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Le financement et la gestion des industries en Afrique

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Texte intégral

(1)

COMMISSIOK ECONOIUQUE POUR L' AFRIQUE Reunion d'industriels et de financiers Addie-Ababa, 16-20 janvier 1961

Dish.

RESTllEINTE IlIl)/IF/WP/1 23 novembre 1966 FRliJ'fCAIS

Original : ANGLAIS

LE FINANCEMENT ET LA GESTION DES I~mUSTRIES EN AFRIQUE

M66-1634

(2)

. I

(3)

1. Au stade actuel de leur developpement, les pays afr~oains Se

trouvent devant un probleme. Ayant gagne leur independance politique, ils veulent naturellement la consacrer et la renforcer par une inde- pendance edonomique reelle.

2. Malheureusement, ils ne possedent pas en quantites suffisantes les ressourCes necessaires en capitaux at en entreprises, de sorte qu'ils doivent, pour atteindre leur but, faire 1argement appel

a

des

entreprises et

a

des oapitaux strangers. D'autre part, les dirigeante africa.ins, 'lui ont encore en memoirs Ie SOuvenir de I' ere ooloniale, oraignent 'lU'un afflux illimite de capitaux et d'entreprises etrangers ris'lue d'alterer leur liberte nouvellement aoquise. Aussi ont-ils adopts une attitude ambivalente; ils accueillent chaleureusement les offres d'investiseernent de toutee provenances, maie loreque l'inves- tisseur eventuel se presente, il Se trouve devant une situation extre- mernent flottante 'lui se traduit souvent par un ralentissement des negociations. Celles-ci se revelent alors decourageantee, pour l'in- vestieseur etranger comme pour les gouvernements africains qui aspirent

a

un progres rapide.

3. Maie la menace 'lui pese sur la liberte economi'lue de l'Afrique reside aussi bien dane la grande pauvrete des pays africains et dans Ie fait 'lU' i16 dependent de l' etranger pour 1a fourr-i tllre de denrees alimentaires,de biens d' equipement et de cadres, 'lue dans I' exploi- tation eventuelle des ressOUrces du continer-t par des investisseurs etrangers et dans Ie droit de regard 'lue oeux-ci aC'luerraient ainsi sur les economies africair.es. C'est dans cetto optiQue Que no us allons mair-tenant examiner les sources possibles de capitaux en Afri~ue at hoI'S du continent, et les meilleurs moyens de les exploiter en VUe d'une expansion des entreprises industrielles en AfriQue.

(4)

4. II est tout naturel que les Africains souhaitent participer aux entreprises productives implantees dans leur pays. Dans d'autres par- ties du monde, . cette participation prend en general la forme d'une association'entre des entreprises locales bien stablies at leurs homo- logues etrangers. Malheureuse:r.ent,. I' Afrique ne possilde actuellement qu'un nombre minime de chefs d'entreprises financierement capables de contracter une association de cs type. Par consequent, pour que 'des entreprises mixtes puissentetre creees, i l faudra que les int8rets africains soient representee soit par les gouvernements, soit par des organismes constitues par eux. Les societes etr9~6eres qu'une associa tion avec, les, gouvernements inquiete, dOl vent se resi6ner

a.

l'idee que, faute d'entreprises privees africaines disposant dss capi- taux necessaires, il n 'est pas d' autre solution, les gouvernements ou les organismes officiels ,at ant les principaux detenteurs de l'epargne nationale susceptible d'etre mobilisee en faveur de l'lndustrie. Les gouvernements africains, conscients de cet etat de fait et desirellX d'elargir Ie domaine de leurs aetivites commerciales, eIre dans de nom- breux cas cree des banques de daveloppement et des societas qui peuvent

jouer Ie r8le d'associes locaux dans de nouvelles entreprises indus- trielles.

5.

II ressort de l'experience aoquise que OeS institutions locales de developpe~ent ont bien souvent obtenu des sueces notaoles lorsqu'elles ont constitue dos entreprises produotives en assooiation avec des in- vestisseurs etrangers stablis, capahles de fournir les competence~

techniques at administratives neoessaires, ainsi qu'une partie des oapi taux apeculatifs.' Toutefois, un grand nombre d' entre elIas ont

tenie juaqu'ioi, faute d'as'Socies etrangers, d'etablir

a

elles SeWes de nouvelles entreprises, en iaisant en general appela des cre~ts de fournisseurs pour se procurer lee devises neoessaires. Des evenemente recents ont prouve que des operations de Ce tYPe sont Souvent extre- mement cotheusos. Lorsque CeS industries echouent, Ie pays Sf apergoi t qu'il a engage pour des annees des devises precieuses et qu'il est

(5)

- 3 -

contraint

a

des aakata dont il souhaiterait s'abstenir. Faute de la competence qui oaracterise les chefs d'induatries experimentes, les promoteurs de nouvelles entreprises prennent de gravQs risques qui compromettent leur avenir.

6. Le recours au credit de i'aurnisseurs est rendu necessaire en partie par la penurie de capitaux spsculatifs et de cadres strangers pour Ie developpement industriel de l'Afrique, et en partie par lee politiques d'aide de certains pays donateurs. Aussi ne saurait-on eliminer la possibilite de creer des entreprises industrielles entie- rement financees par les pays africains ou moyen de credits de four- nisseurs. Mais, dans Cs ca~, la qualite de la gestion est d'une impor- tance primordiale et les gouvernements africains devront faire appel a des gouvernements strangers et

a

des organismes divers capables de leur procurer des conseils en vue de la negociation des accords de fourni tUre originaux aussi bien que de l'obtention des services de gestion. Aux yeux des pa;ys africains, les pays industrialises qui accordent des credits de fournisseurs par l'intermediaire d'orgar~smes

publics ont l'oblieation morale de persuader les b6neficiaires de Ie neeessi te d 'une gestion competente at de lee aider a I ' aSC5urer.

