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L Ogresse des archives et son chien

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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DOSSIER PEDAGOGIQUE

L’Ogresse des archives et son chien

CFB 451 – Christian et François Ben Aïm

Pièce tout public,

Représentations scolaires à partir de 10 ans Durée : 1h15

Contact :

Fanny Debray, chargée de la communication et des relations publiques, [email protected] – 01 43 60 76 11

www.cfb451.com

(2)

SOMMAIRE

L

A PIÈCE

... 3

PRESENTATION DE LA PIECE... 3

THEMES ET REFERENCES... 4

A

UTOUR DE LA CREATION

... 5

RENCONTRES... 5

ATELIER CHOREGRAPHIQUE... 6

ATELIER PARENT/ENFANT... 7

ATELIERS VIDEO... 7

ATELIER MUSIQUE... 8

L

ES AXES PEDAGOGIQUES

... 9

LA DANSE... 9

CONTES ET LITERATURES... 10

POUR LES PROFESSEURS... 10

L

ES CHOREGRAPHES

...11

L

A DEMARCHE

...12

B

IOGRAPHIES

...14

(3)

L A PIECE

PRESENTATION DE LA PIECE

Pour la pièce L’Ogresse des archives et son chien, Christian et François Ben Aïm s'inspirent de l’univers des contes de fées et de ses personnages pour mieux évoquer le monde qui nous entoure. Les chorégraphes déconstruisent et revisitent à travers la subjectivité de chacun des interprètes ces histoires connues de tous. A travers des les évocations détournées de ces fables, ils abordent ces thèmes que sont la violence, la peur, le désir et reconstruisent à travers plusieurs tableaux un conte contemporain, qui fera écho à notre monde actuel. Les chorégraphes nous entraînent ainsi dans un monde loufoque et surréaliste, oscillant entre rêve et réalité.

Cette pièce réunit neuf interprètes issus de différentes disciplines pour former des tableaux passant du sérieux à l’absurde, du construit au déconstruit, du répétitif au décalé.

Christian et François Ben Aïm ont fait appel à différents langages et éléments scéniques pour l’écriture de cette pièce :

la chorégraphie, avec la création d’un langage corporel singulier et empreint parfois d'une certaine théâtralité;

le cirque avec la présence de 2 circassiens (acrobatie & mât chinois) ;

la musique, avec une composition originale et la présence live de deux musiciens ;

la vidéo, avec l’insertion de séquences filmées dans la pièce ;

(4)

THEMES ET REFERENCES

L’

IMAGINAIRE DES CONTES

L’action de la pièce prend part dans le réel, et de ce réel naissent différentes échappées poétiques et fantastiques, qui laissent libre cours à l’imaginaire.

Cet imaginaire est largement empreint de l’univers des contes de fées.

Ainsi on retrouve

-une narration propre au conte : univers merveilleux, lieux et temps indistincts (autre chose)

-l’utilisation d’objets issus de contes : pomme, escarpin abandonné, hache…

-des personnages de ces contes : princesses, fées, petit chaperon rouge, bûcheron, ogre, sorcier.

Cette évocation se fait en partie par l’importance qui est donnée aux costumes.

P

EUR

,

VIOLENCE ET POUVOIR

Ce triptyque est représentatif de la part d’ombre de notre humanité. Sujet souvent abordé dans la littérature et les contes, c’est une récurrence dans l’univers artistique des chorégraphes. Ils continuent à travers cette pièce à sonder une représentation des souffrances humaines face aux jeux de pouvoir, à la manipulationet donc à la violence et à la peur qui en découlent.

L

E DETOURNEMENT DU REEL

A l’image de certaines histoires et de certains des films de David Lynch, Jim Jarmusch ou d’Almodovar, Christian et François Ben Aïm jouent sur un détournement du réel, ils créent dans cette pièce un univers oscillant entre rêve et réalité. Imprégnée de la symbolique des contes, la pièce nous surprend par des allusions à notre monde actuel. Par un agencement surprenant d’événements et une métamorphose des personnages, les chorégraphes créent des tableaux surréalistes et loufoques pour mieux nous surprendre.

L’

INSOLITE

Certaines parties de la chorégraphie sont élaborées à partir d’attitudes et de comportements décalés.

