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TRAITEMENT DE L ACCOUCHEMENT

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Texte intégral

(1)

TRAITEMENT DE L’ACCOUCHEMENT

DANS LES BASSINS RÉTRÉCIS

Par

C. C. TH,

LITZMANN, A

KIEL

Sammlunyklinischer Vortrægein Verbindungmitdeutschen Klinike/'ji,

Herausgegeben von Richard Volkman,n° 90,Leipzig, 1875

Traduit par

A. CHARPENTIER

Agrégé àla Faculté

Extrait des

ARCHIVES DE TOCOLOGIE

Février-Mars,

PARIS

V.

ADRIEN DELAHAYE et C

le.

LIBRAIRES-ÉDITEURS

PLACE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE.

1877

x

ic

(2)
(3)

TRAITEMENT DE L’ACCOUCHEMENT

DANS LES BASSINS RÉTRÉCIS.

Messieurs, après avoir signalé le

moyen de

reconnaître les rétré, cissements

du

bassin chez la

femme

vivante, et leur influence sur la

marche de

l’accouchement, il

nous

reste à poser lesprincipes et les règles qui, suivantlescas, doivent

nous

diriger

dans

le traitement

de

l’accouchement

dans

ces sortes

de

bassins.

Tout

d’abord,je

ne

puis assez insister sur lanécessité

de

s’assurer

dans chaque

cas, le plustôtpossible,

de

la

forme

et

du

degré

de

ce rétrécissement, car, quoique

dans

laplupartdescasle rétrécissement

du

bassin

ne

soitpasle seul faitcapital

au

point

de vue

de la

marche de

l’accouchement, il n’en est pas

moins

vrai

que

la connaissance exacte

de

ce facteur, estencorel’élément leplus sûr

pour

le traite-

ment. Sans

lui

on

agit

en

aveugle, et l’ons’expose

au

danger, lorsque surviennent des difficultés, d'en chercherlacause là

elle n’est pas, et

de

méconnaître levrai

moyen de

les

surmonter.

La

connaissance de cefait facilite plustard la solution

du

second problème, qui n’est pas

moins

important, c’est-à-dire la détermination

de ladisproportion relative

, c’est-à-dire

de

la proportion comparative de latête et

du

bassin, cequiordinairement

ne

se reconnaissait avec

une

exactitude suffisante que'lorsque le travail est déjà

commencé.

Plusle bassin est étroit, plus son influence se fait sentir sur l’ac-

(4)

couchement,

et plusle procédé

de

traitementpeutàprioriêtreétabli aveccertitude.

Dans

les rétrécissements extrêmes

, l’espace est si limité,

que même

réduit artificiellementdevolume, un enfant à terme ne peut franchir le

canalpelvien. Ilne reste

donc au terme normal

de la grossesse

que

l'opération césarienne, puisque le

moyen

proposé

anciennement pour augmenter

lesdimensions

du

bassin,c’est-à-dire la

symphyséotomie,

ne remplit,

comme nous

lesavons,

que

très-incomplètement ce but.

Parmi

lestrois

formes

signalées des bassinsrétrécis, laseule variété qui atteigne cehaut

degré de

rétrécissement, ce qui

heureusement

estrare,c’estlebassin rachitique, aplatiet

généralement

rétréci.

Mais

il estimpossible

de

fixer d'une

manière

absolue les limites

où com- mence

cette indication précise

de

l’opérationcésarienne, et où, par conséquent, il

y

aimpossibilité absolue àextraire parlesvoies natu- relles

un

enfant,

même

réduit

de volume;

eten tout cas

lesdésor- dres déterminés

dans

les voies génitales, par

une

extractionopérée

dans

cesconditions, sonttels,qu’ils

compromettent

aussi

gravement

lavie de la

mère que

l’opération césarienne.

Tout dépend en

partie

du volume du

fœtus,

en

partie des procédés

que

l’accoucheur emploie

pour

réduire cefœtus.

Avec

lecéphalotribe

on

peut, après avoir pra- tiquélaperforation

du

crâne par desapplications répétées de cet in-

strument dans

les diversdiamètres

du

bassin,broyerassez les os

du

crâne, sansléser les parties molles

du

bassin,

pour que

la base

du

crâneseule constitue l’obstacle définitif.

Avec

lapinceà osde

Bœrschen, on

peut opérerl’ouverture

du

crâne, séparer

chacun

des osde cecrâne, les saisir au-dessous

du tégument

crânien, lesbriser, les détacherles

uns

des autres, et lesextraire par

morceaux. Pour

réduire la tête à

un

aussipetit

volume que

possible,

il faut, outre les

deux

pariétaux et la partie supérieure de l’écaille occipitale, briser avant tout les frontaux aussi près

que

possible

de

la racine

du

nez et

de

lacavité orbitaire. Si alors

on

parvient à saisirce qui reste

de

la base

du

crâne

dans une bonne

direction, c’est- à-dire àl’engager par son

bord

tranchant, c’est la hauteur

de

la face qui constitue leplus

grand

diamètre

que

la tête, réduite

de volume,

présentealors àl’anneau pelvien. Déduction faite des

lames

frontales,

il

comporte

en

moyenne de

4cent. 1/2 à 5 cent. 1/4.

Pour

pouvoir,

par

conséquent, entraînerlatête danslebassin, il faut

que

l’espace entrela paroi antérieureetlaparoi postérieure

du

bassinsoit

au moins

de

5 ào cent. 1/2.Seulement,si avant

l’engagement

delaface,

on

en-

(5)

4cent. 1/2 pourrait peut-être suffire

pour

l’extraction. Je ne

vous

conseilleraispourtant pas,

dans

notre

Allemagne,

d’attendre des ré- sultatsfavorables de l’extraction d’un enfantà

terme dans un

bassin dont le

conjugué

vrai aurait

moins

de5 cent 1/2.

Même

avecces di- mensions, ilfaut

une

notable habileté et descirconstancesfavorables

pour que

l’opération n’entraînepas de

dangers pour

la

mère.

U

ne conditionindispensablec’estnaturellement

une

dilatationoutout au

moins une

dilatabilitésuffisante de l’orifice

du

col, enfin il faut

que

le

segment

inférieur

du

bassinait, ce qui,il est vrai, est larègle dans les bassins rachitiques,

une dimension

suffisante

pour

pouvoir permettreà côtédes instrumentsl’introductiondela moitié

de

la

main

qui estdestinée àprotégerles partiesmaternelles.

Pour

extrairelatête réduite de

volume,

on peutse servir

du

crochet aigu

que

l’onimplante dans le

foramen magnum, mais

son introduction exige

une grande

habileté et

une grande

expérience. L’opération est plus facileet plus inoffensive lorsque, labase

du

crâneétant placée sur sonarêtefaciale

on

lasaisitavec le cranioclaste

ou

le forceps àcraniotomie de

Barnes

appliqué sur la

mâchoire

inférieure et l’orbite, et lorsqu’on l’extrait ainsi à travers le bassin.