7. Les paysafricalns disposent de divers moyer.s pour accroitre lee l'essources en capi talLX capables de leur assurer une participation

a

des entreprises mixtes croee" en a.esocietior. a.vec des inveFtisseurs etrangers. Or. en trouvera un certain nombre exposes ci-~essous.

8. ~es banques et societes de developpement peuvent apporter une

contribution essentielle. Ce qui est en premier lieu necessaire, c'est que .lea strangers, camlUe les Africains eux-.memes, eIaborer.t un plus grand nombre de projets. Ces insti tutions, contrairernent

a

ce qu'on en attendait, ne se sont guere montraes efficaces dans ce domaine.

(6)

:... 1~ 3~.lque afz-ioctine de developpement, dor ... t Ie dome.ine d r action est vasta et qui est disposee

a

examiner un large

eventail de IJrojets« i":ai8, de me!:!e que Ies banques nationales de deve1.oPPo,"",nt, 1& JAD "tten8, toujou~s que lui soient presentes des projets, :lont l".n~tio,tive r~vier.t il. d'autres. Des dispositions' sont prises actue1lcll'ent en vue de la creation d'une branche de 1a llan,lue qui aura pour fonc tior! d' aider les pays afrioains 2" etablir

des prvjeis ele developpa;r.eJot, c' est ce que la Banque mondiale a

1" v. Dan" cerc,,"ins pays africains, des offioes de cOllhllercialisa tion detiennent C.~3 fonds en depot pour les agrioulteurs. On peut prevoir qt:.e 06.3 o::fic6S jc..:t:.0r')::1t un 1'ole actif dans certains secteurs de l'in-

dU3-f~l~ie, notamrtlont CelJ.X qui l'elever.t de la transforrr:ation des produi ts agricoles locaux. 110 pumT·ient fort bien, dans oe cas, cor.stituer la princi:pals S0uroe de c~pitaux looaux.

11. On peut I'ar~goI' C.a.riS J.a serr.e categorie les fonds aocUInules par JBS compagr'ciec (1 1 a,::Rurance tIes caisses de retrai te, les caisBes d j 13- pargne de'3 co1lectivitao rGli6ieuses dans certains pays, at d'autrea organisms" d'§pargne. Certains avancent que cette epar",ne doit en

majeure partie @tre investie

a

I' etrar.ger,

au

lea risques sont moindres.

Cepel'ldant, CeS fonds etf.l.::lt d'origina locale, ils doivent, en touts

justico, et.:-e iYL":"8Gt:! 3 locale!i1ent. :J:1.ns oertains cas, les gouvernements afr:"ca::ns de-":.:<)nt in"tervenil~ pOla' evi ter que CeS sources de capi taux, virtuellemGnt irr.porta:ltec:, ,jOi8nt detournees vers 1 t exterieur.

12. Les ('a;es0s a'cpargn9 et les banquGs commerciales de tous les pays af'ricair..n cl~:rri v~nt ii deterdl' un vol urne croissant d J epargne, dor--.t Ill. majeure pal'ti8) suj7ant 1" pratique commune

a

uh gTand nombre de pays, est encorb investii:: da.DS r?8S valeu~s etrangeres, Oll aupres de sooietas meres ou de ban'luee COr,T'9s:;?ond.ar:..tt:s hers dtAfrique. COnl:ae on Ie Verra

(7)

- 5 -

plus loin, les agences africaines de certaines banques commerciales etrangeres contribuent acniveme.nt

a

attirer des investissements de l'etran6er en offrant leur. participation sous forme de pr~ts en capi- taux preleves sur l'epargne locale.

13. Dans nombre de pay~ d'Afrique les revenus personnels sont imposes

a

un niveau si bas qu'il y aurait lieu de relever, au moins dans une certaine mesure, Ie taux des contributions. De fagon plus generale, un systeme de recouvrement plus efficace des imp6ts effectivement leves, notaroment sur les revenus provenant du commerce de detail, per- mettrait d'accroftro les ressources dont l'Etat pourrait disposer en vue du developpement.

14. L'epargne privec, au sens Ie plus large, constitue egalement une source importante de formation de capital. Les expatries en res~dence,

les collectivi tes commerciales (tels que les Asians du Ker:ya, de l'Ouganda et de la Tanzanie), les membres des professions liberales, un groupe de plus en plus important de la population autoohtone ainsi que les gros proprietaires et hommes d'affaires de pays tels que

l'Ethiopia at l'Ouganda, detiennent una importante partie de la riohesse d'un certain nombre de pays d'Afrique, at la transformation de la struo- ture de l'utilisntion de cette riohesse, deja en cOUrs aans certaines regions, peut se trad.uire par un apport appreciable de oapitaux locaux au developpement industrial.

15. Les associetes d'epar~ne et de credit constituent une autre source utile de capi taux, dont I' usage est largement repandu daus les pays lndustrialises, notamment pour la construction et l'amelioration de 1 I habitat.

16. II serait utile que les gouvernements creent et protsgent une bouxse nationale des valeuxs. La Nigeria a .fai t une premiere tentative dans oe sens, et d'autres pays atricains pourraient utilement etudier oette experience.

