• Aucun résultat trouvé

G10302. La baguette cass´ee

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "G10302. La baguette cass´ee"

Copied!
3
0
0

Texte intégral

(1)

G10302. La baguette cass´ ee

Une baguette de longueur 1 s’est cass´ee accidentellement en 4 morceaux (les points de cassure se r´epartissent au hasard sur la longueur de la ba- guette, ind´ependamment les uns des autres).

a) Quelle est la probabilit´e de pouvoir former un quadrilat`ere avec ces quatre morceaux ? G´en´eraliser au cas den morceaux pour qu’ils puissent former un polygone `ancˆot´es.

b) Quelle est la probabilit´e de pouvoir former un triangle avec trois de ces morceaux pris au hasard ?

c) Quelle est la probabilit´e de pouvoir former un triangle avec trois des quatre morceaux, en les choisissant bien ?

Solution

a) Le seul cas d’impossibilit´e est celui o`u le plus grand morceau est plus long que les 3 autres mis bout `a bout ; sa longueur est alors>1/2.

Pour en ´evaluer la probabilit´e, la premi`ere solution propos´ee ´etait la sui- vante.

On peut repr´esenter les longueurs des morceaux (de somme 1) par les distances d’un point aux faces d’un t´etra`edre r´egulier de hauteur 1. Le point repr´esentatif est l’intersection des plans parall`eles aux faces coupant les hauteurs dans la mˆeme proportion que les cassures de la baguette ; la probabilit´e de pr´esence du point dans une r´egion du t´etra`edre est ainsi proportionnelle `a son volume.

La partie du t´etra`edre o`u il y a impossibilit´e est constitu´ee par les 4 t´etra`edres de hauteur 1/2, homoth´etiques du t´etra`edre initial par des ho- moth´eties de rapport 1/2 avec les sommets du t´etra`edre pour centre. Ils totalisent la fraction 4/8 = 1/2 du volume du t´etra`edre de hauteur 1.

Il y a donc probabilit´e 1−1/2 = 1/2 que l’on puisse former le quadrilat`ere.

Avec nmorceaux, on raisonne de mˆeme avec un polytope r´egulier de hau- teur 1 dans l’espace Rn−1; la probabilit´e d’impossibilit´e est n/2n−1, et la probabilit´e de pouvoir former le polygone est 1−n/2n−1.

En r´ealit´e, la conclusion est correcte, mais le raisonnement ne l’est pas si n > 3 : la r´epartition au hasard des points de cassure ne donne nulle- ment une densit´e de probabilit´e uniforme au point repr´esentatif ayant les longueurs de morceaux pour distances aux faces d’un t´etra`edre.

Ce qui rend cette erreur moins apparente est qu’elle donne le r´esultat correct pour la probabilit´e de former un polygone ferm´e utilisant la totalit´e des morceaux.

Un raisonnement correct s’appuie sur une bijection entre les points de cas- sure d’une baguette unit´e ayant un morceau>1/2 et ceux d’une baguette de longueur 1/2 : pour quen−1 points de cassure se concentrent sur une longueur 1/2, la probabilit´e est 21−n. Il y a ensuiten fa¸cons de choisir le morceau qui ´etait le morceau de longueur>1/2 de la baguette unit´e.

b) Avec 3 morceaux pris au hasard, on est dans le casn= 3 de la question pr´ec´edente (le polytope r´egulier est un triangle ´equilat´eral), et la probabi- lit´e est 1/4, tout comme dans le probl`eme G10189.

Dans le cas de 3 morceaux, le point repr´esentatif M dans le triangle

´equilat´eral (th´eor`eme de Viviani) a une densit´e de probabilit´e uniforme. Il y a deux abscisses de cassure, x ety, et je me place dans la moiti´e x < y du carr´e unit´e. Dans le triangle ´equilat´eralABCde hauteur 1, on aura par exemplexdistance de M `aBC, 1−ydistance de M `aAB. Un rectangle

´el´ementairedx.dydu carr´e unit´e a pour image un parall´elogramme de cˆot´es 2dx/

3 et 2dy/

3, avec des anglesπ/3 et 2π/3. L’aire du parall´elogramme

´el´ementaire est 2dx.dy/

3, soit le produit de l’aire du triangle (1/ 3) par la probabilit´e 2dx.dy. Mais cette propri´et´e de densit´e uniforme ne vaut pas pourn >3.

c) Pour cette question particuli`erement d´elicate, la premi`ere solution pro- pos´ee ´etait la suivante.

Pour chacun des choix des 3 morceaux parmi 4, la probabilit´e de ne pas pouvoir former de triangle est 3/4 (cf. question pr´ec´edente). Si cela se r´ep`ete pour les 4 choix, la probabilit´e est (3/4)4 = 81/256 et il reste la probabilit´e 175/256 de pouvoir former un triangle avec l’un des choix.

1

(2)

Cette solution serait correcte si les diverses ´eventualit´es (impossibilit´e de former un triangle avec un des 4 trios de morceaux) ´etaient ind´ependantes.

