FACTEURS INTERVENANT DANS LA PRODUCTION DU SYSTÈME PROTÉOLYTIQUE CHEZ
MICROCOCCUS CASEOLYTICUS
M. DESMAZEAUD
J.
HERMIERStation centrale de Recherches laitières et de
Technologie
des Produitsanimaux,
Centre national de Recherches
zootechniques
78 -Jouy-en-Josas
Institut national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
Différents facteurs intervenant sur la croissance et la
production
de protéase exocellulaire de Microcoicuscaseolyticus
ont été étudiés : l’influence du chlorure de sodium, duglucose,
dupH
du milieu, de la température et de l’aération. Unetechnique
de culture àpH
constant est recommandée pour uneproduction
maximum deprotéase
exocellulaire.En
présence
d’inducteur laproduction
deprotéase
exocellulaire estparallèle
à la croissance et alieu
pendant
laphase logarithmique
de croissance. Latempérature optimum
est de30 0 C,
lepH opti-
mum est de 7,0. L’aérobiose est une condition
indispensable
à la croissance. Leglucose
permet une meilleure croissance mais son utilisation entraîne une acidification du milieu, inactivant irréversible- mentl’enzyme :
lepH
doit être maintenu à une valeur de 7. Le chlorure de sodium n’affectepas’la
croissance mais permet une
apparition plus précoce
de laprotéase
dans le surnageant de culture.l ’
Les acides aminés induisent une très faible activité
protéolytique
exocellulaire mais n’exercentpas de
répression.
Lespeptides
induisent une forte activitéprotéolytique, qu’il
y ait ou non crois-sance cellulaire. Les
protéines
ne sont inductrices que si la croissance s’effectue. Leglucose
alorsn’exerce pas d’effet
répresseur.
o
INTRODUCTION
D
EVOYOD
(Résultats
nonpubliés)
a montré que du lait danslequel
s’étaient mul-tipliées
certaines souches demicrocoques
fortementprotéolytiques, contenait
dessubstances de nature
peptidique capables
destimuler
la croissance dans lelait
de cer- taines souches deStreptococcus cremoris (souche CNRZ io 7 ), St y . thermophilus (souches
CNRZ 7, CNRZ
1 6 0 ,
CNRZ22 ).
Ces substancesétaient
trèsprobablement
desproduits
de
l’hydrolyse
de la caséine du lait par unsystème protéolytique
libéré au cours de lacroissance du
microcoque.
Dans le but de caractériser ultérieurement cespeptides,
il aété décidé de les
préparer
par action directe sur la caséine d’uneprotéase purifiée
àpartir
d’une souche de Micrococcuscaseolyticus
reconnue comme stimulante de la croissance des bactérieslactiques.
Si l’on se réfère au genre Micrococcus au sens
strict,
donc en excluantM. lysodeik-
ticus et « Coccus P »
qui
devraient être classées dans le genre Sarcina(Cor,os!xT
etROCQ U
ET, 1957)
nos connaissances sur lesprotéases
des bactériesappartenant
à ce genre se limitent àquelques caractéristiques
de l’action sur la caséine desystèmes
pro-téolytiques
nonpurifiés produits
par M.caseolyticus (PozmArrsxi,
LENOIR et Moc-QUOT,
19 65)
et par M.freudenreichü (H U S AIN
etMCDO N A LD , 195 8).
Enrevanche,
lesfacteurs de la
biosynthèse
ont été bien étudiés dans le cas d’uneprotéase
exocellu-laire de M.
f y eudenreichü.
Laproduction
del’enzyme
est liée à la croissance et elle est stimulée par l’addition de chlorure de sodium au milieu de culture(M C D ONA r, D , i 9 6i).
D’autre
part,
lasynthèse
de laprotéase
a lieu en l’absence deprotéines
ou depeptides,
dont on aurait pu attendre une action inductrice ou stimulante sur la
synthèse,
maisla
quantité
deprotéase
obtenue est fonction de la nature de la source de carbone dis-ponible
dans le milieu de culture(M C DorrAi,n
etC HAMB E RS , i 9 66).
