FACULTÉ DE
MÉDECINE
ET DE PHAKMAC1E DEBORDEAUX
A.ÏST3STÉE 1900-1901 N'o 80
DU
SUC PULMONAIRE
DANS LES PLEURÉSIES PURULENTES
THESE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE
présentée et soutenue publiquementle 31 Juillet
1901
par
Jeanus-Francois-Martino PUJOS
Ancien Interne des Hôpitaux Lauréat des Hôpitaux Né àGondrin(Gers), le 12novembre 1874.
Examinateurs de la Thèse
MM. ARNOZAN, professeur.... Président.
DEMONS, professeur.... \ CASSAËT, agrégé
j
Juges.RÉGIS, ch. decours.
\
Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.
BORDEAUX
IMPRIMERIE Y. CADORET
17, Ruk Poquelin-Molière, 17
(ancienneruemontméjan)
1901
FACULTE DE MEDECINE ET DE
PHARMACIE DE BORDEAUX
M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES.... Doyen honoraire.
PROFESSEURS
MM. MICÉ i
DUP1JY Professeurshonoraires.
MOUSSOUS )
MM.
ri. . , l PICOT.
Cliniqueinterne j PITRFS
nv • . tDEMONS.
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LAGRANGE.
CARLES.
LE DANTEC.
Le Secrétairede la Faculté: LEMAIRE.
Pardélibération du 5 août1879, laFacultéaarrêtéqueles opinions émises dansles 1hèses qui
qui sont présentées doivent être considéréescomme propres à leurs auteurs,et qu'ele n'enten
leur donner ni approbation ni improbation.
A mon Présidentde Thèse,
Monsieur le Docteur ARNOZAN
Professeurde Thérapeutiqueà laFaculté deMédecinedeBordeaux,
Médecin desHôpitaux, Officier del'Instructionpublique.
Demain nous quitterons
Bordeaux,
emportantgravé dans
notre esprit et notre cœur le
souvenir des
maîtresauprès des¬
quels nous étions habitué à
vivre.
Nous ne saurions oublier les dix-huit mois que nous avons
passés dans le service de M.
le professeur Démons. A côté du
chirurgien éminent, nous avons trouvé en
lui
unmaître bien¬
veillant. Nous le remercions des nombreuses marques d'estime qu'il nous a données dans le courant de nos
études.
Notre année d'externat dansle service de M. le D1' Rondot
resteraun des bons souvenirs de notre vie d'hôpital. Avec les
meilleurs denos camarades Brun,Sauxnous écoutions laparole
d'unmaître sage et bon entre tous, dont
les causeries
aupied
du lit du malade nous serviront de guide dans notre
carrière
médicale.
M. le Dr Pousson nous fit l'honneur, l'année dernière, de
nous accepter comme interne, nous
l'en remercions vivement.
M. le D1' Rousseau-Saint-Philippe nous
accueillit
enami dans
son service oùnousavons passé notre seconde année
d'internat.
Il nous a fait connaître et aimer l'enfant. Ses leçons et ses con¬
seils resteront gravés dans notre
mémoire.
Nous tenons à remercier M. le professeur agrégé
Cassaët
pour tout l'intérêt qu'il nous a porté
dans le courant de
nosétudes médicales, MM. les professeurs agrégés
Sabrazès et
Mongour, M. le D1 Bitot, médecin des
hôpitaux, qui ont contri¬
bué à notre instruction médicale.
D U
SUC PULMONAIRE
DANS LES
PLEURÉSIES PURULENTES
AVANT-PROPOS
Sur les conseils de M. le professeur
agrégé Cassaët,
nousavons étudié les effets du suc pulmonaire
dans les pleurésies
purulentes.
Dans le premier
chapitre de notre thèse, nous étudions le
traitement chirurgical des
pleurésies purulentes et nous mon¬
trons cpie ses résultats sont
parfois négatifs.
Dansun second chapitre nous
étudions le
sucpulmonaire
d'après la thèse de M.
Brunet.
Nous donnons ensuite les observations de
pleurésies
puru¬lentes traitées par le suc
pulmonaire.
De l'analyse de ces
observations,
nousfaisons ressortir en
dernier lieu les résultats donnés par le suc
pulmonaire.
CHAPITRE PREMIER
NÉCESSITÉ D'UN TRAITEMENT. — TRAITEMENT CHIRURGICAL
La nécessité d'un traitement dans les pleurésies purulentes
découle facilement de leur évolution et de leur pronostic que
nousallons exposerrapidementpourchaquevariété d'einpyème.
§ I. Variétés de la pleurésie purulente. Leur évolution.
Leurpronostic.
A. Variétés bactériologiques.
Les découvertes de la bactériologie ont permis de diviserles pleurésies purulentes en :
1° Formespures (un seul microbe dans le pus) dues au pneu¬
mocoque, au streptocoque,au staphylocoque,aubacille de Kocli
et très rarement au bacille d'Eberth ou au pneumobacille de
Friedlander;
2° Formes associées dues aux mêmes microbes réunis entre
eux au nombre de deux, de trois ou unis aux agentsde lagan¬
grène et de la putréfaction.
