Ce
fut lui, en effet, qui mit en pratique le long et cruel procédéde
la ligature.La
relation de l’opération qu’il prati-qua ne
parut qu’en 1691,dans un ouvrage
intituléObseroa- tionum a,na,tomiço-chirurgicarum
centuria,. Elle restalongtemps
classique, et plus tard, en 1721,quand Manget
fitparaître sa Bibliothèque, l’observation
de Ruysch
fut le seuldocument
reproduit àpropos
de l’amputation de la verge.Ce
procédé fut accepté
presque unanimement
par les plus illus- tres représentantsde
lachirurgie. Heister l’employait dès 1718, et plus tard,dans
Institutiones chirurgicæ, 1750, il publiaune
véritable professionde
foi en faveur de la ligature.En
1743,
deux
chirurgiensde
Florence, Pasquali et Philippe del Riccio, pratiquent la ligature sur unjeune homme de
dix--
13neuf ans,
dans un
casoù
la nécessité de l’araputation n’était pas trop prouvée, dit Louis.Ce
fut Palluci qui relata ce fait.Vers
la^findu XYlCl™®
siècle, la ligaturecommença
à per- dredu
terrain et les dernières relations de ligatures datent de 1828, elles appartiennent àMM.
Graefe et Binet{Revue
médicale, 1828).C'est
Ledran,
qui, en 1730, réhabilita l’emploidu
bistouridans
l’amputation de la verge.Mais que
de timiditésdans
les essais ! Cette opération n’apparaissait
que comme
héris- sée de difficultés de toutes sortes. C’étaient l'hémorrhagie,la perte
du
canal, la rétraction des tissus caverneux, et milledangers
dont les anciens auteurs avaient laissé les descrip- tions lesmoins
rassurantes. Aussi les réformateurs s’entou- rent de précautions:Warner, dans
la crainte d’unehémor-
rhagie, applique
un
tourniquet sur la racine de'la verge. Pal-luci propose de pratiquer sur les
branches du
pubis lacom-
pression des artères.
Deux remarquables travaux
paraissent presque enmême
temps
vers la fin duXVIII®
siècle, l’unen
France, deBoyer,
l’autre en Angleterre,
de Hey. Ces
auteurs, enmontrant
cette opération telle qu’elle est, ont
donné
lecoup
fatal au vieux procédé.Le mémoire de Hey
contientdouze observa-
tions
savamment commentées. Boyer,
de son côté, étudie tous lestemps
de l’opération et pose relativement àchacun
d’eux des règlesque
letemps
et l’expérience n’ont pumodi-
fier
que
bien superficiellement.Adoptée
définitivement dès lecommencement du XIX®
siècle, l’amputation par le bistouri reçut depuisnombre de
modifications sur lesquellesnous
n’avons point à insister à cette place. Qu’il suffise de rappeler lesnoms
de Blandin,Barthélemy,
Gimelle, Béclard*, Richet,Malgaigne,
MelchiorRobert
etdu
professeur Rizzoli (de Bologne).Deux noms
se rattachent encore à l’amputation do—
14—
la verge et à
chacun de
cesnoms une méthode
nouvelle :Bonnet
etChassaignac.
Bonnet
proposed’amputer
avec le fer rouge. Bartholin#
parle de cette
méthode
quoiqu’ilne
l’ait pasemployée. Malgré
les autres indications
que
l’on peut retrouverdans
Tulpius,J. Pérussin et
Marc-Aurèle
Séverin, nul ne songea,comme
dit Julien, à contester à
Bonnet
la priorité de cetteméthode.
