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Submitted on 1 Jan 1969
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LES GRANDES CHAMBRES A BULLES
A. Lagarrigue
To cite this version:
A. Lagarrigue. LES GRANDES CHAMBRES A BULLES. Journal de Physique Colloques, 1969, 30
(C2), pp.C2-47-C2-55. �10.1051/jphyscol:1969207�. �jpa-00213671�
LES GRANDES CHAMBRES A BULLES
A. LAGARRIGUE
Ecole Normale Supérieure, Laboratoire de l'Accélérateur Linéaire, Orsay
Résumé. - Dans une première partie, on examine les raisons pour lesquelles les physiciens ont été amenés à proposer la construction de chambres à bulles de très grandes dimensions. Après avoir parlé des principales caractéristiques de chambres à bulles à hydrogène et de chambres à bulles
àpropane, quelques problèmes techniques particuliers, relatifs à la construction (champ magnétique supra-conducteur, éclairage, photographie) sont examinés rapidement. Enfin, on décrit brièvement toutes les chambres à bulles géantes en construction ou en projet dans le monde.
Abstraet.
-In a a s t part the reasons why physicists have proposed the building of giant bubble chambers are discussed. The main characteristics of hydrogen and propane bubble chambers are examined. Sorne technical problems concerning the construction (magnetic field superconductor, lighting and photography) are briefly-discussed. Finally al1 giant bubble chambers in construction or in project in the different laboratories are described.
1. Importance des chambres à bulles.
-Pourquoi les chambres à bulles ont-elles joué un rôle si impor- tant dans l'expérimentation en physique des hautes énergies ? La raison essentielle est probablement que les phénomènes de collisions à grande énergie pro- duisent un nombre tel de particules qu'il est très difficile d'analyser le phénomène si on ne connaît pas la nature de toutes les particules produites, avec leur énergie.
Soit une réaction complexe : A + B
-,C + D +
E + F + ...
Quelle est l'information maximale que 1,011 peut espérer tirer de l'analyse de cette réaction ?
Examinons d'abord I'état initial : la particule A est le plus souvent connue car on sait produire des faisceaux séparés de particules, d'énergie et de nature connues. Bien sûr, il y a des limitations en énergie, mais ces limites reculent avec le perfectionnement des cavités haute fréquence et l'énergie des accélérateurs.
Ainsi pour le synchrotron à protons de 70 GeV de Serpukhov, le CERN construit un faisceau à séparation radiofréquence qui permettra de séparer les mésons n", K* et les antiprotons et protons jusqu'à 30 GeV.
Seule l'énergie des particules neutres (neutrons, K:, photons, neutrinos) ne peut être connue facilement, encore que l'on puisse faire des faisceaux d'énergie connue de particules neutres en les produisant dans une réaction à deux corps et en sélectionnant un angle donné (exemple : photons par annihilation de posi- trons).
Dans les chambres à bulles, la particule cible B est le plus souvent un proton (chambre à hydrogène- liquide). Ce peut être aussi un noyau d'hélium, un deuton ou un noyau plus lourd. Bien que cela n'ait pas été fait jusqu'à présent, on peut imaginer de mettre, dans une chambre à bulles, une cible polarisée.
Considérons, maintenant, I'état final. Le champ magnétique et la reconstruction géométrique des traces permettent de mesurer le vecteur impulsion de toutes les particules chargées. Si toutes les particules produites sont chargées, et donc visibles, les quatre relations de conservation de l'énergie et de l'impulsion permettent de faire un « fit » à quatre contraintes.
Les masses, donc la nature des particules, sont aisé- ment déterminées ; si une particule neutre n'est pas visible, le fit n'a plus qu'une contrainte et si deux sont manquantes on ne peut reconstituer la totalité du phénomène.
Le problème de la détection des particules neutres est donc primordial. II s'agit de neutrons, de photons, de mésons no, de KL et de neutrinos. Le problème est évidemment sans solution dans ce dernier cas. Pour les neutrons, on peut s'adresser à une réaction secon- daire du neutron. 11 est évident qu'il y a là un premier argument très fort en faveur de chambres à bulles géantes. Le problème des no se ramène à celui des photons que l'on détecte par matérialisation en paires.