Ce n’est pas le cas ; une indication (qualitative) dans ce sens consiste `a ob- server que, si deux trios permettent de former un triangle, c’est notamment quand il n’y a pas de grosse disparit´e dans les longueurs des 4 morceaux et il y a plus de chances que les deux autres trios permettent aussi de former des triangles : les ´eventualit´es favorables se renforcent entre elles ; de mˆeme, les ´eventualit´es d´efavorables se renforcent entre elles et la pro- babilit´e 81/256 est sous-estim´ee.

Face `a cette faille de raisonnement, une seconde solution ´etait propos´ee sous la forme (caricaturale) suivante : “Tu es loin de compte ; soient a <

b < c < d les longueurs des morceaux ; il y a impossibilit´e seulement si les quantit´es a+b, c et d−b forment une suite croissante, ce qui n’est qu’un des 6 ordres possibles, d’o`u la probabilit´e 1/6 pour l’impossibilit´e.

La vraie probabilit´e de pouvoir former un triangle est 5/6.”

Cette solution est ´egalement fausse, d’autant qu’elle contredit l’argument qualitatif : la probabilit´e 1/6 pour l’impossibilit´e est largement inf´erieure

`

a 81/256, alors que la vraie probabilit´e est sup´erieure.

La valeur 1/6 s’appuyait cependant sur une analyse moins simpliste. En r´ealit´e les 6 ordres des 3 grandeurs a+b, c et d−b ne sont nullement

´

equiprobables ; cependant, une heureuse co¨ıncidence fait que le classement a+b < c < d−ba bien 1/6 pour probabilit´e, si le point repr´esentatif dans le t´etra`edre y a une densit´e uniforme.

Dans l’espace (a, b, c), en prenant d comme longueur unit´e, le point repr´esentatif des longueurs 0< a < b < c < d= 1 parcourt un t´etra`edre de volume 1/6 et la probabilit´e ´el´ementaire est 6.δa.δb.δc. Les plansa+b=c, b+c = d, a+b = d−b partagent ce t´etra`edre en r´egions dont on peut

´

evaluer le volume. On obtient ainsi le tableau ci-apr`es.

Par exemple, pour le r´esultat 1/6 de la premi`ere ligne.

Je prendsd= 1 (on voit ais´ement que le r´esultat vaut quel que soitd).

Il s’agit de trouver quelle part du t´etra`edre 0< a < b < c <1 (de volume 1/6) est prise par les points (a, b, c) satisfaisant a+b < c <1−b.

On a 0 < a < min(b, c−b) ce qui conduit `a distinguer selon le signe de c−2b.

Dans le plan (b, c), on doit avoir 0 < b < c < 1−b, ce qui d´elimite un triangle de sommetsO(0,0),C(0,1) etK(1/2,1/2), d’aire 1/4.

Le volume ´etudi´e est d´elimit´e par ce triangle, et par les plansa=b (s’ap- puyant sur le cˆot´e OC) et a= c−b (s’appuyant sur le cˆot´e OK). C’est donc une pyramide de sommetM d´efini para=b=c−b= 1/3.

Le volume de cette pyramide de hauteur 1/3 est (1/3)(1/4)(1/3) = 1/36. Il faut le rapporter au volume du t´etra`edre, d’o`u la probabilit´e 1/6 annonc´ee.

classement probabilit´e a+b < c < d−b 1/6 c < a+b < d−b 1/18 c < d−b < a+b 1/36 a+b < d−b < c 5/36 d−b < a+b < c 7/36 d−b < c < a+b 5/12

C’est n´eanmoins une autre voie, la m´ethode de Monte-Carlo, qui a conduit Michel Dorrer `a relever l’erreur et `a proposer 0,571. . . pour probabilit´e d’obtenir un triangle. Repris sur des bases correctes, le calcul donne 4/7

= 0, 57142857. . .

Soit x, y, z les abscisses des points de cassure, uniform´ement et ind´epen- damment distribu´es sur (0,1). Le point repr´esentatif a une densit´e de pro- babilit´e uniforme dans le cube unit´e de l’espaceOxyz.

Je divise ce cube en 6 t´etra`edres par les plansy=z,z=x,x=y. Quitte a renommer les variables, l’analyse dans chacun des t´etra`edres se ram`ene

`

a celle dans le t´etra`edre 0< x < y < z <1 de l’espace Oxyz.

Les abscisses de cassure fournissent alors pour longueurs des morceauxx, y−x,z−y, 1−z.

La discussion de la non-existence d’un triangle ayant 3 de ces longueurs pour longueurs de ses cˆot´es se r´esume `a la conditiona+b < c < d−b, o`u a < b < c < dsont les longueurs class´ees par ordre croissant.

2

(3)

On aurait ainsi `a ´etudier les 24 fa¸cons d’affecter les grandeurs (positives) x, y−x, z−y, 1−z, aux variables a, b, c, d (affectation traduite par la permutation des variables qui les met en regard de x,y−x, z−y, 1−z dans cet ordre). Les conditions `a satisfaire par a, b, c, d se traduisent en conditions sur x, y, z d´elimitant des poly`edres `a l’int´erieur du cube unit´e.

Le volume de ces poly`edres donne la probabilit´e de non-existence d’un triangle pour l’affectation correspondante.

