• Aucun résultat trouvé

État mental chez les blennorragiques · BabordNum

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "État mental chez les blennorragiques · BabordNum"

Copied!
64
0
0

Texte intégral

(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNEE 1901-1902

N 53

ÉTAT MENTAL

CHEZ

LES BLMMMIIIPS

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenue

publiquement le 22 Janvier 1902

PAR

Loviis-Graibr'iel-Cîli&r'ies DUGASSE

Né àRochefort

(Charente-Inférieure), le 5 juin 1875

Élève duService de Santéde la Marine

/ MM.PITRES professeur Président.

\ ARNOZAN professeur....) Examinateurs dela1 lièse.< POUSSON agrégé > Juges

( RÉGIS chargé decours)

Le Candidat répondra aux

questions qui lui seront faites sur les

diverses parties de

l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU

MIDI

PAUL CASSHJNOL

91 RUK PORTE-DIJEAUX

91

1902

(2)

Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux

M. DENABIAS, doyen M.PITRES, doyen honoraire.

l'OtOBUSSEllltS

MM. M1GÉ... \

DUPUY ( Professeurs honoraires.

MOUSSOUS

\

Clinique interne

MM.

) PICOT.

/ PITRES.

DEMONS.

LANELONGUE.

VERGELY.

ARNOZAN.

MASSE.

LEFOUR.

Clinique externe Pathologie et théra¬

peutique générales.

Thérapeutique Médecine opératoire. Clinique d'accouche¬

ments

Anatomie pathologi¬

que COYNE.

Anatomie CANNIEU

Anatomie générale et

histologie VIAULT.

Physiologie JOLYET.

Hygiène LAYET.

Médecinelégale MORAGHE.

A M n B<; imÉs BSA section dumédecine (Patholog

MM. SABRAZÈS. | LE DANTEC.

HOBBS.

Physique médicale...

Chimie

Histoire naturelle ...

Pharmacie

Matière médicale....

Médecine expérimen¬

tale

Clinique ophtalmolo¬

gique

Clinique des maladies chirurgicalesde! en¬

fants

Clinique gynécologique Clinique médicaledes maladies des enfants Chimiebiologique...

Physiquepharmaceu¬

tique

80* HitCIC1S :

ie interneetMédecine MM. MONGOUR.

CABAN NES.

MM.

BERGONIÉ.

BLAREZ.

GIJILLAUD.

FIGUIER.

de NABIAS FE:1RÉ.

BADÂL.

P1ECHAUD.

BOURSIER.

A. MOUSSOUS DENIGÈS.

SIGALAS.

légale.)

section de chirurgie et accouchements

(MM. VILLAR.

Pathologie°

externe) CHAVANNAZ.

)

BRAQUEHAYE ( BÉGOUIN.

Accouchements.(MM. FIEUX.

ANDEROD1AS.

lnatonne

section des sciences anatomiqueset physioi.ou1ques

(MM.GENTES. | Physiologie MM. PACHON.

■•••} CAYALIÉ. Histoirenaturelle BEILLE.

section dessciences physiques Chimie MM. BENECH. | Pharmacie....

COU IIS 4:O.111"fliKO .1110 \T A 1 Bl

Clinique des maladies cutanées et syphilitiques Clinique des maladies des voies urinaires Maladies du larynx, des oreilles etdu nez Maladies mentales

Pathologie interne Pathologie externe Accouchements Physiologie Embryologie Ophtalmologie

HydrologieetMinéralogie Pathologie exotique

Le Secrétaire de la L'acuité:

M. DUPOUY.

10S :

MM. DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE.

REGIS.

RONDOT.

DENUCm'.

FIEUX.

PACHON.

PRINCETEAU LÀGRANGE.

CARLES.

LE DANTEC.

LEM AIRE.

Pardélibération du 5 août1879,'la Faculté aarrêté que les opinions émises dansles

Thèsesqui lui sontprésentées doiventêtre considérées commepropres à leurs auteurs, qu'elle n'entend leur donner ni approbation niimprobation.

(3)
(4)

MElS ET AMIC1S

A MES

MAITRES

DE LA FACULTÉ ET DE LA MARINE

(5)

A MONSIEUR LE

DOCTEUR

BOURRU

DIRECTEUR DU SERVICE DE SANTÉDE LA MARINE

DIRECTEUR DE LÉCOLE PRINCIPALEDU SERVICE DE SANTE DE LA

MARINE

OFFICIER DE LA LÉGION DHONNEUR

OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

(6)
(7)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE

DOCTEUR PITRES

DOYEN HONORAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX

PROFESSEUR DE CLINIQUE MÉ1DICALE

CHEVALIER DE LA LÉGION p'tlONNEUR

OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ASSOCIÉ NATIONAL DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE

MEMBRE CORRESPONDANT DE LA SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

(8)
(9)

AVANT-PROPOS

Au terme de nos

études,

cenous

est une heureuse occasion

autant qu'un

devoir coutumier de dire notre reconnaissance

à ceux de nos maîtres

qui guidèrent nos pas, rendirent notre

tâche plus

facile.

Par leurscience

éclairée ils

nous

ont procuré bien souvent

le divin plaisir

de comprendre; par leur accueil toujours

sympathique ils

se

sont assurés de notre sincère affection,

denotre constant

souvenir.

A Rochefort,MM.les

Drs Greay de Couvalette,Grand'Moursel,

M. le

pharmacien Lapeyrère nous ont souvent soutenu de

leur amitié, de leurs

conseils; nous les en remercions de

nouveau.

A Bordeaux, nos

maîtres de la première année, M. le Dr

Monod et M. le Dr Rouget,

médecin-major de 2e classe, nous

ont faitattrayants

les débuts, plus faciles les études futures.

