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EXERCICE PHYSIQUE
AU POINT DE VUE THÉRAPEUTIQUE
PAR LE
Dr Philippe
TISSIÉ
Inspecteur des Exercices physiques dans les lycéesetcollèges del'Académie
deBordeaux.
Lauréat, del'Académie des Sciences.—Lauréat del'AcadémiedeMédecine.
BORDEAUX
IMPRIMERIE G. GOUNOUILHOU
11 — RUE GUIRAUDE — 11
1901
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L'EXERCICE PHYSIQUE
AU POINT DE YUE THERAPEUTIQUE
PAR
Le Dr Philippe TISS1E
Inspecteurdesexercicesphysiquesdansles lycées etcollègesdel'Académie
de Bordeaux. Lauréat de l'Académie des Sciences. Lauréat del'Aca¬
démie de Médecine.
CONSIDERATIONS GENERALES
On ne peut comprendre les exercices
phy^
leur application à la machine
humaine si orî
juge qu'au moment
seul
oùle
corpsagit. En
ceon peut apprécierle comment,
mais
onignore
souventle pourquoi. La question est
nouvelle, beaucoup de
médecins ne l'ont pas encore assez
approfondie, du
moins en France; c'est pourquoi il nous paraît néces¬
saire, avant d'en fixer les grandes lignes,
de
remonteraux sources dupourquoi du mouvement.
L'embryologie nous apprend que
le feuillet
externesert à former le système nerveux central,
la moelle
épinière, les organes des sens etla
peau,la couche
cornée de celle-ci appartenant aux cellules du derme.
Une invagination du feuillet externe sert
également à
constituer la vésicule pulmonaire qui plus tard for¬
mera les deux poumons. Cette origine commune va avoir désormais une influence très grande dansl'évo¬
lution de la machine humaine agissante et pensante.
Elle sertde point de départ et de base
à l'application
du mouvement actif ou actif-passif dans les exercices physiques.
L'embryologie
nousapprend également
que le feuillet interne,
replis
dufeuillet
externe, sertà constituer le tube digestif et que les deux faces opposées des deux feuillets interne et externe consti¬
tuentle feuillet moyen, qui donne naissance aux os et
aux muscles.
Les neurones qui constituent le feuillet externe se
trouvent donc situés dans tous les feuillets, mais
surtout dans les dépendances des organes que le
feuillet externe a servi à constituer. La cellule muscu¬
laire peut dès lors être considérée comme l'agent dynamique du mouvement dont le neurone serait
l'agent statique condensateur de forces, que le muscle
utilise grâce aux bras de leviers rigides constitués par¬
les os longs qu'ils mettent en fonction.
Si maintenant nous considérons le corps humain
dans le mouvement physique, nous constatons tout d'abord que sa station normale estverticale au sol et
qu'il obéit aux lois de la pesanteur et de la méca¬
nique. Nous voyons qu'étant articulé, il est obligé,
pour se maintenir dans la station verticale, de faire fonctionner des groupes musculaires spéciaux, ces groupes sont les muscles extenseurs; aussi voyons-
nous quelesgroupesextenseurs, telsqueles jumeaux,
les fessiers, le massif lombaire, le deltoïde, etc., sont plus développés que les groupes fléchisseurs, selon la loi de l'évolution qui veut que la fonction fasse l'or¬
gane. Obligés de lutter constamment contre la pesan¬
teur qui entraine vers le sol tous les segments articulaires, les muscles extenseurs sont vraiment les muscles qui travaillent le plus dans l'économie.
La station debout verticale sur la plante des pieds
est la station type de l'équilibre; cet équilibre met constammenten jeu les muscles antagonistes. D'abord
difficile à obtenir chez l'enfant qui commence à mar¬
cher, il devient automatique, mais il n'en constitue pasîhoins un travail constant et synergique des mus¬
cles et des centres nerveux psycho-moteurs par
l'intermédiaire des neurones périphériquesde la peau
ou internes, localisés dans les muscles.
Les affections nerveuses fonctionnelles, comme dans l'anesthésie cutanée hystérique ou organique,
comme dans l'ataxie locomotrice, modifientoudétrui¬
sent l'équilibre dans la station verticale du corps.
Si maintenant nous observons le jeu de lacage tho- racique pendant la respiration, nous constatons
qu'il
atteint le maximum d'amplitude dans la station verti¬
cale du corps perpendiculaire à
l'horizontale. C'est
pourquoi, chaque fois qu'on veutobtenir le maximum
des échanges gazeux pulmonaires,
il faut placer le
corps dans une attitude telle que
la
cagethoracique
passepar un plan vertical. Nous savons,
d'autre part,
que le système des
articulations
atoujours
une ten¬dance à se replier sur lui-même en
subissant les lois
de la pesanteur; or, le déplacement
des angles formés
par les articulations
principales du
corpsouvrant
oufermantplus ou moins largement
les sinus, modifie la
station du plan vertical par
lequel doit
passerla
cage thoracique, d'où la nécessitéabsolue de fortifier
tousles muscles extenseurs qui ramènent tout le corps
dans leplan perpendiculaire au
sol.
