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Academic year: 2022

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Compte-rendu

Courchevel X'Trail (30kms)

Courchevel (73)

Raideur: Greg Date: le 09/08/09 Temps: 5H 38' 31''

Résultat: 97ème/143 au scratch (57ème/75 en SEH)

Le tracé

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Le tracé en photo

Le profil

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Les caractéristiques

Les photos aériennes (Google Earth)

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Le récit

Dernier trail de l'année,... et peut-être de ma vie (!); c'est ce que je m'étais dit en m'inscrivant à ce trail. En effet, après l'échec vécu sur le Merrell Oxygen Challenge, je ne voulais plus vivre de telles souffrances! Mais ce trail était alléchant, et me permettrait surtout de lancer mes vacances en Savoie. On repart donc pour un tour...!

Comme d'habitude, je prépare bien la course, en tous cas sur le papier! J'ai en effet étudié parfaitement le tracé et le profil, et connais sur le bout des doigts le parcours avant de partir. On ne peut pas en dire autant de ma préparation phyisque. Même si je me suis entraîné correctement, je sais bien que je ne suis pas prêt à 100% pour une telle course, dont les caractéristiques en imposent tout de même: 30kms (en fait près de 33!), et 2260m de D+. Un vrai trail de montagne!

Mais l'objectif pour moi est avant tout de me faire plaisir, de ne pas revivre une course galère, et bien sûr d'en prendre plein les yeux! Je me fixe tout de même un objectif-temps, histoire de rythmer ma course: passer sous la barre des 5h30!

J'arrive à Courchevel la veille vers 17h00, pour retirer mon dossard. Là, j'ai le plaisir de retrouver un raider de la région parisienne, Ivan Brodzki, désormais installé en région lyonnaise. On discute un peu, et je pars trottiner un bout (20 minutes), histoire d'enlever la fatigue des 8h de route.

Je me retire ensuite sur Moutiers, où je passerai la nuit pour éviter le bruit lié au départ des participants du 53kms, à 04h30. Mauvias calcul peut-être, puisque la chambre d'hôtel ressemble à une fournaise, et il m'est impossible de m'endormir avant 01h00 du matin, pour un réveil à 06h!

Nuit courte donc, et petits yeux au matin! Je remonte sur Courch' en vitesse et arrive sur place à 07h20, pour un départ prévu à 08h00. Le temps se révèle splendide, peut-être même un peu trop pour moi, la température augmentant assez vite. L'échauffement est très succint (5 minutes) au pied des tremplins olympiques: de toute façon,sur les 10kms de montée initiale, j'aurai bien le temps de faire chauffer la machine!

A 07h50, il nous est demandé de nous placer sous l'arche de départ, pour entendre le court briefing et attendre le décompte final du départ. A 08h00, nous voilà partis pour ces 30kms qui s'annoncent magiques! Je me situe au coeur du peloton, et décide de partir très prudemment, d'autant que dès le départ, ça grimpe! Et pas qu'un peu! Cette première bosse s'avère être la plus pentue de tout le parcours! Alors que les gros moteurs s'arrachent déjà, je maîtrise mon allure, et entreprends la montée très prudemment, mais à bonne allure tout de même. Les montées se font en marchant, tandis que les quelques portions de plat nous permettent de relancer l'allure en courant un peu. Et déjà, je profite de la vue!

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Cette première partie montante s'effectue bien: le rythme est soutenu, comme je l'attendais:

14 à 15m/min de vitesse ascensionnelle, c'est ce que je m'étais fixé pour ces 10 premiers kilomètres.

Après 3 kilomètres de course, nous arrivons à hauteur de Courchevel 1550, puis nous entâmons une portion à la fois descendante puis plate, qui permet de relâcher les muscles et relancer l'allure. Je suis même surpris d'arriver aussi tôt au plan d'eau (km5,5), qui marque le début de la 2ème partie d'ascension. Là, je cotoie des mecs qui ont l'air assez entraînés, ce qui ne m'empêche pas de quelque peu m'ennuyer de l'allure dans cette montée raide. Mais les chemins étant trop étroits pour doubler, je me contente de suivre le groupe, de me ravitailler et de prendre des photos, notamment de Courchevel 1850.

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Nous arrivons alors en vue du 1er ravitaillement (km7), ce qui me surprend un peu puisque je l'attendais qu'au km10 (erreur de ma part)! M'étant bien alimenté jusque là, je ne m'arrête pas, ce qui me permet de doubler tout le petit groupe que je suivais dans la montée. Me voilà angagé dans cette partie à découvert, sur une large piste de 4x4. Le parcours est parfaitement à mon aise: pente forte mais « roulante ». L'effort est intense, d'autant que nous avons dépassé les 2000m, mais je suis plutôt bien, à la fois frais et lucide.