1"Formes pures.
Les pleurésies purulentes produites par le pneumocoque,
le
streptocoque ou le staphylocoque ontune marche aiguë
fébrile,
mais diffèrent dans leur évolution et pronostic.
1° Lapleurésieàpneumocoque,fréquente surtoutchez
l'enfant,
qu'elle soit primitive ou secondaire à une autrelocalisation de
l'agent pathogène, à une pneumonie,esten général bénigne.
Le
pneumocoque perd rapidement, avec sa virulence,
le pouvoir
— 15 —
desereproduire. L'épanchement
purulent livré à lui-même peut
se résorber ou s'enkyster et partir dans une
vomique.
2° La pleurésie à streptocoque,
fréquente chez l'adulte, est
plus grave que la
précédente
à causede la vitalité du strepto¬
coque et de sa résistance aux causes
diverses de destruction.
L'épanchement
purulent n'a
aucunetendance à
serésorber,
ouà s'enkyster, difficilement il
s'échappera
endehors
par une vomique ou une fistule pleuro-cutanée.L'empyème strepto-
coccique s'accompagne de phénomènes
généraux
graves :tem¬
pérature élevée à de
grandes oscillations, frissons répétés,
troubles digestifs, nerveux. Le malade peut
être emporté
paruneinfection purulente
généralisée.
3° Le staphylocoque isolé joue un
rôle infime dans l'étiologie
des suppurations pleurales.
4° Lapleurésiepurulente à
bacille de Koch seul dans la plèvre
diffère des précédentes par son
évolution essentiellement chro¬
nique, de là son nom d'abcès
froid pleural. La lésion bacillaire
de la plèvre est primitive ou
succède
à unelésion pulmonaire.
Dans tous les cas, elle débute par une
pleurésie séro-fibri-
neuse d'allure bénigne qui paraîtguérir assez
rapidement, mais
ce momentd'accalmie esttrompeur etbientôt
le malade
seplaint
de nouveau d'unpointdecôté; la dyspnée
reparaît. On pratique
une ponction qui donne issue à un
liquide séro-purulent. Le
pus retiré se reproduit lentement
mais sûrement, et après des
ponctions successives qui amènent une
amélioration passagère,
le malade finit par succomber aux
lésions progressives de la
tuberculose chronique, ou est emporté par une
poussée aiguë
de broncho-pneumonie bacillaire.
5° Lepneumo-bacille de
Friedlander, le bacille d'Eberth iso¬
lés peuvent se localiser dans la plèvre et
donner lieu à
une pleurésie purulente, mais ces cassont extrêmement
rares.2° Formes associées.
1° Lespleurésies dues à
l'union du
streptocoque avecle
pneu¬mocoque ou le staphylocoque ont
l'évolution et le pronostic
d'une pleurésie
streptococcique.
— 16 —
2° L'empyème dû à
l'association du bacille de Koch et d'un
agent pyogène vulgaire a une marche
subaiguë et fatale.
3° Il nous reste à parler des pleurésies gangréneuses et putrides dues à l'association des agents
de la gangrène et de la
putréfaction avec les agents pyogènes.Lespleurésies gangréneuses
succèdent
àla gangrène pulmo¬
naire, lespleurésies putrides ne sont-pas
forcément secondaires
à une lésion du poumon.
Dans les deux variétés, le début est violent; la période d'état
est caractérisée par une fièvre élevée à
exacerbations brusques
précédées de frissons, par uneadynamie profonde due à la
résorption despoisons sécrétés par
les agents de la putréfaction
et de la gangrène.
Le pronostic de ces variétés
d'empyème est toujours très
grave.
B. Variétés anatomiques.
Lepanchementpleural
n'occupe
pasforcément toute la cavité
pleurale; il peut se localiser,
s'enkyster
grâce auxcloisonne¬
ments de la séreuse dans différentes régions des plèvres.
On distingue :
1° La pleurésie interlobaire.—
Elle siège ordinairement à
droite entre les lobes supérieur et moyen du poumon, au
voi¬
sinage du hile. Souvent latente, méconnue,
elle
setermine
engénéral par une vomique.
2° La pleurésie diaphragmatique. Elle
siège
entrela
con-nexité du diaphragme et la base du poumon.
Ordinairement
secondaire à une pleurésie séro-fibrineuse, elle se
termine
parune vomique le plus souvent.
3° La pleurésiepurulente
mèdiastine. Cette variété est le plus
souvent méconnue. La vomique en est le premier
symptôme
apparent.
4° L'empyème du sommet est extrêmement rare.
5° L'empyème
costo-pulmonaire. La plus fréquente de toutes
les variétés enkystées.
6° L'empyème multiloculaire. Comme
le
noml'indique, dans
cettevariété le pus occupe plusieurs loges
cloisonnées.
— 17 —
G. Pleurésiepurulentechronique.
L'abcès froid pleural est le type de l'empyème chronique primitif.