La gymnastique ayant pour
effet de
provoquer unecirculation sanguine et lymphatique
plus grande,
etcette circulation provoquant une hématose plus
in¬
tense, il va de soi que les poumons
dans lesquels
l'hématose se produit doivent posséder la plus
grande
amplitude. Or, cette amplitudeatteint le maximum
dans la stationverticale, d'où encore cette conclusion
que, pourbien respirer, il faut
fortifier
etdévelopper
lesmuscles extenseurs.
Larespiration est avant tout d'ordre chimique;
elle
ne devient mécanique que par réflexe bulbaire dù à la présence d'un excès d'acide carbonique
qui excite le
noyau du pneumogastrique.
Une grande erreur consiste à admettre que le tra¬
vail des bras suffit au développement de la cage thora- cique. Lesbras n'agissent qu'à titrede bras de leviers,
ils soulèvent les côtes; mais ce soulèvement, s'il augmente la capacité thoracique, n'a qu'une influence
fort minime sur la circulation générale du corps et sur l'hématose. Celle-ci est d'autant plus grande
que les muscles les plus épais de l'économie fonction¬
nent; or, les muscles les plus épais, où les échanges
gazeux sont le plus profonds etle plus nombreux sont
placés dans le train inférieur et dans le massif lom¬
baire. Ceux-ci émettant plus d'acide carbonique
demandent plus d'oxygène, d'où fonction plus grande
des poumons.
L'hématose dépend donc du travail musculaire;
mais ce travail étant régi par les lois de la mécanique,
il faut faire entrer en ligne de compte la longueur des
bras de levier qui sont actionnés par les groupes
musculaires, d'où la nécessité de compter avec la loi fondamentale de la mécanique qui veut que ce que l'on gagne en force on le perd en vitesse, et viceversa.
L'application des exercices physiques doit donc dé¬
pendre de la structure anatomique de chaque sujet;
les mêmes exercices ne peuvent convenir à un sujet trapu, aux bras de leviers courts, età un sujet élancé,
de haute taille, à bras de leviers longs. Il est égale¬
ment nécessaire d'établir une proportion entre le poids du corps, le tour de poitrine du sujet et la hau¬
teur de sa taille. Le poids du corps est représenté par le poids des os, des muscles et des viscères; la taille,
par la longueur des principaux bras de leviers, jambes
et colonnevertébrale; le tour de poitrine, parle degré
d'élasticité qu'a eu la cage thoracique pour se déve¬
lopper etpours'accommoder aux fonctions de l'héma¬
tose. Selon M. Pignet (*), la valeur numérique est la
(q Archives médicalesd'Angers,1900.
4%%
a— 5 —
différence existant entre le chiffre de la taille et la
somme obtenue par l'addition des chiffres du péri¬
mètre de la poitrine et du poids total du corps. Un
homme de vingt ans possède, par exemple, une cir¬
conférence thoracique de 80 centimètres et un poids
de 60 kilogrammes; on additionne 80 -f- 60, soit 140.
La taille de cet homme étant de lra60, on déduit le chiffre 140 du chiffre 160, et on obtientune différence de 20. La valeur numérique de cet homme serait égale à 20. Plus le chilfre se rapproche de 0, plus la
valeur numérique du sujet est grande, c'est-à-dire plus sa constitution est forte. Ainsi se contrôlentprati¬
quement les données théoriques de l'évolution de la machine humaine.
Les bras de leviers formés par les os ne peuvent fonctionner que selon le point d'appui fixe qu'ils prennent sur leurs articulations réciproques; or, les articulations diffèrent de genre selon les mouvements,
ou plutôt les mouvements dépendent du genre de chaque articulation. Les principales articulations sur le jeu desquelles le médecin doit porter particuliè¬
rement son attention sont celles du cou-de-pied, qui supporte tout le poids du corps. Cette articulation
en poulie joue surtout d'avant en arrière et moins bien latéralement; elle a une grande influence sur la station verticale. Celle-ci est modifiée, elle subit une
déviation par déplacement du centre de gravité du corps qui ne passe plus par l'axe normal dès que les
deux points d'appui reposant sur l'articulation tibio- tarsienne ne sont pas placés eux-mêmes dans l'axe du plan parallèle à celui parlequel doit passer le centre de gravité du corps; il en résulte une déviation com¬
pensatrice de la colonne vertébrale, et avec celle de la colonne vertébrale, une
déviation
de la cage thora¬cique.
