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Submitted on 1 Jan 1885
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M. Mascart
To cite this version:
M. Mascart. Sur la théorie de la machine de Gramme. J. Phys. Theor. Appl., 1885, 4 (1), pp.341-348.
�10.1051/jphystap:018850040034100�. �jpa-00238418�
341
SUR LA THÉORIE DE LA MACHINE DE GRAMME ;
PAR M. MASCART.
1. Sans aborder dans toute sa
bénérali té
leproblème
des machinesmagnéto-électriques,
il est utile d’exalniner d’abord des cassimples qui permettent
uneanalyse
détaillée duphénomène.
Les résultats ainsi obtenus nes’appliquent
pas directement aux machinesréelles,
mais ils sont au moins une
première approximation qui peut
servir deguide;
c’est à ce titre que nous feronsquelques
remarques sur la machine de Gramme.Considérons une machine de Gramme dont la bobine tourne
dans un
champ magnétique invariable,
comme celuiqui
serait pro- duit par des aimants dont lemagnétisme
serait absolumentrigide,
et supposons que le
champ magnétique
soitsymétrique
parrapport
à deux
plans rectangulaires passant
par l’axe de rotation.L’aimantation du fer doux
qui
constitue l’anneau est immobile dansl’espace
et l’onpeut
admettrequ’elle
occupe la mêmeposition
que si l’anneau était immobile. Il est
probable
que cettehypo-
thèse n’est
pasexacte
etque l’aimantation
n’est pasi nstan tanée;
maisaucune
expérience
ne semble avoir démontré encorequ’il
v ait un retardappréciable,
en dehors des courants induits dans la massede fer et
qui produisent
un effetséquivalent.
L’expérience indique,
en outre, que lespoints d’appui
des balaisne doivent pas
correspondre
aux boucles situées dans leplan
desymétrie perpendiculaire
auxforces,
ouplan
neutre,mais, lorsque
la machine est
employée
commeélectromoteur,
aux bouclesqui
ont
dépassé
cetteposi ti on
d’ unangle 6, qu’on appelle ang’le
clecalage ;
on en verraplus
loin la raison.Si les balais sont réunis par un circuit
extérieur,
le courant nepeut
pas être constan t en touterigueur,
car la force électrolno- trice et la résistance du circuit sont modifiéespériodiquement,
parce que les boucles sont tour à tour fer mées sur elles-mêmes
quand
les balaisappuient
sur deux touches consécutives. Cetteespèce
de vibration du courantprincipal
donne lieu à des extra- courantsqui
diminuent l’effet utile de lamachine,
maisl’amplitude
relative des oscillations est d’autant
plus
faible que le nombre desArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018850040034100
plus grand, s’éloigne
pas coup de la véri té ensupposant
le courant uniforme.Enfin nous admettrons encore que l’aimantation du fer est la
superposition
des deux aimantationsqui
seraientproduites séparé-
ment par le
champ
extérieur et par le courant lui-même. Dans ce cas, l’aimanlation due au courant n’influe pas sur la force élec-tromotrice,
par raison desymétrie,
chacune des moitiés de l’anneaucomprenant
des bouclesqui
renferment deux àdeux,
de cechef,
des forces électromotrices
égales
et designes
contraires.2.
Supposons qu’il
y ait4 m
bouclesdistinctes,
chacune d’ellesétant tormée de p
spires
autour del’anneau,
etappelons £P
lenombre total des
spires;
on aSoient q le flux de force
magnétique, provenant
duchamp
exté-ricnr, qui
estcoupé
par unespire pendant
une demi-rotation entredeux
points
situés dans leplan
neutre,f (O)
le flux de forcecoupé
dans
l’dnble
fi decalage.
Ces dernières forcesagissant
en senscontraire,
l’excès de flux de force utileest q- 2f (O)
et le secteurréellement efficace
correspond
àl’angle TC -
2O. Le flux de forceutile
coupé
par unespire
pour une rotationcomplète
estet, si la bobine fait n tours par
seconde,
le flux de forcecoupé
par seconde estl’our un courant d’intensité 1 dans le circuit
extérieur,
c’est-à-dire
d’intensité1 2 dans
labobine,
le travailélectrolnagnétique
Wdépensé
par seconde estLe facteur
E, ,
que M.Deprez appelle fonction
caractéris-tique
de laniacliiiie, dépend
duchamp
extérieur et del’angle
decalage.
Lorsque l’anble
decalage
estinvariable,
ce facteur est con-343
stant si le
champ
extérieur estproduit
par une causeétrangère
au courant, ou une fonction de l’intensité seule si le
champ
est dûà des électro--aimants excités par le courant lui-même.
