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ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI
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DEPARTEMENT DE PRODUCTION ET SANTE ANIMALES
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pour l’obtention
du Grade de Licence Professionnelle en Production et Santé Animales
Thème :
Evaluation des facteurs de risque liés à l’adaptation du zébu Azawak en zone soudanienne : cas de la Ferme
d’élevage de l’Okpara au Bénin
Présenté par :
Soulé ALOU SIDI
Superviseur:
Prof. Issaka YOUSSAO ABDOU KARIM Professeur Titulaire de Zootechnie
Enseignant-Chercheur à l’EPAC
8ème Promotion
Année académique 2014-2015
Président du jury
Dr. MAHAMADOU Dahouda
Membres du jury
Prof. Issaka YOUSSAO ABDOU KARIM Dr BOKO Cyrille
Dédicaces
Je loue et rends grâce à Allah le Tout miséricordieux, le très miséricordieux pour tout ce qu'il a eu à faire et continue de faire dans ma vie. Sois glorifié pour ce modeste travail que tu m’as permis d’accomplir.
Je dédie ce travail :
A ma mère, Aissatou MAMA
Pour toutes les peines et souffrances consenties durant toutes ces années de ma formation. Que ce travail comble tes attentes et qu’Allah t’accorde une longévité saine afin de pouvoir jouir pleinement du fruit de tes efforts.
A mon père, Sidi OUMAROU
Sans qui, je ne serais pas aujourd’hui à ce niveau. Que ce travail comble tes attentes et qu’Allah vous accorde une longévité saine afin de pouvoir jouir pleinement du fruit de vos efforts.
A mes Frères et Sœurs
Pour l’amour dont vous m’entourez et pour le soutien que vous m’apportez.
Hommages
A notre superviseur, Professeur Issaka YOUSSAO ABDOU KARIM, Professeur Titulaire de Zootechnie, Enseignant-Chercheur au Département de Production et Santé Animales de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi, pour avoir accepté d’encadrer ce travail. Vos précieux conseils, votre appui scientifique et votre disponibilité, malgré vos multiples occupations tout au long de ce temps de recherche, nous ont permis de mener à bien ce travail. Veuillez bien recevoir nos sincères hommages.
A notre président du jury, pour le grand sacrifice que vous faites en acceptant de présider notre jury nonobstant vos nombreuses occupations.
A tous les membres du jury, c’est un grand honneur que vous nous faites en acceptant de juger ce travail. Vos critiques amélioreront sa qualité. Recevez ici nos sincères hommages mérités.
A tous les enseignants de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi en général et ceux du Département de Production et Santé Animales en particulier, vous qui n’avez ménagé aucun effort pour nous transmettre vos connaissances .Recevez ici nos sincères hommages mérités.
Remerciements
Le présent travail n'aurait pas vu le jour sans la disponibilité, l'assistance dévouée et technique d'un certain nombre de personnes. Je saisis cette occasion pour témoigner mes vives et sincères reconnaissances :
au Docteur Zacharie Fataou TOURE, Directeur de la Ferme d'Elevage de l'Okpara pour avoir autorisé que cette étude soit effectuée sur sa ferme ;
au Docteur Aliyassoum MAMA YACOUBOU, chargé de la production animale à la FEO pour nous avoir facilité l'accès à l'information ;
à Monsieur Abdel Aziz AGBAYIGBO pour ses précieux conseils ;
à Monsieur Ignace DOTCHE, pour sa contribution scientifique et technique à la réalisation de ce document ;
aux Messieurs Abdou-Rachide IMOROU et Daouda ASSOUMA pour la fraternité dont ils ont fais preuve ;
Nos remerciements vont aussi à l'endroit de tout le personnel de la Ferme d’Elevage de l’Okpara en particulier les bouviers pour leur aide.
Table des matières
Dédicaces ... 1
Hommages ... 2
Remerciements ... 3
Table des matières ... 4
Liste des sigles et abréviations ... 6
Liste des figures ... 7
Liste des tableaux ... 8
Résumé ... 9
Abstract ... 10
Introduction ... 11
Première partie : Généralités ... 13
1. Généralités ... 14
1.1 Contexte du stage ... 14
1.2. Présentation de la Ferme d'Elevage de l'Okpara ... 15
1.2.1. Historique de la ferme ... 15
1.2.2. Présentation de la ferme ... 16
1.2.3. Objectifs de la ferme ... 17
1.3. Infrastructures et équipements ... 17
1.3.1 Infrastructures administrative ... 17
1.3.2 Infrastructures et équipement de la bouverie ... 17
1.3.3. Infrastructures et équipement de la porcherie : ... 18
1.4. Activités effectuées ... 18
1.4.1. Production animale ... 18
1.4.1.1. Caractéristique des races bovines élevées ... 19
1.4.1.1.1 Race Azawak ... 19
1.4.1.1.2. Race Borgou ... 23
1.4.1.1.3. Race Girolando ... 27
1.4.1.2. Conduite du troupeau à la FEO : ... 31
1.4.2. Production végétale ... 34
1.5. Organigramme de la ferme ... 35
1.6. Forces et faiblesses ... 35
1.6.1. Forces ... 35
1.6.2. Faiblesses ... 36
Deuxième Partie : Activités menées et difficultés rencontrées ... 37
2.1. Activités menées ... 38
2.1.1. Suivi zoosanitaire ... 38
2.2. Difficultés rencontrées ... 41
2.3. Problème identifié ... 42
3.1. Cadre de l’étude, matériels et méthodes ... 44
3.1.1. Milieu de l’étude ... 44
3.1.2. Matériel ... 44
3.1.2. Mode d’élevage ... 44
3.1.3. Evaluation des facteurs de risque ... 45
3.2. Résultats ... 47
3.3. Discussions ... 49
Conclusion et suggestions ... 50
Références bibliographiques ... 51
Liste des sigles et abréviations DE : Direction de l’Elevage
EPAC : Ecole Polytechnique d'Abomey-Calavi FAO : Food and Agriculture Organization FEO : Ferme d’Elevage de l’Okpara
FIDES : Fond d’Investissement de Développement Economique et Social LMD : Licence- Master-Doctorat
PAFILAV : Projet d’Appui aux Filières Lait et Viande PDE : Projet de Développement de l’Elevage
PDPA : Projet de Développement de la Production Animale PIB : Produit Intérieur Brut
REESAO : Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest
UAC : Université D'Abomey-Calavi
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
Liste des figures
Figure 1: Taureau de la race Azawak à la FEO ... 23 Figure 2. Courbe de lactation d’une vache Girolando à la ferme de Kpinnou (Doko et al., 2012) ... 31 Figure 3 : Organigramme de la ferme ... 35
Liste des tableaux
Tableau I : Programme de prophylaxie médicale appliquée aux Azawak à la Ferme d’Elevage de l’Okpara ... 46 Tableau II : Pathologies enregistrées ... 48
Résumé
Le présent stage a été réalisé à la Ferme d’Elevage de l’Okpara (FEO) du 08 juin au 07 août 2015 pour développer des compétences dans les techniques d’élevage des bovins. Au cours de ce stage, nous avons développé des compétences sur l’inspection du troupeau et le traitement des cas de pathologies diagnostiquées.
Les dominantes pathologies rencontrées étaient : la dermatose nodulaire contagieuse, la dermatophilose, la fièvre aphteuse, les plaies, la diarrhée et la conjonctivite. Nous avons aussi déparasité les animaux, enregistré les naissances, vaccinés les animaux contre la fièvre aphteuse et collecté le lait.
Nous avons également mené une étude sur les facteurs de risque liés à l’adaptation du zébu Azawak à la Ferme d’Elevage de l’Okpara. Pour cette étude, les données ont été collectées sur l’environnement, l’alimentation, les mesures de prophylaxie et les pathologies enregistrées sur ces animaux. Il ressort de cette étude que ces animaux sont dans un milieu à pluviométrie de 1200 mm. L’alimentation de ces animaux est assurée par le pâturage naturel ou artificiel. Les principales difficultés enregistrées depuis leur arrivée sont d’ordre pathologique et alimentaire. Aucun cas de mortalité n'a été enregistré et les traitements apportés aux animaux malades ont donnés des résultats satisfaisants.