(8)

17.

Certains pays s& procurent des capitaux au moyen de la vente de bons

a

lot. Lorsqu I i l n I eJ,iste pas de bourse de type tradi tionnel,.

ces bons, vendus par les bureaux do poste, les banques cO~T.eroia:es

et. diverses institutions, ou meme-moyennant une deduction sur 1e salaire des employes, oonstituent un moyen efficace de mobiliser.des fonds nationaux en vue du developpement.

18. Les loteries nationales, que certains condamnent pour des motifs d'ordre ~oral, ont toujours du sucees dans les pays'ou les salaires sont bas. Pour Ie travailleur sans reseouroes, incapable d'accroitre

sensible~ent ses revenus en travaillant davantago ou plus longtemps, la 10terie cst la seule ohance qui s'offre de faire tout

a

coup fortune.

En general, les benefices qu'un pays retire de ces loteries sont tres' important" par rapport

a

leur cont. La Ghana en possede une tree prospera qui pourrait faire l'objet d'une etude.

19.

_Si l'aide strangere ne peut normalement etre considcree comme une source de oapitaux locaux, e11e permet neanmoins de liberer des fonds nationaux qui peuvent ~tre employes

a

d'autres usages. Lorsque l'aide se preeente sous la forme de biens ou de services qui devraient autrement

@tre achetes au moyen de devises, elle permet una reallocation de 1 f."pargne nationals. En permettant aUX pays en voie de developpement d'aocroitre leurs reserves de devises, l'aide axterieure 1ibere aes oapit:lux et apporte un en,~ouragement supplamentaire aux investisseurs . etrangers.

20. Si tellss sont lee sow'ces reelIes de oapi taux locaux utilisables pour Ie developpement industriel, quelles sont les possibilitea d'apport de l'stranger ?

21. Les apports de oapitaux en provenance de pays de l'ouest at d'Europe de l'est ne sont pas necessairement incompatibles. Si des fonds prove- nant de ces deux: sources peuvent Iltre employes

a

des fins produotives, il n'y a aucune raison pour qu'ils ne soient pas utilises dans un m3me pays; ils peuvent egalement eervir aU finanoement de l'achat d'equipament, de matieres premieres essentielles au de services. lIs peuvent etre

utilises pour des etudes et, eventuellement, des programmes de formation.

(9)

- 7 -

22. En regIe generale, o.alls les pays d'Europe de l'oues~ et en Ameri'l.ue du nord, la decision d'investir danb l'industrie ne revient pas en pre- mier lieu au gouvernement. Dans certains de ces pays, Ie ~ouvernement

n'investit des fonds dans les projets industriels des pays en voie' de developpement que si ur~ societe privee s'engage au prealable

a

prendre

a

son o~mpte une part des actions et

a

fournir, pour la gastion du pro- jat, du personnel experimentE. II est indispensable de bien saisir Ie mecanisme de oette procedure Car il est arrive dans Ie passe qUe des gouvernements africains aient cru se trouver en presence d'un choix de sources de c~pitaux industrials, alors que celles-ci etaient en fait complementaires, si bien que lorsqu'ils avaient accepts de cooperer aVeC un gouvernement de l'ouest dans Ie cadre d'Ull projet donne, les propositions faites par l'entreprlse prlvee du

me

me pays

faisaient double emploi et etaient par consequent sans objJt.

23. 1e Fonds Cooley des Etats-Unis illustre Ce poino. Il est repre- sente dans les pays ou sont vendus des produits de base amerioains excedentaires. 1e~ Etats-Unis acceptent d'etre payes en monnaie locale et conservent les fonds dans Ie pays d'origine en vue de les utiliser

a

augmenter la oontribution d'investisseurs americains

a

des pro jets nationaux. Comme nous I' avons indiq~e, les ,,'~nds peuveEt etre utilises pour Ie financement en mOlmaie locale d' ur. projet de developpemcnt in- dustriel, mais £OU8 reserve q~'un investisseur americain se Boit au prealable engage d participer aU projet. L'investissour aura droi~

a

un pr6t du FondiJ Cooley, qu I i180i t associe avec des invez,tiEseurs 10- 'caux ou q u' il opere po~r son propre oO!dpte.

24. L'Export-Import Bank, a~tre organisme public amciricain, a pour fonction precise de prater des fonds en vue io l'achat de biens d'equi- pement arr;ericains : maclli01es, ca!dions, gros outillage agriIJole, eto.

Comme la plupart des banques, 1 'Export-Import Bank ne consent que des prets d'un montant minimLL'll, en general de l'ordre de 30(;.0(;0 dollars.

n

exige egalement que l'emprunteur possedo une part importante des aotions dans Ie projet en question.

(10)

25·

Dans certaines circo:;stances exceptionnelles, l';;SAID (Agence des Etats-Unis pour Ie d6veloppernent international) a corrser-ti d'importants prets

a

faible intergt en faveur de projets etrangers que l'Export- Import Bank s' etai t refusee ,", finanoer sur una base commeroials. Tou- tefois, Ces examples sont rares et les demandes doiver-t toujours etre presentees en premier lieu

a

1 'Export-Import Bank.

26. II exists aux Etats-Unis des organismes, associes

a

un certain nombre des grandee banques stappeles Edge Act Corportations, qui sont destines

a

partioiper

a

des pro jets de developpement etrangers, au moyen d'accions ou de prete, ou des deux ala rois. Ces organismes n'acceptent en general pas n~oins d'une partioipation de l'ordre de 300.000 dollars • . Elles presentent Ie grand avantage, en plus de leur oontributior: en capital, de posseder des relations tres etendues dans Ie milieu des a1'faire8. Lorsqu' elles s' interessen t

a

un pro jet, .elles ont la possibilite d'entreprendre ur.e vasta crunpagne en vue de decou- vrir ~n associe de oonfiance.

