ACTES OFFICIELS
DE
L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
N° 229
ACTIVITÉ DE L'OMS
EN 1975
RAPPORT ANNUEL DU DIRECTEUR GÉNÉRAL A L'ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ ET AUX NATIONS UNIES
Le Rapport financier pour l'exercice jerjanvier - 31 décembre 1975, qui constitue un supplément au présent volume, est publié séparément dans
les Actes officiels No 230.
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
GENÈVE
1976
Listes des abréviations employées dans les Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé:
AID - Agency for International Development des Etats -Unis d'Amérique AIEA - Agence internationale de l'Energie atomique
BIRD Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement BIT Bureau international du Travail
B SP Bureau sanitaire panaméricain CAC - Comité administratif de Coordination CEA Commission économique pour l'Afrique
CEAO Commission économique pour l'Asie occidentale CEE - Commission économique pour l'Europe
CEPAL Commission économique pour l'Amérique latine
CESAP - Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique CIOMS Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales CIRC - Centre international de Recherche sur le Cancer
CNUCED - Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement FAO Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
FISE - Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
FNUAP - Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population FNULAD - Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues HCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
OACI Organisation de l'Aviation civile internationale OIT - Organisation internationale du Travail
OMCI - Organisation intergouvernementale consultative de la Navigation maritime OMM - Organisation météorologique mondiale
OMPI - Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle OMS Organisation mondiale de la Santé
ONUDI Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel OPS Organisation panaméricaine de la Santé
OUA - Organisation de l'Unité africaine PAM Programme alimentaire mondial
PNUD - Programme des Nations Unies pour le Développement PNUE - Programme des Nations Unies pour l'Environnement UIT Union internationale des Télécommunications
UNESCO - Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture UNITAR - Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche
UNRWA - Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient
ISBN 92 4 260229 9
© Organisation mondiale de la Santé 1976
Les publications de l'Organisation mondiale de la Santé bénéficient de la protection prévue par les dispositions du Protocole N° 2 de la Convention universelle pour la Protection du Droit d'Auteur. Pour toute reproduction ou traduction intégrale, une autorisa- tion doit être demandée à la Division des Publications et Traductions, Organisation mondiale de la Santé, Genève (Suisse). L'Organi- sation mondiale de la Santé sera toujours très heureuse de recevoir des demandes à cet effet.
IMPRIMÉ EN SUISSE
-
II-
TABLE DES MATIÈRES
Index publié séparément
Pages
Introduction
PARTIE I - APERÇU GÉNÉRAL
1. Renforcement des services de santé
v11
3 Développement des services de santé 3 Instituts pour le développement des services de santé 13
Planification et gestion des services de santé 11 Services d'information sanitaire 14
2. Santé de la famille 15
Santé maternelle et infantile 17 Education pour la santé 24
Nutrition 20 Reproduction humaine 27
3. Développement des personnels de santé 36
Systèmes de personnels de santé 36 Gestion des personnels de santé 45
Production des personnels de santé 36
4. Maladies transmissibles 56
Surveillance épidémiologique des maladies trans- Tuberculose 73
57 Activités et antituberculeuses combi-
Variole 58 nées 76
Maladies à virus, à Chlamydia, à rickettsies, et Maladies bactériennes aiguës 76
maladies apparentées 61 Santé publique vétérinaire 80
Maladies vénériennes et tréponématoses . 67 Prévention de la cécité et de la perte de vision 85
Lèpre 70
5. Paludisme et autres maladies parasitaires 87
Paludisme 89 Trypanosomiase africaine 99
Schistosomiase 93 Trypanosomiase américaine 100
Onchocercose 96 Leishmaniose 101
Autres infections filariennes 98
6. Biologie des vecteurs et lutte antivectorielle 103
Ecologie appliquée 103 Matériel de lutte contre les vecteurs 106
Résistance aux insecticides et aux rodenticides . 104 Lutte biologique 106
Evaluation de nouveaux insecticides et lutte Lutte génétique 107
chimique 105 Lutte antivectorielle et santé internationale. . . . 107
Activités générales de lutte antivectorielle . . . . 105 Sécurité d'emploi des pesticides 108
7. Maladies non transmissibles 109
Cancer 109 Santé mentale, pharmacodépendance et alcoolisme 121
Maladies cardio- vasculaires 114 Médecine radiologique 129
Autres maladies non transmissibles chroniques 118 Génétique humaine 131
Hygiène dentaire 120
8. Immunologie 133
9. Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques 136
Evaluation et surveillance des médicaments . . . 136 Technologie de laboratoire de santé 138
Préparations pharmaceutiques 137 Standardisation biologique 139
- III -
Pages
10. Salubrité de l'environnement 141
Approvisionnement public en eau et élimination Mesures concernant des problèmes et des groupes de
des déchets 142 population particuliers 148
Salubrité de l'environnement: Planification de la salubrité de l'environnement . 157 critères et surveillance continue 146
11. Statistiques sanitaires 158
Développement des services de statistiques Méthodologie des statistiques sanitaires 160
sanitaires 158 Classification internationale des Maladies 161
Diffusion d'informations statistiques 159
12. Coordination de la recherche biomédicale 162
13. Documentation et information sur la santé 164
Services de bibliothèque et de documentation sur Information pour la santé 164
la santé 164
14. Questions constitutionnelles, juridiques, financières et administratives 167
Questions juridiques 167 Questions administratives 170
Situation financière 168
15. Collaboration avec d'autres organisations 174
Programme des Nations Unies pour le Développe- Programme alimentaire mondial 179
ment 175 Opération d'urgence des Nations Unies 179
Fonds des Nations Unies pour l'Enfance . . . . 177 Autres sources de fonds extrabudgétaires 180 Office de Secours et de Travaux des Nations Unies
pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -
Organisations non gouvernementales 181
Orient 178
PARTIE II - LES RÉGIONS
16. Région africaine 185
17. Région des Amériques 190
18. Région de l'Asie du Sud -Est 194
19. Région européenne 199
20. Région de la Méditerranée orientale 203
21. Région du Pacifique occidental 208
PARTIE III - LISTE DES PROJETS
Projets en cours d'exécution en 1975 216
Région africaine 217
Région des Amériques 230
Région de l'Asie du Sud -Est 260
Région européenne 276
Région de la Méditerranée orientale 291
Région du Pacifique occidental 304
Activités interrégionales 317
- IV -
ANNEXES
Pages 1. Membres et Membres associés de l'Organisation mondiale de la Santé au 31 décembre 1975 333
2. Composition du Conseil exécutif 334
3. Réunions constitutionnelles et autres réunions connexes en1975 335
4. Tableaux d'experts et réunions de comités et de groupes scientifiques en1975 336
5. Centres collaborateurs OMS 337
6. Formation à la recherche et échange de chercheurs: Bourses attribuées en 1975, classées par sujets
et par catégories 348
7. Bourses attribuées, par sujets d'étude et par Régions 349
8. Publications parues en 1975 351
9. Bibliothèque de l'OMS: Statistiques pour1975 356
10. Organisations intergouvernementales ayant conclu avec l'OMS des accords officiels approuvés par l'Assemblée mondiale de la Santé, et organisations non gouvernementales en relations officielles
avec l'OMS 356
11. Budget ordinaire de 1975 358
12. Effectif et répartition du personnel 359
13. Répartition du personnel d'après la nationalité 361
14. Structure de l'Organisation mondiale de la Santé au 31 décembre 1975 362
TABLEAUX ET FIGURES
Tableau 1. Affectation du personnel enseignant en 1975 37
Tableau 2. Exemples d'activités de formation organisées ou soutenues par l'Organisation en 1975 50 Tableau 3. Engagements de dépenses du PAM pour des activités sanitaires ou apparentées et pour l'ensemble des projets, depuis
la création du Programme 179
Figure 1. Bureaux régionaux de l'OMS et zones qu'ils desservent 184
Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du Secrétariat de l'Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
Lorsque l'appellation « pays ou zones » apparaît dans le titre de tableaux, elle couvre les pays, territoires, villes ou zones.
