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Je me prépare. deuxième partie

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Je me prépare

deuxième partie

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Chère Simone,

Cet Ebook est composé de 4 parties, dont tu es en train de commencer la seconde.

Dans cette partie tu trouveras les réponses à tes difficultés à changer, un encouragement concret et percutant à faire de nouvelles expériences.

Tu dois être dans la trentaine, peut-être un peu moins, peut-être un peu plus et tu viens de terminer la partie 1 de cet Ebook Le jour où j’ai décidé de quitter mon célibat. Si ce n’est pas le cas, prends le temps de le lire attentivement, cela va te donner plus d’énergie pour investir la lecture de cette deuxième partie.

Les points de vue abordés ici sont inspirés par les recherches d’Aliette de Panafieu, psychologue et clinicienne.

Je t’encourage vivement à la découvrir en écoutant ce podcast que nous avons réalisé avec elle ou en cliquant sur les liens qui renvoient à ses conférences en ligne que tu trouveras au fil des articles.

Pour Aliette de Panafieu, un couple, c’est une entité à part entière : 1 + 1 = 3, l’autre, moi et le couple.

Il est donc important de connaître son fonctionnement ainsi que ses besoins pour rester soi à part entière dans

le couple. Pour éviter de se fusionner à l’autre et de se perdre dans une relation toxique ou basée dans des jeux de pouvoir.

J’espère que tu vas avoir le courage de traverser toutes les émotions qui pourront émerger au fil de ta lecture.

Cela va te sortir de ta zone de confort.

Et cela va te permettre de sortir de bien des ornières et d’être plus libre pour avancer.

C’est ce que j’appelle être prête.

Être prête, c’est être profondément déterminée à changer et à investir son désir de créer un foyer d’amour. C’est donner une place conséquente à ce projet dans son quotidien, dès aujourd’hui.

Je suis persuadée que si tu te donnes la priorité (comme nous t’y invitons dans la première partie), tu pourras réussir à changer suffisamment pour être parmi les vierges sages et non parmi les vierges folles (cf. première partie : 6 ingrédients nécessaires pour être prête)

Je t’invite à choisir un petit pas par jour pour accompagner cette lecture par une démarche concrète.

Je suis disponible si tu souhaites prendre rendez-vous pour faire un point plus ciblé et déterminer une feuille de route.

Bonne lecture et bravo pour ta démarche de choisir de construire une vie de couple respectueuse et durable !

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Crédits photos : canva.com, Fernando Pereira et Luciane Cabannes Réalisation : Perrine Jossinet - www.krea-com.fr

Sommaire

Qu’est-ce que j’attends ?...

Résistance, quand tu me tiens !...

Jardin secret : la base pour réussir sa vie à deux...

Le meilleur pour tomber amoureuse : l’ancrage...

J’ai envie d’être dans ses bras...

Amour ou dépendance ?...

Le prix à payer pour réussir la vie à deux

et sortir du célibat...

L’attachement a révolutionné ma vie...

Faire confiance, après la violence...

Quand la peur m’aide pour être en couple...

Mes larmes, un tremplin ?...

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Qu’est-ce que

j’attends ?

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Si je m’habille de la même façon, si je fréquente les mêmes lieux, les mêmes personnes, si je reste dans ce que je connais, si je choisis de rester dans “le même”, c’est une illusion de croire que ma vie peut changer.

Si je choisis d’aller plus loin, d’explorer le monde, de changer ma vie, si je veux rencontrer l’homme de ma vie, il est essentiel d’intégrer cette vérité :

C’est une illusion de croire que ma vie peut changer sans faire de nouvelles expériences.

Il ne s’agit pas d’une jolie citation, c’est une vérité.

J’ai déjà passé la trentaine, chaque jour mon horloge biologique tourne, et je suis en train de m’illusionner qu’une baguette magique pourrait venir changer les choses, qu’une fée viendrait tout changer pour moi ?

Je suis probablement endormie, d’une certaine façon, comme Cendrillon ou la Belle au Bois dormant. J’imagine peut-être que quelque chose d’extérieur à moi, une fée, quelqu’un, une rencontre, un déclic, va venir changer ma vie.

Qu’est-ce que j’attends ?

Je crois vraiment que quelque chose de doux, de bon, de spécial, d’important peut se passer dans ma vie, à condition que je prenne conscience que je suis peut-être encore dans cette illusion que ma vie pourrait changer sans agir.

C’est une illusion de croire que ma vie peut changer sans faire de nouvelles expériences.

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Peur de changer ?

En même temps, quelque chose en moi a certainement très peur du changement. C’est pour cela que ce

changement doit être doux, très progressif. Mais il est essentiel. Il est essentiel de désirer et d’agir vers mes objectifs. Pour cela, je vais faire des petits pas.

C’est une illusion de croire que ma vie peut changer sans faire de nouvelles expériences.

Et si je reconnais que je suis pour l’instant dans cette illusion, je me mets en route. Chaque jour, je vais décider : “Quel est mon petit pas pour avancer aujourd’hui ?”

Sans cela, je vais rester dans le scénario de Cendrillon, de la Belle au Bois dormant, qui attendent, attendent et attendent. Attente de quelque chose qui arrive, attente de finir mon contrat, de prendre confiance dans mon travail, d’être mieux dans ma peau, de quelqu’un qui me présente un homme...

Non ! C’est moi qui provoque, c’est moi qui agit !

Bien sûr que ça n’est pas une aventure à vivre seule.

C’est pour cela que nous écrivons, que nous voulons transmettre ce que nous avons déjà reçu, et que nous te proposons de t’accompagner.

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Résistance,

quand tu me tiens !

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Résistance, quand tu me tiens !

… Mais de quoi tu parles ?

A quels endroits ma vie n’est pas celle que je veux ?

En quoi ne suis-je pas satisfaite dans ma vie ? Qu’est-ce qui ne correspond pas à ce que je désire ? Qui n’a pas entendu :

“Belle et intelligente, tout pour plaire, pourquoi tu es célibataire ? ”…

Moi, j’ai d’abord considéré que l’explication était à l’extérieur, et j’avais ce style de remarque à la bouche, que je disais de tout mon cœur : “il n’était pas prêt à s’engager”.

Ce qui a été révolutionnaire, c’est quand j’ai commencé à voir ma part de responsabilité dans l’histoire…

Alors, si nous regardions les choses d’un point de vue intérieur et profond ?

2

J’ai nommé… la résistance !

La résistance au changement est tout ce que je mets en place inconsciemment pour rester dans “le même”, pour

«surtout ne pas réussir».

Oui ! En amour, comme avec les amis, au travail, avec mes revenus, dans mes projets. À chaque fois que je ne trouve pas ma place, je suis dans une forme de loyauté, un

manque de permissions.

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Ah, oui, c’est peut être dur à entendre ! Dur à accepter parfois, parce que cela suppose un début de changement, cela suppose de commencer à quitter la résistance qui me tient au corps.

Une bonne nouvelle

Pourtant c’est aussi une bonne nouvelle :

changer le cours de ma vie est entre mes mains.

Est-ce que je trouve ma place dans ma famille ? Ma fratrie ? Au travail ? Avec mes amis ? Est-ce que j’en suis satisfaite ?

À quels endroits je ne trouve pas mon compte ? Je suis frustrée ? Je ne sais pas dire non ? Je finis par porter plus que ma part ? Je suis au service des autres plutôt que moi d’abord ?

… Voilà autant de formes de résistance.

Mon héritage

Plongeons donc dans les messages familiaux, ceux de ma mère, mes tantes, mes grands-mères, arrières grands-mères.

Qu’est-ce qui m’a été transmis sur le féminin ? En rapport avec les hommes, le sexe, les enfants, le travail, la réussite ?

Messages par les mots, par les sous-entendus, les exemples de vie.

Ils sont tous pareils.

Les hommes en veulent à ton corps.

Le sexe, c’est sale.

Mère au foyer, voilà ce qui convient.