Bien évidemment, la fatigue commence à se faire sentir au fur et à mesure de l'ascension, mais dans l'ensemble, je limite bien la casse, surtout que la chaleur commence à peser. Ma vitesse ascensionnelle est toujours bonne (12-14m/min). J'arrive alors en vue du Col de la Platta (2408m), 1er col du parcours, quimarque les 10 premiers kilomètres. Je comptais passer en 2H20, et là, je suis en 2h00 pile!

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Avant de basculer dans la descente vers les lacs Merlet, je profite une dernière fois de la vue splendide et dégagée que nous avions du Mont-Blanc durant toute cette montée!

Le début de la descente n'est pas trop raide, mais assez technique, si bien que je ne prends pas de risque, et me fais rattraper par 2 concurrents, qui bouchonnent un peu. Mais j'arrive au refuge des lacs Merlet en bonne position, et encore très bien physiquement. Certes, l'allure est loin d'être exceptionnelle, mais j'ai le mérite de courir tactiquement: prudent en descente et en montée, relançant quand le terrain est à peu près plat. A l'approche du 2ème ravitaillement, que l'on aperçoit de loin, la pente reprend de plus belle, au moment même où les concurrents du 53km rattrapent le parcours du 30.

L'ambiance ici est tout bonnement excellente: on est accueilli au son d'un accordéon, sous un chapiteau décoré et coloré! Un mec me bippe mon dossard (pour calculer le temps de passage).

Sans le savoir, j'arrive en 80ème position sur le 30kms. Là, je profite de ce carré d'ombre pour me ravitailler, m'étirer, et profiter d'une pause. Car tout de suite après, ça regrimpe, en direction du sommet du parcours, le col de Saulces (2456m). Dans la montée, je suis surpris de rattraper facilement pas mal de concurrents (5 à 6). Pourtant, mon allure est plus faible que précédemment (12m/min)... En haut, la vue est splendide, à la fois sur le parcours que l'on vient d'effectuer que sur le massif de la Grande Casse.

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Après un dernier faux-plat montant, j'entame une nouvelle descente, sous les dents de la Portetta, qui se termine par un passage assez difficile à travers rochers et buissons bas. Juste derrière, la pente reprend du poil de la bête pour rejoindre le col de la Grande Pierre, dernière difficulté du jour (2403m). Mais là, la pente est beaucoup plus rude que les précédentes: ce sont près de 250m de D+ pris en moins de 1km! Si bien que l'allure en prend un coup (9m/min), et les efforts se font sentir. Même si je suis doublé en cours d'ascension par un couple mixte, je ne perds pas pied, et effectue une bonne ascension, douloureuse mais courageuse. Le sommet marque le 20ème kilomètre, que je m'étais fixé d'atteindre en 4h10. Et j'ai encore repris du temps! Je passe en 3H45, soit 25 minutes d'avance sur mes prévisions, sans pour autant avoir eu l'impression de piocher des forces! Je me permets même de rêver finir en moins de 5h!...

Ce point du parcours se révèle être la plus belle vue. Alors en même temps que je range les bâtons et avale un gel, je marque le coup avec des photos:

Je le sais avant d'entamer la descente: j'aborde là mon point faible. Les 20 premiers kilomètres ont été exécuté tout en pensant à ces 10 derniers: j'ai à la fois voulu prendre de l'avance mais aussi préserver les forces qui me serviront à limiter la casse... Avant d'entreprendre, je suis

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plutôt bien: les jambes commencent à être lourdes, mais le physique et surtout le mental sont bien;

je n'ai pas du tout subi la chaleur. Le plus terrible, c'est qu'au loin (en bas), on aperçoit le lac de Rosière, lieu du prochain ravitaillement, et même l'arrivée!!! Je souffle une dernière fois avant de me lancer dans les crêtes du Mont Charvet.

Le plus beau passage du trail: un parcours en crête, tout en sinuosités et en technicité, avec en prime un point de vue magnifique à chaque instant!

Sur cette partie jouissive, je me retrouve vite derrière un concurrent, qui visiblement a le

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vertige, et dont l'allure me freine un peu. Mais il a l'air de refuser de me laisser passer, si bien que je ne vais pas aussi vite que j'aurais voulu... Cela tombe peut-être assez bien finalement, car même si j'apprécie franchement cette portion, je la trouve finalement très longue (presque 3kms), l'attention devant être permanente pour éviter un faux pas. C'est donc presque un soulagement qaund j'arrive en vue du point de bifurcation entre le 30 et le 50kms. Là, je marque un temps d'arrêt, à la fois pour assouvir un besoin naturel et pour souffler avant LA descente. Une descente vertigineuse, qui en l'espace de 3kms doit nous faire perdre près de 600m d'altitude! Le début est pourtant assez plat, les lacets servant à faire baisser le degré de la pente. Je tente désespérément de m'accrocher à un concurrent mais celui-ci est trop rapide pour moi. Au fur et à mesure de la descente, je ressens des douleurs aux abdosminaux. Ni mal au ventre, ni à l'estomac, ni aux cuisses, mais bien aux abdos!