-v-
INTRODUCTION
AU COURS DE L'ANNÉE 1975 s'est produit un fait important pour l'Organisation mondiale de la Santé et l'ensemble du système des Nations Unies. En septembre, à l'issue de sa septième session extra- ordinaire, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l'unanimité une résolution préconisant l'instauration d'un a nouvel ordre économique », dans laquelle sont abordés des sujets très divers - commerce
international, industrialisation, alimentation, agriculture. Cette résolution marque un tournant dans l'histoire des Nations Unies et de la coopération internationale, car elle concrétise le profond changement de climat qui met enfin un terme à l'affrontement entre pays riches et pays pauvres.
On ne saurait surestimer l'importance de cette résolution pour l'Organisation mondiale de la Santé;
plaçant le système des Nations Unies au centre même de la coopération internationale, elle invite expressément l'OMS et les organismes apparentés à a intensifier l'action internationale en faveur d'une amélioration des
conditions sanitaires dans les pays en développement en accordant la priorité à la prévention des maladies et de la malnutrition et en fournissant des services de santé de base aux collectivités, y compris des services d'hygiène maternelle et infantile et de protection de la famille ». En outre, elle prévoit d'ores et déjà une restructuration de tout le système des Nations Unies à laquelle participeront les chefs de secrétariat des institutions spécialisées. D'autre part, elle offre à l'OMS de nouvelles possibilités d'action en relation avec l'assistance en général, l'industrialisation, la science et la technique, l'alimentation et l'agriculture, et souligne
en particulier la nécessité pressante d'un développement rural intégré.
Les décisions de l'Assemblée générale traduisent une prise de conscience croissante de plusieurs faits étroitement solidaires:
-II est de l'intérêt de la paix et de la sécurité dans le monde que les pays riches augmentent et rationa- lisent l'aide qu'ils apportent aux pays pauvres.
- Le commerce international doit être réorganisé de manière à améliorer les termes de l'échange entre pays industrialisés et pays en voie de développement.
- Les technologies et les méthodes des pays riches ne sauraient être adoptées telles quelles, mais doivent être adaptées aux conditions locales; en fait, il faut encourager les pays jeunes à trouver des solutions originales
à leurs problèmes et à se suffire à eux -mêmes.
- Le développement exige une approche socio- économique intégrée, c'est -à -dire la coordination des politiques relatives au développement agricole, à la production alimentaire, à l'éducation et à la santé.
- Les nations qui font un effort d'industrialisation et d'urbanisation devront manifester la plus grande vigilance si elles veulent éviter les nombreuses répercussions défavorables que ces processus ont déclenchées dans un certain nombre de pays.
Mais en quoi les considérations économiques intéressent -elles la santé ? Sont -elles en rapport direct avec les travaux et la mission de l'OMS ? L'Organisation a -t -elle un rôle à jouer dans la création et le maintien du nouvel ordre économique ? Je crois qu'il faut répondre par un oui catégorique, et les débats et décisions de l'Assemblée générale ont mis clairement en lumière des idées dont s'inspire depuis quelque temps déjà l'OMS: elles nous ont conduits à analyser la contribution qu'apporte la santé au développement rural - dont le progrès économique n'est qu'un aspect - et nous participons activement avec d'autres institutions à la
- VII -
promotion de ce développement rural. Il reste encore un long chemin à parcourir, mais l'action amorcée pour réorienter les programmes de l'Organisation de manière à favoriser le développement social et économique - qui devrait nous permettre de dépasser l'aspect purement technique du développement sanitaire - va maintenant s'accélérer.
En 1975, le Conseil exécutif, l'Assemblée mondiale de la Santé, les comités régionaux et le Secrétariat de l'OMS ont mis fortement l'accent sur les soins de santé primaires dans le contexte du renforcement des services nationaux de santé, car des millions de gens sont encore insuffisamment protégés aussi bien dans les villes que dans les campagnes des pays en voie de développement. Il est évident que leurs problèmes ne dispa- raîtront pas comme par enchantement, et qu'ils ne pourront en venir à bout qu'au prix d'une totale remise en cause des relations entre la collectivité et les services de santé. Il ne faut pas s'attendre à ce que des pro- grammes distincts, dirigés chacun contre une maladie déterminée, permettent d'améliorer la situation dans son ensemble, même si leurs objectifs particuliers sont atteints. Il est également peu probable que la mise sur pied de services centralisés appliquant des techniques avancées puisse résoudre les problèmes sanitaires sans nombre qui se posent quotidiennement à la majorité des ruraux. Nous ne devons pas oublier que, très souvent, les prestations médico- sanitaires dispensées dans les pays industrialisés sont soit inapplicables soit inacceptables dans les pays en voie de développement, parce que trop coûteuses et finalement inefficaces.
Nous devons aussi nous rappeler que les besoins urgents de ces derniers ont pour origine la pauvreté, les infec- tions, la malnutrition et la sous -alimentation, l'absence d'eau potable aisément accessible et les multiples dangers liés à l'environnement. Il n'est guère possible de parer à des menaces de cet ordre en recourant aux techniques classiques, aussi judicieusement et aussi intensivement qu'elles soient appliquées par les services de santé.
Je pense que la solution doit être recherchée dans un retour au mandat originellement confié à l'OMS, et partant à tous les personnels sanitaires, soit celui de s'occuper de la santé et du développement sanitaire dans la plus large acception de ces termes. En conséquence, nous devons non seulement nous efforcer de concevoir des moyens grâce auxquels chacun ait partout accès à des soins de santé de base, ainsi qu'à des soins plus spécialisés quand le besoin s'en fait sentir, mais encore veiller à ce que des mesures positives soient prises, en liaison avec d'autres secteurs, pour s'attaquer aux causes premières des problèmes qui se posent. Une telle action, conçue pour une large application au sein des collectivités (mais étayée s'il le faut par d'autres échelons du système de santé) et comportant donc une responsabilité plus étendue en matière de développement commu- nautaire, est précisément celle que vise l'OMS quand elle préconise les soins de santé primaires - lesquels se rapportent à tous les aspects de la santé et non uniquement aux prestations médicales et personnelles. De nombreux exemples, concernant des pays dont la situation géographique et les structures politiques sont très diverses, montrent que cette approche peut être à la fois acceptable et efficace. Toutefois, beaucoup de questions demeurent en suspens et on doit s'efforcer d'y répondre.
