J
OURNAL DE
T
HÉORIE DES
N
OMBRES DE
B
ORDEAUX
P. P
HILIPPON
Théorème des zéros effectif et élimination
Journal de Théorie des Nombres de Bordeaux, tome
1, n
o1 (1989),
p. 137-155
<http://www.numdam.org/item?id=JTNB_1989__1_1_137_0>
© Université Bordeaux 1, 1989, tous droits réservés.
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Théorème des zéros effectif
etélimination
par P. PHILIPPONRésumé 2014 Les paragraphes 1 et 2 rappellent les circonstances de l’exposé
oral, tandis que le paragraphe 3 aborde un aspect particulier de la théorie
de l’élimination : une notion de multiplicité d’un idéal en un point. Cette
partie est le fruit de passionnantes discussions avec F. Amoroso.
Abstract 2014 We recall the content of the talk in paragraphs 1 and 2. Then
we presen t in paragraph 3 a specific aspect of elimination theory : namely
a notion of multiplicity of an ideal at a point. This last part came out of
exciting conversations with F. Amoroso.
1. La situation
historique
Considérons la forme suivante du théorème de
Hilbert,
dit des zéros :. Soient k un corps et h’ sa clôture
algébrique,
siP1, - - - ,
Pm
sont despolynômes
dek~Xl, - - - , Xn]
sans zéro commun dans existe des poly-nômesA1, - -~- ,
A~,,
EI~~Xl, - - - , Xn]
tels queCette version est
équivalente
au théorèmeoriginal
de Hilbert[Hi]
comme l’a trèssimplement remarqué
J.L. Rabinowitsch dans[R].
La démonstration donnée par Hilbert est ineffective et le besoin d’unalgorithme
pourconstru-ire les
polynômes A1, ~ ~ ~ ,
Am
se fit immédiatement sentir. K. Henzelt et E. Noether[HN],
puis
G. Hermann[H],
M. Reufel[Re],
A.Seidenberg
[Se]
etD. Lazard
[L],
entreautres,
décrivirent ou raffinèrent desalgorithmes
pour laplupart
desprocédures classiques
de la théorie des idéaux d’anneaux depolynômes.
Cesalgorithmes
donnent un contrôle sur lesdegrés
despolynômes Ai, ’ " A,
on obtient ainsi une bornegénérale
de la formeoù D est un
majorant
desdegrés
despolynômes Pl, ... ,
Pm.
Plus récemment D.W. Brownawell
[B]
a montré que,lorsque
est decaractéristique
nulle,
onpeut
trouverA1, ~ ~ ~ ,
Au
satisfaisant(*)
tels queL.
Caniglia,
A.Galligo
et J. Heintz[CGH]
ont montré par des méthodesalgébriques
élémentaires la borned°A1, ~ ~ ~ ,
valable entoute
caractéristique.
Enfin,
toutrécemment,
J. Kollar[K]
a donné une démonstrationtotale-ment différente d’une version améliorée
(lorsque
D >3)
du théorème deBrownawell ;
il démontrec~.4i, ’ ’ ’
max{3,
Djn.
Nous reviendrons au
paragraphe
2 sur les méthodes de Brownawell et Kollàr.Si k est muni d’une structure
arithmétique,
se pose laquestion
d’estimer les coefficients despolynômes A1, ~ ~ ~ ,
A,n.
Parexemple,
si k =Q,
et siP1, ~ ~ ~ ,
Pm
E-7[xl,... Xn~
sont dedegrés
auplus
D et de coefficientsma-jorés
en valeurs absolues pareH > 1,
on obtient en combinant l’estimation desdegrés
établie par Brownawell avec les formules de Cramer : il existe r EN*, A1, ~ ~ ~ ,
Am e
Z~XI, ~ ~ ~ ,
Xn~
satisfaisantet
où
H(P)
désigne
le maximum des valeurs absolues des coefficients dupoly-nôme P
X m ~ ,
Dans
[BY]
C. Berenstein et A.Yger
ont montré que si la variété à l’infini des zérosPm(h P
=:X , ’ ’ ’ ,
étant l’homogénéi-sé de P dans~~Xo, ’ ’ ’ , Xn~)
est de dimension0,
alors onpeut
trouversatisfaisant
et
Dans le même
temps,
je
me suis intéressé[P3]
àmajorer
la taille du "dénominateur" rlorsque
Z estremplacé
par un anneaucommutatif,
définition de
semi-régulier
et~P3~,
§1
pour la définition detaillé ;
parexem-ple,
les anneaux R =Z ~Tl , - - - , Ts] , R
=Fq [T],
R =C, ...
satisfont toutesces
hypothèses).