Mots clés : Azawak, alimentation, pathologie, Okpara, Bénin.
Abstract
This course was conducted at the farm of the Okpara Livestock from 08 June to 7 August 2015 to develop skills in cattle breeding techniques. During this internship, we have developed expertise in the herd inspection and treatment of cases of diagnosed pathologies. The dominant pathologies were: lumpy skin disease, dermatophilosis, foot and mouth disease, wounds, diarrhea and conjunctivitis. We also dewormed animals, registered births, vaccinated animals against foot and mouth disease and collected milk. We also conducted a study on the risk factors associated with adaptation of the zebu Azawak at the farm of the Okpara Livestock. For this study, data were collected on the environment, food, prophylaxis and pathologies recorded on these animals. It appears from this study that these animals are in a medium rainfall of 1200 mm. The feeding of these animals is provided by natural or artificial pasture. The main difficulties recorded since their arrival is pathological and food order. No mortality was recorded and treatments for the sick animals have given satisfactory results.
Keywords : Azawak, supply, pathology, Okpara, Benin
Introduction
Le Bénin est constitué de huit zones agro-écologiques. Son économie repose essentiellement sur le secteur rural auquel se consacrent plus de 70% de la population. L’élevage occupe une place prépondérante dans la recherche de l’autosuffisance alimentaire, notamment en produits d’origine animale. En 2012, le sous-secteur de l’élevage a représenté 5,5% du PIB total (INSAE, 2013) et la production nationale en viandes est assurée par l’élevage des espèces animales domestiques conventionnelles (bovins, ovins, caprins, porcins, volailles, lapins) et non conventionnelles (DE, 2009). La production nationale de viande estimée à 64968 tonnes et celle de lait à 107310 tonnes en 2013 (Countrystat, 2015).
Cette production est insuffisante pour couvrir les besoins de la population estimés à 21 kg de viande par habitant et 62 litres de lait par habitant (FAO, 2011). D’où la nécessité d’accroître la production locale.
Les bovins assurent la majorité (56,68%) de la production nationale de viande et la totalité de la production de lait (Countrystat, 2015). L’amélioration de la production nationale en viande et surtout en lait passera nécessairement par l’amélioration des performances de cette espèce. Des travaux ont été déjà menés sur l’amélioration de la production locale en lait et en viande. Ces travaux ont porté sur la santé animale (Doko Allou et al., 2010, Farougou et al., 2012, Farougou et al., 2013), l’amélioration de l’alimentation des vaches en lactation (Senou et al., 2008 ; Alkoiret et al., 2011b, Alkoiret et Bagri, 2013) et la sélection de la race Borgou (Youssao et al., 2009). Parallèlement à ces travaux de recherche, des travaux de développement ont été réalisés sur les bovins à travers des projets. Ces travaux de développement ont pour but l’amélioration de la production nationale en lait et en viande. L’une des stratégies d’amélioration développées par ces projets est l’introduction de nouvelles races pour le croisement avec les races locales. Ainsi, le Projet de Développement de l’Elevage Phase III a importé en 2004 des bovins de race Girolando du Brésil.
Mais si ces animaux se sont bien adaptés aux climats du Sud, il y a des difficultés pour leur adaptation aux conditions climatiques du Nord (Youssao, 2015). Face à cette situation, le Projet d’Appui aux Filières Lait et Viande (PAFILAV), projet mis en place pour poursuivre les actions entreprises par le PDE III importe du Niger une nouvelle race, la race Azawak. Ces animaux devraient être diffusés dans les élevages traditionnels et pour une meilleure utilisation des animaux par les éleveurs, il est indispensable de mettre en place un référentiel technique pour son élevage.
Dans le but d’apporter notre contribution à la recherche pour la mise en place de ce référentiel, nous avons choisi de faire notre stage de fin de formation pour l’obtention du grade de Licence Professionnelle en Production et Santé Animales de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) à la Ferme d’Elevage de l’Okpara afin de développer des compétences sur l’élevage des bovins et mener une étude sur l’adaptation du zébu Azawak. L’objectif général de cette étude est d’évaluer les facteurs de risque liés à l’adaptation du zébu à la Ferme d’Elevage de l’Okpara.
Il s’agit de façon spécifiques de :
renforcer nos capacités dans les différentes techniques en Production et Santé Animales ;
caractériser le milieu d’élevage des bovins Azawak à la FEO ;
décrire le mode d’élevage des bovins Azawak à la FEO ;
évaluer la résistance des bovins aux maladies.
Le présent travail est subdivisé en trois parties :
la première partie regroupe les généralités et les activités effectuées à la Ferme d’Elevage de l’Okpara ;
la deuxième partie prend en compte les activités menées et les difficultés rencontrées ;
la troisième partie traite de l’évaluation des facteurs de risque liés à l’adaptation du zébu Azawak en zone soudanienne.
Première partie : Généralités
1. Généralités
1.1 Contexte du stage
L’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi de l’Université d’Abomey- Calavi est créée par décret N°- 2002-551 du 16 décembre 2002, modifié par le décret N°- 2005-078 du 25 février 2005 portant création, attribution, organisation et fonctionnement de l’EPAC. C’est un établissement public d’enseignement supérieur, de formation technique et professionnelle, à caractère de grande école dotée d’une autonomie financière et d’un règlement pédagogique. Les domaines de compétences de l’EPAC couvrent dix (10) départements d’enseignement organisés en deux secteurs clés : le secteur industriel et le secteur biologique.
Le Secteur Industriel se compose de cinq départements : Génie Civil (GC), Génie Electrique(GE), Génie Informatique et Télécommunication(GIT), Génie Mécanique et Energétique(GME) et Génie Bio-médicale et Maintenance Hospitalière (MBH). Au niveau du Secteur Biologique, il y a cinq départements : Génie d’Imagerie Médicale et de Radio-biologie (GIMR) ; Génie de Biologie Humaine (GBH) ; Génie de l’Environnement (GEn) ; Production et Santé Animales (PSA) et Génie de Technologie Alimentaire (GTA).
Dans le cadre de la professionnalisation de l’enseignement supérieur, les formations en Licence et Master Professionnels ont été instaurées dans le secteur biologique de l’EPAC depuis l’année académique 2005-2006. Ces formations se renforcent aujourd’hui avec les réformes en cours sur le système LMD (Licence Master Doctorat) au sein du REESAO (Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest). Aujourd’hui, les curricula de formation ont été revus, l’année a été subdivisée en semestres, les cours ont été réorganisés en unités d’enseignement. Chaque unité d’enseignement se compose de plusieurs éléments constitutifs appelés ECU. La formation en Master Professionnel à l’EPAC dure deux ans après la Licence Professionnelle. Elle est
répartie en quatre semestres dont trois sont destinés aux cours théoriques et aux travaux pratiques et le quatrième aux stages en entreprise et aux travaux de fin de formation. Au cours de la formation, un stage de six semaines est organisé pendant des vacances universitaires. Dans le cadre du LMD, ce stage est considéré comme une Unité d’Enseignement et est exécuté durant l’année académique.
Dans le cadre de notre stage de fin de formation pour l’obtention de la Licence Professionnelle au Département de Production et Santé Animales de l’EPAC, nous avons choisi la Ferme d’Elevage de l’Okpara afin de nous familiariser avec les activités de production agricole et aussi dans le but de s’approprier des connaissances théoriques et pratiques acquises au cours des trois années de formation.
1.2. Présentation de la ferme d'élevage de l'Okpara 1.2.1. Historique de la ferme
La Ferme d’Elevage de l’Okpara a été créée en 1952 sur financement du fond international pour le développement économique et social (FIDES). La ferme a connu diverses fortunes tout au long de son existence qui peuvent être subdivisée en sept périodes :
de 1952 à 1961 : création de la ferme et expérimentation sur diverses espèces animales locales ;
de 1961 à 1975 : le départ en 1961 de l’assistance technique coloniale a obligé la ferme à s’autofinancer pendant cette période ;
de 1975 à 1990 : avec la création de la Société de Développement des Ressources Animales (SODERA), la ferme a servi surtout de plate-forme transitoire pour les animaux acquis pour les autres Fermes d’Etats.