Santé et développement économique et social sont, dans les régions rurales, étroitement liés. Il y a certes un minimum d'instruments de production et de biens de consommation absolument nécessaire à l'individu et à sa famille pour survivre; mais nombreux sont ceux qui, possédant ce minimum et même davantage, manquent des connaissances, de la compétence ou des capacités d'organisation qui leur permettraient d'atteindre à la santé véritable. Et il est difficile d'imaginer comment une collectivité mal nourrie, en proie à des privations qui ont entravé le développement physique et social de ses membres et où sévissent peut -être certaines maladies serait capable de faire face aux tensions et innovations qu'implique le développement économique. Ceci étant, il convient de déterminer le type d'intervention en fonction des diverses situations; dans les zones d'Afrique occidentale où sévit l'onchocercose, par exemple, la santé est l'élément sur lequel il faut agir pour déclencher le mécanisme de transformation, mais il en va différemment dans des zones éprouvées par la sécheresse et la perte de récoltes ou dont le régime foncier est manifestement injuste. Dans de nombreux cas, toutefois, aucun
élément spécifique n'accuse une nette prédominance. Quels que soient les besoins particuliers d'une collectivité,
il est improbable qu'une intervention limitée à un seul secteur aboutisse à des résultats positifs, et l'OMS a aujourd'hui pleinement conscience de la nécessité de collaborer avec des économistes, des agronomes, des hydrauliciens et des spécialistes du développement rural et communautaire - c'est -à -dire de s'entendre avec l'ONU, les institutions ayant des responsabilités techniques parallèles, la BIRD, les banques régionales de développement et les organismes nationaux correspondants en vue d'une action conjointe.
Je ne doute pas que cette approche intégrée soit indispensable à la solution du problème, encore qu'il faille admettre que nos efforts passés sont souvent demeurés vains. L'OMS doit, malgré les échecs anté-
rieurs, continuer délibérément et énergiquement à avancer dans la voie choisie pour promouvoir la santé, en veillant toutefois à ce que sa démarche soit toujours mûrement réfléchie. Nous nous sentons suffisamment confiants pour poursuivre notre tâche, et nous pensons que l'opinion mondiale est aujourd'hui prête à nous soutenir.
Aux termes de la Constitution de l'OMS, chaque pays doit assurer la mise en place et le fonctionnement de services de santé accessibles à tous les citoyens. Les objectifs du développement des personnels doivent concorder avec ceux du développement des services. Pour les atteindre, il faut qu'hommes et femmes formés pour servir la collectivité aient à coeur de rendre leur action acceptable tout autant qu'efficace. On accorde aux services médicaux des villes, qui jouissent traditionnellement d'un plus grand prestige, de plus larges crédits; mais ce n'est pas ainsi qu'on pourra assurer la protection sanitaire de toute la population. La répartition des personnels entre les différentes branches des services et la formation qu'ils reçoivent doivent traduire la détermination des gouvernements de doter d'équipes sanitaires équilibrées les régions rurales éloignées, les collectivités minières et forestières et les villages de pêcheurs où vit et travaille la majorité de la population, laquelle demeure insuffisamment protégée, sinon complètement négligée, par les services de santé.
A cet effet, l'OMS aide plusieurs Etats Membres à mettre sur pied ou à réviser leur système de formation des personnels médico- sanitaires, de façon à tenir compte des besoins locaux. La préparation aux professions
traditionnelles de la santé (médecins, infirmiers et infirmières, agents de l'assainissement) devra être élargie et englober la médecine préventive et l'action sociale. Il faut davantage se préoccuper de développer chez les membres de ces professions une souplesse de pensée qui leur permette de modeler leur intervention en fonction des problèmes très divers qu'on rencontre dans une collectivité. Sans renoncer pour autant aux normes profes- sionnelles ni à l'initiative que justifie son savoir, tout praticien devra désormais acquérir dès le début de sa formation des compétences adaptées aux conditions de terrain - épidémiologie rurale, coutumes et croyances des diverses collectivités locales. Il devra aussi posséder des capacités lui permettant d'organiser le travail en équipe, d'assurer la formation et l'encadrement du personnel, et de stimuler l'intérêt des populations locales pour l'activité des services de santé.
La préparation aux professions traditionnelles de la santé est, on le sait, longue et coûteuse et il paraît absolument exclu que la plupart des pays en voie de développement puissent former dans un délai raisonnable des professionnels qualifiés en nombre suffisant pour l'ensemble de leur population. En tout état de cause, on peut se demander jusqu'à quel point les résultats à en attendre sont à la mesure d'un tel investissement - doute qui est d'ailleurs exprimé même dans certains des pays les plus favorisés. Pour surmonter cette difficulté, l'OMS s'efforce de promouvoir la formation et l'emploi d'assistants médicaux et d'agents des soins de santé primaires rattachés à un système intégré dont l'ensemble sera en mesure d'assurer la protection sanitaire de toute la population. Elle étudie en particulier la possibilité pour certains pays de recourir à des agents sanitaires
« de première ligne », qui seraient choisis par la collectivité elle -même et recevraient un minimum de formation leur permettant de dispenser des soins à temps partiel tout en s'acquittant d'autres tâches au sein de leur communauté.
La formation des cadres professionnels et celle des auxiliaires doivent être reliées l'une à l'autre de manière que chaque catégorie d'agents ait un domaine de compétence bien défini. Cette condition ne sera réalisée que si
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l'action sanitaire au niveau des collectivités, en particulier des collectivités rurales, est familière à ceux qui forment les deux catégories de personnel et si les enseignants peuvent montrer comment fonctionne une équipe de santé intégrée. Cette formation pluriprofessionnelle en est encore à ses débuts, et de nombreuses expériences dans des milieux culturels différents seront nécessaires avant qu'il soit possible de formuler à son sujet des conclusions définitives. L'OMS a elle -même entrepris des actions pilotes pour préparer des enseignants à ce rôle élargi et faire ainsi de la future équipe de santé un groupe vraiment intégré, dont les soins à la population sont efficaces et bien acceptés. Il s'écoulera peut -être beaucoup de temps avant que les résultats des expériences en cours ne soient sensibles, mais j'estime que l'OMS ne peut se soustraire à l'effort qu'elle fait dans ce sens.
L'importance des incidences sociales du nouvel ordre économique est manifeste dans les domaines de la santé maternelle et infantile et de la nutrition. S'il est un fait qui ne plaide guère en faveur de nos actuels régimes sociaux et politiques, c'est le nombre élevé de mères et de jeunes enfants qui meurent encore inuti- lement dans beaucoup de pays sans qu'aucune mesure efficace ait pu être prise à l'échelon national ou in- ternational. On s'accorde à reconnaître l'urgence du problème et quantité de recommandations, de résolutions et de plans d'action ont été adoptés, mais ni à l'un ni à l'autre échelon des crédits suffisants n'ont été déga- gés pour éviter que tant de femmes succombent chaque année au cours d'une grossesse ou d'un accouche- ment et que disparaissent tant d'enfants nés dans des familles défavorisées. Des investissements massifs sont nécessaires, en particulier dans les régions rurales des pays non industrialisés, pour s'opposer aux ravages trop connus que provoque l'action conjuguée de la fécondité sans régulation, de la malnutrition et des infections.
On commence seulement à se rendre compte des pertes économiques qui résultent de ce gaspillage de vies humaines.
L'une des principales préoccupations de l'Organisation dans ce domaine est l'acquisition de connaissances et la mise au point de techniques qui permettent d'améliorer la santé en matière de reproduction humaine et de protéger les femmes et les enfants les plus vulnérables, en vue notamment de réduire la mortalité et la morbi- dité périnatales et infantiles; sa stratégie consiste à identifier avec soin les groupes à haut risque pour leur assurer une meilleure protection sanitaire.