Jean Jaquemin affirme qu’on peut faire l’´economie de cette ´enum´eration de cas, car il suffit de r´eordonner les morceaux pour ˆetre ramen´e au premier cas. Cette affirmation n’est pas fausse, mais demande une justification plus pr´ecise.

Soit x, y, z des abscisses de cassure, r´esultant d’une r´epartition uniforme, et soumises `a la seule condition 0< x < y < z <1.

Il en r´esulte 4 morceaux de longueursa < b < c < d. R´eordonn´es, ceux-ci placent les abscisses de cassure en p=a,q=a+b,r=a+b+c= 1−d.

R´eciproquement, on aa=p,b=q−p,c=r−q,d= 1−r. La condition a < b < c < ddonne 2p < q, 2q < p+r, 2r < q+1. Ces in´egalit´es confinent le point (p, q, r) dans un t´etra`edre de volume 1/144 et de sommets (0,0,0), (0,0,1/2), (0,1/3,2/3), (1/4,1/2,3/4).

Quant `a la condition de non-possibilit´e de triangle a+b < c < d−b, elle donne en outre 4q <2r <1 +p. L’ensemble des in´egalit´es se r´esume alors en 8p <4q <2r <1 +p et confine le point (p, q, r) dans un t´etra`edre de volume 1/336 et de sommets

(0,0,0), (0,0,1/2), (0,1/4,1/2), (1/7,2/7,4/7).

Admettant que le point (p, q, r) est uniform´ement r´eparti dans le premier t´etra`edre (ce qui est au moins le cas quand x = p, y = q, z = r), il en ressort la probabilit´e 144/336 = 3/7 pour l’impossibilit´e de former un triangle.

L’affirmation de J. Jaquemin ´equivaut `a dire que tous les cas de l’espace x, y, zse ram`enent `a l’unique cas de l’espacep, q, rd´efini par ces in´egalit´es.

La correspondance entre ces deux espaces r´esulte, pour chaque cas (ca- ract´eris´e par une permutation dea, b, c, d) de l’identification des quantit´es x, y−x, z−y,1−zaux quantit´es homologues prises parmip, q−p, r−q,1−r dans l’ordre d´ecrit par la permutation.

On observe d’abord qu’`a partir des conditions que satisfont p, q, r, les conditions que doivent satisfaire x, y, z (condition g´en´erale 0 < x < y <

z < 1 et condition particuli`ere `a la permutation ´etudi´ee) sont satisfaites par construction. Il n’y a pas de condition suppl´ementaire `a introduire dans l’espacep, q, r.

En outre, cette correspondance fait apparaˆıtrex, y, z comme fonctions du premier degr´e dep, q, r; on en conclut que le jacobienD(x, y, z)/D(p, q, r) est ind´ependant de ces variables, ce qui montre que la r´epartition uniforme dans l’espace x, y, z a pour cons´equence une r´epartition uniforme dans l’espacep, q, r. Mais, a priori, ce jacobien peut d´ependre du cas ´etudi´e.

Aussi subsiste-t-il, pour pouvoir dire comme J. Jaquemin que le casabcd est repr´esentatif de tous les autres, la n´ecessit´e de v´erifier pour chaque cas que le jacobien est ´egal `a±1. Cette v´erification est en fait positive ; cepen- dant, s’il n’en ´etait pas ainsi, la proportion 3/7 d´etermin´ee dans l’espace p, q, r resterait valable globalement ; c’est la r´epartition des probabilit´es entre les divers cas qui en serait affect´ee. En ce sens, J. Jaquemin peut dire que la v´erification cas par cas n’´etait pas indispensable pour obtenir la proportion 3/7.

En conclusion, la probabilit´e de pouvoir former un triangle avec 3 des 4 morceaux est

13/7 = 4/7

3

Références

Documents relatifs

Grâce à son immunité vis-à-vis des phénomènes transitoires, il évite les déclenchements intempestifs Courant assigné In: Valeur maximale du courant permanent que peut

• Pour mesurer une résistance, l'ohm-mètre utilise son alimentation pour imposer un courant dans le dipôle étudié et compare (puisque c'est un voltmètre) la tension correspondante

c) En s’appuyant sur ce qui précède, indiquer une construction géométrique du point w, a et θ étant connus.. Baccalauréat 1990 Page 2 sur 2 Adama Traoré

Sous ce nouveau réglage la machine produit des billes dont le diamètre est une variable aléatoire qui suit une loi normale d'espérance μ , et d'écart-type ,b. Quelle est

Problématique et verrous Localisation basée vision Systèmes multi-capteurs Composition des scènes de RA.. Jean-Yves Didier

Pour la période comprise entre juillet et septembre 2016, les employeurs les plus optimistes sont ceux du Centre-Est (avec une prévision nette d’emploi de +5 %) et leurs homologues

The following lemma, whose proof uses simple sieve upper bounds, estimates the errors in- volved in all these approximations... The reader should note that the

I) Sollen iiberhaupt solche Functionen existieren, welche im Endlichen durchaus den Charakter yon rationalen haben, so m(issen zwischen den Perioden gewisse