Dans la suite, MM. les

Prof. Pitres, Démons, Boursier, Pié-

chaud, Badal nous

ont prodigué leur science en même

temps que leur

bienveillance aimable; nous sommes fier de

les en remercier

publiquement ici.

Nous avons suivi pendant

près de deux ans les consulta¬

tions et les cliniques

de M. le D1' Régis, chargé du cours des

maladiesmentales.

Dernièrement encore il nous aida de ses

conseils. Il nous est doux

d'assurer ici de notre reconnais¬

sance un maître dont nousavons

tant apprécié la bonté et le

savoir.

Nousremercions M. le

Prof. Pitres du grand honneur qu'il

nous a fait d'accepter

la présidence de notre thèse.

Bordeaux,

15 janvier 1902,

(10)
(11)

INTRODUCTION

Le docteur Lisfranc

disait, après une statistique faite à

Paris, que sur

100 personnes on en trouvait 99 qui avaient

eu, qui ont ou

qui auront la blennorragie. Actuellement,

depuis

la découverte de Neisser, bien des pas ont été faits

dans la

pathogénie de cette maladie. La spécificité du gono¬

coque

démontrée,

011 a pu

le cultiver grâce aux procédés

décrits et améliorés

successivement

par

Wertheim, Anfuso,

Gebliart, qui,

le premier, obtenait 8 cultures pures sur

sérum de sang

humain; Risso; Finger, qui démontrait que

le gonocoque

pouvait fort bien se développer en milieu acide:

Turbo, qui le

cultivait

sur

gélatine et gélose.

Acharnés à la

poursuite d'un ennemi si vindicatif, d'autres

sontparvenus

à le signaler dans le sang (Hamonic, Le Roy,

Tédenat),

dans

le

cœur

(Schedler, 1880); His, dans l'œil, les

articulations, le

péritoine, etc. On en est arrivé à accuser la

blennorragie de

plus de

maux

encore qu'auparavant, au

point que nous

devons la considérer aujourd'hui comme une

maladie générale,

donnant ainsi à cette affection si répandue

une importance

qui rend utile de la bien connaître, de la

connaîtredans toutesses

manifestations.

Or, entre autres

constatations,

on

retrouve chez la plupart

des blennorragiquesun

habitus particulier, correspondant à

un état mental fait de tristesse,

d'érétliisme nerveux, d'hy¬

pocondrie, qu'il nous a paru

intéressant d'étudier. Ce n'est

pas en vain, d'ailleurs, que

Ricord, avec sa grande expé¬

rience en la matière,disait : «

Si jamais je deviens nosolo-

(12)

- 12

giste, je classerai la blennorragie parmi les maladies men¬

tales. »

L'idée de notre thèse a étépuisée dans le service deM. le Prof. Pitres, dont M. le chef de clinique Abadie, après nous avoir fait remarquer certaines particularités mentales de quelques blennorragiques et nous avoir engagé àen faire l'observation,nous a, dans la suite, obligeamment aidé dans

ce travail. Nous sommes heureux de l'en remercier ici sym-

pathiquement.

Nous avonsdivisé notre sujet en quatre chapitres.

Dans le premier, nous parlons de la blennorragie consi¬

dérée comme maladie générale.

Dans le deuxième, nous rappelonsce qui aété dit des acci¬

dents cérébraux observés dans lecoursde certaines blennor¬

ragies, l'interprétation qui en a été faite.

Letroisième chapitre est consacré à la descriptionde l'état

mental qui apparaît le plus communément chez les blennor¬

ragiques, et quels facteurs étiologiques se prêtent à son développement.

Nous avons classé les observations dans un ordre qui puisse montrer la corrélation qui existe entre les états psy¬

chiques peu complexes au début et lespsychopathies plusou

moins graves qui peuvent y succéder, alors même que la blennorragie, premier mal, n'est plus en cause.

Dans le quatrième chapitre, parl'analyse de ces observa¬

tions,nous essayonsd'interpréterl'état mental du blennorra- gique et d'en faire la pathogénie.

Nous avons insisté

particulièrement

sur la forme neuras¬

théniquequ'il a le plus souvent, tout en faisant prévoir les psychoses qui peuvent en résulter.

Enfin suivent les conclusions générales de notre travail.

Si notrevsujet n'a pas eu tout le temps de réflexion

qu'il

demande, tout le

développement

qu'il comporte, les obliga¬

tions de notre nouvelle carrière nous en excusent. Nous espérons que la sincérité que nous avons mise dans ces

quelques pages nous sera garant

près

de nos maîtres»

(13)

CHAPITRE

PREMIER

La

Blennorragie maladie générale.

Dès1860, Feréol

parlant de l'arthrite blennorragique,disait

qu'elle

était le résultat d'un empoisonnement, d'une intoxi¬

cation

spéciale et pensait déjà que la blennorragie pouvait

bien être

quelquefois

une

affection générale, une véritable

maladie susceptible

de produire une infection de l'économie.

Cettethéorie est

admise aujourd'hui à rencontre de celles

deThibierge et de

Lesser qui prétendaient : le premier, que

l'histoire des conséquences

générales de la blennorragie

tenait presque

entière dans celle du rhumatisme ; le second,

que l'agent

spécifique de la blennorragie ne peut jamais

déterminer une infection

générale de l'organisme.

On nepeut

actuellement nier la coïncidence de l'existence

decette maladie avec

certains troubles généraux qui dispa¬

raissent avecelle, et

qui

par

leur nature proviennent d'une

réaction del'organisme

touché tout entier. Les cas sont rela¬

tivement rares

heureusement où cette affection habituel¬

lement locale se

généralise. Toutefois, les faits cliniques,

les recherches

bactériologiques sont venus confirmer cette

opinion.