Dans le
présent travail,
nous avons étudié les facteurs de labiosynthèse
d’un sys- tèmeprotéolytique
exocellulaire par M.caseolyticus.
Nous montrerons enparticulier
que,
contrairement
à cequi
a été observé chez M.freudenreichii,
cesystème
est induc- tible par unmélange
depeptides.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
r. Souche bactérienne
La souche n°
9 6
de Micrococcuscaseolyticus
utilisée dans ce travail, a été isolée àpartir
du laitde vache, lait recueilli par
prélèvement
stérile à la mamelle. La soucheappartient
au groupe 6 de la classification de BAIRD-PARKER( 19 6 3 ).
Elle est conservée parrepiquage
mensuel sur Plate-CountAgar (Difco)
et maintien à 4OC.2
. Conditions de culture
Pour tous les essais autres que ceux relatifs à l’influence de la source azotée et ceux de culture à
pH
constant, M.caseolyticus
est cultivé à3 o o C
dans le milieuliquide
« TG » dont lacomposition
pour un litre est la suivante : tryptone
(Difco)
ro g,glucose
5 g, extrait de levure(Difco)
5 g, chlorure desodium
5g, tamponphosphate
depotassium
0,134 M àpH
7, 1 ooo ml. Les modifications appor- tées à ces conditions au cours des essais sontindiquées
dans le texte. Le milieu est inoculé avec 4p. cent volume à volume d’unesuspension
de cellules de M.caseolyticus.
Cettesuspension
est obtenue à par- tir d’une culture à30 0 C pendant
r8 h dans un milieu «TG », qui
est diluée avec du milieu non ense-mencé de telle
façon
que sa densitéoptique
à 6go my soit ramenée à 1,0. Le milieu ensemencé estincubé dans des tubes en verre non
agités
contenant 10ml de milieu.Dans le cas de l’étude de l’influence de la source azotée, M.
caseolyticus
est cultivé à30 0 C
dans lemilieu
liquide
« AG» qui
a lacomposition
suivante pour un litre : casamino acids(Difco)
10g,glucose
5g, extrait de levure
(Difco)
i g, chlorure de sodium 5 g, tamponphosphate
depotassium
0,067M àpH.
7,0, 1 ooo ml. A ce milieu onajoute
lecomposé
azotéessayé
à raison de ro g par litre de milieu. Ce milieu est contenu dans deserlenmeyers
d’unecapacité
de goo ml, à raison de 100ml de milieu parrécipient.
Il est inoculé avec unesuspension
de cellules obtenues parcentrifugation
à 4°C d’une cul-ture à
30 0 C pendant
r8 h dans le milieu AG lavées trois fois par de l’eauphysiologique
à 9g de chlorure de sodium par litre et remises ensuspension
dans de l’eauphysiologique
à 9 g de chlorure de sodium par litre. Les autres conditions de l’inoculation sontindiquées
dans le texte. Leserlenmeyers
sontincubés à
30 0 C
sur unagitateur
alternatif oscillant à roo translations par minute.Dans le cas des cultures à
pH
constant, le milieu de culture a lacomposition
suivante pour un litre : tryptone(Difco)
r5 g,glucose
40g, extrait de levure(Difco)
10g, chlorure de sodium 6 g et:- soit du tampon
phosphate
depotassium
0,067 M àpH
7,0, 1ooo ml(milieu
« TG »enrichi) ;
- soit chlorure de calcium
(CI,Ca, 2 H.0)
0,6 g,Tris-(hydroxyméthyl)
aminométhane 4,2g, acidemaléique
3,2 g, eau distillée i ooo ml(pH
final7 , 0 ) (Milieu
« TGCau).
Un ballon d’une
capacité
de 21 et contenant 1500ml est inoculé dans les mêmes conditions que le milieu TG et incubé à30 0 C
dans un bain-marie. Le milieu est fortementagité
par la rotation d’un barreaumagnétique
et aéré parbarbottage
d’air stérile( 0 , 5
litre parminute).