Me sacrifier pour mes enfants, c’est normal.

Soit je fais “comme”, et mes expériences confirment ces message. Soit je fais “contre”, et tout va venir en prendre le contre-pied.

Alors, si je regarde ma lignée : à quoi je suis programmée ? En quoi je suis encore loyale à l’histoire des femmes de ma

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11 lignée ? Si elles ont été des femmes soumises, victimes,

prisonnières de leur mariage, des femmes sacrificielles, je suis dans le risque, à mon tour :

d’aller vers des relations impossibles,

ou de faire le choix de rester célibataire pour ne pas vivre ce qui ont vécu ces femmes. Ma place dans ce clan serait alors de dire au monde qu’elles ont raison, qu’il n’existe pas de vie conjugale heureuse,

ou encore de rester la petite fille de ma mère, pour avoir la place qu’elle m’a donnée : née pour être près d’elle, jusque dans sa vieillesse.

Sarah, dans Love Actually, m’a serré le cœur, quand on la voit rester dans “le même”, loyale, plutôt que choisir Karl, cet homme qui brûle pour elle.

Pour aller plus loin :

Comment me débarrasser de mes résistances pour être en couple ? [podcast]

Ou pour dire les choses autrement, comment libérer mon désir d’être en couple ?

... j’ai nommé la CRÉATIVITÉ !

Je sais que je viens de prendre le risque de vous voir maintenant passer votre chemin, en pensant que ce n’est pas pour vous, que ça n’a rien à voir, que si c’était si simple ça se saurait...

Eh bien, détrompez-vous !

Ecoutez plutôt : comment me débarrasser de mes résistances pour être en couple ?

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J’ai rencontré une amie, il y a pas longtemps, qui m’a inspirée pour cet article.

Jardin secret :

la base pour

réussir sa vie

à deux

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Jardin secret : la base pour réussir sa vie à deux

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J’ai habité aux USA pendant un an. Quand j’ai compris que ma place était en France, j’ai décidé de rentrer à Paris où j’avais déjà vécu dix ans. À mon retour, j’ai senti le besoin de faire un travail émotionnel. Ma mère était décédée depuis huit ans et je sentais qu’il me fallait boucler ce deuil. J’ai eu la chance de trouver exactement ce dont j’avais besoin, un lieu extraordinaire où j’ai pu apprendre énormément sur moi et relire ma vie, en étant accompagnée.

J’ai appris notamment à m’occuper de mon jardin intérieur

Mon jardin secret. Ma première surprise a été de découvrir que j’avais la responsabilité de prendre soin de cette

terre inconnue à l’intérieur de moi. Tout comme un vrai jardin où j’ai à prendre soin du sol, enlever les mauvaises herbes, soigner les plantes, les arroser et protéger cet espace des malvenus. J’avais à élaborer mon histoire.

L’intimité indique une clôture, une frontière à ne pas dépasser.

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Elle est réservée à soi-même ou à certains, qui font partie des proches. Les autres, les étrangers en sont exclus, à moins d’y être explicitement conviés.

« Une grande partie de notre existence est consacrée à acquérir une intimité, puis à la défendre ou au contraire à la partager. Mais qu’est-ce que l’intimité ? Comment l’adolescent conquiert-il son espace propre ? Comment, plus tard, tisse-t-on une intimité au sein du couple, puis de la famille, tout en préservant son territoire personnel ?

Voilà qui devrait permettre à chacun de mieux comprendre les bases mêmes de l’identité, mais aussi des liens conjugaux et familiaux.»

Robert Neuburger, Les territoires de l’intime

C’est donc ce que j’ai commencé à faire. Relire mon passé, identifier les deuils incomplets, exprimer mes émotions bloquées – douleur, chagrin, peur, colère, etc. –, élaborer mon histoire depuis le commencement, reconnaître les lieux qui avaient été piétinés par de la violence... entreprendre ce travail ardu mais salutaire de la réparation. Souvenirs, modèles, permissions, souffrances, hontes et réussites, voilà tout ce que j’ai pris soin d’élaborer.

Avoir un jardin secret et s’en occuper n’était pas du luxe,

c’était un besoin qui s’imposait.

Définir les distances, les frontières

J’avais déjà entendu parler du besoin d’avoir une

certaine distance avec les personnes, pour mieux les respecter, mais je ne savais absolument pas distinguer à qui partager les différentes expériences de ma vie présente ou passée. Je ne faisais pas la distinction entre ami intime et connaissance. Le premier venu pouvait me poser une question intime, je me sentais dans l’obligation de lui répondre. De même avec une amie proche, je ne savais pas lui dire non, simplement :

“Je ne veux pas parler de ce sujet, c’est trop personnel.”

J’ai appris par la suite à garder la bonne distance. Mais cela m’a coûté bien des confusions et de l’agacement : je ne voulais pas avoir à dire non, je voulais qu’on ne me pose pas de questions.

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15 Ce qui m’est encore difficile, c’est de fermer la porte

de mon jardin à des personnes avec qui je ne veux pas parler d’un sujet intime. Ça m’arrive encore aujourd’hui d’initier une conversation sur un sujet et ensuite, quand la personne commence à me poser plein de questions, argh !!! Je réalise que je ne voulais pas parler de ça, je me sens empêtrée pour fermer la porte sans que cela soit de la manipulation.

Au début, mon jardin secret était à l’abandon, dans une sorte d’isolement affectif. Il y avait des endroits en friche, certains étaient comme du compost qui

pourrit, d’autres étaient endurcis et asséchés. Personne n’y entrait. Un mur continu enfermait mon jardin et moi-même, je n’y entrais pas.

L’anesthésie

C’est ensuite que j’ai fait la découverte de l’anesthésie, ce mécanisme de protection qui permet de ne pas sentir, pour ne pas souffrir. J’étais dans un état de survie plutôt que de vie. J’ai donc appris à vouloir être vivante !

100% vivante, et pour cela je devrais prendre ma responsabilité et m’occuper chaque jour de mon jardin. Accepter sa dure réalité, traverser des tourbillons et d’autres moments douloureux. Ma chance, c’était de faire tout cela en étant accompagnée.

Ma première action

Pour me donner le droit de reconstruire mon identité et mon autonomie, j’ai décidé d’aller au cinéma seule et de ne le dire à personne. C’était simple, et pourtant très difficile. Ma tentation était de dire et de dire tout ce que se passait dans ma vie à tout le monde.

J’ai aussi beaucoup écrit, dans mon journal et dans des cahiers d’exercices. C’est peut-être pour ça qu’aujourd’hui je vous écris, à force d’écrire et réécrire, je suis devenue familière de la plume !

J’ai appris sur moi et mes besoins, j’ai mis des mots sur des non-dits et j’ai découvert qui j’étais, ce que je voulais vraiment pour ma vie.

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J’ai appris à prendre ma vie à bras le corps

J’ai choisi d’aller vers l’autonomie. En vous écrivant, je me dis qu’étant déjà dans la vie adulte et active, ça a l’air presque un peu absurde. Ça fait longtemps que ma vie, c’est moi qui la décide ! Mais quand il s’agit de jardin secret, j’ai vite compris que c’est du blabla de dire ça. Ce lieu sacré est envahi par les désirs des autres et c’est à moi d’enlever toutes ces mauvaises herbes. Aucune ne partira d’elle même, par un coup de baguette magique.

Apprendre à ouvrir et fermer la porte, ce n’est pas un geste naturel, c’est un apprentissage et un devoir.

Si je pense à “territoire intime”, je pense à...

ma chambre

mon état émotionnel

le travail sur moi, en étant accompagnée

mon état de santé, mes gros et petits bobos (si j’ai une maladie, à qui je partage?)

mon bilan professionnel

mes coups de cœurs

mes compulsions et autres troubles, ce dont j’ai honte

mes névroses, mes tics

ma fortune ou mes tracas d’argent

... et je compte sur mes doigts les amis intimes, il s’agit de 3, 4, 5 personnes avec qui je partage un peu de cela.

