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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00236695

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236695

Submitted on 1 Jan 1962

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Structure de Au Cu II

G. Jehanno, P. Perio

To cite this version:

G. Jehanno, P. Perio. Structure de Au Cu II. J. Phys. Radium, 1962, 23 (10), pp.854-860.

�10.1051/jphysrad:019620023010085400�. �jpa-00236695�

(2)

854.

STRUCTURE DE Au Cu II Par G. JEHANNO et P. PERIO,

Service de Physique des Solides, Saclay.

Résumé.

2014

Nous

avons

essayé de préciser la structure de Au Cu II à partir de mesures quan- titatives

aux

rayons X sur des spectres de

«

satellites d’antiphases

».

On relève

une

dissymétrie accentuée d’intensité entre les satellites d’un même n0153ud. Cette

dissymétrie

ne

peut s’interpréter que par une modulation périodique de la position des atomes

par rapport

au

réseau moyen.

L’analyse montre que la modulation,

en

opposition de phase pour les deux types d’atomes, s’effectue pour chaque type d’atome avec une période moitié de celle de l’antiphase. De faibles déplacements des atomes situés

au

voisinage des frontières d’antiphases suffisent pour justifier

des dissymétries importantes.

Abstract.

2014

We attempt to specify the Au Cu II structure from quantitative X ray measure- ments using diagrams presenting

"

antiphase satellites ".

A strongly marked dissymmetry is noticed amongst satellites of

same

order. This dissymmetry

cannot be explained except by modulating periodically the positions of the atoms in respect with

the average lattice.

Analysis shows that the lattice modulation, in opposite phase for the two types of atoms, occurs for each type of atoms, with

a

period half of the antiphase period. Slight displacements of the atoms

neighbouring the antiphase boundaries

are

enough to warrant important dissymmetries.

LE JOURNAL DE

PHYSIQUE

ET LE RADIUM TOME

23,

OCTOBRE

1962,

L’alliage Au Cu en sa phase Au Cu II, thermo- dynamiquement stable entre 415 OC et 380 °C, cons-

titue le prototype des alliages à longues périodes

encore appelés antiphases périodiques. Johansson

et Linde [1] en ont signalé l’existence dès 1927 et la structure qu’ils en ont donnée se décrit simplement

comme l’alternance régulière dans une direction a, de deux groupes de cinq mailles ordonnées Au Cu I

décalés, l’un par rapport à l’autre, d’une transla-

tion (a2 + °3) /2.

De nombreux autres exemples de ce type d’ordre

ont été signalés depuis et étudiés, soit aux rayons X

[2], [3], [4], soit au microscope électronique [5], [6].

Dans leur traitement analytique de l’antiphase périodique, Fujiwara [7] d’une part, Pério et Tour- narie [8] d’autre part, introduisent un facteur de forme périodique (« fonction créneau ») affectant chaque domaine ordonné cohérent. La transformée de Fourier de cette

«

fonction créneau » s’écrit :

avec

où 2M est la période dans la direction de l’anti-

phase, la maille simple étant conservée comme

unité. D’après ce résultat analytique, il apparaît

clairement que pour les réflexions h k 1 telles que k + 1

=

2n, la translation aux frontières d’anti-

phase qui introduit entre les faisceaux diffractés par chacun des deux types de domaines une diffé--

rence de phase de 2n 1t fait que les termes 8(X)/2 s’ajoutent et que les contributions i cp(X) s’annulent.

Ces réflexions qui, dans le cas de Au Cu, sont

toutes des réflexions normales, ne sont donc pas altérées par le phénomène d’antiphase. Par contre, pour les réflexions h k 1 telles que k + l

=

2n + 1,

la différence de phase introduite est (2n + 1)

1t

de

telle sorte que les termes 8(X)/2 se retranchent et que les séries s’ajoutent. Le résultat en est que chacune de ces réflexions (réflexions d’ordre) est remplacée par une série de satellites situés en

h ± 2p + 1 k, 1 l’amplitude de ces satellites devant être :

Qualitativement, les résultats expérimentaux

sont en accord avec la structure proposée par Johansson et Linde. La présence de toutes les raies

du cliché se rapportant à Au Cu II (fige 1) se

trouve expliquée ; les « raies satellites » résultent de l’éclatement des raies d’ordre de Au Cu I.