Le maintien dupH
du milieu à la valeur de 7 :i:: o,0est obtenu par l’addition
automatique
d’une solution de soude5 N
commandée par un titrateur Metrohm
(E 3 6 1 )
en fonction des indications fournies par une électrode combinée Metrohmplongeant
dans le milieu de culture.Les milieux et les
récipients
de culture sont stérilisés parautoclavage
à i zooCpendant
20minutes.Le
glucose
et lesprotéines
en solutions concentrées sont stérilisés par filtration sur filtre Seitz etajoutés
au milieu de culturejuste
avant son utilisation.3
. Méthodes et
techniques
de mesureLa croissance bactérienne est suivie par lecture au
spectrophotomètre
Beckman DB de la densitéoptique
à6 5 o
my du milieu de culture dans une cuve en verre de i cm de cheminoptique.
Le
glucose
est dosé par la méthode à l’orcinol de SOERENSENet HAUGAARD( 1933 ).
Les valeursdu
pH
dans le milieu de culture sont déterminées avec unpH
mètre E. I. L.(Electrode Ingold).
L’activité
protéolytique
du milieu de culture est mesurée en déterminant la concentration desproduits
de la réactiond’hydrolyse
de la caséinequi
sont solubles dans l’acidetrichloracétique
à 6 p.100
(ANSON, i 93 8).
A 9 ml d’une solution à 2p. ioo de caséineisoélectrique
en tamponT y is-(hydro- xyméthyl)
aminométhane-HCl o,0 M àpH
7,g onajoute
i ml du milieu de culturepréalablement centrifugé
à 8 ooo gpendant
30mn à 4°C pour éliminer les cellules bactériennes.Après mélange
et maintien à30 0 C pendant
ro mn, la réaction est arrêtée par addition de 10ml d’une solution d’acidetrichloracétique
à rz p. 100.Après
20minutes de contact, lemélange est passé
sur filtre Durieux n° IIIr et la teneur en
composés
solubles du filtrat est déterminée par sonabsorption
à z7g 5 my mesurée dans une cuve en quartz de un cm de chemin
optique
à l’aide d’unspectrophoto-
mètre Beckman DB. Le blanc du
dosage
est constitué par le filtrat dumélange
réactionnelaprès pré- cipitation
par l’acidetrichloracétique
dès l’addition du milieu de culture à la solution de caséine.L’unité d’activité
protéolytique
est définie comme lechangement
de 0,001unité de densité op-tique
à 275 5 my dans les conditions décrites ci-dessus par minute et par ml de milieu de culture. L’ac- tivitéspécifique
est définie comme le rapport de l’activitéprotéolytique
sur la densitéoptique
à6
50
mILde la culture.L’activité
protéolytique
intracellulaire est mesurée sur des extraits cellulairespréparés
par bro- yage des cellules bactériennes dans un omni-mixerSorvall ;
la cuve debroyage
contient 1012cellulesmises en
suspension
dans 3 ml de tamponTris-(hydroxyméthyl)
aminométhane o,05M àpH
7,5et8 grammes de
perles
de verre de 180microns dediamètre,
la durée dubroyage
est de 180secondes pour
une vitesse de rotation de 30ooo tours à la minute. Les
perles
de verre sont ensuite éliminées par fil-tration sur filtre à billes de verre sous un vide
léger
et rincées avec 5ml de tampon Tris o,05M àpH
7,Les filtrats sont ensuite
centrifugés
à 40Cpendant
30mn à z700o g afin d’éliminer lesfragments
cellulaires. L’activité
protéolytique
de ces filtrats est mesurée dans les conditions décrites pour lamesure de l’activité
protéolytique
exocellulaire.RÉSULTATS
I
.
Études préliminaires
La
croissance à30 0 C
de M.caseolyticus
dans le milieu TG est relativement lentepuisqu’elle
sepoursuit pendant
60 h(fig. i).
Une activitéprotéolytique apparaît
dansle milieu de culture dès le début de la
croissance,
passe par un maximum à 40 h d’in- cubation pour diminuer ensuite lentement. LepH
du milieu décroîtrégulièrement
par suite de la fermentation du
glucose. Après
20heures commeaprès
40 heuresde
culture l’activité
protéolytique
intracellulaire reste 60fois inférieure à l’activité pro-téolytique
exocellulaire.L’influence
dupH
du milieu de culture et celle de la source azotéeprincipale
surla
production
dusystème protéolytique
ont été étudiées defaçon approfondie
et serontexposées
dans lesparagraphes
suivants. D’autresfacteurs,
tels que latempérature d’incubation,
la concentration duglucose
et du chlorure de sodium dans lemilieu,
n’ont faitl’objet
que d’une étudepréliminaire portant
sur des cultures incubées sansagitation pendant
16 heures.Influence de
latem!éyature.
