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Modifications et transformations de métaux, par chauffage dans le vide ou dans différents gaz. II

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Modifications et transformations de métaux, par

chauffage dans le vide ou dans différents gaz. II

Jean J. Trillat, Shigéo Oketani

To cite this version:

(2)

MODIFICATIONS ET TRANSFORMATIONS DE

MÉTAUX,

PAR CHAUFFAGE DANS LE VIDE OU DANS

DIFFÉRENTS

GAZ. II.

Par JEAN J. TRILLAT et SHIGÉO OKETANI.

Institut de

Physique

de la Faculté des Sciences de Besançon.

Sommaire. 2014 Comme suite à l’article précédent, on montre l’importance de traces d’éléments étran-gers (Cu,

Ag)

sur l’absorption d’oxygène par une feuille d’or. La diffraction des électrons permet de suivre d’une façon extrêmement nette l’apparition d’un composé nouveau qui se forme par chauffage dans l’air de l’or. Ce composé est instable et se détruit lentement à la température ordinaire et rapidement dans le

vide, en redonnant le métal pur.

On étudie ensuite l’influence des traitements thermiques sur la structure d’autres métaux (Ag, Pt, Cu, Al) ;

on trouve que l’argent, dont la maille est très voisine de eelle de l’or, se comporte comme ce dernier lorsque

le recuit est effectué dans le vide ou les gaz inertes (apparition d’une modification nouvelle).

On montre enfin l’influence du passage prolongé d’un faisceau d’électrons intense à travers des films

métalliques minces, ainsi que l’influence de la nature du support des échantillons.

B.

Cas

des

Alliages

d’or:

Nous avons examiné

jusclu’ici (’)-le

cas de l’or pur, de

façon

à éliminer toute cause d’erreurs

provenant

de la

présence

d’autres métaux. Nous allons voir maintenant que

l’adjonction

de

quantités

très faibles de métaux

étrangers,

tels que Cu et

Ag,

est en effet de nature à modifier considérablement les

phénomènes

observés. Les feuilles d’or battu que l’on trouve habituellement dans le commerce sont des

alliages

comprenant

du cuivre et de

l’argent.

Le titre en est variable suivant la couleur par

transmission;

plus

la coloration est

verte,

et

plus l’alliage

est riche en cuivre. Dans nosrecherches

nous avons

principalement

utilisé un

alliage

titrant

975 J1000,

de composition :

Au=

975,

Ag- 15, Cu= 10.

Ces feuilles étaient amincies à

l’épaisseur

voulue par action d’une solution de cyanure de

potassium,

comme

nous l’avons

indiqué

plus haut;

les divers traitements

thermiques

dans le

vide,

les gaz inertes et l’air étaient exactement les mêmes que pour l’or pur. Les mêmes

précautions

étaient

prises

pour l’élimination de toute trace

d’impureté

grasse ou de vapeurs grasses.

1. Recuit dans le vide ou les

gaz

inertes

(Az, Ar).

- Les résultats obtenus sont

identiques à

ceux obtenus avec de l’or pur de titre 1000. Les

tem-pératures

pour

lesquelles

le

diagramme

« B »

apparaît

sont toutefois un peu

plus

basses ;

on commence Pn

effet à observer la modification « B » au

voisinage

de

4501

(au

lieu de

500’).

Ceci

s’explique

par l’abaissement du

point

de fusion de

l’alliage

par

rapport

à l’or pur,

et aussi par la

plus grande

plasticité,

favorisant la flui-dité

superficielle

du métal. La recristallisation s’observe

encore

plus

facilement que pour l’or pur, la dimension

des cristaux était en

général

plus

petite

(cliché

15).

Nous ne reviendrons donc pas sur ces

phénomènes,

qui

ont été décrits en détail dans les pages

précédentes.

(’) Voir l’article précèdent : J. de

Physique,

février 193~, t. 8, p. 59-66.

2. Recuit dans 1’air ou

l’oxygène. -

D’une

façon

générale,

si l’on chauffe une feuille d’or

975/1 000

dans l’air ou

l’oxygène,

et

qu’on

l’examine aux électrons

immédiatement avec

refroidissement,

on constate sur

l’écran

l’apparition progressive

d’un

diagramme

formé de très nombreux anneaux, se

superposant

au

dia-gramme de l’or

battu,

comme le montrent les clichés 17 à 20. Nous avons

signalé

ce

phénomène

dès

1932,

mais sans l’étudier

complètement

(11).

