NOIR & BLANC
12 DECEMBRE 2008 – 9 MARS 2009
Dossier Enseignant
Sommaire
1- L’exposition
2- Le noir et le blanc : histoire de l’art et histoire du verre
3- Quelques artistes de l’exposition
4- Les pistes pédagogiques
5- La bibliographie sélective
6- L’actualité du musée
7- Le musée-atelier départemental du verre
8- Les informations pratiques
1- L’EXPOSITION: TEXTE DU DOSSIER DE PRESSE
« La couleur est un enduit apposé ultérieurement sur la vérité originelle du noir et blanc » écrivait Roland Barthes (La Chambre claire).
De la gravure à la photographie, en passant par la peinture, ces deux tonalités ont fortement marqué l’histoire de l’art.
À la fois couleur et non-couleur, noir et blanc permettent un travail sur l’ombre et la lumière et une focalisation sur la matière que leur minimalisme permet de mettre en valeur.
Dans l’exposition présentée ici, noir et blanc s’invitent sur un medium aussi inattendu que singulier : le verre. Parce qu’il évoque la transparence, l’incolore et convoque à l’esprit la lumière, il peut sembler contre-nature d’associer ce matériau à l’opacité, en particulier celle – extrême, du noir, qui absorbe et bloque tous les rayons lumineux. Un décalage volontairement cherché par certains artistes qui cherchent à susciter un trouble ou une sensation
d’étrangeté chez le spectateur, comme Angela Jarman avec ses végétaux noirs. Surtout, le verre est un matériau riche en surprises et en potentialités pour les artistes qui en connaissent les secrets : l’émaillage, la pâte de verre, le sablage ou encore les techniques vénitiennes permettent d’obtenir des effets de texture et de matière variés et subtils, encore accentués par le noir et blanc.
Outre la matière, ces deux teintes permettent de se centrer sur la lumière, de sa réverbération complète à son absence totale. Ce sont les effets de contraste qui sont les plus évidents dans l’association de ces deux extrêmes, renforcés par la symbolique forte des deux couleurs : le noir évoque généralement l’ombre, le doute, l’angoisse, les ténèbres, le deuil ; le blanc, lumineux, s’associe à l’innocence, la pureté, la sagesse. Une dimension symbolique que l’on retrouve notamment chez Anna Skibska ou Paolo Martinuzzi. Ce contraste chromatique permet aussi aux artistes d’élaborer sur le verre leurs propres jeux d’écritures, à l’image des sculpture-rébus énigmatiques de Jean-Pierre Umbdenstock ou celles des Perrin et Perrin, devenu célèbres pour leur utilisation du pizzicato, petit morceau de verre évoquant l’antique signe cunéiforme revisité.
Noir et blanc permettent aussi des créations graphiques, dont les lignes épurées dessinent des constructions architecturales incisives et précises (Matei Negreanu), ou provoquent un effet visuel élégant et stylé, à l’instar des zébrures contrastées de l’oeuvre de Franck van den Ham.
La confrontation des sculptures permet de remarquer que les noirs deviennent couleur, variant subtilement du brun au bleu, et selon le travail de surface prennent un aspect mat, vernis ou craquelé. Les blancs, unis, nuageux ou glacés, hésitent quant à eux entre opacité et transparence.
La lumière et l’ombre y prennent alors toute leur dimension : le blanc joue à la frontière de l’incolore, tandis que le noir est apporté par l’obscurité ambiante. La lumière devient élément central des sculptures et permet les effets optiques les plus surprenants.
Mieke Groot, Sans titre, 1990, verre moulé, émaillé
L’exposition invite ainsi à un voyage sensoriel inattendu, qui vous fera découvrir les sculptures arachnéennes d’Anna Skibska, ou encore les troublants tableaux mouvants de Sylvie Van den Houcke et de Josepha Gasch Muche, acquisitions récentes du musée encore jamais exposées.
L’exposition Noir & Blanc est conçue à partir d’oeuvres de la collection permanente, sorties des réserves pour l’occasion, enrichies des acquisitions 2007 et 2008 du musée. Des vidéos en noir et blanc d’artistes contemporains viennent compléter cette sélection afin de permettre un dialogue avec les oeuvres autour du thème.
Les artistes de l’exposition : Giampaolo AMORUSO (Belgique) ; Galia AMSEL (Grande Bretagne) ; Joan CROUS et Jordi MAS (Italie) ; Bernard DEJONGHE (France) ; Anna DICKINSON (Grande Bretagne) ; Josepha GASCH MUCHE (Allemagne) ; Vincent VAN GINNEKE (Pays-Bas) ; Jacqueline GUILLERMAIN (France) ; Mieke GROOT (Pays-Bas) ; Ivana HOUSEROVA (République Tchèque) ; Barbara IDZIKOWSKA (Pologne) ; Angela JARMAN (Grande Bretagne) ; Antoine LEPERLIER (France) ; Paolo MARTINUZZI (Italie) ; Massimo MICHELUZZI (Italie) ; Matei NEGREANU (France) ; Martine et Jacki PERRIN (France) ; Michèle PEROZENI (France) ; Jelena POPADIC (Pays-Bas) ; David REEKIE (Grande Bretagne) ; Marketa SILENA (République Tchèque) ; Anna SKIBSKA (USA) ; Alberto TOGNI (Italie) ; Jean-Pierre
UMBDENSTOCK (France) ; Frank VAN DEN HAM (Pays-Bas) ; Sylvie VANDENHOUCKE (Belgique) ; William VELASQUEZ (France) ; Colin RENNIE (Grande Bretagne) ; Joel Philip MYERS (USA) ; James WATKINS (USA)
Les vidéos d’artistes contemporains :
En décembre : William Kentridge, Automatic Writing, 2003, vidéo d'animation, durée : 2'38", collection Frac Ile-de-France ; Anri Sala, Time after Time, 2003, vidéo, 5’22’’,collection Frac Ile-de- France
En janvier : Lili Dujourie, Passion de l'été pour l'hiver, 1981, vidéo, noir et blanc, non sonore, durée : 15'31", collection Frac Lorraine ; Lili Dujourie, Effen spiegel van een stille stroom, 1976, vidéo, noir et blanc, non sonore, durée : 13'43", collection Frac Lorraine En février : Zilla Leutenegger, Odds for Tonight I, 2001,
combinaison dessin/vidéo, version moniteur, durée : 2', collection Frac Lorraine ; Benoît Broisat, Bonneville, 2004, vidéo d'animation, durée : 12'30'', collection Frac Champagne-Ardenne
Bernard Dejonghe, Meules vives, 1997, verre moulé
2- LE NOIR ET LE BLANC : HISTOIRE DE L’ART ET HISTOIRE DU VERRE
Le noir et le blanc peuvent être étudiés de deux façons : comme couleurs et comme lumières (ou absence de lumières). Envisagés sous l’angle de la couleur, ils sont considérés comme éléments matériels, comme pigments.