Comme le montre le tableau i, l’activité
protéolytique
laplus
élevée est obtenueà
3 o O C,
non seulement en valeurabsolue,
mais aussiquand
elle estrapportée
à la crois-sance
(activité spécifique).
Enrevanche, l’optimum
de eloissance se situe à37 °C.
Cephénomène
estanalogue
à celui observé chez M,lysodeikticus (G ORINI
et FROnzn-GE OT
,
ig 5 o).
On notera deplus qu’une
croissance faible estpossible
à iooc mais sansproduction
dusystème protéolytique.
Influence
duglucose. ’
En
l’absence deglucose,
la croissance estbeaucoup plus
lente mais laproduction
du
système protéolytique
est encoreplus ralentie,
comme le montre le tableau 2. Enrevanche, quand
la concentration duglucose
dans le milieu estportée
de 5à io g parlitre,
on n’observe aucunchangement
dans la vitesse de croissance nu laproduction
du
système protéolytique. Le glucose
n’exerce donc pas d’effet inhibiteur sur la syn- thèse del’enzyme,
contrairement à cequi
a été constaté chez M.lysodeïkticus (G ORINI
et
F ROMA GE OT , 1950 )
ou dans le genre Arthrobacter(H OFS TE N
etT J E D E R , i 9 6g).
Influence
du chlorure de sodium.Puisqu’il
avait été montré chez M.freudenreichü
que le chlorure de sodium favo- risait la libération deprotéase
dans le milieu de culture(M C D ONA r, D , ig6i),
laprésence
de ce sel a été
prévue
dans lacomposition
du milieu TG. Dans un milieu sanssel,
la vitesse de croissance n’est pas modifiée mais l’activitéprotéolytique
dans le milieu diminue d’environ 50 p. 100(tabl. 2 ).
On retrouve donc bien chez M.caseolyticus
l’effet stimulant du chlorure de sodium mis en évidence chez
M. freudenreichii. L’aug-
mentation de la concentration de ce sel
jusqu’à
72g parlitre, n’apporte
aucun chan-gement
dans la croissance ou l’activitéprotéolytique
dans le milieu TG(tabl. 2 ),
alorsque la croissance de
M. freudenreichü
est fortementinhibée par
de telles concentrations(MCDONALD, ig6i).
2
.
Influence
du!H
du milieu de cultureQuand
on réduit la concentration dutampon phosphate
dans le milieu TG à0 , 00 6
7 M,
on constate que la croissance est d’abordplus rapide
que dans le milieu TGnon
modifié, puis
fortement ralentieaprès
3o heures d’incubation(fig. 2 ).
Par suitedu faible
pouvoir tampon
dumilieu,
lepH
décroîtrapidement
pour atteindre la va-leur de 5,1en fin de culture.
L’activité protéolytique
du milieu de cultureaugmente
nettement moins vite que dans le milieu TG non modifié
puis
décroîtrapidement après
3 0
heures d’incubation.
