POSSIBILITÉS AUTRES QUE LA SÉLECTION ZYGOTIQUE
POUR EXPLIQUER LA NON FIXATION DES GÈNES
DANS LES LIGNÉES CONSANGUINES ANIMALES
P. MERAT Station de Recherches
avicoles,
C’rnire national rle Recherches
zootechniques., ] ouy-en-.1 osas (Seine-et-Oise).
SOMMAIRE
Cette étude
théorique
vise àpréciser
la mesure danslaquelle
desphénomènes,
autres que la sélec- tionzygotique
ou les mutations,pourraient
retarder la fixation desgènes
dans deslignées
consan-guines.
chez les animauxdomestiques
enparticulier.
Les
phénomènes envisagés
(en combinaison ou non avec une sélectionzygotique)
sont, en lesclassant d’un point de vue purement formel, pour l’étude
mathématique :
- la
production
ou la survie enproportions inégales
degamètes
porteurs d’allèles différents.- l’union préférentielle de
gamètes
degénotypes
différents(fertilisation
sélective ouphéno.
mènes formellement
analogues).
- enfin, des phénomènes
qui
donneraient a ungamète
porteur d’un certain allèle uneprobabilit
éd’être fertilisant, fonction du « sexe
génétique
&dquo; de ce mêmegamète
ou dugamète auquel
il s’unit.(cf. p. 4).
Nous nous limitons à
l’accouplement systématique
frère x sœurd’organismes diploïdes,
etconsidérons le cas d’un
gène
autosomal avec seulement deux allèles en présence.La méthode
employée
estl’algèbre
matricielle (cf. R. A. FiSHER, 1949).Les cas
particuliers
étudiés commeexemples précisent
lespossibilités d’explication, spécialement
par la fertilisation sélective, du
freinage
de la fixation desgènes
enconsanguinité.
Desphénomènes
de fertilisation sélective
pourraient
même, combinés à une faible sélection entrelignées
et dans leslignées
en faveur deshétérozygotes,
maintenir indéfiniment un certain degréd’hétérozygotie
dansune
population
soumise a une consanguinitésystématique.
INTRODUCTION
On a
constaté,
dans deslignées consanguines
d’animauxdomestiques,
un maintiende
l’hétérozygotie
pour diversgènes,
peucompatible
avec lesprévisions
basées surles
proportions
mendéliennes. Chez lesvolailles,
cephénomène
est observé parC OCK , ig56,
pour desgènes
depigmentation,
et par BRILESet MeGisso:v, 194 8,
ScHU!,TZ etB
RILES
,
1953,G ILMOUR ,
ig!4, pour desgènes
de groupesanguin.
I,’explication
laplus simple
est une valeur sélective deshétérozygotes
pourun locus ou une
région chromosomique donnés, supérieure
à celle deshomozygotes.
Une telle
supériorité
a été vérifiée à diversesreprises (p.
ex. BRIBES etKRU!G!R,
1055
; Bpii,t-s,
195 6).
HAYMAN etM A T H E R ,
1953, et R»!v>!, 1955, ont étudié théo-riquement
l’incidence de telles différences de valeur sélective sur la vitesse de réali- sation del’homozygotie
enconsanguinité systématique.
Cependant,
on asuggéré (L ERNER , 195 8,
p.2 6 4 )
l’insuffisance de la sélection seule pourexpliquer
le maintien del’hétérozygotie
à des locimultiples
dans certainespopulations consanguines,
étant donné l’ordre degrandeur
despressions
de sélection effectivement exercées.On
pourrait
alors penser à des mutations récurrentes maintenant en permanenceun certain niveau
d’hétérozygotie, mais,
pour que l’effet n’en soit pasnégligeable
à l’échelle de
quelques
dizaines degénérations (cf
H!yM2n et Mn!rxER,1953 ),
ilfaudrait supposer des taux de mutation
beaucoup plus importants
que ceux cou- ramment admis(cf LE RN E R , 1 95 8,
p.264).
En dehors des mutations et de la sélection
zygotique,
restentsusceptibles
d’influersur la vitesse de fixation des
gènes
enconsanguinité
les mécanismespouvant
affecterla survie des
gamètes
ou la fertilisation. D’unpoint
de vue formel et sanspréjuger
deleur nature
physiologique
exacte, nous endistinguerons quatre types :
1
° Des
gamètes porteurs
d’allèles différentspeuvent
avoir uneprobabilité
différente d’être
fertilisants,
ceciindépendamment
dugénotype
dugamète auquel
ils s’unissent
(
« sélectiongamétique
», « dériveméiotique
», ouphénomènes
analo-gues, classés en «
gamétogénèse
sélective » ou «transport
sélectif » parB A T EMAN , 196
0 ).
