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Les connecteurs propositionnels Cours d’introduction `a la logique et la philosophie du langage au semestre d’hiver 2003-2004

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Texte intégral

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Les connecteurs propositionnels

Cours d’introduction `a la logique et la philosophie du langage au semestre d’hiver 2003-2004

Feuille d’accompagnement pour le cours du 4 novembre 2003

Points ` a retenir du dernier cours

1. La logique moderne a ´et´e cr´e´ee par Gottlob Frege en 1879.

2. La philosophie est la science des arguments.

3. La logique est l’´etude des inf´erences valides.

4. La logique porte sur un langage simplifi´e, id´ealis´e et formel.

5. La logique propositionnelle ´etudie les connecteurs propositionnels qui relient des proposi- tions ; la logique des pr´edicats ´etudie en plus la quantification, les relations et les fonctions.

6. La syntaxe concerne la forme des expressions, la s´emantique leurs significations et la prag- matique leur usage.

7. La formalisation des arguments est un art.

8. Les arguments ne sont pas vrais ou faux, mais valides ou invalides.

9. Une inf´erence est valide si et seulement s’il est impossible que ses pr´emisses soient vraies et sa conclusion fausse.

10. Il faut distinguer l’utilisation et la mention des mots et mettre des guillemets o`u il le faut.

La formalisation

Consid´erons l’argument suivant (formul´e dans une langue naturelle) : Si j’´etudie la logique, alors je serai heureux et sage.

J’´etudie la logique.

Donc, je serai heureux et sage.

En abbr´eviant les propositions exprim´ees par des lettres, on obtient : Sip, alorsq.

p Donc,q.

On indique le fait que la conclusion est tir´ee `a partir des deux pr´emisses de la mani`ere suivante : Sip, alorsq.

p q

On passe `a une langue formelle on introduisant “→” pour signifier la relation d’implication mat´erielle (“si... alors —”) :

p→q p q

Ceci est le squelette d’un argument, repr´esent´e dans le langage formel de la logique proposition- nelle : il repr´esente la forme commune `a toutes les arguments valides qu’on obtient en rempla¸cant

“→” par “si ... alors —”, le trait par “Donc, ...” et “p” et “q” par des phrases du langage ordinaire.

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(2)

La syntaxe et la s´ emantique

D´efinition r´ecursive de notre langage formelL:

A1 des propositions atomiques “p”, “q”, “r”, “s”, “t” etc.

A2 des constantes logiques “∧” (parfois : &) (“et”), “∨” (“ou”), “¬” (parfois∼) (“il n’est pas le cas que”) et “→” (parfois : “⊃”) (“si . . .alors . . .”)

A3 des parenth`eses “(” et “)”

D´efinition r´ecursive des formules bien form´ees deL :

B1 Toute proposition atomique est une formule bien form´ee.

B2 Si “φ” et “ψ” sont des formules bien form´ees, alors “(¬φ)”, “(φ∧ψ)”, “(φ∨ψ)” et

“(φ→ψ)” sont des formules bien form´ees.

B3 Il n’y a pas d’autres formules bien form´ees.

Le principe de v´erifonctionnalit´e (pour la logique propositionnelle) : La valeur de v´erit´e d’une proposition complexe ne d´epend que des valeurs de v´erit´e des propositions qui la constituent et des connecteurs qui les relient.

Uneinterpr´etationd’une proposition est l’attribution des valeurs de v´erit´e aux propositions simples qu’elle contient.

La n´ egation

La signification de “¬” est d´et´ermin´ee par la table de v´erit´e suivante : p ¬p

V F

F V

Elimination de la double n´egation :

¬¬p

p ¬E (1)

R´eduction `a l’absurde (reductio ad absurdum) : p→ ⊥

¬p ¬I∗ (2)

Soit “p” une proposition arbitraire :

principe de non-contradiction il n’est pas possible que “p” et“¬p” soient vraies ensembles principe du tiers-exclu ou bien “p” est vraie ou bien “¬p” est vraie

principe de bivalence “p” est vraie ou bien “p” est fausse

La conjonction

Les r`egles d’introduction et d’´elimination de la conjonction : p, q

p∧q ∧I p∧q

p ∧E p∧q

q ∧E (3)

2

(3)

Sa table de v´erit´e :

p q p∧q

V V V

V F F

F V F

F F F

La disjonction

Les r`egles d’introduction et d’´elimination de la disjonction : p

p∨q ∨I q

p∨q ∨I p∨q, ¬p

q ∨E (4)

Sa table de v´erit´e :

p q p∨q

V V V

V F V

F V V

F F F

L’implication mat´ erielle

Sa table de v´erit´e (“p→q” est ´equivalent `a “¬p∨q”) : p q p→q

V V V

V F F

F V V

F F V

Sa r`egle d’´elimination (le modus ponens) : p→p q

q →E (5)

L’´ equivalence mat´ erielle

Les r`egles d’introduction et d’´elimination : p→q, q→p

p↔q ↔I p↔q

p→q ↔E p↔q

q→p ↔E (6)

La table de v´erit´e :

p q p↔q

V V V

V F F

F V F

F F V

3

(4)

Les tables de v´ erit´ e – premi` ere m´ ethode

Construisons une table de v´erit´e pour “¬(¬p∨ ¬q)” : 1. Premier pas :

p q V V V F F V F F 2. Deuxi`eme pas :

p q ¬p ¬q

V V F F

V F F V

F V V F

F F V V

3. Troisi`eme pas :

p q ¬p ¬q ¬p∨ ¬q

V V F F F

V F F V V

F V V F V

F F V V V

4. Quatri`eme pas :

p q ¬p ¬q ¬p∨ ¬q ¬(¬p∨ ¬q)

V V F F F V

V F F V V F

F V V F V F

F F V V V F

Les tables de v´ erit´ e – deuxi` eme m´ ethode

1. Premier pas :

¬ (¬ p ∨ ¬ q)

V V

V F

F V

F F

2. Deuxi`eme pas :

¬ (¬ p ∨ ¬ q)

F V F V

F V V F

V F F V

V F V F

3. Troisi`eme pas :

¬ (¬ p ∨ ¬ q)

F V F F V

F V V V F

V F V F V

V F V V F

4. Quatri`eme pas :

¬ (¬ p ∨ ¬ q) V F V F F V F F V V V F F V F V F V F V F V V F

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