La colonne vertébrale peut être considérée dans
- 6 —
cecas comme une tourbasée sur unterrainmouvant: son faîte dévie en raison du déplacement de la base.
Le médecin devra donc porter son attention sur l'arti¬
culation du cou-de-pied dans tous les cas de déviation
de la colonne vertébrale.
L'articulation coxo-fémorale est l'articulation par excellence des mouvements d'équilibre. Cette articu¬
lation, qui joue à la façon d'un joint universel, est
constituée par une calotte sphérique glissant dans une cavité de même forme; elle permet à la colonne verté¬
brale, et par ce fait même à la cage thoracique, de
demeurer dans le plan vertical par la décomposition
des mouvements. C'est l'articulation par excellence de
la respiration non seulement parce qu'elle permetà la
cage thoracique de ne pas abandonnerle plantypever¬
tical, mais encore parce qu'elle metenjeu les muscles
les plus épaisdu corps, d'où hématose plus intense.
C'est l'articulation de la marche, de la course, du saut, de la danse, de tous les mouvements d'équilibre qui empêchent le tronc de tomber vers le sol. Cette
articulation est très solidement fixée au bassin par des ligaments des muscles et par la pression atmo¬
sphérique. Elle supporte, d'ailleurs, le poids très élevé
de toute la partiesupérieure du corps.
Bien autrement légère, souple et élastique, est l'articulation scapulo humérale. Ici, laforce est sacri¬
fiée à la vitesse pour l'action des bras (la vitesse est
d'autant plus grande que les bras sont plus longs); et
la rigidité, à l'élasticité pour la plus grande facilité de l'amplitude thoraciqueen faveur de l'acte respiratoire.
La cage thoracique renferme deux organes de vie
essentiellement élastiques : le cœur et les poumons; il
est essentiel que leur élasticité ne. soit jamais vio¬
lentée par la rigidité acquise ou provoquée du jeu de
la cage thoracique; c'est pourquoi toutes les articu-,
iations de cette cage sont souples et trèsélastiques, La
— 7 —
gymnastique de suspension aux agrès, sur les mains,
avec élévation du corps aux anneaux, au trapèze, à la
barre fixe, modifie l'élasticité de la cage thoracique et provoque des stases circulatoires pulmonaires, cardia¬
ques, céphaliques, etc.
En effet, l'articulation scapulo-humérale est une articulation en forme de pince à deux mors : le mors antérieur est constitué par la clavicule et le mors
postérieur par l'omoplate, le sommet aboutit à la tête de l'humérus. Or, une telle articulation est forcément très souple, elle permet le libre jeu thoracique supé¬
rieur. Mais si on la fixe en contractant les muscles de
l'épaule et du cou : deltoïde, trapèze, etc., on immobi¬
lise le jeu respiratoire supérieur du thorax; d'autre part, quand on veut faire
effort
pour élever, parexemple, le poids du corps au-dessus du sol, on fait
une forte aspiration, puis on ferme la glotte afin d'emmagasiner le plus d'air possible dans les pou¬
mons, qu'on transforme ainsi en manchon à air com¬
primé. Ce manchon peut ainsi donner prise par sa
rigidité même à la pression des deux mors de l'arti¬
culation : la clavicule et l'omoplate, qui vont servir de point d'appui fixe aux bras qui soulèvent le corps, d'où congestion.
On comprend facilement pourquoi de tels mou¬
vements doivent être interdits, surtout dans les con¬
gestions céphaliques d'origine intellectuelle, chez les enfants en cours de scolarité par
exemple.''L'articu¬
lation sterno-costo-claviculaire joue également un grand rôle dans le jeu respiratoire; selon qu'elle est plus ou moins élastique, le thorax se développe en toute plénitude ou sevoûte en avant. Dans l'entrée de
l'air, le thoraxjoue d'arrière en avant et latéralement à droite et à gauche; mais si l'articulation sterno-
costo-claviculaire, pour une cause ou pour une autre,
ne possède plus l'élasticité nécessaire, elle fait obs-
tacle aux mouvements synergiques et constitue un
point d'appui fixe et rigide sur
lequel s'infléchit la
partie inféro-postérieure du thorax. Cettepartie
estconstituée par les deux omoplates, dont
les angles
inférieurs et internes font saillie de dedans en dehors
et d'avant en arrière, si bien qu'on peut facilement
passer le boutdes doigts dans cette
saillie. La rigidité
de l'élasticité de l'articulation sterno-costo-claviculaire peut être comparée à du tissu
cicatriciel
ayantperdu
son élasticité.