La longueur de radiation de photons détectables devient assez importante dans une grande chambre de cinq mètres environ.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphyscol:1969207
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A.LAGAR
LRIGUEUne autre solution consiste à utiliser un liquide de courte longueur de radiation, c'est-à-dire de Z élevé. Dans la pratique, on utilise soit le fréon CF,Br (longueur de radiation X, = 11 cm) ou le propane ( X , = 120 cm) ou un mélange des deux, ou encore un mélange de néon et d'hydrogène liquide ( X ,
=100 cm pour 30 % de néon). L'inconvénient majeur est évidemment la nécessité de sélectionner les événements ayant lieu sur l'hydrogène.
Supposant ainsi déterminées la nature, l'énergie et la direction d'émission de toutes les particules dans l'état final, que peut-on encore mesurer ? EssentielIe- ment les polarisations des particules ayant un spin non nul. Plusieurs méthodes sont possibles qui, toutes, sont plus efficaces si la chambre est plus grande.
On peut utiliser d'abord la désintégration des parti- cules. Les hypérons A, Z et 9 permettent en effet la mesure de la polarisation par l'observation des asymétries de désintégration par rapport au plan de production, grâce à la violation de la parité dans la désintégration de ces particules. De même la distri- bution angulaire de l'électron de désintégration d'un méson
ppermet la mesure de la polarisation. Enfin, la diffusion des particules sur l'hydrogène ou mieux sur un noyau comme le carbone (chambre à propane) permet la mesure de la polarisation.
En résumé, la mesure du quadrivecteur énergie, impulsion de toutes les particules émises dans l'état final, et la mesure du degré de polarisation des parti- cules à spin constituent le maximum d'informations que l'expérience idéale permet d'extraire dans une réaction de haute énergie.
La limitation essentielle des chambres à bulles vient de la limitation du nombre d'événements ; en d'autres termes, les « statistiques » sont souvent faibles. Cette limitation peut venir de trois causes.
D'abord le nombre d'événements peut être très faible comme pour les réactions de neutrinos. Dans ce cas il est évident que les grandes chambres sont une bonne chose. La limitation peut venir aussi d'une section efficace très faible comparée à la section effi- cace totale. C'est le cas par exemple de la production de l'hypéron Q- par les K- rapides. C'est là où la chambre à bulles a sa limitation essentielle puisqu'elle ne peut pas être déclenchée sur un type d'événement particulier. Enfin l'événement peut ne pas être très rare, comme la diffusion élastique par exemple, mais la lourdeur du procédé d'analyse des photos de cham- bre à bulles ne permet pas à cette technique d'être compétitive avec les expériences compteurs.
La plupart des caractéristiques (avantages et
inconvénients) des chambres à bulles militent forte- ment en faveur de la construction de chambres nette- ment plus grandes. Ceci suppose que la précision de mesure des traces ne sera pas beaucoup moins bonne dans une chambre géante. Pour tirer pleinement profit de ces grandes chambres, il faudra aussi que la chaîne d'analyse ne s'alourdisse pas trop du fait de la comple- xité plus grande des photos.
II. La chambre à hydrogène liquide. - La nature même du liquide présente deux avantages. D'abord, il est certain que la réaction a lieu sur proton libre, ensuite, la légèreté du liquide rend très petite la limi- tation physique de mesure des courbures magnétiques (courbure parasite par diffusion multiple). Ces avan- tages sont essentiels et, de ce fait, les chambres à hydrogène sont nettement plus utilisées que les cham- bres à liquides lourds.
La limitation des chambres à hydrogène vient essentiellement de la très faible probabilité de détecter les photons par matérialisation en paires d'électrons.
Nous avons déjà dit que c'était là un grand argument pour construire des chambres géantes. De fait, celles-ci devraient permettre de résoudre cette difficulté, au moins partiellement. De plus, outre l'avantage d'une plus grande longueur potentielle, les chambres géantes à hydrogène peuvent aussi tirer avantage de leur taille de deux façons différentes. En effet, les dimensions de la chambre doivent permettre de loger les écrans de matériaux lourds pour matérialiser les photons.
Le dispositif de la figure 1 illustre cette méthode. ,
FIG. 1.