Berenstein et
Yger
ontincorporé
cette estimation du dénominateur(pour
R =Z [Ti, - - - , Ts])
dans leurtravail, supprimant
ainsil’hypothèse
sur leszéros à l’infini et raffinant leurs
majorations
commesuit,
et
H(Am,)~
c3(n).D8n+3(H
-~-Dlog D
-~- log m).
Signalons qu’on espère
encorepouvoir
remplacer
l’exposant
8n + 3 danscette dernière estimation par n.
Egalement,
les réelsc2(n)
etc3(n)
apparaissant
dans cesmajorations
nedépendent
que de n, et defaçon
effectivement calculable.Le résultat intervenant dans
[BY]
est le suivant(cf.[P3],
théorème4).
THÉORÈME.
,Soient À ER+
et s E N tels que a > 2s -f-2,
soient encoreP~ , ~ ~ ~ ,
Pm
Ts~ ~Xl , ~ ~ ~ , Xn~,
1 dedegrés
parrapport
auxXi
auplus
D >_ 1 et satisfaisant+ log H(Pi);
i =1,...
m~
H,
sans zéros communs dans
Q(Ti,
Alors il existe unpolynôme
non nul r EZ ~T1, ~ ~ ~ , Ts]
vérifiantet des
polynômes ~4i, "
rapport
auxXi
auplus
de
degrés
parDÉMONSTRATION: Il suffit
d’adapter
les considérations duparagraphe
8de
[P3],
pourplus
de détails sereporter
à la démonstration du lemme 4.3 de[BY].
Enparticulier,
c’est dans ce lemme que Berenstein etYger
in-troduisent leparamètre
À afin de dissocier lescomportements
de etlog H(*).
2.
Principe
des méthodesA )
La mét hode de BrownawellElle utilise deux
ingrédients
essentiels,
d’unepart
uneinégalité
detype
Liouville-Lojasiewicz
et d’autrepart
des formulesd’interpolation
[B]
sous la forme d’un théorème de H. Skoda et nous leremplaçons
dans~P3~
par un théorèmealgébrique analogue
de J.Lipman
et B. Teissier. Nous notons dans les énoncés suivants l~ un anneaucommutatif, unitaire,
noethérien, factoriel,
régulier,
de dimension de Krull x et taillé(voir [~3],§1
pour un
rappel
desdéfinitions).
Ondésigne
par K une clôturealgébrique
du corps des fractions de R.INÉGALITÉS
DE LIOUVILLE-LOJASIEWICZ.(j$Jsprop.8, [P2], [P3],
prop.4)
- Soient
Pl, - - - ,
P~
ER[X1,... ,
sans zéro commun dans et dedegrés
D. Si K = C on a pour tout z E C’~ et avec y =min~m, nl,
Plus
généralement,
si v est une valuation surl~~Xo, ~ ~ ~ ,
Xn~ il
existe un élément x E R nonnul,
de tailleC{n, m).(H
+D)DI-1
oùv = +
1},
tel queLa démonstration de ce
type
d’inégalité
repose sur une définitionadéqua-te de valuation d’un
idéal,
donnée via la théorie des formes éliminantes. Nous donnons un aperçu de cette théorie auparagraphe
3.Voici maintenant le théorème de
Skoda,
qui
faitl’objet
de[S],
THÉORÈME
DE SKODA.Soient e
une fonctionplurisousharmonique
dans et 7i,’’’ des fonctions
holomorphes
dansC’+’.