27. Certair.es banquBs bri tanniquea possedent des sociaMs de develop- pement

a

l'etranger ~ui fonctior.nent a peu pres de la meme fa9or..

La Commom<ealth Development Corporation est touj.~urs disposee

a

inves-

til' dans· les anciennes colonies britanniques, de meme que la CCCE dans les anoiennes colonies frangaises9

28. Les ban~ues d'investi~semer:t des pays industrialis6s jouent un 1'8113 en Afrique em apporto.nt une contribution aux diverses branches nationales d I investisse,nent et en s' effor9ant de rnobili Ser des capi- taux en vue de projets par·~iouliers. Ce role pourrai t gae;, er oonsi- derablement en ampleur. Detenant des capi taux tree importants, 0 es banques investissent par l'intermsdiaire d I autres bB.nques qui, du fait de leur cor~issanoe d'un projet donne ou de la situation d1un pays, peuvent leur fournir des avis eolaires. De oette maniere, elles peuvent apporter des capitaux

a

des projets d'investissement tres divers sans avoir besoin de di~poser persor~ellement des services d'un personnel nombreux specialise dans differentes regions ou differentes industries.

(11)

9

2$. Comms on l'a vu plus taut, les gouvernsments de nornbreux pays industrialis€s de l',.ue~t, preferent participer au developpement indus-

triel africain soit par l'attribution d'une aide venant en complement d'un investissement assure par une societe privee nationale, soit en garantissant

a

des entites africaines, par l'intermediaire de divers organismes publics, des prets destines

a

lfachat de materiel

a

cette societe privee ou

a

une participation

a

ses projets. Des operations de Oe genre, generalement assimilees aux credits de fournisseurs, ont, dans les derniares annees, permis d'orienter un volume d'aide important vers la creation d'entreprises productives en Afri~ue. Leurs inconve-

nients, mentionnes plus haut, contra1gnent les pays afrioains

a

reduire

progressivement la part des credits de fournisseurs dans les capitaux etrangers qu'ils doivent se procurer pour financer leur developpernent.

On doit trouver d'autres moyens pour orientar vers Ie developpement de lfAfri~ue l'aide des gouvernernents etrangers, des banques Commer- ciales et des societes d.'investissement dent les res£ources servent

ac~uelleffient

a

f1nancer ces credits de fournisseurs. La Caisse cen- trale de cooperation eCOnOmi'lue (eCCE) et Ie Fonds d'aide et de coope- ration (FAC) pr~tent leur concours

a

oertains projets dans les pays dfexpression fran9ajse. La Societe allemande de developpement parti- aipe au capital social ou au capital d' omprunt lorsqu' il s 'a,,"i t de projets auxquels sont associ.es des ir_terllts allerr.ands.

30. Dans certains pays africains ou Ie rapatriement des benefices est autorise par la loi, il peut arriver \lu'une penurie rnomentanee de devises rende ce rapatriernent t<amporairement impossible. Dans des cas semblables, les benefices accllmulees par certaines societes etran- gares se presenteron·c SOUS la forme de devises bloquees. Du fai'; qu' ils ne peuvent etre rapatries, ces fonds reS tent en general improductifs dans. Ie pays d'origine •. II arrive parfois 'lue les societes qui Se

trouvent dans cetts situation se laissent persuader d'investir aes fonds at de lea faire ainsi fruotii·ier en prevision du moment ou, la si tua tion s'ameliorant, i1 sera de nouveau possible de les transferer

a

la

(12)

societe mere. M::tis Ie b10oat:~e de fonds ne de'Vl"a jamais etre encourage, car il oonstitue un grave ob8oaole

a

l'investissement.

31. Contrairement a oelle des pays de l'ouest, l'aide en capital des pays d'Europe de l'est fait invariablement l'objet de ne€ooiations aveo les gouvernements ou aVec des organismes speoiaux consti tues pour

representer oeux-ci a oet effet, et constitue la seule souroe d'assis- tanoe apportee par OeS pays au developpement de 1 'Afrique. Les pays a economie planifiee ont mis au point un grand nombre d'instruments d'aide divers au servioe du developpement de l'Afrique.

32. Certains de oes pays sont devenus des produoteurs renorrunes de biens d'equipement divers. Cependant, les pays africains n'ont en general qu'une experience limitee ~os problemes de speoificatior~ et de prix lorsqu'ils passent des oontrats pour l'achat de ces biens et des difficultes ont ete egalement posees, dans Ie p&sse, par l'etablis- sement des calendriers de livraison.

33. Lee pays

a

economie planifiea aooordent en general una assistanoe

a

l'Afrique en vue de son developpement industrial, au titre d'aooords de pr@ts generaux passes au niveau dee gouVernemen~s et qui preVOlent des oondi tions nniformes, quelle que soi t la oate30rie du projet d~nt

i18 regissent Ie financemer.t. ·Toutefois, ces conditions sont en general aooeptables du point de vue de 1 'inter!lt et des ddais de rem~boursement,

pour toute entreprise industrialle raisonnablement prospere.