2
° Un
gamète porteur
d’un certain allèlepeut
avoir uneprobabilité
d’êtrefertilisant
qui
est fonction de laconstitution,
pour le mêmegène,
dugamète auquel
il s’unit
(fertilisation
« sélective » ou mécanismesanalogues baptisés
«conjugaison
sélective » par
B AT E MAN , ig6o ).
3
° Un
gamète porteur
d’un certain allèlepeut
avoir uneprobabilité
d’êtrefertilisant,
fonction du « sexegénétique
» de ce mêmegamète,
4
°
ou du « sexegénétique
» dugamète auquel
il s’unit(c’est-à-dire
de laprésence
ou non du chromosome X chez ce
gamète).
Les
possibilités
i et 2correspondent
aux cas que BATEMAN( 19 6 0 ) envisage
d’une
façon plus
détailléequant
aux mécanismesphysiologiques
enjeu.
Nous envi-sageons en
plus
lespossibilités
3 et 4.Voyons quantitativement,
surquelques
cassimples,
l’effet de cesquatre types
demécanismes,
combiné ou non à une sélectionzygotique
favorisant leshétérozy- gotes,
sur la vitesse de réalisation del’homozygotie
dans unelignée consanguine.
Une telle
étude, purement théorique,
neprétend
pas, bienentendu,
à prouverque de tels mécanismes entrent ou non en
jeu,
mais àsuggérer
despossibilités.
Nous nous bornons aux
organismes diploïdes,
nouspréoccupant
essentiellement des animauxdomestiques,
et considérons la fixation ou la non-fixation d’ungène pris
isolément.Nous nous
limitons,
poursimplifier,
au cas degènes
autosomaux, en accou-plement
frère X soeur, avec seulement deux allèles enprésence.
La méthode utilisée est
l’application
del’algèbre matricielle, exposée
parFiS H E R ,
1949. Elle
permet
deprévoir
l’évolutiongénotypique
des descendants d’unpetit
nombre d’animaux initiaux
( 2
enaccouplement
frère Xsœur), reproduits
suivantle même schéma à
chaque génération.
Rappelons
la définition des« types d’accouplement
» à unegénération
donnée :Ce sont, pour un certain
locus,
les diverses combinaisonspossibles
desreproducteurs
de cette
génération,
relativement à leur étathomozygote
ouhétérozygote,
et au faitqu’ils portent
ou non les mêmes allèles.Dans une
population
nombreuse fractionnée enlignées consanguines,
les fré-quences de ces
types d’accouplement
à une certainegénération
sont en relationlinéaire avec les
fréquences
à lagénération précédente,
de sorte que lechangement
des
fréquences
d’unegénération
à l’autre estcomplètement
déterminé par une ma- triceappelée
« matrice degénération
».Un
paramètre
calculé àpartir
de cette matrice degénération,
sa « valeur propre dominante », ou valeur propreayant
laplus grande
valeurabsolue,
chiffre l’allure àlaquelle, après
uncertain, nombre
degénérations
deconsanguinité systématique,
unlocus donné tend vers l’état
homozygote :
Plus cette valeur propre estgrande, plus
la fraction dugénôme
restéehétérozygote
à unegénération
donnée estgrande.
Nous déterminerons la matrice de
génération
et sa valeur propre dominante pour lesquatre
casenvisagés plus haut,
et discuterons les résultats obtenus.I. - FERTILISATION « SÉLECTIVE » OU PHÉNOMÈNES ANALOGUES.
Nous
désignerons
par là tout mécanisme donnant auxgamètes
d’un mâle hété-rozygote, porteurs respectivement
des allèles A et a, desprobabilités
différentes de féconder legamète fetnelle,
suivant que celui-ci est A ou a,quelles qu’en
soient lesmodalités
physiologiques (« pénétration
sélective » :BaT!Mn!, i 9 6o).