Perçus comme ombre et lumière, ils se réduisent à de purs contrastes, à une luminosité qui peut s’épaissir et se voiler jusqu’à l’obscurité totale.
LEXIQUE DU BLANC_
_LA SYMBOLIQUE DU BLANC : Dans l’Antiquité, le blanc était considéré comme une couleur à part entière et faisait partie des trois couleurs de base du système antique, avec le noir et le rouge. Dans les sociétés anciennes, on
définissait l’incolore par tout ce qui ne contenait pas de pigments. En peinture ou en teinture, il s’agissait souvent de la teinte du support avant qu’on l’utilise : le marron du bois brut, le gris de la pierre, le beige du parchemin, etc. C’est en faisant du papier le principal support des textes et des images que l’imprimerie a introduit une équivalence entre l’incolore et le blanc, ce dernier se voyant alors considéré comme le degré zéro de la couleur, ou comme absence.
Ainsi, le blanc est associé au manque, au vide. Il est également lié à l’idée de pureté et d’innocence. Que ce soit en Europe, en Asie ou en Afrique, le blanc renvoie au pur, au vierge, au propre.
Le blanc est aussi la lumière comprise comme origine du monde, commencement des temps. Dans les religions monothéistes, la figure de Dieu est souvent celle d’une lumière blanche. Par extension, les messagers de Dieu qu’ils soient célestes, les anges par exemple, ou terrestres (les prêtres), se revêtent également de blanc.
_LE BLANC DANS L’ART : le blanc apparaît avant tout dans le domaine du dessin. La craie, disponible directement dans la nature, a été utilisée depuis les temps préhistoriques comme élément de la ligne, du trait ou de l’aplat : les représentations animales des grottes paléolithiques étaient colorées en blanc. Au Moyen-Âge, les pigments blancs issus de craies étaient utilisés pour colorer les supports d’écriture ou d’enluminures, qui étaient beige clair ou coquille d’œuf.
Dès la Renaissance, il est fréquent de souligner un dessin au fusain ou au crayon d’un trait blanc afin de donner une nuance de contraste.
Dans les fresques antiques, le blanc était avant tout utilisé comme apprêt ; cela perdure puisque les toiles sont toujours vendues ainsi préparées. Mais la réflexion sur le phénomène du blanc en peinture est liée à la naissance de l’art moderne et de l’abstraction. Il occupe une place importante dans la peinture impressionniste, il agit comme matière et comme couleur. On peut citer les peintures de neige de Monet ou Pissarro, les dessins de Seurat ou encore la série Symphony in White de James Whistler.
Au cours du XXème siècle, le blanc est en Russie, aux Pays- Bas, en Allemagne. En 1918, Kazimir Malevitch rédige son Manifeste Blanc, puis peint le premier monochrome de l’histoire de l’art, Carré blanc sur fond blanc. Ainsi, depuis le constructivisme russe et les œuvres de Malevitch, le blanc est devenu le symbole et l’illustration de l’immatériel : vide, infini, esprit et concept purs. Dans son ouvrage Du Spirituel Sylvie Vandenhoucke, Field, 2006,
pâte de verre fine Nouvelle acquisition 2008
dans l’Art (1912), Wassily Kandinsky, écrit : « Le Blanc apparaît comme le symbole d’un monde d’où toutes les couleurs, en tant que propriétés matérielles et substances, auraient disparu. Ce monde est tellement au-dessus de nous qu’aucun son ne nous en parvient. […] Le blanc agit sur notre âme (psyché) comme un grand silence, absolu pour nous. Pourtant, c’est un silence qui n’est pas mort, mais plein de possibilités. […] C’est un néant qui est jeune, ou encore plus exactement, un néant d’avant le
commencement, d’avant la naissance ». Dans la deuxième moitié du XXe siècle, en particulier au début des années cinquante, de jeunes artistes souhaitent échapper à l’expressionnisme abstrait par la mise en œuvre d’un style de la retenue. Le monochrome, et au point extrême, le monochrome blanc, semble le lieu idéal de cette négation.
Ces artistes sont : Barnett Newman (The Name II, 1950), Sam Francis (Other White, 1952), Agnes Martin (Untitled de 1973 à 2003), Robert Ryman ou encore Robert
Rauschenberg (White Paintings, 1952). Dans les années 60, Sol Lewitt, artiste de l’art minimal, réalisa des
sculptures, structures modulaires en acier blanc.
Certains artistes contemporains ont une prédilection particulière pour le blanc. À titre d’exemple, on peut citer Roman Opalka qui suit depuis 1965 une démarche où il écrit des nombres croissants peints en blancs sur des toiles au fond de plus en plus blanc, les chiffres se confondant peu à peu avec le support ou encore Rémy Zaugg, artiste suisse décédé en 2005, qui réalisa une série de peinture de mots quasiment monochrome telle Tableau/Aveugle, 1988 (Frac Bourgogne) ou Quand fondra la neige où ira le blanc, 2002-2003 (Frac Lorraine).
_LE VERRE BLANC : Il existe plusieurs techniques (et termes) pour obtenir et définir le verre ou le cristal blanc.
Ci-dessous deux d’entre elles particulièrement utilisées dans les manufactures verrières au cours du XIXème siècle : - Opale/Opaline : L’opalisation du verre est obtenue par l’adjonction d’oxyde d’étain. Cette technique est connue à Venise dès le XVIe siècle et donne une imitation de la porcelaine. Ces objets sont appelés opale ou opaline en raison de leur ressemblance avec la pierre d’opale. Ils se caractérisent par un aspect blanc laiteux, plus ou moins opaque. L’opalisation gagne progressivement le reste de l’Europe, mais c’est en France, à partir des années 1810, qu’elle est appliquée au cristal (verre à base de plomb mis au point en Grande-Bretagne au XVIIe siècle). L’opale est alors obtenue grâce à l’ajout, aux matières premières, de phosphate de chaux qui provenait d’os calcinés et pilés. Une réaction particulière se produit à la sortie du creuset : le cristal, transparent lors de la cueillée, s’opacifie durant le façonnage. Vers 1840, la mode des cristaux colorés et les avancées de la chimie mettent en avant les objets en opale réalisés par les cristalleries françaises de Baccarat, du Creusot, de Saint-Louis et, un peu plus tard, par les manufactures de Bercy et de Choisy-le-Roi.
- Pâte de riz ou Agate : verre sans plomb à l’aspect laiteux et translucide, surnommé Agate (Baccarat), pâte de riz ou verre d’albâtre. Ce verre, souvent destiné aux objets usuels comme les garnitures de toilette, est obtenu lors de la fusion de sa composition (sans opacifiant) durant laquelle se développe une multitude de bulles de gaz microscopiques dans la matière. Les agates, à l’instar des cristaux opalisés, rencontrent un fort succès tout au long du XIXème siècle, avant d’être délaissés. Le début du XXème siècle voit de Jelena Popadic, From « Sputnik »
sery, 1997, verre soufflé, sablé, poli
Marketa Silena, Enveloppe, 1995, verre moulé
Œuvre de résidence
nouveau leur succès auprès d’une nouvelle clientèle, les collectionneurs.