Le

diagramme

supplémentaire,

que nous

désignerons

pour

simpliEier

par la lettre « 0 »

(oxygène)

commence

à

apparaître

vers

4000,

pour une durée de

chauffage

de

une heure environ

(cliché 17).

Les anneaux « 0 » les

plus

intenses se montrent les

premiers ;

ce sont

tou-jours

deux cercles situés à l’intérieur des 4

taches (200)

de

l’or,

et

qui

sont tout à fait

caractéristiques

(d

=

2,62

et

2,23

Ang).

Ces anneaux

présentent

ordinairement des renforcements très nets au

voisinage

des taches

(200)

de

l’or,

qui disparaissent

avec l’élévation de

tempéra-ture,

comme le montrent les clichés

18,

19 et 20. Le

digramme

« 0 »

apparaît

en tous les de la

feuille

d’or,

ce

qui indique qu’il

ne

dépend

pas de

con-ditions locales. En

augmentant

la

température

de recuit aihsi que la

durée,

la modification « 0 »

apparaît

avec

une intensité de

plus

en

plus grande;

on

peut

aisément la suivre sur l’écran fluorescent. En même

temps,

la structure fibreuse de l’or s’affaiblit

progressivement

et tend à se transformer en une structure microcristalline confuse. Ceci se

produit

pour un

chauffage

à l’air de

plus

de 2

heures,

à une

température

de 5500 à 600°. Le

diagramme prend

alors une apparence très

complexe

(cliché tu) ;

il est

cependant

possible,

connaissant les interférences de

l’or,

d’en déduire par différence ce

qui

appartient

à la structure « 0 » ; c’est ce

qu’on

a fait en

superposant

un cliché d’or et un cliché d’or

+

« 0 »

(cliché

16) ;

la

figure 5

mon tre ceci

plus

clairement. A ces

températures,

la structure « B »

peut

égale-ment se

manifester,

puisqu’on

a vu

qu’elle

ne

(3)

94

dait que des conditions

thermiques

et

qu’elle

appa-raissait vers 450’. On l’observe ici effectivement car

quelques-uns

deys anneaux coïncident exactement avec ceux donnés par la modification

« B »,

comrne le montre

le cliché 16 bis.

Ainsi,

au

total,

un

diagramme

obtenn

par

chauffage

à l’air d’une feuille d’or

J,/

ta(10 se

compose des taches de diffraction de l’or

battu,

’1 des

anneaux ou taches « B ~> et d’anneaux nouveaux

carac-térisant l’action de

l’oxygène

ou de l’air.

Fig. 5. - En haut :

or battu (témoin) ;

en bas : ar 975 1000 oxydé.

Enfin,

les

diagrammes

« 0 »

perdent

leur netteté

lorsque

la durée du

chauffage

augmente.

Il est naturellement difficile cle faire la

part

exacte

de ce

qui

revient à chacune de ces

modifications;

cer-tains anneaux « 0 »

peuvent

en effet coïncider par hasard avec ceux de l’or ou de la modification « B ». La discri-mination n’est

guère

possible

à faire d’une

façon

cer-taine,

étant données la

petitesse

des diamètres et la faible

dispersion

au

voisinage

du centre.

L’action du vide

peut cependant

nous aider dans

cette

différenciation,

ainsi que nous allons le voir. 3. Instabilité de la modification « 0 ~>. - La

modification « 0 »

qui n’apparaît

que pour les

alliages

d’or chauffés en

présence

d’air,

présente

des caractères très

particuliers

et intéressants.

a)

Le

diagramme

« 0 » lentement en

fonc-tion du à la

température

du laboratoire. C’est ainsi que des films d’or

975/1

00

préparés

en 193i et

qui présentaient

en tous leurs

points

les nonbreux

anneaux

caractéristiques

« 0 », examinés

quatre

ans

plus

tard,

ne donnent

plus

que le

diagramme

de l’or battu. Le cliché obtenu dans ces conditions est

iden-tique

à celui obtenu avant

chauffage

dans t’air

(cliché21).