Soient a > 1et y =
max(n, m},
pour toute fonctionf
holomorphe
dansC’+ ,
@satisfaisant
- . _.n -1
il existe des fonctions
h1, ~ ~ ~ ,
hm holomorphes
dans telles queet son
pendant algébrique,
théorème 2.1 de[LT]
via le§4
de[LT]
pour les anneauxréguliers,
THÉORÈME DE LIPMAN-TEISSIER. Si
pour toute valuation discrète v, on a
Dans
[B]
Brownawell utilisel’inégalité
deLiouville-Lojasiewicz complexe
et
applique
le théorème de Skodaavec 1b
=av(n - 1 ).DJL . log
a tendantvers 1. La
première approche
de~P3~
utilisel’inégalité
deLiouville-Lojasiewicz
valuative et le théorème deLipman-Teissier
avec P =x.Xô ‘‘,
enfin ondéshomogénéise
enposant
Xo
= 1.B)
La mét hode de KollârLa seconde
approche
de[P3]
reprend
la démonstration de[K],
on notemaintenant R un anneau
commutatif, unitaire, noethérien, factoriel,
semi-régulier
ettaillé,
onpose A
=R[Xo,... , Xnl, k
le corps des fractions de R et h’ une clôturealgébrique
de k. On se donne despolynômes Pl, - - - ,
Pu
sans zéro commun dans onpeut
construire une suiteQ ~
dansA, régulière
dansXn]
et on poseQi
=hQi(i -
1?’"
v).
On écritoù
8;
est l’intersection descomposantes
primaires
de(Q 1, ~ ~ ~ , Qi)
dont le radical ne contient pasXo et 8j
l’intersection des autrescomposantes
primaires.
On pose
Ci =
AnnR[Xo]
(~i/(Q1, ~ ~ ~ ,
Qi)),
le but est de trouver un élément depetits
degré
et taille dansCv,
car - A et doncCv
=(Q1, ~ ~ ~ , Qi).
Onécrit,
pour i =1,"- v - 1,
où
Vti+l.est
l’intersection descomposantes
primaires
isolées dont le radical contientXo
et est l’intersection descomposantes
immergées.
Posons
et
et
on a facilement
Ci+, .
Leproblème
est de montrer queEi+1
est assez gros, l’idée fondamentale de Kollar est d’introduire un sous-moduleNil(~i )
deEi+l
dont onpeut
bienplus
aisément contrôler lecomportement.
On noteH*(y1, - - - ,
les modulesd’homologie
ducomplexe
de Koszul du A-module M parrapport
à y1, - - - ,
ys(cf. [No], chap.8)
et r l’ensemble desfamilles 7
={/l,... ,
C A telle que toutpremier
associé à l’idéal(y)
engendré
par cette famille contienne.Xo.
On définitalors,
en suivant Kollàr[K],
déf.3.3,
Les
propriétés
essentielles de ce nouveau module sont résumées dans laproposition
suivante.PROPOSITION DE
KOLLÀR.
Avec les notations ci-dessus on aDÉMONSTRATION:
Voir[K],
lemme 3.4 et[P3],
prop. 5.On en déduit l’inclusion
R~Xo~ et
Ci = Dl.
Enfin on montre que lesDa
sontsuf-fisamment gros
grâce
à un théorème de Bezout ad hoc(voir
[P3],
prop.6).
3.
Elimination
et valuationsA)
GénéralitésSoit un anneau
commutatif, unitaire,
noethérien etfactoriel,
on pose A =A[~o? ’ ’ ’ Xn]
et ~ _(Xo, ’ ’ ’ X,),
on associe à unpolynôme
ho-mogène
p E A diversesquantités,
sondegré d ° p
par rapport aux variablesXo,... , Xn,
sa taillet(p),
sa valuationv(p).
Il est naturel de considérer que cesquantités
sont associées à l’idéalprincipal
(p)
deA,
et unpoint
essentielest alors de définir ces mêmes
quantités
pour tous les idéauxhomogènes
de A.Si ?
est un tel idéal onpeut,
parexemple,
définirCes
quantités
sont intéressantes mais délicates à manier par manque depropriétés simples.
Une alternative est de poserpour des éléments
"privilégiés"
p1, ~ ~ ~ , pm de8.
La théorie de l’élimination
permet
précisément
d’exhiber de tels élémentsprivilégiés,
mais ces éléments ne forment pas unsystème générateur
de8.