La

tête

une

foisextraite,on peut facilement réduire le

volume du

reste

du

corps par la désarticulation succes- sive

du

bras dans l’articulation del’épaule, par la divulsion des côtes et l’éviscération de la poitrine et delacavité abdominale.

Comme

pour n’importe quelle opération obstétricale, le choix

du moment

en ce qui concerne l’opérationcésarienne a

une grande im-

portance.

Malheureusement on

n’est pas toujours libre, le

mieux

est lorsquel’on peut opérer verslafindelapériode dedilatation, lapoche des eaux étant encore intacte. Jusqu’àce

moment

en effet, il n’y a à redouter ni

pour

la

mère un traumatisme

notable par le fait del’ac-

couchement,

ni

pour

l’enfant

un

trouble sérieuxdelacirculation pla- centaire.

En

outre

on

doits’attendre à

une

forte rétraction

de

la

ma-

trice

une

fois qu’elleauraétévidée, à

un

arrêt plus rapide de l’hé-

morrhagie

età

une

réductionconsidérabledela plaie utérine : etd’un autre côté le canal

du

colrestant plus

ou moins complètement

béant

facilite

pendant

lescouchesle libre

écoulement

desliquides sécrétés par la plaie.

Autant que

jepuisen jugerd’après

ma

propre expérience jointe à celle des autres, je préféreraisopérertrop tôt

que

trop tard.

Les dangers

qu’entraîne

une

rétraction insuffisante de la matrice:

hémorrhagie

violente

pendant

etaprèsl’opération,

hémorrhagie

con-

(6)

6

sécutive

ou thrombose

étendues

pendant

les couches,difficultésd’écou»

lement

des sécrétions ultérines parsuite de l’étroitesse

du

canal cervi- cal,

me

paraissent plus graves

que

les troubles qui

peuvent

résulter d’une contusion

modérée du segment

inférieur delamatrice.

En

tout cas,jeconseille, lorsquela rupturedes

membranes, comme

celaalieu souvent dansces rétrécissements

du

bassin, se fait

préma-

turément,

même

avant les douleurs sérieuses, de

ne

pas procéder à l’opération avant

que

ces douleurs soient suffisantes, et en atten- dant de

tamponner

le vagin

pour

éviter autant

que

possible l’écoule-

ment du

liquideamniotique et faciliter la rétraction de la matrice.

Quoique

latêteretenue au-dessus

du

rétrécissement nepuissepénétrer

comme un

coin

dans

le canal cervical, celui-ci

généralement

sous l’in- fluence desdouleurs et par suite de la rétraction de l’utérus, s’efface

dans une

certaine

mesure.

Une

autrevariété

du

bassin qui,

quoique

rare encore, se rencontre

néanmoins

plus souvent déjà

que

ceux dont

nous venons

de parler, c’est lavariété des bassins qui dans les circonstances habituelles ne per- mettent pas d'espérer l'expulsion d'un enfant à terme sans une réduction préalable du volumedecetenfant et qui

même

avec cette opération ne per- mettentpasd'évitersûrement unenotableetdangereuse contusiondesparties maternelles

, mais dans lesquels l’extraction

du

fœtus réduit de volumeest encorepossible

par

les voiesnaturelles.

Cesvariétés de rétrécissements se rencontrent surtout d’une part

dans

le bassin aplati,

généralement

rétréci, et d’une autre part

dans

le bassin rachitique

simplement

aplati

le rétrécissement peut

par

exceptionatteindre ces limites.

On

peut en général

soupçonner un

vicedeconformation aussi con- sidérable, lorsque

dans

ces bassinsle

conjugué

vrai aplus de o cent

.

1/2

mais moins

de 7 1/4 à 7 1/2.

Dans

le bassin

généralement

et régulièrementrétréci

on

peut redouter cet accident

même

avec

un

conjugué

de 8 1/2 etau-dessous. Jen’ai toutefois,

comme

je l’ai déjà dit,

aucune

expérience personnelle sur ce point, puisque

dans

cette variété

du

bassin jen’ai

jamais

rencontré

de

rétrécissement

du

con-

jugué

vrai au-dessous

de

9 cent.

Mais dans

la pratique, la

mensura-

tion

du

bassin

ne permet

pas de fixer des limites aussi exactes.

Le

volume

de l’enfant et en particulierle

volume

et la résistance de la tète fœtale, sa situation plus

ou moins

favorable, quoiqu’on puisse

dans

ce derniercas

un peu

la corriger, feront

que dans un

cas

donné,

on

peut croire à

un

bassin tantôt

un peu

plus, tantôt

un peu moins

(7)

grand.

En

outre, la

mensuration du

bassin,

même

pratiquée avec le plus

grand

soin,n’est pas absolue, et

l’homme

le plus

expérimenté

peut se

tromper dans

sa

mensuration

de 1 cent, et

même

plus. 11est

donc

des plus

important de

s’assurerle plus tôt possibledes

dimen-

sions relatives

de

latête fœtale par rapport

au

bassin.

Ce

qui sert le

mieux dans

ce cas, c’est le palper, car latête

au début du

travailest encore tout entièreau-dessus

du

petitbassin.

Le

toucherfourniraévi-

demment

des

renseignements

plus précis,

mais

celan’est possible

que

lorsque la tète est déjà, parsuite des contractions, fortementappli- quée surle

rebord

pelvien, et

que

l’orifice est assez dilaté

pour que

l’onpuisse arriver sur

un segment

considérable

du

crâne.

Chez

lesmultipares, les

commémoratifs

fournissent naturellement

un

critérium d’autantplus absolu,

que

la

marche

des

accouchements

antérieurs

permet de

se rendre

compte de

toutes les circonstances actuelles.

Lorsque

par

une

exploration minutieuse,

on

s’estassuré

que

l’ona affaire à

un

rétrécissement aussi considérable, trois

moyens

se pré- sentent: 1° laprovocation de Vaccouchement prématuré,

puis lors-

que

la

femme

est à

terme —

la réduction du volume de l'enfant et l'opération césarienne. C’esttout au plus pourtantsiV accouchemenipré- maturé artificielconvient

dans

les cas

le rétrécissemént

du

bassin atteint les derniersdegrés deslimites ci-dessus, c’est-à-dire celles

la possibilité

de

l’accouchement d’un enfant àterme, sans réduction préalable,peut presqueàprioriêtrerejetéeavec

une

certitude absolue.

A mon

avis, par conséquent,

dans

les bassins

simplement

aplatis et

généralement

rétrécis aplatis, il

ne

doit être pratiqué

que

lorsque le

conjugué mesure au moins

7centimètres.

Dans

le bassinrégulièrement et

généralement

rétréci,il peut être difficileà cette

époque de

lagros- sesse,

même

après l’exploration

du

bassin, de

prendre une

décision, lorsquel’on n’apas

pour

se guiderles

renseignements

fournis par

un accouchement

antérieur.

Mais

si

dans un

bassin aplati,

une mensura-

tion minutieuse

permet de

constater

un conjugué

vrai

de moins de

7 cent., il faut rejeter l’accouchement

prématuré

artificiel, carson but, la conservation

de

la

mère

et

de

l’enfant, échapperait

sûrement.