Toutefois, en 1986, une subvention du Fonds d’Aide et de Garantie du
Conseil de l’Entente a permis un repeuplement de la ferme en bovins. La SODERA a exécuté de 1980 à 1984, le Projet de Développement de la Production Animale phase I (PDPA I) ;
de 1990 à 1994, le Projet de Développement de la Production Animale phase II (PDPAII) sous la supervision de la Direction des Fermes d’Etat ;
de 1998 à 2006, Projet de Développement de l’Elevage phase III (PDE III) qui serait le PDPAIII dont le nom a été changé au cours de la phase d’exécution. Ce projet a été exécuté sous la supervision de la Direction de l’Elevage (DE) ;
Depuis 2010, la FEO fonctionne sous le projet PAFILAV dont la mission est d’améliorer et d’accroitre les performances des filières lait et viande. Elle a repris sur de nouvelles bases avec l’acquisition en mars 2014 de 75 têtes de bovins de race Girolando en provenance de la Ferme d’Elevage de Kpinnou et en septembre 2014 de 60 têtes de bovins de race Azawak. De plus le programme d’insémination artificielle a repris mais cette fois-ci avec des semences de la race Azawak importées du Niger.
1.2.2. Présentation de la ferme
La Ferme d’Elevage de l’Okpara est localisée dans le département du Borgou, commune de Tchaourou, à environ quinze kilomètres (15 km) au Sud-Est de Parakou. Elle couvre une superficie de trente trois mille hectares (33000 ha) dont dix mille hectares (10 000 ha) sont réellement exploités. Elle est située entre 2° 39’ et 2° 53’ longitude Est, et entre 9° 6’ et 9° 21’ latitude Nord. Elle est limitée au Sud par le village de Waria, au Nord par les villages de Kika 1 (Gougnaka), Kika2 et Kokobè, à l’Est par les villages Kpari, Boué et Tendou, enfin à l’Ouest par la ville de Parakou.
1.2.3. Objectifs de la ferme
Depuis sa création, la FEO a servi de cadre à l'exécution de nombreux projets visant l’augmentation du dispositif national en productions animales. Depuis 2010, elle est sous la tutelle du PAFILAV qui est un projet du Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche (MAEP), sur financement de la Banque Africaine de Développement (BAD). Ainsi les objectifs affectés à la FEO à travers ce projet sont :
la sauvegarde de la race locale Borgou,
l’amélioration des performances des productions lait et viande,
l’amélioration de la compétitivité des filières lait et viande,
le renforcement de la capacité organisationnelle et institutionnelle.
1.3. Infrastructures et équipements 1.3.1 Infrastructures administrative
La FEO est sous la tutelle de la Direction de la Production Animale. Le bloc administratif est constitué d’un bureau par personnel (directeur ; secrétaire ; comptable ; chargé de la production animale ; chargé de la production végétale et caissier). La ferme dispose également de trois magasins, d’une pharmacie, d’une clinique, d’un laboratoire non fonctionnel, de deux véhicules, de quatre motos et d'un centre d'insémination artificielle
1.3.2 Infrastructures et équipement de la bouverie
A la Ferme d’Elevage de l’Okpara, les animaux sont classés en 6 lots repartis sur 12 parcs de nuit. Certains parcs de nuit sont installés à l’aide des poteaux en béton et entourés de files en fer barbelé. D’autres par contre à l’aide de piquets en bois entourés aussi de files en fer barbelés. Quelques parcs sont munis d’abreuvoirs et de mangeoires. Un château d’eau assure l’abreuvement des
animaux et est relayé par deux(2) retenues d’eaux fonctionnelles sur cinq (5) et par le fleuve Okpara.
La bouverie dispose également de deux fosses d’ensilage ; d’une aire de séchage des récoltes ; d’un deeping tank pour le bain détiqueur et de deux bascules pèse bétail pour la pesée des animaux. Chaque parc est doté d’une brouette pour les activités d’entretien.
1.3.3. Infrastructures et équipement de la porcherie :
La FEO comprend deux (2) porcheries construites en matériaux définitifs dont un non fonctionnel. Chaque porcherie est subdivisée en deux(2) sections.
Chaque section est munie de sept (7) loges et chaque loge comprend une mangeoire et une baignoire. La porcherie dispose aussi d’une provenderie pour la formulation de l’aliment des animaux et d’une brouette pour le ramassage des lisiers.
1.4. Activités effectuées 1.4.1. Production animale
La Ferme d'Elevage de l'Okpara élève des bovins et des porcins. Les espèces de bovin élevées sont des taurins de race Borgou ; Girolando ; Azawak et des métis issus du croisement du Borgou avec Gir, Girolando, Holstein et Nellore. Il est à noter qu’avec la reprise du programme d’insémination par le projet PAFILAV, les premiers métis(17) Azawak*Borgou sont obtenus. On dénombre sur la FEO 41 bovins Azawak, 51 bovins Girolando, 81 bovins métis (tout croisement confondu) et de 479 bovins Borgou.
Concernant l’élevage de porcs, elle a été abandonnée à cause du manque de moyen pour l’alimentation des porcs. Avec l’arrivée du PAFILAV, la FEO a repris cette activité avec la race large white d’un effectif de 12 porcins soient 10 truies et 2 verrats acquis sur la ferme d’élevage de Kpinnou en avril 2011. Ce
cheptel a évolué normalement ce qui à permis à la ferme d’enregistrer un effectif de 56 porcins soient 45 porcelets, 8 truies, 2 cochettes et 1 verrat en 2013. En 2014 la peste porcine a décimé tout le cheptel porcin de la FEO. Les travaux de réhabilitation des porcheries pour une nouvelle reprise sont en cours.
1.4.1.1. Caractéristique des races bovines élevées 1.4.1.1.1 Race Azawak
Noms usuels et synonymes
Le bovin Azawak est encore appelé Azawac, Azaowak, Azawaje (Mali, Niger), Shanun Adar (Hausa), Azawa, Azawal (Fulani), Arab, Damerghou, Tagama (Niger), Wadara, Tur, Adar (Nigeria) (zébu d’Afrique de l’Ouest à cornes courtes) (Cirad, 2002).
Origine et répartition géographique actuelle
Le Zébu Azawak est originaire de la vallée de l’Azawak au Niger. La race tire son nom de son berceau d’origine, la vallée de l’Azawak, vaste région qui s’étend entre 15° et 18° latitude Nord et depuis 4° longitude Est jusqu’aux limites occidentales de la République du Niger. Elle se rencontre à l’Est du Mali (région de Ménaka), au Burkina Faso (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso) et au Niger, jusqu’au fleuve qui constitue sa limite d’extension à l’Est. On en trouve aussi au nord-ouest du Nigeria (Cirad, 2002).
Au Bénin, ce Zébu est rencontré dans les communes de Malanville et de Karimama. Il est actuellement présent à la FEO
Description de l’animal
C’est un zébu de taille moyenne et la conformation générale de la femelle est fine. Les cornes sont insérées haut, en forme de coupe ou de croissant et de couleur grise. Elles sont courtes, épaisses et droites chez le taureau, fines et en
croissant chez la vache, plus longues chez le bœuf (35 à 40 cm). La bosse est développée et dressée chez le mâle, moins marquée chez la femelle. La robe est généralement froment foncée et à lunettes (figure 1), mais on trouve toutes les variétés. A Filingué (Niger), on sélectionne la variété fauve à muqueuses et extrémités brunes. Il est de taille moyenne : 1,20 à 1,30 m chez le taureau, 1,10 à 1,20 m chez la vache. Le poids moyen est 300 kg chez le mâle et 250 kg chez la femelle (Cirad, 2002).
Performances des bovins Azawak
Performances de reproduction
Chez le mâle, l'instinct génésique est développé à un an, mais les saillies ne sont généralement fécondes que vers deux ans; quant aux femelles, elles sont fécondes à deux ans, les premières chaleurs apparaissent à 18 mois (Oumarou, 2004).