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Le meilleur pour tomber amoureuse :

l’ancrage

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Voici un des ingrédients les plus importants de mon existence, ce qui m’a donné l’élan vital, essentiel pour tomber amoureuse et m’engager dans l’aventure du couple : l’ancrage.

Oui, ce mot barbare contient une sorte de révélation qui m’a plus d’une fois servi de guide pour sortir de la survie et me mettre en contact avec la vie.

“Prenons un arbre. Il a des racines, un tronc, des branches et des feuilles. Avec ses racines, il puise dans la terre, entre autres, les nutriments dont il a besoin. Il tire donc de la terre une partie de l’énergie qui lui est nécessaire.”

Marie-Françoise Neveu

Le besoin d’ancrage est un besoin de créer des racines,

d’aller vers le sol, de s’incarner.

J’étais en mode survie

Pendant des années, je ne sais pas à quand cela remonte, je me suis contentée de survivre. Est-ce que cela te parle ? Oui ? Comme si la vie n’était pas assez attirante pour que je m’y ancre.

Je survolais mon existence, en mode métro, boulot, dodo.

Le meilleur pour tomber amoureuse : l’ancrage

4

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19 J’étais anesthésiée. Au fond, j’avais tellement peur de

souffrir qu’à un moment donné, sans m’en rendre compte, j’avais préféré ne plus rien sentir. J’étais dans un tel état, qu’au moment de mon arrivée en France, en 1998, (oui oui “3-0”, tu vois, je lis aussi dans les pensées ;) ) j’ai remarqué que les gens se mettaient en colère… (pourtant, la France avait gagné !) J’étais étonnée de découvrir ce vocabulaire : “j’en ai marre, j’en ai ras le bol, j’en peux plus, …” et d’autres expressions qui s’entendent parfois !

Mais moi, depuis très longtemps, je m’étais coupée de cette émotion.

Un vélo dans la tête

Je faisais des études théoriques poussées, un master, puis un doctorat, ce qui ne m’aidait pas du tout à

m’ancrer dans le réel, à être dans l’ici et le maintenant.

Moi, j’avais plutôt un vélo dans la tête qui ne s’arrêtait pas, j’étais coupée de mon corps et j’en venais à avoir

mal au dos à certains moments (petites pensées de gratitude à mon ostéo).

Ma vie sociale était comme ma vie intérieure, un peu désincarnée. Je n’avais pas d’amis intimes avec qui partager mes peurs et mes tristesses, du coup, je sublimais mes émotions ou je les relativisais : “Il y en a qui sont plus malheureux que moi, je n’ai pas le droit de pleurer pour ça.”

Rester soi-disant disponible

J’avais aussi un vilain défaut, je pense qu’il y a plus d’une femme va se reconnaître ici, je ne faisais pas trop de projets à long terme, en prétextant que je voulais garder une disponibilité, si jamais je rencontrais quelqu’un entre temps... Douce illusion qui me mettait souvent en panne de plan pour les vacances. Et pour compenser cela, j’embarquais à la dernière minute dans le projet d’un autre… à moins de rester sans projet, le bec dans l’eau.

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Décalée

J’avais aussi, sans m’en rendre compte, ce que j’appelle aujourd’hui des crises de régression. Je pouvais parler à des adultes déjà installés dans la vie professionnelle, qui avaient le même âge que moi, comme si j’étais une enfant, avec une voix ou des expressions d’enfants.

J’étais aussi souvent à côté de la plaque, comme si je n’avais pas le manuel d’instruction de la vie adulte.

Manque de code, que je retrouve aujourd’hui chez certaines femmes célibataires : grand débit de parole, manière de s’habiller décalée, ou encore fuite spirituelle…

Je n’étais pas encore dans ma vie

Je suis une femme pour qui prier est important, mais à ce moment-là, sans m’en rendre compte, j’étais dans une overdose, presque au point de me faire quitter la vraie vie. Je pouvais méditer une heure par jour et ne pas prendre le temps d’organiser mon emploi de temps ou pour investir mon projet professionnel. Cette façon de me la couler douce me coûtait très cher, car j’étais très souvent dans une situation précaire, passant

de petit boulot en petit boulot, sans vraiment me mouiller dans un poste à responsabilité qui aurait correspondu à mon niveau d’étude et à mes capacités.

Je me souviens très bien du jour - j’avais 25 ans -, où je me suis retrouvée dans un groupe de filles du même âge, qui travaillaient dans le secteur bancaire, et qui parlaient de leur plan de retraite. J’étais choquée de les entendre parler de ce sujet si éloigné de notre âge.

Pourtant, elles étaient en train de se projeter, alors que moi, je vivais dans une sorte d’inconscience. Moi, j’étais incapable de me projeter, je n’étais pas encore dans ma vie. Je ne signais pas encore ma vie... En revanche, je pouvais passer des heures à lire des livres de spiritualité et m’imaginer sauver la planète.

Cette époque de ma vie est bien révolue !

Ouf ! Je suis bien plus ancrée aujourd’hui, mais je ne suis pas encore totalement hors de danger.

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21 Cette habitude de fuir la vraie vie et de la survoler peut encore revenir. Et là, je me rappelle tout le chemin parcouru et

je mets en place mes outils incroyables qui m’aident à être vraiment vivante !

Peut-être que vous êtes en train de me dire : “Merci pour ce partage, cela me parle… Maintenant, dis-moi

comment retrouver cet élan vital. Comment me sentir vivante ? Comment être capable de tomber amoureuse ?“

Alors, voici plusieurs pistes qui répondent à ces 3 questions

Sentir : le monde sensoriel m’a vraiment aidée à avancer. Me faire masser et me masser moi-même, sentir mon corps, parfois un peu négligé et très souvent inconnu. Je ne le regardais pas souvent, je ne savais pas à quoi il ressemblait vraiment, j’avais du mal à identifier que j’avais une masse corporelle trop importante pour ma taille. Je pense aussi à la pâte à modeler avec laquelle je jouais avec les enfants des amis ou pendant mes baby-sittings. Une balle anti-stress dans la main peut aussi faire l’affaire et nous ramener à cet “ici et maintenant”.

Être avec des enfants, proposer mes services de babysitting ! Ce n’est pas possible de rester tout le temps avec un vélo qui tourne en rond dans la tête si je suis avec des petits enfants qui me sollicitent.

Ils me mettent immédiatement dans le temps présent. Ils ont une capacité à se connecter avec la réalité, c’est étonnant ! Un élan vital tout frais, surtout les enfants qui n’ont pas été abîmés par une éducation trop sévère.

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Regarder dans les yeux. Oui, j’avais cette fâcheuse habitude d’éviter les regards. Alors, je me suis mise à regarder ! J’ai commencé par prendre le temps de regarder les yeux des enfants, des personnes avec qui j’étais en relation, poser mon téléphone et passer un temps de qualité avec eux !

Créer des relations vraies, avec des personnes avec qui je peux partager mon intimité et me sentir en confiance pour pleurer ou pour dire ma colère. Je me souviens de la première fois où j’ai pu exprimer ma colère avec une copine. Jour mémorable. Moment fort en attachement.

Marcher, respirer en plein air, sentir le vent sur ma peau, réaliser qu’il y a des oiseaux qui chantent, comme sait le faire Alexandre le bienheureux.

Faire du repassage. Oui, c’est magique ! Si je suis dans la tête pendant le repassage, mes vêtements vont être tous brûlés ! Du coup, je suis obligée d’être bien ancrée !

Danser, taper des pieds. Marie-Françoise Neveu, spécialiste des enfants “actuels”, encourage à pratiquer des danses où l’on tape des pieds, comme dans la zumba, la danse africaine, les danses brésiliennes, les danses folk, la danse contemporaine… qui permettent d’aller vers le sol, donc de s’ancrer.