Le

pronostic

pour

l’enfantestalors plus

que

douteux, etcela d’au- tant plus

que

l’accouchement

devra

être

provoqué

à

une époque

plus éloignée

du terme

normal,

que

parconséquent la force

de

résistance vitaledel’enfant sera

moindre,

et

que malgré

cela les difficultés

mé-

caniques

de

l'accouchement seront d’autantplus considérablesetexi-

(8)

8

geront plus de

temps pour

être surmontées.

Dans

ce dernier cas

même, on

peutêtre obligé encore d’avoir recoursà laréduction

du volume

del’enfant

pour

faciliterl’accouchement.

La mère

elle-même,

dans

ces rétrécissementssi prononcés,

ne

tirepas des avantagessuffi- sants de l’opération. Si, en effet, la pression

que

les voies génitales subissent n’est jamaisaussi considérable

dans

l’accouchement provo-

qué que dans

l’accouchementàterme, touteschoses égalesd’ailleurs, le

danger

qu’elle entraîne, lorsqu’elle atteint

un

certain degré, n’en estpas

moins

plus

grand dans

l'accouchement provoqué; car,

dans

ce cas, la rupture des

membranes

se faitordinairement bien plus pré-

maturément,

souvent

même

avec

une

dilatation très-insuffisante

du

col, et parconséquent le

segment

inférieurdel’utérusreste plus long-

temps que

d’habitude exposé à la pression directe, et relativement plus forte et irrégulière de la partiefœtale qui se présente.

Dans un

cas

où malheureusement,

par suited’une erreur

de

diagnostic,j’avais

provoqué

l’accouchement, le liquide amniotique s’écoula dès les pre- mières douleurs, quifurent énergiques.

Le

crâne, qui en outre se pré- sentait

en

position vicieuse, était

beaucoup

trop gros

pour

pouvoir pénétrer

dans

lebassin, etje

dus

attendre plusieursheures avant

que

le dilatation

du

col fût suffisante

pour me

permettre d’introduire le perforateur.

Après

laperforation, il fallutencore 24

heures pour que

larésistance

du

colcédât et

permît

de pratiquerlacéphalotripsieet l’extraction.

Pendant

ce temps, le tissu

du

col pris entre le

promon-

toire etle

bord

supérieur

du

pubisfutpresque

complètement

déchiré, et ce

traumatisme détermina une

péritonite généralisée qui enlevala

malade

dès le

quatrième

jour.

La

plupart

du

temps, par conséquent,

on

n’a

dans

ce

degré de

ré- trécissement àchoisirqu’entre Y opération césarienne

ou

lamutilationdu fœtus; plusle bassin estétroit, et plus, par conséquent,

dans

l’extrac- tion

du

fœtus par les voies naturelles,

même

après la perforation, l’attrition desparties maternelles estprobable. Plus

on

doit

admettre que

lesacrifice

de

l’enfant estinutile àla

mère,

et plus

on

doit, siles autres circonstances sontfavorables, etsila

mère

y consent, avoir re- cours à l’opération césarienne.

Par

contre, plus le rétrécissement

du

bassin se

rapproche

deslimitessupérieures, si l’on a l’espoir,

même

faible,

que

l’enfantpeut passer sans

danger

à travers ce bassin, plus l’ondoit avoir detendance à rejeter l’opération césarienne.

Tant que

l’onconserve des doutes surl’intensitédesobstacles mécaniques,ilest naturellement impossible de

prendre une

décision. Mais quelles

que

(9)

soientlescirconstances, il fautavanttout tâcher de conserverle plus

longtemps

possible l’intégritécle lapoche des eaux. Car, quel

que

soit le procédéopératoirepourlequel

on

se décide, il est

avantageux de

re- tardercette rupture jusqu’à

une

période avancéedeladilatation.

Tant que

c'estla pression régulière de lapoche élastique

formée

par ladis- tension des

membranes

qui dilate le col, il n’y a

aucun

danger.

Mais

après l’écoulement

du

liquide amniotique,le

segment

inférieur do l’utérus se trouve

immédiatement en

contact aveclasurface inégale et solide

du

crâne, et

comprimé

ainsi sur le rebord pelvien.Cette

com-

pressiondelamatrice,

pour peu

qu’elle dure,devient

dangereuse pour

la mère, et l'enfantde soncôté se trouvesouffrir parsuite

de

l’inten- sitédes troubles

de

lacirculationplacentaire. Sipar conséquent

on ne

s’est pas antérieurement

suffisamment rendu compte

del’état des choses, il faut,aussitôt la rupture des

membranes,

procéderà

une

ex- ploration précise. Si alors, tenant

compte de

toutesles circonstances,

on

estconvaincu

que

lebassinne

permettra

pasle passage d’un enfant sans réduction de son

volume,

il fautprocéder à l’opération aussitôt

que

la dilatation du col sera suffisante

pour

l’entreprendre. Si c’est l’opération césarienne, la présentation de l’enfant, n’a pas d’impor- tance;

sic’est l’embryotomie, laprésentation

du sommet

est laplus favorable,

car si c’est le

sommet

qui se présente, on peutfaire la perforation aussitôt

que

l’orifice

permet

l’introductiondel'instrument.

La

perforation faite de

bonne heure diminue

les chances d’attri- tion des parties maternelles, facilite la

compression du

crâne qui sous l’action des douleurs laisse écouler

de

plus en plus la

masse

cé- rébrale et lui

permet

ainsi de pénétrer

dans

le canal cervical etle bas- sin.

On

peut ainsi,avec

un peu

d’attention, attendre le

moment où

le col sera

suffisamment

dilaté,

pour

essayer l’extraction,lorsque l’on seseraconvaincu

que

les douleurs sont insuffisantes àla produire. Si l’expulsion

du

fœtus tarde, et s’il subit la putréfaction, l’accouche-

ment

deviendra plus facile par suite deladiminution

de

la résistance mécanique. Il faut alors, par des injectionsdétersives d’eau phéni-

quée

dansle vagin, soustraire autant

que

possible la

mère aux dan-

gersde l’infection, ouvrir les fenêtres

pour

renouveler l’air de la

chambre

etsoutenirlesforces de la parturiente par

du

bouillon,

du

vin, etc. Si,

au

lieu

du

crâne, c’est

une

autre partie

de

l’enfant qui se présente, il estdéjà toutd'abordplusdifficile de reconnaître aveccer- titude les proportions de l’enfantrelativement

au

bassin.

En

tout cas

il faut,à

moins

que, le diagnostic étant douteux,

on

ne préfère l’opé-

(10)

10

-

ration césarienne, attendre jusqu’à ce

que

l’orifice dela matrice per- mette l’introduction dela

main pour

pratiquer la version podalique, étant

supposé que

l’extraction soit possible, et alors, suivantles cas, perforer

ou

broyer la tête, et

au

besoin faire suivre cette dernière opération

du broiement du

tronc, et

de

l’éviscération

de

lapoitrine et

de

lacavité abdominale. 11faut encore

dans

cecas, à bien plusforte raison, s’efforcer

de

conserver le plus

longtemps

possibleles

mem-

branes

intactes,

quoique

alors la rupture

prématurée de

la poche des

eaux

n’expose pas les parties maternelles à

une

contusion aussi forte

que

lorsque c’estle crâne qui se présente.