Les génisses sont mises en reproduction à 230 - 250 kg vers 22 mois d'âge (Achard et Chanono, 1995) ; entre 19 et 36 mois selon la maturité corporelle et sexuelle de l'animal (Boly et al., 2000). L’âge moyen au premier vêlage est de 36,5 ± 4 mois et le taux de fécondité de 78 % (Achard et Chanono, 1997). Des taux de prolificité de 98,39% en 1993 et 100% pour l'année 1994 sont rapportés par Boly et al. (2000). Le taux de fertilité en insémination artificielle à été de 24,2% (Zongo et al., 2001) et celui de prolificité de 105,2% (Zongo et al., 2014).
Performance de croissance
Le poids à la naissance est de 23,28 ± 3,04 kg pour les mâles et 21,5 ± 3,23 kg pour les femelles. Ce poids varie significativement en fonction du sexe et de l’année de mise bas (Boly et al. ; 2000). Par contre, Oumarou (2004) n’a trouvé aucune différence entre le poids à la naissance des veaux nés en milieux
villageois et provenant des vaches nées en station et des veaux nés en station (21,88 vs 21,83 kg). Ouedraogo (2013) rapporte un poids à la naissance de 23,5 kg en milieu paysan encadré au Burkina-Faso. Des poids à la naissance supérieurs ont été enregistrés par Gouro et Yenikoye (1991), soit respectivement 28,79 kg et 25,5 kg pour les veaux et velles nés à la station de Toukounous. Le poids à 3 mois de cette race est de 53,8 kg et le poids à 6 mois 97,2 kg (Ouedraogo, 2013). Au Niger, le Poids à 3 mois, 6 mois et 9 mois du bovin Azawak ont été respectivement de 46,15 kg ; 64,69 kg et 85,78 kg en milieu villageois contre respectivement 59,53 kg, 94,31 kg et 125,75 kg en station (Oumarou, 2004). Le poids moyen de ces animaux à 18 mois atteint 221 ± 5 kg.
A 24 mois, le poids moyen des mâles fluctue entre 237 kg et 280 kg (Chartier et al., 1982). Pour Achard et Chanono (1995), il existe une relation significative entre l'année de naissance et la croissance des mâles et des femelles à partir du sevrage, c'est-à-dire à partir du moment où le pâturage est la seule source de nourriture.
Des observations faites à la station de Loumbila (Burkina-Faso) par Boly et al.
(2000) font apparaître des variations du GMQ selon l'âge du veau. En effet, selon ces auteurs, le GMQ varie avec des valeurs de 300 g à 400 g, de la naissance à 6 - 7 mois (avant le sevrage), puis une réduction significative du 7ème au 18ème mois. Ces valeurs ne varient pas significativement selon le sexe ou la saison. Achard et Chanono (1995) trouvaient un GMQ plus élevé pour la même période d'âge. En effet, les GMQ rapportés sont environs 500 g pour les mâles et femelles de 0 à 6 mois et respectivement 375 et 300 g pour la période de 6 à 18 mois. Les mêmes auteurs soulignent que les GMQ des femelles et des mâles sont à peu près identiques jusqu'à 6 mois, époque où l'alimentation lactée est prépondérante. Passé cet âge, on observe entre les sexes, une différence d'environ 70 g par jour dans les GMQ. Au centre expérimental de Toukounous, le poids moyen des animaux adultes est de 400 kg en élevage extensif (450 kg
pour les mâles et 350 kg pour les femelles). Des essais d'embouche y ont cependant fait découvrir des veaux de 18 mois ayant un gain moyen de poids quotidien (GMQ) de 900 g, ce qui dénote des bonnes aptitudes en viande de la race où des poids de 600 kg et des rendements de 50% en élevage extensif ne sont pas choses rares (Oumarou, 2004). Dès lors, il apparaît en définitive que la croissance des veaux est la résultante de tout un ensemble de facteurs intégrant, une bonne alimentation, un bon suivi sanitaire, des bâtiments adaptés et un système d'élevage maîtrisé.
Le rendement à l'abattage va de 48 à 50 %. Sa viande, bien que manquant de persillé, présente des caractères organoleptiques qui la place au premier rang des zébus sahéliens (Barral et al., 1993).
Production laitière
La production totale (lait trait + lait bu par le veau) de la vache Azawak à la station de Toukounous est estimée à 1215 kg en 278 jours de lactation en élevage extensif sans complément alimentaire (Achard et Chanono, 1995) ; la quantité de lait bu par le veau calculée sur la base des résultats disponibles enregistrés dans les conditions similaires à la station de Niono est de 589 litres de la naissance à 6 mois. A cette valeur, ont été ajoutés 90 litres pour la période 6-9 mois, âge moyen de sevrage à Toukounous (Achard et Chanono, 1995). La production laitière de la vache Azawak est influencée par le mode d’élevage (Oumarou, 2004). Ainsi, Oumarou (2004) rapporte une production de 994,79 kg de lait en station contre 454,37 kg en milieu villageois sur une durée respective de 279 jours et 255 jours. La production est aussi influencée par le numéro de lactation (Dambaki, 2013). La production à la station de Toukounous a été de 1071,25 litres à la 1ère lactation ; 1266,59 litres à la 2ème lactation et 1330,49 litres à la 3ème lactation (Dambaki, 2013).
Figure 1: Taureau de race Azawak à la FEO
1.4.1.1.2. Race Borgou
Noms usuels et synonymes
Le bovin croisé stabilisé, appelé Borgou au Bénin et au Togo, se rencontre sous d’autres noms dans d’autres pays d’Afrique. Ainsi, il est appelé Borgowa, Keteku, Kaiama, Baiama, Biu au Nigéria ; White Sanga au Ghana et N’Damaze, Méré en Côte d’Ivoire (Cirad, 2002).
Origine et répartition géographique actuelle
Ce bovin croisé stabilisé vit au nord du Bénin en zone soudanienne (Somba ou race des Lagunes x Zébu surtout White Fulani), au Togo (76 500 métis en 1983), au Burkina Faso (Méré), en Côte d’Ivoire (N’Dama) et au Nigeria (Keteku). Le Borgou est la province occupant le nord-est du Bénin. Appelé Borgou au Bénin et au Togo, à l’ouest du Nigeria, il est appelé Keteku (ou Kaiama). Il y est élevé par des Peuls (ou Fulani) sédentaires (Cirad, 2002). Il est originaire du Département du Borgou au Bénin et son aire de distribution géographique
s’étend au Nigeria (Kétéku), au Burkina Faso (Méré) et au Togo (Youssao et al., 2009).
Description de la race
La taille est petite et augmente du sud au nord des pays où elle se rencontre. Les cornes sont généralement courtes, rondes à la section, verticales ou en croissant, plus longues que celles du Muturu, le fanon est petit, et le garrot du mâle est proéminent. La bosse est petite ou très petite, cervicale, parfois absente. Les pattes sont plus courtes que celles des zébus White Fulani. La robe est le plus souvent blanche avec des points noirs. Elle peut être noire, pie noire, fauve, pie rouge. Les poids adultes (45 mois) enregistrés au Bénin sont : 249 kg pour les femelles et 259 kg pour les mâles (Youssao et al., 2013b). La hauteur au garrot varie de 1,2 à 1,3 m chez le mâle et de 1,1 à 1,25 m chez la femelle (Youssao et al., 2013b). La race Borgou est une race utilisée à trois (3) fins : viande, lait et travail. Le rendement carcasse est de 49,35% pour un poids à l’abattage de 287 kg (Salifou et al., 2012). La production laitière de la race Borgou reste médiocre, Agbozo (2013) rapporte sur une période de 91 jours (13 semaines) une production de 111,86 litres par vache soit 1,33 litre par jour dans le système traditionnel.
Caractérisation génétique de la race Borgou
Les travaux réalisés par Moazami-Goudarzi et al. (2001) sur les races taurines Somba et Lagunaire, la population de Zébus peuls soudanais et la population de Borgou révèlent que le nombre total d’allèles pour la race Borgou est de 280 ; l’allèle 128 du microsatellite CSSM 66 ayant une fréquence de 35 %. Le taux d’hétérozygotie pour cette race est de 0,73. Vu la position de la race Borgou entre le Zébu peul et la race Somba, cette population est supposée issue du croisement entre le Zébu peul et la race Somba. Les allèles contribuant le plus à la construction de cet axe sont l’allèle S de l’albumine et l’allèle 182 du
microsatellite HEL 13. La fréquence de ces allèles chez la race Borgou se situe entre celle des zébus et celle des taurins. Leur contribution étant dix fois plus élevée que la contribution moyenne des allèles.