Les enfants héréditaires d'origine goutteuse, arthri¬
tique, tuberculeuse, etc., de même que ceux qui ont
été atteints de coqueluche prolongée, ont souvent
le
jeu de cette articulation atténué, souvent aussi leurcolonne vertébrale se voûte en avant avec projection
des omoplates en arrière. On se rend compte
de la
rigidité de cette articulation en prenant parderrière
les deux moignons de l'épaule dans les
mains,
et en les faisant basculer d'avant en arrière. Si l'articulation sterno-costo-claviculaireest souple, lesépaules suiventles mains; dans le cas contraire, on éprouve une difficulté très grande àramener les moignons: ona
la
sensation d'une barre qui les arrête.
La fonction faisant l'organe, il va de soi que toute cause qui modifie le jeu de l'organe intéresse celui-ci; c'est pourquoi une des principales causes du
défaut de développement thoracique réside dans les agents d'obstruction au passage de l'air dans les pou¬
mons; ces causes sont assez nombreuses, telles sont
les hypertrophies des amygdales, lesvégétations adé¬
noïdes, les ganglions bronchiques, les déviations ou les hypertrophies de la cloison des fosses nasales; les
affections musculaires, comme dans le torticolis, etc.,
les attitudes vicieuses imposées par les mauvaises
méthodes pédagogiques d'écriture, le mauvais
mobi¬
lier scolaire, etc., l'usage des corsets mal faits qui
compriment l'abdomen et la partie inférieure de la
cage thoracique, etc., etc.
Le rôle de l'articulation du genou est important;
cependant, il l'est moins que celui des articulations précédentes. Celui de l'articulation du bras est négli¬
geable dans l'acte respiratoire. Il va sans dire que celui des articulations costo-vertébrales et sterno-cos- tales dépend également de l'élasticité des ligaments.
Les muscles étant les agents du mouvement, il faut considérer leur rôle actif, passif ou passif-actif, selon qu'ils agissent activement, passivement, ou à la fois passivement et activement. Leur rôle estactif dans les
exercices physiques imposés ou libres, tels que la gymnastique et les jeux de plein air; il est passif dans
le massage ; il est passif-actif dans les mouvements combinés entre le sujet et le praticien lui opposantsa force musculaire. Ce que nous savons sur l'anatomie
et la physiologie, va nous permettre de mieux com¬
prendre l'application du mouvement dans les exer¬
cices physiques et dans le massage.
PSYCHO-DYNAMIE
Gymnastique hygiénique etpédagogique aux agrès.
— La gymnastique imposée aux agrès est appliquée aujourd'hui selon deux méthodes : la méthode dite
allemande et la méthode dite suédoise; la première
est plus athlétique que scientifique; la seconde est
basée surles lois de la physiologie. Les mouvements
de suspension s'adressant surtout au train supérieur
constituent la méthode allemande; la juste répartition
des mouvements à tous les principaux groupes mus¬
culaires de l'économie est recherchée par la méthode
suédoise. Laleçon de gymnastique est divisée en neuf parties, chaque partie met en fonction le jeu des
groupes musculaires bien définis d'avance aux régions
antérieure, postérieure ou latérale du corps. Le prin¬
cipe dans l'application des mouvements en gymnas¬
tique suédoise est la division du travail musculaire,
par Timmobilisalion, dans une altitude recherchée
d'avance et d'une difficulté progressive, d'un ou de plusieurs segments du corps. Cela permet à tel ou tel segment désigné de fonctionner dans des plans et
selon des angles recherchés et étudiés en vue du
maximum ou du minimum d'effet physiologique à produire sur la circulation sanguine, sur la îespira-
tion, sur la digestion, etc.
ha valeur du mouvement dépend : 4° de la posi¬
tion fondamentale dans laquelle est placé le corps avant tout exercice; 2° de la force déployée; 3° de la
durée de l'exercice; 4° de la rapidité de l'exécution;
5° de la répétition du mouvement; 6° de la combi¬
naison de plusieurs mouvements entre eux. Un autre principe en gymnastique suédoise est de provoquer l'essoulflement et les battements du cœur par des
mouvements excitants, afin de pouvoir ensuite arrêter l'essoufflement et calmer lecœur par des mouvements
calmants. Une juste alternance entre l'action et le
repos facilite les échanges nutritifs et gazeux de l'éco¬
nomie sansprovoquer de fatigue.
Les exercices physiques sont dosés avec méthode
en gymnastique suédoise, selon l'âge, le sexe, l'état
et la structurephysiologique du sujet, etc.; rien n'est
laissé à l'imprévu, parce que les gymnastes chargés d'appliquer les exercices sont des maîtres très ins¬
truits et d'une éducation souvent supérieure.
La gymnastique allemande, qui est notre gymnas¬
tique française, n'est basée que sur l'empirisme:
aucunerègleneprécise l'applicationdes exercices; elle
n'a pas souci de la valeur du mouvement au point de
vue de la circulation et de la respiration. Elle ne voit
que le développement musculaire, alors qu'on doit
— il —
s'occuper surtout et avant tout, engymnastique, de la respiration et de la circulation. Par ordre de valeur,
le muscle n'arrive qu'en cinquième ligne, à titre d'agent, mais nonà titre de chef.