Dans

la majoritédescas, le rétrécissementdu bassin reste dansdes li-

mitestelles,

que

l’ondoit

dans

letraitement de l’accouchement supposer

que

: un enfantà terme

pourra

franchirle bassin, sans qu'on soit obligé de réduire son volume,etqu'ilpourrapasservivant.

Pourtant

ces limites sont très-variables, car elles

comportent

depuis les cas

il faut le concours

de

touteslescirconstancesfavorables

pour permettre

l’ac-

couchement,

jusqu’à

ceux où

l’influence

du

rétrécissementse

borne

à entraîner

une

déviation

du mécanisme normal de

cet

accouchement.

Je

range

dans

cette catégorie tousles bassins

simplement

aplatis, et

généralement

rétrécis et aplatis,

dont

le

conjugué

vrai a 7 centi-

mètres

-1/2 et plus, et les bassins régulièrement et

généralement

ré- trécisdontle

conjugué

vrai a plus de8 centimètres 1/2. Plus le ré- trécissementest faible,

moins

le bassininfluerasurla

marche de

l’ac-

couchement;

tout

dépend

des complicationsquipourront survenir. Et quoique souvent,

même

avec

un

rétrécissement notable,

on

voit les

dangers que

l’on redoutait disparaîtreparsuite d’un concours favo- rable

de

circonstances, il

ne

faut pasoublier

qu’un

obstacle

mécani-

que,

même

léger, peut devenir cause d’accidents mortels,s'ilsurvient d’autres complications inattendues.

Parmi

les traitements

dont nous avons

parlé, il faut rejeter

dans

ces cas l’opération césarienne, car lors

même que dans un

cas qui.

au

début, était douteux,

on

acquerrait plus tardla certitude

que

l’ac-

couchement

par les voies

normales

est impossiblesanslamutilation

du

fœtus, les conditionssont toutes différentes.

Les

chances

en

effet

de

conserver l’enfant sonttrop faibles

pour que

l'on expose la

mère

à

une

opération aussigrave, surtout lorsque le

traumatisme

auquelelle

aété exposée déjà parle fait

de

son

accouchement

a pris

une

certaine intensité.

Dans

ce cas, c’estàlaperforation qu’il faut

donner

la préfé-

(11)

11

rence, quoique

au début

iln’en fûtpas plusquestion

que de

l’opéra- tion césarienne.

Il n’en est pas de

même de

la provocation de l'accouchement

préma-

turé. Elleprésente

de

véritablesavantages

dans

lesdegrés

prononcés du

rétrécissement quirentrent

dans

ce groupe, c’est-à-dire

dans

les bassins

simplement

aplatis, et

généralement

rétrécis et aplatis avec

un conjugué

vrai

de moins

de8 centimètres, et

dans

lebassin régu- lièrement et

généralement

rétréci avec

un conjugué de moins de

9centimètres.

Les dangers

d’un

accouchement

à

terme

sont

en

effet,

dans

cescas,très-sérieux,

même en supposant

touteslesautrescondi- tions favorables. Et d’un autre côté lerétrécissement n’est pasassez considérable

pour que

laprovocation

de

l’accouchement de 4 à6 se-*

maines

avantle

terme

normal,

n’amène

pas

une

diminutionsuffisante des difficultés mécaniques.

On

peut sans scrupule reculer l’opération jusqu’àla34

ou

36e semaine, c’est-à-direjusqu’au

momentoù

l’enfant présente déjà

une grande

vitalité.

On

doit espérer

que

sil’on

comparé

ce quivaarriver, aveclesconséquences vraisemblables d’un accouche-

ment

à

terme

survenant

dans

les

mêmes

conditions, il naîtra presque ledouble d’enfantsvivants

ou

tout

au moins un nombre

égal.

Le

pro- nosticest encore plus favorable

pour

la

mère

puisque le

danger

capi- tal qui la menaçait, c’est-à-dire la contusion desvoies génitales, de- vient insignifiant.

Quant aux

influences fâcheuses résultant

de

la

méthode employée pour provoquer

lesdouleurs, elles

ne

sont pas à redouter si la

prudence

nécessaire préside à leuremploi. Ordinaire-

ment

j’ai

vu dans

ces cas, les suitesde couchesêtre

absolument

nor- males.

Après

la 36e

semaine

je rejetteraisl’accouchementprovoqué, caralors, lesavantages

que

l’on pourrait espérer en retirerseraient plus

que

balancéspar

une

série d’autres circonstances défavorables,

telles,

que

la présentation et l’attitude vicieuse

du

fœtus, la faiblesse des contractions, la rupture

prématurée

des

membranes,

la lenteur

de

ladilatation

du

col.Je préfère

dans un

faiblerétrécissementatten- drele

terme normal,

à

moins que

descirconstances spéciales,

comme

des cicatrices

dues

à deslésionsantérieures

du

col

ou du

vagin, ne viennent

augmenter

les

dangers de

l’accouchement à terme.

Lorsque

laccouchement se faitspontanémentàlafinnormale de lagros- sesse, soitparce

que

l’on n’apas voulu

provoquer

l’accouchement,soit parce

que

l’on est

seulement

appelé

au début du

travail,

on

trouve

au

début de la dilatation, étant supposée

une

présentation

du sommet,

lorsque le rétrécissement est

modéré, même

chezlesprimipares,

on

(12)

12

trouve,dis-je, ordinairementlatête encore au-dessus

du

bassin, soit libre, soitdéjà solidement fixéesur le détroitsupérieur.

Un

pointim- portant

dans

tousles cas, etd’autantplusimportant

que l’engagement

de latête est plus difficile, c’est la conservation del'intégritéde la'poche des eaux.

Puisque

c’estellequi par

une

pressionconiforme doitouvrir

le col qui

pend dans

le bassin

en

avant dela tête,etquidoit dilater l’orifice externe, larupture

prématurée

des

membranes

entraîne ici

des conséquences bien plus graves

que

lorsque lebassin estspacieux.

La

tête étant élevée, la quantité

de

liquide qui s'écoule est

en

effet bien plus considérable.

La

rétraction dela matrice entraîne

pendant

la contraction

un

trouble plus

prononcé de

lacirculation utérine et placentaire, et les

dangers

sontplus

grands pour

l’enfant.

De

plus,

comme

jel’ai déjà signalé, après larupture des

membranes,

le seg-

ment

inférieur del’utérus est

soumis

à

une

compression plusforte et plus irrégulière entre la tête et l’anneau pelvien,

compression

qui est d’autant plus grave

que

ladilatation

du

col, quisefait alors sous l’in- fluence de laprogression

de

la tête, exige

beaucoup

plus

de

temps, et

que

par

conséquent

le

moment où

l’on

pourra

interveniractivement

dans

l’intérêt de la

mère

etde l’enfant se trouve

également

reculé.