Soit n + 1 - r le rang de8,
on notedes formes linéaires en
Xo,...
Xn et
de nouvelles variablesu(~a~, ... ,
u~a~.
On poseR~u~(resp.A~u~)
l’anneau despolynômes
en lesà coefficients dans R
(resp. A).
On définitSi 3K
c 8
on a clairementé(8)
=R[u],
si8 est
premier
et vérifie(0)
alorsé(8) =
(8 n R).R[u] ,
tandis que siJ’est
premier
et vérifie8 n R = (0) on
démontre queé(8)
est un idéalprincipal
(voir (Nl~,
lemme5,
(Pl~,
prop.1.5).
Parexemple,
si3~ =
(p)(r
=n)
on aé(8) = ( f )
oùf
=P(AO, - - - , An)
avecAi
le cofacteur deXt
dans la matriceDÉFINITION
Nousappelons
forme éliminantede 8
toutp.g.c.d.
desélé-ments de
~(~).
Soit
f
une forme éliminantede J’,
on luiapplique l’homomorphisme
dedéfini par où
A[s]
désigne
l’anneau despolynômes
àcoefficients dans A en les variables =
1,... ,
r;0 ~ j
kn
et oùon pose
(a)
j
ets§§1
= 0. On vérifie aisément = 0et donc
ô( f )
C8.
Les coefficients dans A de0(/)
fournissent les élémentsprivilégiés
p1, - - - , Pm recherchés.Si J’est
premier
etvérifie J
n(0),
une forme éliminantede ?
estsimplement
unp.g.c.d.
dans R des élémentsde J
n R. Unepropriété
essentielle des formes éliminantes est ladécomposition
où le
produit
estpris
sur tous les idéauxpremiers
associés àA /8,
de même rang que8, fp
désigne
une forme éliminante de p et epl’exposant
de lacomposante
p-primaire
de 8.
On voit donc que lesquantités
(1),(2)
et(3)
s’écriventagréablement
àpartir
desquantités correspondantes
pour lespremiers
associés àA /8
de même rang queï.
DÉFINITION
Si 8
est un idéalhomogène
de A et Pm les idéauxgremiers
associés àA /8
de même rang que,
onappellera
forme résultantem
de 8
toutproduit À
ft’
où,
pour tout i =il***
imifi
est une formet=i
éliminante de pi et
li
est lalongueur
de lacomposante
pi-primaire
de8.
En
particulier,
toute forme éliminantede 8
divise toute forme résultantede J.
Si p
est un idéalhomogène
premier
de A derang n + 1 - r
n, la
quantité
D(p )
de(1)
estégale
à r! fois le coefficient dominant dupolynôme
de Hilbert-Samuel deA/p,
c’est-à-dire r fois ledegré
usuel deA/p.
Lacomparaison
desquantités
(*’)
et(*)
estintéressante,
mais leurscom-portements
sont engénéral
très différents. On a facilementv(j~) V(p),
Y.V. Nesterenko montre dans[N2]
l’inégalité
w(~)
(améliorée
en par M. Chardin[C])
et aussidans le cas R = Z. De
plus,
sipg
est l’idéalde A
engendré
par les coefficients dans A deD(f),
Nesterenko a montré((Nl~,
lemme11)
que p est la seulecomposante
primaire
isoléede pi
neB)
Multiplicité
d’un idéal en unpoint
Nous supposons,
dorénavant,
que R est un corps commutatif decar-actéristique
zéro. Pour un idéalhomogène 8
deA,
notons9?
l’idéal de Aengendré
par les éléments de la formeaplOXi
où i e{0,’" n~
et p E
8.
Et pour un idéalpremier
homogène
p de A ongénéralise
la définition ci-dessus enposant
pg
=(0)
etpg
= 2.Lorsque
1 .~ est donc L’idéal
engendré
par les coefficients dans A desformes T
a E Nn+l ; a
=1 - 1)
où
désigne
une forme éliminante dep. Les idéaux
p,
ontgénéralement
unecomposante
M-primaire
nonsigni-ficative,
aussi est-il naturel de définir p comme le saturé depg,
c’est-à-direEn
échangeant
lesopérateurs
de dérivations eto,
on est conduit à con-sidérer l’idéal de Aengendré
par les coefficients de toutes les formes()[8:I]
(p E
j1[ = 1 - 1 ) .
