Méthode rapide de dosage de l’oxyde de chrome
dans les aliments, les fèces
etles
contenusdigestifs
par titrage après oxydation nitro-perchlorique
E. FRANÇOIS Nicole THILL A. THEWIS
A. COLINET J. C. PICHOX M. PICHON
Station de Chimie et de Physiqice agvicoles, (
*
) Station de Zootechna’e,
Centre de Recherches agronomiques de
l’État,
22
, avenue de la Faculté d’Agronomie, B 58oo Gembloux (Belgique) (
**
) Chaire de Physiologie animale et de Zootechrzie,
Facaslté des Sciences agronomiques de
l’État,
2
, passage des Dé!ZOVtés, B 580o Gembloux ( Hel giqi<e)
Résumé
Une étude critique des diverses méthodes proposées pour le dosage de l’oxyde de chrome, Cr,0
3
, au cours des applications zootechniques de cet indicateur amène les auteurs à proposer
une nouvelle technique de détermination ne nécessitant aucun transfert.
La matière organique est détruite et l’oxyde de chrome oxydé par le mélange nitroperchlo- rique en une seule opération.
Une courte ébullition en présence de persulfate, qui assure l’oxydation complète du chrome,
est suivie du titrage direct par le sel de Mohr.
L’emploi de l’appareil proposé par CHAT (i966) pour la destruction perchlorique de la matière
organique élimine les risques inhérents à l’emploi de cet acide.
La méthode proposée est précise et très rapide; le titrage peut, en effet, être aisément effectué
automatiquement.
Introduction
L’oxyde
dechrome, Cr,O,,
marqueur externe de laphase
solide desdigesta
est très utilisé dans des études de
digestion.
THILI, et al.( 197 8)
ont montréqu’il
n’est pas absorbé et que, administré sous une forme
appropriée (papier
àl’oxyde
de
chrome),
soncomportement
au cours du transit est fort semblable à celui duradiocérium,
considéré par de nombreux auteurs comme marqueur idéal(McRA>;, r
97
q.). L’oxyde
de chromepossède
donc deux desqualités
essentielles d’un bon marqueur(K OTB
etI,ucx!Y, 1972 ). Cependant,
labibliographie
montre que lesrésultats des
expériences
menées avec cet indicateur - détermination du coefficient dedigestibilité,
évaluation de laproduction
fécale àl’herbage
- ont été souventdécevants
(C RAMP T ON
etL!.oYn,
1951; CORBETT etal., 1958;
HARDISON etal., ig5g);
les échecs ont été attribués à des causes diverses : rétention de l’indicateur dans le tube
digestif, régurgitation
d’unepartie
de la doseadministrée,
récolteincomplète
des fèces et même
absorption
au travers de laparoi digestive.
Les méthodes de
dosage
utilisées semblentcependant
avoir été assez rarementincriminées
explicitement
par lesexpérimentateurs (D AY ,
1954;CII RIS T IAN ,
WIr,-LIAMS et
CARTER, 1965).
Une étude
critique
destechniques
existantes - souvent fort laborieuses -nous a
permis d’analyser
les sources d’erreurspossibles
et nous a amenés à élaborerune nouvelle
technique
dedosage simple, rapide
etprécise.
Les méthodes existantes
S’il
s’agit
d’uncomposé chimique
biendéfini, pratiquement
insoluble dansl’eau,
le nombre considérable detechniques
dedosage proposées
et les commentaires de leurs utilisateurs(D AY ,
1954; PETRY etR APP , 1971 )
semblent montrer que sa détermination dans lesaliments,
fèces et contenusdigestifs peut
poser de nombreuxproblèmes
auxexpérimentateurs.
Si la destruction de la matière
organique
se fait par calcination - cequi
estle cas pour la
plupart
des méthodesproposées
- uneattaque
duCr 2 0 3
devra luifaire suite.