Evidemment dans

ce cas, tout

dépend de

larésistance etdel’extensi- bilité des

membranes. La

seule chose à faire, c’est

d’empêcher

les

mouvements de

la

femme,

son agitation, ses efforts prématurés,

en

lui conseillant le reposetlapatience.Il faut, lorsque l’on Louche la malade,

employer

la plus

grande douceur pour

ne pas

rompre

les

membranes.

Enfin,

dans

certainscas, on peutrecourir

au tamponne- ment du

vaginavecle colpeurvnter, car sa contre-pression

empêche

jusqu’à

un

certain point larupture

de

lapoche.

Mais

chez les

femmes

irritables c’est

un moyen

qui souventn’estpassupporté etqui

en

tout cas

ne

doitpasêtrecontinué trop longtemps.

Un deuxième

point qui,

dans

ces

accouchements,

n’apas

moins

d’importance

que

leprécédent,c’est demaintenir latête

, quiseprésente surle détroit supérieur,dans uneposition et une attitudefavorable à son engagement

, ou

, si ellene l’apas

, delesproduire, et

en

tout cas d’écar- ter tout ce qui pourrait s’yopposer. Plus

on

connaît

exactement

la

forme du

bassin;

mieux on

a

déterminé

lasituation de latête parrap- portaubassinet lesproportions relatives deces

deux

organes, plus

on

sera à

même,

touteschoseségales d’ailleurs, de remplirces indi- cations.

Gomme

je l’ai déjà fait

remarquer

dans

un

autre travail, ce sontsurtoutladirectionetla

forme

vicieuse

de

l’utérus,la position et

(13)

— —

l’altitude vicieuse

du

fœtus, qui

amènent

un

engagement

vicieux de la tête sur lebassin et, en

empêchant

leslibres

mouvements

de cet enfant, ne permettent pas

au

bassin

de

faire sentirson influence ré- gulatrice. Ceci mérite toute notre attention. Ainsi il faut, lorsque le ventreest en besace, cequi est larègle chez les multipares, le soutenir etle releveravec

une

ceintureou

un bandage

approprié. Sila têteest trop inclinée

en

avant au-dessus

du bord

supérieur

du

pubis, il faut,

pour

éviterla productiond’une position postérieure, exercer sur elle

une

pression avec un coussin placésous le

bandage

ventral et cher- cherainsià l’amener au niveau de l’orificesupérieur.

Siladéviation del'utérus est la cause dela présentation vicieuse

de

latête, il fautfairecoucherla

femme

sur le côtéopposé.Il faut, enfin, si la forme du bassin exige, pour faciliter lengagementde là, tête

, un

abaissementdufrontou de l'occiput,

donner

suivantles cas, àla

femme,

laposition qui correspond au côté

se trouve lefront

ou

l’occiput.

Pourtant, lorsque la tête est encore élevée et mobile, il faut, par le toucher, contrôler de

temps en temps

l’action

du

clécubituslatéralsur la situation de latête, afin de pouvoir,

dans

lecas où on irait contre sonbut,

changer

le décubituslatéral en décubitus dorsal.

En

troisième lieu, ilfaut

examiner

la naturedescontractionsetcher- cher à combattre leurs écarts et leurs déviations. Si les contractions sont plus douloureuses qu’elles

ne

le sontordinairement àcette pé- riode etsi

on

ne peut expliquer cefait, nipar l’excitabiliténerveuse de la

femme,

nipar

un

état

spasmodique, on

doit, surtoutchezles rachi- tiques, penserà

une

irritation

mécanique

del’utérus par des crêtes

ou

desépines saillantes

du

rebordpelvien, et celad’autantplus

que

la douleur persistera après la contraction,

que

l’utérusdeviendra sen- sible et

que

la

température

s’élèvera.

On

devraseborner, toutd’abord, à l’emploi des anesthésiques,

comme

la

morphine,

le chloral, etc. Si, au contraire, les contractions pèchent par leurfaiblesse, la

douche chaude

devra être employée,

mais

avec prudence. Des cataplasmes tiêdes, secs ou humides, appliqués sur leventre

ou

les parties géni- tales, peuventêtre utiks.

On

attend

donc

ainsile

momen

t

se faitlarupturedes

membranes,

sauflescas rares

il est indiqué de les

rompre,

soit parce qu’elles ont rempli leur but, la dilatation

du

col

;

ou

soità

une époque

plus prématurée, parce

que

ces

membranes

étantplus fermes, sont

moins

extensiblesetinsuffisantes à

amener

cette dilatation.

Le

degré de di-

(14)

\4

latation

du

colaprèslarupture des

membranes

est

de

laplus

grande

importance

dans

la conduite ultérieure.

Le

col, aprèsla rupture des

membranes,

est-il

complètement

dilaté

ou

tout au

moins

assez

largement

ouvert,

pour

permettre

au

besoin l’introduction dela

main dans

lacavitéutérine? suivant la situation plus

ou moins

élevée

ou

plus

ou moins

basse delatête par rapport

au

bassin, et suivantle

degré

de rétraction

du segment

inférieur

de

l’u- térussurla tête, il va

pendre

alors enavant

de

la tête, etaffaisser

au devant

d’elle

dans

l’excavation

un segment

plus ou

moins

large et plus

ou moins mince

de cecol.

Sila tête estdéjàengagée dansledétroit supérieur

par

ungrossegment de sa voûte, dans unesituation favorable, c'est-à-dire dans unepositionet

une attitudecorrespondante à la

forme

du bassin, il

va

de soi qu’ilfaut seborner àlaisser les douleurs faire leureffet.

Mais

silatêteest encore libre etmobile surle détroitsupérieur

, oun'ypénètre que

par un

très-petit segment desavoûte, alors seprésente laquestion desavoir, si, confiant

dans

l’aclion decontraction,

on

doit attendre la

marche

normaled'un accouchement par le

sommet ou

biens'ilfautfairela versionpodalique.

Si,

en

effet,

on

se décide

pour

cette dernière alternative, onestpréci-

sément

au

moment

leplus favorable

pour

agir.

Quel est, dans ces conditions, le procédéauquel

on

doit

donner

la préférence? C’est

une

question quia été résoluedifféremment, suivant l’expérience individuelle.

Les

statistiques comparatives qui ont été dresséesdes résultats

obtenus par

laversion podalique ou l’accouche-

ment

par le

sommet, dans

ces cas,

ne permettent

pas

déjuger

la question, car les conditions varient trop, suivant les cas,

pour que

l’onpuisse sérieusementet valablementétablirdes

termes

de

compa-

raison.

La

décision, étant

donné chaque

cas, ne peutêtreprisequ’après

que

l’ona

minutieusement

pesé toutes lesconditions individuelles, et quel

que

soitleprocédé employé,le pronosticprésente d’autant

moins de

certitude qu’il

dépend en grande

partie

de

facteurs qui

échappent

à notre calcul.

Une

condition préliminaire indispensable

pour

lamarche favorable de

l’accouchement

par

le

sommet

c’est

que

laposition etl’attitude du crâne lorsqu’ilse présente, correspondent à laforme du bassin.