34. Les pays a aoonomie planifiee conoluent souvant, parallelement aux aocords de prets, des accords d'assistance techr.ique relatifs ala four- niture d'une aide au developpement industriel. Ces aocords prevoient la possibilite pour lee pays africains d'obtenir une aide dane Ie de- maine de la gestion, tout au moins au stade initial do fonotionnement d'une entreprise. Cette aide est souvent oonJontie etant entendu que du personnel de remplace;nent sera forme locsJ.ement en cp.elques annees et o'est lit un point q·.Ie les paye afrioaine doivent retenir. A noter d'autre part que 10 fournisseur des servioes de gestion n'set pas pour autant tenu rpsponsable dt:. SUCC88 corr:mercia~ de II entreprise.

(13)

35.

Bien que nous ayons msntionne oi-dsssus les sourceS ds financement africaines et etrangeres les plus eVidentes, nous omettrions, en nous arretant la, la plus importante de toutes, c'ast-a-dire les recettas accumulees par les societes pros pereS dans les pays africains eux-m@mes.

Les statistiques demontrent que, dans tous les pays, la source princi- pals de fonds d'investisSe["ect est constituee par les benefices non repartis qui sont en general conserves par les compagnies dans des comptes-exeedents. II est done evidect que des industries prosperes offrent Ie meilleur moyen d'accelersr l'industrialisatioc, pourvu qu'elles ne transferent pas leurs benefices

a

l'etranger.

36. Pour completer la lists des sourCeS de oapitaux, mentionnons les diverses sourCeS multinationales, nota~ent celles qui relevent de l'Organisation des Nations Unies.

37.

La Banque internationals pour la reconstruction et Ie developpement, generalement connue sous Ie titre de Banque oondiale, accords frequem- ment des prets importants aux pays en voie de developpement, mais SUr- tout pour Ie financement de grands projets d'infrastruoture. On sait qu'elle en a. aonsentis a'l'Afri'l.ue pour la construction de barrages, de chemins de fer at de ports.

38. L'Association internationale de developpement, Jmanation de la Banque mondia1e, di'ff'ere de oe119-oi en oe qu'ell" est specialisee

dans les pr@ts

a

faible interet. Ces prets sont consentis

a

des pays qui, du fait de la position de leur balance des paieme!lts, ne peuvent assurer Ie service d'emprunts commerciaux normaux, mais uont Ie deve- loppement pourrait gtre sensiblelClent avance gr!l.ce au projet pour le(lUel un pr@t est so11icite.

39.

La Societe financiere internationale, qui depend 8galement de la Banque mondiale, finance exclusivement des projeta relevant du secteur

prive. Sea prgts sent destines au developpement industriel, mais ils peuvent parfois prendre la forme d'une contribution a des banques de developpement industriel plutot qu'a l'industrie el1e-ffieme. Ce point se trouvs illustre en Afrique par la constrlbution de la SFI

a

la Banque de developpement de la Nigeria.

(14)

40. En Europe, la Bailque eu~opeenne d'investisee~ent, creee par la Communaute economique europeenna, accorde des prete ~ faible interet aux membree du Marche commun ou aux pays aSBocies, c'est-a-dire, notaffi- ment, la plupart des pays africains francophones at la Nigeria, seul pays du Commonwealth ayant la qualite de membre associe.

41. Ayant ainsi" determine les principales sources de cap1taux, tant en Afrique qu'a l'exterieur, nous passe~ons maintenant

a

ce qui est designe dans l'ordre du jour sous 1e terme de "mecania~es de finance- ment", Les accords entre associes different suivant chaque projet et present9.nt"par consequent une variete infinie, la question de la coo- peration ent~e l'Afrique et 1es capitalistes strangers dans 1e domaine du developpement devra faire l'objet d I une etude approfor~die. On trou- Vera toutefois ci-dessous exposees certaines considerations essentie11es.

42. Une entreprise comporte toujoUrs des risques. Les risques finan- Ciers pris par la societe doivent ~tre couverts par le capital social.

Une certaine partie du capi tal total necessaire il. une entre prise doi t donc etre fournie par ses proprietaires. Le rapport entre capital sooial at capital d'emprunt depend dans une large ~esure de la nature de 11 entre prise nota~lnent de l' i~portance du capital fixe et des

risques courus. Les entrey~ises qui 80 sont revelees ~entables attirent davantage les capitaux d'edprunt; aussi la part du capital social

peut~lle etre dans ce cas plus redui te par rapport au capital d' e'oprunt.

Tbutefois, il filexiste que,peu d'entrepriees de Ce type en Afrique.

On peut dono prevoi~ en regle generale, bien que chaque cas doive faire llobjet d'une etude individuelle, que la part du capital social dans le capital total necessaire aux entreprises industrielles en Afrique sera au mains egale au capital d'e2.prunt.

43. Les capitaux priv9s etranbers peuvent penetrer en Afrique par des moyens multiples, maie les trois plus courants sont ~es suivants I

(15)

- 13 -

Une societe commeroiale possedant une longue experience dans la distribution d'un produit donne decide d'en assurer la produc- tion localement. Une decision de cet ordre peut etre provoquee par une nouvelle concurrence ou la menace d'une aUJaentation des droits de douane, la societe cherohe alors, pour proteger son marohe,

a

s' assurer un droit de preemption en fabriquant sur plaoe.

La

direction peut egalement decider de commencer

a

de- vel opper la fabrication avec l'intention de Cesser ses activites commerciales ou encore parce qu'elle pense qu'en produisant sur place elle peut amener une augmentation de la consommation. Ce resultat peut @tre obtenu gr~ce

a

una reduction des prix, possi- ble du fait que Ie prodult est fabrique localement, et, dans la plupart des cas, grace awe avanta~es fiscaux dont beneficient lee artie los produi ts sur place par rapport awe marc;1andises similaires importees.