C’est en 1849
que
les résultatsobtenus
par le professeur lyonnais furent publiésdans
la Gazette desHôpitaux
parun
de ses internes,Paul
Hervier.En
1850, Philippeaux,dans
son Traitépratique de
cautérisation, lui consacraun
arti- cle important. Sédillot préconise, en 1869, le galvano-cautère.Son exemple
a été suivi par Ollier (deLyon)
et parbon nom-
bre de chirurgiens anglais ou allemands.Vient
ensuite laméthode de Chassaignac. Les bons
effetsde l’écraseur
dans
l’amputation de laverge
ont été vantés par son inventeur, soitdans
son Traitéde Vécrasement
linéaire, soit
dans son
Traitéde médecine
opératoire.Quoique nous
n’ayons pas l’intentionde
discuter ici cetteméthode, nous
feronsremarquer
les analogies qu’elle pré- senteavec
l’opérationde
la ligature.Jusqu’en 1830,
on ne pratiqua
guère,comme
opérationcomplète
sur la verge,que
l’amputation prépubienne.Pour
parer à lagêne de
la miction etempêcher
lesérythèmes
qui fontrarement
défautdans
ce s conditions,Delpech
eut l’idée,en 1832, après avoir
amputé
le pénis, de fendre lescrotum
d’avant en arrière, suivant le raphé. Il réunit ensuite lesdeux
moitiés des enveloppes tégumentaires,
de manière
à enfer-mer chaque
testiculedans une poche
isolée. L’urèthre s’ou- vrait au fond de la fente scrotale ainsi obtenue..
Le
succèscouronna
cette tentative qui fut faite à l’hôpital Saint-Eloi. Cela ne fut pas publié, etdouze
ans après (1844)Lallemand
exécuta lamême
opération sans lapublier lui aussi.-
15—
Roux
(de Toulon) publia, en 1857,un
article surun
cas qu’il avait opéré de cette façonpeu
detemps
auparavant.Bouisson
(de Montpellier) suivit
deux
fois, en 1858 et en 1860, cemode
d’opération.
La seconde
fois il eut l’idée de suturer lamu- queuse de
l’urèthre à lapeau pour empêcher
sa rétraction ultérieure. Il publia,en
1860, le résultatde
ses observationset fit connaître sa
méthode
qu’il appelaMéthode
deschirur-
giensde
Montpellier.En Allemagne, Thiersch
reprit leprocédé
déjàemployé
parWedemeyer, en
1876,dans
l’amputation totale de laverge.Son mode
opératoire fut pratiqué surtout enAllemagne
eten Angleterre.
En
1878,Berger communique
à la Société de chirurgie de Parisune amputation
totalede
la verge, faite parCabadé
(de
Valence-
d’Agen).Pearce
Gould,dans un
cas publiédans The Lancet
(1882),combina
leprocédé
deCabadé avec
laméthode
deDelpech-
Bouisson.En
1886,reprenant une
opération déjà pratiquée enAngle-
terre
en
1885 parR.
Harrisson,Montaz
(de Grenoble), après l’amputationde
la verge, créa derrière les boursesune
ouver- turepermanente de
la région bulbaire de l’urèthre,mettant
ainsi la surface cruentée à l’abri de la contamination par l’urine et soustrayant la cicatrice définitive à l’irritation constante
de
ce liquide.M. Tédenat
pratiqua en 1884 et en 1896 l’amputation totalede la
verge
avecun
plein succès.Dans
tous les procédés d’amputation totalede
laverge em-
ployés par les chirurgiens
que nous venons
de citer, on laisse plus oumoins une
partie desorganes
génitaux externes ou internes, quelquefoisune
partiedu
bulbe de l’urèthre, toujoursles testicules
enfermés
soitdans un scrotum
unique, soitdans
deux poches
séparées.—
16—
Il n’en est pas de
même pour
l’émasculation totale,comme
nous
le verrons plus loin.Quant
à l’histoire de ce derniergenre
d’opération, elle a été àpeu
près faite tout d’abord parMoussaron
et ensuite par Carbonell,dans
leurs thèses inaugurales. Pantalon! (deMar-
seille) s’est étendu sur ce sujet.