Dans l'optique de parvenir à une réelle étrangeté, les chorégraphes déstructurent et provoquent les corps. Ils seront alors engagés et naïfs, doux et difformes, à la rythmique incertaine, aux courbes monstrueuses et aux pas absurdes.

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A UTOUR DE LA CREATION

Ces rencontres et ateliers sont à organiser en lien la présentation de la création. Ce lien permet de créer un parcours constructif, de préparer et sensibiliser le public à la réception de la pièce.

Ces propositions peuvent être réalisées telles que présentées ci-dessous, mais elles peuvent être aussi adaptées au contexte et au public.

Ces interventions sont réalisées par des personnes de la compagnie, selon leur disponibilité.

RENCONTRES

R

ENCONTRE AVEC L

EQUIPE ARTISTIQUE

La rencontre avec un ou plusieurs interprètes de la pièce permettra au public de discuter des différentes composantes de l’œuvre, d’évoquer ses inspirations ainsi que le processus de création.

Cette rencontre est à imaginer à différentes occasions en lien avec les lieux.

D

ECOUVERTE DES METIERS

Des rencontres peuvent être organisées avec des membres de l’équipe pour faire découvrir différents métiers du spectacle vivant : régisseur général, créateur lumière, danseurs, circassien etc.

Public souhaité : 15-20 ans Durée : à déterminer

Intervenants : Laurent Patissier (régisseurs lumière), Luc Béril (régisseur général), Mélusine Thiry (vidéaste), danseurs, circassiens et musicien de la compagnie.

A

PERO

-

LECTURE

En lien avec la pièce à suivre, la compagnie propose un apéritif agrémenté de lecture de contes, en compagnie d’un(e) comédien(ne). L’intervenant, en lien avec la compagnie, privilégiera un choix de contes méconnus, détournés, originaux, qui plongeront le public dans l’atmosphère décalée de la pièce.

Public : tout public Durée : 45mn-1h

Intervenant : un(e) comédien(ne)

R

ENCONTRE MEDIATHEQUE

/

BIBLIOTHEQUE

La programmation de la pièce peut être l’occasion d’organiser, en lien avec la bibliothèque

ou médiathèque de la ville des rendez-vous autour du conte : conférences, cycles de lecture

de contes méconnus, expositions, ateliers d’écriture…

(6)

C

ONFERENCE AVEC

P

IERRE

-E

MMANUEL

S

ORIGNET

, (

DANSEUR DE LA COMPAGNIE ET SOCIOLOGUE

)

Cette conférence propose d’aborder le métier de danseur d’un point de vue sociologique.

Chercheur associé au laboratoire de sciences sociales de l’Ecole Normale Supérieure (ULM) et maître de conférences à l’université Toulouse III, il réalisa une thèse sur « le métier du danseur contemporain ». Il écrit plusieurs articles sociologiques sur ce même thème (dans Sociologie de l’art ; Genèses ; Travail, genre et sociétés ; Sociétés contemporaines) et collabore à des ouvrages collectifs (Une observation participante dans une audition : le recrutement des danseurs in Droits d’entrée ; Les âges sociaux et sexués de la vocation chorégraphique in Rapport sociaux de sexe et socialisation professionnelle).

La synthèse de ses travaux sur le sujet a été publiée dans un ouvrage paru en 2010, « Danser, enquête dans les coulisses d’une vocation » paru aux éditions La découverte.

Le thème peut être affiné et d’autres sujets peuvent être abordés.

Tout public ou groupe relais spécifique Durée : environ 1h30

Intervenant artistique : Pierre-Emmanuel Sorignet

ATELIER CHOREGRAPHIQUE

Ces ateliers chorégraphiques permettront de découvrir l’univers corporel de la compagnie, et plus spécifiquement celui de l’Ogresse des Archives et son chien.

Ces ateliers peuvent être de courte durée (2h), et permettre de sensibiliser un groupe à la pièce et au travail de la compagnie. Ils peuvent également comporter un nombre d’heures plus conséquent (10h-20h) et se terminer par une courte restitution du travail effectué.