44. Quels que soient seS mobiles, la societe invitera vraisemblablement son fournisseur

a

participer avec elle

a

la nouvelle entreprise en

tant qu'associe technique. II est egalement de pratique courante en Afrique d'inviter la banque de developpement nationale

a

participer

a

une associ .. tior. tripartite. Toutefois, les deux associes etrangers ayant assume la plupart des risques, nota~"ent s'ils ont contracte des prete, ils exigeront d'exercer la gestion en commun. Les interets entreront en cor~lit lorsqu'il s'agira de savoir si les aSBocies stran- gers devront @tre autorises

a

detenir la majorite des actions de la societe et

a

nornrr.er 1a majorite des directeurs. Le capital dfewprunt se preJentera sous deuX formes - omprunts

a

long terme et emprunts

a

cO.Jrt terme - ct, naturelle;llent, les aSBocies etrangers se procureront

CeS fonds aupres de leurs so",-'ces habi tuellee dans leurs propres pays.

Cependant, los banques locales pJurraient fournir tout ou partie des prets

a

court terme destines au oapital d'exploitatiol1.

(16)

45. . C I est la sa.:.,,:.; t" .... ; ... :vcq. v-::'':Li.t::d not.,3 1 f "C.,vwi1i:! ir..dique, la voie et1pl~u··1."t.

par la plupart d-,s cccpi GalUC etrang€rs investis dans d<38 entrepriseE africair-esj mai3 It::u b8.nqaes j(Judnt egalement un role caracterise d.ans ce domain". 1 .. :. 8tructUl'e bar.cairG C!e l' Lf"ique a snbi des ;nodifioa- tions irupor-cante:; dap.~ les dix darniere& anneas. Alors qu' autrefoifl les b9.nques <5taie:nt P.t)U nombrGu~~6o Gt rGlevaie;1t eJ.::clusivement dt:..s puissanc:es ad.:niniEltrantes, preSGllt0nt "J':',n'd'hui UCle beaucoup plus grand0 7~iete, L8S ban\iucs f ... '!le:r'ic~d.nes, no t::.w1!I!lent , sont ent~'ees en scene, s~.lit sou:.:; 16ul' p:cop~:'e 110m; SQ:l.t en tant qu1actionnai:rea (lc

"Odnque3 etr.bl:'os,~ I?~ :;:=::':"'_';""''';'::C::'.'~';',...:.

-.First l~~~d.ona:L 0i ~¥2?:::J~1

la fla.:!k_ o~ kl~i"o" L

!:L>:-::.g,,?!, __ GuaE'!;"0';r., lrving Trt!.s .~,

et d t autr2!s Se SQnt 5.nztall;§s r£00mment, la ::;;lupart dans las six ue:t:- nie=es annees. Bien qn i en Jui!:;.:! r:'01Ilb::.:'o i d<S;H banquGs suisses,

46. Ces ban~u3 S J

a

1 J af'f'l:r:: d..r3 11011'\1 ;;; -;;UVPl'tures oommerciales, recherchent C(;!H:i'taJ{;i-;lQ~t d.es f,(.sRihil::i. .o.;ea d I inVe:3tissement pou::!:." leurs clients respect:i_fc. 1lo!'aqu1bllBS on ieGOlrvrent, el1es en infor:len"'1,j leurs eli'ants c-~ ils L8t '~c.-:''1.t er:.snmbl:;: c.u point 1e'3 combinaisonB fin~,n-~

ciares pr-<;St;~ntant Iv .. L3,X~,"llJ.'11 di &'~/an~ag-';.D :pDur chCi.cun. La principe d'une partioipa:tlV!1. £:..i".::·ll;CJ.inJ a-tant C~0 !J:i.C.d en plus admis at QncQurage, oes .grou:::..-:JrJ.ents LO sOGi.§tia prod.uot:!:'iL'3S ot u9.nc.aires 0hel'oheront en

sener'al

a

8 1 ad.ioiI;(~:re des d.ssocies oi'rioainsb

ria

enco:.'e~ les inves-..

tissellrs- etrang0T;J qui o .. yb P:":i3 1 'initiativ0 at qui a(:sument, a leuJ_' sens; I' ossenticl l'.JS risqu_8s, e:r.:ige::-ont que 18. responsabili

is

do la

gestion lOlU' J,'aViur~llG Pj:'8uque integra1ementl! P0ut-f;tre 16:8 investis- ssurs etrangers ne se rcnc.e:1t-ils l'a::J suffis=en~ compte que les C.J.- recteurs loGa~c US ces e~trepriees au~ont la ffierne fagon de voir et le mllme inte~'Qt qu' eL1X au succes d' .;fai:::-e, et que les activite'3 du personnel da gastion africain BG eY-patrie, qui oonditionneront en de- fini ti va Ie suoces de l' entreprise, conferent une responsabili te e(;2,10

a

tou" les inv"stissours, sans dis tine ticn, qu! ils soie nt majori tairss ou mjnorit3.ires, 3.friuajns ('u etrangers.:

(17)

~ 15 -

47. Les gouvernem"nts afrio, ins eux-memes jouent egalement un r.81e important dans l'accroissement des investissements etranbers en .Afrlque.