D’après
ce dernier,Moussaron
et Carbonell auraient
commis
tous lesdeux un
oubli assezim-
portant en attribuant la paternitéde
cette opération auNapo-
litain A. Paci, et cité
seulement Morisani comme
l’autre opé- rateur yayant
eu recourspeu
d’années après.Au
cours de recherches faites à l’Institutde
Bibliographie de Paris,Pan-
talon! a trouvé
que
lapremière
observation d’émasculationtotale
remonte
au 15 octobre 1873, et qu’elle estdue
àAnnan-
dale (d'Edimbourg).. L’opération de Paci n’est
que du
3 dé-cembre
1877, c’est-à-dire fut faite trois ans après. Morisani,dans
desmémoires
parus en 1884 et 1892, relatedeux
inter- ventions pratiquées par lui.Vers
lamême
époque, enmai
1884,Rubio
(de Madrid), au dire de Berrueco, aurait faiten Espagne
la premièreémascu-
lation totale; et,
en
1894, ce chirurgien avait déjà opéré sixmalades
de lamême
façon.En
1886, V.Jackson
publieun
cas d’épithéliomadu
pénis:il enleva
complètement
lesorganes
génitaux externes sans toucheraux
ganglions et obtintune
guérison.On
peut s’éton- ner,comme
dit Pantalon!,que
niMoussaron,
ni Carbonell, nimême
Chalot n’y aient fait allusiondans
leurs travaux.Une année
après,Mercanton
(deLausanne)
insista en Suisse sur lesbons
résultats d’une émasculation totale pratiquée parlui en 1886.
L’année
suivante,Péan opéra
d’une façon à peu près iden- tique,mais dans
des conditionsun
peu particulières: il fitune
opération secondaire.Cependant,
ce n’estguère
qu’en 1894que
l’attention fut attiréeen
Fi’ance sur cette question.—
17—
par
Chalot(de
Toulouse).Ce
chirurgien avait à cetteépoque
opéré ainsi, d’abord en 1892, puis en janvier 1894.Au
milieu de 1894, le docteurAlbarran
avaitégalement
pratiqué lamême
opération
; le professeur
Tédenat
(de Montpellier) opéraun malade
le 4 juillet de lamême
année.Carbonell,
dans
sa thèse, rapportedeux
observations : cellede M. Bazy
(de Paris), déjà publiée parChevercau
en 1895, et celledu
professeurForgue
(de Montpellier), qui a servi de point de départ àson
travail.Pétouraud, dans
\eLyon médical
de 1895, publiaun
cas d’émasculation.Chalot vient de consacrer à
nouveau
quelqueslignes à cette opérationdans
la troisième éditionde
son Traitéde
chirurgieet
de médecine
opératoire^ etdans
lesquelles il continue à attribuerau
chirurgien italien la paternitéde
l’émasculation totale, qu’il désigne sous lenom
d’opération de Paci.Chalot prétend que, jusqu’à présent,
on
n’en connaîtque
%
neuf
cas.On
vientde
voirque nous avons pu en
retrouver aumoins
ledouble en
y comprenant
le cas dePéan.
Le’docteur J.Pan-
talon! (de Marseille), auquel
nous empruntons
ces renseigne-ments,
a pratiqué à trois reprises cette opération, ce qui élève singulièrement le chiffre des cas opérés.i
ÉTIOLOGIE
* Jusqu’ici les causes
de
répithéliomade
laverge
n’ont pas étémieux
élucidéesque
celles qui président à la formationdu
cancer des autres régions. Il est certainque
les irritations locales ,semblent
jouerun grand
rôleen
pareille matière; ainsiDemarquay
cite 59 cancersde
la verge, dont 42avec
phimosis,c’est bien là
une
cause d’irritation locale.Les
quelques gouttes d'urine qui séjournent entre legland
et le prépuce, lesmegma
préputial, l’état
de malpropreté
favorisé par le phimosis sont autantde
causes indubitables; et
dans
les observations rap- portées à la finde
notre travail,il y a 5 cas d’épithéliomaaccom- pagnés
de phimosis.Les cadenas du malade de Dupuytren,
dont l’observation est tout au long racontée parMarx, dans
laGazette
de sanM(1828,p.