Les cendres
peuvent
subir une fusionoxydante
alcaline. Lestechniques
pro-posées
dérivent de celles de P.!I,oH!IMO(1935)
et de BARNICOAT( 1945 ) (SCHURCH,
I,
LOYD et
C R A MP TO N ,
1950; DANSKY etHILL,
Ig52;BRISSON, Ig56).
Pour réaliser
l’oxydation
descendres,
les chercheurs de la Stationexpéri-
mentale de Hamilton en Nouvelle-Zélande
(Coup
etI,ANCAST!R, 1952 )
utilisentle chromate en milieu acide
sulfurique
etphosphorique.
Ils’agit
d’une méthode laborieuse àlaquelle
ilsapportèrent
des modifications successives(CIi RISTIAN
etCOUP,
1954; STEVENSON et D!I,ANG!N,1960).
Mais,
en utilisant les acidesoxydants,
il estpossible
de réaliser en uneétape
la destruction de la matière
organique
etl’oxydation
deCr,O,.
C’est la voie choisie parB OLIN ,
KING et KI,OSTERMAN( 195 2),
KIMURA et MILLER( 1957 ),
HII,L et A!r-D E
RSON
( 195 8),
WHITBY et LANG( 19 6 0 ), qui emploient
l’acideperchlorique
enmélange
avec l’acidenitrique
ousulfurique
enprésence
demolybdate.
Si la détermination finale du chrome se
faisait,
audébut, volumétriquement (B
ARNI
COAT,
1945;KA N E, _JACOBSON
etMOORE,
1950; CouP etI,ANCAST!R,
Ig52;C HRIS T
IAN et
Coup,
1954; WHITBY etL AN G, 19 6 0 ),
les méthodesplus
récenteschoisissent
généralement
laphotométrie
duchromate, jugée plus rapide (K IMURA
et
M ILL E R ,
Ig57;B RI SSO N , I g56;
HILLetA ND E RSON , Ig58;
STEVENSONet D!LAN-GEN
,
19 6 0 ;
PETRY etR A PP, 1971).
Il est certain que la destruction de la matière
organique
par la voie humide réalisantl’oxydation
de l’indicateur en uneétape
est laplus rapide;
c’estpourquoi
nous l’avons
adoptée. Cependant l’emploi
d’acideperchlorique
est loin d’être sansdanger;
et parailleurs,
sil’oxydation incomplète
duCr 2 0 3
constitue uneimportante source d’erreurs
dans lestechniques
ayant choisil’oxydation
du résidu de calci- nation en milieu acide(STE V E NSON
etD!I,ANG!N, 19 6 0 ),
le mêmephénomène
aété mis en éviden.ce par DAY
( 1954 )
pour la méthode deB OLIN ,
KING et KI,osT!R-MAN
( 1952 ), qui utilise une attaque sulfo-perchlorique.
Elle a montré que cette
technique peut produire
des résultatstrop
faibles par suite de la formation deperoxyde d’hydrogène
auxdépens
de l’acideperchlo- rique, peroxyde qui
réduirait le Cr hexavalent.Ajoutons qu’en présence
de chlorures-
pratiquement toujours présents
-d’importantes pertes
de chrome hexavalentpeuvent
seproduire
par suite de la formation de chlorure dechromyle, CrO,Cl,,
volatil
(G ORSUCH ,
1959;HAxT!oRn, 19 63).
Trois
points
ont donc retenu notre attention : réduire ousupprimer
lesrisques d’emploi
de l’acideperchlorique,
éviter uneperte
de chrome tout en réalisantl’oxy-
dation
complète
du chrome en Cr6+. Leur réalisation nous a amenés à élaborerune nouvelle
technique
dedosage rapide
dontl’exposé
constituel’objet
duprésent
article.
Élabo y
ation
de latechnique
dedosage
et
justification
des conditionsopératoires
Dest y
uction de la matière
organique
etattaque de l’oxyde
de chronirL’appareil
de minéralisationproposé,.par
CHAT( 19 66) permet
de satisfaireaux deux
premières exigences.