Performances de reproduction de la vache Borgou:
Age au premier vêlage
L’âge au premier vêlage est l'âge auquel les femelles mettent bas pour la première fois. Il est un bon indicateur de la précocité sexuelle. D’après Dehoux et Hounsou-Vê (1993) l’âge au premier vêlage est 1260 ± 180 jours en milieu traditionnel. En station, cet âge est en moyenne 36,1± 6,3 mois Adamou- N’Diaye et al. (2003). Des âges beaucoup plus élevés ont été cependant rapportés par des auteurs en station : 46,27±7,7 mois (Adjou Moumouni, 2006) et 42,1±5 mois (Youssao et al., 2000). L’âge au premier vêlage varie significativement en fonction du système d’élevage. Ainsi, les vaches élevées dans le système extensif ont un âge au premier vêlage plus élevé que celles du système semi-intensif (Adamou-N’Diaye et al., 2003)
La fécondité
La fécondité est l’aptitude d’une femelle à donner la vie. C’est le nombre d’animaux vivants auxquels une femelle a donné naissance par an ou au cours de sa carrière. Elle est une caractéristique globale, qui dépend de la fertilité, de la prolificité et de la précocité sexuelle ou âge à la puberté (Cirad, 2002).
Le taux de fécondité de la race Borgou en milieu traditionnel varie de 40 à 65%
avec une moyenne de 64,4 % et 66,9 %, respectivement dans les troupeaux sédentaires et transhumants ; la différence entre ces deux systèmes n'est cependant pas significative (Dehoux et Hounsou-vê, 1993). Les différents taux enregistrés à la Ferme d’Elevage de l’Okpara sont plus élevés que ceux enregistrés en milieu traditionnel. Ainsi, Youssao et al. (2000) rapportent
78,0±8,4% et Adjou Moumouni (2006), 81,55 ±2,85 % à la FEO et Alkoiret et al. (2010), 69,28 ±13,06 sur les mêmes animaux de la FEO
Intervalle entre mise bas
L'intervalle entre mise-bas est le temps qui sépare deux mises-bas successives.
Ce paramètre varie avec les conditions d'élevage. D’après Dehoux et Hounsou- vê (1993), l’intervalle moyen entre mise-bas est de 458 ± 102 jours, soit 15 mois en milieu traditionnel. Une moyenne de 450 ± 132 jours (soit 14,8 ± 4,4 mois) a été rapportée par Adamou-N’Diaye et al. (2002) avec des extrêmes allant de 235 à 934 jours en station. Cet intervalle est influencé par l’âge au premier vêlage (Adamou- N’Diaye et al., 2002) et le rang de vêlage (Adjou Moumouni, 2006).
Ainsi, au fur et à mesure que le rang de vêlage augmente, l'intervalle entre mise bas se réduit.
Performances de production
Evolution pondérale des veaux et gain moyen quotidien:
L’évolution pondérale de la race Borgou a été étudiée par de nombreux auteurs.
Les poids à âge type ont été étudiés par des auteurs en milieu traditionnel et en station. Les travaux de Youssao et al. (2009) à la Ferme d’Elevage de l’Okpara rapportent que le poids à la naissance des animaux sélectionnés a été significativement plus élevé que celui des animaux non sélectionnés avec un poids moyen de 19,4 kg chez les sujets sélectionnés contre 18,2 kg pour les non sélectionnés. Les mêmes auteurs ont rapporté que les animaux sélectionnés ont obtenu des poids à 12 et à 24 mois plus élevés que ceux des animaux non sélectionnés. Ces mêmes observations ont été faites par Adjou Moumouni (2006) avec un poids moyen de 19,91 kg chez les sujets sélectionnés contre 18 kg pour les non sélectionnés. De plus, Youssao et al. (2009) ont montré que les animaux nés en saison pluvieuse ont un poids à la naissance, à 24 mois plus élevé que les animaux nés en saison sèche. Quel que soit l’âge à la pesée, les
mâles ont un poids significativement plus élevé (p<0,001) que les femelles, de la naissance à 45 mois d’âge (Youssao et al., 2013b).
Un gain moyen quotidien (GMQ) de 266,1 g/j a été rapporté par Sintondji (1986) à la ferme de Samiondji chez la race Borgou. Les meilleurs gains quotidiens moyens obtenus par Hounkpevi (2005) sont : 276,95 g/j de 0 à 3 mois
; 278,01 g/j entre 0 et 9 mois et 276,75 g/j entre 3 et 9 mois. L’âge à l’inflexion a été de 22,9 mois chez les mâles Borgou et 23,4 mois chez les femelles Borgou (Youssao et al., 2013b).
Production laitière
Concernant l’aptitude laitière de la race, Domingo (1976) enregistre des productions atteignant souvent 1,5 litres par traite tandis que Chabi Macco (1992) obtient une production journalière moyenne de 2,8 litres (fin juillet et début octobre) pour des vaches ayant des veaux de 0 à 6 mois dans les fermes privées de Parakou (Kokoubou et Monastère de l’étoile) et dans la ferme de l’Okpara. Ogodja (1988) trouve quant à lui une production laitière moyenne journalière des vaches Borgou comprise entre 1,1 et 1,68 litre durant la période de juillet à août. En milieu traditionnel, Dehoux (1993) obtient en saison de pluies (juillet à août) une production journalière de 840±75 ml. Dehoux et Hounsou-vê (1993) rapportent une production laitière estimée à 2,5 litres en milieu traditionnel, calculée sur une période de lactation de 250 jours, soit une production totale de 530 kg. En milieu villageois, 60% de la production est destinée au veau et le sevrage est progressif.
1.4.1.1.3. Race Girolando
Répartition géographique actuelle et origine
Le Brésil, en Amérique du Sud, est reconnu comme étant le berceau de cette race (PDE, 2005). Nourri par l’intérêt des éleveurs brésiliens, le croisement entre bovin de race Gir et celui de race Holstein a pour idée de mettre ensemble,
le plus rustique et le plus producteur trouvé dans ces deux races. La race est retrouvée actuellement dans tous les Etat du territoire brésilien. Elle commence par occuper une place importante dans l’élevage bovin au brésil ; car elle est adoptée par tous les éleveurs. De plus, l’origine du premier Girolando ne remonte pas longtemps. Les nouvelles des premiers troupeaux de cette race remontent aux années 1940 (PDE, 2005). Le bovin de race Girolando, est un animal issu du croisement entre le bovin de race Gir, d’origine indienne (bien élevé au Brésil) et de celui de race Holstein d’origine hollandaise.
Dans le souci d’augmenter les performances de chacune de ces races, d’une manière efficace et économique, il a été envisagé de comparer, les deux races sans un esprit de compétition. Mais cette comparaison a été dirigée dans un sens qui a permis de détecter les qualités de ces deux races qui sont retrouvées dans différents environnement. Ainsi le résultat du croisement bovin Gir et Holstein évoluant à travers plusieurs degrés de sang dans le croisement a conduit à une fixation du schéma racial, dans une proportion de 5/8Holstein + 3/8Gir. Cette proportion a été fixée ainsi, dans le but d’obtenir un bovin productif et normal.
Ce degré de sang a été fixé par l’association Brésilienne de créateur de Girolando qui s’occupe du programme de développement de l’élevage des bovins de cette race au Brésil (PDE, 2005).
Description de la race
Sur le plan physique, les Girolando sont des animaux haut sur patte. La hauteur au garrot varie entre 1m 30 et 1m 60 et peut atteindre 1m 40 chez les femelles et 1m 65 chez les mâles (source). La robe est généralement noire-pie. On rencontre aussi des animaux avec une robe pie-noire, totalement noire ou parfois fauve. Le poids varie entre 750-800 Kg de poids vif chez les femelles à l’âge adulte ; tandis que chez les mâles il varie entre 900-1000 kg à l’âge adulte.