- Exemple des dispositifs d'écrans dans la grande chambre à bulles.Une autre façon de faire consiste à utiliser des mélan-
ges hydrogène-néon. Certes, on perd l'avantage d'avoir
de l'hydrogène pur et dans ce cas le type de chambre
est très analogue à la chambre à propane. C'est
d'ailleurs cela qui a conduit les laboratoires des
U. S. A. à ne pas construire de chambres géantes à
propane. De récents essais, très prometteurs, au CERN
et à Hambourg, permettent d'espérer que l'on pourra
faire fonctionner une cible à hydrogène liquide à
l'intérieur d'une grande chambre à mélange hydro- gène-néon, la cible se détendant avec la chambre principale et les trajectoires étant visibles sur la même photo, à la fois dans l'hydrogène liquide de la cible et dans le mélange 'H-Ne.
Il est donc probable qu'une très grande chambre à hydrogène doit permettre une certaine souplesse d'utilisation en fonction des expériences désirées.
Cependant, de grandes quantités de néon liquide coûtent très cher. D'autre part les servitudes techni- ques d'une grande chambre à hydrogène liquide nécessiteront vraisemblablement une immobilisation de plusieurs mois pour toute modification interne importante.
III. La chambre à propane. - Si la chambre à propane, plus ou moins mélangé à des fréons lourds, possède l'avantage important d'avoir une bien meil- leure détection des photons, no et électrons, grâce à une courte longueur de radiation, elle a deux limi- tations essentielles.
D'abord la présence de noyaux autres que des protons libres nécessite la séparation cinématique des réactions ayant lieu sur proton libre et sur noyau.
Enfin, la longueur de radiation plus courte accroît les erreurs de mesure de courbure à cause du phéno- mène de diffusion multiple.
Ce premier inconvénient n'en est pas un pour toute une classe d'expériences où l'on s'intéresse à des phénomènes de désintégration, par exemple, toute la physique des mésons Kf à l'arrêt. Voyons maintenant de façon plus précise comment ces deux inconvénients majeurs d'une chambre à liquide lourd, s'amenuisent vite si les dimensions de la chambre augmentent. -
Supposons que la limitation de précision de mesure provienne essentiellement de la diffusion multiple, ce qui est vrai pour les chambres actuelles et le sera encore certainement pour les électrons dans les grandes chambres. La précision relative de mesure est donnée par la formule :
B est le champ magnétique, la vitesse (en pratique égale à l'unité), X , la longueur de radiation et L la longueur de mesure.
Pour une même visibilité de y par matérialisation, le rapport Xo/L est constant et donc la précision relative de mesure est proportionnelle à 1
-elle
L augmente donc beaucoup avec les dimensions de la chambre. En fait, la longueur de mesure L est limitée
par la longueur moyenne d'interaction. Celle-ci est de 2 m environ pour des n rapides (26 mb) dans le propane pur. Mais ceci entraîne immédiatement un autre avantage important. En effet, on peut tra- vailler avec des longueurs de radiations plus grandes, c'est-à-dire avec du propane pur ou presque pur.
Ceci augmente donc considérablement la proportion de réactions ayant lieu sur protons libres.
Bien entendu, quel que soit le type de chambre, la taille permet d'augmenter non seulement le nombre d'événements, pour un temps donné d'utilisation de l'accélérateur, mais encore l'information contenue dans chaque événement grâce aux réactions secon- daires (mesure de polarisation par diffusion des secondaires, par exemple).
Enfin, il ne faut pas oublier que la densité des liquides utilisés dans les chambres à liquides lourds (environ 1) est 15 fois, environ, celle de l'hydrogène liquide et permet donc d'augmenter notablement les statistiques pour les événements très rares comme les réactions de neutrinos.
IV. QueIques problèmes techniques reIatifs aux grandes chambres.
-Il n'est pas question, ici, de discuter la technique de construction des grandes chambres à bulles. Nous voulons seulement soulever quelques points importants qui font appel à des tech- niques nouvelles.
LE
CHAMP MAGNÉTIQUE. -C'est un problème difficile, de construire un aimant donnant plusieurs teslas dans un volume de l'ordre de 20 m3. Quelle que soit la technique utilisée (classique ou supra-conduc- tivité), le problème des forces électro-magnétiques (proportionnelles au carré de l'intensité) est très diffi- cile. La méthode classique consiste à utiliser une grande puissance électrique (de 6 à 9 mégawatts).