Ils’agit
d’unappareil simple,
en verre,permettant
de réaliserl’attaque
dans unsystème
à refluxcomportant
unpiège. L’emploi
dechauffe-ballons
(heating mantles)
thermostatés recommandés par l’auteurpermet
le
réglage
aisé de l’allure de chauffe. Deuxlégères
modificationscependant;
d’unepart, l’expérience acquise
au cours de dizaines de milliers de minéralisations sansproblèmes
nous apermis
d’éliminer l’acidesulfurique,
et de lui substituer lemélange nitro-perchlorique ( 2 :i);
d’autrepart,
les dimensions du ballon et dupiège
ontété modifiées en vue du
dosage
deCr 2 0 3 (fig. r).
Unplus grand
diamètre ducol,
du ballon et de la tubulure latérale
augmente
le reflux et diminue la vitesse linéaire des gaz et aérosolsproduits
au cours des réactionsd’oxydation
assez actives seproduisant
surtout lors del’attaque perchlorique
des matièresorganiques
ayant résisté à l’acidenitrique;
cette dernière ne seproduit
quelorsque
laconcentration
de l’acide et satempérature
ont atteint un seuildonné,
pardépart
de l’eau et del’acide
nitrique
excédentaire.On
repère
facilement l’allure de chauffe dechaque appareil
assurant unecondensation des vapeurs d’acide
perchlorique
dans la tubulure latérale et onconduit toutes les minéralisations
subséquentes,
dès ledébut,
à cetteallure;
on continue l’ébullitionpendant
une à deux minutesaprès
la solubilisation et levirage
de
l’oxyde
de chromequi
ne seproduit qu’après l’oxydation perchlorique
desmatières
organiques
résistantes.Dans ces
conditions,
aucuneperte
de chrome par volatilisation deCrO.Cl.
n’est à craindre. Toute
l’opération
dure à peuprès
30mn et nerequiert pratique-
ment pas de surveillance.
L’appareil
deCHAT,
utilisé dans les conditions dechauffage décrites,
évite la dessiccation des selsminéraux,
ensupprimant
touteperte
d’acideperchlorique.
Les
risques d’explosion
desappareils
sont extrêmement réduits. I)eplus,
lesconduits d’évacuation de l’air des sorbonnes ne sont pas contaminés par l’acide
perchlorique.
On élimine ainsi ledanger majeur qu’entraîne l’emploi
de cet acide :les incendies ou les
explosions
desdépôts
accumulés delongue
date et imbibés decondensat.
Le
piège
estsimplement
destiné à retenir l’acidenitrique
excédentaire. On élimine de la sorte une sourceimportante
depollution
de l’air et dedégradation
du matériel.
Un contrôle de cette
première étape
del’analyse
a été réalisé parl’emploi
de
radiochrome, 5 ’Cr;
unequantité
connue de ceradioisotope ajoutée
à un échan- tillon de matièreorganique
contenant duCr 2 0 3
se retrouveintégralement
dansle ballon à la fin de
l’attaque.
Enrevanche,
si on utilise des ballons à col étroit et si l’onsurchauffe,
onpeut
provoquer despertes
énormes.Le bilan de
l’isotope
montre quepratiquement
tout le chrome volatilisé( 99
p.100 dans les conditions du
test)
se retrouve dans lepiège.
Réalisation d’une
oxydation complète
du chromeSi tout le
Cr 2 0 3
estdécomposé,
cequi
estvisible,
tout le chrome ne se retrouvecependant
pas au niveauhexavalent,
même en l’absence d’acidesulfurique,
sion refroidit
rapidement
le résidu de minéralisation comme lepréconise
DAY(I954)!
