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Article pp.233-234 du Vol.9 n°4-5 (1979)

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Texte intégral

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Hommage

?a Charles DEBRAY

Si rues vingt premiOres anns ont ~t~

domindes par l'exemple de m o n pore, c'est Charles D E B R A Y, aprOs la p&iode trouble 1940-1946, qui a Ot~ l'objet de m o n admi- ration et qui a conditionn~ mes orientations dans notre prolession mais aussi dans la vie pendant plus de trente anndes. Je partage avec t o u s l e s gastro-entdrologues de notre monde l'immense reconnaissance que nous lui devons pour les travaux qu'il a faits, ceux qu'il a inspirOs et ceux qu'il a aid~

f r~aliser ; l'expos~ ddtaill~ de son oeuvre ne tiendrait pas dans les rapports, titres et travaux, de quelques dizaines de candidats f des charges d'enseignement ; ces travaux int~ressent la gastro-entdrologie tout entiOre mais d'abord la gastro- entOrologie clinique et c'est cela qu'il faut souligner pour que cet objectif ne soit jamais oubliO dans l'avenir ; c'est gr~ce ~ cette discipline de travail que l'on traite les malades avec eflicacit~ et humanitY. Cette attitude ~tait le souci constant du Docteur Charles D E B R A Y . Ce titre de Docteur qu'il aimait gt rappeler c o m m e dtant le plus beau pour lui, le plus beau de tous ceux qu'il avait acquis et nous savons qu'il avait gravi t o u s l e s ~che[ons de la hi~rarchie m~dicale puisqu'il avait dtd dlu m e m b r e titulaire de l'Acaddmie de M~decine.

L'endoscopie en gastro-ent~rologie ~tait un des secteurs qui le passionnait particuliOrement et avec son Maitre le Docteur M O U T I E R il a ~t~ un des [onda- teurs de l'endoscopie moderne. Dans toutes ses recherches, il ne perdait jamais le souci du bien-~tre des malades, et il [aisait tout pour obtenir des maisons d'instruments, l'appareil le mieux adaptS, le moins douloureux, utilisant des tech- niques toujours supportables pour le patient, en recherchant des moyens d'apporter au dossier des ~l~ments concrets, utilisables pour un meilleur diagnostic, un contr61e de la maladie dans le temps, des dl~ments pour la recherche clinique en gastro-entdrologie. C'est ainsi qu'il a ~t~ m e m b r e puis President de la Soci~td M~dicale Internationale d'Endoscopie et de Radio-cin~matographie dos sa creation, entra~nant avec lui ses ~lkves pour leur signaler l'int~r~t de la photo-cin~mato- graphie en endoscopie, l'int&~t des con[rontations qu'il ~tait possible de faire avec la radio-cinOmatographie et l'anatomo-pathologie.

A u cours de chaque rOunion, de ce qu'il faut appeler une autre ~poque de la Soci~t~ Nationale Frangaise de Gastro-Ent~rologie, r~union qui se tenait pour une part dans son service de l'H6pital Bichat, il y avait une heure rdserv~e gtla Soci~t~ M~dicale Internationale d'Endoscopie et de Radio-cin~matographie, section gastro-ent~rologie. II avait ainsi choisi la solution id~ale pour permettre gt l'en- doscopie digestive de s'exprimer sans se ddtacher de l'~tude du tube digesti[, sans multiplier d'une lagon dangereuse les soci~t~s et le nombre de rdunions ; cette

Acta Endoscopica Tome IX - N ~ 4-5 - 1979 233

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Socidtd Nationale Frangaise de Gastro-Entdrologie dispensait un vdritable ense/- gnement post-universitaire, un des plus beaux roles qu'elle avait gt jouer ; au cours de nos sdances, qui n'a pas v u l e Professeur Charles D E B R A Y le stylo la main souvent appuyd contre ses ldvres, toujours au premier rang, notant minutieusement tout ce qui ~tait dit et en fin de sdance faisant la synthdse des enseignements que l'on pouvait tirer avec la mise en dvidence de ce qui ~tait le plus important ~t retenir ? II ~tait toujours positif, enthousiaste, dddaignant la critique pour essayer de d~montrer le pas en avant qui avait ~td fait ; il disait souvent << il faut prouver en marchant >>.

