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Complexité moyenne

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

LE TRI RAPIDE

Complexité moyenne

Objectif

Il s’agit ici d’obtenir un équivalent simple de la complexité moyenne du tri rapide.

Préliminaire

On considère un espace probabilisé (Ω,

A

,P). Soit X et Y deux variables aléatoires définies sur cet espace et telles que :

X( )Ω ⊂ 0 ;N où N désigne un entier naturel.

Y( )Ω ⊂ 0 ;n1 et j 0 ;n 1 ,P Y( j) 1

∀ ∈ = =n.

Pour tout entier j dans 0 ;n1 , on désigne par E X Y( | = j) l’espérance mathématique de la variable aléatoire X pour la probabilité conditionnelle P(Y=j). E X Y( | = j) est donc

l’espérance de X dans l’espace probabilisé

(

Ω,A ,P(Y=j)

)

.

1. Calculer E Y( ).

On a : ( ) 1 ( ) 1 1 ( )

0 1 1

1 1 1 1 1

2 2

n n n

j j j

n n n

E Y j P Y j j j

n n n

= = =

=× = =× == × = .

( ) 1

2 E Y = n

2. Montrer que ( ) 1 ( )

0

1 |

n

j

E X E X Y j

n

=

== .

(2)

On a :

( ) ( ) ( )( ) ( )

( )( ) ( )( )

( )( ) ( )( )

( )

1

0 0 0

1 1

0 0 0 0

1 1

0 0 0 0

1

0

1 1

1 1

1 |

N N n

Y j

i i j

N n N n

Y j Y j

i j i j

N n n N

Y j Y j

i j j i

n

j

E X i P X i i P X i P Y j

i P X i i P X i

n n

i P X i i P X i

n n

E X Y j n

= = = =

= =

= = = =

= =

= = = =

=

= × = = × = × =

= × = × = × × =

= × × = = × × =

= × =

∑ ∑ ∑

∑ ∑ ∑ ∑

∑ ∑ ∑ ∑

Le résultat est ainsi établi.

( ) 1 ( )

0

1 |

n

j

E X E X Y j

n

=

= ×=

Calcul de la complexité moyenne

Soit à trier une liste L=[l l l1 2 3...ln] uniformément choisie dans l’ensemble des n! permutations de l’ensemble 1;n .

Notons Cn la variable aléatoire correspondant au nombre de comparaisons requises pour trier cette liste à l’aide de l’algorithme du tri rapide.

On cherche E C( )n .

Pour une liste donnée, on utilise comme pivot le premier élément de cette liste.

On note Gn (respectivement Dn) la longueur de la liste de gauche LGn (respectivement droite

D

Ln) obtenue à l’issue de la première étape du tri de la liste L et on pose Rn =Cn− −(n 1)

correspondant aux nombres de comparaisons à effectuer après la première étape.

3. Déterminer la loi de Gn.

Nous effectuons n1 comparaisons lors de la première étape. La variable aléatoire Gn peut donc prendre toutes les valeurs de l’ensemble 0 ;n1 et toutes ces valeurs sont

équiprobables. En effet, parmi les entiers de la liste L, il y en a l11 qui sont inférieurs à l1. Comme l1 prend uniformément ses valeurs dans 1;n , on en déduit que Gn prend

uniformément ses valeurs dans 0 ;n1 .

Gn suit la loi uniforme sur 0 ;n1 .

(3)

4. Montrer que ∀ ≥ ∀ ∈n 2, j 0 ;n1 ,E R( n|Gn = j)=E C( j+Cn j− −1)

Si la liste de gauche LGn comporte j éléments (Gn = j) alors la liste de droite LDn en comportera n− −1 j. Ainsi, le nombre de comparaison restant à effectuer, Rn est égal à

1

j n j

C +C − − . On a donc, sachant que Gn= j : Rn =Cj+Cn j− −1 et, en considérant les espérances :

( n| n ) ( j n j 1)

E R G = j =E C +C− −

5. Montrer que l’on a : ( ) 1 ( )

0

2, 1 2

n

n j

j

n E C n E C

n

=

∀ ≥ = − +

En tenant compte du résultat préliminaire, le résultat précédent donne :

( ) ( )

( ) ( ) ( )

( ) ( ) ( ) ( )

( )