Selon cet auteur la
présence
deperoxydes
-formés,
selonelle,
par l’actiondéshy-
dratante de l’acide
sulfurique
sur l’acideperchlorique
-provoquerait
une réductionde Cr4+
(S MI T H , I935 ). L’apparition graduelle
- enquelques
heures - de la couleurverte
typique
des ions Cr3+dans les résidus acides refroidis semble confirmer cetteexplication.
1,etitrage
direct au sel de Mohr du chrome dans le résidu de minéra- lisation donne des résultatscomplètement
aberrants. L’erreur par défautcommise,
par suite de la réduction du Cr6+
augmente
avec letemps
etpeut
atteindre 20p. Iooaprès
24 heures.Une
étape
deréoxydation
s’avérait donc nécessaire avant la détermination du chrome. Lepersulfate,
en milieuacide,
enprésence d’argent,
nous a donnéd’excellents résultats
(S ANDELL ,
1959;C HARI , O T, 19 6 1 ; H AR TF ORD , 19 63).
La détermination du chrome s’effectue
simplement,
dans le mêmeballon,
par
titrage
directclassique
au sel deMohr,
enprésence
dediméthylamine
sulfonée.P
ETRY et KAPP
( 1971 ), après
uneattaque
par voie humide suivantB OLIN ,
K IN
G et KI,OST!RMAN
( 1952 ),
obtiennent de bons résultats en déterminant enmilieu alcalin le chrome par
photométrie
duchromate,
seul ionprésent
à unpH supérieur
à m. Cettetechnique requiert cependant
des transferts desolution,
une
centrifugation
et deuxlavages
duprécipité
abondant se formant à cepH.
Nous avons
préféré
la voietitrimétrique qui
évite tout transfert ducomposé
à doser et élimine ainsi une source d’erreurs en limitant les
manipulations.
La méthode de détermination de
l’oxyde
de chromeRéacti f
s-
Mélange
de minéralisationHNO,
à6 5
p. 100p.a. 2volumes, HCIO,
à 70 p. 100 p.a. 1 volume.- Solution à 10 p. 100 de
persulfate
d’ammonium :(NH 4 ) 2 S 2 0 S
p.a.- Solution
nitrique
de nitrated’argent
à 1,5 p. 100 :On dissout i5 g de
A G NO,
p.a. dans de l’eaudistillée,
on transvase dans un ballonjaugé
de i ooo ml et onajoute
35 mlHNO,
à6 5
p. 100 p.a. avant deporter
au trait avec de l’eau distillée.- Acide
sulfurique
au 1/6.
- Acide
phosphorique : H 3 P0 4
conc. p.a. à65
p. 100.- Solution de
diméthylamine
sulfonée : à 0,5 p. 100 dans l’eau.- Solution de bichromate 0,02 n :
Les cristaux de
K 2 Cr 2 0 7
p.a. sontbroyés
aumortier,
séchés à120 - 130 O C
et conservés en exsiccateur. La solution 0,02 n contient
0 , 9 8 075
g de bichro- mate par litre.- Solution de sel de l4Tohr : Fe
So l .(NH I ) I S0 4 .6H,O
p.a.On dissout
!,84
g de sel dans l’eau distillée transférée dans un ballon dei ooo
ml,
on yajoute
135 ml d’acidesulfurique
concentré avant deporter
au trait. Cette solution est titrée par la solution de
K 2 Cr 2 0
0,02 n.Mode
opératoire
i g d’échantillon
(contenant
de 5 à 15 mgCr,O,)
est transféré dans le ballon de minéralisation et additionné de 25 ml demélange nitroperchlorique.
On assemblel’appareil
de CHAT et commence immédiatementl’attaque.
Les échantillonsqui
ont tendance à mousser sont retirés
pendant quelques
instants des nidschauffants;
ils ne
posent plus
deproblèmes
par la suite. Chauffer 2mnaprès l’oxydation (virage
à
l’orange)
deCr,O,. L’ensemble
del’opération prend
de 20 à 25 mn. Une foisrefroidi,
le résidu de minéralisation est additionné de 50ml depersulfate
à io p. 100 et de 15 ml de nitrated’argent
à i,5 p. 100. On chauffe à l’ébullition 10 mn afin de détruire l’excès depersulfate. Après refroidissement,
on acidifie avec 10 ml d’acidesulfurique approximativement
6 n( 1 /6), ajoute
5 ml d’acidephosphorique concentré,
3gouttes
dediméthylamine
sulfonée et titre au sel de Mohr. Levirage
est très facilement perçu.