Pour l =1, ~ ~ ~ ,
D ( ~ ),
ce derni er i déal contientp(
comme le montrent les formulesvalables pour toute forme
f
ER[u],
et nous allons montrerplus
loin que son saturé est en faitégal
à pl.Soit
(A
0R ... 0~ où6r
désigne
le groupesymétrique
opérant
sur rlettres),
considérons maintenant pour a =1, ... ,
r leshomo-morphismes
définis par
demment a =
a 1
0 - - - o or etposons 5
=51
® - - -l’homomorphi sme
On notera
9R,
=~J2~1~ - - - 9R(r)
où9R(a)
désigne
l’idéal deAr
engendré
De la même
façon
que nous avons défini les idéaux Pi àpartir
del’opé-rateur
â,
onpeut
définir des idéauxPi
avecl’opérateur
5.
Précisément onpose
pg
=(0)
et,
pour 1 >
1, pl
l’idéal engendré
dansAr
par les coefficientsdes formes axa
(
E 1 - -1).
)
Enfin,
Pi
est le saturé par9Jlr
de p.
On a encore lesformules,
valables pour toute formef
ER[u].
On
peut
alors énoncerPROPOSITION 1. Si
f
est une forme éliminante d’un idéalhomogène
pre-mier p de rang n + 1 - r et 1 E{1, - " ,
existe
un entierN(f, 1),
DEMONSTRATION: Il suffit
d’exhiber,
pour toute forme g ER[u],
un entierN(g)
satisfaisantoù
1(g)(resp.I(g»
désigne
l’idéal deA,
(resp.A)
engendré
par lescoefli-cients de la forme
5g
(resp.ag).
Eneffet,
en raisonnant par récurrence sur 1 on suppose laproposition
établie pour tousles
Elp[ = 1 -
1(ce
qui
est clair si 1 =1).
Enposant g
=eln
on obtientd’où on déduit la
proposition
pour tousles j
Pour établir l’existence de
N(g)
avec lespropriétés
ci-dessus onpart
del’i denti té valable pour toute forme
9 E
R[u],
d’où on déduitet en
posant
pour tout 4
en combinant
(4’)
et
(5’)
ou(4)
et(5)
suivant le cas onécrit,
pour tout i E{0, ~ ~ ~ , n~,
lessystèmes
de relationssuivants,
La matrice r x
(n
+1)
dont les entrées sont les est de rang r, si ~ EA[s]
est le déterminant d’un de ses mineurs de rang r on aOn pose
~,
l’idéal de Aengendré
par les coefficients dans A de tous lesl’écriture du déterminant du mineur monômes
fait
apparaître
leset
où
i1, - - - ,
iT
En}
et ii
E{0, " ’ ,
r -1},
on déduit de ces relationset de leurs
apparentées
mr c8r.
Enfin,
des inclusions(6’)
et(6)
ci-dessus on déduitpour tout a =
1, " ’ ,
r , i =0, ... ,
n. Il en résulte l’existence d’un entierN(g)
ayant
lespropriétés recherchées,
cequi
achève d’établir laproposition.
Avec les formules
(4)
et(4’)
on obtient finalementCOROLLAIRE. ,Si K
désigne
un corpsalgébriquement
clos contenant R etsi z =
(xo,...
xn) E
{0}~
pour tout 1 > 0 on a
équivalence
entreles assertions
DÉMONSTRATION:
Si É = 0 ou 1 >D(p)
le corollajre estclair,
sinon ilsuit de la
proposition
1 et de(4’)
que~l
estégal
au saturé(par 9J1r)
de l’idéalengendré
par les coefficients dansAr
de toutes les formes(~s
e = 1 -1),
d’où11équivalences
entreiii)
etiv).
Demême,
laproposition
1 avec(4)
cettefois,
montre que pl estégal
au saturé de l’idéal(p e
N(n+l)r,
~~ - ~ _ 1),
cequi
établitl’équivalence
entrei)
etii).