Au cours de l'année 1975 - qui fut celle de l'Année internationale de la Femme - on a beaucoup débattu la question de la condition de la femme et de ses rapports avec la santé et le développement. L'OMS a participé activement à la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme, au cours de laquelle a été soulignée la contribution marquante que les femmes peuvent apporter dans tous les secteurs du développement.
La condition de la femme dans une société est étroitement liée à la situation sanitaire de cette société et à son niveau de développement socio- économique; l'élimination des injustices sociales qu'entraîne l'inégalité de statut entre hommes et femmes constitue un élément indispensable du processus de développement. La relation entre le niveau d'instruction des femmes, la procréation, et la malnutrition chez les enfants a souvent été soulignée. Aussi l'OMS a -t -elle oeuvré pour que l'on se préoccupe davantage de la qualité des soins dispen- sés aux femmes, notamment au cours de la période de procréation, afin que puissent se constituer autour d'elles des familles physiquement, mentalement et socialement saines.
La malnutrition n'est pas à proprement parler un problème sanitaire, mais plutôt social. Des programmes d'intervention massive de courte durée peuvent remédier à une situation d'urgence, mais ils n'auront qu'un effet passager si l'on n'entreprend pas simultanément l'exécution de programmes plus ambitieux visant à améliorer le sort des millions de personnes qui, dans le monde, vivent actuellement dans le dénuement. Par ses incidences sur la mortalité et la morbidité enfantines, sur le développement mental et psychique, sur la capacité de travail et sur le comportement des adultes, la malnutrition tend à perpétuer l'écart entre riches et pauvres au sein de la population mondiale.
Pour s'attaquer au problème, des mesures spécifiques s'imposent dans le secteur de la santé comme dans d'autres secteurs du développement, mais seule pourra réussir une offensive multisectorielle intégrée. Toute
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action indépendante étant impensable, les divers organismes et institutions en cause doivent collaborer étroi- tement afin d'utiliser le plus efficacement possible les ressources limitées dont ils disposent. En outre, quelle que soit l'approche adoptée, il faut offrir aux populations l'occasion de participer pleinement à l'entreprise et de développer leurs potentialités ainsi que les moyens d'améliorer elles -mêmes leur situation. Il ne saurait être question de charité dans une action à long terme visant à faire disparaître la faim chronique-charité qui ne pourrait que perpétuer un état de choses insupportable. En bref seul le développement social apportera un remède à la malnutrition.
L'OMS préconise d'intégrer des services de nutrition dans les services de santé, notamment dans ceux destinés aux familles à haut risque et aux bénéficiaires des soins de santé primaires. On s'efforce de lutter contre certaines maladies de carence (comme la malnutrition protéino- calorique, l'hypovitaminose A et les anémies nutritionnelles) par la distribution de vitamines ou par l'enrichissement des aliments. On accorde une attention toute particulière à la formation des personnels : spécialistes de la nutrition, médecins, infirmiers et infirmières, et autres agents sanitaires. Enfin, l'Organisation élabore, en coopération avec le FISE, la FAO, la BIRD et les organismes d'aide bilatérale intéressés, une approche pluridisciplinaire pour la surveillance nutritionnelle et la planification en matière d'alimentation et de nutrition.
Tenir compte de nos seuls succès et ignorer les leçons qui peuvent être tirées de nos échecs nous ferait courir le risque de gâcher un savoir durement acquis et de gaspiller nos maigres ressources. De vastes campagnes comme les programmes d'éradication du paludisme et de la variole sont, du fait même des erreurs qui ont pu être commises, riches d'enseignements pour l'OMS, le premier étant que dans la lutte contre la maladie il ne faut pas s'en remettre aux seules techniques sanitaires, car les réalisations dans ce secteur dépendent directement du niveau de développement économique des pays concernés.
Au cours des deux ou trois dernières années, le programme d'éradication du paludisme a suscité beaucoup de controverses. A l'enthousiasme qui a marqué la fin des années cinquante et le début des années soixante a succédé jusque vers 1970 une certaine apathie et, plus récemment, un véritable désenchantement. L'opinion selon laquelle le programme aurait échoué ne prévaut pas encore mais n'en a pas moins été exprimée derniè- rement dans différents milieux. Cette vaste entreprise de santé publique, qu'on estimait pourtant « la plus digne d'éloges », est maintenant sévèrement critiquée et l'on a tendance à oublier, devant la lenteur des progrès et les reculs parfois constatés, que le programme a influencé de manière positive les principes appliqués en santé publique. Les questions posées sont nombreuses: L'idée même d'éradication n'était -elle pas pure utopie ? Où, quand et comment le programme a -t -il pris un mauvais tournant ? Les revers enregistrés sont -ils imputables à des difficultés techniques comme la résistance des vecteurs aux insecticides ou la pharmaco- résistance des parasites et, dans l'affirmative, les scientifiques et les techniciens auraient -ils pu les prévoir ? La stratégie d'ensemble a -t -elle été mal conçue et sa mise en oeuvre prématurée ? Les gouvernements et les organismes internationaux ont -ils bien apporté au programme le soutien qu'il exigeait à tous les niveaux ? Certes, le paludisme a été éradiqué dans plus de vingt Etats ou zones et dans certaines parties d'autres pays, où près de 800 millions de personnes ont ainsi été mises à l'abri du risque. En outre, la transmission de la maladie a été grandement ralentie dans des zones représentant une population de 775 millions. Cependant, tout examen réaliste montre que les programmes d'éradication ne sauraient pour la plupart être menés à bien dans un délai déterminé, ce qui est dû en partie aux difficultés économiques rencontrées dans nombre de pays en voie de développement.
Le problème du paludisme place beaucoup d'administrateurs sanitaires devant un choix extrêmement difficile. Pour ramener le paludisme à des proportions où il ne constituerait plus un problème majeur de santé publique, on peut finalement avoir à mettre en jeu autant de personnel et de moyens financiers qu'en exigerait un programme d'éradication limité dans le temps. Il s'agit d'un investissement considérable et dont nul ne peut dire pendant combien de temps il devra se prolonger. D'un autre côté, il faut bien admettre qu'à moins de réduire
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la transmission dans une proportion suffisante, on ne pourra éviter le retour du paludisme endémique, avec ses effets dévastateurs. Nous avons trop tendance à oublier les graves épidémies du passé, comme celles qu'a connues l'Inde où l'on dénombrait annuellement, avant le lancement du programme de lutte, jusqu'à 75 mil- lions de cas de paludisme dans une population qui n'atteignait pas encore la moitié de son chiffre actuel.
Le programme antipaludique nous fournit peut -être un exemple, dans certains pays, de ce qu'il peut advenir d'une action lancée sur le plan sanitaire sans être adéquatement reliée à la fois au développement des services de santé locaux et à celui de l'infrastructure dans d'autres secteurs: après quelques succès specta- culaires, c'est un échec partiel qu'il faut inscrire au bilan. Quoi qu'il en soit, et même avec les moyens limités dont nous disposons, nous pouvons certainement faire face au problème de la résurgence du paludisme. Cela exigera toutefois une évaluation réaliste et rationnelle des effectifs de personnel, ainsi que le partage des ressources financières et techniques entre la planification et la mise en oeuvre des mesures dictées par les circonstances dans les différents pays.