Il faut d'abord placer la fonction: 1° des poumons,
car toute gymnastique doit être respiratoire; 2° du
cœur; 3° du système nerveux; 4° de la digestion;;
5° des muscles. C'est une erreur de croire que -le- développement et l'hypertrophie musculaires répon¬
dent à une bonne santé générale.
Gymnastiquelibre. Jeux.—C'estsurtoutdans lagym¬
nastiquelibre, constituée par les jeux etles exercices physiques auplein air, que le rôle des poumons et du
cœur est important. Toutefois, le rôle de la fonction
nerveuse estpeut-être plus grand encore, car dans les
exercices libres c'est surtout le cerveau qui com¬
mande et qui juge. Le système nerveux agit par la
volonté et par le caractère. L'action est double, elle
est physiologique et psychique; c'est pourquoi il faut
tenircompte, dans la gymnastique libre, des réactions psychiques et psycho-dynamiques de chaque sujet, d'après son caractère, dans ses réactions psycho¬
motrices.
Dans les jeux et les sports, chacun réagit selon sa
réceptivité psychique à la suggestion du milieu : les passifs réagissent au «je veux» : suggestion impéra- tive;
[es affectifs
au «tu peux» :suggestion
persua¬sive; les affirmatifs au « tu ne peux pas » : suggestion négative devant provoquer une action aftirmative par contre-suggestion. La nature, par sa manière d'être,
établit l'obstacle à franchir; celui-ci est vaincu par
l'affirmatif, surtout si l'obstacle lui dit : « tu ne passe¬
ras pas. » Il existe des sous-classifications, tellesqueles passifs-affectifs, au tempérament mou et incertain;
les affectifs-affirmatifs, qui sont capables de grandes
choses dans le bien ou dans le mal dèsqu'ils ontpris
— in¬
conscience de leur valeur personnelle. Ils ont une tendance toujours croissante à passer dans la caté¬
gorie des affirmatifs. Pour si peu qu'ils soient atteints
de tare nerveuse, ils deviennent facilement des impul¬
sifs. Les affectifs sont des timides ou des peureux
qui peuvent aller jusqu'à la témérité et l'audace sous l'influence de la suggestion du milieu dans lequel ils
vivent. C'est la classe la plus intéressante des carac¬
tères, parce qu'elle est la plus complexe et la plus
délicate à éduquer et à bien diriger. Puis viennent
les impulsifs, qui sont des affirmatifs patholo¬
giques, et les rétifs, qui sont des impulsifs « en dedans».
On comprend tout l'intérêt qu'il y a à bien con¬
naître les réactions mentales des sujets dans l'appli¬
cation desjeux et des exercices de plein air en raison
même de leurs effets physiologiques par la fatigue. Il
faut compter avec la fatigue dans les exercices libres;
or, chaque sujet se fatigue ou non, selon sa volonté.
Le passifne se fatigue guère, car il faut le pousser à l'action; Yaffectif a peur de se fatiguer, mais ayant pris conscience de sa valeur, il arrive facilement à la fatigue; l'affirmatif dépasse la fatigue et se surmène;
il faut le retenir, car il est toujours prêt àcommettre des excès: l'obstacle l'excite au lieu de le calmer. La
fatigue elle-même est variable selon le moment de chaque sujet; la petite fatigue qui lasse doit être recherchée, car elle tonifie après le délassement; la fatigue plus grande irrite, énerve, il faut l'éviter; la grande fatigue dédouble le « moi» et provoque les
mêmes phénomènes psycho-moteurs que dans l'hys¬
térie, si bien qu'onpeutadmettreque la grande fatigue
met le sujet en état d'hystérie expérimentale; ce qui
reviendrait à faire admettre que l'hystérie est un état
de fatigue héréditaire. L'hystérie, par le fait même
d'être unemaladie del'attention, fournit des sujetsàces
- 13 —
diverses classesdecaractères.L'hystériquepeutêtreun
passif, unaffectifou un affirmatif, et,
dans
ce derniercas, être animé de l'esprit de
contradiction.
La ten¬dance à la contradictionne saurait donc êtreun indice de personnalité bien
organisée. Dans la fatigue
comme dans l'hystérie, le pouvoir d'attention est atténué. Latendance à la suggestibilité est en raison directe de
l'abaissement du pouvoird'attention. Un sujet fatigué expérimentalement ou
fatigué héréditairement,
car onnaît fatigué, et un sujet
hystérique, qui
peut être con¬sidéré comme un fatigué-né, sont également atteints
de suggestibilité bien
plus grande
queles sujets
sainsnon fatigués, ainsi que nous l'avons constaté sur les
athlètes selivrantauxsports etquel'ont établi M. Binet
et M. Feré dans leurs travaux de laboratoire.