Plusla dis- proportion

mécanique

est considérable, plus cette conditionest indis- pensable. Il faut tout

au

moins,étant

données une

position et

une

atti-

tude

défavorables

de

la tête,

que

celle-ci soitencoreassezmobile

pour

que

l’on puisse

compter

aveccertitude modifier favorablement cette

(15)

positionpar

une

situationappropriéeclela parturiente.

Les

difficultés

que

lebassin oppose à

l’engagement de

latête qui estlapartielaplus

volumineuse de

l’enfant, sont

en

partie

compensées

par la

grande

facilité qu’elle possède

de

s’adapter à ce bassin.

Par

suite

de

la flexibilité et

du chevauchement

possibledesos

du

crâne, lecrâne

peut

progressivement subir

un allongement

considérable sans

que

sa

com-

pression

compromette

directement la vie

de

l’enfant.

Et même

la perte

de temps

qu’entraîne cette

accommodation,

perd

de son impor-

tance par ce fait,

que

le crâne peut remplirle

segment

inférieur

de

l’utérusplus

complètement que

toute autre partie fœtale, retenir

dans

la cavité utérine

une

plus

grande

quantité

de

liquide amniotique, ettouteslesautresconditions étantfavorables (c’est-à-dire insertion

normale du

placenta et situation favorable

du

cordon)protégerla cir- culationfœtale contre destroubles notables. Sipar conséquent,l’obs- tacle

mécanique

n’estpas trop considérable, lescontractions

peuvent

réussirà

engager

la tête

dans

le bassin et àl’enexpulser,sans

que

la vie

du

fœtus se trouve

compromise

par la

compression du

crâne

ou

la

gêne de

la respiration.

De même

la

compression

inévitable desvoies génitales, lorsque lastructure

du

tissu est normale,lorsqu’iln’y apas d’arêtes aiguës

ou

d’épines

dans

le détroitsupérieur, peutrester

dans

deslimitestelles qu’ellen’entraîne

aucun danger

essentiel.

Mais

cette terminaison favorable est

intimement

liée à l’accomplissement

de

la

deuxième

condition, c’est-à-dire à ce fait

que

les contractionsutérines sont enproportion de l'intensitéde la résistance. Cela est indispensable

pour que

latête puisse

s’accommoder

àla

forme de

l’anneau pelvien

ou du moins pour

qu’ellepuisse s’engager suffisamment,

pour

que, si lescirconstances l’exigeaient,

on

puisse

terminer

artificiellementl’ac-

couchement

par

une

application

de

forceps. Ilfaut deplus

que

lescon- tractions soient suffisantes

pour

produire cet

engagement de

la tête

dans une

limite

de temps

qui

ne

soitpas trop prolongée. Plus

en

effet ce

temps

sera long, plus les conditions seront défavorables

pour

la

mère

et l’enfant. Si les douleurs sont faibles, la tête

ne bouche

pas assez

complètement

le

segment

inférieur

de

l’utérus; leliquide

amnio-

tique s’écoule

donc peu

à

peu

en

grande

quantité hors

de

la matrice, et

quoique

la pression

que

les parties maternelles subissent entrela tête etlerebordpelviensoitplus limitéeetrelativement

moindre,

elle

compromet

les tissuspar salongue durée, etcelad’autantplus

que

la pression porte d’une façon continue surles

mêmes

points.L’impossi-

bilité

l’on est

de compter

surlapuissanced’actiondescontractions,

(16)

16

et l’insuffisance des

moyens que nous

avons en notre puissance pour

remédier

à leur faiblesse, et les renforcer assez

pour que

l’onpuisse produirelesconditions qui

permettent

de terminer l’accouchement par

une

application de forceps, constituent

un

fait important, qui,

dans

lescas

de

rétrécissement dubassin,aggrave lepronosticdes accouche-

ments

parle

sommet comparativement

àlaversion podalique.

La

version podalique

en

effetprésente l’avantage incontestable, aus- sitôt

que

l'orifice est

complètement ou presque complètement

dilaté,

de

permettre de terminer l'accouchement parl’extraction

du

fœtus à tout

moment,

quel

que

soitl’état descontractions utérines.

Il est évident

que

le résultat

pour

l’enfant, à

mesure que

le rétré- cissement seraplusconsidérable,

dépend

surtout

de

l’aidequ’apportent lescontractions, car abstractionfaite

de

ce

que

l’on

gagne

parlaforce d’expulsion, le

mécanisme de

l’accouchement se

comporte

d’autant

mieux que

l’action destractions estplus aidée par lapression exercée de haut en bas parlescontractions.

Le

fait

notamment,

qui, d’après l’opinion

de Simpson,

aétésignalé par touslespartisans

de

laversion podalique

dans

les rétrécissements

du

bassin,

en

faveur

de

l’accou-

chement

par l’extrémité pelvienne, c’est-à-dire

que

latête

venant

la dernière franchit plus facilement le bassin,

que

lorsqu’elle vient la première,

suppose que

latête pénètre

dans

le bassin parlapointe

du

cônequ’elle représente, c’est-à-direle

menton,

ce qui

parmet

d’exer- cer

simultanément une

puissantetractionsurle

menton

et lesépaules,

manœuvre

qui adéjà étéconseilléepar

Levret

etqui, à tort, est con-

nue

aujourd’hui sousle

nom de

procédé deVeit.

Mais

cetavantage se trouve contrebalancé lorsquelesdouleurssont insuffisantes, et

que

la traction agissant surtout sur le tronc,le

menton

s’écarte

absolument de

lapoitrine, et

que

latête

ne

se place pas

dans

l’axe

du

bassin par

son

pluslong diamètre, le diamètre occipital,

mais

se loge au-dessus

du

plan

du

détroitsupérieur.Ilfaut alors

du temps pour

qu’ellerevienne

dans une

directionconvenable à des tractions efficaces.

Le

salut

de

l’enfant

dépend

alors surtout de la facilité avec laquelle

on pourra rapidement amener dans

le bassin cettetête

venant

ladernière, tandis

que dans

les présentations

du sommet,

les difficultés et lalenteur

que

la tête

éprouve

à pénélrer

dans

le bassin

ne

sont pas, à

beaucoup

près, aussi dangereuses.

On

voit par

conséquent

que,

même

avecla version podalique,

on ne peut dans

ces cas

compter

surle succès. Il n’en estpas

moins

vrai

que

la

mère y

trouve

un

avantage, carlaprès-

(17)

sionque lesvoies génitales ont à subirdure moinslongtemps et par consé-

quent

le

traumatisme

est

moindre.

Lesrésultats de la versionpodalique, toutes circonstances étant égales d’ailleurs, seront

donc

d'autant plus favorables que l’on aura pratiqué l'opérationplus tôtaprès la rupturedes membranes.