Nous

rappelons

à ce propos que ni le

diagramme

d’or

normal,

ni le

diagrammes

« B » ne

disparaissent

avec

le

temps.

b)

Cette

disparition

du

diagramme

« 0 » est consi-dérablement accélérée si l’oîi

chauffe

le dans le

vide,

à une

température

de 450° à durant

1/2

h à

une heure. Ce

chauffage peut

s’effectuer soit à l’extérieur

de

l’appareil (fig.

1,

article

précédent),

soit dans

l’appa-reil lui-même

(fig. 2),

ce

qui permet

de suivre sur l’écran la

disparition

progressive

des anneaux « 0 ». Le

dia-gramme de l’or battu ainsi

parfois

que celui de la modi-fication « B »,

réapparaissent

alors,

avec d’autant moins d’intensité que le

chauffage

dans l’air a été

plus

prolongé.

Le recuit dans le vide

s’accompagne

naturellement des

phénomènes

que nous avons

déjà

décrits :

appari-tion et renforcement de la structure « et recristalli-sation. Tout se passe en somme, au bout d’un certain

temps,

comme si l’on avait affaire à un

simple chauffage

dans le vide ou les gaz inertes d’une feuille d’or

ordi-naire ;

ces

phénomènes

se suivent aisément sur l’écran fluorescent

(cliché

22,

début de

chauffage

dans le

vide).

On

peut

continuer ce

cycle

d’opération,

en effec-tuant un nouveau recuit dans l’air

(cliché ~3)

suivi d’un recuit dans le

vide;

on observe encore les mêmes

interférences,

la structure « B » devenant toutefois

plus

apparente

comme il fallait

s’y

attendre.

L’ensemble des résultats

peut

se schématiser comme

suit :

4. Mécanisme de l’action de

l’oxygène

sur l’or.

-

Il est intéressant et

impartant

de savoir si le gaz occlus forme ou non un

composé

avec le métal de la

pellicule.

L’ensemble de nos résultats mon!re d’une

façon

évidente que le

diagramme

« 0 »

provient

d’urne

action de

l’oxygène

sur de l’or contenant une

petite

quantité

de cuivre et

d’argent ;

en

effet,

ni ni

l’argon

contenus air ne

produisent ce phénomène.

Deux

hypothèses

se

présentent

à

l’esprit :

celle

d’une

adsorption

et celle d’une combinaison instable de

l’oxygène

avec

La

première hypothèse

ne nous

paraît guère

devoir être

retenue,

bien

qu’il y ait

à coup sûr une

adsorp-tion

d’oxygène

par la surface du métal. Mais cette

adsorption

a lieu

égalemen

t aussi

pour l’or

pur; Ben loin

et

Elgin

(20),

l’ont étudié

façon complète,

et ont

prouvé

qu’il

s’agissait

d’une

adsorption

avec

énergie

d’activation,

celle-ci déterminant le taux

d’adsorption

à

chaque température,

Les

quantités

d’oxygène

fixées

augmentent

avec la

température,

jusqu’à

430°, après

quoi

l’équilibre

est

atteint; enfin,

l’oxygène

adsorbé n’est pas

récupéré

par le

vide,

ce

qui

ne s’accorde pas avec nos résultats. D’ailleurs il serait

impossible

de déceler une couche

monoatomique

de gaz adsorbé avec

(4)

95

électrons lents

(Davisson

et

Germer) (’),

et en utilisant la méthode de la chambre de

Faraday ;

les résultats en

sont évidemment

beaucoup

moins sîlrs que

l’enregis-trement

photographique.

L’apparence légèrement

granuleuse

des anneaux (B.0»)

implique

au contraire une cristallisation en cristaux

plus

que ceux de l’or

battu;

leur

présence

en tous

les

points

du film

d’or,

leur intensité considérable et

l’affaiblissement

progressif

du

diagramme

de l’or

indi-quent

qu’il

ne

peut

s’agir

d une couche

uniquement

superficielle,

mais bien d’une transformation

plus

ou

moins

profonde

du métal.

La deuxième

hypotbése

est celle d’une combinaison définie

apparaissant

par

oxydation

de

l’alliage.