LEXIQUE DU NOIR_
_LA SYMBOLIQUE DU NOIR : Longtemps, en Occident, le noir a été considéré comme une couleur à part entière, et même comme un pôle fort de tous les systèmes de la couleur. Mais son histoire change au début de l'époque moderne : l'invention de l'imprimerie, la diffusion de l'image gravée et la Réforme protestante lui donnent, comme au blanc, un statut particulier. Quelques décennies plus tard, en découvrant le spectre, Newton met sur le devant de la scène un nouvel ordre des couleurs au sein duquel il n'y a désormais plus de place ni pour le noir, ni pour le blanc : pendant presque trois siècles, ce ne seront plus des couleurs. Toutefois, dans le courant du XXe siècle, l'art d'abord, la société ensuite, la science enfin redonnent progressivement au noir son statut de couleur véritable.
Le noir est fortement présent dans la conscience collective, dans le langage, dans notre relation au monde, dans notre expérience et notre imaginaire. Le noir est celui de l'ombre et de la nuit, du diable, des enfers, du mal, de la mort, de la tragédie, de la violence et du danger. Il y a aussi le noir de l'humeur et des idées, du désespoir, du pessimisme ou de la mélancolie ; le noir de l'anarchie et de la révolte ; mais aussi du mystère, du secret, de la clandestinité, du trouble et de la confusion. On pense également au combat entre le bien et le mal, entre Dieu et Satan, entre la lumière et les ténèbres. Ainsi, le noir se présente en premier lieu comme une couleur négative et néfaste.
_LE NOIR DANS L’ART : La question du noir est omniprésente dans la sphère de l'art. Elle se pose en des termes symboliques, mais aussi physiques quand le peintre s'emploie à utiliser le contraste des ombres et des lumières.
Il est présent en premier lieu dans le dessin (le trait, la ligne), mais également lié aux techniques picturales et à la construction métaphorique de l'œuvre. De simple fond pour le portrait à la fin du Moyen Age (et cet usage subsistera jusqu'au XXème siècle), puis élément pour simuler le volume, le noir prend une tout autre dimension lorsque l'ombre et les ténèbres servent à traduire plastiquement la pensée du peintre. On pense alors à Rembrandt, au Caravage et aux caravagesques et aux ténébristes du XVIIème siècle (Valentin de Boulogne, Georges de la Tour, Jacques de Bellange, etc).
Au XIXe siècle, Goya (Peintures noires (Pinturas negras, 1819 - 1823) et Victor Hugo révèlent le noir dans leurs dessins, gravures ou leurs peintures. Odilon Redon (La Nuit, 1886) réalise des dessins au fusain, des lithographies d’êtres fantasmagoriques et chimériques. Manet, quant à lui, regardera du côté de Velasquez pour offrir à ses propres tableaux la puissance du noir. Matisse (Porte-fenêtre à Collioure, 1914), le peintre de la couleur par excellence, affirme : « Le noir est une couleur en soi, qui résume et consume toutes les autres ». Il déclarera en 1916 à propos d'un tableau où le noir domine, « d'utiliser le noir comme une couleur de lumière et non comme une couleur d'obscurité ». Des peintres de l’époque moderne ont
considéré le noir comme une fin ultime ou comme le dernier tableau. C’est le suprématisme de Malevitch ou le
constructivisme de Rodchenko qui ont utilisé le noir pour Alberto Togni, Culture brisée, 2004, pâte
de verre, céramique
explorer les confins de la peinture. Dans les années 50, le noir réapparaît comme élément fondamental d'une enquête sur l'espace spécifique de la peinture chez Ad Reinhardt (Ultimate Painting n° 6, 1960) ou Franck Stella (Tombe de Getty, 1959) ; ou encore comme dernière frontière sémantique de l'art chez Joseph Kosuth. Le noir prend une importance cruciale chez Pierre Soulages pour qui le noir serait l'expression suprême de la lumière : « J'aime l'autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité » dont l'œuvre nous révèle « cette lumière secrète venue du noir. D'autant plus intense dans ses effets qu'elle émane de la plus grande absence de lumière ». Avec le blanc, le noir nous développe un monde plus réel que les couleurs, véhiculée par la photographie ou le cinéma. Ainsi, le noir structure tout le XXe siècle en imposant sa tonalité plus vigoureuse que triste, plus architecturale que nocturne, plus subtile que tranchante.
_LE VERRE NOIR : Descartes rappelle dans sa Dioptrique :
« Il y a des corps qui, étant rencontrés par les rayons de la lumière, les amortissent et leur ôtent toute leur force, à savoir ceux qu’on nomme noirs, lesquels n’ont point d’autre couleur que les ténèbres ». La couleur noire est obtenue par l’ajout d’un mélange d’oxydes métalliques (oxyde de cuivre, oxyde de fer et oxyde de manganèse) à la composition initiale du verre ou du cristal. Si la transparence du verre ou du cristal et le travail de taille qui peuvent être fait sur les objets sont là pour sublimer et intensifier la lumière, le verre onyx semble au contraire emprisonner celle-ci dans son opacité. La beauté mystérieuse du cristal noir apparaît dans ce paradoxe qui joue sur les contrastes entre la lumière diffractée du verre ou du cristal et l’éclat ténébreux du noir.
Le noir est aussi la couleur à la mode aujourd’hui, symbole du chic et de l’élégance et ose sa présence dans le domaine des arts décoratifs et de la table. A titre d’exemple, Baccarat invite en 2004 le designer Philippe Starck qui renoua avec la tradition oubliée du cristal noir de la marque avec sa
collection Darkside en déclinant le noir sur des verres ou des luminaires.
Paolo Martinuzzi, Sphère, 2000, verre soufflé, gravé à la pointe
3- QUELQUES ARTISTES DE L’EXPOSITION
MICHELE PEROZENI
Née en 1945 en France Vit et travaille en France http://michele.perozeni.com/
Michèle Pérozeni a d’abord étudié la céramique avant d’obtenir un diplôme de verre à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. Elle sera lauréate du Prix Théophile Schuler de la Société des Amis des Arts et des musées puis
sélectionnée pour l’International Exhibition of Glass, Kanazawa 88.
Cette artiste se consacre à l’enseignement du verre dans le même établissement qui l’a formée.
Ses oeuvres, très structurées, semblent en apesanteur dans le temps et l’espace. Leur blancheur mousseuse proche du tulle flotte entre le réel et l’imaginaire.
