Les activités économiques au cœur des villes et bourgs de demain?
Problématique générale
Corinne Bagoulla et Nicolas Antheaume IEMN-IAE
Les axes de la problématique générale :
I. Contexte règlementaire: de la planification stratégique spatiale nationale à sa dynamique infracommunale
II. La localisation des activités : les enseignements des sciences économiques et des sciences de gestion
III. Localisation des activités en ville (ou centre-bourg) vs. en zones d’activités périphériques: quels enjeux et quelles conséquences sur le développement local ?
IV. Quels rôles des collectivités territoriales ?
I. Contexte règlementaire: de la planification stratégique spatiale nationale à sa dynamique infracommunale
L’influence croissante des principes du développement durable dans le champ des politiques publiques au niveau national et européen → fixe les règles du jeu pour les collectivités territoriales
Loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable des territoires (1999), loi Solidarité et renouvellement urbain (2000), Stratégie nationale de développement durable (2003), Charte de l’environnement (2005), Lois Grenelle (2009,2010).
Les schémas directeurs cèdent la place à différents instruments de planification spatiale à l’échelle infranationale
SCOT (2000), Directive territoriale sur l’aménagement (1995), Directive territoriale d’aménagement et du développement durable (2010), PLU et PLUI (2000, 2016).
Des réformes des structures institutionnelles qui renforcent la coopération intercommunale (EPCI)
Des structures intercommunales en charge de la planification spatiale des activités
- Les différents acteurs du développement local sont intégrés à la démarche - La compétitivité des territoires reste un enjeu majeur
La mise à disposition du foncier dans des zones d’activités économiques situées en périphérie des centres urbains est souvent privilégiée par les collectivités
- Pour éviter les concentrations importantes d’activités en centre urbain (équité territoriale, réduction des déplacements, nuisances…)
- Pour rendre visible l’existence d’activités économiques dans les communes
→
Artificialisation des sols croissante au niveau national
II. La Localisation des entreprises sur les territoires : les enseignements des sciences économiques et des sciences de gestion
Des mutations importantes qui nécessitent une analyse spatiale fine du développement économique
- La mondialisation renforce l’importance du local
- L’abandon des zones industrielles traditionnelles et le développement de nouveaux besoins des entreprises en termes de localisation
L’accessibilité (intégrant la distance et la densité) comme concept clé du développement économique local
- Franchir une distance revient à supporter un coût (de transport, de transaction, d’opportunité)
- Les grands marchés restent sources de performance pour les entreprises (disponibilité de la main d’œuvre/proximité des clients et des fournisseurs/accès aux informations)
La localisation des activités résulte d’un arbitrage entre les bénéfices de la proximité et ses coûts
- Les caractéristiques géographiques des territoires impactent peu le choix de localisation (hormis pour certaines productions très spécifiques)
- Un arbitrage fonction des caractéristiques du site (environnement économique local, équipements) et des caractéristiques des entreprises (secteur, âge, structure, cycle de vie)
- L’offre immobilière comme élément essentiel du développement local
La « spécificité territoriale » comme facteur de développement local
- Le territoire n’est plus uniquement un fournisseur de ressources « génériques » mais un espace co- construit par ses acteurs
- Le rapport des entreprises au territoire évolue → développement de ressources spécifiques en coopération avec les autres acteurs du territoire (partage d’informations, recherche de complémentarité, partenariats, construction d’un réseau…)
- Cette co-construction doit être organisée pour favoriser croissance et innovation
III. Localisation des entreprises en ville (ou centre-bourg) vs. en zones d’activités périphériques: quels enjeux et quelles conséquences sur développement local ?
L’analyse de la localisation des activités à une échelle plus fine fait émerger de nouvelles interrogations
-
Le territoire de référence et la stratégie des collectivités sont à définir- La taille du territoire et de son positionnement géographique sont à considérer
L’espace, le coût et l’accessibilité constituent les atouts des zones d’activités économiques
-
Pour quels types d’activités ? Nouvelles localisations/Transferts d’activités ?- Des zones d’autant plus attractives que la présence d’entreprises y est importante et qu’elles se situent à proximité d’un centre
L’interdépendance entre économie productive, résidentielle et présentielle comme moteur du développement local
- Les mobilités quotidiennes des populations ont un rôle croissant sur la vie économique des centres - La densité des équipements du quotidien, leur diversité et leur localisation aux points de
croisement des populations influencent significativement la dynamique économique des centres - Le développement d’un territoire dépend de sa capacité à créer de la richesse, à capter cette
richesse et à la faire circuler
Des besoins futurs des entreprises et des travailleurs susceptibles d’impacter les choix de localisation des activités dans les années à venir
- Le rôle des aménités
- Nouveaux types d’entreprises et nouvelles formes de travail
Quelle cohabitation entre résidents et activités économiques dans les villes et les
bourgs ?
IV Quels rôles des collectivités territoriales ?
Les justifications des politiques publiques en termes de distribution spatiale des activités économiques
- Entre équité des territoires, solidarité nationale et performance économique
- D’un Etat aménageur à une action publique qui accompagne les mutations économiques en cours - L’objectif de développement durable
Quels leviers d’action des collectivités pour le maintien des activités dans les villes ?
-Le rôle de l’accessibilité sur la localisation des activités : un mécanisme économique complexe -Le rôle déterminant de l’offre de foncier et de ses caractéristiques
-Le rôle des aménités
-La faible efficacité des aides directes et du levier fiscal