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Jules Ferry
Chapitre 7 : Rappels de chimie – introduction à la thermochimie
T7
I. Description d'un système physico-chimique
1. Définitions
Un système physico-chimique est un ensemble de constituants de nature chimique et d'état physique définis (O2(g) par exemple) pouvant évoluer par une ou plusieurs réactions.
2. Description d'un système
• Les paramètres physiques : température T, pression P, volume V, densité d=
eau pour un liquide ou un solide et d= T , P
airT , P pour un gaz.
• Les paramètres de composition : soit un système constitué d'espèces physico-chimiques Ai. Afin de caractériser la composition de ce système (surtout s'il y a évolution par réaction chimique), on peut utiliser, par exemple : la quantité de matière de l'espèce Ai : ni en moles (mol).
Remarque : il en existe d'autres, qui peuvent être intensifs : – Concentration molaire : Ci=ni
V en mol.L-1 – Fraction molaire (ou titre molaire) : wi= ni
ntotal avec ntotal=
∑
i
ni. On a
∑
i
wi=1.
– Fraction massique (ou titre massique) : xi= mi
mtotal avec mtotal=
∑
i
mi. On a
∑
i
xi=1.
Quand on dit que l'atmosphère est constitué à 80 % de diazote et 20 % de dioxygène, on parle de fractions massiques.
3. Définitions relatives à la quantité de matière
La quantité de matière n d'un système est le nombre d'entités chimiques (atomes, molécules ou ions) qui constitue ce système, exprimé en mole (mol).
Le nombre d'Avogadro NA est le nombre d'entités chimiques présentes dans une mole.
Par convention sa valeur est égale au nombre d'atomes présents dans 12g de carbone 12, c'est-à-dire environ 6,02. 1023 atomes : NA=6,02 .1023mol−1.
La masse molaire M d'une espèce chimique (exprimée en général en g.mol−1 mais l'unité légale est le kg.mol−1) est la masse d'une mole de cette espèce chimique.
Si on appelle m la masse d'un système de quantité de matière n et de masse molaire M , on a n= m M .
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II. Évolution d'un système physico-chimique
1. Transformations physico-chimiques
Une transformation d'un système correspond au passage d'un état initial (noté EI) à un état final (noté EF).
Dans ce chapitre, le système évolue selon une réaction chimique.
2. Réaction chimique et équation bilan de la réaction
La réaction chimique permet de décrire macroscopiquement l'évolution d'un système. À cette réaction est associée une équation de réaction (ou équation-bilan) qui traduit le bilan de matière. Cette équation de réaction donne la nature physico-chimique des réactifs et des produits ainsi que les proportions dans lesquelles ils sont consommés et produits : 1A1 2A2… = 1' A1' 2' A2'…
Les constituants Ai sont les réactifs de la réaction et les constituants Ai' sont les produits de la réaction.
Les coefficients i et i' sont les coefficients stœchiométriques des constituants Ai et Ai' .
Remarque : On parle d'un mélange stœchiométrique lorsque les réactifs sont introduits dans les proportions stœchiométriques. À ne pas confondre avec un mélange équimolaire où les quantités de matière initiales des réactifs sont égales.
3. Avancement ξ d'une réaction
Faisons, pour la réaction suivante, un bilan de matière à deux instants différents : à t = 0 (état initial) et à t quelconque (pendant que le système évolue) :
N2(g) + 3H2(g) = 2 NH3(g)
Au cours de l'évolution, à l'instant t, l'équation de la réaction chimique a été effectuée ξ(t) fois en mole ! ξ est appelée avancement de réaction (ou variable de DE DONDER) et s'exprime en mole.
Si la réaction est totale, l'avancement maximal est atteint lorsqu'un réactif a entièrement été consommé, on l'appelle le réactif limitant : Alim.
Ainsi, à l'état final, nlim(tfin) =0=nlim(0)−αlim ξmax soit ξmax= nlim(0) αlim .
Remarques : les réactions étudiées seront supposées totales (l'étude des réaction équilibrées n'étant pas au programme).
4. Réaction de combustion
Il s'agit d'un type de réaction (oxydo-réduction) assez général entre un combustible et un comburant.