La campagne d'éradication de la variole - maladie dont le mode de transmission est beaucoup moins complexe que celui du paludisme -a montré qu'il était capital d'assurer une coordination complète avec les services locaux. A l'issue des deux premières années de la campagne, il a fallu adopter une nouvelle stratégie substituant la surveillance à la vaccination de masse sans discrimination. L'évaluation et la réévaluation ont d'ailleurs été un souci permanent tout au long de cette campagne, qui touche maintenant à sa fin. C'est en 1975, lorsque le continent asiatique a été, en novembre, déclaré exempt de variole, que le programme d'éradication a enregistré son plus net succès. Le dernier cas connu de variole majeure, forme la plus grave de la maladie, s'est produit au Bangladesh le 16 octobre. Malgré les recherches intensives auxquelles participent plus de cent mille agents sanitaires d'Asie pour détecter tout foyer inconnu ou caché, aucun nouveau cas n'a
été découvert. Néanmoins, les activités de recherche et de surveillance devront se poursuivre encore pendant deux ans après la constatation du dernier cas avant que l'on puisse confirmer l'éradication.
A la fin de l'année, il n'y avait plus dans le monde qu'un seul pays, l'Ethiopie, où persistait l'infection variolique (et ce dans 58 villages seulement). Dans le cadre d'un programme d'urgence décrété par le Gouver- nement, plus de cinq cents agents sanitaires éthiopiens, secondés par du personnel international et disposant d'un soutien logistique important - quatre hélicoptères, véhicules tous terrains, ânes et mulets - s'emploient par tous les moyens à éliminer les derniers foyers. En Ethiopie et ailleurs, les programmes ont bénéficié de crédits du budget ordinaire de l'OMS, ainsi que de services de personnel et de dons en argent et en vaccin généreusement offerts par vingt -trois pays. Pour vérifier que l'éradication a été réalisée, les pays d'Afrique
occidentale ont commencé en 1975 des recherches systématiques en vue de détecter tout cas ayant pu survenir depuis juin 1970, date à laquelle s'est produit au Nigéria le dernier cas connu. Des activités analogues sont en préparation dans des pays d'Afrique centrale, ainsi qu'en Afghanistan et au Pakistan.
De plus en plus consciente de la nécessité de stimuler les recherches sur tous les aspects des maladies tropicales, l'OMS s'efforce d'amener les pays développés à s'associer au combat. Il est urgent de trouver de meilleurs moyens de lutte, en particulier des remèdes convenant pour l'emploi en milieu rural, c'est -à -dire qui soient tout à la fois faciles à administrer, peu coûteux, et surtout efficaces. L'Assemblée mondiale de la Santé a demandé que des plans soient dressés en vue d'aider les pays tropicaux à faire les recherches nécessaires pour produire ces remèdes. Vers la fin de 1974, un groupe de recherche sur les maladies tropicales a été cons-
titué par l'OMS; il coopérera avec le personnel du Siège et des bureaux régionaux à la réalisation du pro- gramme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales. C'est là un exemple de projet à finalités pratiques parfaitement en accord avec le nouvel ordre économique. Il s'agit de trouver, moyennant un effort de recherche et développement, de nouveaux vaccins, tests diagnostiques, médicaments et moyens de lutte antivectorielle qui soient efficaces, tout en aidant les pays tropicaux à améliorer leur propre potentiel de recherche. Ce programme spécial, qui vise six maladies -paludisme, schistosomiase, filariose, trypano- somiase, leishmaniose et lèpre -sera réalisé par des équipes scientifiques multidisciplinaires (groupes ad hoc)
dont les membres représentent toutes les régions du monde et ont été choisis pour leur compétence en matière de recherche biomédicale et de maladies tropicales. Elles définiront les éléments qui leur semblent indispensables pour venir à bout des maladies en cause et organiseront, puis contrôleront, les recherches nécessaires pour les réunir. L'un des groupes ad hoc constitués s'emploie déjà à mettre au point une épreuve cutanée pour le diag- nostic précoce de la lèpre, ainsi qu'un vaccin antilépreux. Les travaux dont les divers groupes auront dressé le plan seront effectués par un réseau international de laboratoires des pays industrialisés, qui travailleront en étroite collaboration avec les instituts des pays tropicaux. Bien qu'on envisage un programme d'envergure mondiale, l'accent sera mis d'abord sur l'Afrique tropicale, où les six maladies constituent un redoutable fléau.
Le programme spécial et les conceptions qu'il traduit fourniront à l'OMS une nouvelle occasion de se me- surer avec une tâche exceptionnelle. Le personnel médico- sanitaire en avait perçu la nécessité, et les scientifiques croient maintenant pouvoir, grâce à la recherche, en assurer la réussite. Le programme permettra à l'OMS de canaliser les efforts du monde scientifique et de mobiliser les fonds nécessaires. Lors d'une réunion avec les donateurs éventuels, tenue en novembre 1975, l'OMS a été invitée à indiquer de manière précise comment elle comptait s'acquitter de sa mission et coordonner les travaux avec les autres programmes de recherches sur les maladies tropicales. Des contributions d'un montant total de US $2,6 millions lui ont été promises par les participants, et elle pourra ainsi poursuivre le travail de planification et lancer des opérations pilotes.
Parmi les traits les plus marquants du programme spécial, il faut mentionner la nature multidisciplinaire de l'approche scientifique et le caractère mondial de la planification et du financement. Son objectif est d'associer les pays tropicaux en voie de développement et les pays industrialisés pour qu'ils apportent en commun leur aide à certaines des populations les plus déshéritées et les plus négligées de notre planète.
Parmi les domaines où les pays en voie de développement ont besoin de la protection de l'OMS figurent notamment les maladies non transmissibles et le contrôle des produits pharmaceutiques. Dans l'un et l'autre cas, les techniques de pointe compliquées et coûteuses auxquelles on peut recourir, souvent de valeur douteuse même dans les pays riches, n'ont absolument pas leur place dans les pays pauvres, où elles ne contribueraient que bien peu au développement sanitaire - qu'elles pourraient même compromettre sérieusement en raison des ressources précieuses qu'absorberait leur application. Loin de moi l'idée que les techniques modernes mises au point dans les pays riches ne doivent pas être importées dans les pays moins favorisés; ce que je tiens seulement à souligner, c'est que leur importation ne se justifie que si elles sont ou peuvent être adaptées aux besoins les plus urgents et à la situation particulière du pays en cause - faute de quoi il faut s'y opposer vigoureusement.
Comme certaines maladies infectieuses ont reculé, que d'autres ont été éradiquées, que simultanément les niveaux de vie se sont élevés et les soins médicaux améliorés, la proportion des personnes d'âge moyen et des vieillards ne cesse d'augmenter dans la population mondiale, et il en résultera inévitablement un accroissement de la fréquence des maladies chroniques. Les observations faites dans certains pays d'Afrique, d'Asie, d'Amé- rique centrale et d'Amérique du Sud indiquent que le cancer et les maladies cardio- vasculaires y comptent déjà parmi les causes principales de décès et, avec les troubles mentaux, parmi les causes de morbidité impor- tantes. La profession médicale, les hommes de science et les responsables de la politique sanitaire doivent donc affronter trois tâches essentielles à l'égard de ces maladies: 1) promouvoir les recherches sur l'étiologie, le pronostic, le traitement et la réadaptation; 2) les combattre efficacement partout où cela est possible, et 3) trouver les moyens d'éviter aux pays en voie de développement d'avoir à faire face à des problèmes de santé qui sont aujourd'hui surtout le lot des nations développées.