La pleurésie purulente chronique est le plus souvent secon¬
daire à un empyème aigu. Elle est le résultat de
l'évolution
d'une pleurésie aiguë abandonnée à
elle-même
oumal soi¬
gnée.
Un empyème négligé peut guérir par résorption
du liquide,
le fait est rare. Le plus souvent le pus se fera jour au dehors
par les bronches ou par la paroi thoracique.
La formation de la fistule pleuro-hronchique est annoncée
par une vomique. Cette fistule pourra se fermer spontanément,
et pourjamais, mais il arrive souventque sous l'influence d'une quinte de toux, la fistule reparaît.
L'évacuation spontanée del'empyème par la paroi thoracique
estplus tardive que par les bronches. La fistule pleuro-thora- cique a moins de tendance à se fermer que la fistule pleuro- hronchique.
Le pus, au lieu de suivreune de ces deux voies, peut envahir
les cavités viscérales plus ou moins voisines, telles que l'œso¬
phage, le péricarde, le péritoine, ou bien filer le
long
dela
colonne vertébrale et aller simuler des abcès du psoas, de la
fosse iliaque, des lombes ou de la fesse. Ces
migrations
sonttrès rares, il n'en sera plus question.
Après l'évacuation de la plèvre par une de ces différentes
voies, le malade est soulagé pendant quelque temps.
Mais tous lesjours du pus continuellement sécrété s'échappe
au dehors par la fistule thoracique, est expectorédans de petites vomiques, ou bien s'accumule dans la cavité pleurale.
Le malade, obligé de suffire à cette production incessante de
pus et de résister à la résorption des poisons fabriqués dans la plèvre, maigrit, s'affaiblit, se cachectise.
Le foie, les reins, la rate, etc., sont envahis'par les dégéné¬
rescences amyloïdes et la mortfinit par emporter le malade.
Pujos 2
— 18 —
§ II. Traitement'despleurésies
purulentes.
Le pronostic immédiat
des pleurésies purulentes, leur ten¬
dance naturelle vers la chronicité, nous montrent la
nécessité
de les traiter.
Leur pronostic
immédiat exige
untraitement précoce ; la
possibilité de leur passage
à l'état chronique exige un traitement
énergique en rapport avec
la nature et la gravité de l'empyème.
A. Traitement des empyèmes aigus.
L'indication capitale est évidemment
d'évacuer la plèvre.
Le médecin atteindra ce but par la thoracentèse ou
la pleu-
rotomie.
1° La thoracentèsepourran'avoir pour
but qu'une évacuation
provisoire. Le
malade est
enétat d'asphyxie, la mort est à
craindre si on n'intervient pas. On fait une
ponction d'urgence
pour pallier la dyspnée
menaçante,
enattendant de pouvoir
pratiquer la
pleurotomie.
L'évacuation par une
ponction
seraquelquefois suffisante
dans lapleurésie
pneumococcique où le
pus a peude tendance
à se reformer. Il ne faut pas néanmoins
avoir
unetrop grande
confiance dans la bonne renommée du pneumocoque.
11
y ades
cas où, tout isolé qu'il est,sa
virulence est aussi redoutable que
celle desagents pyogènes les
plus virulents.
Le pus peut se
reproduire. Cette reproduction est la règle
daùs les autres variétés d'empvèmes aigus.
2° Procédé desponctions répétées
de .Desplat.
—On
aessayé
de combattre cette reproduction du
liquide
pardes ponctions
répétées. Ce
procédé empêche les effets de l'accumulation du
pus et c'est tout.
Par ailleurs, le
poumonreste comprimé et la
cachexie due à une longue suppurationne
fait qu'augmenter.
Ce procédé pourra à
la rigueur être employé dans une pleu¬
résie streptococcique ou
staphylococcique chez
untuberculeux
dont les lésions pulmonaires sont
très avancées,
nousverrons pourquoi plus loin à
proposde l'abcès froid pleural.
3° Pleurotomie. — À part cette
variété d'empyème tubercu-
— 19 —
leux ou plutôt chez un tuberculeux, à part certaines pleurésies pneumococciques bénignes, toujours l'empyème aigu exige la pleurotomie.
La pleurotomie seule permet une évacuation abondante et
rapide du pus, de grands lavages de la plèvre, et le drainage
de la cavité purulente.
Les succès de l'empyème vont en augmentant avec les pro¬
grès de l'antisepsie, cependant il arrive que la guérison soit
très lente à venir, et même attendue en vain.
Les causes de l'insuccès de la pleurotomie sontmultiples : L'intervention n'a pas été assezprécoce.
Le médecin auraméconnu la nature purulente de l'épanche- ment, ou bien aura temporisé et compté sur le succès d'une simple ponction. Quand il pratique la pleurotomie, le poumon repoussé et recouvert par une plèvre épaisse n'est plus extensi¬
ble et est incapable de combler la cavité pleurale.
Lapleurotomie aura étéfaite trop haut.