SuccessivementDeutschmann,

Lindermann, Stern, Rendu,

Neisser1894, Finger,

Haushalter (Congrès de Bordeaux 1895),

Griffon ontprêté

l'appui de leur expérience. En 1893 (Archi¬

ves médicales

belges), Prévost communiquait l'observation

d'une

endo-péricardite blennorragique ; Tliayer, celle d'une

femme morted'infection

gonococcique ; Hamonic, Tédenat

(14)

i"

ÉlËp^ç

14 ~

découvraient le gonocoque dans le sang, d'autres dans l'œil, les articulations, les séreuses. Il n'est pas jusqu'au système

*

nerveux tout entier qui parût pouvoir être atteint parl'infec¬

tion blennorragique. Les névrites périphériques furent les

premières

étudiées. Gros, en 1894

(Thèse de Montpellier),

décrivait des cas de névralgie crurale et lombo-abdominale.

Depuislongtemps M. Fournier a signalé la

fréquence

de la

sératique blennorragique.

La myélite, la méningo-myélite blennorragiquesont admiseset décrites maintenant.

Le cerveau lui-même peut êtreatteint. Nous verrons dans le chapitre suivant ce qui a été dit à ce propos.

On voit dès lors, par l'interprétation de tous ces faits, de quelle façon la blennorragie doit être considérée comme maladie générale etcomment il la faut étudier.

Selon la gravité plus ou moins grande que pourront avoir

cesaccidents divers survenant au cours de la blennorragie, la réaction sera plus ou moins vive.

Ou bien aucunorgane ne sera frappé en particulier, et la

réaction purement générale sera légère.

Ou bien plusieurs systèmes seront atteints avec prédomi¬

nance de troubles dans l'un d'eux, et la réaction générale

sera vive.

Il se peutenfin que les troubles selocalisent soit dans les nerfs, soit dans les muscles, etc., et que la réaction soit bénigne.

Quelle quesoit leur forme, leur gravité, l'interprétation pathogéniquede ces accidents

généraux

laisse nullement d'accord les auteurs:

Pour les uns, toutes les complications seraient dues à un seul microbe: le gonocoque, et la

blennorragie

serait une maladie générale infectieuse.

Pour lesautres, il y aurait infection secondaire, et l'offéc- tion primitive n'en serait que la cause déterminante.

Nous nepouvons quant à nous prendre aucun avis, l'ex¬

périence définitive n'étant venue encore rien confirmer. Une

explicationmixte cependant nous paraîtrait possible,en ad-

(15)

mettant l'association du gonocoque avec d'autres agents infectieux, d'où plus viveréaction de l'organisme.

Quoi qu'il en soit, l'influence de la blennorragie sur l'état généralne peut être niée. L'aspect particulier des

malades

en fait foi. C'est cet «air de malheur» qui fit dire à Pidoux

en1860

(Union médicale,

t. XXIII, p.

472)

: «

N'avez-vous jpas

remarqué assez souventcomme moi l'altération dispropor¬

tionnée en apparence que présentent le faciès et la santé générale de certains jeunes gens affectés de blennorragie même récente ? Pourmoi, elle m'a toujours beaucoup fait réfléchir. Leur pâleur, l'expression terne du regard, quelque

chose de relâché dans les traits du visage, un peu d'amai¬

grissement rapide et de décoloration blafarde de la peau semblent indiquer chez eux l'existence d'une maladie an¬

cienne et grave... On ne tarde pas, d'ailleurs, à observer chez

ces sujets une série de manifestations morbides qui indi¬

quent évidemment une altération constitutionnelle propre à l'infection blennorragique, altération que les Allemands ont appelée lues

gonorrhœa,

et qui consiste dans une sorte

de

lymphatisme oud'état strumeux qu'on croirait être

inoculé

aux sujets par la blennorragie... »

Beaucoup plus tard, en 1891, Louis dit à son tour : « On observe chez les individus porteurs d'une blennorragie un état d'affaiblissement, d'affaissement général avec pâleur, dépression physique et morale... véritable état

anémique qui

doit faire penser à une infection.

Cedernier auteur nous satisfait mieux en appelant aussi

notre attention sur la dépression morale. Il y a en

effet chez

les

blennorragiques

autre chose d'intéressant que

leur état physique

anémique : il y a leur état mental.

Nous pensons surtouten écrivant ces mots à ces

phéno¬

mènes mentaux du début, les plus fréquents, cause

de bien

des tristesses chez ceux qui les éprouvent,

à tel point

que certains ont pu dire dans l'ivresse de la

délivrance qu'ils

étaientcent fois plus content d'être

guéris de

leur

blennor¬

ragie qu'ils ne l'auraient été de ne l'avoirjamais eue.

(16)

Il nous a paru intéressant d'en

rechercher la

nature et de

voir s'ilscomportaientuneexplication

pathogénique

sembla¬

ble à celle qui a été

donnée d'accidents cérébraux plus

graves qui peuvent les

suivre,

et

dont

nous

allons parler

dans notreprochain chapitre.

(17)

CHAPITRE II

Accidents cérébraux dans la

Blennorragie.

On a vu, sans que l'on puisse

dire comment,

que

la blen¬

norragie pouvait atteindre

la moelle et les nerfs. Mais

en dehors de ces localisations nerveuses (myélites,

méningo-

myélites, névrites,

névralgies) qui ont contribué à faire de

cette affection une maladie générale infectieuse,

il est

cer¬

tains accidents cérébrauxsurvenus chez quelques

malades

qui ont attiré l'attention

de neurologistes, lesquels

en

ont

tenté

l'interprétation.

De cela, comme de beaucoup

d'autres choses concernant

les maladiesvénériennes, Ricord osa en parler

le premier.