On a souvent accordé une importance excessive à la mise au point et à l'application de méthodes de traitement nouvelles et spectaculaires. Il nous faut résister à la tentation d'introduire des techniques médicales hautement perfectionnées, telles que les unités de soins intensifs, dans des régions défavorisées du monde qui
doivent faire face à des problèmes de santé beaucoup plus pressants. C'est pourquoi l'OMS, dans son pro- gramme de lutte contre les maladies cardio- vàsculaires notamment, concentre ses efforts sur les méthodes de prévention et de lutte applicables au niveau des collectivités, en mettant l'accent sur les activités extra- hospita- lières. A mesure que l'on acquiert de nouvelles connaissances, il faut faire en sorte qu'elles soient judicieusement appliquées, afin que les pays en voie de développement ne commettent pas les mêmes erreurs que les pays plus avancés.
Il est de plus en plus urgent de fournir aux peuples du monde, en quantités suffisantes, les médicaments et les vaccins les plus utiles, et de s'assurer que ces produits sont accessibles (et effectivement administrés) à ceux qui en ont besoin. L'Organisation a continué à établir des normes et des prescriptions techniques pour le contrôle de la qualité des substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques, ainsi qu'à procéder à des échanges d'informations sur leur sécurité d'emploi et leur efficacité. Ce programme a toutefois été revu intégralement, et sa nouvelle orientation permettra à l'OMS d'améliorer sa coopération avec les Etats Membres en vue de résoudre leurs problèmes de médicaments. Un nouveau sous-programme - politique et gestion des médicaments -a été créé et le projet de surveillance internationale des réactions adverses aux médicaments sera désormais intégré dans un programme plus vaste - échange d'informations sur les médicaments et éva- luation de leur efficacité - afin que les Etats Membres disposent de renseignements encore plus utiles.
Les médicaments et vaccins essentiels sont des moyens indispensables pour que chacun puisse accéder au meilleur état de santé possible. Or, la plupart d'entre eux sont fabriqués dans les pays industrialisés ou par des filiales de sociétés multinationales. Depuis longtemps déjà, il est devenu impératif que les pays ou groupes de pays importateurs et exportateurs de produits pharmaceutiques appliquent une politique des médicaments qui tienne compte des intérêts de la santé publique dans l'ensemble du monde et donne la priorité aux médi- caments et vaccins nécessaires. Laisser la loi de l'offre et de la demande régir seule la circulation de ces pro- duits ne peut provoquer que déséquilibre et injustice. Dans de nombreux pays en voie de développement, l'absence d'une politique nationale des médicaments permet à des entreprises pharmaceutiques étrangères d'influencer fortement la demande et de contrôler le transfert de technologie pharmaceutique -la production locale étant confiée à leurs filiales, ou entreprise sur la base d'accords de licence. Cette fabrication est en outre largement tributaire de l'approvisionnement en produits bruts et de leur prix. De nombreux pays en voie de développement demeurent ainsi assujettis à des intérêts étrangers et consacrent une large part des ressources limitées allouées à la santé à importer des médicaments - ou des produits bruts servant à leur fabrication - qui ne répondent même pas, dans bien des cas, à leurs véritables besoins.
Les médicaments et vaccins essentiels pour satisfaire les besoins sanitaires réels des populations sous - approvisionnées sont en fait peu nombreux. En donnant la priorité à la fourniture de ces produits essentiels et à la mise au point de meilleures préparations, l'OMS contribuera à instaurer le dialogue entre les gouver- nements et l'industrie pharmaceutique, y compris les sociétés multinationales. 11 sera alors possible de réorienter la production industrielle et la recherche au bénéfice des populations défavorisées. Dans le domaine des vaccins, un pas a été fait dans cette direction grâce au programme élargi de vaccination de l'OMS, lequel vise à accé- lérer la fourniture de quantités suffisantes de vaccins de bonne qualité aux populations intéressées, afin qu'une forte proportion des sujets sensibles puissent être vaccinés à l'âge optimal.
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L'approvisionnement en eau et l'assainissement des régions rurales a également fait l'objet d'une analyse attentive au cours de l'année. Jusqu'ici, dans ses programmes de collaboration avec les Etats Membres, l'OMS avait approuvé implicitement l'approche purement sectorielle adoptée par de nombreux pays, approche fondée sur l'hypothèse que l'amélioration de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement dans les régions rurales, outre ses effets heureux sur la santé et la qualité de la vie, contribuerait automatiquement à l'essor de l'économie rurale. Si nul ne peut contester les effets de ces mesures sur la santé et l'environnement, l'idée
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qu'elles puissent à elles seules avoir une incidence mesurable sur l'économie rurale a été abandonnée en faveur d'une notion plus conforme aux principes du nouvel ordre économique, celle de la nécessité d'un effort concerté au moyen de divers programmes sectoriels. Aujourd'hui, les planificateurs sont généralement d'avis que seule une action multisectorielle permettra d'atteindre le but qu'ils se sont fixé : améliorer la situation économique et sociale des collectivités désavantagées.
C'est à cette même conclusion qu'est parvenu le groupe de travail spécial sur l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement des régions rurales. Composé de représentants de l'OMS et de six autres organi-
sations (FISE, PNUD, PNUE, BIRD, Organisation pour la Coopération et le Développement économiques, Centre canadien de Recherches sur le Développement international) également préoccupées par la lenteur avec laquelle les systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement sont installés ou améliorés dans les régions rurales des pays en voie de développement, ce groupe a pour objectif d'accroître l'aide internationale octroyée dans ce secteur. En novembre 1975, il a proposé un programme international intégré afin d'accélérer la mise en place des installations, en faisant observer que l'action dans ce domaine ne devait pas être sectorielle mais se rattacher à une conception globale du développement rural et viser à promouvoir, soutenir, exécuter et évaluer des projets de recherche pour la mise au point de techniques qui puissent être adaptées aux situations locales.
Dans plusieurs des pays en voie de développement où des programmes de développement rural intégré sont en cours d'exécution depuis plusieurs années, on n'a malheureusement pas encore pris conscience du rôle que jouent l'approvisionnement en eau et l'assainissement des régions rurales. Aussi l'OMS va -t -elle s'attacher à favoriser la réalisation de programmes ruraux mieux équilibrés dans lesquels sera incluse cette composante essentielle. Les transferts de technologie en la matière ont été trop souvent caractérisés par une tendance à introduire du matériel peu pratique et des systèmes trop coûteux, trop perfectionnés et trop difficiles à faire fonctionner et à entretenir. Les pays en voie de développement ont besoin de techniques impliquant un fort
apport de main- d'oeuvre qui puisse être mobilisée localement, de matériels standard exigeant un minimum d'entretien et de dispositifs simplifiés pouvant être fabriqués sur place. Il faut que les ingénieurs et les fabricants des pays développés et des pays en voie de développement soient encouragés par des moyens appropriés à apporter des solutions réalistes à ces problèmes.