Aux contraintes électro-magnétiques s'ajoutent des contraintes thermiques qui soumettent l'isolant à de dures épreuves. Quelles que soient les précautions prises, le risque d'une microfuite électrique détruisant lentement l'isolant et produisant à plus ou moins brève échéance un court-circuit, ne peut être totalement exclu.
La technique de la supra-conductivité est très tentante. Cependant, si elle résout le problème de la grande consommation de courant, les frais de construc- tion sont élevés à cause de la nécessité de travailler à la température de l'hélium liquide et du fait du prix élevé du conducteur (NbTi ou NbSn). Un problème majeur est celui de la stabilité de l'état supra-conduc- teur, afin d'éviter une libération considérable de l'énergie par brusque réduction du courant. Ce pro-
4
C 2 - 5 0 A.
LAGARRIGUE blème semble bien résolu grâce à la mise en parallèle
de plusieurs supra-conducteurs avec un support très conducteur comme du cuivre ou de l'aluminium très pur. Des prototypes de telles bobines de un mètre de diamètre, environ, ont donné toute satisfaction. Les bobines définitives des chambres de Brookhaven et d'Argonne sont en cours d'essai.
L'ÉCLAIRAGE. - Dans les chambres à bulles classi- ques, une surface importante de la chambre est consti- tuée par une ou plusieurs glaces à travers lesquelles se font la photographie et l'éclairage. Il n'est plus possible de procéder ainsi pour des chambres de 10 m3 et plus.
La plupart des chambres utilisent, pour l'éclairage, la technique mise au point par la Compagnie américaine
« 3 M », connue sous le nom de technique
((Scotchlite » ou éclairage rétrodirectif à fond brillant. La méthode consiste à tapisser la chambre d'un plastique sur la surface duquel sont collées de manière jointive des billes de verre de quelques dizaines de microns.
L'indice relatif du verre et du liquide de la chambre est tel que toute lumière entrant dans la bille ressort après réflexion dans une direction parallèle à la lumière incidente. Si donc on dispose une lampe flash d'éclai- rage autour de l'objectif photographique, celui-ci voit toute la surface de la chambre brillamment illu- minée. Si une trajectoire de bulles se produit dans le liquide, celles-ci diffusent la lumière dans un angle assez grand et affaiblissent considérablement la lumière entrant dans l'objectif. Les bulles apparaissent donc en noir sur fond brillant (Fig. 2). Cette technique, mise au point par W. Powell à Berkeley, marche très bien dans
FIG. 2.
-Principe de l'éclairage rétrodirectif à fond brillant.
les petites chambres et semblent vouloir donner de bons résultats dans les très grandes chambres, encore que le problème du contraste et de l'uniformité de l'éclairage soit assez sérieux.
Bien sûr, il se pose des quantités de problèmes techniques délicats, comme l'obtention de feuilles Scotchlite uniformes et de bonne qualité, le collage de ces feuilles sur les parois etc.
Néanmoins, cette technique semble donner des résultats satisfaisants et il semble difficile d'imaginer autre chose pour les très grandes chambres à hydrogène.
LA
PHOTOGRAPHIE.- L'impossibiIité pour de très grandes chambres de disposer de grandes glaces pour les photographier de manière classique conduit à prévoir des trous dans le corps de chambre où sont disposés des objectifs à grands angulaires. Nous décri- rons brièvement l'objectif utilisé pour la grande cham- bre « Gargamelle
B.Cet objectif devait répondre aux spécifications suivantes :
- Avoir un champ de 1100 de façon à ne pas avoir un trop grand nombre d'objectifs.
- Avoir dans tout le champ une image d'un point lumineux situé à l'intérieur de la chambre dont la taille ne dépasse pas la limite de la tache de diffraction.
- Avoir dans tout le champ une distorsion inférieure à 1 % afin de ne pas compliquer les problèmes de dépouillement et de mesure.
- Etre télécentrique, c'est-à-dire que les rayons émergeants arrivent à peu près perpendiculaires à la surface du film, afin de ne pas avoir de problèmes très difficiles de mise en place du film.