Avec de l’azote ou de

l’argon,

on ne

peu

t guère

s’attendre à

la formation cl’un

composé défini ;

nos

expériences,

montrent

qu’il

en est bien ainsi. Mais avec des

pelli-cules chauffées dans l’air ou

l’oxygène,

il

pourrait

se

former un

oxyde,

car il existe des raisons sérieuses de

croire que, à l’état de film très

miti(-e,

le métal est

beaucoup plus

poreux et

plus

actif

qu’à

l’état massif. Cosslett a montré

(2’)

qu’un

film

d’indium,

aban-donné

quelques

heures à l’air à la

température

et à la

pression

ordinaires donnait un

diagramme

de diffrac-tion

électronique correspondant

à

l’oxyde

In903: or

l’indium ne pas normalement avec cette

rapi-dité,

et il se trouve donc être dans un état

particuliè-rement actif Il ne serait par

conséquent

pas étonnant que l’or se conduise de la même manière à

partir

de 45()O,

Quelle

est la nature de cet

oxyde #

Tout

d’abord,

on

sait

qu’aucun oxyde

d’or ne se forme par

oxydation

directe du métal pur à l’état massif

C2).

On

peut

élimi-ner les

oxydes

AuO et

An0,

dont l’existence est

con-testée et

qui

seraient en tous ras très

fugitifs.

Quant

à

l’oxyde

trivalent

Au’03,

il se

prépare

toujours

par voie

humide,

par

déshydratation

de

l’hydroxyde,

ce

qui

n’est pas notre cas. De

plus,

c’est un

l’ornposé

endo-thermique (-

12 300

cal),

très instable dès la

tempé-rature ordinaire et

qJli

se

décompose

avec

explosion

s’il est soumis à l’action d’une flamme.

Il ne semble donc pas

qu’il

puisse

s’agir

dans nos

expérience«

d’aucun de ces trois

oxyles;

le

composé

qui

prend

naissance ne se détruit en effet que très

lentement à la

température

ordinaire

(quelques années)

et

rapidement

à 5000 dans le vide.

D’autre

part,

il ne

s’agit

certainement pa· non

plus

d’un

oxyde

de cuivre ou

d’argent;

ces deux métaux font en effet

partie

de la solution solidf-

qui

constitue

l’alliage

Au-Cu-Ag,

et leur

proportion

(1

pour 10() pour Cu

1,5

pour

Ag)

est bien

trop

faible pour

pouvoir

donner naissance à des

diagrammes

aussi intenses. De

plus,

nous avons vu que par chauffage dans le

vide,

nous retrouvions le

diagramme

de l’or sous sa fortne normale ou sous la forme « B ~>.

Dès lors, on est amené à conclure

qu’il

s’agit

d’une combinaison

d’oxygène

avec

l’alliage

d’or,

favorisée par la

présence

d’éléments comme le cuivre

qui

sont

oxydables.

h’oxygéne pénétrerait

donc dans le réseau de l’or

en le Inodifiant

complètement ;

le cuivre et

l’argent

jouent

ici un rôle

essentiel,

d’une

part

en amenant le relâchement du

réseau,

d’autre

part

par leur affinité pour

l’oxygène.

La nouvelle structure ainsi formée

correspond

réel-lement à un

composé

d

oxydation

défini,

puisque

tous

les

diagrammes

« 0 » sont

identiques ;

cette

combinai-son se caractérise par son instabilité dans le en

régénérant

par la chaleur

l’alliage

d’or. Ce fait nous

amène à la conclusion que cette combinaison se

rap-proche

d’une solution solide interstitielle

d’oxygène.

Il est certain que l’action si nette de l’air débute par

une

ad,orption

favorisée sans doute par la

présence

des

atomes de cuivre

(-*);

en ce cas. ainsi que l’a

suggéré

Rideal

(i 0),

le

composé

d’oxydation

serait intermé-diaire entre

l’adsorption

de

Langmuir

et la vraie combinaison.

TABLEAU II.

(") 1 t t intéressant de remarquer que la présence de Cu et

1 d’A aussi énormément sur la vitesse de di&solntlon dans

1

la -otuti’tt d- cyanure de potassium L’or pur 10~ 0,~~ 0 0 se

1

(5)

96

Nous n’avons pu réussir à établir la structure cristal-line du

composé

d’oxydation,

à cause de la

trop

grande complexité

des

diagrammes.

Nous n’avons pu

également

la comparer à celles des

oxydes

d’or,

ceux-ci

n’ayant

jamais

été étudiés aux rayons X à cause de leur instabilité.

Dans le tableau p. 95, nous avons cherché à dis-criminer les anneaux

correspondant

aux trois

types

de

structures : or

normal,

« B » et « 0 », et nous avons

calculé les distances réticulaires

correspondantes.