Par fatigue, il faut entendre le moindre effort à la réparation possédé par
le
système nerveux et non lacourbaturequi estd'ordre purementchimique; celle-ci
est due à la présence d'acide dans la circulation san¬
guine,atténuantla
contractilité des fibres musculaires.
Si donc le dosage de la gymnastique imposée aux
agrès doit dépendre de
la
structure anatomique du sujet et de la fonction mécanique de ses bras de leviers, celui de la gymnastique au plein air et des jeux doit dépendre de la fonction psychique par le caractère; et dela fonction physiologique,parla respi¬ration et la circulation, car « on marche avec ses
» muscles, on court avec ses poumons, on galope avec
» son cœur, on résiste avec son estomac, on arrive
»avec son cerveau d.
Le rôlejoué par les poumons et par le cerveau est
très important dansles exercices physiques. Il ne faut
pas oublier que les poumons sont constitués par un
bourgeon du feuillet externe embryonnaire, et que la
nature ne faisant pas le saut, il doit forcément exister
une relation de parenté entre la cérébration et la
-"14 —
respiration. C'est
pourquoi il
yaantagonisme absolu
entre l'attention forcée et la respiration forcée. Les athlètes, les hommes
de
sport,créent des tendances à
la respiration forcée;
ils
nepeuvent,
aumoins
aucours de leurs exercices, appliquer leur esprit aux spéculations
élevées de la pensée
pourlesquelles
l'attention est nécessaire, ce qui explique pourquoi on
accuse les forts en exercices physiques d'être des
cancres. D'autre part, le
travail cérébral intense
mo¬difie la respiration, qui est
alors très
peuprofonde;
l'hématose s'établit difficilement pour le plus grand
détriment de l'économie. Quelquefois on demande au tabac l'excito-moteurpsychique
nécessaire,
et commele travail s'accomplit dans un lieu
fermé
etenfumé le
plus souvent, on
subit
unemauvaise hygiène respira¬
toire, circulatoire et
psychique.
Le «cancre » peut ne pas
pouvoir produire psychi-
quement, mais
il
peutreproduire physiologiquement,
et la race en bénéficie, ce qui n'arrive pas
toujours
avec le cérébral pur. La vérité est
dans
unjuste
milieu : savoir jouer des poumons,
c'est savoir jouer
du cerveau, et c'est le délasser et
lui permettre de
mieux travailler que de pratiquer, au cours
même
d'un travail cérébral intense, quelques mouvements
de gymnastique
respiratoire. Ce procédé pédagogique
donne d'excellents résultatsdans les écoles suédoises : le maître arrête son cours quand il s'aperçoit que
la
fatigue cérébraleatténue le pouvoir d'attention des
élèves. Il leur fait exécuter dans la classe même quel¬
ques mouvements
respiratoires, puis il reprend la
leçon.
Au point de vue purement
médical et thérapeu¬
tique, l'antagonisme entre
la respiration forcée et
l'attention forcée peut être utilisé dans le
traitement
de quelques
affections mentales. C'est ainsi
que, par¬tant de ce point de vue théorique, on peut
guérir très
— 15 -
rapidement des tics et des idées obsédantes, l'obses¬
sion pouvant être considérée comme un tic psychique
et le tic comme une obsession musculaire :le tic et l'obsession prenant leur point de départ dans les
centres psycho-moteurscérébraux (t).
Si vraiment il ne peut exister de solution de conti¬
nuité absolue entre les relations familiales du feuillet externe : cerveau, peau et poumons, toute cause qui agit sur l'un de ces trois agents réagit
plus
ou moinssur l'autre, et c'est ce que l'observation nous révèle.
La respiration chez les maniaques, dont les idées sont rapides, fugaces, incohérentes, est très active; elle
est réduite à son minimum dans la lipémanie, avec l'obsession de l'idée fixe pathologique. Pour ce qui est
de l'enfant et de l'application des exercices de plein
air et des jeux au premier âge, il ne faut pas oublier
quejusqu'à six à septansenviron, la
première
enfanceest représentée par un tube digestif; que la seconde
enfance et l'adolescence,jusqu'à l'âge de dix-huit ans
environ, sont représentées par une vésicule pulmo¬
naire, et que l'adulte seul a le droit et le devoir d'être
uncerveau.
La respiration de l'enfant est profonde, mais son pouvoir d'attention est
rudimentaire. Vouloir
trop développer le cerveau de l'enfant, c'est provoquerla
fatigue et, par ce fait,modifier les échanges nutritifs
solides, liquides et surtout gazeux, nécessaires à son évolution normale; c'est pratiquer la culture inten¬
sive; c'est sacrifier le fruit, et l'arbre même, à la
fleur
hâtive.