En depit de ieur attitude ambivalente

a

cet egard, ils s'efforcent to us de decouvrir dans leurs pays des possibilites d'investissement.

lIs s'y occupent parfois eux-memes mais, dans la plupart des cas, ils utilisent des consul'cants sous contrat fournis au titre de divers pro- g:::'aIr.mes d'aide bilaterale ou par 1 'Organisation des Nat:.ons Unies.

Les donnsas recueillies au sujet de ces possibilitas d'investissement sont commth'1iques par les africains et par certains ,,;ouverne:nents etral1- gers

a

des organismes commerciaux, des banques, et des groupements de societes commerciales et de fabricants hors d'Afrique. Lorsque des 80cietes se declarent interessees, elles sont invitees

a

se rendre dans Ie pay3 en question,

a

rassembler des donnees complementaires,

a

s' ontretenir avec Ie gcuverne:nent et as' ef£"oroer de mettre au point des aSBooia tiona,

48. Pour intensifier 1 'afflu-x de oapitaux speculatifs vere 1 'Afrique , leB gouverne~ents africains devront entrer en relation avec les entre- prisee commerciales et les intermediaires qui, dane les pays industria- lises, c.o:lsti tuen, Ie lien Ie plus direot avec Ie monde des affaires et de la finance, pour la raison tres simple que les meilleurs pro~o­

teurs sont en g€meral les hOlJl!lles d' affaires strangers qui sont disposes

a

prendre €lux-memes dee risqu6s. En regIe generale, OeUX qui n'ont pas peUl" du risque sont de lOin les plus convaincants. Oe sont €lUX egaleinent qui connaisser.t Ie mieux les organismes commerciau-x exist"nt dans leurs pays reapectifs. AUBSi sont-ils Ie mieux place pour savoir qllelles societes productrices pourraier,t Ie pluB vraisemblablement etre interessees.

49. En Afrique, Ia dimension du marche determinera g~neralement Ie .suaces d' un programme d' expansion industrielle. AWh.i Ie tbeme de la

presente conference est-iI, d'un bout

a

I'autre, la necessite primor- diale dtune cooperation aconomique plus pousse8

a

i'echelon sous- regional.

(18)

gastion, abouti t frequernment une impasse au cours deb negociations car les gouvernements tiennent en general

a

oonserver la direction ef- fective de certains types d'industrio, conformement

a

laur politique de sauvegarc.e de l'independance nationale. De son cOte, l'investis- seur etranger, lie par les obligations qu' il estime avoir vis-a-vis de ses actionnaires, refuse parfois de renoncer

a

ses principee en abandonnant cette direction. Le result at est qus Ie taux d'industria- lisation r~ suit pas Ie rythme prevu. Irrites et decourages par oette attitude, les gouvernements cherchent parfois d'autres associes et s' adressent notamment aux omnipresents courtiers en machines, dont on cons tate ala lonciUe qu'il'..s ne sont pas des associes ideaux dans Ie lanc93ent et la gestior. dlur~ entrsprise commerciale.

51.

Ls probleme qui se yoss ioi est celui c.s l'education des eouverne- ments africair~, qui c.evront apprendre L ac.opter, en oe qui concerne les entreprises industrielles d~nt ils partager.t la propriete et la gestion avec des etrangers ou mflme qu'ils possedent et gcrent eux-m€mes, les attitudes, les poli ti"lUeS et les procedures capables de concilier I' absence c.e contraLe bureaucratique qui doi t caracteriser toute entre- prisss industrielle, avec Ie maintien de leur entiere responsabili te pour ce qui est des fonds publios qu'ils ont ir.vestis et c.u developpe- ment industriel du pays. Ce probleme est general et non pas particulier

aux pays africains, mais il est peut-fltre plus grave dans la region, stant donne :l,b manque c.' experience des gouvernements africains et la liberte totale d'exploitation dont les societes etrangeres ont

jusqu'ici beneficie SL<r Ie continent.

52.

Rien ne peut remplacer une gestio;:, financiere saine, ainsi que de nombreUX exemples vienner.t concinuellement Ie confirmer en Afrique.

Lea paye africains, dont les reserves de capi taux sont limi tees, devronl les a~inisGrer aveC scin et les repartir, parcimonieusement slil Ie faut, ~ntre autant d'entreprises (;ulils reussiront

a

en attirer.

(19)

- 17 -

Leur participation augment era loreque, les revenus croissant en Afrique, un plus grand nombre d' Africains et d' insti tutions africaines pourront jouer Ie r81 e qui leur revient, encore ,,-ue, memc alors, la participation des Africains au niveau voulu pourra exiger la mise en oeuvre de poli- tiques concertees. Mais la question la plus importante est celIe du meilleur mcyen d' a ttirer dGS maintenant des indus tries.

53.

Bien que Ie present document n'ait jusqu'ici traite que de l'in- dustrie, il n'est pas douteux que l'agriculture demeurera pendant un certain temps la principale activite economique de l'Afrique. Mais cells-ci pourrai t certainement etre vlus· fructususe si des mesures

"taient prisss en vue de I 'application de techniques commerciale.s modernes

a

cs secteur. L'Afrique de l'ouest a manifeste jusqu'ici une opposition au systeme des plantations, qui entrafne l'alienation des terres

a

dee strangers.