Le raisonne-ment serait
analogue,
enéchangeant
le rôledu j
et de laY,
dans le cashypothé- tique,
s’ilpeut exister,
où legénotype
dugamète d ’
fécondant influerait sur lesproba-
bilités des allèles A et a d’être
expulsés
dans leglobule polaire
lors de la formation dugamète Y. ( 1 )
Soient
alors fi et q respectivement
lesprobabilités
conditionnelles de fécondation par ungamète d
A et par ungamète (!
a, leganiète 9
étant a.De
même, q’
etp’ désigneront respectivement
lesprobabilités
de fécondation par ungamète f
A et par ungamète d
a, legamète Y
étant A.On a
évidemment : ! ! q
q =!’
!-q’
= i.Supposons
d’abordqu’il n’y
ait pas d’autre déviation auxproportions
mendé-liennes « normales » que le
phénomène
de fertilisation sélectiveenvisagé.
Les
types d’accouplement qu’il
est nécessaire et suffisant dedistinguer,
parce que lesproportions
destypes qu’ils
donnent à lagénération
suivantediffèrent,
sontles
suivants,
ens’inspirant
des notations deF ISH E R ,
Ic!4c! :(’) Chez certaines espèces, le spermatozoïde déclenche les deux divisions de la méiose. Il ne semble pas
alors
y avoir d’impossiblité logiq«e à cette dernière hypothèse. l’ar coutre, chez la plupart des mammifères oules oiseaux, la division
réductionnelle,
accompagnée de l’expulsion du premier globule polaire, apparaît anti-rieure à la fécondation.
Cependant, BATEMAN(1960) note que, même après la première division méiotique, l’ovule reste hétcrnzy-
;!ote pour les régions chromosomiques ayant subi un échange par crossitig-over. Pour ces ré!ions, la
possibilité
envisagée (qu’il baptise !’ rétention sélective &dquo; ) peut exister.Par la
suite,
nousdésignerons
par t, u, etc..., non seulement lestypes
d’accou-plement,
mais leurproportion
à une certainegénération :
Un sera laproportion
du
type
u à la niemegénération d’accouplement
frère x soeur.Les
proportions théoriques
dans la descendance dechaque type d’accouplement s’expriment
ou non en fonction desprobabilités
de fécondation!,
q,q’, p’,
définiesplus
haut.Ainsi,
letype
Mdonnera des descendants enproportion :
la fertilisation sélective n’entrant pas en
jeu
dans ce cas.Les
accouplements possibles
entre ces descendants seront :Au
contraire,
pour letype u’,
il y aurafertilisation, sélective,
d’où des descen- dants enproportion :
p Aa,
q aa,d’où les
types d’accouplement
entre les descendants :On raisonne de même pour les autres
types d’accouplement,
et on en déduit letableau d’ensemble des
proportions
destypes d’accouplement
de lagénération
ifournies par les
types
existant à lagénération
o ; c’est la matrice degénération :
Ce tableau
peut
êtreinterprété
commereprésentant symboliquement
sixéqua-
tions
exprimant
1<!,zc’ 1 ,
etc... en fonction de 2to,M ’ o ,
etc...Nous avons omis la colonne to et la
ligne t t ,
lavaleur t l
se déduisant automati-quement
du tableau par différence :Cette
expression
de1,
donnedéjà
une indication sur l’effet de la fertilisation sélective.Comparons-la
àl’expression
det’ 1
obtenu en l’absence de cephénomène (d’après F ISH ER,
1949, p.25) :
Donc:
Le
signe
de cette différencedépend de q
et deq’ 2 .
Si q et q’
sont tous deux inférieurs à 1/ 2 t,
-t’ 1
estnégatif :
Il y afreinage
de la tendance vers
l’homozygotie quand
il y a fertilisationpréférentielle
entregamè-
tes
porteurs
d’allèles différents. C’est d’ailleurs dans ce sens que desphénomènes
defertilisation sélective ont été constatés ou
suggérés
chez diversesespéces
animales(cf.
enparticulier
revue parA RXOl . D , 195 8
etégalement
BaT!Mw,i 9 6o).
Par contre, si l’on
avait q et q’
!i /2 (fertilisation préférentielle
entregamètes
demême
génotype)
on auraitt,
-t’,
> o ; il y aurait accélération de la tendance versl’homozygotie.
La détermination de la valeur propre dominante de la matrice de
génération permet
de chiffrer cet effet de la fertilisation sélective.Pour
simplifier
encore, prenons le cas oùp = fi’
et q =q’ avec p
>r /2.