Les ateliers prennent forme autour du langage chorégraphique spécifique à la pièce. Le travail s’articule autour

- de la gestion de l’équilibre,

- de recherche de la sensation d’apesanteur (rapidité et fluidité du mouvement) - du travail d’improvisation

- du travail d’interaction du corps et de la musique ;

- du travail de la métamorphose par le biais des personnages de contes - du travail autour du surréalisme (exemple autour du cadavre exquis).

Public souhaité : Tout public Durée : de 2h à 20h

Intervenant : danseur de la compagnie, selon disponibilité

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ATELIER PARENT/ENFANT

Ces ateliers sont menés par une danseuse de la compagnie. Par l’intermédiaire de la danse, l’enfant sera amené à découvrir son corps, à développer ses perceptions et à maitriser les différentes énergies (tensions, relâchement, équilibres…). Un travail sur l’espace et sur le mouvement du corps dans l’espace aura pour but de permettre aux enfants d’acquérir une certaine confiance en soi, de travailler le rapport aux autres, et à soi. Cet atelier sera

l’occasion pour le parent de passer un moment privilégié de découverte et d’éveil avec son enfant.

Public souhaité : jeunes enfants (âge à déterminer) accompagné d’un parent Durée : 2h

Intervenant : danseur de la compagnie, selon disponibilité

ATELIERS VIDEO

Ces ateliers sont menés par Mélusine Thiry, la réalisatrice des vidéos diffusées pendant la pièce. Deux types d’ateliers sont proposés

A

TELIER DE PROJECTIONS D

OMBRES

:

Il s'agira de créer des « scénettes animées », des objets/installations en lien avec la création.

Pour cela, ces scénettes s'inspireront de l’univers des contes pour imaginer les objets/personnages et les décors/supports de projection.

Public souhaité : à partir de 12 ans Durée : 5 séances de 2h minimum Intervenant : Mélusine Thiry

A

TELIER DE FABRICATION DE THEATRE OPTIQUE :

Ce procédé consiste à filmer un acteur éclairé sur fond noir. Les images sont diffusées sur un moniteur caché. Une vitre disposée au niveau du décor miniature reflète l'image. Ainsi, ce personnage/spectre semble évoluer au sein du décor miniature sans que le spectateur ne puisse rien voir du simple jeu de reflet créant cette magique apparition. L'idée est de s'inspirer des contes pour imaginer chaque dispositif (décor, personnage et situation)

Public souhaité : à partir de 15 ans Durée : 5 séances de 2h

Intervenant : Mélusine Thiry

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ATELIER MUSIQUE

La musique dans la pièce est un élément important. Jouée en live, par deux musiciens présents sur le plateau, elle participe à la construction d’un imaginaire. En lien avec les musiciens de la pièce, des ateliers d’improvisation, ou de création musicale à définir peuvent être menés.

Public souhaité : à partir de 15 ans Durée : à déterminer

Intervenant : à déterminer

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L ES AXES PEDAGOGIQUES

Voici des pistes de travail pour des enseignants ou intervenants qui souhaiteraient prolonger le travail autour de la pièce :

LA DANSE

Introduction et contexte : la danse qu’est-ce que c’est ? Avez-vous déjà vu des spectacles de danse ? Si oui, lesquels ?

Quelle particularité a la pièce ?

Pièce de danse avec également des circassiens, des musiciens, de la vidéo, du texte

La danse en général : quelles genre/type de danse connaissez vous ?

Danse classique, moderne-jazz, de salon, contemporaine, folklorique, orientale, africaine, traditionnelle.

La danse contemporaine : L’Ogresse des archives et son chien est une pièce de danse contemporaine. Selon vous, qu’est ce que la danse contemporaine ?

La danse contemporaine s’entend sous deux sens, selon la définition que l’on applique au terme « contemporain ».

Elle peut se comprendre comme la danse actuelle de l'époque, dans ce cas, la danse disco, le flamenco, la « breack dance », la danse classique, la techno se retrouvent sous ce dénominatif, elles se dansent toutes aujourd’hui, elles nous sont contemporaines.

La danse contemporaine évoque d’autre part une esthétique. La « danse moderne » qui a amené la danse contemporaine d’aujourd’hui, est apparue à la fin du XIXème siècle ; elle est née en Occident d’un refus des règles trop rigides de la danse classique. Elle est née aussi d’une volonté de retrouver un autre corps que celui imposé par le travail en usine. Les précurseurs de la danse moderne sont américains et allemands. C’est quand on a supprimé la grammaire de la danse classique, qu’il a fallu qu’on en invente une autre.