Dès1866, il faisait remarquer à la

Société médicale des hôpi¬

taux la possibilité

d'accidents cérébraux

au cours

de la

blennorragie. A cette même époque,

Tixier dans

une

thèse

de Paris publiait un cas

de méningite. En 1868, Bourdon

décrivait dans la Gazotte des

Hôpitaux

un cas

de délire. En

1875, Vidart dans une thèse de Paris parlait

d'un

cas

d'apo¬

plexie et de 2 cas de folie. Le 25 janvier

1894, Tambouret, de

la Société neurologique

et de psychiatrie de Moscou, et le

15 avril de la même année, M. le Prof.

Pitres, dans la Revue

de

Neurologie, publiaient 3

cas

d'embolie

au

cours de la blennorragie.

D'ailleurs, cette

même année

encore,

M. le

Prof. Venturi décrivait dans la Riforma

medica, Napoli (avril,

95-96, p.

230-243),

en se

basant

sur

17 observa¬

tions personnelles, une

forme particulière de folie qu'il

appelait «

hébéphrénie

»

et signalait,

en

septembre et octobre

D. 2

(18)

18

1895, 3 nouveaux cas de folie

blennorragique.

Dans une note

sur la folie infectieuse d'origine

blennorragique,

en mai 1894

{Vendée médicale),

le docteur Cullerre rapporte deux

cas de folie

blennorragique.

Quelle formecesauteurs donnent-ils à cettealiénation.

Pour Venturi, le plus souvent on constate de la stupidité

et parfois de la manie avec ou sans fureur; mais, ce qui est plus en faveur encore de son hypothèse de folie infectieuse il dit avoir vu fréquemment cette manie

s'accompagner

d'hallucinationset d'un trouble profond de l'idéation.

D'autres, d'ailleurs, les docteurs Christian, Thore, Weber, Nasse,tout en reconnaissant la manie et la stupeur comme les formes les plus fréquentes decette aliénation signalent aussi une forme alternante d'agitation avec stupeur ou avec délire

hypocondriaque

; parfois le délire maniaque est violent, accompagné d'une grande agitation hallucinatoire

et de torpeur intellectuelleavecprostration.

Ces mêmes auteurs essayent de démontrer le rapport de

causalité entre la

blennorragie

et la psychopathie des ado¬

lescents.

L'analomie

pathologique

tentée bien des fois, etqui aurait

éclairé d'un grand jour la pathogénie si importante dansces

phénomènes cérébraux, n'est pas encore définitivement éta¬

blie.

L'opinion

de Venturi, baséesur la prédilection du gono¬

coque deNeisser pour les séreuses, veut qu'il s'agisse d'une arachnoïdite avec épanchement séreux.

On peutdéduire de la lecture de ces travaux que les acci¬

dents cérébraux d'une pareille gravité sont rares. Femmes et hommes peuvent en être atteints, ceux-ci surtout. Ils apparaissent le plussouvent cinq ou six mois après le début de la blennorragie, cependant on les a vu naître dans les premiers jours. Là alors devait intervenir sans doute un

facteurimportant: l'hérédité névropathique, qui aussi

était

considérée pour une grande part dans la variabilité des symptômes de ces psychoses. Dès lors, plusieurs questions intéressantes se posaient :

(19)

19

La blennorragie

était-elle capable à elle seule de créer de

toutespièces une

psychose.

Y avait-il relation de cause à effetou

simple coïncidence?

Orla

prédisposition héréditaire existait et dominait sou¬

vent dans l'histoire deces troubles

mentaux. La blennorra¬

giedevenait

donc

cause

occasionnelle chez les héréditaires,

cause déterminante chez les

prédisposés,

cause

fondamen¬

tale,pathogène

chez

ceux

qui n'avaient pas d'antécédents.

Deces considérations

dépendait aussi le pronostic

pour

le

malade; favorable dans

la plupart des

cas,

il devenait

sévère dans les formes délirantes et maniaques

où l'état

antérieur du cerveau était chargé.

Indépendamment de

ces

folies blennorragiques, dont

l'étude n'est pas en somme

définitive, il est important de

rappelerles névroses

qui tirent leur origine de l'état mor¬

bide dû à la modification locale de l'appareil

urinaire

par

la

blennorragie. Ultzman, en

1883, les

a

étudiées avec beau¬

coupde soin et en

fait des névroses réflexes pouvant être

facilementattribuées à une

prostatite catarrhale.

«

Le rejet

de nombreux filaments blennorragiques

épais et courts

au début de la miction, et l'absence

d'une sécrétion démon¬

trent, dit-il, que la

partie malade

se

trouve dans la région

de l'utricule, c'est-à-dire dans une

partie ordinairement fer¬

mée parles muscles et ne

s'ouvrant

que

pendant la miction

».

Il ajoute : « Il y a

aussi,

par

suite, amélioration immédiate,

quand la région

prostatique et la prostate elle-même sont sou¬

mises à un traitement local ». Il compare le cas

de

ces

mala¬

des à celui d'un grand

nombre de femmes atteintes d'affec¬

tions nerveuseset d'hystérie et

qui souffrent d'anomalies de

la matrice accompagnées de

catarrhe du col. Il n'est donc

pas étonnant, selon lui. que des

hommes tourmentés de

fluxions

hyperémiques chroniques

ou

inflammatoires pré¬

sentent des états nerveux analogues,

d'autant plus

que

la

prostate, avec son utricule, est l'organe

mâle correspondant

àl'utérus. Il ajoute : « On

comprendra d'ailleurs que lorsque

dans des organes très riches en

nerfs, tels

que

l'utérus et la

(20)

20 -

prostate,

les extrémités périphériques de

ces

nerfs sont

continuellement excitées par une

inflammation chronique,

la transmission de cette excitation à d'autres nerfs apparte¬

nant aux ramifications de ceux que nous venons

de dési¬

gner puisse engendrer

les névroses les plus diverses. Les

helminthes, l'oxyure

vermiculaire, les eczémas et les ulcè¬

rescatarrhaux de l'anus nedonnent-ils pas de

même nais¬

sance,parvoie de

transmission, à des névroses de l'appa¬

reil génito-urinaire de même

qu'à

une

excitabilité réflexe

générale.