Les
types d’accouplement
u et LT d’unepart,
u’ et U’ del’autre,
deviennenté
d
uivalents
etpeuvent
être confondus en unseul,
et la matrice degénération
seréduit à : .
On sait que les valeurs propres sont racines de
l’équation
obtenue en annulantle déterminant de la « matrice en !, », déduite de la
précédente
par soustraction d’une matricediagonale
dont les élémentsdiagonaux
sontégaux
à À.En
remplaçant
q par i -!,
on obtientl’équation
en À du 30degré
seulement(X
étant enfacteur) :
Pour fi =
o,!(absence
de fertilisationsélective),
on retrouvebien,
à un facteurconstant
près, l’équation
donnée parFI SHER ,
1949, p.&dquo; 29 ,
pourl’accouplement
frère X soeur.
Pour des valeurs
de ! comprises
entrei /2
et i(fertilisation préférentielle,
avecdes intensités
diverses,
entregamètes
degénotypes différents),
le tableau 3 donne les valeurs propres dominantescorrespondantes :
Plus la fertilisation
préférentielle
ad’intensité, plus
il y afreinage
de la tendancevers l’état
homozygote.
lacomparaison
avec les résultats deREE V E,
z955, tableau 9, p.338,
montre que cefreinage peut
être d’uneimportance comparable
à celui causé par une sélection en faveur deshétérozygotes
à l’intérieur deslignées,
avec l’avan-tage
de ne pas réduire le nombre des descendants. I,esgénotypes aptes
àprésenter
de tels
phénomènes
de fertilisation sélectivesupporteraient
laconsanguinité
avecmoins de
pertes
qued’autres,
cequi
leurprocurerait
unavantage
sélectif chez lesespèces
où uneconsanguinité
relativement étroite n’est pasexceptionnelle.
Cettepossibilité,
connue dans lerègne végétal,
serait àexplorer plus largement,
semble-t-il,
chez les animaux.( I )
II. - FERTILISATION Si:I,!CTIVE ACCOMPAGNÉE D’UNE SÉI,EC-
TION FAVORISANT LES HÉTÉROZYGOTES
Toutefois,
de mêmequ’une
sélection favorisant leshétérozygotes
ets’exerçant
seulement à l’intérieur des
lignées consanguines (R EEVE , 1955 ),
la fertilisation sélec- tive nepeut
que ralentir la tendance vers l’étathomozygote,
et non l’arrêtercomplè-
tement, comme c’est le cas s’il y a sélection entre
lignées (H AYMAN
etMATHER, 1953).
Voyons
maintenant cequi
se passe enprésence, simultanément,
de fertilisation sélective et d’une sélectionintralignées
et entrelignées.
Précisons ceci
toujours
pourl’accouplement
frère X soeur, avec, commeprécé- demment, p = fi’ et q =q’, fi, fi’, q’ et q ayant toujours
la mêmesignification.
Soit en outre x
(o x x x i)
le taux de survie moyen deshomozygotes, expri-
mé en p. 100 du taux de survie des
hétérozygotes ;
nous nousplacerons
dans le casle
plus simple
où x est le même pour lesdeuxhomozygotes (cf
HAYMAN etM A THER, ig53).
La matrice de
génération
écrite au tableau 2 est modifiée et devient(en
men-tionnant cette fois le
type t) :
On voit
qu’elle dépend,
enplus,
duparamètre x (cf
HAYMAN- etMATHER,
1953, p.170).
Prenons par
exemple
la troisième colonne. En l’absence desélection,
les des- cendants du croisement Aa x aadonnent, accouplés
entre eux, des croisements destypes
aa x aa, aax Aa,
Aa x aa et Aax Aa,
avec lesprobabilités q 2 , !q, , pq, p 2 . Si,
enplus,
laproportion
x seulement deshomozygotes survit,
cesprobabilités
de-viennent
respectivement :
Mais comme il y a aussi sélection entre
lignées,
cesprobabilités
sont en faitdes
probabilités conditionnelles,
dansl’hypothèse
où lalignée
enquestion
a étéreproduite
à lagénération
considérée.La
probabilité
pour que cettelignée
soitreproduite
seraprise égale
à la pro- babilité moyenne de survie des descendants du croisement Aa .Y aa,soit
qx ―p.