La danse contemporaine refuse la tradition, elle n’est pas la tradition, elle n’a pas de tradition. Elle crée une rupture avec ce qu’on a l’habitude de croire, de penser, de se représenter. Depuis la danse moderne, qui s’est démarquée à ses débuts par ses costumes, ses mouvements libres et continus, la danse contemporaine se veut une sorte d’alternative de la représentation du monde, une représentation et un questionnement de ce qui nous entoure.

Elle a aussi déconstruit certaines esthétiques (par exemple celle de danser systématiquement sur de la musique).

La danse contemporaine n’est pas fermée sur elle-même, aujourd’hui elle n’hésite pas à se mélanger à d’autres arts, tels l’image, la musique, le théâtre, la littérature, etc.

Danse et musique : qu’apporte l’utilisation de la musique à la danse ? Comment

s’articule la musique par rapport à la danse ? Quelle place occupe les musiciens par rapport

aux danseurs ?

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CONTES ET LITERATURES

Aborder les courants et notions de surréalisme, fantastique, onirisme etc.

Etudier les procédés d’écriture des contes, les notions de violence, de pouvoir dans les contes, les personnages types de ces histoires etc.

Etudier les contes abordés dans la pièce et comment ils-ont-été détournés.

Organiser des ateliers d’écriture autour du conte

POUR LES PROFESSEURS

Organisation de stages ou formations menés par un danseur de la compagnie, sur le

corps et son mouvement

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L ES CHOREGRAPHES

Le travail de création de Christian & François Ben Aïm parcourt les différents visages de notre humanité commune ou multiple : la mémoire, l’engagement, l’observation du quotidien, les rêves… Le corps est envisagé comme l’encre d’une écriture mouvante, vivante.

Ils approchent les arts de la scène à travers une formation pluridisciplinaire au cours de laquelle ils explorent à la fois les domaines du théâtre physique, des arts du cirque et de la danse.

Après un séjour de deux ans à Montréal, où ils sont respectivement interprètes pour la Cie Carbone 14 et pour la chorégraphe hollandaise Angelika Oei, ils créent en 2000 la compagnie CFB 451, implantée dans le Val-de-Marne.

A ce jour, une quinzaine de pièces, du solo à la pièce de groupe, a été créée. Leur recherche chorégraphique est proche, pour certaines pièces de la danse-théâtre et trouve ses inspirations dans des univers différents tels que la poésie de Gaston Miron, les photographies de Josef Koudelka ou encore les pièces de Bernard-

Marie Koltès. Ils développent également une écriture chorégraphique

propre mêlant la danse à d’autres disciplines comme la vidéo, la

poésie, la musique, le théâtre ou encore le cirque. Ils créent leurs

pièces dans et hors plateau, proposant ainsi leur approche physique et

poétique, engagée et onirique de la danse à un large public.

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L A DEMARCHE

Interview avec Yann Dissez, au Triangle à Rennes, scène conventionnée Plateau pour la danse

Comment êtes-vous venus à la danse ?

Nous avons d’abord fait beaucoup de sport étant jeunes, puis la danse a été pour nous une sorte de carrefour, qui a rassemblé des intérêts différents.

Nous avons ressenti la nécessité de dire des choses avec le corps, comme si le corps était inévitablement l’élément avec lequel nous nous exprimons. Le corps est le premier support de notre personne, il porte l’individu, son identité. Pour nous, toute expression se doit de passer par cet élément incontournable qu’est le corps. Il y avait aussi la nécessité d’un engagement physique, de l’expression du corps et l’envie d’être dans un rapport artistique vivant. La danse contemporaine s’est imposée comme le médium qui a rassemblé toutes ces envies, toutes ces attirances-là.

Nous envisageons le corps, non seulement comme un outil plastique, mais également dans sa dimension humaine. Il parle d’un individu, même si nous n’allons pas forcément raconter la vie de cet individu-là. La première chose que l’on voit d’un corps, c’est « à qui il appartient ». Dans notre travail nous nous intéressons à cette donnée identitaire que véhicule le corps.