— Ajoutons que

la version est plus facile, et

s’accompagne

d’une contusion etd’uneirri- tation

moindre

des parois utérines, lorsque la tête est encore mobile au-dessus

du

bassin, et

que

la matrice

renferme

encore

une

notable quantité de liquide amniotique,

que

le

segment

inférieur

de

l’utérus n’a pasencore souffert de la pression; et qu’ilsupportera

mieux une

plus forte contusion

au moment de

l’extraction, si

comme

c’est la règle celle-ci se fait rapidement. Enfin la circulation placentaire est alorslaplupart

du temps

intacte, l’enfantencore parfaitementvivant, etplusen état

de surmonter

les

dangers

liés à

une

extraction lente et difficile. Néanmoins lesuccèsde l’opération,étantsupposéesdes conditions favorables, reste du moins pour l'enfant si dubitatif, que nous devons donner leconseil dereculerl'intervention tant que l’on n'aura

pas

perdu l’espoirque Vaccouchement ne pourra

pas

se terminer heureusement

par

le

sommet.

Nous

devons,

au

contraire, conclure d’autant plus vite

en

faveur

de

laversion,

que nous devrons moins

espérerla terminaison de l’accouchement par le

sommet;

toutes les fois par

conséquent que

laposition et l’attitude

de

latête seront

absolument ou

relativement vicieuses, c’est-à-dire qu’elles

ne

correspondront pas à la

forme du

bassin, et qu’elles

ne

se modifieront pas

rapidement

par les

ma- nœuvres,

lorsqu’il y aura procidence

du cordon ou

d’un

membre,

enfinlorsqueles

commémoratifs

fournisparles

accouchements

anté- rieurs

ne permettront

pas

de compter

sur

une

action suffisante

des

contractions utérines, insuffisance qui,

dans

les

accouchements

parle

sommet

et

dans

les cas actuels, sera plus

dangereuse pour

la

mère que

danslaversion podalique.

En

ce quiconcerne les conditions

du

bassin, je crois, d’après

mon

expérience,

que

: aucune des trois formes capitales des rétrécissementsdu bassin,

par

elles-mêmeset lorsqu'elles ne dépassent pas certaines limites, ne peut fournir decontre-indicationà la version podalique. Je ne puis, il

est vrai, dissimuler

comme

jel’aidéjà fait

remarquer que

le bassin régulièrement et

généralement

rétréci, avec ses

dimensions

habi- tuelles, c’est-à-dire

un conjugué

qui a

généralement

au-dessous

de

9centimètres, présente des difficultésparticulières

pour

l’extraction

de latête

venant

ladernière.

Dans un

rétrécissement très-prononcé,

que

j’aurais

reconnu

avec

C. 2

(18)

18

certitude, je choisirais

néanmoins

laversion podalique, etsuivantles circonstances, j’auraisrecours àlaperforation

ou même

àl’opération césarienne.

Dans

le bassinaplati je

ne

descendrais pas au-dessous d’undia-

mètre

d’environ 8 cent., sansallertout àfaitjusque-là

dans

le bassin

généralement

rétréci, aplati. Si, d’une façon générale, l’obstacle

mé-

canique est tel

que

l’on doive considérer la mutilation

du

fœtus

comme

possible et

comme

probable, il

ne

faut, à

mon

avis, avoir recours à la version podalique

que

si, à

un

état

absolument

intact desvoies génitales, se jointl’intégrité absolue des battementsfœtaux,

comme

force et

comme

fréquence.

— Car pour peu que

l’enfant soit déjà en état d’asphyxie, l’extraction si elle estdifficileletuera sûre- ment.Ilvaut

mieux, dans

l’intérêt

de

la

mère,

avoirrecours àla per- foration

du

crâne, le

sommet

se présentant.

On

peut il est vrai,

au

besoin, faire la perforation aprèsla version podalique,

mais

l’opéra- tion est alors

beaucoup

plusdifficile, etdetoutes façons, les parties maternelles ontétéexposées à

une

attritionplus considérable jusqu’à l’intervention.

Je n’ai riendeparticulier à signaler à

propos du manuel

opératoire.

Je me borne donc

à quelques

remarques

générales.

Si le liquide amniotiques’est écoulé depuis

longtemps

et

complètement,

et si par conséquent

on

doits’attendre à de

grandes

difficultés, ilest bon, si l’on alesaides nécessaires,de chloroformiserla

malade. —

Silescon- tractionssont faibles et si l’on

suppose que

la situation de l’enfant aprèsla version entraînera encore des retards

pour

l’extraction, je conseille

au

début decelle-ci, d’administrer leseigle ergoté, à

une ou

plusieurs doses,

ou

d’injectersousla peau de l’ergotine

pour

permettre

aux

contractions d’aider àcette extraction. Si

malgré

celalescontrac- tions restent faibles, si les frictions faites sur le fond de la matrice

ne donnent

pas de résultat, il faut

pour

renforcer

en

quelque sorte l’impulsion des contractions

engager

la

malade

à faire des efforts d’expulsionpendant lestractions, faire

comprimer

l’utérus par

un

aide (sage-femme), et surtoutàla lin de l’opérationfaireexercer

une

pression sur latêtede l’enfant,afin

que

le

menton

reste appliqué surlapoitrine.

Dans

les tractions

que

l’on exerce, il faut avoir soin naturellement de suivre ladirection qui est la plus favorable à l’en-

gagement

de la tête, étant

donnée

la

forme du

bassin. Si le

menton

resteaccrochésur le détroitsupérieur, etsi l’onne parvient pasrapi-

dement

à le saisiravecles doigtsetàl’abaisser

dans

le bassin, larègle est

que

l’enfant

succombe.

Ilfaut alors attendre

que

les contractions,

(19)

aidées par

une

expressionexercée extérieurement surla matrice, aient placélatête plusfavorablement, et l’aient

engagée

dans lebassin,soit parle

menton

soitpar l’occiput.

On

ne doitpas avoir recours

au

tor- ceps avant

que

cela se soitproduit. Si l’onréussissaità l’appliquer, la têteserait

mal

saisie et toute tentative

pour

extraire latête resterait

probablement

infructueuse, et, sans sauver l’enfant,

on compromet-

trait la mère.

Mais

si lescontractions ont abaissé le

menton ou

l’oc- ciput

dans

lebassin,

on

peut la plupart

du temps

entraîner avec la

main

la tête aussi rapidement et aussi

sûrement

qu’avec le forceps.

Si

donc

les contractionstardent à produirele résultat désiré, jecon-

seille, si des circonstances particulières,

comme

le décollement

du

placenta, n’exigentpas

une

terminaison rapide, de laisser

un peu

de répitàla

malade

et de la reporter dans son lit.

Au

bout d’une

demi-

heureà

une

heure

ou

trouve généralement, sous l’influence d’uneac- tion sensible des contractions, la tête assez engagée

dans

le bassin

pour que

l’onpuisse la dégager facilementet doucement. Si

au

con- traire lasituation vicieuse dela tête s’est maintenue, soitparce

que

le vice de conformation était trop prononcé, soit parce

que

les con- tractions sont tropfaibles,

ou

n’a plus qu’à réduire le

volume

de la tête

pour

faciliter son

engagement dans

lebassin.

La

céphalotripsie simple ou précédée de la perforation, conduit le plus

sûrement

et le

plus

rapidement

à ce but.