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J’ai envie d’être

dans ses bras

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5

Quand j’étais petite, je me disputais avec mon frère pour rester sur les genoux de ma mère ou pour rester dans ses bras, il était un petit peu plus âgé que moi et si je le voyais dans les bras de ma maman, je faisais tout pour prendre sa place. Ce besoin d’être dans les bras, dans du chaud, est naturel et bon. J’adore rester des heures scotchée à mon homme. En même temps, je suis tout à fait capable de passer 5 jours en vacances sans lui et de me sentir bien ainsi... J’ai bien changé !

Je rentrais dans le désir de l’autre

Avant l’âge de 35 ans, avant de rencontrer mon mari et d’avoir fait un travail sur moi, je ne connaissais pas mes besoins individuels, ni ceux du couple :

J’ai envie d’être dans ses bras

... et j’ai besoin de me séparer !

je rentrais systématiquement dans le désir de l’autre (voilà ce qu’est la dépendance : rentrer dans le désir de l’autre). Je ne connaissais pas les codes d’une relation amoureuse durable, j’enchainais les histoires ratées et je restais toujours avec ce petit goût amer de croire que je n’étais pas aimable.

J’étais dans la dépendance

Avec du recul et quelques années de formation et de travail sur moi, je vois que ça n’a rien à voir avec le fait d’être aimable ou pas. En fait, j’étais incapable de reconnaître mes besoins dans la relation, ainsi que ceux de mon amoureux, ni de me respecter. Dans Ces femmes qui aiment trop, de Robin Norwood, on voit des femmes comme moi, bien gentilles, généreuses,

(25)

25 avec des hommes qui ne leur conviennent pas, mais elles

ne le voient pas, elles ne savent pas se respecter ni se faire respecter.

Tout comme moi avant : je devenais dépendante de l’autre au lieu de l’aimer, je faisais n’importe quoi pour lui, pour que ça marche. Pour ne pas trop le frustrer.

Besoin de distance

J’ai eu besoin de faire une prise de conscience radicale :

j’ai besoin de prendre de la distance par rapport à l’autre

.

Même si j’ai un plaisir fou à rester scotchée à lui, dans une fusion délicieuse, cela ne peut pas durer trop

longtemps. Si j’insiste pour rester avec lui alors que notre rendez-vous devrait être terminé depuis longtemps, je risque de le payer très cher.

Tu me diras : “Quel mal à annuler mes rendez-vous pour rester un peu plus avec mon chéri, surtout s’il s’agit d’un amour naissant ?”

Je peux te répondre ici : tu prends le risque de transformer ce qui est délicieux au début en

poison. Ce plaisir rapide a le même fonctionnement que les drogues et la mal-bouffe : sur le coup c’est très bon et après cela laisse des traces difficiles à se débarrasser.

Petit à petit, je ne sais plus qui je suis dans la relation ni quelles en sont les limites.

Je manquais terriblement d’autonomie

Combien de fois je me suis retrouvée dans cette situation de rester avec mon ami au lieu d’aller à des rendez-vous, d’avoir une démarche à faire, sans arriver à lui dire que je devais partir.

Au fond, j’avais un souci d’estime de moi. Un écrivain disait un jour, que les femmes “pots de colle”, sont des femmes sans beaucoup d’estime d’elles-mêmes. Je réalise que c’est bien possible qu’il ait raison là-dessus.

Quel conflit intérieur ! Quelle confusion ! J’avais

l’impression d’avoir un besoin sans fin d’amour, alors que ce que j’appelais amour était en fait

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de la dépendance affective et que je n’étais pas capable d’aimer vraiment. L’autre devenait vite objet de mon désir et non sujet. Je ne me respectais pas, en disant oui à tout, incapable de dire non et de poser des limites.

Ce manque d’autonomie était aussi valable dans d’autres

domaines de ma vie. Les différents petits boulots que j’ai eu témoignent aussi de cette difficulté à me prendre en main à 100%. Dans Le complexe de Cendrillon, de Colette Dowling, nous voyons clairement cela chez la majorité des femmes, dans notre société, éduquées pour être dépendantes.

“Et ensuite ?”

… allez-vous me demander, “quelle est la suite de l’histoire, une fois que j’en ai un peu plus conscience, qu’est-ce que je fais ?”

Pour moi, une fois ce chemin fait, j’ai pu accepter ces moments d’éloignement avec mon amoureux et construire le couple qui est le nôtre aujourd’hui. Pour éviter de reproduire le couple de mes parents, je suis allée voir d’autres modèles.

Je sais aujourd’hui que je suis dans ma relation à mon mari en tant que personne à part entière, il n’y a pas de confusion entre lui et moi, il y a bien 3 entités : un homme, une femme et un couple. Chacune d’elle mérite du respect. Et je connais le bénéfice de vivre la frustration de se séparer de temps en temps, qui est bien plus grand que celui de rester dans la fusion. Quand nous sommes ensemble, c’est délicieux et quand nous sommes séparés ce n’est pas un traumatisme. Finalement, j’adore ce manque qui s’installe car nous savourons ensuite nos retrouvailles et nous sommes renouvelés dans notre couple.

La suite est simple :

sortir de la passivité

décider de vivre autrement ses relations

demander de l’aide

investir pour acquérir cette autonomie.

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Amour ou dépendance ?

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Découverte révolutionnaire

J’ai vécu une révolution le jour où j’ai entendu pour la première fois qu’amour et dépendance ne sont pas compatibles.

Amour et dépendance ne sont pas compatibles.

Si je suis dans la dépendance, ce n’est pas la peine de continuer à croire que je suis en train de vivre une histoire d’amour. Non, ça n’en est pas une !

C’était en écoutant Aliette de Panafieu que j’ai découvert cela, lors d’une conférence que vous pouvez retrouver par ici : Aimer, verbe intransitif.

Dire qu’amour et dépendance ne sont pas compatibles guérit et libère beaucoup de femmes (et d’hommes !) de l’idée qu’elles (qu’ils) ont raté une relation.

Amour ou dépendance ?

6

Oui ! Quel intérêt de prolonger une relation de dépendance ?

Je peux juste dire que, si je ne suis pas dans l’amour, je n’ai pas raté de relation. Heureusement qu’elle a tourné court ! Quand deux personnes sont dépendantes affectivement, la relation entre elles va de mal en pis.

Bien sûr, nous ne sommes jamais autonomes à 100% ! Il y a toujours dans nos vies une envie de chocolat, un besoin incontournable de prendre un café pour démarrer sa journée… Mais construire une vie de couple stable et durable, basée uniquement sur une relation de dépendance est quand même très regrettable !

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29

Et c’est tant mieux, si je me suis mariée tard !

Si je regarde en arrière, je ne peux que me réjouir de m’être mariée sur le tard, après avoir fait cette découverte qui a transformé mon rapport à la vie. Je suis aujourd’hui capable de vivre facilement une juste distance avec mon mari, sans tous les drames que j’ai connus dans mes anciennes histoires.

Amour = confiance

Dans l’amour, je suis dans la confiance et dans une juste distance. Même si l’amour naissant débute avec la fusion initiale (j’aime passer du temps avec l’autre, je voudrais que ça soit éternel…), ces séparations ne me dévorent pas pour autant, ne me laissent pas malade. Je suis dans un respect de l’autre, non dans la captation ou la possession. Je respecte son jardin secret et son intimité.

L’intrusion n’est pas un petit détail

Je pense à ces femmes qui, prises en flagrant délit de fouiller dans la vie privée de leur homme (leur profil Facebook, leurs messages sur son téléphone), font un sourire en disant : “C’est juste de la curiosité, c’est rien !”

Si ! C’est en fait de l’intrusion, surtout si l’autre ne le sait pas. Or, qui est intrusif dans les petites choses est intrusif dans les grandes.

… la fusion du début de la relation ne fait que grandir, au point de me laisser dans un désarroi et une angoisse permanente, qui serait : “Je ne peux pas vivre sans toi”.