L’œuvre : La métamorphose des blancs, 2004 L’univers minéral est au coeur du travail de Michèle Pérozéni, artiste à la recherche de matières palpables et diluées, de mouvements éphémères et fugaces. Cette sculpture diaphane, ambiguë, évoque bien ce monde fossile d’eau gelée. Très structurée et issue de la technique du moulage avec de petits morceaux de verre concassés, elle offre paradoxalement une sensation d’apesanteur, de flou, d’enroulements délicats et de déchirures subtiles. Michèle Pérozéni évolue ici dans un courant relativement récent des arts du feu qui s’intéresse aux propriétés internes de la matière et de ses mutations.
Ce qu’elle cherche à capter, c’est en effet avant tout le processus changeant du verre qui se transforme
chimiquement. La métamorphose des blancs est, au-delà de l’évocation minérale, une invitation à méditer sur la couleur blanche, à la fois minimale, subtile et infiniment
changeante.
BARBARA IDZIKOWSKA
Née en 1962 en Pologne Vit et travaille en Pologne
www.verreonline.fr/v_arti/idzikowska.php
Barbara Idzikowska est diplômée de l’Académie des Beaux- Arts de Wroclaw (Pologne), département de la céramique et du verre, atelier de vitrail dirigé par Anna Skibska. Elle est récompensée en 1999 par le prix Jutta Cuny-Franz (Glass Museum Hentrich, Düsseldorf, Allemagne). En 2004, elle est invitée en résidence d’artiste à l’Atelier départemental du verre à Sars-Poteries. Elle aime évoquer des silhouettes féminines sur le verre plat transparent grâce à l’encre noire et à des traits gravés. Les différents panneaux mis en relation évoquent une chorégraphie sensuelle, faite de sauts, d’élans, de chutes qui ressemble à s’y méprendre à la vie.
L’œuvre : Simply Woman, 2004
Cette pièce est issue d’une série de petits tableaux
suspendus intitulée « Simply women ». Elle témoigne de la passion de l’artiste pour la représentation de la femme à Barbara Idzikowska, Simply Woman,
2004, verre découpé fusionné, émaillé, gravé, sablé
Œuvre de résidence
Michèle Perozeni, La métamorphose des blancs, 2004, pâte de verre
certains instants de la vie. Le nu féminin, renouvelé ici dans une spontanéité et un dynamisme propre à l’artiste,
s’exprime dans son langage personnel.
Le personnage, croqué avec souplesse, délicatesse et sensibilité, apparaît seul et en mouvement, vivant l’étape d’une histoire : celle d’être simplement une femme. La silhouette naît sur le verre incolore et prend une forme visible grâce à l’émail noir. Les traits gravés jouent avec la transparence du verre et les ombres, en se projetant sur le mur, contribuent à donner un véritable mouvement au personnage. Cette oeuvre montre l’intérêt de l’artiste pour la vie et la condition humaine, dans un souci de grande clarté et de simplicité où le graphisme et l’importance du trait noir prennent leur pleine dimension.
ANNA SKIBSKA
Née en 1959 en Pologne Vit et travaille aux Etats-Unis www.annaskibska.com/
Anna Skibska a obtenu son diplôme en peinture, design du verre et art graphique à l’Académie des Arts de Wroclaw (Pologne). Elle obtient le prix Jutta Cuny-Frantz en 1995.
Ses œuvres traduisent un état placé entre le tangible et l’imperceptible, entre la lumière et l’ombre, référence symbolique à la vie et à la mort.
L’oeuvre : Sans titre, 2007
Anna Skibska réalise ses délicates oeuvres suspendues dans les airs grâce à la technique du verre filé au chalumeau, pour laquelle elle demeure une référence mondiale. Elle construit patiemment et méticuleusement un réseau
labyrinthique de filaments de verre transparent qui finissent par tisser une sculpture monumentale. Au croisement de la mythologie, des références bibliques et du monde présent, ses oeuvres traduisent la dualité symbolique entre la lumière et les ombres : « La lumière est l’élément le plus important dans la vie, dans le noir, il est impossible de voir la beauté. La lumière et l’ombre jouent un rôle dans la conception et dans la perception de la sculpture. Derrière ce que l’on voit, il y a une référence symbolique à la vie et à la mort, à l’ambiguïté de ces moments dans le temps, et le temps comme éternité entre les réalités intérieures et extérieures, dans le drame des formes ouvertes et creuses…
toujours dessinées par la lumière et l’obscurité. »
JOSEPHA GASCH-MUCHE Née en 1944 en Allemagne Vit et travaille en Allemagne www.josephagaschmuche.com/
Josepha Gasch-Muche a étudié d’abord le dessin de 1974 à 1980 auprès de Gunter Swiderski à Saarbrück (Allemagne) puis la gravure en 1982 à l’Akademia für Bildende Kunst à Trêve (Allemagne) et enfin la peinture de 1980 à 1983 de nouveau à Saarbrück. Josepha Gasch-Muche découvre le verre à la fin des années 90. Elle a été lauréate du Coburger Glaspreis et finaliste du Bombay Sapphire Prize (Londres) en 2006 avant d’obtenir le Silver Prize à Kanazawa (Japon).
Anna Skibska, Sans titre, 2007, verre filé au chalumeau
Nouvelle acquisition 2007
L’œuvre : Sans titre, 2007
L’effet optique surprenant de cette œuvre est lié à la technique originale utilisée par l’artiste. Elle utilise un verre très fin (entre 0.03 et moins d’1 mm d’épaisseur), qu’elle broie en très petits morceaux avant de les assembler sur des tableaux carrés ou des cubes recouverts de peinture blanche ou noire. L’alignement directionnel des tessons donne un effet de tridimensionnalité et une impression de mouvement. Selon l’angle de vue, une image évolutive apparaît en positif ou en négatif, projetant des éclats de lumière tantôt blancs, métalliques ou argentés. L’artiste utilise des formes géométriques simples (carré, cube, losange) qui mettent en avant la lumière, élément central de ses œuvres, dont elle utilise les propriétés de réflexion et de réfraction. Ces œuvres sont fascinantes et ambiguës : de loin la surface perçue apparaît moelleuse et douce,
provoquant un irrésistible attrait, mais en se rapprochant on découvre le tranchant acéré des centaines de morceaux de verre hérissés imposant une prudente mise à distance. Le travail de Josepha Gasch-Muche peut être rapproché de celui des artistes du groupe Zero dont la doctrine encourageait la création d’œuvres mobiles, en
transformation permanente par le biais de la lumière et du mouvement.
DAVID REEKIE
Né en 1947 au Royaume Uni Vit et travaille au Royaume Uni
David Reekie a étudié le verre au Stourbridge College of Art
& Design. Il a enseigné le verre au North Staffordshire Polytechnic et dans divers endroits dont l’atelier
départemental du verre du verre à Sars-Poteries. En 1998, sa candidature est retenue pour le Jerwood Prize for Glass.
Son œuvre est une caricature du genre humain, source d’inspiration inépuisable.