Si le combustible est un hydrocarbure (ou dérivé assez proche) et le comburant est le dioxygène (se trouvant dans l'air par exemple) alors l'équation-bilan prend la forme : a Combustible+b O2=c CO2+d H2O . Exemple : combustion du méthane par le dioxygène : CH4(g)+2O2(g)=CO2(g)+2H2O(g).
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III. Thermochimie en réacteur isobare
1. Enthalpie standard de réaction
On appelle enthalpie standard de réaction, notée ΔrH °(T), la variation d'enthalpie du système physico-chimique subissant la réaction considérée pour une mole d'avancement de la réaction sous un bar à la température T fixée. Elle s'exprime en J.mol−1.
Remarques :
1. Ce sera la donnée de l'exercice si une réaction est présente.
2. Si les liquides et les solides peuvent être assimilés à des phases condensées et que les gaz peuvent être supposés parfaits alors ΔrH(T)=ΔrH °(T), peut importe la pression considérée.
Exemple : pour la combustion du méthane CH4(g)+2O2(g)=CO2(g)+2H2O(g) à 383 K, ΔcombH °(T)=−790kJ.mol−1.
2. Chaleur reçue Q en réacteur isobare et isotherme
Pour un système évoluant à pression constante, nous avons vu que le transfert thermique Q s'identifie avec la variation d'enthalpie du système : ΔH=Q .
Ainsi, la chaleur reçue par le système durant une transformation qui est due à une réaction isobare et isotherme est : Q= ΔH(T) = ξmax ΔrHo(T) .
Remarque : l'enthalpie étant une fonction d'état, le résultat trouvé reste exact lors de réactions monobares avec équilibre mécanique à l'état initial et final et monothermes.
3. Sens physique de l'enthalpie standard d'une réaction
Pour Q < 0, le système a fourni de la chaleur au milieu extérieur lors de la transformation, c'est-à-dire que la réaction chimique cède de la chaleur. On dit alors qu'elle est exothermique. Pour Q > 0, le système a reçu de la chaleur, c'est-à-dire que la réaction chimique a consommé de la chaleur. On dit qu'elle est endothermique. On retiendra donc le résultat général suivant pour une réaction :
• ΔrHo<0 : réaction exothermique ;
• ΔrHo>0 : réaction endothermique ;
• ΔrHo=0 : réaction athermique.
Exemple : la réaction de combustion du méthane est une réaction exothermique.
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4. Cas d'une évolution adiabatique et isobare (méthodologie à connaître)
Nous considérons ici une réaction exothermique en réacteur adiabatique et isobare (réaction ayant lieu dans un calorimètre). Initialement, le système a une température TI et, à l'état final, a une température TF à déterminer. Le réacteur étant adiabatique, le système n'échange pas de chaleur avec le milieu extérieur :
H=Q=0. Il en résulte que la chaleur dégagée par la réaction exothermique sert à chauffer les produits de réaction (et les réactifs restants).
L'enthalpie du système étant une fonction d'état, sa variation H ne dépend pas du chemin suivi par le système lors de la transformation. On imagine un chemin, de l'état initial à l'état final, constitué de deux étapes :
• Étape 1 : la réaction chimique a lieu à pression et température constantes. La température est égale à TI.
• Étape 2 : la chaleur fournie par la réaction chimique (étape 1) est transférée, à pression constante, aux produits formés et aux réactifs restants. La température du système passe de TI à TF.
Il vient alors :
• Étape 1 : ΔH1= ξmax ΔrHo(TI)
• Étape 2 : pour les j constituants restants après la réaction en quantité nj , on a : ΔH2= (TF−TI)
∑
j
njCp m , j car H est extensive et les liquides et solides sont des phases condensées et les gaz sont supposés parfaits (en fait isobare suffit …).
Ainsi, on a : ΔH =0= ΔH1+ ΔH2= ξmaxΔrHo(TI) + (TF−TI)
∑
j
njCp m , j soit : TF=TI− ξmaxΔrHo(TI)
∑
jnjCp m , j .
Exemple : transformation lors de la combustion d'un moteur diesel.
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État final
- Avancement final : ξmax - TF = ?
État initial
- Avancement nul : ξ = 0 - TI
État intermédiaire
- Avancement final : ξmax - TI
ΔH = 0
ΔH1 ΔH2
isobare
réaction
isobare et isotherme échauffement
isobare transfo réelle
transfo fictive