Je guette mon téléphone, je lui envoie trois messages par jour, s’il me fait une remarque ou un commentaire sur mon apparence, je récupère cela soit comme un reproche (et je souffre le martyre), soit comme un ordre de sa part et je change toute ma garde-robe, ma coiffure pour lui

Quand je suis dans la dépendance

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plaire coûte que coûte, même si ce faisant, je perds mon identité et ma singularité.

Je pense particulièrement à ces femmes mariées, qui après leur mariage s’habillent exactement comme leurs belles- sœurs...

Bref, amour et dépendance ne sont pas compatibles !

Il est grand temps de prendre cela en compte pour construire un nouveau modèle de vie de couple, plus respectueux, plus juste (plus ajusté), plus adaptée à la vie d’aujourd’hui.

… Alors, amour ou dépendance ? La prochaine fois que j’aurai la boule au ventre pour un rendez-vous amoureux, je pourrai me demander si je me place du bon côté : amour ou dépendance ?

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Le prix à payer pour réussir la vie

à deux et sortir du célibat

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Je ne sais pas comment parler de ce sujet si délicat, sans brusquer les cœurs sensibles, sans brusquer celles qui pensent qu’elles peuvent tout avoir sans rien perdre ou sans avoir à investir énergie, temps, argent pour changer.

En fait, toi - qui me lis - et moi-même, nous sommes à la même enseigne :

Si je veux changer ma vie, obtenir ce qui me tient à cœur, j’ai un prix à payer.

C’est valable dans chacun des domaines de ma vie.

Une situation concrète

Le prix à payer pour réussir la vie à deux et sortir du célibat

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“Je vois l’ambivalence dans laquelle tu es, tu veux et tu ne veux pas. Tu veux avancer vers une vie de couple durable et en même temps, tu ne veux pas en payer le prix très cher, qui sera peut-être de faire le deuil de la relation actuelle.

J’entends que tu es dans un entre-deux : ta situation n’est ni assez mauvaise pour que tu partes sans regret, ni suffisamment bonne pour que tu puisses t’y installer.

J’imagine que tu te sens un peu coincée.

Si je peux me permettre de te partager mon expérience, sans doute différente de la tienne, avant de rencontrer l’homme qui est mon mari aujourd’hui, j’ai eu deux ou trois longues histoires avec des hommes qui ne voulaient pas s’engager.

J’ai fait un commentaire sur un forum pour donner quelques options à une jeune femme qui voulait voir plus clair dans sa situation. Voici le contexte : elle est en couple depuis 4 ans avec un homme qui ne veut pas assumer leur relation, il dit qu’ils ne sont pas officiellement en couple, il ne veut pas s’engager. Elle n’est pas satisfaite, mais elle est trop attachée pour le quitter.

Voici le commentaire que j’ai écrit pour elle, je le publie car je pense que plus d’une d’entre nous pourra se reconnaître.

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33 Aujourd’hui je réalise qu’en réalité je n’étais pas capable d’aimer vraiment et surtout,

que je ne pouvais pas changer ces hommes.

En revanche, j’étais la seule aux commandes de mon navire, et moi seule, je pouvais donner une nouvelle direction à ma destinée en me donnant le droit de vivre quelque chose de mieux. J’ai pu me mettre en route en demandant de l’aide à des professionnels, puis une fois prête, ça s’est passé comme par magie, je suis tombée sur la bonne personne pour moi, facilement, rapidement ! Mieux encore : c’était réciproque et la relation était simple dès le départ. Au fond, je reconnais aujourd’hui que c’était moi qui avant tout, ne me donnais pas le droit de vivre une relation amoureuse 100% bonne pour moi.

Alors voici mon invitation pour toi : prends soin de toi, découvre tes passions, ta vocation, multiplie les activités qui te plaisent. Découvre quel est ton axe et deviens naturellement séduisante au point que ton homme se dise qu’il ne peut pas perdre cette femme exceptionnelle que tu es. Et là, peut-être, c’est toi qui ne lui trouveras plus trop de charme et qui seras attirée par d’autres styles d’homme, plus respectueux et plus attentifs à tes qualités !”

Des avantages dans le

célibat ? Ai-je vraiment envie de sortir du célibat ?

J’ai partagé avec vous ce commentaire sur une situation particulière, mais il y en a bien d’autres où nous sommes bloquées car nous ne voulons pas payer le prix pour changer.

Je pense tout simplement aux avantages du célibat

(même si on en a parfois marre d’être célibataire) : quand on voit nos copines jeunes mariées qui se disent coincées chez elles sans pouvoir aller prendre un verre le soir, car elles ont un jeune bébé ou un mari très casanier, on se dit au fond qu’on est bien mieux en restant “libre” ! Vraiment ? je demande à voir ça ! Je ne vois pas tant la liberté qu’une fuite de la vraie vie.

Nous sommes très souvent dans cette illusion que nous pouvons changer de vie sans rien donner en contrepartie.

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Ma vie de célibataire vs ma vie de famille

Quand j’étais célibataire, j’avais un groupe de copains, je m’engageais dans des actions associatives au point de n’avoir qu’une seule soirée libre dans la semaine, et parfois je recevais les copines à la maison après 22h pour parler de mon association ou pour faire un temps de créativité (vidéo, thé gourmand, organisation d’un événement ou juste partager nos bobos de cœur). Ma porte était tout le temps ouverte aux copines. J’avais un emploi de temps de ministre et cela me convenait très bien.

Quand j’ai commencé à vivre avec mon mari, tout a changé. Il fallait vérifier s’il était disponible pour recevoir la foule dans notre 35 m², le nombre de mes soirées ouvertes a été divisé par trois, j’ai gardé deux soirées d’engagement par semaine, ce qui était déjà énorme.

Quand j’ai eu ma fille aînée, les choses ont encore évolué, je recevais uniquement mes amis intimes, je

n’avais plus d’engagement en soirée, mais des sorties en journée, durant mon congé maternité.

Puis mon emploi du temps a été totalement organisé en fonction de ma fille, car durant sa première année nous avions choisi de lui donner la priorité.

J’ai fait un choix qui me convenait et j’ai eu un prix à payer. Je m’étais déterminée à sortir du célibat. J’ai réalisé que ma vie ne serait plus comme avant. Il y a eu un deuil à vivre, j’ai senti le chagrin de ne plus avoir cette façon de mener ma vie de célibataire, pour accueillir et m’investir dans ma vie de couple et de famille.

Un choix par défaut ?

Il y a des femmes qui peuvent rester dans l’idée qu’elles ne peuvent pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Je pense à une amie proche de moi, 50 ans, célibataire, qui m’a partagé qu’elle ne se voyait pas en couple, avec quelqu’un qui lui donnerait

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35 des ordres, qui la gênerait au lit ou qui augmenterait ses

tâches ménagères. J’étais choquée par sa représentation de la vie du couple. Bien sûr que si tu vois uniquement ce que tu dois donner en contrepartie, et les changements dans la vie quotidienne, tu vas te dire que c’est trop cher payé, que c’est plus simple de ne pas se marier, de ne pas avoir d’enfant, que tu te contentes d’avoir juste de temps en temps une relation sans engagement.

Voir en plein plutôt qu’en creux

Pourtant, il y a un bénéfice, il y a quelque chose de bon, de doux, un avantage que je reçois en échange de mon investissement. C’est un choix gagnant-gagnant ! Si ça n’était pas le cas, moi aussi je regretterais ma vie de célibataire ! … À deux, c’est mieux !

Et si tu crois que tu as tout ton temps pour trouver

l’âme sœur, pour fonder une famille, pense à ton horloge biologique pour te booster ! Sans cela, sache que tu risques de payer un prix élevé, pour le coup !

Envie ou besoin ?

Je me souviens encore du jour où j’ai entendu dans une conférence d’Aliette de Panafieu que nous avons envie d’ordre et besoin de désordre.

Envie d’ordre et besoin de désordre.