Le pus ne peut pas s'écouler, le drainage se fait mal.
L'intervention est faite à temps, l'incision est assez déclive,
mais on en reste là. Pour certaines pleurésies purulentes, à streptocoque, gangréneuses, putrides, il ne faut pas se conten¬
ter d'évacuer tout le pus, il faut s'etforcer de détruire autant que possible les microbes infiltrés dans les parois de l'abcès pleural par des lavages antiseptiques répétés, sinon on s'expose
à des rechutes.
La pleurotomie a été pratiquée à temps, d'une façon irrépro¬
chable et cependant des circonstances indépendantes alors du chirurgien pourront en compromettre le résultat.
Le vaste abcps pleural ne peut guérir après l'opération de l'empyème que-par l'adossement et l'adhérence des deux feuil¬
lets de la plèvre.
En présence de l'étendue qu'offrentles surfaces suppurantes,
on devine facilement le temps qui s'écoulera avant la cicatrisa¬
tion complète.
Celle-ci sera d'autant plus lente à venir que la paroi costale,
d une part,
ef
la paroi pulmonaire, d'autre part, ont moins de— '20 —
tendance à se rapprocher.
Chez l'enfant, la paroi costale est
très souple, l'empvème sera
suivi de succès la plupart du
temps;mais chez
l'adulte la paroi costale
aperdu sa souplesse,
et l'on voit des individus garder toute leur
vie
unefistule pleu¬
rale donnant continuellementdu pus.
Le succès de la pleurotomie
dépend aussi de la nature de la
pleurésie
purulente, de la virulence de l'agent microbien.
Si la pleurotomie
réussit toujours dans les pleurésies à pneu¬
mocoque, il arrive
quelquefois, dans la pleurésie à streptoco¬
que, dans les
pleurésies gangréneuses et putrides à cause de la
gravité de l'état
général,
quel'opération de l'empvème est
impuissante.
L'insuccès de la pleurotomie entraine
ordinairement la for¬
mation d'une fistule
pleuro-thoracique. L'empvème aigu est
devenu une pleurésie
purulente chronique fistuleuse.
B. Pleurésies enkystées.
Saufdansla forme costo-pulmonaire,
qui doit être considérée
comme occupant toute la
cavité pleurale, la thoracentèse est
toujoursindiquée pour
plusieurs motifs.
La pleurotomie peut être
difficile; il
enest ainsi dans la pleu¬
résie diaphragmatique; ou
bien la pleurotomie doit être pré¬
cédée d'une
pneumotomie, c'est le
casdans la pleurésie inter-
lobaire.
La thoracentèse est suffisante parce queces formes
enkystées
sont souvent
pneumococciques, qu'une simple aspiration peut
aspirer tout le pus et
qu'une injection suffit
pourdéterger tou¬
tes lesparties de la
paroi.
Il faut, dans tous les cas,
traiter les pleurésies enkystées et
ne pas compter trop
longtemps
surla vomique -avant qu'elle se
soit produite, sur son
efficacité si elle
a eulieu.
G. Traitementdespleurésiespurulenteschroniques.
Avant de parler du
traitement des pleurésies purulentes
chroniquessecondaires,
disons quelques mots du traitement de
l'empyème
chronique tuberculeux, de l'abcès froîd pleural.
- 21 —
1° Traitement de l'abccs froidpleural.
Une simple ponction ne sera pas suffisante, le liquide se re¬
produit àla longue. La pleurotomie seraitnonseulement insuf¬
fisante, mais nuisible.
11 restera après l'opération une fistule qui ne guérira pas. Et quels que soient les soins dont on entoure l'empyème, disait
M. le professeur agrégé Cassaët. au congrès de Montpellieren 1898, il entraîne toujours l'infectionsecondaire, donnant ainsià
la maladie un caractère degravité etd'acuité qu'elle n'avait pas
encore. A la suite de réinfections successives, il développe des
accidents de septicémie plus ou moins aiguë qui altèrent rapi¬
dement l'état général; le malade s'amaigrit et succombedans
une cachexie profonde ».
Lathoracentèse étant insuffisante, la pleurotomie nuisible,
on aura recours au procédé des ponctions répétées de Desplats.
2° Traitementde lapleurésie purulente chronique fistuleuse.
La pleurésie purulente chronique avec fistule pleuro-thoraci-
que est l'aboutissant ordinaire des pleurésies purulentes négli¬
gées.
Nous avons vu plus haut les conséquences fâcheuses qu'en¬
traîneunefistulepleuro-thoracique faisant communiqueravecle
dehors une cavité purulente de la plèvre.
Cette cavité purulentedoit être supprimée, on ne peutle faire
que par la mise au contact et l'adhésion des deux plèvres pul¬
monaire et pariétale.
§
Or voici en quelle situation se trouve un vieil empyème négligé ayant abouti à la fistule pleuro-cutanée spontanée ou
chirurgicale, tardivement chirurgicale.