194), agissaientdans
lesmêmes
con- ditions,lescadenas
avaienteux
aussi,comme dans
le phimosis, ' resserré l’ouverture.Dans
le cas particulier, à l’action irri- iputial, se joignait l’action
non moins
irritantedu percement du prépuce
(ily
avaitau moins
20 infibulations) etdu
poids des cadenas.Le
cancroïde constaté parDupuytren,
chez cemalade,
fut opéréen
faisant la circoncision.D’après
les statistiques, la classepauvre semble payer un
plus large tribut à cette affection, et c’est en effet la classe où les soinsde
propreté intime sont le plus négligés, souventmême
considéréscomme
portant atteinte à la morale.19
—
Ne
remarque^t'On pas, d’autre part,que
le cancer de la lèvre est plus fréquent chez l’ouvrier deschamps que
chez celuide
la ville, peut-être est-ce à cause
du manque
des soins de pro- preté.Pour
le cancer de la verge,on
ne sauraitinvoquer
la con- tagion.Demarquay ne
cite qu’un cas dont le porteur cohabitait avecune femme
ayantun cancer du
col. Si à ce sujeton
sedonne
la peine de suivre les services de chirurgieoù
l’épithé- lioma de l’utérus n’est pas rare,on
verra decombien
l’emportele
nombre
de ces épithélioma surceux de
la verge.Pour
environ 100 cancers de l’utérus,
on
en trouveun
de la verge,nous
disait le professeurTôdenat, dans une
leçon clinique qu’ilnous
fit le 21décembre
1900.On
a invoqué la syphilis; son action peut avoir
une
influence en tantque
cause occasionnelle par les ulcérations de longue durée qu’elle produit,mais comme
cause générale elle paraît nulle.Ricord
affirme qu’en trente ans il n’a pas vuun
seul cancerde
laverge
où l’actionde
la syphilis aitpu
être invo-quée comme
cause généraleayant amené
ladégénérescence
cancéreuse.On
peut citer à ce propos lacommunication
faite à la Sociétéanatomique (décembre
1.897) parM. Ravaut,
à propos d’un épithélioma de la verge àmarche
rapide.Ravaut montre une
portion deverge amputée pour un
épithéliomaparaissant avoirdébuté
au niveaudu
gland.Depuis deux
ans, à la suite d’unchancre
induré, lemalade
était atteint d’une balanite. C’estseulement
depuisdeux mois que
legland
s’est ulcéré etque
le prépuce s’est détruit ;
une
biopsie faiteavant
l’opérationmontra
qu’il s’agissait d’un épithélioma lobulé.Si l’hérédité peut, en certains cas, être
invoquée comme
cause prédisposante à l’épithélioma,
on ne
saurait lui assignerun
rôledans
la localisation de cette affection.Les membres
no
d’une famille cancéreuse pourraient faire
du cancer
l’un à la lèvre, l’autre au sein, celui-ci à la verge.Dans
l’observa- tion II,due
à l’obligeancedu
professeurTédenat, nous voyons que
le pèredu malade
était mort, àquarante
ans, d’un cancer de l’estomac.i
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
ET SYMPTOMATOLOGIE
C’est, en général, sur le gland, le prépuce et surtout
dans
le sillon balano-préputial
que débute
l’épithéliorna de la verge.Il
commence
parun
petit bouton, parune
bosselure indo-lente,
dont
lemalade,
le plus souvent, ne s’aperçoit pas au début.Ce noyau dur
produitdu
gonflei. ent tout autour de lui etsemble
constituer unsecond
gland à côtédu
premier.Quand
il y a phimosis, l’inflammation des tissus voisins ne tarde pas à produire de la balano-posthite, et, dès lors, au lieu d’être indolore, l’organe tout entier
s’œdématie
et devient dou- loureux.Tantôt
aussi ilapparaît sousforme
d’une verrue irrégulière à base large qui bientôt s’ulcère,prend une
couleurrouge
foncé et se recouvre d’un enduit sanieux;on
y trouvede
pro- l'ondes excavations irrégulières et des excroissances enforme
de choux-fleurs.Tout
autour lapeau
est rouge,parsemée
de tubercules, épaissie et indurée; l’aspect extérieur se distingue par sa nature végétante etcomme
framboisée. Quelleque
soit laforme, la surface laisse bientôt voir
un suintement
caséeux audébut
et qui devient plus tard sanieux, séropurulent et àodeur
repoussante.Lorsque
latumeur
est isolée, elle acquiertun volume
qui varie entre celui d’un pois et celui d’une grosse noisette et au delà.Quand
elle estcomposée
de petitestumeurs
verru-22
—
gueuses, leur
ensemble donne
à laverge un
élargissement cunéiforme.Dans
l’observationV, due
à l’obligeancede M.