Les femelles Girolando sont des animaux mal proportionnés. Le profil de la tête est concaviligne ; car au niveau de la région frontal, le front est creux, les orbites saillantes avec des cornes dirigées en croissant vers le haut, légèrement en avant du chignon. Elles ont un tronc volumineux et une poitrine élargie. Les côtes et les cuisses sont bien développées. En générale les femelles Girolando sont longilignes. Elles ont un format hypermétrique avec une hauteur au garrot atteignant parfois 1m à 750-800Kg.
Performances de la race Girolando
Performances de reproduction
Selon la littérature, une femelle bovine peut être mise à la reproduction lorsqu’elle a atteint les 2/3 de son poids adulte. L’âge moyen au premier vêlage des vaches Girolando à la ferme de Kpinnou est de 1057,93 ± 12,95 jours (Doko et al., 2012). Au Sénégal, cet âge est 1008,71±118,187 jours, soit 33,62±3,94 mois (Byishimo, 2012). Cet âge est influencé par le taux de sang Gir et l’année de naissance (Alkoiret et al., 2011a ; Doko et al., 2012). Les vaches ayant 62,5%
de sang Gir vêlent plus tôt que les vaches à 25% de sang Gir qui elles-mêmes vêlent plus tôt que celles qui ont 50% de sang Gir (Alkoiret et al., 2011a ; Doko et al., 2012).
Le taux de fécondité, qui est le nombre de produits nés vivants par rapport à l’effectif de femelles reproductrices, avoisine les 90%. Ce paramètre particulièrement important, a fait ressortir le niveau de l’efficacité de la reproduction de la vache Girolando (Toukourou et Sénou, 2010).
L’intervalle moyen entre deux vêlages successifs chez les Girolando à la ferme de Kpinnou est estimé à 468,32 ± 13,85 jours (Doko et al., 2012). Cet intervalle est de 397,7±34,13 jours avec un intervalle vêlage-insémination fécondante de 119,14±35,96 jours au Sénégal (Byishimo, 2012). Cet intervalle est influencé par la saison de mise bas (Alkoiret et al., 2011a ; Doko et al., 2012) et est plus
court chez les vaches qui ont mis bas en petite saison sèche que chez les vaches qui ont vêlés en petite saison des pluies (Doko et al., 2012).
Performances de production
Evolution pondérale des veaux et gain moyen quotidien
A la naissance, les veaux Girolando, ont un poids moyen de 26 à 30 kg pour atteindre 138 à 154 kg à six mois et 225 à douze mois d’âge. Le modèle de croissance des animaux a montré une évolution régulière pendant les six premiers mois de la vie, pendant laquelle les animaux ont un gain moyen quotidien (GMQ) de 600 à 800 g/jour. Le GMQ diminue du 7ème au 12ème mois avec des valeurs comprises entre 100 et 400 g/jour (Toukourou et Senou, 2010).
Production laitière
Les Girolando ont un phénotype et des qualités exceptionnelles pour une production rentable du lait sous les tropiques (Costa et al, 2011).
La valeur de la production laitière moyenne totale d’une vache Girolando à la ferme d’élevage de Kpinnou obtenue à partir de 205 lactations étudiées est estimée à 2201,17 ± 47,12 kg pour une durée de lactation fixée à 305 jours. Elle est inférieure à la moyenne de 3600 kg en 305 jours de lactation de la même race obtenue au Brésil et est influencée par le numéro de lactation et la saison de mise bas (Toukourou et Sénou, 2010 ; Alkoiret et al., 2011a ; Doko et al., 2012).
La production de lait des vaches Girolando augmente avec le numéro de lactation et la meilleure production est obtenue chez les vaches qui ont mise bas en saison pluvieuse.
La durée de lactation de la vache Girolando varie de 222 jours à 257 jours et la durée de tarissement, de 180 jours à 299 jours (Alkoiret et al., 2011a ; Doko et al., 2012). Au Sénégal, la durée de lactation est de 315 jours et la durée du tarissement est de 61 jours (Byishimo, 2012). Ces durées sont influencées par le
numéro de lactation, l’année de vêlage, la saison de vêlage (Alkoiret et al., 2011a ; Doko et al., 2012) et le niveau de production (Byishimo, 2012). Ainsi, la durée de lactation augmente avec le numéro de lactation et les vaches qui ont mis bas en saison sèche ont une durée de lactation plus courte.
La production journalière de cette vache varie de 4 à 7 litres (Toukourou et Sénou, 2010 ; Agbozo, 2013). Ce niveau de production est nettement inférieur à la moyenne de 12 kg de lait par vache et par jour obtenue avec la même race dans son pays d’origine (Toukourou et Sènou, 2010).
Figure 2. Courbe de lactation d’une vache Girolando à la ferme de Kpinnou (Doko et al., 2012)
1.4.1.2. Conduite du troupeau à la FEO :
Système de production, hygiène et alimentation
Le système d’élevage adopté par la Ferme d’Elevage de l’Okpara est de type semi-amélioré (Youssao et al., 2000). Les troupeaux sont constitués suivant des critères de sexe et d’âge, mais également en fonction des activités de recherches en cours. Les bovins de race borgou sont répartis en plusieurs catégories de troupeaux (génisses, taurillons, taureaux, vache, etc). Les animaux sont conduits sur des parcours naturels et des prairies artificielles constituées de Brachiaria
ruziziensis, de Panicum maximum, Andropogon gayanus, Leucena leucocephala et Stylosanthes sp, pendant toute la journée (de 9 h à 17 h) et la nuit, ils sont enfermés dans des parcs dont certains sont munis de mangeoires et d’abreuvoirs.
Pendant le temps de pâture, les veaux de moins de trois à quatre mois d’âge sont gardés dans le parc de nuit. Pendant la saison pluvieuse de mai à octobre, les graminées de la végétation naturelle sont préférées par les animaux et constituent par conséquent la majeure partie de la phytomasse ingérée.
Pendant la période de saison sèche, en plus du pâturage naturel réduit essentiellement aux résidus de récolte issus des champs de culture, les animaux reçoivent une complémentation sous forme d’ensilage ou du foin (issu des prairies artificielles), de graine ou tourteau de coton. Les résidus de récolte constitués de maïs, de sorgho et de coton ainsi que les ligneux fourragers constitués de Khaya senegalensis et Afzelia africana sont aussi exploités pour l’alimentation du bétail. L’abreuvement est assuré par des retenus d’eau, le fleuve Okpara et ses affluents. La pierre à lécher et les graines de coton sont servies ad libitum aux bovins. Pendant cette période, le parcours des animaux est plus long (8 à 15 kilomètres par jour).
A la FEO, les parcs de nuit sont bien entretenus, les mangeoires et abreuvoirs nettoyés et les sujets morts sont enterrés.
Suivi sanitaire
Le suivi sanitaire est assuré par l’application d’un programme de prophylaxie sanitaire et médicale ainsi que le traitement des cas cliniques détectés à l’inspection. Quant aux traitements, on note les traitements de masses et les traitements particuliers. Le traitement particulier englobe ceux spécifiques contre les maladies occasionnelles tandis que le traitement de masse est généralement préventif. Le traitement de masse regroupe le sauvetage des veaux qui a lieu durant leur premier mois de vie, le déparasitage interne et le déparasitage externe, la trypano-prévention, la vitamino-prévention et les
vaccinations contre la pasteurellose et la péripneumonie contagieuse bovine. Le déparasitage externe réalisé deux à trois fois par mois en fonction de la pression parasitaire, est effectué soit par pulvérisation soit par bain dans « un deeping tank ». La brucellose est dépistée sur le cheptel une fois par an et les animaux atteints sont sortis. Ce suivi sanitaire permet de réduire de façon considérable les taux de mortalité obtenus sur la ferme. Néanmoins, on rencontre encore quelques pathologies récurrentes dont les plus courantes sont la trypanosomiase, la dermatose nodulaire contagieuse, la fièvre aphteuse (présente de façon saisonnière), la kératoconjonctivite et la diarrhée. Le programme national de prophylaxie contre les grandes épizooties est également suivi.