- Enfin assurer un transport d'image sur une distance de deux mètres environ pour que le film et les caméras puissent se trouver à l'extérieur de la culasse de l'électro-aimant.
Ces objectifs ont été réalisés par la firme française Sopelem. Le principe en est le suivant :
La lentille d'entrée est constituée par un hublot hémisphérique, à faces parallèles, capable de tenir la pression de 20 bars du liquide. On rencontre ensuite une lentille divergente qui ramène le champ de 1 IO0 à 90°.
Au centre de l'hémisphère se trouve un objectif Sopelem (l'Altor) de 900 qui donne une image dans un autre système optique jouant le rôle de lentille de champ. Grossièrement, ce système optique est équi- valent à une lentille plane située dans le plan image de l'Altor et ayant son foyer au centre optique de 1'Altor qui est un objectif symétrique. Enfin, deux véhicules optiques forment une image à environ 2 mètres dans le plan du film (Fig. 3).
Un premier objectif prototype a été construit et
FIG.
3. -Optique G. G. M. Détail de I'objectif.
celui-ci a pu être amélioré, grâce à un programme de courbures des faces ainsi que les indices des diverses calcul d'optimisation avec la ,collaboration du labora- lentilles constituant l'objectif.
toire du Professeur Wynne de l'Imperia1 College à
Londres. Ce programme a pu, en fonction des spéci- V. Les grandes chambres en construction ou en fications demandées, optimiser les positions, les projet. - Le tabIeau 1 donne la liste et les caracté-
Grandes chambres à bulles
Laboratoire Accélérateur Liquide Dimensions Date
(mètres) Etat d'achèvement
Saclay DPPHE (Mirabelle) Serpukhov H 2 ~ 2 N e 4 x 1,5 4 construction 1970
Brookhaven 7 ft ... AGS H2D2Ne 2 4 x 2 construction 1969
Brookhaven 14 ft . . . AGS H ~ D ~ N ~ 4,25 4 x 5 projet 1971 ?
. . .
Argonne ZGS H2D2Ne 4 4 x 2 construction 1970
CERN 3,7 m . . . P. S. H2D2Ne 3,5 + x 3 construction 1971
Rutherford Lab. ... Nimrod H2D2Ne 1,5 4 70 KgG projet ?
Serpukhov . . . Serpukhov C3H8 4 x 1,5 x 1 construction 1972 CF3Br
Saclay Ecole Polytechni- C3H8
que Orsay (Gargamelle) . P. S. CF3Br 4,s x 1,9 + construction 1969
Wisconsin ... ZGS C3H8 4,35 x 1,7 4 abandonné
CF3Br
C 2 - 5 2
A.LAGARRIGUE ristiques des grandes chambres à bulles en construction
ou en projet.
Examinons, d'abord, les grandes chambres à hydro- gène. La première est
t(Mirabelle », la chambre à hydrogène construite par le département de physique des particules élémentaires du CEA à Saclay. Elle doit être utilisée en U. R. S. S. à Serpukhov auprès du synchrotron à protons de 70 GeV. C'est un cylindre d'axe horizontal, de diamètre 1,8 m et de 4,5 m de Iongueur. Son champ magnétique est classique, de 2 teslas environ. La photographie est faite au moyen de 8 caméras situées sur trois lignes horizontales. La détente est effectuée à travers 8 tubes, de grande sec- tion, situés à la partie supérieure du corps de chambre.
Le piston est situé à la partie supérieure. Le mode d'éclairage est rétrodirectif (scotchlite) et les objectifs permettent de photographier un champ de 1 10° (Fig. 4).
La première est la « 14 pieds
))de Brookhaven ; c'est le premier projet de chambre géante à hydrogène qui fut proposé. Faute d'avoir pu obtenir les crédits, le laboratoire du Professeur Shutt de Brookhaven a construit un modèle de cette chambre, de « 7 pieds », qui doit commencer ses essais prochainement. Elle doit être utilisée d'abord pour la physique du neutrino en juin prochain à Brookhaven. La troisième de ces chambres, la
((12 pieds », se construit au laboratoire d'Argonne pour être utilisée auprès du synchrotron ZGS. Ses essais doivent commencer en 1969. Enfin, la quatrième est celle construite au CERN, dans le département TC, par une collaboration du CERN, de la France et de l'Allemagne. Elle doit entrer en fonc- tionnement auprès du PS en 1972.