Les efforts entrepris pour transformer les rapports liant l'Organisation à ses Etats Membres - ceux de donateur à bénéficiaires - en une véritable association ont marqué de constants progrès tout au long de l'année 1975. L'évolution est clairement apparue lors de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, où s'est manifestée une active participation des pays et où ont été adoptées un grand nombre de résolutions im- portantes sur les programmes - notamment ceux revêtant un intérêt direct pour les pays en voie de dévelop- pement. A cours des deux sessions du Conseil exécutif on a également noté l'amorce d'un franc dialogue propre à resserrer encore les relations entre le Conseil et le Secrétariat et à inciter ceux -ci à assumer de concert
la responsabilité de l'orientation et de la mise en oeuvre du programme de l'Organisation. Cette collaboration trouve notamment à s'exprimer au sein du Comité ad hoc du Paludisme et du groupe spécial pour la promotion des services nationaux de santé, relevant tous deux du Conseil exécutif
L'étude organique du Conseil exécutif sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres, approuvée par la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, met l'accent sur l'unité de conception et d'action qui doit caractériser toutes les activités de l'Organisation; or cette unité ne peut être atteinte qu'au moyen d'une approche intégrée de l'élaboration du programme dont tous les éléments, à tous les niveaux, doivent se renforcer mutuellement et former partie d'un
tout. La mise en pratique de ces notions fondamentales a d'ailleurs déjà commencé.
La persévérance avec laquelle on s'attache, dans les Etats Membres, à promouvoir la programmation sanitaire par pays témoigne également de la nécessité d'une telle unité de conception et d'action. Pour encou- rager l'effort national de programmation, l'OMS continue de mettre au point des méthodes et elle s'emploie
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à ne pas laisser faiblir l'intérêt, offrant au besoin sa collaboration et son soutien. Grâce à cette approche non sophistiquée, le processus de programmation a été mis en route et a progressé plus ou moins rapidement en Algérie, au Bangladesh, en Birmanie, au Congo, au Laos, au Népal, au Pakistan, au Soudan et en Thaïlande.
Dans la Région des Amériques, l'ancienne programmation basée sur des projections quadriennales a été remplacée par une planification et une programmation sanitaires nationales qui, à quelques détails près, s'apparentent étroitement à la programmation sanitaire par pays. Ce nouveau processus a jusqu'à présent
été institué au Brésil, au Costa Rica, en Equateur, au Guatemala, au Honduras et au Paraguay.
Il n'est pas certain, malgré tout, que l'on ait bien compris toutes les incidences de la programmation sanitaire par pays, laquelle constitue une entreprise de longue haleine et non un effort intensif mais sans lendemain. S'ils veulent développer systématiquement leurs programmes et services de santé, les pays qui ne l'ont pas encore fait devront créer des organes permanents pour formuler leur politique sanitaire et la traduire en programmes opérationnels. Il s'agit là d'une approche vraiment nouvelle pour la plupart des pays, car elle implique un processus continu de planification, d'exécution, de surveillance, de contrôle, d'évaluation et de replan fication; pour le mettre en route et lui conserver son dynamisme, les mécanismes utilisés devront être maintenus pendant un laps de temps qu'on ne peut actuellement définir. L'évolution amorcée devrait donc avoir des effets d'une grande portée sur l'organisation des ministères de la santé dans le monde entier.
Un certain nombre de pays qui se sont lancés dans la programmation sanitaire nationale ont abordé la formulation de vastes programmes comportant des plans d'opérations détaillés dans les secteurs exigeant une attention prioritaire. En prenant courageusement la décision d'aller de l'avant dans ces domaines, les gouvernements ont dû parfois se résigner à négliger temporairement d'autres secteurs d'activité où l'urgence est moindre. L'Organisation s'est efforcée, pour sa part, d'appeler l'attention internationale sur certaines priorités sanitaires nationales, afin de canaliser l'aide multilatérale et bilatérale vers les programmes qui en ont le plus besoin. Certains indices permettent de penser que des institutions telles que le PNUD et la BIRD, ainsi qu'un certain nombre d'organismes d'aide bilatérale, sont disposés à investir des sommes importantes dans des programmes de développement sanitaire formulés de cette manière. L'action coordonnatrice de l'OMS, quoiqu'à ses débuts, s'est davantage affirmée en 1975 et son importance est appelée à grandir encore dans les années à venir.
Les réalisations de l'Organisation en 1975 sont le fruit du dialogue que nous avons pu engager avec ses organes directeurs et les gouvernements des Etats Membres. Nous sommes maintenant parvenus à un point où des décisions fondamentales sur le rôle futur de l'OMS s'imposent. Allons -nous sombrer dans l'immo- bilisme technocratique, en nous contentant de dispenser les sages conseils de la médecine traditionnelle et de répandre ses techniques, ou collaborer avec les gouvernements, les autres institutions et les collectivités elles - mêmes pour forger des méthodes et des approches nouvelles grâce auxquelles la santé prendra sa place parmi les conquêtes sociales ?
Je ne pense pas qu'il puisse y avoir de doute quant au choix qui sera fait. Nous devons unir nos efforts à ceux de l'ensemble des intéressés pour qu'un niveau de santé acceptable soit assuré à tous partout dans le monde, c'est -à -dire non seulement aux privilégiés habitant les banlieues confortables des villes opulentes, mais aussi à la masse de ceux qui peinent pour arriver tout juste à survivre dans les taudis, les régions rurales isolées, les montagnes, les îles éloignées. C'est alors seulement que nous pourrons estimer avoir atteint les buts énoncés dans notre Constitution.
Directeur ,géiéral
PARTIE I
APERÇU GÉNÉRAL
1. RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
1.1 Les activités de l'Organisation visant à la pro- motion des services de santé nationaux ont été inten- sifiées au cours de l'année. L'examen par le Conseil exécutif des problèmes relatifs aux services de santé dans le monde en voie de développement en 1972 et 1973 s'est achevé par la présentation à la Vingt - Sixième Assemblée mondiale de la Santé de l'étude organique du Conseil sur les méthodes à employer pour promouvoir le développement des services de santé de base; 1 il a été suivi d'une estimation des possibilités d'action de l'OMS dans ce domaine. En conséquence, il a été proposé à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 1975, de développer d'urgence les programmes nationaux de soins de santé primaires en utilisant une approche multisectorielle et en se préoccupant plus particuliè- rement des populations insuffisamment desservies
des zones rurales et urbaines. Cette proposition, adoptée par l'Assemblée de la Santé dans la résolution WHA28.88, conformément à la résolution EB55.R16 du Conseil exécutif adoptée en janvier, a été suivie de discussions intensives avec diverses institutions inter- nationales et bilatérales, ainsi que d'accords sur les priorités communes et sur divers mécanismes devant permettre d'adapter les sources de fonds aux pays destinataires éventuels. L'OMS a également intensifié ses dialogues à ce sujet avec les pays, tant aux sessions de 1975 des comités régionaux que directement à
divers échelons gouvernementaux. Simultanément, elle a fait un vaste effort interne pour préparer des directives techniques et de la documentation que les pays pourront adapter et utiliser dans leurs programmes nationaux.
1.2 On a enregistré quelques réussites mais aussi quelques déceptions. Les mesures prises jusqu'ici ont mis en relief le problème des soins de santé primaires, fait apparaître des solutions possibles, suscité de larges débats internationaux et créé peu à peu un climat d'opinion positif. Certains pays, tels que le Soudan et la Thaïlande, déjà lancés dans la programmation sanitaire nationale, ont rapidement pris conscience des incidences du problème et planifié leurs services de santé de base. D'autres, notamment certains Etats d'Afrique indépendants depuis peu, comme le Mozambique et la Guinée -Bissau, ont inscrit les soins de santé primaires parmi leurs actions prioritaires. On pense qu'en 1976 un certain nombre de pays, après avoir examiné leurs problèmes et les solutions dispo- nibles, entameront les étapes de préplanification et de planification.