leprofesseur
agrégé
L. Imbert,nous avons un
épithélioma quisemble formé
par troisou
quatre fraises demoyenne
gros- seur qui auraient pris naissance surun même
pédicule, et qui donnait à laverge un
aspect plutôt cubiformeque
cunéiforme.Si le
mal
n’atteintque
le prépuce, celui-ci s’épaissit, s’infiltrede
sérosité; il est
œdématié,
ses bords, qui peu- vent atteindre 15 millimètres d’épaisseur, sont durs, blan- châtres et présentent desmamelons. Quand
la lésion a débuté par la peau, l’envahissement se fait surtout en surface ; legland
et les corpscaverneux demeurent longtemps indemnes.
Quand
elledébute
par le gland, l’envahissement des corpscaverneux
est bien plus rapide. L’urèthre reste intactpendant
assez longtemps,même dans
les casavancés où
laverge
est
complètement
désorganisée.La
miction estfréquemment
troublée,
non
pas à cause de l’envahissementdé
lamuqueuse
uréthrale,
mais
àcause
de sonrefoulement
par lenéoplasme.
L’épithélioma peut se
propager dans
les corpscaverneux
sousforme
d’infiltrationde
petitestumeurs
cancéreusesdu volume
d’un pois, d’une lentille. Il peut sepropager en
sur- face et envahir les bourses,de
sorte que, si l’on n’intervient pas dès les débuts,on
risque,en
temporisant, de trouver plus tard à la placede
ce qui étaitorganes
génitaux externesune masse
végétante,un
gros chou-fleur quine
laisse de ressourcesque dans
l’émasculation totale,comme nous
lemontre
l’observationVII que nous devons
àM.
le professeurTédenat.
.
Mais
il estune
invasion par la grainede cancer
qui est plus rapide encore si l’on n’intervient pas.Nous
voulons parlerde
l’adénite cancéreuse.Ce
sont les ganglionsdu
pli de l’aine qui,engorgés
par les cellules épithéliomateuses.23
-
forment
destumeurs
variant entre levolume
d’une fèvepour chaque
ganglion et celui d’uneamande. Histologiquement, dans l’immense
majorité des cas, le cancerde
laverge
estun
épithéliomapavimenteux
lobule.On
a signalécependant
quelques cas de sarcome.Fournier
et Darier ont publié (1893)un
cas très'Curieux d’épithélioma papillaire auquel ils ontdonné
lenom
d’épithélioma bénin syphiloïde de la verge.L’exarnen microscopique des ganglions
cancéreux
est très démonstratif,nous
dit Letulle.Le
plus souventon
voit sur lacoupe
les sinus bourrés de cellules épithéliales deformes
diverses, reconnaissables à leurprotoplasme
coloré, à leursnoyaux volumineux souvent
multiples, en division indirecte typiqueou
atypique.Les
cancers secondaires des ganglions reproduisent d’habitude fidèlement les caractèresdu
cancer originel.La forme
d’épithélium cylindriques, cubiques, leurmode
degroupement dans
les alvéolescarcinomateu
sculptés au milieu des travées conjonctivesfondamentales
épaissies (globes épidermiques,
noyaux
lobulés, glandes aci-neuses
de nouvelle formation) ont-une
réelle importance.Certains caractères spécifiques de structure ou
de
sécrétion permettent soit de réformer, soit d’assurer le diagnosticanatomopathologique
de la lésion primitive.Les symptômes
fonctionnels sont leshémorrhagies au moindre
contact, les douleurs, les suppurationsabondantes
et fétides, les troubles de la miction, qui
peuvent
aller jusqu’àla rétention complète; et tout cela
subordonné
aumoment où
la
maladie
en est de son évolution.Au
début,nous
n’avons ni adénite ganglionnaire des aines, nigêne|de
la miction; mais, ni au fur et à
mesure que
l’évolu- tion s’avance, ces diverssymptômes
apparaissent avec plusou
moins
de rapidité; l’adénite survient unilatérale d’abord, bilatérale ensuite, quelquefoismême
pelvienne.Se
trouve- t-onen
présence d’un carcinome, en quelquesmois
lagéné-
—
24—
ralisation et la cachexie
cancéreuses amèneront une
termi- naison fatale.Le
simple épithélioma lui, mettra deux, trois et quatre anspour
atteindre lemême
résultat.DIAGNOSTIC
/
Le
diagnosticsemble
aisé, si l’on considère lamarche
indolore des débuts
dans
le plusgrand nombre
des cas, l’âgedes sujets, qui ont en général
dépassé
la quarantaine, la sup- purationabondante
et fétide, l’induration largede
la base,les troubles de la miction, le tout
s’accompagnant
d’adénite des ganglions de l’aine.Néanmoins,
il n’en est pas toujourscomme
cela; c’est ainsique Demarquay
rapporte un caspour
lequelRicord
fut appelé par sonneveu
Cullerier. Il n’y avait pasgrande
induration de la base des végétations, sans autre altération duprépuce que
celle causée parune
forte disten- sion;on
trouvaitde
l’inflammation, de lagangrène,
et legland, flétri
en
quelque sorte, était perdu au milieu d’énor-mes choux
-fleurs.Les
indurations qui seraientdues
àune
diathèse telleque
l’arthritisme, par exemple,
ne
débutentgénéralement
pas pai‘la
peau
qui en est indépendanté,nous
n’avons pas ensuite leretentissement sur les ganglions.