Il
apparaît
donc que laproduction
dusystème protéolytique
chez M.caseolyticus
est reliée à l’évolution du
pH
du milieu de culture. Cette relation avec lepH
a été confirmée enchangeant
lepH
initial du milieu TG par modification de lacomposition
du
tampon,
sanschanger
sa concentration. Dans lafigure
3sontréparties
les valeursde la densité
optique
du milieuaprès
24 heuresd’incubation,
en fonction dupH
initialdu milieu de culture. Les vitesses maximales de croissance et de
production
du sys- tèmeprotéolytique
sont obtenues àpH
7.Quand
ons’éloigne
de cettevaleur,
la pro- duction diminuebeaucoup plus rapidement
que la croissance.On
peut
doncespérer
favoriser laproduction
dusystème protéolytique
en main-tenant le
pH
du milieu de culture à la valeur de 7, par neutralisation avec de la soude.Des cultures effectuées dans ces conditions
en milieu
TG ont montréqu’en effet,
il enest bien ainsi et que la valeur maximale de la croissance est, elle
aussi, plus
élevée que dans le milieu neutralisé.Quand
onaugmente
la concentration des constituants du milieu TG autres que letampon phosphate,
on constate que les valeurs maximales de la croissance et de l’activitéprotéolytique
s’accroissent. Dans lafigure
4sont montrées la croissance et laproduction
dusystème protéolytique
dans le milieu « TG enrichi »dont tous les constituants sont en excès
(sa composition
est donnée dans lechapitre
« Matériel et Méthodes
o). L’augmentation
de l’activitéprotéolytique
estparallèle
àcelle de la densité
optique
de la culture et s’arrête sensiblement en mêmetemps. Quand
on
supprime
l’aération du milieu parbarbottage d’air,
la croissance s’effectue d’abord à la même vitessepuis
s’arrête trèsprécocement.
Là encore l’évolution de l’activitéprotéolytique
estparallèle
à celle de la croissance. On notera enoutre,
que la consom- mation duglucose
suit l’évolution de la croissance que le milieu de culture soit aéréou non.
Comme on le verra dans la deuxième
partie
de cetravail,
lecomposant principal
du
système protéolytique produit
par M.caseolyticus
est stabilisé par l’ion calcium.C’est
pourquoi
l’essai de culture àpH
constant a étérepris
enajoutant
du chlorure decalcium au milieu de
culture, après
avoirremplacé
letampon phosphate
par du tam- pon Tris-maléate(Milieu TGCa).
Dans ces conditions(fig. 5 ),
la croissance estplus
rapide,
mais s’arrête néanmoins à la même valeur de densitéoptique ; cependant
à lafin de la
croissance,
tout leglucose
a étéconsommé,
contrairement à cequi
est observéen absence de
calcium ;
lasynthèse
dusystème protéolytique
estparallèle
à la crois-sance,
puis
sepoursuit
lentementaprès
sonarrêt ;
l’activitéprotéolytique
du milieuest
supérieure à 4
fois celle obtenue en absence de calcium.3
.
Influence de la
source d’azoteQuand
onremplace
latryptone
du milieu TG par unmélange
d’acides aminés(Casamino acids),
l’activitéprotéolytique
dans le mileu de culture nereprésente
que10p. cent de celle observée dans le milieu
TG,
alors que la vitesse de croissance n’est pas modifiée. Donc un milieu où la source d’azoteprincipale
est constituée par cemélange
d’acides aminés(milieu AG) peut
être utilisé pour déterminer l’influence descomposés
azotés sur lasynthèse
dusystème protéolytique.
Au cours de la croissance de Micyococcus
caseolyticus
dans le milieu AG inoculéavec
3 .io 9
cellules parml,
lasynthèse
dusystème protéolytique
est stimulée par l’ad- dition soit d’unhydrolysat enzymatique
deprotéines (Bacto-tryptone, Trypticase, Bacto-peptone)
soit d’uneprotéine (caséine, p-lactoglobuline, sérum-albumine),
l’effetle
plus marqué
étant observé avec la caséine(tabl. 3 ).
Cette addition d’une sourceazotée
supplémentaire
au milieu de culture n’entraîne pas de variation dans la vitesse de croissance.Cet effet stimulant des
protéines
ou de leurhydrolysat enzymatique pourrait
être attribué à une induction par ces
composés
de labiosynthèse
dusystème protéo- lytique.
Si tel était bien le cas, cet effet d’induction devrait être retrouvé avec des cellules nonproliférantes.
Comme le montre le tableau 4, des cellules de M.caseolyEicus produites
dans le milieu AG etresuspendues après lavage
dans une solution de chlo-rure de sodium à 5
g/1
dans dutampon phosphate 0 , 0 6 7
M àpH
7,0, à raison de io’Ocellules par
ml,
nesynthétisent
pas lesystème protéolytique.