Les clichés 16 et 16 bis et la

figure 5

faciliteront cette

com-paraison.

Il

apparait

d’après

ce tableau que certaines

dis-tances réticulaires sont communes à « B » et à « 0 » ;

toutefois,

l’examen des

diagrammes

montre

qu’on

ne

saurait attribuer la

plupart

de ces raies communes au même

système

cristallographique,

étant données les

grandes

différences d’intensité

qui

n’apparaissent

évi-demment pas sur le tableau.

(Voir

clichés 16

bis.)

En

résumé,

nous pouvons dire que, bien que

l’oxy-gène

ne se combine pas directement à l’or dans les

conditions

habituelles,

il

peut

dans certaines condi-tions s’unir

temporairement

au

métal,

si celui-ci

con-tient des traces d’éléments

oxydables

comme le cuivre.

Il est

possible

que ce

phénomène remarquable

soit

beaucoup plus

général

et s’étende à d’autres

métaux,

cette action étant

particulière

aux couches minces et

poreuses ou encore aux surfaces.

L’analyse

électro-nique,

avec sa

grande

puissance d’investigation,

pourra

sans doute

apporter

là-dessus de

précieuses

indica-tions,

et

apporter

des

renseignements

nouveaux dans

l’élucidation du mécanisme de la

catalyse hétérogène

et dans l’étude de la dissolution des gaz dans les métaux.

Remarque. -

Nous avons obtenu des résultats

identiques

avec des films d’or

préparés

par

électrolyse

d’un bain dea£u le

dépôt

s’effectuant sur une cathode

en laiton. La seule différence consiste en ce que le

dia-gramme du film d’or

électrolytique

(non

oxydé)

est

formé cl’anneaux

complets (cliché

24) ;

les anneaux

d’oxydation

et les anneaux « B » sont alors

plus

diffi-ciles à différencier d’avec les anneaux de

l’or,

mais les

équidistances

calculées restent

identiques

(cliché

Le

procédé d’électrolyse

que nous avons décrit laisse

toujours

subsister des traces de

cuivre, provenant

soit du chlorure

d’or,

soit de la feuille de laiton sur

laquelle

s’effectue le

dépôt

que l’on détache ensuite par disso-lution. En

opérant

avec des

produits

très purs et avec

d’autres

supports

de

cathode,

nous sommes arrivés à

produire

des films d’or

qui

ne donnaient lieu à aucun

phénomène d’oxydation ;

de même avec des films d’or

électrolytique

obtenus par le

procédé

décrit par C. 3Iüller

(23).

Ces résultats confirment donc

l’importance

de la

présence

de traces de cuivre pour la formation d’une

combinaison avec

l’oxygène.

IIe PARTIE. -

ÉTUDE

D’AUTRES

MÉTAUX

(Ag,Pt,AI,Cu)

Nous avons étudié

également

le cas d’autres

métaux,

en nous

plaçant

dans des conditions

analoguee

à celles

qui

ont été réalisées pour

l’or;

nous allons

indiquer

les résultats obtenus avec des feuilles très minces

d’ar-gent,

de

platine,

d’aluminium et de cuivre.

Toutes ces feuilles ont été

préparées

à

partir

de métaux

battus,

amincis ensuite par une

attaque

appro-priée.

Les recuits dans le

vide,

les gaz inertes et l’air ont

été effectués de la même

façon

que pour l’or.

Etude de

l’Argent.

Transformation par

chauffage

dans le vide.

- Les feuilles

d’argent

battu utilisées ont un titre de t 000. Elles ne contiennent donc pas

d’impuretés,

sinon à l’état de traces.

L’épaisseur

désirée est obtenue par l’action de l’acide

nitrique dilué;

le film très

fragile

que l’on obtient ainsi

est recueilli sur

support

en or,

après

avoir été lavé

plusieurs

fois à l’eau bidistillée.

L’examen

électronique indique

une structure

plus

ou

moins fibreuse suivant les

points

examinés;

le cliché 25

représente

en

particulier

une

région

où les cristaux ne

sont presque pas orientés. Le calcul fournit pour la

maille la valeur

4,07

A, en excellent accord avec la valeur déterminée aux rayons X.

Nous avons ensuite chauffé ces mêmes films minces

d’argent

t dans le vide.