Les gommes
tuberculeuses sont rares à la verge;on
a pu toutefois en observer.La
nature du pusgrumeleux
et louable, l’âgedu
sujet, les antécédents héréditaires et perso'nnels, d’autres localisations pourront mettre sur la voie endehors
même
des sécrétions fétidesque nous
n’avons pas ici.Quant
à la syphilis, Jullien, à propos desgommes
syphili- tiquesdu
fourreau, dit qu’une erreurgrave
fait penser quel- quefois à unépithélioma.Ozennecite
lecas d’unmédecin
étran- ger auquelplusieursconfrères avaient déjà parlé d’amputation,—
26—
quand
Verneuil, reconnaissant la naturedu
mal, lui pres- crivit les spécifiquesauxquels
il fut redevable d’uneprompte
guérison.On
doiten
pareil cas s’attacher à bien constater lesbourgeons
épithéliomateux, la bordure et l’ourlet périphéri- que, les ganglionsinguinaux
souvent unisaux
pelviens par des traînées néoplasiques, la fétidité spécialedu sécrétum
pluschargé
d’épithéliumsque de
globules purulents, enfin et surtout la duretédu stratum
néoplasique (Jullien). Il est des casoù nous
trouverons la syphilis et lecancer
réunis.L’infection
remonte généralement
àde nombreuses années quand un
syphilitique arrive à l’âgedu
cancer. Si cette syphi-lis estbien guérie, il peut se faire que, tout
germe
ayant dis- paru, le sujet fasseson néoplasme
sansmélange avec
ladiathèse
antérieurement
acquise etmaintenant
disparue, et c’est le cas le plus fréquent.Le carcinome ou
l’épithéliomavont
créerun
locusminoris
resistentiæ sur lequel pourront se manifester des aptitudes latentes à la maladie.Nous pourrons
voir la néoplasie spécifique et l’exsudâtmalin agir de concert
comme deux humeurs
peccantes asso- ciées etformer
la lésioncomplexe que
Jullien appelle lesyphilo-cancer.
Au
cancer s’associent soit lagomme,
soit la sclérose; etcomme
lagomme
est le plussouvent
multiple, indolente, toutetumeur maligne
à foyersnombreux
etexempte
dedou-
leurs
devra
fairepenser
à l’hybriditémorbide
dontnous venons de
parler.Les écoulements
desang
infect caractéristiquesdu
cancerne
se rencontrentguère dans
le syphilo-cancer;de même
leshémorrhagies
et lessuintements
fétides et ichoreux sont raresdans
cette affection.La
basede
l’ulcération attentivement ex- plorée permettrade
reconnaîtreun substratum
étendu parfoisrameux
et d’une duretéde
sclérose; le fondne
laisse pas voir de bourgeons, il est tapissé parun
enduit bourbilloneux et gri-—
27—
sâire dont l’adhérence rappelle les eschares de la
caverne gommeuse.