« Le poumon rétracté, encapsulé d'une calotte de néo-mem¬
branesscléreuses,enraidiparde la pneumonie corticale,a perdu
ses qualités expansives. Il est désormais horsd'étatde seporter
au contact de la paroi thoracique. Conclusion : puisque le pou¬
mon ne peut aller à laparoi, il faut que la paroi aille au pou¬
mon. Réalisation pratique : mobiliser cette paroi en pratiquant
la résection d'un certain nombre de côtes. Et ce n'estpoint tout :
dans ces vieux empyèmes, la plèvre
est épaissie, indurée, inca¬
pable d'une
cicatrisation correcte et d'un travail adhésif de bon
aloi. Il est indiqué de modifier sa
vitalité, de supprimer les
masses fongueuses, les
lambeaux néo-membraneux qni s'oppo¬
sent à son bourgeonnement actif;
d'où les grattages,
curageset
résection de plèvres qui
complètent l'intervention
».Estlander, Letievant ont pratiqué
les premiers 1a. résection
des côtes pourpermettre à
la paroi thoracique de s'affaisser
surle poumon.
A la résection costale Bœkel, Reverdin, Sprengeil ont
ajouté
le grattage et le curage
des feuillets de la plèvre
pourles faire
bourgeonner.
Malgré la résection
costale, la paroi thoracique peut
ne pass'affaisser. Schede a proposé
l'incision totale du plastron thora¬
cique, muscles intercostaux
et plèvre pariétale compris.
En 1891, Quénu, pour amener
la rétraction du thorax
sans tropde délabrement,aproposé et pratiqué l'opération suivante :
ilfait deux séries de courtes résections étagées en avant
et
en arrière, suivant deux lignesvertébrales
etrend ainsi mobile
unvolet aussi large que l'exige la
cavité purulente.
D'après Boiffîn,
c'est
auniveau de l'angle postérieur costal
que la paroi
thoracique s'affaisse le moins, c'est donc cet angle
qui empêche
la cavité pleurale de
secombler, conseillons donc
de faire la thoracotomie postérieure.
Le segment antéro-latéral
de la côte fléchit au niveau du cartilage qui sert
de charnière,
et arrive ainsi auconduit de lavertèbre
dorsale correspondante.
D'après
Delagenière, c'est dans le cul-de-s&c diaphragmati-
que que le pus reste,
il faut donc faire porter la résection aussi
bas que
possible
surles 6e, 7e, 8% 9e et 10° côtes.
Une fois l'intervention opératoire exécutée,
il
estlogique d'ai¬
der à cet effacementde la cavité suppurante par une compres¬
sion méthodique. Dubreuil
fixe le thorax
en uncorset plâtré,
fenêtré en regard du champ
opératoire
auniveau de la fenêtre;
une pression sur
des
massesd'ouate tend à
pousservers le
poumonle
squelette costal.
Delorme,,au lieudefaireallerla
paroi thoracique
versle
pou-mon, a voulu faire allerle poumonvers la
paroi. L'opération de
Delorme consiste cà faire la résection temporaire d'un volet tho- racique, qu'on soulève pour
mettre à
nula cavité purulente, et
enlever les fausses membranes qui entourent le poumon et le
fixent dans l'angle costo-vertébral. Cet organe,
débarrassé des
néo-membranes qui l'emprisonnent, se
dilate
etvient reprendre
sa place normale dans la cage
thoracique.
Telles sont les différentes interventions pratiquéesjusqu'ici
dans l'empyème chronique.
Nous trouvons, dans les Archives générales de
médecine de
1899, dans un article de Cestan, des
statistiques portant
surles
différentes opérations dont nous venons
de parler.
1° Statistique de Forgue et
Reclus
sur123 thoracoplasties
:Guérisons 52, soit 42,2 p. 100
Amélioration presquecomplète. . 14, — 11,3 —
Amélioration 29, — 23,5 —
Etatstationnaire 6, — 4,8 —
Mort 22, — 13,8 —
2° Statistique de Cestan sur66
Estlander
:Guérisons 51,3p. 100 guérisons complètes.
Etatstationnaire 24 —
Mort 4,5 — post-opératoires.
9,6 — mortsconsécutives.
3° Opération de
Schede
:En 1830. ... 11 cas : 8 guéi'isons, 3 morts.
Plus tard. ... 15 cas: 8 guérisons, 5 morts, 2 résultats inconnus.
4° Opération de Quénu :
12cas : 2 morts,4 améliorations,2 guérisonsàpeuprèscomplètes, 4guérisons.
5° Opération de Boiffin :
1 cas : 1amélioration.
6° Delorme :
18 observations:6guérisons,1 améliorationtrès grande,3améliorations médiocres,
1 état restéstationnaire,3 morts,4résultatsinconnus.
D'après ces différentes
statistiques,
nous voyons quel'Est-
lander, le Schede, etc., etc., donnent à peu près
les mêmes
_ 24 —
résultats; les guérisons n'ont
jamais dépassé 50
p.100 et ont
même rarement atteint cette proportion.