L’œuvre : Different people I, 2007
L’utilisation du noir et blanc dans cette œuvre de David Reekie sert clairement à affirmer le contraste apparent entre les deux protagonistes. David Reekie explique que notre monde se compose de personnes différentes, indépendamment de la forme, de la taille ou de la couleur.
Nous sommes pourtant tous les mêmes et composons des mythes et des illusions pour marquer les différences entre nous. Nous cherchons en effet les différences là où il n’y en a pas et essayons d’établir des contrastes quand il n’y en a aucun à faire. Mais l’artiste nous met en garde : « Peu importe la façon dont vous essayez de tordre ou de déformer la figure humaine, de nous élever ou de nous dénigrer, sous la peau, nous sommes tous identiques ».
David Reekie livre également un message plus spécifique à travers ces deux personnages en faisant référence aux guerres d’Irak, d’Afghanistan et à toutes les religions et différences sociales qui règnent entre l’Est et l’Ouest. Le sentiment de domination existe-t-il réellement dans cette œuvre, s’interroge l’artiste ? Ou s’agit-il simplement d’une entente entre les deux figurines en dépit de leur différence ?
Josepha Gasch-Muche, Sans titre, 2007, tessons de verre plat, panneaux de bois peint
Nouvelle acquisition 2007
David Reekie, Different people I, 2007, pâte de verre Nouvelle acquisition 2007
MATEI NEGREANU Né en 1941 en Roumanie Vit et travaille en France
www.verreonline.fr/v_arti/negreanu.php
Matei Negreanu a obtenu son diplôme de l’école des beaux- arts à Bucarest (Roumanie) en 1972. Il a évolué ensuite rapidement dans le milieu artistique roumain. C’est en 1981, à 40 ans, qu’il s’est décidé à venir en France, las du contrôle du pouvoir sur le monde artistique. Très rapidement
remarqué pour ses « vagues » ondoyantes en verre à vitre sablé, il a développé ensuite son travail en y apportant du plomb et en guidant la lumière dans des gros blocs de verre optique, ou en travaillant la pâte de verre lors de sa
résidence d’artiste à Sars-Poteries en 1999.
L’œuvre : Sans titre (Lignes de silence), 1999 Après sa série des Vagues, des Aiguilles lentes puis des Maisons, Matei Negreanu réalise, lors de sa résidence à Sars-Poteries en 1999, la série des Lignes de silence, constructions architecturales abstraites et géométriques en noir et blanc. Cette série confirme la ligne directrice de son travail, l’architecture, « mère de tous les arts ». Les formes et les lignes sont simples, au service d’une construction originale et complexe. Le blanc et le gris ardoise
rassemblent des tensions contraires, l’opacité de la pâte de verre blanche s’oppose à la matité sombre du support.
L’ensemble évoque une cité à la fois futuriste et
intemporelle, dont les lignes pures évoquent une ambiance sourde et silencieuse comme sous un manteau de neige.
Une atmosphère de paix mais aussi de chaleur voulue par l’artiste, qu’il réussit à évoquer grâce à la blancheur cotonneuse de la pâte de verre, malgré la certaine rigueur apparente de l’ensemble.
Matei Negreanu, Ligne de silence, 1999, Pâte de verre, contreplaqué peint.
Œuvre de résidence
4. LES PISTES PEDAGOGIQUES
Pour une approche autonome :
Afin de donner à l’enseignant les informations nécessaires pour aborder de façon autonome les artistes et les œuvres avec ses élèves, le service culturel et éducatif a mis en place une mallette documentaire autour de l’exposition (en prêt gratuit pendant un mois). Cette dernière est constituée de pochettes dont une première est consacrée à l’exposition (exemplaire du catalogue de l’exposition, fiches plastifiées avec visuels des œuvres) et une seconde dédiée aux artistes contenant un exemplaire du catalogue monographique édité suite à leur résidence à l’atelier départemental du verre.
Pour une approche accompagnée :
Le service culturel et éducatif propose aux enseignants des visites commentées de l’exposition pour tous les niveaux et des ateliers pédagogiques du niveau maternel jusqu’à début collège en complément de la visite de l’exposition.
Pour les lycées, des visites approfondies de l’exposition sont proposées aux élèves.
Voir ci-dessous.
Les ateliers pédagogiques sont proposés aux classes pour des enfants à partir de 4 ans. Ils ont pour objectif de sensibiliser les élèves au thème de l’exposition et à sa problématique par une approche plastique des oeuvres.
D’une durée d’1h ou 2h selon les niveaux, les ateliers pédagogiques sont animés par les médiatrices du musée.
Conditions : Les ateliers autour de l’exposition Noir & Blanc sont à destination de 30 enfants maximum.
Une médiatrice pour 15 enfants soit 2 guides pour une classe de 30 élèves.
Pour les renseignements pratiques : se référer en fin de dossier
- Noir sur blanc ou blanc sur noir ? - 4/6 ans
A travers la découverte des œuvres de l’exposition, l’atelier proposé pour des enfants de 4 à 6 ans a pour but de travailler sur le contraste.
Durée : 1h
Matériel fourni : feuilles A4 noires et blanches, colle
Déroulement de l’animation : Phase 1 :
Lors de la visite de l’exposition, la médiatrice s’attardera sur l’idée du noir et du blanc et leur symbolique et abordera la notion de contraste.
Phase 2 :
Au sein de l’espace atelier, les enfants devront associer des éléments noirs sur fond blanc et des éléments blancs sur fond noir afin de visualiser les contrastes possibles.
Phase 4 :
Une discussion sera menée avec les enfants où ils pourront commenter les différents effets de contraste.
Objectifs
- Confrontation aux œuvres et découverte de différents artistes - Verbalisation
Jean-Pierre Umbdenstock, Flaconsigne, 1999, verre soufflé, sablé, émaillé
- Créativité, imagination
- Perception des couleurs et des matières - Idée de contraste
Pistes pour l’enseignant La symbolique du noir et du blanc Le contraste
Les ombres et la lumière
- Registre d’écriture – 7/10 ans
Cet atelier, destiné aux enfants de 7 à 10 ans, a pour but d’aborder l’écriture et les symboles graphiques, tout en y associant le noir, le blanc et ses contrastes.
Durée : 2h
Matériel fourni : feuilles A4 noires, peinture blanche et noire
Déroulement de l’animation : Phase 1 :
Lors de la visite de l’exposition, la médiatrice présentera les diverses œuvres en insistant sur le jeu du noir et du blanc.
Puis elle s’attardera sur les œuvres qui traitent du graphisme et de l’écriture.
Phase 2 :
Au sein de l’espace atelier, les élèves élaboreront une recherche graphique autour de la lettre et du mot.
Phase 3 :
Les élèves traceront sous forme de registre leur « écriture – symbole » tout en y associant un dégradé de noir et de blanc.