Enfinl’équivalence
entreii)
etiii)
est banale.En
fait,
enposant
X~1> _ ~ ~ ~
=X~r~
= X ona Ô
=D,
et les idéauxpg
et~p sont
égaux
étant tous deux le saturé de l’idéalengendré
dans A par les formesa~a~~ ~
Efi]
1 - 1).
Nous allons maintenant montrerque les conditions
i)
àiv)
ci-dessus sont encoreéquivalentes
àoù les dérivations ne
portent
que sur les variablesuor~, · - - ,
ii)
entraîne clairementv).
D’un autre côté les formules(4’)
montrent quev)
implique
(x " -
z) -
0 pour tout À ENn+1,
[À]
= 1. Laproposition
suivanter
permet
de conclure que ces dernières relations entraînenta z _
0 pour À EIÀI
= 1 -1, qui
à leur tour entraînenti ).
PROPOSITION 2. Soit i E
~O, · · - n},
posonsl’homomorphisme
deR-algèbres
si :R[s]
~ défini parpar les formules
(pour
a =1,... ,
r -1)
On vérifie =
P(’Or(f»,
etégalement
p(ôr( f))
=a,.( f ) (voir
[Pl],
remarque2,
p.16). L’homomorphisme
si estégal
à
-al 0 ...
"Or-1
0 ô,.( f )
=D(f),
cequ’il
fallait démontrer.Choisissons i E
f 0, - - - , n}
de sorte queXi =1=
0. Il suit de laproposition
...._1
2,
en identifiant = X dans5 f
et en notantoù 8
est l’idéalengendré
dans par les formes etlorsque
a =1,... ,
r - 1.Notons,
pour 1 .~
D(p),
~g(’)
l’idéal deAr
engendré
par lesco»efficients
des formesOn a clairement
p~
= ~
et commedéjà remarqué
v)
implique
p(z)
= 0pour tout p E
~9(r).
On déduit de(7),
enappliquant
fois la dérivationsont de nouvelles
variables,
car
Q
est dedegré
N et 0 pour tout N’ > N. Comme0
(car
faisant intervenir le monôme parexemple)
etp(z, ~ ~ ~
x) -=
0 pour tout p Ee,
on vérifie doncvia
(8),
A~0/(a?, - "
,z) -
0. Ecrivant cette identité sur les monômes en les variables ao,... , a~, on obtientEt on en déduit que
v)
entraînep(z)
= 0 pour toutp E
pu il
c’est-à-direi).
Ainsi a-t-on bien établi
l’équivalence
entre les assertionsi)
àv).
Remar-quons encore
qu’avec
les relations(5)
on vérifie facilement que, si0,
v)
estéquivalente
àCette
équivalence
entrei)-v)
etvi)
met en évidence lespropriétés
de"symétrie"
des formes résultantes. Lespropriétés
i)
àvi)
conduisent à unenotion de
multiplicité
d’un idéal en unpoint qui apparaît
dans[Ai]
et[N2]
par
exemple.
Plusprécisément,
DEFINITION Si z =
(xo, · · · , xn) E
101
et p est un idéalhomogène
premier
de A on définit lamultiplicité
de p
en x comme leplus grand
entier l 0 tel que z soit un zéro commun des élémentsF. Amoroso démontre
~AZ ~
que 1
= 1 si et seulement si z est un zéro commun des élémentsde p
et la matricejacobienne de p
en x est de rangmaximal,
c’est-à-dire si l’anneau localisé(A/p)c
estrégulier,
où rdésigne
l’idéal de définition dupoint
z(engendré
par les binômesXiXj - xjxi,
0i
j
n).
Plusgénéralement,
si ? est
un idéalhomogène quelconque
deA,
onétend,
en accord avec la définition des formesrésultantes,
la définition dems en
posant
où la somme est étendue auxpremiers
p
associés à
A/8
de même rang n + 1 - rque 8
et.~p
est lalongueur
de lacomposante
p-primaire
de8.
Notons, pour i
=1,...
, r, y= - p oa( Ui )
où p est laspécialisation
p(Xa)
= z. Lamultiplicité
ms, introduiteci-dessus,
n’est rien d’autre que lamultiplicité,
eA~(yl, ~ ~ ~ -f, - 1 1 (A/’
en z du moduleA /8
(cf.[No],
chap.