Vous parlez pour votre travail artistique de « danse-théâtre », qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Nous parlons de danse théâtre, car nous ne nous interdisons pas l’utilisation de la parole, le texte et les mots peuvent participer au spectacle de danse, c'est-à-dire à un spectacle où l’élément premier reste le corps et sa prise de l’espace et du temps. Ces termes portent aussi l’idée que l’on travaille autour d’une chorégraphie de la narration : dans nos spectacles, nous n’hésitons pas à poser le fait que l’on va raconter quelque chose, rapporter des faits, les exposer, parler d’un temps qui n’est pas forcément le temps de la représentation où vous êtes là en face de nous. C’est en cela qu’il y a une dimension théâtrale : il y a quelque chose qui est rapporté.

« Danse-théâtre » vient aussi du fait que nous aimons bien nous inspirer d’œuvres dramatiques ou littéraires. Il y a dans nos thèmes et sources d’inspiration cette dimension littéraire qui est assez importante et oriente nos spectacles dans un certain style. C’est particulièrement manifeste dans nos deux dernières créations, mais c’est quelque chose qui nous a toujours nourri.

Bien souvent, ce sont des textes poétiques qui ont été à l’origine de nos pièces. Ce qui nous intéresse dans la poésie ce sont les images : des images fortes ou des images qui choquent l’entendement, qui donnent à voir des mondes fantastiques, imaginaires : ça c’est inspirant pour le corps, ça nous permet de recréer des mondes physiques, de comportements, des gestuelles étonnantes.

Ce qui nous intéresse dans le théâtre, ce sont les constructions dramaturgiques, les événements : comment une pièce s’échafaude, sur une chronologie d’événements et comment on peut rendre compte de cette chronologie, de cette série d’événements de manière scénique, en utilisant les différents moyens que nous avons à notre disposition.

Nous ne nous sommes jamais dit que, parce que nous faisons de la danse, il nous est impossible d’utiliser des textes, de la musique, un décor ou une scénographie… Tout peut participer à créer l’événement, après, tout est question de dosage. Nous aimons que les moyens que l’on utilise se frictionnent et viennent donner des sensations hétéroclites sur ce qui est dit, sur ce qui est fait sur le plateau.

La question de l’engagement, du corps engagé est au cœur de vos propos… y voyez-vous une forme d’engagement politique au sens étymologique du terme (engagement dans la cité) ? … La notion d’investissement physique est une notion importante pour nous : l’investissement physique entendu comme l’investissement de la personne en rapport avec son corps lui-même. Il y a vraiment une dimension émotionnelle, sensorielle et donc, engager son corps, c’est le mettre en mouvement dans toutes ses composantes, pas seulement esthétiques ou spatiaux temporelles, mais aussi ses composantes émotionnelles ou identitaires. C’est pour cela que l’on parle d’engagement :

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ce n’est pas seulement l’énergie ou la force que je vais mettre à bouger, c’est aussi ce que je m’autorise à faire résonner physiquement et qui vient toucher à d’autres dimensions de ma personne.

Pour nous, s’engager politiquement ou s’engager dans une action c’est aussi s’engager selon les différents paramètres de notre personne. S‘engager dans un groupe, dans une collectivité c’est rencontrer les gens, être au courant de ce qui s’y fait, réagir… L’engagement passe aussi par la question « Comment je rencontre l’autre ? ». Le premier signe de l’engagement c’est : « Quel est le lien qui m’unit à l’autre ? », « Comment je crée du lien et comment je l’actualise avec l’autre, avec la différence ? ».

Peut-être que s’engager c’est avant tout être dans un juste rapport à soi-même de manière à pouvoir être dans un juste rapport à l’autre. C’est quelque chose qui n’est pas donné, qui est à renouveler, à ajuster constamment.

Notre engagement politique (comment je m’insère dans la collectivité, dans un lieu) est avant tout lié à la question « Comment je m’y insère en étant au plus près de moi-même et en même temps le plus disponible pour être ouvert à ce qui m’entoure ? ».