Objectifs
- Confrontation aux œuvres et découverte de différents artistes - Verbalisation
- Créativité, imagination - recherche graphique
- Mélange des couleurs et dégradés
Pistes pour l’enseignant La calligraphie
Les dégradés de couleurs L’écriture dans l’art Travail en registre
- Lumière, reflet et transparence – 7/10 ans
Cet atelier, destiné aux enfants de 7 à 10 ans, a pour but de jouer autour de la lumière, de ses reflets et de l’ombre.
Durée : 2h
Matériel fourni : divers papiers transparents, feutres noirs
Déroulement de l’animation : Phase 1 :
Lors de la visite de l’exposition, la médiatrice présentera les différentes œuvres en insistant sur les effets de
transparence et de lumière.
Phase 2 :
Au sein de l’espace atelier, les élèves travailleront sur un support transparent pour élaborer un décor d’ombre, puis
un décor lumière qu’ils pourront assombrir par superposition de papiers transparents.
Phase 3 :
Le décor ombre et le décor lumière serviront alors d’outils pour expérimenter le reflet à l’aide d’un faisceau lumineux afin de construire un espace différent perceptible par la lumière, l’ombre ou la couleur.
Phase 4 :
Discussion autour des expériences réalisées.
Objectifs
- Confrontation aux œuvres et découverte de différents artistes - Verbalisation
- Créativité, imagination
- Perception de la lumière à travers les couleurs
Pistes pour l’enseignant Le clair-obscur
Le prisme de couleurs La symbolique des couleurs
- Transparence et cinétisme – 10/12 ans
Cet atelier, destiné aux élèves à partir de 10 ans, aborde le cinétisme et son fonctionnement
Durée : 2h
Matériel fourni : papiers transparents, feutres noirs
Déroulement de l’animation : Phase 1 :
Après une première découverte de l’exposition, la médiatrice s’attardera sur les effets optiques de certaines oeuvres.
Phase 2 :
Au sein de l’espace atelier une approche historique de l’Art cinétique et de l’Op Art permettra d’en comprendre les mécanismes.
Phase 3 :
Après avoir défini les diverses formes géométriques qui peuvent contribuer au phénomène du cinétisme, l’élève réalisera des petits formats et les expérimentera afin de jouer avec le dessin et le mouvement.
Objectifs
- Confrontation aux œuvres et découverte de différents artistes - Verbalisation
- Créativité, imagination
- compréhension du mouvement par le dessin Pistes pour l’enseignant
L’Art cinétique et l’Op Art
5- LA BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE
Les ouvrages précédés d’un astérisque * sont consultables à la documentation du musée.
AUTOUR DU NOIR ET DU BLANC
* Michel Pastoureau, Noir : Histoire d'une couleur, Seuil, 2008
* Gérard-Georges Lemaire, Le Noir, Hazan, 2005
Le noir est une couleur, catalogue de l’exposition, Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, 2006 www.fondation-maeght.com/lenoir/index.html Annie Mollard-Desfour, Le dictionnaire des mots et expressions de couleur XXe-XXIe siècle : Le Noir, collection : dictionnaires, CNRS, 2005
* Annie Mollard-Desfour, Le Blanc : Dictionnaire de la couleur, mots et expressions d'aujourd'hui (XXe-XXIe siècles), collection : DICTIONNAIRE, CNRS, 2008
Georges-François Rey et Michel Pastoureau, Envies de blanc, collection : pratique, Albin Michel, 2006
* John Gage, Couleur & Culture. Usages et significations de la couleur de l’Antiquité à l’abstraction, Thames & Hudson, 2008
_OUVRAGES JEUNE PUBLIC :
Noir, revue Dada, n°106, Mango, décembre 2004 Blanc !, revue Dada, n°97, Mango, décembre 2003 L’OMBRE ET LE NOCTURNE
E.H. Gombrich, Ombres portées, leur représentation dans l’art occidental, collection : Art et Artistes, Gallimard, 1996
Michael Baxandall, Ombres et lumières, Paris, collection : Bibliothèque illustrée des histoires, Gallimard, 1999
Victor I. Stoichita, Brève histoire de l'ombre, collection : Titre Courant, Droz, Genève, 2000
Junichirô Tanizaki, L'éloge de l'ombre, Pof – Publications, 2001
Roberto Casati, La Découverte de l'ombre : De Platon à Galilée, une énigme qui a fasciné tous les grands penseurs de l'humanité, Albin Michel, 2002
Max Milner, L'envers du visible : Essai sur l'ombre, Seuil, 2005
Jean-Claude BOYER, Paulette Choné, Richard-E Spear, Irving Lavin, L’âge d’or du nocturne, collection : Art et Artistes, Gallimard, 2001
Perrin & Perrin, Des suites du 3 octobre, 2001, pâte de verre Œuvre de résidence
Paulette Choné, L'atelier des nuits : imaginaires européens, Presses universitaires de Nancy, 1992 _OUVRAGES ET SITES INTERNET JEUNE PUBLIC :
L'ombre en peinture : la part obscure de l’illusion, TDC-Textes et documents pour la classe, n°760, du 15 au 30 septembre 1998
L’expérience de l’art : Ombres, projet pédagogique par les IEN de Mulhouse et Les Ateliers Pédagogiques d'Arts Plastiques de la Ville de Mulhouse : www.crdp-
strasbourg.fr/cddp68/experience/ombres/index.htm L’ombre à la portée des enfants, exposition à la Cité des Sciences, Paris en 2006 : www.cite-sciences.fr/ombre Ombres et Lumières/Rêves d'ombre, exposition à la Galerie des Enfants, Pompidou en 2006 : www.cnac- gp.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/E18B31C2490078 64C1256F720039F15B?OpenDocument&sessionM=2.2.1&L=
1
AUTOUR DES ARTISTES DE LA COLLECTION
* Giampaolo Amoruso, catalogue de l’exposition, musée- atelier départemental du verre, Sars-Poteries, 2003
* Joan Crous : Cenae 9 : l’Alchimie du verre, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars- Poteries, 2008
* Vincent Van Ginneke, Sculptures, catalogue de
l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars- Poteries, 1999
* Mieke Groot, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars-Poteries, 1997
* Barbara Idzikowska, Get Stankiewicz, Dessins et transparences, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars-Poteries, 2004
* Matei Negreanu, Lignes de silence, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars- Poteries, 2000
* Perrin & Perrin, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars-Poteries, 2002
* William Velasquez, Totalidad, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars-Poteries, 2006
* Colin Rennie, Views of order, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars-Poteries, 2006
* Jean-Pierre Umbdenstock, Crossover, catalogue de l’exposition, musée-atelier départemental du verre, Sars- Poteries, 2003
Les vidéos réalisées dans le cadre de leurs résidences à l’atelier départemental du verre sont en ligne sur le site du Conseil Général du Nord :
www.cg59.fr/frontoffice/WebTv.aspx?IdVideo=28&IdTheme=3 LA DOCUMENTATION DU MUSEE_
Le centre de documentation du musée est spécialisé dans l’art du verre contemporain.