Si v est le volume de solution
employé
enml,
t sontitre, P
laprise
d’essai en g et0 , 02533 66 7
lemilliéquivalent-gramme
deCr,O,,
la concentration deCr,O,
dansla matière est donnée par :
Justi fication
des conditionsopératoires
La méthode
présentée
estplus rapide
que les méthodes décrites antérieurement et d’unemploi
trèssimple; c’est,
à notreavis,
unavantage considérable,
lesrisques
d’erreurs inhérents aux solutions
adoptées
ont été éliminés.La méthode est
rapide
et seprête
bien au travail ensérie,
car on a évité tout transfert. La titrimétrie de la solution trouble a étépréférée
pour cette raison.Le
titrage
finalpeut
être aisément automatisé. Une électrode combinée(platine- calomel) peut
êtreplongée
directement dans le ballon contenant la solution ayant subil’oxydation
aupersulfate.
Lesappareils
nécessaires relativement peucoûteux,
sont fort
répandus
dans les laboratoiresanalytiques.
Dans ces
conditions,
et pour autant que l’ondispose
d’un matériel dechauffage suffisant,
deux douzaines de « nids chauffants », deuxopérateurs pourront
traiter 150 échantillons parjour.
Le
titrage pourrait
éventuellement êtreremplacé
par la détermination colo-rimétrique
du chrome. L’automatisation de cette dernièreétape (M A T HIE S ON , 1970
) pourrait
compenser laperte
detemps qu’entraînent
la mise au volume dela solution et les transferts. Il faut noter que les
appareils
nécessaires à l’auto- matisation sontgénéralement
assezcoûteux,
dans ce cas.Le
Cr 2 o 3
n’est pas unesubstance-type;
nous avons néanmoins contrôlé la dissolution etl’oxydation
d’une dose de 20 mg deCr,O, (qualité
pouranalyse) ajoutée
à de la cellulose pure : 102,25 p. roo !0,60 (P
=o,95).
La
récupération
d’unequantité
connue deK,Cr,O,
0,02 najoutée
à de lacellulose
pure a été de 99,20 ± o,q.r(P = o,g5).
Si onajoute
cette dose à des fècesbroyées,
on obtientgénéralement
une valeurlégèrement supérieure
à 100 p. 100( 1 -
2
p.ioo),
due à làprésence
de faiblesquantités
demanganèse.
Cette
interférence, qui
ne nous ajamais gênés, peut
être éliminée aisément.Si on étudie par
exemple
la courbe d’excrétion fécale d’une dose deCr,O,
destinée à caractériser le transit
digestif,
la valeur du blanc sera obtenue sur les fèces émises avant administration de cette dose..4cce!té pour publication. en mai 1978.
Summary
A
rapid
volumetvic methodfor
the determinationof
chyomiumsesquioxide
in
leeds, faeces
anddigesta afte y Mt!O!)!!C/!!OytC digestion
A critical bibliographical study induced the authors to present a new technique for the
determination of chromium sesquioxide in samples used in digestibility experiments. Organic
matter is destroyed and chromium sesquioxide oxidized by a mixture of nitric and percliloric
acids in a single operation. After a short ebullition with persulfate necessary to bring all chro-
mium to the hexavalent state, the latter is directly titrated with Mohr’s
salt.
The proposed method is very rapid and precise; the manipulations are reduced to the strict
minimum. Furthermore, use of the glass apparatus proposed by CHAT (1966) completely elimi-
nates the risks resulting from the use of perchloric acid.
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