Notre engagement est un engagement sensible à partir duquel nous pouvons envisager un engagement plus philosophique ou plus politique, mais il s’agit avant tout de l’engagement de ce qui nous constitue primordialement, c'est à dire de notre corps, de nos émotions et de notre pensée.

Nous avons du mal à distinguer entre ce qui serait le corps comme outil plastique et des émotions ou une pensée séparées : le corps est un tout.

Les questions de l’autre, de l’individu, de l’identité occupent une place centrale dans votre travail …

Oui ce sont des thématiques qui sont au coeur de notre travail, parce qu’elles rejoignent toute notre recherche sur les questions de présence, de disponibilité du corps, sur le fait de comprendre comment le corps peut être mis en jeu tout en rendant présentes les émotions et les sensations.

Notre préoccupation centrale est vraiment la question de la présence de l’identité : comment l’identité peut à la fois apparaître et disparaître ? Ce que l’on cherche avec les interprètes c’est à ce qu’ils ne s’effacent pas, qu’ils convoquent tous leurs moyens de manière à être les plus vivants possibles.

Les questions de l’autre, de l’individu, de l’identité sont au coeur de notre recherche purement physique, qui consiste à tenter de comprendre comment l’émotion se transcrit physiquement, comment le corps donne à voir des émotions. Quand on travaille avec des danseurs en stage, c’est avant tout sur ces questions là que l’on insiste, que l’on cherche : « Est-ce que vous pouvez vous mettre d’avantage en jeu, apparaître plus vous-mêmes physiquement, dans toutes vos composantes (émotion, sensation, pensée, corps) ? » Il s’agit d’accroître cet investissement, cet engagement dans toutes ses directions, en conservant l’idée que plus je vais aller loin dans cet investissement, plus je vais m’effacer en tant qu’individu, avec mon histoire personnelle : plus j’augmente ma capacité à me mettre en jeu pleinement, plus je vais pouvoir parler d’autre chose que de moi-même.

La question de la relation à l’autre est aussi importante, elle se décline : relation à moi-même (« Je est un autre »), relation à l’autre interprète avec qui je partage le plateau, relation au public…

Nous sommes dans une démarche où nous tenons compte du public, il y a dans nos spectacles une dimension d’adresse et de connivence de plus en plus manifeste. Si dans nos premiers spectacles il y avait une exposition franche, spontanée, immédiate de ce que l’on cherchait à exprimer, aujourd’hui ce qui est adressé l’est avec la conscience d’être adressé : il y a une connivence souterraine qui est établie avec le public « Nous allons vivre des émotions, vous raconter des trucs, mais nous ne sommes pas dupes de ce qui est en train de se jouer là ». Nous cherchons malgré tout à avoir une distance.

Notre rencontre va se faire dans cette connivence : quel rôle vous, en tant que public, et nous, en tant qu’interprètes, nous allons tenir. Nous retrouvons la complicité de l’illusion théâtrale.

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B IOGRAPHIES

INTERPRETATION : Johan Bichot – France

Johan Bichot s’est formé à l’ENACR (Ecole Nationale supérieure des Arts du Cirque de Rosny-sous-bois), puis à l’Académie Fratellini. Il a travaillé dans différentes créations sous la direction des metteurs en scène Christian Lucas et Jean Yves Penafiel et des chorégraphes Gilles Baron, Lin Yuan Chang de l’opéra de Pékin et Bruno Dizien. En tant qu’acrobate danseur, il a collaboré avec Mathieu Chedid -M- dans l’un de ses clips et sur scène en concert à Bercy et, plus récemment, au dernier spectacle d’Arturo Brachetti « Gran varietà ».

Dernièrement, il a travaillé sous la direction du metteur en scène Jean Paul Scarpitta, pour l’opéra « La flûte enchantée ». En 2010, il est danseur interprète dans la dernière pièce du chorégraphe Josef Nadj intitulée

« Cherry-Brandy ».

Peggy Grelat Dupont - France

Après s’être formée à l’école de danse de l’Opéra de Paris, puis au ballet de l’Opéra de Paris pendant 7 ans avec un répertoire plus contemporain, Peggy Grelat-Dupont a travaillé pendant 5 ans aux Ballett Frankfurt sous la direction de William Forsythe. De retour en France, elle a collaboré avec Edouard Lock sur un projet d’opéra lyrique, puis à l’Opéra de Lyon avec Christian Rizzo, Rachid Ouramdam, Sara Mitchelson, Pierre Droulers, … Après ces expériences, elle rejoint l’équipe de Maguy Marin au CCN de Rillieux-la-Pape pendant 3 ans et collabore à tous ses ateliers ainsi qu’aux rencontres insolites.