Gestion de la reproduction
A la FEO, la reproduction est basée sur la monte naturelle. Un programme de gestion de la reproduction a été conçu et mis en application en octobre 1994, mettant ainsi fin à la monte libre (Youssao et al., 2000). Chaque année, deux montes sont organisées, l’une en janvier-février et l’autre d’août à octobre. Les naissances sont enregistrées entre octobre-novembre et juin- juillet. Ce programme a permis de mieux gérer les troupeaux et de regrouper les naissances à un moment où il y a abondance de fourrage. Ainsi, les veaux arrivent à leur première saison sèche avec un poids et un âge suffisants, leur assurant de meilleures chances de survie. Mais des naissances en dehors de ces quatre mois sont parfois enregistrées. Cette situation rend difficile la gestion de la reproduction. Dans le cadre du programme d’amélioration de la productivité en lait de la vache Borgou, l’insémination artificielle est pratiquée depuis 1999 sur un petit noyau à la ferme de l’Okpara. Les semences utilisées proviennent des taureaux Azawak, Gir et Girolando.
Suivi zootechnique des animaux
Une fiche est établie pour le suivi de chaque animal et comporte le numéro du parc, le numéro du veau, le numéro de la mère, la date et l’année de naissance,
l’âge de la mère au vêlage, le sexe, le poids à la naissance et le poids à des âges types. Les animaux sont pesés une fois par mois et ceci au début de chaque mois. Ces fiches de suivi servent de base à la réalisation du schéma de gestion des troupeaux de la ferme. Les animaux faisant partie du programme de sélection forment des troupeaux à part. Les troupeaux «sélection » sont suivis de façon particulière.
1.4.2. Production végétale
Cette section s'occupe surtout de la production des plantes fourragères, des cultures vivrières et des cultures pérennes. Les cultures fourragères sont composées de légumineuses (Leucaena leucocephala, Aeschynomène hystrix) et de graminées (Panicum C1 et Brachiaria ruziziensis). La principale culture fourragère est celle du Panicum C1 installé à l’entrée de la ferme. La principale culture vivrière est celle du maïs, à cela s’ajoutent le soja et le niébé. En dehors de ces cultures, on y trouve également des cultures pérennes comme les manguiers, les bananiers et le bois de teck.
1.5. Organigramme de la ferme
CPA : chargé de production animale ; CPV : chargé de production végétale ; CE : chef d’équipe ; CVA : conducteurs de véhicules administratifs ; AES : agents d’entretien et de sécurité ; OE : ouvriers d’élevage ; OA : ouvriers d’agriculture.
Figure 3 : Organigramme de la ferme
1.6. Forces et faiblesses 1.6.1. Forces
Les forces de la Ferme d’Elevage de l’Okpara sont multiples. On peut citer :
la disponibilité de l’espace,
la disponibilité de personnel qualifié,
la disponibilité de l’équipement,
la disponibilité de matériel roulant pour le suivi sanitaire des animaux dans les parcs,
l'abondance de fourrage en saison pluvieuse.
1.6.2. Faiblesses
Au nombre des faiblesses de la ferme nous pouvons citer :
le taux élevé de mortalité et la forte sensibilité des bovins de race exotique aux maladies ;
le manque d’aliments surtout pendant la saison sèche ;
la mauvaise gestion des parcelles fourragères et du fourrage ;
la chute de la production laitière des vaches surtout des vaches métis et Girolando ;
la persistance des différentes formes de dermatophilose chez les vaches Girolando et métis surtout pendant la saison pluvieuse ;
la persistance de certaines maladies animales (PPCB, Fièvre Aphteuse) et l’émergence de nouvelles (Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine) ;
l'invasion du domaine par la population riveraine ;
les conflits entre agriculteurs et bouviers ;
l'absence d’un plan d’autonomisation de la ferme ;
l'absence de titre foncier confinant les responsables de la ferme à l'usage de beaucoup de tact dans la gestion domaniale de la dite ferme ;
la très fréquente rupture de stock de médicaments essentiels obligeant dans bien de cas à faire entorse à des procédures,
la très grande dégradation des pistes internes.
Deuxième Partie : activités menées et
difficultés rencontrées
2.1. Activités menées
Nous avons eu à participer avec intérêts à plusieurs activités sur la ferme d'élevage de l'Okpara dont le suivi zoosanitaire des animaux, les opérations zootechniques (pesées, bouclage, sexage du cheptel), entretien des parcs de nuits, le labour (culture attelée), repiquage de Panicum maximum.
2.1.1. Suivi zoosanitaire
Au cours de notre stage nous avions participé à l’inspection journalière du cheptel et au traitement des pathologies ; au déparasitage des animaux et à la vaccination contre les maladies endémiques.
Inspection du cheptel
Elle se fait tous les jours de 7 h à 11 h et consiste surtout à visiter tous les parcs bovins de la ferme afin d'examiner l’état de santé des animaux et de traiter éventuellement les pathologies qui y sont rencontrées. L’inspection clinique permet d’établir le diagnostic de la pathologie dont souffraient les animaux.
Pour ce faire nous procédons à une observation de l’état général de l'animale.
Les cas de pathologies détectés au cours de notre inspection sont : la dermatose nodulaire contagieuse, la fièvre aphteuse, la diarrhée, la dermatophilose, l’envenimation ou morsure de serpent, l’amaigrissement, la plaie, la non délivrance chez une vache.
Dermatose nodulaire
C’est une pathologie qui affecte plus les adultes et se manifeste surtout par l’apparition des nodules ou œdèmes sur la peau. Pour lutter contre cette pathologie, nous avons administré aux animaux de l’Oxytétracycline 10% et Dexaphénylarthrite par voie Intramusculaire. Ensuite nous avons appliqué de l'huile à moteur sur les nodules. Le traitement est symptomatique. Au total nous avons traité 61 cas de dermatose nodulaire contagieuse.
Dermatophilose
C’est une autre forme de dermatose qui affecte également la peau des animaux.
Durant notre stage 10 cas ont été rencontrés et traités. Nous avons traité cette pathologie aux moyens du Streptopen ou Oxytétracycline 10%, de Dexaphénylarthrite et de l’Ivermectine.
Fièvre aphteuse
C’est une pathologie qui se manifeste par l’apparition des aphtes au niveau de la cavité buccale précisément sur la langue, les lèvres et les gencives ; et des sabots précisément dans l’espace interdigitale. Le traitement appliqué est symptomatique et consiste à nettoyer et appliquer du bleu de méthylène sur les plaies et ensuite on procède à l’injection d’Oxytétracycline 10% et de sulfa 33,3%. Soixante cinq (65) animaux ont été traités de la fièvre aphteuse.
Diarrhée
C'est une pathologie qui frappe surtout les veaux. Au cours de notre stage, 6 cas ont été rencontrés et traités. Ces cas ont été traités aux moyens de Véto anti diar par voie orale et de sulfa 33,3% administré par voie intramusculaire.
Envenimation ou morsure de serpent
En cas d’envenimation, nous administrons à l'animal l’Oxytétracycline 10% et Dexaphénylarthrite en intra musculaire afin de freiner un temps soit peu l’effet du venin et ensuite on applique de la teinture d’iode sur le point de morsure. Au total 03 cas ont été traités.
Amaigrissement
Pour traiter ce signe clinique de pathologie on a apporté du benzal, du boluvit et de multivitamine. On a rencontré et traité 72 cas.
Plaie
Le traitement apporté aux animaux dans ce cas se résume à un pansement par un lavage minutieux à l’eau stérile puis à l’alcool suivi d’une pulvérisation avec du veto spray® (cicatrisant). Ensuite, on fait une injection d’Oxytétracycline 10%
et du Dexaphénylarthrite afin de limiter les inflammations. Cinq (05) cas ont été traités.
Difficulté de délivrance
Il s’agit de la non délivrance chez une vache qui venait de mettre bas ; on a d'abord injecté de l'Oxytocyne en IV avant d'introduire la main dans le vagin pour tirer le placenta afin d'aider la vache à l’expulser.