Une pédagogie rationnelle doit
toujours
penserau cerveau de l'enfant, non pour le faire fonctionner
(')Tissié.Ticet toux spasmodiquetraités et guérisparla gymnastique
respialoiie.Communie tionfaitea laSociété deMédecine etde Gliiiurgie
de Bordeaux dans la séance du 16 juin 1899 (in Journal de Médecine, 1899).
avant le moment physiologique, mais, au contraire, pour lui permettre de se développer progressivement
parles apports du tube digestif et des poumons. C'est
encela que les exercices au plein air sont excellents
dans l'enfance et dans l'adolescence. Un muscle déchiré ou un os fracturé se réparent facilement; mais
ce qui ne se répare pas toujours, c'est un cerveau surmené avant le moment physiologique où l'effort intensej)eut lui être permis.
Le surmenage cérébral dans l'enfance et dans l'ado¬
lescence, qui congestionne et qui ébranle le cerveau, est le pourvoyeur des maladies de la nutrition, des névroses, des maladies mentales, des maladies micro¬
biennes, etc., etc., parce qu'il met le système nerveux
en état de moindre résistance dans la lutte qu'il a à soutenir contre ces attaques extérieures qui attei¬
gnent l'économie humaine dans son accommodation
au milieu cosmique et social.
Les familles qui sont guidées par un sot orgueil égoïste d'arrivisme à outrance, et les pédagogues, qui
font leur jeu en surélevant constamment les barrières
des examens ou des concours par des programmes scolaires trop surchargés, ne pensent pas assez à ces
choses. Il appartient au médecin de les leur rappeler
sans cesse, en vue du plus grand développement du capital humain.
THÉRAPEUTIQUE
Gymnastique médicale. Massage. — Le sujet est trop vaste pour que nous puissions le traiter com¬
plètement dans ces quelques pages; nous renvoyons
aux travaux spéciaux sur la matière. Nous n'indique¬
rons que les grandes lignes.
La gymnastique médicale et le massage s'adressent
à la fonction circulatoire et nerveuse; ils ont pour effet: 1° de calmer ou d'exciter, selon les indications thérapeutiques, le système nerveux par une action directe ou indirecte sur les terminaisons nerveuses
périphériques, sur les ganglions nerveux internes ou
sur les nerfs eux-mêmes; 2° de rétablir la fonction circulatoireatténuée pourdiversescauses : pardéchets organiques, par congestions, stases, surproduction cellulaire, collections diverses formant épine dans
l'économie et enrayant la circulation. Le travail méca¬
nique musculaire, soit actif, soit passif, soit passif- actif, provoque l'élimination des déchets. Les mouve¬
ments peuvent donc se diviser en quatre grandes classes, d'après les effets qu'on veut en obtenir : 1° ceux qui décongestionnent; 2°ceux qui congestion¬
nent; 3° ceux qui calment le système nerveux; 4°ceux qui l'excitent. Les mouvements qui décongestionnent
sont les plus appliqués parce que la congestion est de règle dans toute modification circulatoire. Cependant,
par contre-coup, tel ou tel territoire peut être décon¬
gestionné par suite de la congestion compensatrice d'autres territoires. La gymnastique médicale et le massage ont pour effet de rétablir l'équilibre. Il va
sans dire que l'opérateur doit connaître les principes
de physiologie et de mécanique qui régissent la ma¬
chine humaine, tel par exemple celui des bras de
leviers pour les mouvements actifs ou passifs-actifs imposés au sujet.
Mouvements décongestifs. — Les principaux mou¬
vements décongestifs sont localisés dans les muscles desjambes, des cuisses, du bassin et du massif lom¬
baire; ce sont des mouvements rythmés et lents d'extension qui ont pour effet de tendre les fibres
musculaires et de les détendre lentement par une flexion de plus courte durée que celle de l'extension.
Dans ce jeu musculaire, la circulation en retour est
augmentée grâce à une série de pressions lentes des
fibres musculaires sur les vaisseaux sanguins et lym¬
phatiques.
Le mouvement rythmé de la main du vacher qui
trait le pis de la vache pour en extraire le lait donne
une idée de l'action des muscles agissant par con¬
traction et parrelâchement sur les vaisseaux sanguins
et lymphatiques.
Augmenter la circulation de retour, c'est faciliter
la libre circulation de l'aller; c'est dégager le cœur
en supprimant du même coup les stases liquides dans
telle ou telle partie de l'économie. D'autre part, l'ac¬
tion directe de la main dans le massage, ou indirecte
du muscle dans l'exercice actif ou passif-actif sur les
cellules musculaires, glandulaires ou nerveuses, pro¬
voque une activité cellulaire plus grande.