L'opération de
l'Estlander n'est
pasaussi bénigne qu'on l'a
crudès le début; elle peut être suivie
de
mortchez les sujets Agés,
très affaiblis par une longue
suppuration. Au début, l'Estlander
donnait de plus beaux résultats parce
qu'on le pratiquait seule¬
ment dans les cas de petits empyèmes.
Aujourd'hui on attaque les
grands empyèmes, et le succès
complet n'arrive pas
toujours.
Cette incertitude du résultat, la gravité de l'opération font
hésiter le chirurgien, il retarde son
intervention, et
ceretard
diminue les chances de succès.
En résumé :
I. Dans lespleurésie
purulentes aiguës
:1° La thoracentèse est un procédé curatif suffisant,
dans certaines pleuresies à pneumocoques;
le
pusayant
peude tendance à se reproduire,
dans les pleurésies enkystées : souvent
pneumoeocciques.
L'aspiration suffit pour
laver la cavité et
uneingestion simple
peut endétacher
les parois.
2° Le procédé de
ponctions répétées est
unprocédé palliatif
bon dans les pleurésies
tuberculeuses,
ouplutôt dans les pleu¬
résies aiguës chez un
tuberculeux pulmonaire.
3° La
pleurotomie
estle procédé de choix dans les pleurésies
purulentes aiguës.
Elle permet le libre
écoulement du
pus,les grands lavages,
le drainage.
Elle n'est pas toujours
suivie de succès
pourdes motifs divers
dépendant :
De l'opérateur :
Opération
troptardive
ouinsuffisante.
Delapleurésie :
Pleurésie
gravegangréneuse, tuberculeuse.
Du malade : Etat général grave.
II. Dans lespleurésies chroniques
fistuleuses
:Les opérations proposées
peuvent être
sansrésultat et même
causer la mort àcause de la gravité de l'opération elle-même;
de la grandeur de
l'excavation
àcombler, de l'état général et
de l'âge dusujet.
CHAPITRE II
LE SUC PULMONAIRE
§ I. Histoire du suc
pulmonaire.
Nous avons vu, clans le chapitre précédent, que
le traitement
chirurgical des empyèmes
donnait
assezsouvent des résultats
incomplets et même
négatifs.
Il était donc permis de
chercher
par untraitement médical,
à amenerle succès de la thoracentèse, de la
pleurotomie
oude
l'Estlander.
Cependant ce n'est pas à ces
considérations qu'ont obéi
MM. Démons et Binaud, quand ils ont
introduit le
sucpulmo¬
naire dans lathérapeutique des
pleurésies purulentes.
Le10avril 1893, il entrait, salle18, un homme
âgé de 35
ans,exerçantlaprofession de
mécanicien. A l'âge de 25
ans, en1883,
il avaitreçu uncoup de couteau à untravers
de doigt du
mame¬lon droit, entre la quatrième et la
cinquième côte. Le couteau
avait pénétré à une profondeur
de dix centimètres. La guérison
ne fut obtenue qu'àgrand'
peine. Le 3 août 1891, à 33
ans,à la
suite d'unrefroidissement,il eutune pleurésie; la
plaie ancienne
du couteau se rouvrit et donna issue à une certaine quantité de
pus et de sang. Neuf ou dix mois après
le début de cette pleu¬
résie, le malade remarqua que ses
poignets grossissaient
enmême temps que sesgenoux
devenaient douloureux. La douleur
était continue et rendait la marche difficile.
Les pieds, surtout la région
dorsale, ont ensuite augmenté de
volume, il en a été de même des orteils et
ensuite des chevilles.
Enfin, vers le onzième mois (il avait 34 ans),
les doigts d'abord,
puis les orteils se sont
hypertrophiés, les ongles des mains et
— 26 —
des pieds se sont
considérablement élargis. En même temps des
troublesfonctionnelssemanifestaientdu côtédes
membres-supé¬
rieurs; la main était maladroite et
certains actes de la vie
cou¬rante (action de
s'habiller, de
manger,de
couperdu pain),
devenaient peu à peu
impossibles.
De même la marche devenait très malaisée; le
malade
11epouvait se chausser
et il était condamné à passer ses journées
sur un fauteuil. Le sommeil était agité, interrompu
parfois
pardes crises de violentes douleurs ayant pour siège
le
côtédroit
de la poitrine.
Quand il entre à l'hôpital,
le malade est porteur d'une fistule
pleuro-cutanée,
qui persiste depuis deux
ans.L'état général est
mauvais et il présente d'une
façon très nette les signes de l'os-
téo-arthropathie
hypertrophiante pneumique
».Marie,en 1890,avait décrit de
main de maître cette dernière
affection, l'avaitisolée et avait
démontré comment
sessymptô¬
mes se différenciaient de ceux del'acromégalie.
De plus, son
attention avait été attirée
surla coïncidence de
l'ostéo-arthropathie avec de
vieilles lésions pulmonaires, et il
en avait tiré une relation de cause à effet.