La
syphilis ralentit lamarche du
cancer etsemble
arrêter ses progrès ; mais, dès qu’elle a cédé au traitement spécifique, l’épithélioma reprend le dessus etmarche
d’autant plus rapi-dement dans
son évolution,que
le traitement antisyphilitique a été plus actif.Toutes
ces différences, si nettes soient-elles, nepermettront
pas à elles seules de trancher le diagnostic d’une façon absolueet il sera sage
dans
tous les cas,même
avec les doutes les plus légersetlesmoins
dignesd’attention,d’avoir recours au micro- scope.L’examen
microscopique devra, en effet, être faitchaque
fois sur
un fragment
de latumeur. Lorsque
lemicroscope
aura déceléparexemple
: les cylindres épithéliaux pleins, les cellules ànoyaux
multiples qui les forment, les globesépidermiques
avec leurs caractères, onpourra
conclure àun
épithélioma. Ilen sera
de même
pour lecarcinome
lorsquenous
serons en présence d’unetumeur composée
d’unstroma
fibreux limitant des alvéoles remplisde
cellules libres, lesunes
par rapportaux
autres,dans un
liquide plus oumoins abondant,
selon la définitionde
Cornil et Ranvier.PRONOSTIC
Le
pronostic doit toujours être réservépour
toute sorte d’épithélioma.Abandonné
àlui-même,
si c’est un carcinome,il atteint
rapidement
les viscères les plus importants de l’éco-nomie.
Si c’estun
épithélioma vrai, lamarche, quoique
plus lente, n’en conduira pasmoins
àune
terminaison fatale et lacachexie cancéreuse
ne
tardera pas,dans
lesdeux
cas, àemporter
le malade, à défaut d’autre maladie intercurrente.Sqn
évolution durerait,néanmoins,
dedeux
à quatre ans.Le
pronostic est variable selon le
moment
de l’évolutionoù
l’exé- rèse est pratiquée. Il est certain qu’un cancer enlevé dès lespremiers
débuts laissera plus d’espoirau
chirurgien et aumalade que
celui opéré tardivement,quand,
parexemple,
lesganglions
de
l'aine sont pris et qu'à la placedu
pénis et des bourses il y aune énorme tumeur
envahissante,comme
c’est le casdans
l’observation VII. Toutefois, bienque dans
ce casil ait fallu enlever tout ce qui était
organes génitaux
externes,le
malade
apu
guérir.Ceci
nous
permettraitde
direque
le pronostic est relative-ment
béninavec
l’exérèse.Mais
il restesombre comme dans
toute affection cancéreuse, si l’on n’intervient pas chirurgica- lement.
TRAITEMENT
Pour
le traitementnous
suivrons le planque nous avons
indiqué plushaut: amputation
partielle,amputation
totale,émasculation totale.
Amputation partielle. — Nous en avons
déjàdonné
la définition.Dans
lesouvrages
ancienson
trouvequelques exemples d’amputation
partielle pratiquée avec succès; lesauteurs de ces observations n'entrent, d’ailleurs,
dans aucun
détail sur le
manuel
opératoire suivi par eux.L’amputation
partielle peut se diviser enamputation du
gland etamputation du
corps de l’organe(Dubour, Thèse
de Montpellier, 1884).L’amputation du
gland a étéimaginée
par Bouisson,pour un malade
porteur d’uncancer
siégeant exclusivement sur legland. Il conserva le prépuce et eut ainsi
une
conservation des formes de l’organe viril.Bouisson
s’est servi des ciseaux;l’opération fut simple et
presque
pas douloureuse, et la gué- risonobtenue
en quinzejours.Voyons maintenant
l’amputationdu
corps de l’organe.Avant de
procéder à l’opération, il faut observer, naturelle-ment,
toutes les règles antiseptiques. Il faut laisser, ditRicord,
aux téguments
leurlongueur
naturelle et,pour
cela,le
mieux
est de tendreégalement
lapeau
et du côtédu
gland• et
du
côtédu
pubis.La
pression des doigts suffit;un
aide remplissant cette fonctionpour
la base de l’organe, le chirur- gien la remplitlui-même
pour l’extrémité.La peau
étant ainsi—
30—
fixée,
on
fait la section soit d’uncoup de
ciseaux (Bouisson), soit avecun
bistouri.Ces
instruments suffisent àmoins
d’un casoù
l’on trouverait la cloison ossifiée(Mac
Clelan)ou un prolongement osseux du
pubis.Velpeau, dans un
cassem-
blable, refusa d’opérer. Il suffit de sectionner l’os avec des
cisailles ou
avec une
petite scie.Dans
les cas ordinaires,on
sectionne d’un seulcoup
et de hauten
bas.L’hémostase
estobtenue
facilement; les corpscaverneux,
vides de sang, se dépriment, et si l’on irrigueavec de
l’eau froideon
les fait encore rétracterdavantage, en mettant enjeu
la contractilité des fibres musculaires des cloisons.Il est
un
ipoint qui abeaucoup préoccupé
les chirurgiens :c’est la recherche
du
canalde
l’urèthre après l’opération. Il y aurait eu des casoù
l’on n’auraitpu
retrouver l’orifice uré-thral.