Il en est de mêmequand
on
ajoute
à cette solution de la caséine ou une autreprotéine
telle que la sérum albu- mine ou lap-lactoglobuline.
Parcontre,
l’addition d’unhydrolysat trypsique
de ca-séine
(Bacto-tryptone, Trypticase)
ou d’unhydrolysat pepsique (Bacto-peptone), qui
contient un
mélange
depeptides
et d’acidesaminés,
déclenche labiosynthèse qui
sepoursuit
defaçon
sensiblement linéairependant
les 90premières
minutes d’incubation.La biosynthèse
est aussiobservée,
mais elle est alors trèslente, quand l’hydrolysat
enzy-matique
de caséine estremplacé
par unhydrolysat
acide de caséine(Casamino acids) qui
renferme seulement des acides aminés. Cetteexpérience
démontre donc que lasynthèse
dusystème protéolytique
est inductible par unmélange
depeptides
ou dansune très faible mesure par un
mélange
d’acidesaminés.
DISCUSSION
L’examen
de l’ensemble des courbes deproduction
dusystème protéolytique
exocellulaire de M.
caseolyticus
montre que cesystème
est presque exclusivement pro- duit au cours de la croissance.Toutefois,
suivant les conditions de culture laquantité
maximale
d’enzyme
est obtenue soit avant la fin de lacroissance,
soit au moment où s’arrête lacroissance,
soitaprès.
Comme on le verra dans la deuxième
partie
de cetravail,
lecomposant principal
du
système protéolytique
exocellulaire de M.caseolyticus
n’est stable en absence d’ions calcium que dans une zone très étroite depH comprise
entre 7 et 7,5. Or lepH
d’un milieu deculture,
initialement de 7, décroît au cours de lacroissance,
d’autantplus
vite que le milieu est moins
tamponné. Le système protéolytique
s’inactive doncpartiellement après
sa libération dans le milieu deculture,
si bien que le maximumapparent
de saproduction
se situe avant la fin de la croissance d’autantplus préco-
cement que la concentration du
tampon
dans le milieu de culture est moins élevée. L’in- fluence dupH
initial du milieu de culturepeut
êtreinterprétée
de la mêmefaçon, puisque
la vitesse deproduction
dusystème protéolytique
est maximalequand
lepH
initial du milieu de culture est de 7.
Cependant,
lepH
du milieuagit
aussi autrementque par l’intermédiaire de la stabilité du
système protéolytique puisque,
dans un milieuà
pH
7,5, la vitesse deproduction
estbeaucoup plus
faiblequ’à pH 6,g,
bien que lecomposant principal
dusystème
soitplus
stable àpH
7,gqu’à pH 6,5. !
*Dans les cultures dont le
pH
est maintenu à 7, donc dans les conditions où lesystème protéolytique
eststable,
laproduction
de ce dernier cesse en mêmetemps
que la croissance. Cette corrélation entre la croissance et lasynthèse
des enzymesprotéo- lytiques
exocellulaires observéeégalement
chez M.freudenreichü (McDoNAU), 19 6 1 )
et dans le genre Aythyobacter
(H OFSTEN
etTJ!D!ER, 19 65)
estfréquemment
rencontréedans la
production
des enzymes exocellulaires(P OLLOCK , i 9 62). Néanmoins, quand le
milieu de culture a été enrichi en ions
calcium,
lasynthèse
dusystème protéolytique
se
poursuit
lentementaprès
l’arrêt de la croissance. D’autrepart,
des cellulespréle-
vées
pendant
laphase exponentielle
decroissance,
sont lesiège
d’une forte activité desynthèse quand
elles sont incubées dans une solution depeptone.
Il s’avère donc que la corrélationrigoureuse
entre la croissance et laproduction
dusystème protéoly-
tique
n’existe que dans certaines conditions de culture caractérisées par le fait que lemilieu de culture contient encore des
quantités
notables deglucose quand
la croissances’arrête. On
pourrait
donc en conclure que, dans ce cas, leglucose
exerce un effet ré-presseur ou que l’arrêt de la croissance serait la
conséquence
d’un arrêt de toutes lessynthèses
et enparticulier
de celle dusystème protéolytique.