L'ostéo-arthropathie
hypertrophiante pneumique, disait-il, est
une affectiond'origineinfectieuse ou
toxique; il
seforme, dans la
partie de
l'appareil respiratoire lésée des substances putrides qui,
résorbées, passent dans la
circulation générale et s'arrêtent à
leurs points
d'élection
auniveau de certains
oset de certaines
articulations.
E11 un mot l'ostéo-arthropathie
hypertrophiante, due à de
vieilles lésions
pleuro-pulmonaires, était pneumique.
D'un autre côté, en 1889, Brown-Séquard avait
fait,
àla So¬
ciété de biologie, une
communication
surle
suctesticulaire. 11
annonçaqu'ayant injecté sous sa peau un
liquide obtenu
entri¬
turant dans la glycérine des
testicules de cobaye, il avait vu
s'atténuer chez lui la plupart des
misères de la vieillesse.
« 11 y avait dans la
communication du vieux savant
uneidée
véritablementgéniale. Les organes ont entreeux une
solidarité
plus étroite
qu'on
11el'a
vujusqu'à présent, ils travaillent les
Ti —
uns pour les autres, chacun
d'eux
versedans le
sangveineux
ce que.l'on est convenud'appeler les déchets de la nutrition, mais
parmicesdéchets se
trouvent des matériaux nécessaires
aufonc¬
tionnement normal d'autres organes. Si par suite
d'une mala¬
die organique ou fonctionnelle ces
sécrétions internes viennent
à faire défaut ou à être de qualité inférieure,
il
enrésulte for¬
cément des troubles de nutrition dans les appareils auxquels
ces produits sont
indispensables. Comme corollaire, rien n'est
plus logique que de
restituer
àl'économie malade les
sucsnutritifs qui lui manquent,et
comment les trouver mieux prépa¬
rés qu'en utilisant dans ce
but les
organesmêmes d'un animal
sain »?
Puisque le suc
testiculaire faisait disparaître les troubles
dus à l'atrophie des testicules, un
extrait du
poumonpouvait
bien faire disparaître également
l'ostéo-àrthropathie hypertro-
phiante pneumique.
Aussi, MM. Démons et Binaud prièrentM.
le professeur Ferré
de préparer un extrait
glycériné de
poumon,dont ils firent à
leur malade 60injectionshypodermiques deun
centimètre cube.
Ala fin dutraitement, les lésions de
l'ostéo-arthropathie
per¬sistaient, mais n'avaient pas augmenté;
elles étaient arrêtées
dans leur marche progressive. Les
troubles de la marche, la
gêne dans les mouvements avaient disparu.
L'état général
s'était amélioré et, résultat inattendu, la fistule
pleuro-cutanée
thoracique s'était fèrmée sans avoir
subi d'autre traitement
quedes lavages quotidiens etles pansements
antiseptiques employés
depuis longtemps sans résultats.
§II.Préparation. Propriétés
physiques, chimiques, antiseptiques
du sucpulmonaire.
Expérimentation.
A la suite de ce cas heureux de médication opothérapique,
M. Brunet, en 1896, étudia, sur les conseils de
M. le professeur
Arnozan, les propriétés physiques,
chimiques, les effets physio¬
logiques du suc pulmonaire et fit
de
cetteétude l'objet de sa
thèse, dont nous allons donner un résumé rapide.
— 28 —
Tout d'abord Brunet essaie de démontrer l'existence, dans le poumon, d'une
sécrétion interne qui ferait le principe actif du
suc pulmonaire.
Le poumon est une
glande
àsécrétion externe.
Il se rapproche d'une glande
acineuse
par sondéveloppement
embryogénique, par la structurefœtale de
sescellules (d'abord
cylindriques ou cubiques,
elles
nes'aplatissent qu'à rétablisse¬
mentde la fonction respiratoire), par sastructure à
l'état adulte
(disposition enlobes,
enlobules,
enacini).
Le poumon a une
sécrétion
externephysiologique
:acide
car¬bonique et vapeur d'eau. Pourquoi
n'aurait-il
pas unesécrétion
interne? Beaucoup d'autres organes en ontune,
il
peutdonc
enavoir une àpriori.
Les preuves directes manquent; à cause
de la fonction respi¬
ratoire des poumons, on ne peut les
supprimer
pourvoir les
troubles trophiques qu'engendre leur absence.
Mais il
y a unepreuveindirecte:c'est
l'existence des lésions de l'ostéo-arthropa-
thie hypertrophiante pneumique dans les
vieilles suppurations
pleuro-pulmonaires. Le sucpulmonaire doit donc contenir
unesécrétion interne.
« Pour préparer le suc pulmonaire, on se sert
du
poumondu
mouton, animal qui n'est jamais atteint par
la tuberculose et
très rarement par une maladie
infectieuse quelconque, le char
bon excepté.
Les poumons enlevés dès
l'ouverture de la bête et placés dans
un cristallisoir stérilisé, sans avoir subi de lavage, sont
fendus
avec des ciseaux stérilisés. On coupe dans lapartie du tissu éga¬
lement éloignée des grosses ramifications
bronchiques
etde la
surface 20 grammes de très minces lamelles que
l'on met dans
un vase stérilisé où l'on verse 60 grammes de glycérine
offici¬
nale absolument neutre, à 30°.