De nombreux
procédés ont été indiquéspour
évitercette éventualité.
De
tous lesmoyens employés, nous
citeronsseulement
le'
ï
procédé de Demarquay,
appliqué parM. Tédenat
en 1884, k ,l’hôpital Saint-Eloi.
L’amputation
fut pratiquée à 0,05 de la. •
racine de la verge.
Une sonde en plomb
deMayor (Demarquay employait une
bougie), est introduitedans
l’urèthre ;un
aidetient le pavillon de la
sonde en
fixant l’extrémité antérieure tdu
pénis.Le
chirurgien tient de samain gauche
laverge
en arrièredu
pointoù
doit porter la section, etavec
le bistouri il,
fait
une
incision circulairede
la peau, puis,au même
niveau,des corps
caverneux
qui se rétractent légèrement.On
sec- tionnedonc
tout, sauf l’urèthre; l’aide tire alors
un peu
surla
verge pour
tendrelégèrement
le canal. Celui-ci est sectionné:au niveau
de
l'incision cutanée.La muqueuse
uréthrale estainsiexubérante, elle
dépasse
la surface sanglante des corps caver-’neux
d’environ 0,005 millimètres. Il estdonc
impossible par ce procédéde ne
pas trouver l'urèthre.L’hémorrhagie
futpeu
considérable ; quatre ou cinq petites~
31artères sont liées, d’autres tordues.
Les
corpscaverneux
affaissés
donnent peu
de sang. Alorsdeux
pointsde
sutureau
catgut réunissent lapeau
à la cloison fibreusemédiane
des corps caverneux.Cinq
ou six points fixent l’urèthre à la peau,si bien
que
l’extrémité libre estlégèrement
aplatie transver-salement
et lapeau
présente en basune
petite gouttière,dans
laquelleon
aperçoit l’urèthre.La sonde
àdemeure
n’a pas étéemployée
après l’opération;
le
malade
n’en a pasmoins
bien uriné ; la plaie s’est cicatrisée très vite,malgré
le contact de l’urine, donton
aexagéré
l’infiuence nocive sur les plaies.
Tant que
l’urine est normale,elle passe
impunément
sur les plaies : c’est làun
fait qui mérite d’êtremis
en lumière (Dubour).Le malade
opéré parM. Tédenat,
le 22 avril 1884, sortit guéri le 3mai
; il vécutpendant
quatorze ans (1898), etmourut
sans récidive.Les
suitesde
l’opération, ditDubour,
sont très simples.Cependant on
a observé des rétrécissementsdu méat
qui se produisent ultérieurement.Goyrand
(d’Aix) a signalé desfaits incontestables.
Mais
il faut ajouter, écritDubour, que nous
n’avons point trouvé d’observation signalant le rétrécis-sement
après l’opération faite par leprocédé
deDemarquay, Dans
tous les cas, conclue-t-il, pratiquée ainsi, l’amputationmédio-pénienne
estune
opération simple, facile, etdonnant
d’excellents résultats.
Amputation totale. — On
peut la qualifier d’extirpationde
la verge.Avant
Delpech, onamputait
à la racinecomme
sur les autres points.
Mais
làon
obtenait des résultats bienmoins avantageux:
l’urine coulait sans force, elle bavait surla