Il a été montré chez M.
freudenreichii (M C D ONAID , 19 6 2 )
et chez Mucor hiemalis(WA N
G, 19 67)
que laprotéase
exocellulaireproduite
par cesorganismes
avait tendance à rester accrochée à laparoi
cellulaire sous l’action de forcesioniques
etqu’elle
enétait
libérée par des concentrations relativement élevées en chlorure de sodium ou en d’au- tres sels. Le
phénomène
existe vraisemblablement aussi chez M.caseolyticus puisqu’il produit
moitié moinsd’enzymes protéolytiques quand
le milieu ne contient pas de chlorure de sodium. Cette réduction estbeaucoup
moins forte que celle observée chez M.f y euden y eichü, probablement
parce que letampon phosphate supplée partiellement
à l’absence du chlorure de sodium.
Le!
système protéolytique
de M.caseolyticus
estcomplètement
inductible par unmélange
depeptides
et dans une très faible mesure par unmélange
d’acides aminés.Il est à noter que le
glucose
ou les acides aminés n’ont pas d’effet inhibiteur sur labiosynthèse,
contrairement à cequi
a été observé chez M.freudenreichü (M C D ONALD
et
CxanzsERS, ig66).
A notreconnaissance,
l’induction d’uneprotéase
par despeptides
n’avait pas encore été mise en évidence.
Elle
est en tout cas conforme au mécanismegénéral
d’induction des enzymes exocellulairesqui peuvent
être induits aussi bien par descomposés
à faiblepoids
moléculaire que par le substratprincipal
del’enzyme, qui
a
fréquemment
unpoids
moléculaire élevé(P OLLOCK , z 9 62). Cependant,
chez M. caseo-lyticus,
les substratsprincipaux,
lesprotéines,
n’ont pas d’effet inducteur chez les cellules nonproliférantes,
vraisemblablement par suite de leurincapacité
àpénétrer
à l’intérieur de la cellule. En
revanche,
ces substrats stimulent lasynthèse
dusystème protéolytique
par les cellules en croissance. Cette stimulation est facilementexpliquée
par la formation de
peptides
inducteurs consécutive à un débutd’hydrolyse
de la pro-téine,
sous l’action dusystème protéolytique
induit par les acides aminésprésents
dans le milieu ou par des
peptides provenant
de l’extrait de levure.Le fait que la caséine est un meilleur inducteur pour les cellules en croissance que
l’hydrolysat trypsique
decaséine,
tendrait à prouver que lespeptides
inducteurs lesplus
actifs sont ceuxproduits
àpartir
de la caséine par lesystème protéolytique
lui-même. Si tel étiit bien le c3s, on devrait conclure à une relation entre la structure chi-
mique
despeptides, qui
reflète laspécificité
d’action del’enzyme,
et leur activité induc- trice. Onpourrait
alorsenvisager d’expliquer
l’effet stimulant despeptides
sur lacroissance des bactéries
lactiques
par une induction par cespeptides
de lasynthèse
deleurs
systèmes protéolytiques.
Reçu
pourpublication
en avril 1968.REMERCIEMENTS
Nous
exprimons
notre reconnaissance à M. MOCQUOTpour l’intér,!tqu’il
aporté
à ce travailet pour son aide dans l’établissement du manuscrit.
SUMMARY
SOME FACTORS AFFECTING THE PROTEINASE PRODUCTION OF a MICROCOCCUS CASEOLYTICUS n
The influences of sodium
chloride, glucose, nitrogen
sources,pH
of themedium,
temperature and aeration on theproteinase production
of Micrococcuscaseolyticus
were studied. A controlledpH technique
is advisable to obtain extracellularproteinase.
In a
complex medium,
theproduction
of extracellularproteinase depended
ongrowth
rate, and theproductivity
of the enzyme on aeration. Glucose induced an increase ingrowth
rate andproteinase production
but theresulting
acidification of the medium isresponsible
for considerable inactivation of the enzyme ; thepH
is to be maintained at 7.0.Amino acids induced little extracellular
proteinase ;
inresting
cells,proteins
are not inducers.Peptides
induced a considerable amount of extracellularproteinase.
Proteinase formation is notrepressed by
amino acids orglucose.
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