L’opération

est assez

délicate,

car le métal se

vaporise

facilement et le film se brise.

Il est

impossible

en

particulier

de la réussir dans les gaz inertes.

A

partir

de

500-520°,

pour une durée de

chauffage

de l’ordre de une heure et demie à deux

heures,

on voit

le

diagramme

d’argent

s’affaiblir

progressivement;

la structure fibreuse

disparaît

et est

remplacée

par

une structure microcristalline confuse.

En même

temps,

des anneaux nouveaux

d’apparence

granuleuse apparaissent;

le cliché 26 montre le

phéno-mène

(sur

ce

cliché,

on a

indiqué

par des

points

les

anneaux de diffraction

appartenant

au réseau de

l’argent).

A mesure que la durée du recuit

croît,

le dia-gramme

d’argent

s’affaiblit encore

davantage

et est

progressivement remplacé

par le nouveau

système

(cliché 27).

Ceci se

produit

aussi bien

lorsque

le

chauf-fage

dans le vide est effectué à l’extérieur ou à l’inté-rieur de

l’appareil.

Le nouveau

diagramme,

très visible sur

l’écran,

se

transforme

rapidement

en un

diagramme

de taches

(cliché 28);

à

partir

de ce

moment,

si l’on continue le

chauffage,

on n’observe

plus

de

changement.

Une élé-vation de

température

au-dessus de 6000-650o brise le film.

(6)
(7)

Jean J. TlULLBT eL Shigéo 01,EI’ANI. PLANCHE Il.

Fig. 15. - Recristallisation de

l’alliage

d’or 9~5 1000.

Fig. 16. - Or 9~ IIUU chauffé dans l’air

(à gauche). Or témoin (à ùi oite).

Fig. 1G tis. -

a>iii j>aiaison des

dia-grammes d’oxydaLion avec les

dia-grammes typo « B o . .

Fig. 11. - Or

9~5/~00, chauffé dans l’air

(déhut d’apparition clu nouveau

dia-gramme).

Fig. 18. - 1000 dlauffé

dxns i’aii. dans l’air.

Fig. 20. - Or 9ï~’1000 chauffé

dans l’air. Fig.

21. - Or 9î5 1000 clial-iffé dnns l’air,

I)IIis le vide.

dans l’air,

,

Or9j,’) IllauffédansI’air, Fi; puis dans le vide. puis de nouveau

cians l’air.

g - ()i chauffé

(8)

Jean J. TRILLAT et Sliigéo PENCHE TII.

25. -

Argent battu (témoin). Fig. 2G. -

Argent pur chauffe

dans le Fig.

27. -

Argent pur recuit dans le vide.

Fig. 28. -

Argent pur recuit

dans le

29. - Cnivre hattu Fig. 30.

- Cnivre

oxydé par chauffage

dans ((;u9t>).

Fig. 31. - .iliiii,iiiiim 1>aliii

(lémoin).

Fin 32. - Aluminium oxydé

par cl>auiiagJ dans l’ait-.

;~. - Or battu (témoin). Fig 3~. - Or liattu.

après 30 min de

passage des électrons au même points.

Fig. 3.1. - lniJuence du

(9)
(10)

97

Ce fait très

remarquable

pourrait

être attribué à une

impureté

quelconque ;

or, nous avons vérifié

qu’il

n’en était

rien,

car tous les autres métaux que nous avons

examinés dans les mêmes conditions ne donnent

jamais

lieu à ce

phénomène.

D’autre

part,

c’est

seu-lement pour les feuilles d’or et

d’argent

que C. Andrade

a observé la

biréfringence

locale par

chauffage (16);

il

est donc

permis

de faire pour

l’argent

la même

hypo-thèse que nous avons faite pour

l’or,

et d’attribuer la structure « B » à une fluidité et à une recristallisation de

l’argent,

dans les

régions

minces,

sous une forme

hexagonale.

Les constantes réticulaires des formes « B » sont les

mêmes,

dans les deux cas ; or le réseau

cubique

à faces

centrées de l’or pur est

presqu’exactement

le même que celui de

l’argent

pur

(Au. a

= ~,070.°~ ;

Ag,

a=4,U77

À).