Si les

membranes

étant

rompues,

la têteétant encore élevéeet les conditions paraissantfavorables,

on

s’est résolu à laisser l'accouche-

ment

se faire par le

sommet

, l’açcouchement peutse terminer de diffé- rentesfaçons.

Dans

lescas lesplusdéfavorables, la tête reste plus oumoins mobile surledétroit supérieur, ouellene s'engage dansce détroitque

par un

tout petit segmentdesa voûte. Alors,

ou

bienc’est l’obstacle

mécanique

qui estplus considérable qu’on ne l’avait supposé,

ou

bien la force des contractions s’estépuisée contrel’obstacle.

On

doit alors,dans lecas

le diagnostic est incertain, se réassurer de la

forme du

bassin,

pour

voir si en modifiant l’attitude de la

femme, on

ne parviendra pasà modifier la position et la situation dela tête et àfaciliter son

engagement,

ou bien si c’est l’inertie utérinequi est la cause princi- pale

du

retard qu’éprouve l’accouchement,lacombattre parl’emploi de douchestièdes,

ou

l’introduction dans l’utérus d’une sonde élas- tique

pour

exciterde

nouveau

l’organeetrenforcerles douleurs.

Mais

dans toutes ces tentatives

on

nedoit pas perdre trop de temps, car

(20)

20 —

touteheure qui s’écoulesansprofit,

compromet

de plus en plusle pro- nostic pour la

mère

et l’enfant et le résultat del’opération à laquelle on aura recours deviendra de plus

en

plusincertain.

Del’opérationcésarienne ilne peutêtre question

que

si,

dans

lecours de l’accouchement, on s’est

absolument

convaincu

que

l’obstacle

mé-

canique est

absolument

trop

grand

et

que

l’accouchement parlesvoies

normales

est

absolument

impossible sans mutilation

du

fœtus, etsi l’intégrité des battements

du cœur du

fœtus

permet

de garantir

son

salut,et si les parties maternelles n’ont pas encoretrop souffertde la compression

pour que

le

danger

de cette opération soit aggravé. Si on se décide alors

pour

l’opération césarienne, il faut naturellement agirsans

aucun

retard.

Ijemploidu forceps lorsque la tête est encore aussi élevée,

même

dans

lescas

l’obstacle

mécanique

n’estpas par

lui-même insurmon-

table, estcontre-indiqué.Je donnerai plus tardendétails lesraisons de cetteopinion.

La

plupart

du temps

par conséquent

on

n’aura à choisir qu’entre la versionpodaliqueet laperforation du crâne.

Mais on

ne doit entre- prendre la version

que

dans desconditions qui ne soientpas tropdan- gereuses

pour

la

mère

et qui laissenten

même temps

l’espoir

que

l’on pourra sauver l’enfant. Si lamatrice

commence

à devenirsensible à lapression, sila température dela

femme

s’élève, si la rétraction de

l’orifice externe

ou

l’enclavement entre la tête et le bassindel’orifice interne faitredouter

une

déchirure de la voûte

du

vagin,

ou

enfin si

l’écoulement

du méconium,

la faiblesse, le ralentissementou l’irrégu- larité des bruits

du cœur

fœtal

montrent que

l’enfant est

gravement compromis,

il est alors trop tard

pour

taire la version;et il faut lui préférerla perforation

du

crâne,et cela d’autantplus,

que

l’obstacle

mécanique

est plus considérable; et enfin d’une

manière

absolue,

quand

on n’estpas sûr de pouvoir extraire l’enfantsans le mutiler.

La

perforation offre à la

mère

cet avantage qu’elle diminue'

immédiate-

ment

la compression et la distension

du

canalgénital. Aussitôt, par conséquent,

que

la têteétant élevée,les

symptômes

de compressionse manifestentsérieusement,il faut

dans

l’intérêtde la

mère ne

pas re- culer l’opération, car, sans cela,

on ne

peutplus,sauf

par

l’opération césarienne,

compter

surla conservation del’enfant. Si l’obstacle

mé-

canique n’est pas trop considérable, les contractions peuvent, étant supposé

que

l’on puisse attendre, suffireà laterminaison de l’accou-

chement

ou

du moins

lefaire progresser assez

pour que

l’extraction avecle forceps

ou

lecranioclasle ne présente plus dedifficultés.

(21)

Les

chances seprésentent plusfavorableslorsque la rupture des

mem-

branesse faisant

au moment

d'élection, la têtedescend

peuàpeu

dansledé- troitsupérieurpar

un grand

segmentde sa voûte, et dansune situationet

uneattitudefavorable, ou

même

lorsqu'elle étaitdéjà engagée antérieure- ment.

On

peut alors espérer

que

la puissancedes contractions, siellese soutient

suffisamment

longtemps, pourra

surmonter

la résistance

du

bassin.

Lorsque

danslebassinaplati la têtea franchiledétroit supérieur, lebassin,

comme on

sait,n’opposeplus d’obstacle sérieux à saprogres- sion.

Mais

souvent alors la force utérine s’épuise,

ou du moins

est insuffisante àexpulser l’enfantdansl’espace de

temps

désirable.

Dans

le bassin

généralement

et régulièrementrétréci, l’engagement de la tête se fait ordinairement sans grandes difficultés,

mais

les obstacles persistentjusqu’au détroit inférieuravecla

même

intensité

ou même

vont en croissant, et doivent ainsi faire redouter l’arrêt des con- tractions.

Tant que

latêteprogresse, si lentement

quece

soit,

on

doit,à

moins

de complications qui réclament

une

terminaison rapide, se bornerà l’expectation.

Mais

si laprogression de la tête subit

un

retard, soitparce

que

les résistances

augmentent,

soit parce

que

les contractions utérines per- dent de leur puissance,

on

ne doit se borner à l’expectation

que

tant qu’il n’y a pas de signes qui doivent faire redouter

une

irritation

ou une

déchirure des voies génitales, ou

que

les bruits

fœtaux

sont intacts.

Du

reste le

temps pendant

lequel il est

permis

d'attendre,

dépend

essentiellement de l’intensité des difficultés, et il en est de

même pour

le

mode

opératoire qui doit

ménager

à lafois et la

mère

et l’enfant. Autant, en effet, on doit s’abstenird’une

manœuvre

opéra- toire qui deviendrait difficile si elle était pratiquéeavantle

moment

d’élection, autantondoit sehâter, sil’onpeut terminer l’accouchement

promptement

et sans danger, et l’on est d’autant

moins

excusable d’attendre

que

l’on a

moins

deraisons d’espérerpar cette attente ob- tenir

un

réelavantage mécanique.

On

n’aordinairementalors pasà

compter

sur les résultats

que

l’on obtiendrait en voulant activer l’action des contractions. Si pour- tant les contractions ont

un

caractère particulièrement douloureux, on doit dans tous les cas conseiller l'administration des anesthésiques.

Par

contre

on

ne doit avoir recours

aux

agents ocitociques crue tant qu’il s’agit bien d’une simple faiblesse des contractions et

que

la texturedel’utérus n’est pas altérée.

Quelques-uns

de ces excitantsde la contraction,

comme

la

douche

chaude, l’introductiond’une bougie

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