Il ne s'agit donc plus

là d'infection générale

par un microbe

spécifique.

Il admetainsi trois variétés de névroses :

1° Une névrose de sécrétion comprenantla polyurie,

l'uré-

trorrée, la

prostatorrée

;

2o Une névrose de motilité consistant en cysto-spasmes, urétro-spasmes,

faiblesse de sphincter;

3° Une névrose de sensibilité consistant en urétralgie, en

une sensibilité générale accusant des

douleurs qui persis¬

tent parfois

pendant des mois après la cessation des acci¬

dents, et aussi en sensations

variables de fourmillements,

picotements,

froid, etc., dans le canal.

Ultzman et Julien considèrent encore, comme névrose de

lasensibilité, l'impuissance et

l'anaphrodisie qu'on

rencon¬

tre parfois

à la suite de la blennorragie. Mais,

en

dehors de

ces névroses, qui peuvent

être dites localisées, il

en

existe

d'autres,générales, parmi

lesquelles

:

la chorée, l'hystérie, la

neurasthénie. Quelle corrélation

peut-il exister entre

ces

névroses et les

phénomènes

mentaux

le plus communément

observés chez lesblennorragiques ? Est-il

nécessaire

de

faire

toujours intervenir le processus

infectieux

pour

les expli¬

quer? Enfin

n'existe-t-il

pas

parfois entre

ces

phénomènes

bénins et les

psychopathies plus

graves

qui peuvent

y

faire

suiteun rattachement qui puisse

éclairer la pathogénie de

ces derniers?

C'est ce que nous

allons rechercher dans le prochain

chapitre.

(21)

CHAPITRE III

Etat mental chez

les Blennorragiqu.es.

Sa Description.

Son Etiologie.

Description.

Avant d'étudier la nature de l'état mental

des blennorragiques, nous

voulons dire quelques mots de

l'étatphysique, ou

mieux patho-physiologique de ces mala¬

des, et voirsi on peut trouver

dans la forme, dans la succes¬

sion de ces

symptômes, l'explication, la cause des phéno¬

mènes psychiques

observés.

Nous ne parlerons pas

de la période d'incubation, qui

varie de trois à six jours,

quelquefois moins, quelquefois

davantage, et

pendant laquelle l'individu n'éprouve aucun

phénomènequi

lui fasse présager sa maladie.

Mais bientôt après

cette période silencieuse et discrète le

malade éprouve en

urinant

un

sentiment d'ardeur et de

prurit vers l'extrémité

de la

verge.

Les lèvres du méat sont

rouges, la pression en

fait sortir une goutte de liquide blan¬

châtre. Le malade dèslors

reporte

sa

pensée aux coïts qui

ont précédé. Si, par

expérience personnelle ou par ses étu¬

des, il est suffisamment

renseigné, il se rend compte aussitôt

de son nouvel étatet bénéficie de

l'avantage d'être prévenu

dessymptômes

futurs. Il

sera

donc sujet à moins d'appré¬

hension. Si, par

contre, il

en

est à sa première atteinte et

que sa conditionsociale

fasse qu'il ne soit pas éclairé sur

les débuts de l'affection qui nousoccupe,

il pense générale-

(22)

22 -

ment à un « simple petit écoulement », et conserve encore

quelque

espoir. Première déception.

La période d'état commence. L'écoulement clair,filant, du début devient rapidement gris, jaunâtre, puis verdâtre. Les craintes du patient se confirment en même temps que se succèdentces variations dans la couleur du pus. Les stries de sang qu'il y trouve parfois

l'effrayent,

il en conclut de suite à une plus grande gravité du mal, à une complication qu'il ne peut

s'expliquer

et à laquelle ilnesongeaitpas.Nou¬

velle surprise. La crainte de la découverte de choses plus redoutablesencoren'est pas loin de naître. Il s'examine avec minutie et se lamente à l'aspect de son gland rouge, dur, gonflé, des lèvres de sonméattuméfiées, turgescentes, humi¬

des, de son prépuceœdémateux.

Malheureusementil n'y a pas que ces symptômes d'inspec¬

tion à l'impressionneret qui suffiraient déjà à sa tristesse.

Il y a aussi les phénomènes douloureux qui vont tenir la plus grande place, à tel point que le malade se désespé¬

rera moins de la goutte de pus continuelle au bout de son méat par l'espoir, quand elle n'existera plus, de ne plus

souffrir.

Il est facile, en effet, de constater que

beaucoup

cle blen- norragiques qui ne souffrent pas, ne présentent aucun des phénomènes mentauxque nousdécrirons.

En outre de la cuisson extrêmement vive au moment delà miction, il faut noter aussi les douleursspontanées dans le

canal et sur le cordon, dont la soudaineté est pour

tenir

en éveil le malade. Il en est de même des érections fort

péni¬

bles dont il est tourmenté la nuit. L'abondance de l'écoule¬

ment est souvent telle, que le malheureux est obligé de changer plusieurs fois par jour le linge ou le coton qui

enveloppe

sa verge.

Et cet état dure parfois si

longtemps,

que Fournier a pu dire : « On ne sait pas quand cela finira! » En fait, il est des gens chez

lesquels

la

blennorragie

s'éternise.