Si l’on remarque, en outre, que l’aimantation de l’anneau par le conrant est
oblique
auchamp extérieur,
le mouvement de l’an-neau lui-même
exige
unedépense
de travailinutile, puisqu’elle
provoque des courants induits et un
dégagement
de chaleur dans la masse dufer;
nous n’en tiendrons pascompte.
3.
L’angle
decalage
est déterminépratiquement
par la condition desupprimer
les étincelles. Or les étincelles sontdangereuses,
non pas au moment où le balai rencontre une
touche,
maisquand
il s’en
détaclie ;
poursupprimer
les étincelles dans ce dernier cas, il faut que les deux touchessuccessives,
cellequi
reste sous lebalai et celle
qui
luiéchappe,
soient au mêmepotentiel
et que l’introduction de la bouclecorrespondante
dans le circuitgénéral
n’altère pas
l’égalité
despotentiels.
Si la boucle a été fermée pen- dant untemps supérieur
à celui de lapériode
variable relative àson propre
circuit,
la conditionprécédente exige
que cette boucle renfermedéjà
une force électromotricecapable d’y prod uire
lecourant 1 2.
Cette force électromotricecomprend
d’abord unepartie qui
est due auchamp extérieur,
c’est-à-direEn outre, on doit tenir
compte,
comme l’a fait remarquer M.Postier,
de l’aimantation de l’anneaupar le
courantqui
donneun flux de force de sens contraire et l’on
peut représenter
la forceélec tromo trice
correspondante
parp2n1tlB1,
le facteur M étant tproportionnel
à l’aimantation. Pour que la boucle ferlnée sur elle- même renferme lecourant 2 1,
il faut doncqu’on ait,
enappelant
ula résistance d’une
spire,
on
que
l’angle calage indépendan t spires qui
constituentchaque
boucle.Si l’aimantation
par le
courant estproportionnelle
àl’intensité,
on
peut
poserce
qui
donneDans ce cas, l’aimantation par le courant n’interviendrait dans la condition relative à
l’angle
decalage
que par l’introduction d’llnC résistance fictive nr’proportionnelle
à la vitesse. ’4. Le travail
perdu comprend
d’abordl’énergie calorifique qui correspond
au passage du courant dans la résistance extérieure inutilisée p et dans la résistance moyenne de la bobine. La rési-stance de la bobine est alternativement n1pr ou
(m-1 2)
lJr, sui-vant que les balais
appuient
sur une ou sur deuxtouches ;
onpeut
prendre
la valeur moyenne(ni -1 4pr.
Le travailperdu
par échauf- fement est doncégal
àD’autre
part,
M. JoulJert a montré que lasuppression
et le réta-blissenlent du courant dans la boucle fermée constituent une
perte
de travailqui équivau
t à un accroissement fictif de la résistance.En
apfJelant l le
coefficient de self-indoction d’uneboucle,
lapertc
d’énergie
due à la chute du courantest - -y ;
commel’opération
serépète
deux fois par tour pourchaque boucles,
il en résulte uneperte
totale par seconde demnl1 2,
c’est-à-direéquivalente
à cellequi
serait
produite
par une résistance Gctiveégale
à lnnl.Le coefficient d’induction 1 est
proportionnel
au carré du nombredes
spires
etpeut
êtrereprésenté
paryp 2.
Si l’enroulement ren-ferme un nombre total
constant 4
P despires,
cette résistancefictive
est
proportionnelle
au nombre desspires qui
constitucntchaque
345
boucle)
tandis que la résistance moyenne de la bobineen est à peu
près indépendante.
La résistance fictive mnl = m
P) p
est réduite au minimumquand chaque
boucle necomprend qu’un spire.
Cette condition estréalisée dans les machines à gros fil
employées
engalvanoplastie,
mais des difficultés
mécaniques
nepermettent
pas del’appliquer
aux machines à fil
fin,
nécessaires pour obtenir degrandes
forcesélectro motrices.
Finalement,
l’excès del’énergie dépensée
surl’énergie perdue
ou le travail utile U
pendant
l’unité detemps,
est5. Pour un
calage détermine, E1
est une fonctionF (I)
de l’in ten-sité
seule ;
enreprésen tant par R la
résistance totalecomprise
dansla
parenthèse,
on a doncet le rendement est
Dans les machines
auto-excitatrices,
lerapport I
vatoujours
en croissant avec
l’intensité ;
commeF(o)
n’esu pas nul à cause dumagnétisme rémanent,
le rendement est d’autantplus grand
clue le courant estplus
faible et la rotationplus rapide.