7,
§7.4).
Précisément onpeut
énonceroù 1
désigne
lalongueur
en tantqué
At-module.
DÉMONSTRATION:
On remarque que l’anneau(A/8)r
est une extensionalgébrique
deR~yl, ~ ~ ~ ,
?7r-i]’
Enparticulier,
toute forme linéairevérifie une relation de la forme
Quitte
à faireagir
l’homorphisme
R choisis de sorte queon
peut
supposerqo q r
et qi
e =1,... ,
h).
On endéduit,
avecko
lemaximum des h sur un
système
libre maximal de formes linéaires dans r,pour tout J~ > 0. La deuxième
égalité
se déduit donc du théorème 13 de[No],
§7.7
(formule
limite de P.Samuel).
Si
f
est une forme résultante deJ,
une forme résultante de(??7i? ’ ’ ’
?7r-i))
de rang n dans~4[~],
s’écri toù e est la
longueur
duA(s]t-module
car, avec les
propriétés
dusymbole
demultiplicité
(cf. [No],
§7.4
&7.6),
on a
et il suit de la définition du
symbole
demultiplicité
et de laproposition
11 de
[No],
§7.9
deg8’
=deg8
+ e. Par ailleurs ona,
toujours
avec lesce
qui
entraînebien,
avecv),
par définition de la forme résultante. En
particulier,
sil’idéal 8
estparfait
(c.-a-d.
si l’anneauA /8
estsemi-régulier)
égal
à lalongueur
duA[s]t-module
(~[~]/(?, 71, - " , 7r-i))c,
engénéral
on a seulement inférieur à cettelongueur
(cf.[No],
§7.4,
théorèmes 6 et8).
Remarquons
que si8
C8’
sont deux idéaux
homogènes
de même rang n + 1 - r on a la suite exactequi entraîne,
grâce
au théorème5,
On remarque
qu’on
a, pardéfinition,
leséquivalences
et par suite
Il est
également
facile de vérifierEn
fait,
on sait que~(~) _
et doncm:r:(p)
=m:r:(Pl),
mais on n’aaucune relation entre et + 1 - e
pour l
> 1. Parexemple,
lepolynôme
irréductible deen-gendre
un idéalprincipal p
demultiplicité
= 4 en a =(1, 0, 0, 0, 0)
ER5,
on a pi = p tandis que lescomposantes
primaires
isoléesde p)
sont(X,X4)
et et cellede 3
est(Xi +X~,Xs,X4).
On calcule ainsi = 2 =mx(p3 ).
De l’autrecôté,
si p =
(Xl -
X~Xo)
dans on a pi = p, P2 = etP3 =
(Xi,X2).
On trouve donc =3,
= 6 etmz(P3)
= 2 enNous savons
qu’en
général
lalongueur
du modulepeut
êtreplus
grande
que Amoroso aremarqué
[A2],
qu’en
revanche,
l’exposant
de l’idéalr-primaire
(8, yi , ... , y,.-1 ))t
esttoujours
inférieur ouégal
à Eneffet,
avec laspécialisation
introduiteplus haut,
p o o... o
0~"~(/)
Eé(8, yi; .. ,
est donc laplus
grande
puissance
de(uor~.xo -f- ~ ~ ~ -f- u~r~ ·xn)
qui
divise une forme éliminante de(8, yi , ... , ?7r-i)
est inférieure ou
égale
à o ...a(r-1)( f)
= enfin cettepuissance
estl’exposant
de lacomposante
r-primaire
de(~, -y1, ~ ~ ~
c’est-à-direl’exposant
de( 8, yi , ... ,
PROPOSITION 4.
Si p
est un idéalpremier
homogène
deA,
on a pour toutx E
{0}
et avec les notationsprécédentes
C f1 A.DÉMONSTRATION: Voir
[A2],
corollaire 3.DÉMONSTRATION:
Il suffit de remarquer quex}
dUr! =
D(p) /r
oùf
est une forme résultante(ou éliminante)
de p d’unepart,
etqu’on
atoujours
piC p
d’autrepart.
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