En dehors de ces symptômes qui mettent si durement à

(23)

- 23 -

l'épreuve

la sensibilité et la patience des malades, il est bon

de rappeler

l'aspect général qu'ils retirent de la lutte, l'ha-

bitus

particulier

que

leur avaient déjà reconnu Feréol et

Pidoux,en parlant

de leur pâleur, de l'expression terne du

regard, de

quelque chose de relâché dans les traits du visage

avec un peu

d'amaigrissement rapide et de décoloration bla¬

farde de la peau,

de leurs mouvements paresseux, de leur

attitude nonchalante

qui témoignent bien d'un état anémi¬

queque

Chotier

en

1884, puis Louis en 1891 interprétèrent

les premiers comme

la manifestation d'une infection. Il est

entout cas indéniable

qu'un semblable état pathologique

est la preuve

d'une réaction assez vive pour que l'on puisse

prévoir

des modifications dans la sensibilité générale de

l'individu,etdès lors

des phénomènes mentaux dignes d'être

signalés.

Etiologie. Tous

les blennorragiques ne réagissent pas de

la mêmemanière à leur affection.

Celle-ci,

en se

prolongeant

parfois outre mesure,

suscite une réaction plus vive, et

comme d'autre part on

la voit s'attacher particulièrement

auxlymphatiques,

scrofuleux, arthritiques, on comprendra

la fréquence des

phénomènes mentaux chez des gens possé¬

dant àl'avance une tendance

naturelle à la débilité organi¬

que,à

l'excitabilité

nerveuse, une

émotilité souvent exagérée,

un excès de sensibilité qui

font qu'ils sentent davantage,

que chaque

sensation devient

pour

eux une souffrance.

Ce sont doncceux-là surtoutqui

seront impressionnés au¬

tant par le seul

fait de l'existence de leur maladie que par

les douleurs dont elle est cause, et

qui s'en préoccuperont

d'une façon toute

spéciale.

C'est parmieux que nous

retrouverons le plus souvent le

type mental que nous

allons décrire, surtout si l'hérédité

névropathique

elle aussi est présente. Nous disons surtout,

par restriction, car,

ainsi

que nous

le verrons par les obser¬

vations qui suivent,

l'hérédité névropathique n'existe pas

toujours chez les

blennorragiques ayant présenté des phéno¬

mènes mentaux. Toutefois elle

intervient

assez

souvent,et là

(24)

24

comme dans toutes les affections mentales, les

prédisposi¬

tions héréditaires ou acquises rendent les sujets plus vulné¬

rables ; et les accidents qui chez un individu sain n'auraient pas déterminé de désordres

psychiques,

amènent chez eux

l'explosion

de

phénomènes

de gravité variable. Il étaitdonc

importantd'en parler.

A rencontre de cette catégorie de malades surlemoral des¬

quels la blennorragie influe si facilement et si malheureuse¬

ment, il en est d'autres chez lesquels elle paraît absolument inactive. Ceux-ci s'observent surtout dans la classe misé¬

reuse et parmi les habitués des

hôpitaux.

On en voit beau¬

coup en effet qui portent leur

chaude-pissse

d'un cœurléger et vont même parfois

jusqu'à

s'en enorgueillir,et pourtant

eux aussi deviennent

anémiques

et s'affaiblissentcomme les autres. Il y a donc là presque une preuvede l'influence éco¬

logique de la position sociale, de l'éducation qui font que moins il y a de délicatesse, moins aussi il y a de sensémotif, d'excitabilité nerveuse, et par suite moins de retentissement du moral sur le physique. Bien au contraire, en dehors de toutequestion d'hérédité si onenvisage le cas d'un individu sensible, émotif, timide, fatigué d'autre part par les travaux intellectuels, les veillées prolongées et que l'éducation aura habitué aux conventions morales, on prévoit de quel effet désastreux sera sur celui-ci la découverte d'une affection dont il sait qu'il aura à souffrir violemment, qu'il ne guérira

souvent qu'avec

beaucoup

de difficultés, et qu'il voudra mal¬

gré tout tenir cachée aux yeux de bien des gens. Bien des étudiants connaissent cet étatd'inquiétude, d'angoisse. Quel¬

ques-unes de nos observationsen sont desexemples.

Toujoursdans le même ordre d'idées, c'est-à-dire en cequi

concerne le rôle

étiologique

que peut avoir lemilieu social dans l'éclosion et le développement des phénomènes men¬

taux chez les

blennorragiques,

nous croyant intéressant de faire ici quelques remarques. On sait quedans les régiments

lesjeunes soldats atteints de

blennorragie,

après un temps plusou moins long d'infirmerie,sont retenus consignés pen"

(25)

- 25 -

danttrentejours

à la caserne, dans le seul but, sans qu'on le

leurdise, et

c'est là la faute, d'empêcher la contagion au de¬

hors et, defait,

l'augmentation du nombre des victimes. Or

nousavons vu assez

souvent pour notre part quelques-uns

deces hommes

à jugement simple et peu habitués à réfléchir

aux

questions d'hygiène publique, interpréter la mesure

prise

à leur égard comme une punition morale et en déduire

une sortede honte

de leur maladie au tout au moins plus de

crainte

qu'auparavant

sur

sa gravité, partant plus de tris¬

tesse, plus

d'inquiétude morale suscitant parfois un état

mental

pathologique qui

ne

serait peut-être pas apparu.

La femme estmoins

sujette à

ces

phénomènes mentaux,

peut-être parce

qu'elle ignore davantage les complications

néfastes que

la blennorragie peut avoir et que son état sexuel

la préoccupe

moins.

L'âgeaussi du

sujet

a son

importance dans l'apparition, la

fréquence,

la valeur des phénomènes.qui nous occupent. De

l'examendesobservations

il ressort qu'ils sont surtout accen¬

tués chez lesjeunes gens.

Leloir, d'ailleurs, avait déjà fait la

remarque que

ceux-ci réagissent d'une façon plus intense

que les

hommes d'un âge mûr. On ne saurait dire si c'est

parla simple

raison de leur âge et de la réaction plus vive

des organismes

jeunes contre la maladie, ou bien si c'est

parce que

les

gens

plus âgés n'en sont pas à leur première

blennorragie et

qu'ils ont acquis ainsi une sorte d'immunité;

peut-être est-ce

tout simplement affaire de prédisposition.