Grande révélation ! C’était une illusion de croire que pouvais maintenir ma maison en ordre et bien propre comme quand j’étais célibataire dans 17 m², alors que j’avais maintenant deux filles, un mari et que nous vivions dans 75 m² ! Le prix à payer était d’accepter de vivre avec le bazar de temps en temps ou d’investir dans l’emploi d’une femme de ménage ou de trouver une meilleure organisation de l’espace. Je me souviens de tous les aménagements que nous avons essayés pour diminuer le désordre : (trop) peu de résultats !

Voilà le prix à payer, pour rester dans une relation

respectueuse avec nos filles et les voir grandir bien vivantes.

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Franchement je préfère éviter les menaces, les

chantages, les punitions à gogo, les cris sur mes enfants pour qu’elles rangent. Je mets la priorité sur la relation plutôt que sur le fait d’avoir une maison bien propre et en ordre !

J’ai réalisé que ma vie ne sera plus jamais comme avant et cela me plaît !

Pour moi c’est devenu facile, j’avais fait un travail sur moi, j’en avais vraiment assez de vivre seule, je venais d’une famille nombreuse et j’avais hâte d’avoir du monde dans ma maison.

Mais auparavant, j’ai dû exprimer toute ma colère et accueillir tout l’inconfort émotionnel de perdre des choses auxquelles j’étais attachée comme la porte toujours

ouverte aux amis, la souplesse de mon emploi du temps

ou encore, sur un plan plus profond, l’image que je donnais à voir auprès de ma famille d’origine et dans mon milieu.

J’ai aussi mis beaucoup d’énergie pour sortir d’une posture de victime, liée à ma représentation de la vie à deux : ce n’est pas parce que je fais le ménage et la cuisine que je suis victime de mon mariage.

Bonne nouvelle :

Accepter de payer le prix, de

renoncer à notre confort de

célibataire, nous rend plus

vivantes.

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L’attachement

a révolutionné ma vie

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L’attachement a révolutionné ma vie

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Être capable d’attachement

As-tu déjà entendu quelque chose à ce sujet ?

La découverte de l’attachement a été lumineuse pour moi, il y a eu un avant et un après.

Je ne savais rien sur ce concept, je ne connaissais ni son importance ni ne savais comment faire pour réussir à être dans l’attachement avec un homme. J’avais plus de trente ans, j’avais des amis, des collègues, beaucoup de connaissances par une association à laquelle

j’appartenais, une famille nombreuse, des activités de bénévolat… et pourtant tout ce monde n’était pas suffisant pour que je puisse sentir en moi l’énergie pour m’attacher.

Ah ! il faut aussi que je vous dise je pouvais me

retrouver au milieu d’une foule et malgré cela me sentir

terriblement seule.

Alors, je vais vous donner un aperçu de ce qu’est l’attachement, en vous parlant de mes découvertes.

Je vous rappelle que ce dont je parle ici n’est pas

l’attachement malsain aux choses matérielles, il s’agit de l’attachement qui me permet d’être vivante et en bonne santé !

C’est un besoin VITAL

La première découverte, c’est que nous avons depuis le ventre de notre maman un besoin vital de proximité et de nous sentir attachés.

Il s’agit du besoin que quelqu’un prenne soin de moi, que quelqu’un se préoccupe pour moi. Cela crée une sensation de chaud au fond de moi, une sécurité profonde.

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39 Quand ma mère me parlait, quand j’étais dans son ventre

et quand j’étais dans ses bras ou dans son lit lors de mes premières nuits, je créais d’une manière douce et invisible une sécurité et une capacité à être en relation et à me sentir bienvenue sur terre.

De 0 à 99 ans, nous avons tous besoin de proximité, de contact physique, de nous sentir dans l’attachement avec d’autres.

Ce qui m’a fait peur la première fois où j’ai entendu parler de l’attachement, et qui m’a aidée à prendre ce besoin au sérieux, c’était que je ne savais pas répondre à la question : “En cas de coup dur, qui appelles-tu pour demander de l’aide ?”

Pour commencer, je répare !

La deuxième découverte a été celle de l’importance de réparer mon manque d’attachement à moi-même et ma difficulté de m’attacher aux autres qui en découle.

J’avais du mal à prendre soin de moi, à investir du temps et de l’argent pour mes besoins personnels.

Je me disais qu’il fallait d’abord que je pense à mes études, à m’installer correctement, au budget de mon prochain voyage pour visiter ma famille au Brésil, et puis à payer mon loyer, ma nourriture, mes charges…

Me donner la priorité et investir dans mon

développement personnel, c’est arrivé seulement à 33 ans.

Ce qui m’a beaucoup marquée, c’est d’entendre Robin Norwood, dans Ces femmes qui aiment trop, qui dit, en substance :

Tant que je ne me donne pas la priorité, je vais continuer à dépenser mon argent et mon énergie pour tenter de sauver des personnes de ma

famille.

Cela m’a beaucoup parlée, car j’étais souvent inquiète pour mes sœurs ou pour d’autres personnes de ma famille d’origine.

Sans m’en apercevoir, j’étais occupée

mentalement et émotionnellement par leurs vies, leurs difficultés, leurs angoisses.

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Me séparer de ma famille d’origine

Ma troisième découverte a été celle de mon besoin de me séparer, de mettre MA vie au cœur de mon existence et de m’éloigner de ma famille d’origine.

Me centrer sur ma propre vie était quelque chose dont je n’étais pas capable et le besoin n’était pas

suffisamment pressant. Je ne savais pas comment faire, je ne me donnais pas non plus la permission de le faire.

En creusant, j’ai vu que j’avais terriblement peur d’être exclue du clan familial.

Le cycle de la vie va de l’attachement à la

séparation : je m’attache, je me sépare, je m’attache à nouveau... Si je suis bien attachée à ma mère, à ma famille d’origine, à un moment, dans ma vie adulte, je vais décider de me séparer, de dire au revoir, de faire le deuil de ce que je ne serai plus, pour m’attacher au couple que je vais fonder, la famille que je vais

construire. Je ne serai plus seulement fille, je vais être épouse et mère.

Si je suis en manque d’attachement avec ma famille d’origine, je ne peux pas me séparer. Je suis dans le détachement. Cela se repère facilement : l’attachement fait sentir du chaud et la sensation d’être aimable, alors que le détachement fait sentir du froid dans la relation.

Prendre soin de moi

La dernière découverte, non la moindre, c’est que tant que je n’investis pas de l’énergie pour prendre soin de moi, de mon apparence, de mes besoins de femme adulte, je ne serais jamais capable de prendre soin d’un autre de manière respectueuse.

Alors que je pense m’intéresser à l’autre et prendre soin de lui, d’elle, je suis dans une démarche de sauvetage, c’est-à-dire de contrôle de l’autre, ce qui est une forme de violence… parfois très difficile à démasquer !

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Il y a eu cet avant et cet après

Découvrir l’attachement m’a fait radicalement changé de perspective, comme si j’avais changé de lunettes et que je voyais mes relations sous un angle complètement nouveau.

Je vous fais cadeau de cet article, pas pour que vous le transformiez en prise de tête, mais pour que vous puissiez vous donner des permissions, de passer à l’action, de vous réjouir de qui vous êtes, de vous faire accompagner, de créer de nouvelles relations authentiques et profondes, jusqu’à vous sentir attachée.

Et pour prendre le sujet à bras le corps écoutez la Conférence d’Aliette de Panafieu : Amour et attachement.

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Faire confiance,

après la violence

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Faire confiance, après la violence

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Chère Simone, je voudrais traiter d’un sujet important pour une vie de couple épanouie : la confiance.

Je choisis de t’en parler en partant d’une expérience délicate qui concerne bien plus de femmes qu’on ne l’imagine : les violences sexuelles vécues durant l’enfance (attouchements d’un(e) nounou, relations incestueuses entre frères et sœurs, abus d’un parent, cousin, oncle, voisin…)

C’est tellement difficile d’en parler sans exposer le jardin secret des unes et des autres… Moi-même, je ne peux pas parler des violences que j’ai connues enfant, car les personnes sont encore en vie et peuvent tomber sur cet article. Mon avantage, c’est que je viens du Brésil et que les articles, je les écris en français ! Alors, pardonne-moi le flou que je laisse autour de ces partages d’expérience, dû à ce besoin de discrétion.