I)onc,
en fin decompte,
lesprobabilités
des diverstypes d’accouplement
issusdu
type
az’ sont :&dquo; &dquo;
L’équation caractéristique
de la sous-matrice tirée de laprécédente
en enlevantla
ligne
et la colonnecorrespondant
autype
t, n’est que du 3e,degré
en >., Xy étant
en facteur.
Il y aura
équilibre,
avec maintien indéfini d’un certain niveaud’hétérozygotie,
si la valeur propre dominante !&dquo; donnée par cette
équation
est au moinségale
à x
(cf
HAYMAK etM!Tx!R, 1953).
Cela
peut s’interpréter
de lafaçon
suivante : Au bout d’un nombre suffisant degénérations
deconsanguinité,
lesproportions
destypes d’accouplement
compor- tant deshétérozygotes
sontalors,
àchaque génération, multipliées
par î,,!, et letype
t estmultiplié
par x. Si ÀM = x, laproportion
entrehomozygotes
ethétérozy- gotes
reste constante.En faisant À = x, on obtient
l’équation du 4 e degré
en x(q
ayant étéremplacé
par 1 -
!) :
On vérifie
qu’avec !
=z / 2 (absence
de fertilisationsélective),
on retrouvel’équation
donnée par HAYMA--’! et MATHER, 1953, p. 172.Pour P compris
entre1 / 2
et 1,l’équation
en x admet une racinemaximum, comprise
entre ’-,r / 2
et -f-r, donccompatible
avec les valeurspossibles
de x. Letableau 5 donne cette racine pour diverses valeurs
de ! :
Par
exemple,
le tableauindique qu’en présence
d’une fertilisation sélective d’intensité mesuréepar fi
=0 ,8,
il suffit de cequ’on pourrait appeler
une « infério-rité sélective » des
homozygotes supérieures
à7 ,6
p. 100pourempêcher
l’obtention del’homozygotie complète.
Ainsi,
si une sélection s’exerce entrelignées
etintralignées,
laprésence
simul-tanée de
phénomènes
de fertilisation sélectivepermettra
le maintien indéfini d’un certain niveaud’hétérozygotie, pour
unedilléreiice
cle valeur sélective mtre homo-zygotes et hétérozygotes beaucoup plus faible qu’en
l’absence de telsphénomènes
Ce fait
paraît important
àsignaler.
III. - PROBABILITÉ DE FERTILISATION FONCTION 1)U « SEXE
GÉNÉTIQUE
» DES GAMÈTESLe
phénomène hypothétique
que nousenvisageons
ici serait concevable dans le cas desoiseaux,
ou engénéral d’espèces
dutype
« Abraxas » pour le déterminisme du sexe, led
étantXX, la 9
XY ou XO. Il se traduirait par desprobabilités
différentes de fécondation de l’ovule par un
gamète f
A ou a, suivant que cet ovule porte ou non le chromosome X, unspermatozoïde
A ayant, parexemple,
uneproba-
bilité
plus grande qu’un spermatozoïde
a de féconder un ovule X, l’inverse ayant lieu pour un ovule Y ou0 ;
ou encore, dans les cas où ce serait éventuellement pos-sible,
par uneexpulsion
différentielle de l’X ou de l’Y dans leglobule polaire,
sui-vant que le
spermatozoïde
fécondant est A ou a.( 1 )
Il s’ensuivrait unerépartition inégale
des allèles A et a chez lesç f
etles Y ( 2 ).
Enconsanguinité,
cela pourra influer sur la vitesse de réalisation del’homozygotie.
Chez les
espèces
dutype
«Drosophile (cf XY, Ç XX),
lapossibilité analogue
serait une
probabilité
de fertilisation par unspermatozoïde
X ou Y différente sui- vant que l’ovule est A ou rz, ou encore, si c’étaitpossible,
uneprobabilité
différented’expulsion
dans leglobule polaire
de l’allèle A ou a, suivant que lespermatozoïde
fécondant serait X ou Y
( t ).
Pour étudier
plus précisément
lepremier
cas,appelons fi
laprobabilité
condi-tionnelle,
pour unspermatozoïde A,
d’êtrefertilisant,
l’ovule étant X.Soit q la probabilité analogue
pour unspermatozoïde
a.Soient
q’
etp’
lesprobabilités correspondantes
pour unspermatozoïde A - ou
arespectivement,
l’ovule étant Y(ou O).