Charles D E B R A Y avait pris dans sa bonne intention le serment d'Hippocrate et cet aspect du Professeur Charles D E B R A Y est peut-~tre ce qui appara~t le moins dans ce qui a ~t~ dit ~ son sujet, Charles D E B R A Y, mddecin devant son malade, l'dcoutant avec attention, dirigeait l'interrogatoh'e h la lois sans rudesse et sans perte de temps, le protdgeant des excds de notre mddecine moderne qui peut le mieux mais qui peut aussi devenir iatrogOne. II savait indiquer les recherches para-cl/niques ~ faire dans le bon ordre. Cette succession des temps de l'examen du malade se terminait par un diagnostic qui ~tait dvalu~ et expliqud

?~ ses ~ldves au cours de r~unions trds instructives. Cette gymnastique ~tait minutieusement r~pdt~e maintes lois, faisait de nous tous, par l'exemp!e, des mddecins de valeur variable mais ayant toujours conscience de ce qu'il dt,~it indispensable de rdaliser pour rester fiddle au serment d'Hippocrate.

Je n'ai jamais compris c o m m e n t Monsieur D E B R A Y, qui ~tait un bourreau de travail, pouvait garder un visage si gentil, si comprdhensi[. II dtait ~ la lois exigeant et autoritaire avec, au bout du compte, le pardon et l'acceptation de nos ddJauts de nature. Ce dernier trait dtait peut-~tre l'explication de ce paradoxe entre l'exigence et le pardon, pardon d'ailleurs maintes lois accordd r ceux d'entre nous qui avaient simplement un peu de bonne volont& J'ai toujours dtd frappd par son attitude face gt ses colldgues avec qui il observait dans toutes les cir- constances des rapports sans heurt bien que cela ne devait pas ~tre toujours ais~ ; c'~tait un aspect merveilleux de cet ~tre droit et souriant, ~ l'oeil vif et malicieux, saisissant les t:uances ~t l'in~ini. Si l'on ajoute son honn~tetd inte!!ectuel!e vis-h-vis de ses dldves, des dldves de ses dldves ~ qui il ne promettait rien qu'il n'ait jug~

possible de pouvoir soutenir avec fermetd.

N o u s avons perdu Charles D E B R A Y mais ce qu'il a semd autour de lui, d'dvidence, assurera la continuitd de son oeuvre. M a d a m e .Charles D E B R A Y m e permettra certainement de dire combien ce couple uni qu'ils formaient tous deux dans t o u s l e s comportements de la vie, nous donne, aprOs son ddpart, l'impression qu'il est toujours prdsent et nous voulons rester, pour sa fami!le, des

<< fiddles >> toujours attent;fs et disponibles.

L'dcoIe hippocratique est bien lointaine, nous avons citd le serment d'Hippo- crate, certains dcrits de cette dcole s'adaptent par[aitement ~ la pensOe de notre Maitre Charles D E B R A Y, jugez-en : << La m~decine a, depuis longtemps, trouvd un principe et une mdthode gr~ce auxquels de nombreuses et d'excellentes d~cou- vertes ont dtd faites dans le long cours du temps. L e reste se ddcouvrira par la suite si des h o m m e s capab!es et instruits prennent les dOcouvertes anciennes pour point de ddpart de leurs propres recherches. Mais celui qui, rejetant et d~daignant tout le passd, tente d'autres mOthodes et d'autres voies et prOtend avoir trouvd quelque chose, celui-ci se trompe et trompe les autres >>.

S. SEGAL

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