N'oublions pas non

plus

que

c'est aussi le moment des plus

grands excès, cause

fréquente de dépression morale, d'af¬

faissement nerveux qui

sont autant de préparation aux né¬

vroses. Etpuis

n'est-il

pas

naturel à cet âge de tenir à l'inté¬

grité absolue de ses organes

sexuels, et par conséquent d'être

particulièrement

affecté, inquiété de toute atteinte à leur

complet

fonctionnement. On se représente fort bien cette in¬

quiétude si spéciale

commençant avec les premiers symptô¬

mes(cuisson,

etc.), puis allant s'accentuant. Le malade est im¬

patient de savoir ce

qui

en

adviendra, l'attente d'une douleur

(26)

26 -

inconnue le préoccupe au delà de toute mesure, le.jette dans

uneangoisse inexprimable.

Plus tard encore, au momentdes pollutions, des érections nocturnes, desdouleurs spontanées, l'insomnie quien résul¬

tera augmentera l'irritabilité nerveuse.

En dehors de tous ces facteurs que nous pouvons considé¬

rer comme descauses

prédisposantes

à l'étatmental particu¬

lierau

blennorragique,

il en est d'autres qui eux constituent des causes occasionnelles déterminantes et que nous étudie¬

rons dans le chapitre suivant.

Mais on comprendra dès lors qu'avec de telles

dispositions

le

blennorragique

puisse arriver, comme le dit Mathieu si

vigoureusement,

«à vivre en contemplation continuelle de

son canal, passant des heures à chercher à exprimer une goutte de muco-pus. Il s'affole de la présence de quelques spirales, de quelques filaments blanchâtres dans le premier jet de la miction. Volontiers il a recours aux injections, au

cathétérisme,

aux remèdes de divers ordres, conseillés souvent par des gens d'une compétence douteuse. Par tout cequ'il fait il augmente le mal, il entretient la prostatorrée

quelaisse derrière lui l'écoulement

blennorragique.

» Dans toute cette

description

quiserapporteà la blennorra¬

gie aiguë, nous avons fait abstraction des complications directes possibles résultant des irradiations de

laphlegmasie

urétraleaux tissus et organes voisins, à savoir l'adénite, la

lymphangite,

la balanite, le phimosis, le paraphimosis, l'hé¬

morragie de l'urètre, la rétention de l'urine, les

phlegmons péri-urétraux,

la cowperite, l'inflammation des vésicules

séminales,

la prostatite, la cystite,

l'épididymite,

l'orchite, et qui sont autant d'élémentsnouveaux pouvant affecter davan¬

tage le malade, être la cause de nouvelles émotions, de nou¬

velles craintes, d'un plusgrand affaiblissement

physique. Il

n'est pas nécessaire, croyons-nous, d'y insister.

Si nous considérons maintenant la

blennorragie passée à

l'état

chronique, devenuecequ'onappellela blennorrée(goutte

militaire), nousvoyonsalorsapparaîtredessymptômes

d'une

(27)

importance particulière par l'influence psychique qu'ils peu¬

ventavoir et ont

souvent

sur

la sensibilité, sur le moral du

malade. Il importe

de faire remarquer tout d'abord que cet

état de

chronicité

expose

le malade à des rechutes qui

surviennent à propos

de marche, d'excès de boisson, de

rapports sexuels, qui l'obligeront à s'observer davantage et

qu'il regardera comme des récidives. D'où belle occasion de

s'auto-suggestionner, de

se

convaincre qu'on ne guérira

jamais,

qu'on, est voué pour toute la vie à cet état lamentable.

Etpuisen

dehors de l'écoulement constant, des pseudo-éja-

culations

purulentes de la spermatorrée, il y a aussi la pros

tatite chroniqueavec

les écoulements spontanés, les troubles

delà miction, de

l'éjaculation qu'elle entraîne et qui s'ac¬

compagnent parfois de sensations de déchirures ou de brû¬

lures plus ou

moins persistantes, dues aux altérations des

conduits éjaculateurs

et de la muqueuse de l'urètre posté¬

rieur.

Il y a

aussi les phénomènes d'irritations sexuelles qui,

pourFinger,

ont

une

grande importance. Les sensations vo¬

luptueuses

du coït sont diminuées ou abolies pour faire

place à des

douleurs lancinantes sous-pubiennes au moment

de l'éjaculation

qui interrompent le coït à peine commencé.

Lespollutions

sont parfois si fréquentes qu'elles entraînent

une lassitude

générale très prononcée. Les érections faciles

mais courtes

peuvent disparaître, on en arrive alors à l'im¬

puissance

signalée

par

Furbringer (1880).

C'est sous l'influence d'un

tel état pathologique que le

malade accuse dessensations de

chaleur

ou

de cuisson dans

l'urètre, pendant

la miction,

ou

bien encore des élancements

douloureux lelong du

canal,

ou

dans les régions voisines,

quelquefois à la

base du gland.

Il en est qui, nous

dit Guiard, se croient atteints de rétré¬

cissements, car leur jet

d'urine est aminci et irrégulier, ils

ontsimplement du spasme

urétral. Nous avons eu ainsi un

camaradequi,

malgré l'introduction facile de bougies Béni-

qué dans son canal, ne

pouvait

se

défendre de l'idée d'un

(28)

28 -

rétrécissement. D'autre se plaignent de pesanteur, d'élance¬

ments ou de douleurs continuelles le long des cordons sper- matiques, vers les testicules ou bien au périnée et à l'anus,

ou encore dans la région lombaire ou le long de la colonne vertébrale.

Ce second groupe de phénomènes montreun degré deplus

dans l'ébranlement du système nerveux et

implique

l'idée

d'un retentissement cérébral plus grand, et l'on conçoit que parmi ces sujets on pourra en voir parvenir à l'idée de sui¬

cide.