1

0

1 1

1 1

0 0

1 1 1 1

1

0 0 0 0

1

0

1 |

1 1

1 1

2

n

n n n

j

n n

j n j j n j

j j

n n n n

j n j j j

j j j j

n j j

E R E R G j

n

E C C E C E C

n n

E C E C E C E C

n n

n E C

=

− − − −

= =

= = − − = =

=

= =

= + = +

= + = +

=

∑ ∑

∑ ∑ ∑ ∑

Or, Rn =Cn− −(n 1), d’où : E R( )n =E C( ) (n − −n 1) puis E C( )n = − +n 1 E R( )n et, finalement :

( ) 1 ( )

0

1 2

n

n j

j

E C n E C

n

=

= − +

6. Montrer que l’on a : ( 1) ( )

2 2

2, n 1 1 n

n n

n E C E C

n n

+

∀ ≥ = + +

+ +

Poser alors Xn =Cn2 et en déduire : ( 1) ( )

2, 2 2

n 1 n

n E X n E X

+ n

∀ ≥ = + +

+ .

Multiplions l’égalité obtenue précédemment par n : ( ) ( ) 1 ( )

0

1 2

n

n j

j

nE C n n E C

=

= − +.

A l’ordre n+1 : ( ) ( 1) ( ) ( ) ( ) 1 ( ) ( )

0 0

1 1 2 1 2 2

n n

n j j n

j j

n E C n n E C n n E C E C

+

= =

+ = + += + ++ .

(4)

En soustrayant alors membre à membre ces deux égalités, on obtient :

( ) ( 1) ( ) ( ) 1 ( )

0

1 1 2

n

n n j

j

n E C nE C n n E C

+ =

+ = + +( ) ( ) 1 ( )

0

2 1 2

n

n j

j

E C n n E C

=

+ − +

( ) ( ) ( ) ( )

( ) ( )

1

1

1 2 2

2 2

1 1

n n

n n

n E C n n E C

n n

E C E C

n n

+

+

+ = + +

= + +

+ +

Posons alors Xn=Cn2. On a :

( ) ( )

( )

( ( ) )

( ) ( )

( )

1 1 2

2 2

1 1 2

2 2

2 2

1 1

2 2

2 2

1 1 1

2 2 1

n n

n

n

n

n

E X E C

n n n n E C n n n n E X

n n

n n n E X

n E X n

+ = +

= + +

+ +

= + + + −

+ +

+ +

= + +

+ + +

= + + +

7. Démontrer alors par récurrence que l’on a : ∀ ≥n 2,E X( )n =2(n+1)(Sn+12)

où, pour tout entier naturel n non nul : 1 1 1

1 ...

2 3 Sn

= + + + +n.

Pour n=2, on a : E X( )n =E X( )2 =E C( 22)=E C( )2 − = − = −2 1 2 1. Par ailleurs :

( )( 1 ) ( )( 3 )

1 1 11 1

2 1 2 2 2 1 2 6 1 2 6 2 6 1

2 3 6 6

n+ Sn+ = + S = + + − = = × − = − L’égalité est donc vraie pour n=2.

Supposons maintenant qu’elle soit vraie pour un rang n supérieur ou égal à 2.

On a : E X( ) (n =2 n+1)(Sn+12).

(5)

Il vient alors, en utilisant le deuxième résultat de la question précédente :

( ) ( )

( )( )

( )( )

( ) ( )

( )( )

1

1

1

1

2

2 2 1

2 2 2 1 2

1

2 2 2 2

2 2 1 2

2

2 2 2

n n

n

n

n

n

E X n E X

n

n n S

n

n S

n S

n

n S

+

+

+

+

+

= + + +

= + + × +

+

= + +

= + + +

= +

La propriété est donc vraie au rang n+1.

On en déduit finalement que la propriété est vraie pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 2.

( ) ( )( 1 )

2, n 2 1 n 2

n E X n S +

∀ ≥ = +

8. Déduire du résultat précédent un équivalent simple de E C( )n en +∞. On a classiquement : 1 1 1

1 ... ln

2 3

Sn n

n+∞

= + + + + .

D’où : 1 ( )

1 1 1 1

1 ... ln 1 ln

2 3 1

Sn n n

n n

+ = + + + + + +∞ + +∞

+ et Sn+1 2 lnn

+∞ . Il vient alors, en utilisant le résultat précédent et en tenant compte de n 1 n

+ +∞ :

( )n 2( 1)( n1 2) 2 ln

E X n S + n n

= + +∞ .

Comme Xn =Cn2, on a : E C( )n =E X( )n +2 puis E C( )n E X( )n

+∞ et, finalement :

( )n 2 ln

E C n n

+∞

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