Après macération d'une
demi-heure,
onajoute 120 grammes
d'eau stérilisée et on laisse macérer le tout encore une demi-
heure en remuant de temps en temps.
La glycérine dissout rapidement toutes les
parties solubles
par son
affinité
pourl'eau, elle s'empare de tous les principes
— 29 —
organiques et
de
tousles ferments qui peuvent
setrouver clans
le tissu, elle respecte les
propriétés de
cesferments
comme en témoignent lesdigestions artificielles faites
avecdes extraits
glycérinés de
pancréas cinq
ansaprès leur préparation.
L'eau rend leliquide plus
filtrable.
Après cette
seconde macération, le liquide et l'organe divisés
sont jetés sur un linge que
l'on exprime fortement.
Lapartie filtrée
coule dans l'autoclave de d'Arsonval auquel
estadaptée une
bougie Chanberlain stérilisée.
L'extrémité de la bougie est engaînée par un
tube de
verrestérilisé eteffilé dontla pointeplonge
dans le ballon stérilisé où
devra couler le liquide, on
visse l'autoclave,
onétablit par la
pompe à air une
pression d'environ six atmosphères et on ne
tarde pasà voir
couler goutte à goutte, dans le ballon inférieur,
le suc attendu.
Quand on suppose que tout a
passé (24
ou36 heures pour
300 grammes de
liquide),
onretire le ballon et on le met dans
l'étuve à 35 degrés pendant
48 heures
pourvoir s'il
nese trou¬
ble pas, siaucun
début de culture
nevient altérer sa limpidité.
Ona ainsi obtenu unextrait glycériné de poumon.
Pour préparer un
extrait
aqueux onmet à macérer l'organe,
non plus dans la
glycérine, niais dans 180 grammes d'eau pen¬
dant une demi-heure. Aprèsonjette
le liquide et l'organe sur un
linge et on procède ensuite comme pourl'extrait glycériné ».
Expérimentation. —
Après avoir expérimenté le suc pulmo-
monaire au pointde vue
physiologique et thérapeutique, Brunet
donne les conclusions suivantes :
Le suc pulmonaire
liquide, facilement coloré, très limpide,
pauvre en substances
minérales et organiques, est cependant
doué de propriétés
antiseptiques
assezmarquées, même sans
adjonction de glycérine.
L'action physiologique
des injections de
sucpulmonaire sur
l'animal sainestfavorableà lanutritiongénérale, même
à doses
fortes et répétées, ce qui se
produit
par uneaugmentation de
poids très notable.
L'injection de 10cc. ou de o cc. sur
le cobaye élève sa tempé-
— 30 -
rature et paraîtavoir un effet diurétique.
Cette élévation est bien
due au liquide organique, car des injections
diverses d'eau gly-
cérinée ou d'eau distillée ne la produisent pas.
L'ingestion est aussi avantageuse que
l'injection
pourl'état
général de l'animal; la réaction thermique est par ce moyentrès fortement diminuée.
Cependant le suc pulmonaire n'est pas
inofïensif
àtoute dose.
Une injectionde 35cc. tueun cobaye de 700 gr. en24
heures.
L'homme sain n'en ressent eningestion aucun trouble appré¬
ciable.
Observation I (résumée).
MM. Démons et Binaud.
Plaie de poitrine.Pleurésie purulente,huit ans après, s'ouvrant sponta¬
nément par l'ancienne plaie. Trajet fistuleux persistant deux ans et guérissantparlesinjectious hypodermiques dusuc pulmonaire.
Un hommede 35 ans, mécanicien de la marine, reçoit en 1883 un coup de couteau dansle côté droit de lapoitrine. La plaie est grave
et la guérison n'est obtenue qu'à grand'peine. En 1891, huit ans après, iléprouve un refroidissement intense après avoir été exposé
à une longue pluie; une pleurésie se développe à droite, et l'an¬
cienne plaie serouvrant laisse écoulerun mélange abondant depus
et desang. En 1893, quand le malade se présente à l'hôpital Saint-
André, il porte un trajet fistuleux pleuro-cutané qui persiste
depuis
deux ans; son étatgénéral estmauvais et les extrémités présentent
de la façon la plus nette les déformations de
l'ostéo-arthropathie
hypertrophiante pneumique.
C'estalors que MM. Démons et Binaud, dans le but de combattre
ces arthropathies, prient M. le professeur Ferré de préparer un
extrait glycériné de poumon (suc pneumique, suc
pulmonaire) dont
ils font au malade GO injections hypodermiques d'un centimètre
cube. A la lin du traitement, les déformations de l'ostéo-arthrite
n'étaient pas modifiées, mais les troubles moteurs qui lesaccompa¬
gnaient étaient considérablement atténués, et
le trajet fistuleux
pleural étaitfermé sans avoir subi d'autre