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Genre et travail social

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Academic year: 2022

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Genre et travail social

Le travail social produirait des effets de subjectivation sur les personnes qu’il entend accompagner et, en tant qu’ensemble de pratiques relationnelles formant un champ, l’institution qu’il forme (peuplée de professionnels, d’étudiants, de formateurs, d’usagers…) disposerait elle-même d’une vie psychique autonome. Nous souhaiterions, dans ce numéro, interroger la place qu’occupe le genre dans l’articulation de ces deux niveaux d’analyse.

Dans le domaine éducatif, les professionnels se font régulièrement les vecteurs de l’idéologie selon laquelle le monde n’a de sens qu’à être « genré » (avec les tout-petits, on s’inquiète souvent très tôt de savoir s’ils se reconnaissent dans le genre qui correspond au réel de leur sexe et de leur corps). En ce sens, ne pouvons-nous pas comprendre certains dispositifs éducatifs comme des outils du « biopolitique », qui participeraient ainsi à la catégorisation binaire du monde (les hommes d’un côté, les femmes de l’autre), faisant du travail social un « reproducteur » de cet ordre ?

D’un autre côté, nous savons que les transgenres et les travestis, qui subvertissent le genre, sont soutenus par de nombreuses institutions du travail social, tout comme d’autres participent à la lutte contre la domination d’un genre sur l’autre (on pense notamment ici aux associations féministes qui défendent le droit des femmes). Dans cette optique, ne faut- il pas admettre que le travail social peut aussi participer à une forme d’émancipation par rapport au genre ?

La vie psychique de l’institution « travail social » est, elle aussi, à questionner du côté du genre. On entend régulièrement dire de ce secteur professionnel qu’il est très « féminin », d’une part parce qu’il est majoritairement composé de femmes mais aussi parce que la fonction du soin (et du prendre soin) est historiquement référée au motif féminin. Comment, dans les structures éducatives où les jeunes et moins jeunes sont régulièrement en quête d’autorité, les femmes occupent-elles ces places historiquement dévolues aux hommes et aux pères ? Par ailleurs, nous savons que dans ce secteur professionnel, les postes d’encadrement sont majoritairement occupés par des hommes ; comment pouvons-nous comprendre ce paradoxe ? Le discours des formateurs ne véhicule-t-il pas, sans le savoir, un ensemble de « clichés » qui participe à cet état de fait ?

Si les travaux sur le genre remettent en question l’équation « sexe femelle = genre féminin = fonction maternelle » (et son versant masculin), l’un des enjeux de ce numéro pourrait être de bousculer certaines évidences, de telle sorte qu’à chacun des trois niveaux (réel du sexe, identité de genre, fonction éducative) il faudrait interroger la place qu’occupent nos pratiques professionnelles dans la continuation ou au contraire la subversion de ces équations…

Ce numéro du Sociographe vous invite à alimenter le débat sur tous ces questionnements (expériences, témoignages, recherches, analyses...).

> Dépôt des manuscrits jusqu’au 20 mars 2014 (par mail à : [email protected])

Les accusés de réception se font à échéance du dépôt des manuscrits.

> Manuscrits de 30000 signes maximum. Les autres recommandations sont sur le site du Sociographe : www.lesociographe.org

> Tout manuscrit est signé par un ou des auteurs physiques (pas de personnes morales). En cas de co-auteurs, nécessité d’avoir un seul contact pour la rédaction (ils seront présentés dans la publication par ordre alphabétique).

> Les manuscrits et autres documents remis le sont à titre gracieux. Tout fichier proposé suppose l’autorisation par l’auteur d’une mise en ligne possible sur Internet.

> Procédure :

Dépôt des manuscrits : jusqu’au 20 mars 2014

Décision de la rédaction (après consultation du comité de lecture) : juillet 2014 Bon pour publication (sur article mis en page) : décembre 2014

Parution : n° 49, mars 2015 (Après parution, rencontre entre auteurs et lecteurs du numéro)

> Contacts :

. Dossier coordonné par Monique JEANNET (Documentaliste à l’IRTS-LR, membre du Comité de rédaction du Sociographe) et Vincent TOURNIER (Psychothérapeute et formateur à l’IRTS-LR, membre du comité de lecture du Sociographe).

Mail : [email protected] / [email protected] (06 51 37 37 08)

. Marc TRIGUEROS, secrétaire de rédaction. 04 67 07 82 73 / Mail : [email protected]

> Orientations du Sociographe :

…travailler les articulations entre réalités sociales, pratiques

professionnelles et prescriptions politiques du « travail social »…

(extraits)

Le sociographe. 1011, rue du pont de Lavérune. CS 70022. F-34077 Montpellier cedex 3. 04 67 07 82 73 / www.lesociographe.org

Revue trimestrielle de « recherches en travail social »

Parution en mars, juin, septembre et décembre, plus un hors-série annuel

Revue des instituts associés : Buc Ressources (Yvelines), l’ESTS Nord-Pas-de-Calais, l’ESTES de Strasbourg, le GIRFAS Bretagne, l’IREIS Rhône-Alpes, et les IRTS de Basse-Normandie, de Champagne-Ardenne, Ile-de-France Montrouge/Neuilly-sur-Marne, du Languedoc-Roussillon, de Nord-Pas-de-Calais, de PACA et Corse, de Poitou- Charentes et de La Réunion ; et de Instituto superior de serviço social do Porto (Portugal), Haute école de travail social (Genève, Suisse). En partenariat avec les établissements gestionnaires : ADSSEAD, ANAJI, La maison des enfants et La Sauvegarde du Nord.

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