54. Une methode acceptse v~r les dirigeants africains est celIe du

"noyau agricole ", Particuli c,rement bien adaptee ii. la production de cultures arboricoles pour l'exportation et ii. des projets qui comportent certiaines operations de transformation, cette methode "limine presque entierement les caracteristiques discutables de l'ancien systeme des plantations. Elle prevoit la creation dtune soci~te, constituee en general par un associe producteur etranger, une ~anque de developpement ou une autre entite locale, at des interets financiers 6trangers. Cette societe, apres avoir choisi une region presentant des conditions favo- rabIes

a

la cuI ture en question, se voi t accorder un bail de lon.sue duree sur une terre que Ie Gouvernement a ache tee

a

Son intention aux proprietaires locaux. CeS "noyaux agricoles" pourront, avec Ie temps, sa transformer en centr.es charges de diffuser des techni'lues agricoles perfectionnees aupres des petits exploi tants a!',Ticoles locaux.

(20)

55·

Avant de clore cst expose trop bref d'un sujet extr5mement vaste, nous ajouterons quelques mots sur la gestion. Bien que 110US ayons insiste sur ).es sources de financement et sur quelques-unes des asso- oiations auxquelles il peut donner lieu, il ne faut pas perdre de vue que la premiere condition de succes pour un investissement est une geetion saine. On peut merne souvent dire que l~ capital vient de lui-m§me aux entreprises bien ~erees. En fait, s'i1 est ~ai que la deoision d'investir est I1Ge

a

certaines caracter1stiques favorables d'un pays, sor_ marche at son c1imat financier, la consl.deration qui l'emporte est souvent le fait qu'une entreprise renommee pour la qualite de sa gestion a choisi de s';,' etablir. Lorsque lee 3'ouvernements afri- cains s'efforcent d'attirer des cap1taux, 1a mesure 1a plus efficace qu'i1s puissent prendre est donc d'encourager des societes commerciales bien connues

a.

s'interesser

a

leur pays. 8i la soeiate qui decide de creer et de gerer une affaire en Afrique est connue pour avoir un Cer- tain nombre de reussi tes comillercialee a son acti::' , lee capi taux ne feront jamais defaut pour des projets de developpement. G'est pourquoi les gouvernements africaine devront s'efforcer de creer un climat

favorable aux 1nvestissements. II fie s'ensuit pas, toutefois, qa'ile ne devront pas, dans les negpciations, chercher a assurer ~ leur pays 10 maximurr. d'avantages.

56.

Une collaboration avec des societas bien etablies presente notam- ment l'avantage que, outre le personnel de geetio~ qU'el1es envoier,t en Afrique pour diriger les entreprises industrielles, elles peuvent en general mobiliser des ressources administratives et techniques de qualite pour resoudre les problemes 9xceptionnels qui se posent. A l'inverse, les cadres efigages individuellement so us contrats de courte duree ne peuvent compter que sur eux-m§mes et, d'autre part, ils ne sont nullement en mesure d'obtenir des capitaux supplementaires pour financer l'expansion de l'entreprise. On peut ajouter, en corollaire, que pour ~tre vraiement efficace, une direction doit avoir des ir,ter@ts en jeu. Des cadres sous COlc.trat, s'11s ne comptent que sur leurs

(21)

,

- 19 -

honoraires sa montr3rc~,t rare,nent aussi actifs qu'un producteur qui risque son capital~ TIne societe

a

qui on ne fait appel que pour la gestion, sans qu'elle soit effectivement associse

a

l'entreprise, atteindra rarement un rendemer-t maximum.

57.

II est de plus en plus oourant que des societas qui fournissent des services de gestion exigent des honoraires, m@me lorsqu' elles pos- sedent des actions dans }'entreprise. Ces honoraires sont parfois assez slaves, m~me lorsque la participation au capital est faible.

Cette pratique est dans bien des oas inevitable, encore que Ie mont ant des honoraires soit evidemment sujet

a

negociations. Elle assure en general une gestion sur place de meilleure qualite mais aussi, os qui est plus importan'i;, elle permet aux societes de consacrer aux opera- tions en Afrique les services d'un personnel de niveau eleve. La verite de ce qui precede est particulierement evidente lorsque, la societe locale se trouvant en difficulte, elle peut faire appal

a

des ho~~ea

capables d'obtenir de tous les points du monde, des capitaux supple- rr:entaires, des matieres premieres ou des avis techniques.

58.

TOute societe consciente de la situation actuelle de l'Afrique tiendra

a

former des Africains, dans les plus brefs delais possibles, en vue de pourvoir les postes de direction. Ce n'est pas la seulement une question de relations pub1iques. La r~ison eSsen tiel Ie est que les cadres expatries sont extremement coOteux et plus t6t les etrangers pourront etre re~places par des Africains, plus economiqae sera l'opera- tion. TOutefois, tant que la concurrence est faible, les frais ele'l9s que represents Ie perscnnel expatrie pourront @tre supportes par les consommateurs africains. Les gouvernements africains devront donc insister aupres des societes etrangeres operant dans leur pays pour qu'elles forment des Afriaains aUX techniqaes de la gestion aussi rapi- dement qu'ellas Ie pourront sans compromettre l'efficacite de la

gestion.

(22)

59.

La participation afric"ine

a

des entreprises mixtes ne devra pas se limiter

a

des postea intermediaires, mais s'etendre aUX postes de direction. Le fait [ue des directeurs africains prendront leur part des decisions irnportantes n 'enlevera rien

a

l' autori te des cLefs d I '"m-

trepri&es strangers ni

a

leur responsabilite vis-a-vis des investis- seurs etl.,'"arjgers.

60. No.us avons cherche dans ce document

a

;rai ter avec franchise la question des methodes de financement et de gestion des industries en Afrique. 11 est souhaitable qu'au cours des debats qui suivront, la [uestion Boit approfondie et qu'il en resulte une meilleure comprehen- sion mutuelle.

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