Gill Viandier - France

Après un diplôme d'architecte en 1997, Gill Viandier, formé par divers stages et rencontres aux CCN de Rennes puis Montpellier, danse depuis 10 ans avec plusieurs chorégraphesdont Jackie Taffanel, Didier Théron, Michèle Murray, Hélène Cathala, Emmanuelle Vo-Dinh, Philippe Saire, Georges Appaix, Willi Dorner. Egalement musicien et chanteur, il participe à plusieurs projets lyriques, en chœur ou mise en scène, et réinvestit la pratique passionnée de l’improvisation musicale et dansée dans « l'Orgue de bois du sculpteur », Denis Tricot. S'intéressant aux écritures oulipiennes, plastiques et scéniques (Maîtrise Art du spectacle/théâtre en 2003), il crée des dispositifs scénographiques et réalise des performances basées sur l'appréhension des espaces publics urbains, leur détournement et le rôle du spectateur. Installé à Berlin depuis 2009, il poursuit l’'association co.MUT avec divers artistes. Il a aussi travaillé avec William Forsythe et Christoph Winkler.

Paolo Locci – Italie

Né à Turin, Paolo Locci pratique différents sports dès son plus jeune âge, et notamment les arts martiaux. Il se forme au cirque à l’école FLIC à Turin, puis à Bruxelles, à Ecole Supérieure des Arts du Cirque. Il se spécialise dans le mât chinois, et le « main à main ». De retour à Turin, il devint professeur de mât chinois à l’école FLIC, et propose des workshops pour professionnels ou amateurs. Il participe également à plusieurs spectacles de cirque et de rue, et crée sa compagnie « Ibonobi » en 2009.

Pierre Emmanuel Sorignet – France

En 1993, Pierre-Emmanuel participe en tant que danseur à une création d'un opéra dansé de Philippe Glass chorégraphié par Birgitta Trommler (en Allemagne). Il a également travaillé avec la compagnie Silenda (Laura Simi, Damiano Foà) qui a tourné en France et Italie. Ces dernières années il a essentiellement collaboré avec les frères Ben Aïm à la création d’ « En plein Cœur » en 2004 et avec le CCN de Caen Fattoumi-Lamoureux entre 2006 et 2008. Chercheur associé au laboratoire de sciences-sociales de l'Ecole Normale Supérieure (ULM) et maître de conférences à l'université Toulouse III, son travail sociologique est essentiellement centré sur le

« métier de danseur ». Il a écrit plusieurs articles sociologiques sur ce thème. La synthèse de ses travaux a été publiée dans un ouvrage paru en 2010, « Danser, enquête dans les coulisses d’une vocation » paru aux éditions La Découverte.

Waldemar Kretchkowsky – Ukraine

Né en Ukraine soviétique, Waldemar Kretchkowsky commence la danse à sept ans. Etudiant, il intègre une école professionnelle de la culture (section chorégraphie) dont l'enseignement l'ouvre à de nouvelles esthétiques. Son diplôme de professeur de danse en poche, il entre en faculté de langues étrangères (français-anglais), avec déjà l'idée de s'exiler. Après avoir créé sa compagnie et plusieurs pièces qui ont remporté de nombreux prix, il quitte son pays pour la France, où il suit la formation ex.e.r.ce du Centre Chorégraphique National de Montpellier (2001- 2002). Il mène depuis une double carrière d'interprète (Michelle Murray, Florence Saul, Fiorenza Menini, Luc Maubon, Emmanuelle Vo-Dinh, Gilles Verièpe) et de chorégraphe-performeur.