A vitesse constante, le travail utile est maximum pour la condi- ti on
qui
détermine l’intensitécorrespondante
du courant; on en dédutilde sorte que le rendement am, relatif au trairail
maximum,
estF (1) toujours croissante,
parce que l’aiman- tation des excitateurs n’atteintjamais
sa valeur maximum et que les fils mêmes de l’électro-aimant introduisent dans cette fonction un termeproportionnel
à l’intensi té du courant. La valeur deF’ (1)
étant
toujours positive,
on en conclut que le rendement relatif autravail maximum est
toujours
inférieur ào, 5.
Ce rendement nepeu t
atteindre la valeuro, 5
que si l’ona F’(1) =
o, c’est-à-dire si lechamp
extérieur est invariable.6. La forme de la fonction
f (O ) peut
être déterminée parexpé-
rience. Il
suffit,
lechamp
extérieur étant maintenu par un cou-rant 1,
de relier une seule boucle à un circuit extérieur renfermantun
galvanomètre balistique
et de mesurer lesquantités
d’électri-cité induites pour une série de variations
égales
et trèspetites
dwde
l’angle w
que fait la boucle avec leplan
neutre; cesquantités
sont
proportionnelles
àf’( w)
dw. On vérifierait ces résultats par- tiels par laquantité
d’électricité induitecorrespondant
à undépla-
cement d’un
quart
ou d’une demi-circonférence. La courbe des valeurs de1’( Ill)
estsymétrique
parrapport
à l’ordonnéef’
et la force électromotrice
E,
estreprésentée
par l’airecomprise
entre les ordonnées
qui correspondent
auxangles
9 et r - 0. Lavaleur de l’ordonnée
f’(O)
sera donnée parl’équation (4).
Si l’on
représente
par R’ la résistance extérieureutile,
y com-pris
la résistanceéquivalente
aux forces électromotricesvaincues,
on a U = I2R’ et
l’équation (7)
donneL’équation (4)
devient alorsPour une machine
donnée,
la dérivéef’(O)
etl’angle
decalage 6
croissent avec
F (I),
c’est-à-dire avec l’intensité du courant, avec la vitesse et en sens inverse de la résistance totale.Les étincelles
reparaissent
dès quel’angle
decalage
estplus petit
ouplus grand
que la valeur donnée par cetteéquation ;
laforce électromotrice est alors
plus grande
ouplus
faible que cellequi correspond
aurégime
sans étincelles.347
7. Onpeut,
dans certains cas, connaîtreapproximativement
lafonction
f (O).
L’anneau estgénéralement
à peuprès cylindrique.
Si le
champ
extérieur estmniforme,
l’aimantation de l’anneau estanalogue
à l’électrisation d’un conducteur dans unchamp
élec-trique ;
le flux d’inductionmagnétique
dans la masse de fer douxest uniforme et, comme il est la continuation du tlax de forces
extérieur,
il en résulteque f (O)
estproporti onnel
à laproj ection
de l’arc
correspondant
sur leplan
neutre, c’est-à-dire à i - cos.O.On a donc
ce
qui
donneOn dédui t alors de
l’équation (13)
L’angle
decalage
est nul si larésistânce
totale est trèsgrande
et,par
suite,
le courant très faible.Le courant est maximum
quand
la résistance extérieure estnulle ;
on a alors8. Les considérations
qui précèdent
ne sont, sansdoute, du’une première approximation;
mais elles meparaissent
avoirl’avantabe
. de mettre en relief les causes
qui
interviennent dans lejeu
desiiiacliines.
Pour le
calage
desbalais,
enparticulier,
on a admis que le cou- rant a eu letemps
de s’établir dans la bobine isolée. Enréalité,
au lieu de
l’équation (3),
on doitemployer,
pour déterminer le courant i dans laboucle, l’équation
sensiblement constante, sité du courant au moment oû la boucle
échappe
aubalai,
àl’époque 1 après qu’elle
a étéi solée,
estL’i ntensité
initiale Ío
étantégale
à --?
pour que 1 intensité finale soitégale a ,1 -,
il fautqu’on
ait2
ou
Remplaçant
dans cetteexpression
la forceélectromotrice E par
sa
valeur,
on en déduitSi l’on admet encore que l’aimantation est
proportionnelle
aucourant, il vient
au lieu de
l’équation (4).
On voit que, pour une même intensité
1,
la valeur del’angle
decalage
0 estplus grande
que si letemps
de fermeture t de la boucle étaitsupérieur
à la durée du courantvariable
dans le circuit decette boucle.