Dans les maladies du cœur, les cliniciens français
ne voient trop encore que des lésions directes pro¬
voquées par l'impotence fonctionnelle du muscle car¬
diaque. Leurs yeux se portent plutôt sur les vingt
centimètres carrés entourant le mamelon gauche que
surle cœur périphérique, car le cœur est partout où
il y a circulation. Le cœurn'est qu'un vaisseau que la
fonction a développé au maximum; c'est le premier
des vaisseaux de l'économie, le plus gros, il est vrai,
mais ti'ibutaire également du moindre capillaire. Con¬
gestionner le cœur périphérique en provoquant un travail de circulation plus profond dans les muscles et dans l'abdomen par une action sur le système porte,
c'est décongestionner le cœurcentral. C'est également agir sur la petite circulation et rendre l'élasticité pul¬
monaire plus grande. C'estsurtout lutteravecavantage
contre les stases liquides dues à un ralentissement de la circulation de retour et empêcher l'établissement de dépôts liquides dans les grandes cavités de l'écono¬
mie. Evacuerces dépôts par des-ponctions, des purga-
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tions, etc., estbien, mais les empêcher de se former
est mieux. Les remèdes cardiaques agissent à titre d'agents excito-moteurs du cœur; ils augmentent
momentanément la tonicité de ses muscles, mais
souvent au détriment de leur puissance même, car toute action est suivie d'une réaction de fatigue. Il
arrive donc que le cœur se fatigue enraison directe de
la force momentanée qu'on lui donne. Le muscle du
cœur n'échappe pas à la loi générale du repos et de la fatigue. Loin denouscependant la pensée de supprimer
les agents pharmaceutiques du cœur, mais nous vou¬
drions que les cliniciens utilisent parallèlement les agents physiques, qu'ils délaissent par ignorance de
leur valeur réelle ou par crainte d'une application qu'ils considèrent àtort comme dangereuse.
Les principaux mouvements qui décongestionnent
en gymnastique active sont les mouvements lents et rythmés de flexion et d'extension. L'extension lente
du corps sur la pointe des pieds suivie d'abaissement
lent des talonsvers le sol provoque unecirculationplus grande dans les muscles de la partie postérieure de la jambe ainsi que les mouvements de pédale; ici, la pointe des pieds se soulève et se rabat lentement, les
talons ne quittent pas le sol; ces mouvements agis¬
sent sur les muscles de la région antérieure de la jambe; lesmouvements de rotation de la jambe tendue
surle bassin avectravail des muscles abdominaux, du
massif lombaire à sa partie inférieure et du psoas
iliaque; les flexions lentes du tronc en avant sur les jambes bien tendues, les mains posées sur les han¬
ches, la tête rejetée en arrière, ont un grand effet décongestif sur le cerveau et sur le cœur par une circulation compensatrice plus large-dans les muscles lombaires, fessiers, fémoraux et jambiers qui sont les
muscles les plus épais de l'économie.
Les mouvements d'extension par soulèvement du.
corps sur la pointe des pieds et de pédale par soulè¬
vement de la pointe des pieds sur les talons se trou¬
vent réalisés dans la marche en montagne. C'est sur le jeu des muscles du train inférieur qu'est basée la
cure des terrains d'Œrtel pour les maladies du cœur et de la nutrition. La montagne peut être considérée
comme un agré de gymnastique sur lequel joue et s'adapte la machine humaine.
A cetitre, l'application du traitement dans la cure de plein air par la marche en montagne est fort déli¬
cate. Elle vaut ceque vaut le clinicien traitant. On ne
peut laisserles malades livrés à eux-mêmes. Les pas¬
sifs n'agiront que fort peu : ils resteront en deçà du traitement; les affirmaiifs exagéreront l'exercice et dépasseront la limite imposée. Passifs et affirmatifs
commettront des fautes, d'où la nécessité d'une direc¬
tion constante et éclairée dans le traitement des mala¬
dies du cœur parla marche en montagne. Les causes d'insuccès viennent le plus souventd'abus commis ou d'une mauvaise application du traitement qui, parlui- même, estexcellent dans certainscasbien définis. Nous
ne faisons pasunepanacée universelle des agents phy¬
siques, mais nous pensons qu'ils doivent être utilisés
en thérapeutique.
Les mouvements à mains libres d'élévation des bras avec projection des omoplates en arrière déve¬
loppent la cage thoracique, et par ce fait même en
augmentent la capacité, d'où décongestion du cerveau etdu cœur. Le massage a pour effet de provoquer des congestions localisées à telle ou telle partie du corps afin de décongestionnerd'autant telle ou telleautre ré¬
gion. Souvent aussi, ila poureffetdecongestionnerafin
de décongestionnerparaction en retour.On comprend quelle valeur il peut avoir dans certaines affections congestives chroniques et combien ilest nécessaire au
masseur de posséder des connaissances particulières.