Le constat le plus douloureux, c’est que si nous sommes nombreuses à avoir subi des violences sexuelles étant enfant, la majorité d’entre nous n’a pas encore fait le lien qu’il y a entre ce vécu traumatique et notre difficulté à faire confiance. Cette prise de conscience est vitale. C’est elle qui permet d’être dans une vie de couple fonctionnelle.

Même si je fais tout bien comme il faut, que je me fais Pour faire alliance, comme Aliette de Panafieu le

souligne si bien au début de sa conférence sur le couple, nous avons terriblement besoin de pouvoir faire confiance à l’autre.

Subir des violences sexuelles pousse à être dans le contrôle, par peur de revivre un tel traumatisme. Or le contrôle n’est pas compatible avec la confiance.

Contrôle et confiance ne sont pas compatibles.

Une condition pour faire alliance…

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qu’il sache, que mon secret intime soit dévoilé ?

Ou encore, à cause de ce qui m’est arrivé durant des années, je vais me couper de mon corps pour ne pas sentir mon mal être. Pour mieux contrôler, je vis dans ma tête (si je suis plutôt cerveau gauche) ou je plane (si je suis cerveau droit).

Ma peur d’être contrôlée me pousse à prendre moi- même le contrôle. Il est à la mesure de mon manque de confiance.

Vais-je traîner ce manque de confiance à vie ?

C’est possible.

Je veux dire par là qu’avoir confiance n’est pas une question de donner du temps au temps.

Les émotions provoquées par l’abus sexuel restent bloquées ou refoulées dans mon fort intérieur. Or, toute émotion a besoin d’être exprimée. Cette peur ressentie, cette colère, ce dégoût ne vont pas s’évanouir d’eux-mêmes. Même si je ne les sens pas (encore), accompagner, que je travaille sur moi, que j’ai lu des

livres pour connaître le mode d’emploi de la vie à deux…

si au fond, je ne fais pas confiance à l’autre, ça ne peut pas marcher !

Au fond, si je ne fais pas

confiance à l’autre, ça ne peut pas marcher !

Sans la confiance…

Sans la confiance, je ne peux pas être dans une alliance authentique. Quelque chose chez moi est encore malhonnête, pour reprendre l’expression de Robin Norwood, auteur du livre Ces femmes qui aiment trop. Sans la confiance, je suis en grande difficulté à vivre l’intimité avec un homme, qu’elle soit sexuelle ou non.

Comment vais-je être capable de regarder l’autre, de tomber amoureuse de lui, alors que j’ai tellement peur

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45 ces émotions pompent mon énergie et me mobilisent

sans que je m’en aperçoive.

Si j’ai subi des attouchements, un viol, du forçage alimentaire, ou d’autres violences intrusives, j’ai besoin de pleurer, d’exprimer ma colère, ou encore d’être entendue par un thérapeute ou un groupe de soutien.

C’est très difficile de le dire, mais c’est une réalité : toute tentative de pénétration forcée dans le corps d’un enfant est vécue comme un viol !

J’invite chacune qui se reconnaît dans cette

difficulté à faire confiance à revisiter son histoire familiale, spécialement son enfance. Surtout si tu ne te rappelles de rien. Notre cerveau est très fort pour nous protéger par l’oubli.

Faire le deuil

Et enfin, mon plus grand besoin et le plus difficile à satisfaire, c’est de faire le deuil de toute reconnaissance parentale !

J’arrête de compter là-dessus. Jamais, je ne vais

entendre mes parents reconnaître la violence de ce qui m’est arrivé. Ni les voir reconnaître leur responsabilité dans les difficultés de ma vie actuelle, à cause de ce que j’ai vécu.

C’est un constat douloureux. Certaines femmes peuvent passer toute leur vie à attendre cette reconnaissance.

Elles sont dans un constant va et vient, entre leur désir d’être responsable à 100% de leur vie et les fréquentes régressions où elles jouent le rôle de victimes ou de petites filles : “Je vais mal, parce que si j’allais bien, ça serait trop facile pour mes parents, il faut qu’ils payent”.

Ces sont ces femmes qui ont le plus besoin d’aide pour avancer. Si ce partage te parle personnellement, alors vite, passe à l’action.

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Quand la

peur m’aide

pour être en

couple

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Pour réhabiliter la peur

La peur est une bonne compagne de route vers la

réussite de mes projets de vie, spécialement le projet de vie commune, bien entendu !

Durant mon enfance, je croyais qu’il fallait être

courageuse, ne pas dire ni montrer ma peur. Ce n’est pas qu’elle n’existait pas ou qu’elle n’avait pas de place, mais c’était plutôt mal vu d’avoir peur, avec des phrases comme “il ne faut pas avoir peur”, “ce n’est rien”,

“c’est pas grave”, ... comme si ma peur faisait peur aux adultes !

Quand la peur m’aide pour être en couple

Je me suis dit qu’il fallait vous partager toutes les découvertes exceptionnelles que j’ai faites sur la peur au cours de mon évolution de ces dernières années. Peut-être que vous serez étonnés comme moi : la peur n’est pas une émotion

“négative”, ni ennemie, ni indésirable.

En grandissant avec l’idée que c’est mauvais de ressentir cette émotion, j’ai finit par anesthésier ma peur, mes peurs, et aussi toutes ses sœurs, l’angoisse, l’anxiété, l’inquiétude... à croire que nous ne sommes pas des êtres vivants, mais que nous serions faits de plastique ou de caoutchouc, un peu dur et imperméable.

J’ai longtemps porté ce masque “même pas peur” et cela m’allait bien de raconter mes frayeurs avec un sourire aux lèvres. Je ne partageais jamais à mes proches les émotions que je vivais, quand j’étais au collège, à l’université ou dans mes premiers boulots.

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Aujourd’hui, avec le recul, j’ai une autre lecture de mon histoire : j’avais tellement d’émotions enfouies en moi que je pouvais me bloquer le dos, avoir des tensions monstres au niveau du cou, perdre la mémoire et ni ma mère, ni mes sœurs, ni mes profs ne s’en inquiétaient, personne ne faisait le lien avec les émotions que je vivais.

La peur, mon amie ?

Oui ! C’est la première leçon que j’ai apprise.

La peur est mon amie.

Eh oui, elle n’est pas contre moi, elle est là à ma faveur, elle existe pour me mettre justement en route. Nos ancêtres, grâce à la peur qu’ils sentaient au niveau du ventre, fuyaient s’ils étaient en présence d’un prédateur.

Aujourd’hui nos dangers nous font ressentir les mêmes déferlements hormonaux, même s’ils sont aussi d’ordre imaginaire, même s’ils ne sont pas rationnels...

Seulement, la peur n’est plus là pour nous dire de fuir, elle est là pour nous mettre en route vers ce qui est important pour notre vie.

C’est parce que j’ai eu peur de faire du sur place que j’ai commencé à lire pour mieux comprendre comment je fonctionnais, pour ouvrir ma perspective sur le monde et clarifier mes choix de vie. Sans ce temps de réflexion et de travail sur moi, je serais peut-être encore aujourd’hui dans des questionnements sans vraiment de réponse, ou peut- être dans un engagement religieux par défaut, sans savoir pourquoi aucune de mes relations amoureuses n’avait abouti.

La peur de vieillir seule et de ne pas avoir d’enfants m’a aidée à rester fidèle à ce que j’avais mis en place pour nourrir mon désir d’enfant. Il m’a suffi de 8 mois pour que je puisse sentir ma peur et mon puissant désir d’être maman : en faisant des collages, en participant à un groupe de parole, en écrivant chaque matin et en faisant beaucoup d’autres petits exercices et des nouvelles expériences.