Les observations qui suivent rendront mieux compte

encore de cet état psychiqueque nousinterpréteronsdansun dernier chapitre et dont nous essaierons une explication

pathogéniqne.

(29)

OBSERVATIONS

Observation I

(Personnelle,).

R. A..étudianten médecine,

vingt-cinq

ans.

Aucun antécédenthéréditaire

névropathique.

Pas d'antécédents

personnels. Robuste constitution. Un peu nerveux,

caractèreenjoué; est

doué d'une pondération habituelle.

Ilcontractaily a un an

la blennorragie. C'était sa première. Les

débuts en furent insidieux. Quatre jours

après le commencement de

l'écoulement, dont la découverte ne

l'étonna

pas

outre mesure, il res¬

sentitauniveau de l'urètre desdouleurs

intolérables qui lui affirmèrent,

selonlui, l'exactitude des

comparaisons qu'il avait entendu faire bien

souvent àleur sujet. Ce

fut

en

riant tout d'abord, nous dit-il, qu'il se

convainquit ainsi

de la véritable nature de son affection, qu'il crut

devoir mépriser et contre

laquelle il

ne

tenta aucune médication. Au

bout de huitjours,

les douleurs devenues plus vives forcèrent son atten¬

tion, il commença dès lors à

s'observer et constata un engorgement

assezprononcé des

ganglions de l'aine et l'existence d'un cordon lympha¬

tiquese perdant dans

le canal inguinal. Sa patience, sa gaieté dispa¬

rurentsubitement. Ordinairement

expansif, il

cessa

de parler à ses amis

dont laprésencemême

l'irritait, éprouvant contre eux comme une colère

deson mal. Au restaurant, en ville,sans cesse

poursuivi par la préoc¬

cupation deson état ilne songe

qu'à rentrer chez lui pour être seul,

regarder l'aspect deson

méat, constater les progrès du mal. Enfermé

dans sa chambre, fatigué, abattu,

il

se

couche mais pour ne pas dormir,

troubléqu'il est dans son

sommeil

par

des rêves, des cauchemars. Il

seréveille dix ou douze fois par nuit

et porte aussitôt la main à ses

organes génitaux,

obligé,

par

l'abondance de l'écoulement, de changer

(30)

- 30 -

fréquemment le coton dont on recouvre son méat; la sensation conti¬

nuelle d'humiditéde soncanal l'accable particulièrement;aussi un nou¬

veau nettoyage, une nouvelle toilette de son gland lui procurent-ilsun très grand soulagement.

Ilarrive ainsi bientôt àne plus s'intéresser à rien, néglige ses études pour lesquellesd'ailleurs il ne se sentplus les mêmesmoyensqu'aupara¬

vant, sa'compréhension, sa mémoire étant, selon lui, beaucoup dimi¬

nuées. Rencontre-t-il un camarade qui lui fasse l'aveu d'un malheur semblable au sien, il en est au fond presque heureux, mais surtoutpar l'occasion qu'il trouve ainsi de causerlonguement de son mal. Il ditsa tristesse, son dégoût de tout, son angoisse,sa crainte même de ne peut- être pas guérir, mais ne pense cependant à aucune des complications possibles, quoique les connaissant toutes pour les avoir, depuis le début de son affection, bien des fois étudiées, etqu'il sache la gravité de quel¬

ques-unes.

Une médication minutieuse et rigoureusement suivie fit disparaître les phénomènes douloureux et en même temps cet état mental parti¬

culier qui fitplace aussitôt à lasainegaîté d'autrefois.

Le malade eut dans la suite trois autres blennorragies qui furent accompagnées de phénomènes identiques mais moins accentués, récon¬

fortéqu'il était parla pensée qu'ellesne devaient pas durer aussilong¬

temps quela première. Il vittoujours avec chacune d'ellesdisparaître

sagaîté, diminuer son activité physiqueetintellectuelle etfut toujours particulièrementmal impressionné par la sensation d'humidité conti- tinuelle de son canal.

Observation II (Personnelle).

Ils'agit d'un de nos camarades, le docteur R..., âgé de vingt-quatre

ans.

Son passé pathologique est assez chargé : A quatre ans, rougeole et broncho-pneumonie.

A cinq ans, coqueluche, bronchites fréquentes tous les hivers jus¬

qu'à l'âge de douze ans. A ce moment, fièvre typhoïde trèslégère,

très vite guérie.

Références

Documents relatifs

• La plupart des personnes guérissent de l’hépatite A et de l’hépatite B après avoir été malades un certain temps, mais il est possible d’avoir l’hépatite C pendant de

Parce que si je commence à faire des grands gestes expressionnistes, avec des grands costumes et un langage très artificiel, en m’éloignant de ce que je pourrais faire dans la

- Plusieurs pistes sont actuellement explorées pour renforcer dans le futur les chances de guérison des MICI.

sont mal acceptés par les autres, ne sont que rarement imités, ou de façon brève, et ne sont pas intégrés dans leur s activités communes,' poursuites ludiques

Voici quelqu es échos de celle campagne (nous rappelons pour mémoire le succès cie Delbasty, Pons, la Gironde, la Seine·Maritime et Yvo nne l\lartinot).. ANSART

– f) Quelle est l'énergie cédée par le cylindre au bain, entre son immersion et le moment où l'équilibre thermique est atteint (c'est à dire lorsque la température du cylindre

On lit aussi que l’activité de l’amygdale, une région impliquée dans la reconnaissance et l’expression des émotions, est plus importante chez les enfants ayant grandi dans

M: C’est l’étude du mécanisme qui montre la porte de sortie après tout, votre confusion n’est que dans votre mental qui, jusqu’à présent, ne s’est jamais rebellé contre