On a
évidemment : p -{- !
q =fi’
+q’
= i.Les
types d’accouplement
àdistinguer (toujours
enconsanguinité
frère x soeuravec deux allèles
seulement)
seront les mêmes queplus
haut : t, u,u’,
U,U’,
v et 1(’.La matrice de
génération
sera évidemment fonction desparamètres P
etp’
qui
interviendront dans lesaccouplements
où lecf
esthétérozygote,
c’est-à-dire detype
u’( f
Aax !! !a),
L&dquo; et v.( 1
) Même remarque que page !.
( 2
) Un phénomène de ce genre nous est suggéré par <les ségrégations <]ucene R, r chez, la poule (MERAT,
données non publiées.) (
1
) Même remarque que page ;.
Elle sera la suivante
(en
omettant letype t) :
Pour le calcul des valeurs propres, prenons le cas
particulier ou ! _ !/, !
q =q’.
La matrice devient :
Notons que :
Si l’on compare
avec t j
obtenu en l’absence duphénomène
étudié(fi
=i / 2 ),
on voitque:
Ç 0
111me pg
esttoujours
inférieur àI/ 4 si fi #
1/ 2 ,
on voit que cetype spécial
de fertilisation
préférentielle apportera toujours
un certainfreinage
à la tendancevers
l’homozygotie.
Quant
àl’équation caractéristique,
elle est du 6edegré
en À : :6q.),!
L(. __ I28!2 1 2 8P - II2 )).., 5
+(6 4P 4 - I2 8p 3
-!-II2!2-- 4 8P
-+-z 4 )a’’
+(64!’‘!
-
12 8p 3
-f-20 8p 2 -- z44i!
-i-40)!,3
-!(- 32 p 6
-!9 6p 5
-17 6p l
-I-192P 3 - 14 6p 2
+66p
-
I4 ) ^ 2
+(- 1 6p 4
-+-32 fi 3 - 32 p 2
-i-1 6p - 3 )
a +8fi 4 -- I 6fi 3 + 14 p 2 _6p
-!- I = 0Pour !
--_ 0,5, on retrouvel’équation
donnée parFISHER,
1949, p. 29.I,e tableau suivant donne la valeur propre dominante
correspondant
à diversesvaleur
de ! :
L<’ordre de
grandeur
des valeurs propres, pour le casparticulier traité, indique
un
freinage
de la tendance vers l’étathomozygote,
mais moinsimportant
que dans les casprécédemment
étudiés.Remarque.
- On obtiendrait encore la même matrice degénération,
à celaprès
que u et 11’ d’une
part,
U et U’ del’autre, s’échangeraient
en haut descolonnes,
dansl’hypothèse
d’une « affinité »(MI CHIE ,
Io53 ;W ALLACE , r 953 )
intéressant legène
en
question
et le chromosome X, avec leshypothèses
suivantes : Le chromosome por-teur de l’allèle A
zeçoit
laprobabilité fi
d’aller au mêmepôle
que l’X et laprobabi- lité q d’aller
à l’autrepôle
lors de la méiose du sexehétérogamétique,
lesprobabilités correspondantes
étant qet !
pour le chromosomeporteur
de l’allèle a. Cette éven- tualité est citée pour mémoire.IV. - GAMÈTES EB PROI’ORTIOBS DIFFÉRENTES
On connaît certains cas, dans le
règne animal,
où lesgamètes 1 porteurs
de 2allèles
(ou fragments chromosomiques)
différents A et a sontproduits,
ousurvivent,
ou sont fécondants en
proportions
différentes(DuxiB’,
1957 ; SAXDLER etN!J;wsKJ,
H)5 7
, ces derniers utilisant le terme « dérive
méiotique »).
On
peut
concevoir unphénomène analogue
chez la9,
avec uneexpulsion
diffé-rentielle des deux
types
dans leglobule polaire.
B
ATEMAK
(iq6o), emploie
les termesgénéraux « gamétogénèse
sélective » et « trans-port
sélectif ».La différence avec les mécanismes
précédents
réside dans le fait que tout ceci estindépendant,
cettefois,
dugénotype
dugamète
fourni par l’autre sexe.Supposons
que legamète
A soitproduit,
chezun f hétérozygote
parexemple,
avec la
probabilité p,
et legamète
a avec laprobabilité
q.Nous aurons à considérer les mêmes
types d’accouplement
queprécédemment,
d’où la matrice de
génération :
.Pour faire le calcul sur un cas
particulier simple,
supposons que lephénomène
ait lieu dans les deux sexes, et que les
proportions P
et q degamètes
A et arespecti-
vement y soient les mêmes. Les
types d’accouplement
u et u’ d’unepart,
U et U’ del’autre,
se confondent alors et on obtient la matrice degénération
4 X4 suivante :
On en tire
l’équation caractéristi< l ue : (2p
q
- À)[À3_- 2f i q(2 fi q
-i-l)/!― 2 p 2 q 2 À
-f-4!)! !