1 Actes officiels OMS, No 206, 1973, annexe 11.
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1.3 Ces résultats constituent d'indéniables succès mais on doit les mettre en regard de la maigre réussite des efforts techniques faits pour préparer des solutions de rechange dans certains domaines (technologie sanitaire simplifiée, nouveaux programmes de forma- tion pour de nouveaux types de travailleurs, moyens de constituer des organisations villageoises adaptées au cadre national des services de santé, constitution de liens étroits et action intégrée avec d'autres secteurs, notamment avec celui du développement rural, etc.).
Un tel travail est difficile à accomplir tant qu'une série de programmes nationaux n'ont pas été réalisés et évalués. En outre, la recherche de nouvelles métho- des, leur mise au point et leur expérimentation sont des démarches de longue haleine.
1.4 Les travaux se sont poursuivis dans les domaines suivants: planification des politiques; conception et fonctionnement des établissements de santé; extension du concept d'instituts pour le développement des services de santé en vue d'y inclure le développement des personnels et de s'orienter vers des programmes de développement des services et des personnels de san- té; financement de ces services; systèmes nationaux cohérents d'information sur les services de santé; et mise sur pied d'un programme amélioré de prévention de l'in- validité et de réadaptation. Ces divers points et quelques autres sont traités séparément dans les paragraphes qui suivent.
Développement des services de santé
Etude commune FISE /OMS sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations dans les pays en voie de développement 1.5 Le rapport sur la vaste étude faite conjointement par le FISE et l'OMS en 1973 et 1974 sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fonda- mentaux des populations dans les pays en voie de développement a été présenté à la vingtième session du Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires en février 1975. Le Comité a approuvé l'analyse contenue dans le rapport et a recommandé que les deux organi-
sations adoptent un programme d'action visant à
étendre les soins de santé primaires aux populations des pays en voie de développement et en particulier à celles qui sont actuellement mal desservies à cet égard, par exemple les populations des zones rurales et écartées, les habitants de taudis et les nomades.2 Il a également recommandé que les services de soins de santé primaires soient considérés comme partie intégrante du développement global.2 Actes officiels OMS, No 228, 1975, annexe 2.
4 ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975 1.6 Par ailleurs, le Comité a estimé qu'il faudrait que
les deux organisations étudient en détail non seulement les innovations décrites dans l'étude mais encore celles qui se font jour continuellement dans diverses parties du monde sous différents auspices, et que l'OMS et le FI SE continuent d'étudier les effets du développement rural et communautaire sur la santé des populations et le rôle que d'autres secteurs peuvent jouer dans la distribution des soins de santé primaires. Enfin, le Comité a proposé l'adaptation des méthodes de planifi- cation et de formation des personnels aux situations rencontrées dans les pays en voie de développement.
1.7 En mai 1975, après approbation par le Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires, l'étude commune a également été approuvée par le Conseil d'administration du FISE, qui en a adopté les principes comme politique du FISE. Le même mois, la Vingt - Huitième Assemblée mondiale de la Santé a examiné cette étude,' qui lui a été présentée en tant que docu- ment de base pour un grand programme mondial
d'action en matière de soins de santé primaires;
l'Assemblée de la Santé a approuvé le programme dans la résolution WHA28.88 (voir les paragraphes 1.8 et 1.9 ci- après) et, en juin, le Conseil exécutif de l'OMS a souscrit aux recommandations du Comité mixte (résolution EB56.R6).
Soins de santé primaires
1.8 Les efforts antérieurs déployés par l'Organisation pour déterminer les éléments nécessaires au dévelop-
pement satisfaisant des soins de santé au niveau
périphérique, et les obstacles qui se sont dressés sur la voie de ce développement dans le passé, ont amené ''OMS à concevoir, vers la fin de l'année 1974, la formule des soins de santé primaires. Les éléments essentiels de cette approche ont été définis comme des mesures qui sont: simples et efficaces sur le plan des coûts, des techniques et de l'organisation, d'accès facile, et propres à améliorer les conditions de vie.Comme l'indiquait un rapport présenté à la Vingt - Huitième Assemblée mondiale de la Santé,2 les soins de santé primaires doivent se fonder sur les connais- sances scientifiques et la technologie sanitaire moder- nes, sans pour autant renoncer aux pratiques admises et efficaces de la médecine traditionnelle. Ils doivent être inséparables des services de santé nationaux et refléter les vrais problèmes et les préoccupations des collectivités. Les soins de santé primaires doivent utiliser essentiellement les ressources
locales -
humaines, matérielles et financières - provenant de la collectivité elle -même, le gouvernement fournissant les appoints nécessaires. Enfin, ils doivent étayer le développement communautaire et en faire partie.
' L'étude sera publiée par l'OMS.
2 Actes officiels OMS, No 226, 1975, annexe 15.
1.9 Approuvant le rapport dans la résolution WHA28.88, l'Assemblée de la Santé a invité instam- ment les Etats Membres à prendre des mesures pour mettre sur pied des programmes de soins de santé primaires et a prié le Directeur général de soutenir les efforts nationaux par des activités promotionnelles, la diffusion d'informations sur la technologie appropriée, et une assistance opérationnelle au niveau des pays. En conséquence, une consultation a été organisée en juin à Genève; on y a dressé un plan d'action pour l'en- semble de l'OMS et élaboré des directives pour des plans d'action régionaux et des activités préparatoires
à réaliser pendant le reste de l'année à l'échelon des pays, des Régions et du Siège. Parmi les activités déjà entreprises figurent la diffusion d'informations sur les progrès accomplis et sur l'expérience acquise dans les
Etats Membres, la préparation de manuels sur la
planification des programmes de soins
de santé
primaires, la formation au niveau des collectivités du personnel correspondant, l'examen et la signalisationde la
littérature disponible décrivant les activités actuelles en matière de soins de santé primaires, et l'exécution de programmes nationaux et interrégionaux visant à adopter l'approche des soins de santé primaires.1.10 En vue de donner effet à la résolution WHA28.88, des activités ont été aussi lancées pour encourager les pays et les organisations à adopter et à soutenir
cette approche. Des rencontres ont eu lieu avec
d'autres organismes internationaux en vue de trou- ver de meilleurs moyens d'appuyer les programmes nationaux de soins de santé primaires. Par exemple, la conférence sur la coordination et la coopération pour la santé en Afrique, qui s'est tenue à Yaoundé en septembre, a réuni (outre les représentants des gou- vernements) des participants du FISE, du PNUD, du PNUE, du PAM, de la FAO, de la BIRD et de la Commission des Communautés européennes; et une rencontre avec le FISE, le PNUD et la BIRD a été organisée à New York en octobre. Par ailleurs, les organisations non gouvernementales ont été encoura- gées à réorienter et à étendre leurs activités pour appuyer les soins de santé primaires.1.11 Divers points ont été reconnus comme parti- culièrement appropriés au lancement des programmes nationaux de soins de santé primaires. La program- mation sanitaire par pays conduit invariablement à reconnaître une haute priorité aux besoins dés groupes mal desservis. Dans un certain nombre de pays, on a choisi l'approche des soins de santé primaires pour répondre à ces besoins. Dans d'autres, les soins de santé primaires ont été intégrés dans les programmes de développement communautaire, en particulier ceux visant les populations rurales. Enfin, dans d'autres cas, les programmes des services de santé existants ont été réorientés dans le sens des soins de santé primaires.