De nombreux ouvrages, dossiers et documents sur le thème et les artistes de l’exposition, entre autres certains cités dans cette bibliographie, sont consultables sur place sur rendez-vous préalable.
Contact : Nathalie Painchart au 03 27 61 61 44
Vincent van Ginneke, Sans titre, 1999, pâte de verre
Œuvre de résidence
6- L’ACTUALITE DU MUSEE
AUTOUR DE L’EXPOSITION _PUBLIC INDIVIDUEL
Visites commentées de l’exposition, les lundis, jeudis et dimanches à 11h et 16h
_JEUNE PUBLIC
- Le super atelier : Tout est histoire de contraste(s) ! Atelier de pratiques artistiques pour les 6-12 ans
Les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 16h pendant les vacances scolaires de Noël
En prenant appui sur les œuvres et thèmes proposés dans l’exposition, les enfants seront amenés à expérimenter le contraste et les effets de clair-obscur et d’illusions optiques que suscitent le noir et le blanc, par l’usage de techniques artistiques particulières telles que l’encre de chine ou la linogravure.
- Les vidéos-coussins : Contes et fables de Lotte Reiniger - En partenariat avec le Goethe Institut de Lille
Programmation vidéo pour les 6-12 ans suivi d’un atelier de pratiques artistiques autour des films d’animation de Lotte Reiniger : Contes et fables
Les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 16h pendant les vacances scolaires de Février
Charlotte (Lotte) Reiniger est un précurseur dans
l’avènement du film d’animation. A partir des années 20, elle réalise des courts-métrages entièrement conçus de silhouettes de papiers découpées. Les contes et la musique constituent la principale source d’inspiration de ces films.
Cendrillon, le Chat Botté ou encore La petite poucette sont quelques-uns de ces personnages imaginaires et
fantastiques que les enfants sont invités à découvrir lors de ce premier rdv des vidéos-coussins. Une visite magique de l’exposition autour des figures et des formes cachées dans les œuvres se poursuivra par la découverte des êtres merveilleux de Lotte Reiniger. Un petit atelier de pratiques artistiques autour du papier découpé et des ombres chinoises clôturera le rendez-vous.
LES ŒUVRES DU MUSEE EN CHANTIER : CHANTIER DES COLLECTIONS
Le musée départemental du verre a débuté en juin dernier et pour une période de 6 mois un chantier des collections en prévision du déménagement des œuvres dans les locaux du futur musée. Ce vaste programme concerne l'ensemble de sa collection riche de quelques milliers de bousillés et près de 500 oeuvres contemporaines, permettant ainsi une étude précise des oeuvres ainsi qu'un dépoussièrage, marquage et une éventuelle restauration. Une médiation particulière a été mise en place afin de vous faire partager cet événement.
Visible dans la salle des bousillés jusqu’à fin janvier
7- LE MUSEE-ATELIER DEPARTEMENTAL DU VERRE Le musée-atelier départemental du Verre à Sars-Poteries est une structure double (musée et atelier), gérée par le Conseil Général du Nord qui a pour vocation la diffusion et le
soutien de la création contemporaine en verre.
La diffusion auprès d’un large public
Le musée dispose de salles d’exposition permanente pour présenter ses collections de « bousillés » et de sculptures contemporaines. Il conserve également un espace d’exposition temporaire qui accueille des expositions thématiques ou monographiques consacrées au verre contemporain.
Le soutien à la création verrière contemporaine
L’atelier accueille des artistes pour des résidences de deux mois, une à deux fois par an. Suite à chaque résidence une exposition temporaire monographique est mise en place afin de présenter les œuvres produites durant ce temps de création.
Dans le cadre de l’Université du Verre, l’atelier organise des stages animés par des artistes de renommée internationale.
Par ailleurs, il met son équipement à disposition des
créateurs par le biais de location des espaces et du matériel.
La politique d’acquisition du musée couvre l’ensemble de la création actuelle en accordant une part non négligeable à la nouvelle génération des artistes utilisant le verre.
Dans l’ensemble des missions de service public dévolues à cette structure départementale, Musée et Atelier
apparaissent comme deux éléments complémentaires qui confortent leurs actions. Ils permettent à chacun, suivant sa curiosité et son investissement, de découvrir les formes de la création contemporaine en verre, de les apprécier le temps d’une visite ou d’une lecture, de les pratiquer au cours d’un stage et même d’expérimenter dans les conditions privilégiées d’une résidence d’artiste.
Le musée
1967 : grand succès de l’exposition de bousillés présentée dans l’ancienne maison du patron des Verreries réunies de Sars-Poteries. Le Musée du Verre est créé.
1982 : premières acquisitions de verre contemporain 1994 : la gestion du musée-atelier est assurée par le Conseil Général du Nord
Les collections de « bousillés »
Entre 1802 et 1937, le village de Sars-Poteries a vu sa population se développer considérablement grâce à
l’implantation de deux verreries produisant de la gobeleterie et employant jusqu’à 800 employés.
Dans un contexte de production industrielle, et dans des conditions de travail pénibles, certains ouvriers utilisaient les temps de pause afin de fabriquer, à leur goût, des objets pour leur usage personnel. Ces pièces uniques, résultant de la création des meilleurs ouvriers des verreries, étaient appelées des « bousillés », terme volontairement péjoratif Ensemble de Bousillés, fin XIXème-
début XXème siècle
Jean-Pierre Umbdenstock, Récit des marrons malmutés I, 2002, verre moulé, métal
Œuvre de résidence
pour détourner l’attention du patron de cette activité en marge de la production.
À l’origine du musée se trouve l’initiative de Louis MERIAUX, désirant réaliser une exposition des bousillés conservés par la plupart des Sarséens en souvenir de leurs aïeux.
L’exposition faisant succès, l’installation d’un musée est envisagée au sein du château Imbert, ancien patron des verreries. Mais bientôt, Louis Mériaux s’intéressera à l’art contemporain.
Les collections de verre contemporain
En 1982, alors qu’à Paris, le Musée des Arts Décoratifs présente l’exposition « New Glass » du musée de Corning (U.S.A.), Louis Mériaux organise le premier Symposium International du Verre Contemporain en France.
Cette manifestation permet de confronter les réflexions d’artistes internationaux dont Howard BEN TRE (USA), Ales VASICEK (CZ), Willi PISTOR (RFA), Willem HEESEN (NL) ou encore Josef TOMECKO (CZ). Au nombre des artistes qui ont participé au montage de cette manifestation nous comptons les français Claude MORIN, Claude et Isabelle MONOD, ainsi que Yan ZORITCHAK et les hollandais Durk et Sybren VALKEMA.
Elle provoque alors un grand retentissement auprès de la jeune génération des artistes français qui commencent à produire leurs premières œuvres au début des années 80.