Cette

remarquable analogie

se retrouve donc aussi dans le

comportement

absolument

identique

des deux

métaux,

lorsqu’ils

sont chauffés dans le vide. Au

con-traire,

les autres métaux examinés

(Al, Cu, Pt),

et

qui

ne donnent pas lieu à ce

phénomène,

ont des mailles

qui,

bien que

cubiques

à faces

centrées,

diffèrent très notablement de la maille de l’or ou de

l’argent.

Nous pensons dunc que c’est à la similitude de maille cristalline

qu’il

faut attribuer la similitude

remarquable

des résultats que nous avons trouvés pour l’or et

l’argent.

Nous n’avons pu étudier l’action à chaud de

l’oxygène

sur

l’argent,

les films étant

toujours

brisés au cours du

chauffage.

Cette étude n’aurait d’ailleurs pas

présenté

un intérêt

considérable,

étant donné que les

oxydes

d’argent

sont connus

(Ag’0 - cubique, a - lo,72).

Etude de

quelques

autres métaux

(AI,

Cu,

Pt).

- Les autres métaux étudiés

(Pt, Cu, .1l~

lle

donnent,

lorsqu’ils

ont été chauffés dans le vide ou les gaz

inertes,

aucune modification

nouvelle,

ainsi que nous

venons de le dire. La seule différence observée est un

léger

accroissement de la maille résultant de l’effet de dilatation

thermique,

lorsque

l’examen

électronique

est effectué à chaud.

Le

chauffage

dans l’air ne

s’accompagne

d’aucun

changement

pour le

platine pur

(*).

Par

contre,

l’alumi-nium au-dessus de

500°,

le cuivre au dessus de 350° donnent naissance à de nouveaux

diagrammes,

qui

ne

disparaissent

pas par

chauffage

dans le vide. Il

s’agit

ici de

composés

d’oxydation

bien connus ; nous n’insis-terons donc pas

davantage

sur ce

sujet.

Les clichés 29 et 30

représentent

du cuivre battu et le même

oxydé

par

chauffage

à

l’air;

le

composé

qui

se

forme

possède

une

structure cubique,de maille

a

=4,161.

Il

s’agit

donc

probablement

de

l’oxyde

CU20,

dont le réseau déterminé aux rayons

X,

possède

une maille

cubique a

=

4,2

À.

Le cliché 31 1 est relatif à de l’aluminium

battu ;

le cliché 32 au même métal

oxydé

à l’air à

~OU°,

durant

6 heures.

(*) Tout au moins pour les températures réalisées, qui n’ont

guère dépassé 800°.

Notes

complémentaires.

,

A. Influence du passage

prolongé

d’un

fais-ceau d’électrons à travers des films minces

~"21).

- L’uu de nous

(’)

a montré

qu’il

arrive

fréquemment

que des films minces de substances diverses

(métaux,

corps

organiques)

se recouvrent d’une couche mono oa bimoléculaire de molécules grasses orientées et

dis-posées

en réseau. Ces couches

peuvent

donner lieu à des diffractions

électroniques

souvent très intenses et

susceptibles

de

prêter

à des

interprétations

erronées. Il suffit de faire passer le faisceau d’électrons

monoci-nétiques

durant 1 à 2 min

(40 kV,

3 à 4

rnA)

pour que cette couche grasse

disparaisse,

par suite de l’effet

thermique

dû au bombardement des électrons. Cet effet d’échauffement local

peut

être de nature à

apporter

également

des modifications à la structure du film

étudié,

principalement

si l’examen par transmis-sion d’un

point

déterminé du film dure un certain

temps.

Il est

indispensable

de chercher à

préciser

cet

effet,

dont

l’importance

pour

l’analyse électronique

ne

peut échapper.

Dans ce but, nous avons examiné des films

métal-liques,

préparés soigneusement

de

façon

à éviter toute contamination accidentelle par des corps gras. Ces films

(Or,

Ag,

Pt, Cu,

Al,

etc.),

avaient une moyenne

cle 50 tJ IJ., et étaient

disposés

à l’extrémité d’un collima-teur de 20 cm de

longueur

et de

0,1

mm de

diamètre,

servant à définir le faisceau d’électrons

monociné-tiques ;

dans nos

expériences,

la tension d’accélération

était de 40 kV

(î,

=

0,06

a)

et le débit

électronique

de 3 à 4

milliampères.