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Mathilde Sternat (violoncelle) – France

Mathilde est Premier Prix de violoncelle et de musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et conclut ses études par un cycle de formation supérieure en musique de chambre. En 1997, elle enregistre l'intégral des Quintettes pour 2 violoncelles de Luigi Boccherini avec Roland Pidoux et Jean-Pierre Rampal… Elle est invitée comme violoncelle solo à l'orchestre symphonique de Montpellier et des Concerts Pasdeloup… Elle participe aussi à de nombreux concerts avec l'orchestre de chambre de Salzbourg Musicienne éclectique, Mathilde accompagne des artistes de variétés sur scène (Bruel, Elodie Frégé , Nolwen Leroy, Mestari, Malia, Sardou, Voulzy...) et participe aux enregistrements de leurs albums. Elle compose de la musique pour le théâtre et arrange également pour les cordes, en particulier pour le quatuor... En 2004, Mathilde Sternat fonde avec Anne Gravoin le "Travelling Quartet".

COMPOSITION MUSICALE

Jean-Baptiste Sabiani - France

Après avoir suivi une formation au CIM (Centre d'Information Musicale), Jean-Baptiste Sabiani suit une formation de cinq ans à l'American School of Modern Music, de 1990 à 1995, avec le piano comme spécialisation. Au cours de sa carrière, il a réalisé des compositions, enregistrements et arrangements dans les domaines du jazz, du théâtre et du cinéma.

Il a collaboré à deux reprises avec la compagnie CFB 451 : création de la musique de la pièce chorégraphique Resistance au droit. et arrangement de Valse en trois temps, les deux dernières créations de la compagnie. Il collabore également avec Julie Trouverie, danseuse de la compagnie pour les créations O loup ! et Mysterious skin.

CREATION COSTUME

Dulcie Best – Royaume-Uni

Costumière et créatrice depuis les années 90, Dulcie Best, après un diplôme en Théâtre et Anglais de l’université de Hull (Angleterre), obtient un master en costume et design au Welsh College of Music and Drama. Désormais basée à Paris, elle travaille régulièrement à Londres. Elle conçoit des costumes pour de grands évènements d’entreprises, pour de grandes marques ou des événements internationaux tels que les jeux paralympiques d’Athènes (2004), le Pavillon Toyota au japon (2005). Parallèlement, elle poursuit sa passion du spectacle en travaillant pour le théâtre, l’opéra, la marionnette, ou encore la danse. Après une première rencontre lors d’un événement, chorégraphié par Christian et François Ben Aïm pour 35 artistes, elle conçoit et réalise les costumes de Louves.

Bruno Ferrier (percussion et voix) - France

Percussionniste, Poly-instrumentiste et chanteur, Bruno Ferrier a débuté par la pratique de plusieurs instruments : piano, guitare, batterie, percussion. Il suit ensuite une formation de chant lyrique et jazz à l’école Pro-musica, puis poursuit son apprentissage du chant jazz vocal et improvisation, à l’Institution Art Culture Perception à Paris.

Entre 1991 et 2008, il collabore à la réalisation de plusieurs albums et aux tournées de groupes aux formations worldjazz, rock, ou oriental : au chant sur l’album Kalashnik Love de Speed Caravan, Ping Kong du groupe Duoud, avec le Boogie Night Orchestra et avec le groupe Pososhok de Montpellier.

CREATION LUMIERE

Laurent Patissier - France

Après des débuts à la télévision et l’événementiel, il se tourne vers le spectacle vivant.

Pour le théâtre, il crée les lumières de « La dispute » de Marivaux, m.e.s. Vincent Dussart (Cie de l’Arcade), et du spectacle “La Permanence des choses, un essai sur l’inquiétude”, écrit et mis en scène par Sandrine Roche, dans lequel il joue. Pour l’opéra, il crée les lumières du

“Voyage d’hiver” de Schubert mis en scène par Jérôme Pisani. Pour la danse, il crée les lumières du solo de David Colas. Depuis 2009, il assure chaque année la direction technique et la lumière du projet Tumulus, voyage géopoétique en Autriche, Hongrie, Serbie et Pologne. Après une première rencontre en 98 autour du spectacle « L’homme rapaillé », il collabore avec les frères Ben Aïm depuis 2002 et conçoit les lumières de

“O mon frère!”, “ Carcasses, un oeil pour deux”, “En plein Coeur”, “You’re a bird now”, “Amor Fati Fati Amor”, “Résistance au droit” et “Valse en trois Temps”.

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