Ce que j’ai réussi à débloquer en 8 mois risque de rester un blocage à vie, comme chez certaines de mes proches.

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La peur est une indicatrice

Plus récemment, j’ai appris que sentir la peur est un bon signe. Grâce à elle, je peux savoir dans quelle direction je dois aller. Un coach que j’aime beaucoup tient ce discours : “si tu sens de la peur, c’est que c’est là que tu dois creuser, pour trouver ton véritable désir”. Une thérapeute m’a aussi dit un jour que la peur est à la hauteur de nos désirs : plus la peur est grande, plus grand est le désir.

La peur n’est pas là pour me paralyser, mais bien pour me mettre en mouvement.

Peur n’est pas inhibition

La peur est toujours à distinguer de l’inhibition. Ce sont deux sœurs, mais qui n’ont pas la même fonction dans notre vie.

La peur a besoin d’être exprimée, comme toute émotion.

Il suffit de la dire pour débloquer de l’énergie et bouger.

Alors que l’inhibition me paralyse et m’empêche d’avancer.

Parfois, je ressens nettement de l’inhibition et je sais maintenant la reconnaître : je suis comme que figée, je n’avance pas. Et si j’arrive alors à contacter ma peur, je retrouve tout de suite une belle énergie pour investir mes projets.

Mon expérience

À 20 ans, j’ai vécu une rupture amoureuse qui a été un drame affectif. J’avais comme un mur de peur devant moi et cela m’empêchait d’être en relation avec un autre homme, parfois même d’être en relation tout court. J’étais beaucoup dans le “faire”, rarement à “être” ou à sentir.

Cela a duré 7 ans, je vivais sans ancrage, je n’arrivais pas à avoir des relations amoureuses et c’était un moyen inconscient de laisser les personnes bien loin de moi.

J’avais peur et ma peur était toujours entre moi et tous ceux que je croisais.

Certaines femmes que je rencontre aujourd’hui me rappellent celle que j’ai été, à cette époque. J’ai de la gratitude de

pouvoir maintenant ressentir ma peur et d’exprimer jusqu’au bout cette émotion, en étant accompagnée.

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Peur de l’intimité

Je sens de l’attachement pour mes filles, mon mari, mes amis et je suis bien plus à l’aise qu’avant en situation d’intimité. Certains hommes, comme le dit Gérard Leleu dans La mâle peur, ont tellement peur de l’intimité, qu’être avec une femme qui parle beaucoup leur donne l’impression de disparaître... (Mesdames, souvenons-nous :

«la parole est d’argent, le silence est d’or».)

Le contrôle, pour ne pas sentir la peur

Il y a les femmes qui ont tellement peur d’être contrôlées qu’elles contrôlent tout le monde autour d’elles.

Le contrôle était dans ma vie un “petit détail” (!) que je ne savais pas identifier, et comme j’avais fait des études poussées, je pensais que c’était mon intelligence ou mon indépendance qui faisait peur aux hommes…

alors que c’était ma peur d’être contrôlée. Cette difficulté venait plus du côté de l’éducation très sévère que j’avais reçue que de ma formation.

Mes peurs d’enfant

Je partage certaines de mes peurs avec mon amoureux, et au début, le fait qu’il soit plus jeune que moi m’a aidée à ne pas être trop effrayée par la peur des hommes, que je ressentais très souvent et qui me paralysait.

Ce sentiment, qui était plus du côté de l’inhibition que de la peur, cette énergie bloquée ne me servait à rien, sauf à me signaler que j’avais à me séparer de ma mère, pour être plus libre pour construire une relation d’adulte à adulte avec un homme, au lieu de vivre en petite fille effrayée.

Soit j’avais peur d’être rejetée, soit j’avais peur d’être abandonnée, deux émotions bien familières, mais qui venaient plutôt de ma petite enfance, non de mes relations de couple.

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Mes peurs en miroir

Une autre découverte que j’ai faite sur la peur concerne cette façon biaisée de visualiser mes peurs.

Je disais j’ai peur de ne pas trouver d’homme, alors que c’était l’inverse :

j’avais vraiment peur d’en rencontrer un, un vrai !

Parce qu’être sans homme dans ma vie, je savais bien ce que c’était et je le vivais très bien ! Alors qu’être en couple, ça, oui, je ne savais pas ce que c’était !

Ma peur était bien plus celle d’être en couple que celle de rester célibataire.

C’est en avouant mes peurs, en étant vraiment honnête avec moi, que j’ai vu comment je me trompais moi- même.

Identifier mes peurs, voilà déjà le début du changement...

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Mes larmes,

un tremplin ?

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Mes larmes, un tremplin ?

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J’ai beaucoup hésité avant de choisir ce thème pas très sexy, surtout parce que je sais qu’après quelques articles plus musclés, le mieux est de trouver un article facile à digérer, agréable à lire et sans trop de prise de tête.

Malgré cela, je me suis dit que vous méritiez d’avoir le meilleur, ce qui est le plus précieux pour avancer pas à pas vers la vie à deux. Et les larmes sont une voie royale vers ma réussite dans le domaine amoureux.

Je voudrais partager ce que j’ai appris sur le bienfait des larmes, les bonnes larmes, les grosses larmes versées qui nous soulagent du début à la fin, qui nous mettent en contact avec nos émotions profondes. Ces larmes que j’ai versées à la fin de chaque relation amoureuse ratée, ces larmes de deuil parce que j’ai raté un concours ou autre chose qui me tenait à cœur. Voilà les larmes dont je parle.

Oui ! Mes larmes sont un tremplin

Oui ! Mes larmes sont un tremplin

Elles m’aident à me déterminer dans la voie d’un amour bon pour moi !

Je ne parle pas des larmes de crocodile que je peux verser pour attirer l’attention d’un homme qui me prendrait en pitié, ni les larmes pour obtenir ce que je veux de lui ou de mon entourage.

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Pleurer, pour plusieurs

d’entre nous n’a pas bonne presse

Les larmes me font me sentir vulnérable, tristounette, j’ai parfois honte de ce que les gens vont me dire ou faire s’ils me voient pleurer en public ou s’ils savent que je pleure le soir. Mais je vais vous prouver que mes larmes sont le tremplin pour me déterminer dans la voie d’un amour bon pour moi.

Si je m’autorise à pleurer, j’ai le bénéfice de décharger l’excès de cortisol, l’hormone du stress, et de rééquilibrer mon taux hormonal.

Quand je pleure je me connecte avec mes émotions, je suis vivante, quelque chose en moi se met en mouvement et cela me rend plus ouverte et proche des gens.

Pleurer est ce cadeau que la nature nous a fait pour nous aider à guérir de tous nos maux. Et nous en perdons

petit à petit l’habitude, au bénéfice de nos mécanismes de contrôle, comme manger du sucre, par exemple ou faire du shopping pour compenser les coups durs.

Voilà pourquoi j’ai envie de me réconcilier avec mes larmes, d’apprivoiser mes émotions. Si je suis dans le chagrin, pleurer est le meilleur mode d’expression qui soit.

A l’âge de 20 ans j’ai vécu le plus gros chagrin d’amour de toute ma vie. Après cette relation, j’ai pleuré tous les jours durant un an. J’allais dans un endroit un peu caché, dans le jardin de la maison de mes parents, chez qui j’habitais à l’époque. De grosses larmes bien chaudes coulaient de mes yeux et je ne pensais pas du tout à toutes les choses merveilleuses que j’allais vivre par la suite, ma douleur était immense et rien ni personne pouvait me consoler. Je n’avais plus d’appétit. Mon cœur était dans une tristesse sans fin. Des années plus tard, j’ai compris que ce temps de deuil avait été très précieux pour moi, car j’avais pu faire la place pour de nouveaux projets et de nouvelles rencontres. À l’époque, ma blessure me paraissait sans fin, mais mes larmes m’ont lavée et m’ont aidée à guérir ce qui aurait pu devenir pour moi un obstacle majeur pour faire confiance et reconstruire ma vie affective.

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