0I,e tableau
i i donne, pour diverses valeurs de fi,
la valeur propre dominante :
Il y a donc
ici,
au moinsaprès quelques générations
deconsanguinité,
une accé-lération de la tendance vers
l’homozygotie qui peut
êtreimportante,
commel’indiquent
les faibles valeurs de À : I)es
phénomènes
comme la cc dériveméiotique
n nepeuvent
contribuer àexpliquer
le maintien del’hétérozygotie
dans deslignées consanguines.
Nous avons
choisi,
il estvrai,
un casparticulier simple,
mais il suffit àindiquer
lesens du résultat
général.
Même dans le cas où la
production
degamètes
enproportions
différentes chezun sexe
s’opposerait
à une sélection sur leszygotes,
cette conclusion ne semble pas radicalement modifiée.(Nous
n’avons toutefois étudié ce cas que sur unexemple numérique particulier).
CONCLUSION
I,es conclusions se sont
dégagées
d’elles-mêmes àchaque paragraphe.
Ellesont été tirées de cas
simples
choisis commeexemples,
maisqui, néanmoins,
reflétaient àchaque
fois l’incidencegénérale
duphénomène
sur le résultat de laconsanguinité.
Dans
l’ensemble,
la méthode matricielle montre d’unefaçon précise
que certainsphénomènes
autres que la sélectionzygotique
ou les mutationspeuvent expliquer,
au moins en
partie,
lefreinage
de la tendance vers l’étathomozygote
enconsanguinité
systématique.
En
particulier,
desphénomènes
de fertilisation sélectivepeuvent même,
combinésà une faible sélection en faveur des
hétérozygotes
entrelignées
et dans leslignées,
maintenir indéfiniment un certain
degré d’hétérozygotie
dans unepopulation :
Il y a là une
possibilité
àenvisager, quand
la sélection seule semble insuffisante pourexpliquer
le maintien del’hétérozygotie
à de nombreux loci à la fois(LERNER, I958).
Mais il reste
pratiquement
à déterminerquelle
est lafréquence
etl’importance
exacte de tels
phénomènes
dans lerègne animal, spécialement
enaccouplement consanguin.
Pour cefaire,
onpeut
naturellementimaginer
des testsexpérimentaux appropriés.
REMERCIEMENTS
Nous remercions le
professeur
LAMOTTEet leprofesseur
1’EISSIEx d’avoir bien voulu lire cet article et formulé diversessuggestions
et remarques.Reçu en
février
1961.SUMMARY
SOME POSSIBII,1’CIES, OTHER THAN SELECTION BETWEEN ZYGOTES, TO E11’LAIN NON FIXATION OF GENES IN INBRED I,INES OF ANIMALS.
This theoretical
study
is intended to know moreprecisely
the amount of retardation to the fixation of genes in inbred lines (inparticular
of domesticanimals)
that could be causedby phenomena
other than selection between zygotes or mutation.
The
phenomena
studied (in combination or not with a selection betweenzygotes)
are :- Production or survival in
unequal proportions,
of gametes carrying different alleles.- Preferential union of
genotypically
different gametes (selective fertilization, or formallyanalogous phenomena).
- Phenomena which would
give
to a gametecarrying
a certain allele, aprobability
toproduce
a zygote
depending
on the« genetic
sex » of this gamete or of the one with which it unites. (cf page 4>.We limit ourselves to brother x sister system of
mating
fordiploid organisms,
an autosomalgene and only two alleles.
The method used is that of matrix
algebra
(cf R. !B. FISHER, 1949).The
particular
cases studied asexamples precise
thepossibilities
of explanation,especially
byselective fertilization, of the retarded fixation of genes in
consanguineous
matings. Suchphenomena
of selective fertilization could even, combined with a small amount of selection between and within lines in favour of
heterozygotes,
maintain endlessly a certain amount ofheterozvgo!ity
in apopula-
tion submitted to
systematic inbreeding.
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