Déparasitage
C’est un traitement antiparasitaire qui permet de lutter contre les parasites internes ou externes. Ainsi, nous avons faits des déparasitages internes et externes :
Déparasitage externe
C’est un traitement qui permet de lutter contre les ectoparasites. Il se fait par bain au niveau du deepping-tank ou par pulvérisation. Pour le réaliser, nous avons utilisé les produits suivant :
Amitix® à la dose de : 2 ml pour 1 litre d’eau en pulvérisation et 1 litre pour 500 litres d’eau en bain,
Alfapor® à la dose de : 1 ml pour 10 litres d’eau en pulvérisation et 1 litre pour 1000 litres d’eau en bain.
Au total 652 animaux ont été déparasités
Déparasitage interne
C’est un traitement qui permet de lutter contre les parasites internes de l’animal.
Ainsi, nous avons administré de façon orale du Benzal® 300 mg et 2500 mg aux animaux en fonction de leur poids vifs.Il a été réalisé sur 652 animaux
Vaccination des animaux
Nous avons participé à la vaccination du cheptel contre la pasteurellose bovine et la fièvre aphteuse. Elle a eu lieu en début du mois de juin. Les produits utilisés sont respectivement Pastobov® et Aftovax®. Tous les animaux de la ferme ont été vaccinés. Chacun des vaccins confère une immunité de 6 mois à l’animal. La vaccination contre la fièvre aphteuse est orientée vers les sérotypes A et O.
Opérations zootechnique
Au cours de notre stage à la FEO nous avons participé à diverses activités zootechniques. Ainsi on a procéder à la pesée mensuelle du cheptel, au bouclage des animaux, à l'enregistrement des mises bas et à l'entretien des parcs de nuit.
2.2. Difficultés rencontré
Pendant notre stage à la FEO, nous avons rencontré diverses difficultés qui sont entre autre :
La rupture par moment de produits vétérinaires ;
L’insuffisance de moyens de déplacement pour assurer la visite journalière des parcs ;
La dégradation des pistes par les pluies rendant difficile les déplacements ;
Le mauvais entretien des parcs dû au manque d’outils de nettoyage.
2.3. Problème identifié
Pendant nos stages à la FEO nous avons remarqué qu'un grand travail se faisait pour l'amélioration de la filière lait. Ainsi, des races étrangères ont été importées et utilisées en croisement avec la race locale Borgou. Parmi les races importées, la race Azawak a été la plus récente et nous nous sommes intéressés à l’adaptation de cette race à son nouvel environnement. Ces animaux sont en train d’être diffusés dans les troupeaux traditionnels sans aucun guide (fiches techniques) pouvant permettre aux éleveurs de les utiliser à bon escient en vue d’améliorer la productivité de leur troupeau. Ce travail permettra de relever les difficultés liées à l’adaptation de cette race dans son nouveau biotope.
Troisième Partie : Evaluation des facteurs de
risque liés à l’adaptation du zébu Azawak en
zone soudanienne : cas de la Ferme d’Elevage
de l’Okpara au Bénin
3.1. Cadre de l’étude, matériels et méthodes 3.1.1. Milieu de l’étude
La ferme est caractérisée par une saison sèche (novembre à avril) et une saison pluvieuse (mai à octobre). La température moyenne annuelle varie entre 26°C et 27 °C et la pluviométrie moyenne est de 1200 mm.
La végétation de la ferme est une forêt claire très dégradée. On y rencontre : des savanes boisées à Isoberlinia doka ; des savanes arborées à Daniella oliveri ; des savanes arborées à Terminalia macroptera sur les sols hydromorphes ; des savanes arborées à Vitellaria paradoxa ; des savanes arbustives à Terminalia avicennioides et des savanes herbeuses dans les dépressions et les bas-fonds. Les espèces herbacées retrouvées sous ces formations ligneuses sont Andropogon gayanus; Andropogon tectorum; Digitaria horizontalis, Echinochloa stagnina, Hyparrhenia involucrata; Hyparrhenia rufa; Imperata cylindrica, Pennisetum polystachion; Pennisetum unisetum, Rottboellia cochinchinensis; Setaria sphacelata et Vetiveria nigritana.
3.1.2. Matériel
L’étude a porté sur un échantillon de quarante et un bovins de race Azawak dont 31 génisses II et 10 mâles soit 3 taureaux et 7 taurillons II.
Le cahier d’activité de la ferme a été exploité pour la collecte des données sur les pathologies enregistrées, les traitements appliqués et le plan de prophylaxie appliqué au troupeau Azawak.
3.1.2. Mode d’élevage
L’alimentation des Azawak à la FEO est assurée uniquement par les pâturages naturels et cultivés. Les espèces végétales cultivées étaient composées des graminées Panicum C1, Brachiaria ruziziensis et de maïs fourrager. Aucune légumineuse n’est cultivée. Quant aux fourrages naturels, ils sont très diversifiés
gayanus, Pennisetum unisetum, Setaria sphacelata et Hyparrhenia rufa. Aucune complémentation minérale n’est faite. Les animaux sont conduits au pâturage les matins à 9 heures et reviennent dans leur étable les soirs à 18 heures où ils bénéficient parfois d'un complément alimentaire. En saison pluvieuse, l’alimentation est assurée par le fourrage sur pied. Par contre en saison sèche, en plus du pâturage sur pied, les animaux consomment des fourrages conservés sous forme de foins et d’ensilage, des résidus de récoltes (rafle et tige de maïs, fane d’arachide, etc…). Les animaux ont accès à l’eau potable à mis journée et tous les soirs au retour du pâturage.
Pour la lutte contre les pathologies, un plan de prophylaxie a été mis en place.
Ce plan comporte la prophylaxie médicale et la prophylaxie sanitaire. La prophylaxie médicale consiste à vacciner les animaux contre la pasteurellose, la PPCB et la fièvre aphteuse ; aux déparasitages interne et externe et à la trypano- prévention (tableau I). Quant à la prophylaxie sanitaire, les mesures mises en place portent sur l’hygiène de l’habitat. Ainsi, les bouses de vaches sont ramassées chaque matin par le bouvier. Aucun pédiluve ni rotoluve n’est disponible sur la ferme.
3.1.3. Evaluation des facteurs de risque
Afin d'évaluer les facteurs de risques liés à l'adaptation du zébu Azawak en zone soudanienne , les données relatives au milieu d'élevage des bovins Azawak, au mode d'élevage des bovins à la FEO, à la résistance des bovins aux maladies ont été collectées. Ainsi nous avons suivi les animaux au pâturage pendant deux jours afin de déterminer les fourrages consommés par ceux ci. Chaque matin on notait tous les traitements, les vaccinations et les déparasitages éventuels appliqués au troupeau Azawak (tableau I). Les données sur la pluviométrie et la température de la ferme ont été recueillies auprès des responsables de la ferme.
Les maladies enregistrées et les traitements appliqués avant notre arrivé ont été collectés dans le cahier d’activité de la ferme.
Tableau I : Programme de prophylaxie médicale appliquée aux Azawak à la Ferme d’Elevage de l’Okpara
Soins sanitaire Produits utilisés J F M A M J J A S O N D
Déparasitage interne Benzal
Déparasitage externe Alfapor, Amitix Abotik
Vaccination contre la pasteurellose
Pasto bov® ou Pastovax®
Vaccination contre la
PPCB Perivax®
Top line Top line
Minéralisation Pierre à lécher Trypano-prévention Trypadim Vaccination contre la
fièvre aphteuse Aphtovax®
3.2. Résultats
Les bovins ont été importés du Niger et installés à la Ferme d’Elevage de l’Okpara.
Les pathologies développées par les animaux depuis leur arrivée sont : la dermatose nodulaire contagieuse, la tryponosomose et la diarrhée (tableau I). En dehors de ces pathologies des signes cliniques de pathologies ont été enregistrés sur ces animaux. Il s’agit de l’anémie, l’hyperthermie, faiblesse générale et arthrite. Des cas de météorisation, fracture, plaie et sous-alimentation ont été enregistrés. Les animaux atteints par ces pathologies étaient des taurillons et des génisses. Les traitements apportés aux animaux ont donnés des résultats satisfaisants parce que tous les animaux atteints et traités ont été guéris (tableau II).
Dans l’ensemble les animaux s’adaptent bien aux conditions de la FEO car les traitements apportés aux pathologies dépistées ont donnés des résultats satisfaisants et aucun cas de mortalité n’a été enregistré.