La chambre suivante n'est qu'à l'état de projet. Ce n'est pas à proprement parler une grande chambre
FIG.
4.- Chambre
àbulles
ccMirabelle ».
La chambre doit commencer ses essais à Saclay à la
£in de 1969, et être ensuite transportée en U. R. S. S.
Considérons maintenant les 4 chambres successives.
Celles-ci ont plusieurs caractéristiques communes : le champ magnétique est supraconducteur, le corps de chambre est cylindrique à axe vertical, le piston est situé en bas, la photographie se fait au moyen de 4 ou 5 caméras chacune voyant toute la chambre et enfin l'éclairage est du type rétrodirectif (scotchlite).
puisque son diamètre n'est que de 1,5 m, mais elle est caractérisée par un très fort champ magnétique de 7 teslas.
Passons maintenant aux chambres à propane. La première est « Gargamelle ». C'est une chambre cylindrique de 4,8 m de long et de 1,9 m de diamètre.
Son champ magnétique de 2 teslas est classique. L'éclai-
rage est à fond noir et se fait au moyen de lampes
ponctuelles dont l'éclairage direct est masqué. La
FTG. 6. - Chambre
àbulles
KSKAT » de Serpukhov.
C 2 -
54 A. LAGARRIGUE photographie se fait comme pour « Mirabelle
))avec
8 caméras, mais disposées sur 2 lignes horizontales.
C'est une chambre construite à Saclay au département Saturne, par une collaboration entre le CEA, I'Ecole Polytechnique et le Laboratoire de l'Accélérateur Linéaire d'Orsay. Cette chambre doit être utilisée au CERN et deviendra propriété du CERN après sa mise au point. La fabrication du corps de chambre a subi quelque retard, mais sa mise à disposition pour la physique est prévue pour le début de 1970 (Fig. 5).
La seconde chambre à propane << Skat »est construite en U. R. S. S. à Serpukhov à partir de 1972. A l'opposé de toutes les autres grandes chambres, son corps de chambre est parallélépipèdique (4 x 1,5 x 1 m). La photographie est conventionnelle à travers une glace frontale flottante entre le propane et un tank rempli
d'huile de très faible compressibilité. Ce type de chambre nécessite un aimant ayant un seul pôle, ce qui oblige à dépenser une très grande quantité de fer et de cuivre. La photographie est très classique et l'éclairage se fait au moyen de tubes internes comme dans la chambre NPA du CERN (Fig. 6).
Signalons, enfin, le projet de grande chambre à propane, proposé par l'université de Wisconsin, qui fut le premier de toutes les grandes chambres. Par la suite ce projet, initialement financé par le Laboratoire d'Argonne, a été abandonné au profit de la grande chambre à hydrogène.
Conclusion. - L'année 1969 verra la mise au point et peut-être l'entrée en service des premières très grandes chambres.
FIG. 7.
-Projet britannique de chambre
àbulles géante
((Mammouth
1).A
:joint en oméga
àbasse température, B
:joint en oméga
àtempérature ambiante, C
:epoxy fibre de verre avec nid d'abeille en plastique et mylar+ aluminisé ou mélinex*, D
:voûte de béton, E : moteur linéaire ou vibreur électromagnétique, F : gaz sous pression, G
:béton approximativement 2000 t, H
:enceinte isotherme pour liquide de la chambre,
1 :expoxy fibre de verre avec nid d'abeille en plastique et mylarf aluminisé ou mélinex*, J
:aimant supraconducteur réfrigéré
àl'hélium liquide, K
:système optique œil de poisson
))pour caméra, L : source centrale de lumière et projection du système fiduciel par laser, M
:approximativement 200
td'hydrogène liquide, N
:base du rocher, 0
:tunnels d'accès, P
:blindage de béton,
Q :boucle de réfrigération, R
:accès
àascenseur conduisant vers appareillage optique, S
:blindage de terre pour les expériences avec des neutrinos.
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