La descente devient alors vraiment douloureuse. Mais je garde des forces mentales en me disant que personne ne me double jusqu'à présent... Je rattrape même le concurrent qui m'avait bouché le passage sur les crêtes. La douleur aux abdos s'atténue un peu, remplacée par celles aux cuisses et aux mollets... En bas de cette descente vertigineuse, je m'arrête et souffle un bon coup pour récupérer. S'ensuivent 3kms de plat, que j'effectue au courage en courant, avant d'arriver en vue du lac de Rosière (1600m), lieu du 3ème ravitaillement. Il ne reste plus que de la descente et du plat, mais j'éprouve le besoin de m'arrêter 5 minutes, pour boire un verre de coca et tenter de récupérer des forces à l'ombre, avant les 5 derniers kilomètres. Mais 5 à 6 concurrents (dont 3 filles) arrivent:

ils étaient pas loin derrière moi. Je me force alors à repartir avant eux, avec l'espoir de ne pas me faire doubler.

Petit coup de cul pour passer au-dessus du barrage du lac, et me voilà engagé dans une nouvelle descente de 2 kilomètres: celle-ci est roulante, mais c'en est trop pour moi: je n'arrive pas à trouver l'allure qui me correspond: si je lâche les freins, j'ai peur de tomber, et qui plus est, les jambes me font souffrir dorénavant. Bref, je trottine comme je peux, et me fait doubler par les concurrent(e)s qui m'avaient rejoint au ravito, et mon moral en prend encore un sacré quand en voyany leur allure. Heureusement, les 4 derniers kilomètres sont matérialisés par des panneaux, ce qui donne des points de repère. Ces derniers kilomètres se déroulent sur un terrain relativement plat, marqué seulement par quelques faux-plats. Mais dans ces portions, je ne peux m'empêcher de marcher, à bout de forces. A deux kilomètres de l'arrivée, je regarde mon chrono: 5h18: il me reste alors 12 minutes pour remplir mon objectif. Mais je sais déjà qu'avec l'allure que je tiens à ce moment, celui-ci ne pourra être rempli. Je rejoins donc l'arrivée comme je peux, sans me mettre dans le rouge toutefois (« A quoi bon? »). Arrivé en vue du lac du Praz, je retrouve une allure correcte, à la fois porté par la vue de l'arrivée et par les encouragements des nombreux spectateurs présents ici. Dernier faux-plat, effectué en marchant avant les derniers mètres rejoignant l'arrivée.

Le speaker annonce mon nom grâce à mon numéro de dossard. Je franchis la ligne en 5H38.

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Mes impressions à l'arrivée sont plutôt bonnes! Même si les derniers kilomètres (et les descentes en général) ont été durs physiquement, ma performance me satisfait globalement: je suis très proche de mon temps prévu, et j'ai réussi à boucler ce trail sans trop de souffrance, malgré la chaleur et la difficulté du parcours.

Parcours absolument merveilleux, à la fois varié et complet techniquement, le tout entrecoupé de points de vue magnifiques! Mention spéciale bien sûr au passage des crêtes du Mont Charvet, qui justifie à lui seul le trail!

Organisation exemplaire à tout points de vue, et sans aucun reproche à faire! Et un prix relativement faible (25€) pour le niveau de prestation (t-shirt ODLO, ravitos, repas et bière d'arrivée, douche, piscine, masseurs,...)

Ambiance des plus appréciables: solidarité, sympathie, pas de prise de tête... le vrai esprit trail!

Une course magnifique donc, pour un trail qui mérite d'être davantage connu et couru!

Après avoir récupéré (merci aux deux bières et au jet d'eau froide!!), je retrouve Ivan qui a lui effectué une belle course (39ème en 4h34), même si, comme moi, la dernière partie lui a été fatale physiquement! On discute un peu en assistant aux podiums, dont celui de Dawa Sherpa qui gagne aisément le 53kms, visiblement très en forme.

Comme prévu avant la course, je me dis que c'était là l'un de mes derniers trails, du moins aussi long... D'une part parce que je ne suis visiblement pas fait pour ce type de course (pas encore peut-être...?), d'autre part parce que pour être performant, il me faudrait me consacrer entièrement à cette pratique, ce qui selon moi est inconciliable avec un engagement à la fois sur les raids et sur les CO. Mais il n'y a que les c... qui ne changent pas d'avis dit-on...

Parcours ☺☺☺☺☺

Organisation ☺☺☺☺☺

Ambiance ☺☺☺☺☺

Intérêt ☺☺☺☺☺

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