Les œuvres produites ou apportées à Sars-Poteries à l’occasion de ce premier Symposium constituent le premier ensemble de pièces de la collection de verre contemporain.
Par la suite, les dons et les achats se multiplient avec, depuis la départementalisation en 1994, les moyens d’une véritable politique d’acquisition des œuvres représentatives de l’art du verre au plan international.
Actuellement, le musée-atelier du Verre possède une des plus importantes collections en France, d’œuvres
contemporaines en verre.
L’atelier
1976 : ouverture d’un atelier du verre dans une ancienne grange du village
1986 : premières universités d’été (glass workshops) 1994 : la gestion du musée-atelier est assurée par le Département du Nord
1995 : premières Résidences d’artistes
2001 : ouverture du nouvel atelier dans un bâtiment neuf
En vingt-cinq ans d’activité, l’atelier a parfois permis à certains artistes de découvrir le verre en suivant quelques stages des universités d’été. Certains anciens stagiaires se révélant plein de promesses ont été invités à confirmer leur créativité au cours d’une Résidence d’artiste. Plus tard, la valeur artistique de leur travail leur ayant conféré une certaine notoriété, ils ont pu encadrer un ou plusieurs stages en titre d’artiste-intervenant.
Massimo Micheluzzi, Pirogue, 2000, murrines fusionnées, thermoformées, battuto
L’Université du Verre
Dès sa création, l’atelier a eu une vocation de formation et d’échange. Tout d’abord, ce furent les anciens ouvriers des verreries qui montrèrent leur savoir-faire aux jeunes générations intéressées par ce matériau.
Mais rapidement, l’atelier a reçu de jeunes artistes autant à la recherche d’un lieu pour expérimenter, que d’un lieu pour apprendre et rencontrer d’autres artistes. Le Symposium International du Verre qui s’est tenu à Sars-Poteries en 1982 marque un tournant dans la fonction de l’atelier qui devient alors un véritable lieu consacré à la création contemporaine.
À partir de 1986, les artistes internationaux interviennent pour des stages d’initiation ou de perfectionnement d’une technique (verre soufflé, fusing, thermoformage, chalumeau ou pâte de verre, …). Ils communiquent autant leur
connaissance technique que leur expérience d’artiste et apportent la culture et les pratiques d’autres pays.
Les résidences d’artistes
Chaque année depuis 1995, l’Atelier départemental du Verre accueille une à deux résidences d’artistes d’une durée de deux mois.
Outre la mise à disposition de l’atelier avec ses moyens techniques (machines et matériaux), la convention qui lie l’artiste au Département du Nord (musée-atelier du Verre) prévoit sa rémunération, son logement et ses déplacements.
Dans les conditions fixées par avance, l’artiste a toute liberté pour créer un ensemble de pièces qui sera présenté dans une exposition de trois mois au musée et fera l’objet d’un catalogue édité à 1 000 exemplaires. De chaque résidence, le musée conserve une ou plusieurs œuvres présentées parmi les collections de verre contemporain.
L’artiste est sélectionné d’après son projet artistique. Les résidences interviennent toujours dans la carrière artistique d’un artiste comme un moment fort, parfois un tournant.
Pour ne retenir que deux exemples : Matei NEGREANU, artiste de renommée internationale qui vient à Sars-Poteries pour s’exprimer dans une nouvelle technique, la pâte de verre, lui permettant de proposer de nouvelles formes ou Eva ENGSTRÖM et Camilla CASTER qui décident qu’avec leur résidence, elles franchiront le pas d’arrêter toute activité de production pour se consacrer pleinement à la création.
Avec les résidences, le musée-atelier départemental du Verre se donne pour mission de favoriser la création artistique en verre soit en faisant émerger de jeunes artistes, soit en fournissant les moyens techniques de nouvelles recherches pour des artistes confirmés.
Anna Dickinson, Sans titre (vase), 1995, verre soufflé, cuivre
Les locations de l’atelier
Elles permettent à tous ceux qui ont une pratique confirmée de disposer d’un atelier équipé pour traiter toutes les techniques du travail du verre à chaud ainsi qu’à froid. Le service technique assure la surveillance et la mise en état de marche des machines. La location fait l’objet d’un contrat de mise à disposition de l’ensemble des espaces ou de chaque espace ou matériel séparément.
Mieke Groot, Vase, 1997, verre soufflé, émaillé
Œuvre de résidence Photo : Ron Zijlstra
8- LES INFORMATIONS PRATIQUES
Horaires/adresse
musée-atelier départemental du verre 1 rue du Général de Gaulle – BP2
59216 SARS-POTERIES
Tel : 03 27 61 61 44 - Fax : 03 27 61 65 64 – Réservation au 03 27 59 51 05
e-mail : [email protected]
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Fermé les : 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
Accès
Par la route : axe Paris-Bruxelles (N2) entre Avesnes-sur- Helpe et Maubeuge
Par le train : gare d’Aulnoye (17 km) ou Maubeuge (20 km) Paris : 230 km – Bruxelles : 100 km – Lille : 100 km
Possibilité de parking pour les bus
Possibilité pour les classes de se restaurer sur place en profitant de la cantine scolaire (pique-nique sorti du sac). Pour l’installation des tables et chaises, prévenir la mairie au 03 27 61 62 47
Tarifs
Droit d’entrée
Tarif plein : 3 € - Tarif réduit : 1,50 €
Gratuité de l’entrée pour les moins de 18 ans et pour tous le 1er dimanche du mois
Les visites guidées
En groupe : adultes : 40 € pour 1h (maxi 25 pers par guide) Enfants : 30 € (maxi 30 enfants par guide)
Les visites guidées en groupe sont accessibles uniquement sur réservation.
En individuel : adultes : 2 € + droit d’entrée Enfants : 2 €
Les ateliers pédagogiques (visite+atelier thématique) Atelier de 1h (niveau maternelle) : 30 € pour 30 élèves Atelier de 2h (niveau primaire et début collège) : 50 € pour 30 élèves
Les ateliers sont accessibles aux enfants de 4 à 12 ans uniquement sur réservation.
La mallette documentaire : en prêt gratuit pour une durée d’1 mois max. A réserver au préalable auprès du service réservation.
Réservation, information et tarifs : contact : Anne- Sophie Hallard au 03 27 59 51 05 ou [email protected]
L’EQUIPE DU SERVICE CULTUREL ET EDUCATIF Responsable du service : Alice Cornier, [email protected] Médiatrices : Perrine Blanchard, Cécile Charniaux, Pierrette Syllebranque, Cendrine Thibaud et Cécile Viéville
Toutes les photos de ce document (sauf mention contraire) : Paul Louis
Si vous souhaitez être tenu informé de l’actualité du musée et des actions du service culturel et éducatif, n’hésitez pas à nous laisser vos coordonnées mail et postales.