Prenons comme

exemple

le cas de

l’or,

dont le

point

de fusion est 1 0630. Le film d’or est

disposé

perpendi-culairement au faisceau

d’électrons,

et reste

rigou-reusement immobile durant toute

l’expérience,

de

façon

que ce soit

toujours

le même

point

du film

métal-lique qui

soit traversé.

Au

début,

on observe un

diagramme

extrêmement

intense,

apparaissant

même en

pleine

lumière sur

l’écran fluorescent

(cliché 33).

Au bout de 30 min de passage des

électrons,

l’intensité du

diagramme

s’affai-blit,

en même

temps

que le fond sur

lequel

il se détache

devient

plus

brillant. Ce dernier

phénomène

est dû soit à une diffusion

générale

des

électrons,

soit à des

rayons X

prenant

naissance dans l’anticathode que constitue le film étudié

(cliché 34).

Au bout d’une heure et

demie,

le

diagramme

du métal n’est

plus

visible à

l’écran,

sur

lequel

on n’observe

plus qu’une

diffusion

générale;

au bout de deux

heures,

il a tota-lement

disparu. Cependant,

le film

métallique

n’est pas

crevé,

comme il est facile de le voir par la faible

inten-sité du faisceau

direct,

ainsi que par un examen de la

préparation.

Si on laisse reposer le film durant 24

h,

en

suppri-mant le

bombardement

électronique,

on n’observe aucune

réapparition

du

diagramme

primitif. Enfin,

un

point

inullédiatement voisin du

point

étudié redonne un

diagramme

aussi intense et net que celui

(11)

98

qu’on

avait obtenu au début pour le

premier

point

(cliché 33).

Ces résultats

indiquent

que le faisceau

d’électrons,

par son passage

prolongé

à travers le

métal,

a échauffé localement

celui-ci,

mais cet échauffement ne s’est pas

accompagné

de fusion ni de

rupture.

Comme

après

arrêt du bombardement, le

diagramme

ne

réapparaît

pas, il faut admettre que

l’épaisseur

du film a

loca-lement augmenté,

aux

dépens

de

régions

voisines,

par suite d’une fluidité ou d’’un

glissernent

des couches

superficielles,

ce

qui

est en accord avec les

expériences

citées

plus

haut de E. N. da C. Andrade

(16).

Un tel échauffement est

possible,

car

l’énergie

libé.

rée par l’arrêt d’un électron rle 40000 V est

égale

à

û,~.f0-8

ergs, alors que pour élever la

température

d’un solide à 300’ il faut environ

1,1 -

10-13 ergs par

atome.

L’énergie

libérée par l’arrêt d’un électron est

donc

capable

d’élever de 3(i0" la

température

de 5. iÙ" atomes

environ ;

ce nombre d’atomes constitue

une

particule

de 50 cubes élémentaires de

côté,

soit de

20 yy de côté.

Ces observations devront être

prises

en considéra-tion

lorsqu’on

utilisera les

phénomènes

de diffraction

électronique

pour l’étude de la structure de la matière.

B. Influence de la nature du

support

des échan-tillons. - De

grandes

précautions

doivent être

prises

encore en vue d’éliminer des causes d’erreur dues par

exemple

à la volatisalion ou à

l’oxydation

du

support

des films

métalliques.

Nous avons constaté ainsi que si le film d’or est chauffé dans le vide sur un

support

de

fer

(qui présentait

des traces de

rouille),

le

diagramme

qui apparaissait

était

complètement

différent du dia-gramme normal

(cliché

35).

Un

phénomène

du même genre se

produit

avec des

supports

de

laiton ;

on

peut

l’attribuer à la

présence

d’un

hydrate

ou

oxyde qui

se

vaporise plus

ou moins par l’effet de la chaleur dans le vide et vient se

déposer

en couche très mince à la

sur-face du film d’or

étudié,

rendant ainsi toute

interpré-tation correcte

impossible.

Au

contraire,

ceci ne se

produit jalnais

lorsqu’on

utilise des

supports

de nickel

poli

ou mieux

d’or ;

c’est

ce

qui

nous a amenés à

adopter,

dans tout le travail

précédent,

des

supports fabriqués

en

partant

d’une

plaquette

d’or pur. Dans toutes les

expériences

de dif-fraction

électronique,

il y a donc lieu de tenir le

plus

grand compte

des causes d’erreurs

multiples

et inat-tendues

qui

résultent de l’extrême sensibilité de la méthode.

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