Quantitativement, par contre, l’accord est moins bon. On constate, par exemple, que la période 2M qui se déduit de l’écartement des satellites n’est pas

un nombre entier de mailles contrairement à ce

qu’impose le modèle de Johansson et Linde. Pour la composition stoecliiométrique, nous trouvons

2M == 10, 26 ± 0,05. Pratiquement insensible à la

température, la période 2M garde cette même

valeur dans un large domaine de composition pour croître ensuite de façon continue et atteindre

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019620023010085400

(3)

855

FIG. 1.

FIG. 2.

2M

=

14,5 pour l’alliage à 36 % at Au (fig. 2).

Nous avons donc essayé de préciser la structure de

Au Cu II à partir de mesures d’intensité de

«

satel- lites d’antiphases ». Ces mesures ont été faites sur

des échantillons massifs et aux rayons X car en diffraction d’électrons on ne peut pas rassembler de données quantitatives sur les intensités. Nous

avons utilisé, pour nos mesures, un cliffractomètre à

compteur G. M. couplé à un dispositif de comptage automatique, les comptages s’effectuant tous les

0,020 en-20.

Les données expérimentales peuvent se résumer ainsi :

10 Le rapport des intensités du deuxième satel- lite au premier, à savoir Ip - 1/1p) -

o,

est tou-

jours plus petit que celui prévu par le modèle de Johansson et Linde. Ce rapport atteint au maxi-

mum 1/16, ceci pour la stoechiométrie, contre 1 /9 théorique. De plus, le troisième satellite n’a jamais

été observé.

Ce résultat, joint à l’observation de valeurs non

entières de 2M, interdit la description de la struc-

ture de Au Cu II à l’aide d’une

«

sur-maille » cristal-

lographique régulière et impose l’utilisation d’une

«

fonction d’ordre » dont on sait seulement qu’elle peut s’analyser en série de Fourier puisque parfai-

tement périodique.

20 Les satellites sont dissymétriques en intensité.

Toutes corrections faites, le satellite de grand angle

est systématiquement plus intense que le satellite

(4)

856

La figure 3 représente trois couples de satellites,

corrections non faites, celles-ci ayant pour effet d’accentuer la dissymétrie.

30 Le taux de dissymétrie mesuré par le rap- j + - j-

At h

..

d

port port (1/2) +--

,

1-)’ croît avec, projection du (1/2) (1+ j-» Cr°’t aVeC h> Pr°iecti°n dU

vecteur de diffusion sur la normale aux frontières

d’antiphase.

4° Le taux de dissymétrie croit également avec

l’ordre des satellites. Il est sensiblement deux fois

plus grand pour 2p + 1

=

::1: 3 que pour

50 Le taux de dissymétrie croit avec la teneur en

or de l’alliage. Nous ne chercherons pas à

interpréter ici ce dernier résultat.

Dans le tableau 1 sont consignés les résultats

obtenus pour trois compositions différentes. Nous

avons représenté p par p D h ± 2p + 1 2m k 1) , la dissy- Y métrie entre le satellite le plus intense en

et le satellite en h

Considérant les résultats obtenus pour la compo- sition stoechiométrique, nous nous sommes efforcés de trouver une explication aux dissymétries obser-

vées. Le modèle à choisir doit rendre compte des

résultats cités et, en outre, ne doit pas faire appa- raitre de nouvelles raies observables. En parti- culier, on ne doit rien pouvoir observer autour des

raies fondamentales car, expérimentalement, une exploration soignée du fond continu ne nous a pas

permis de détecter la moindre réflexion autour de

ces raies. La dissymétrie observée ne peut s’ex- pliquer, à notre avis, que par une modulation de

position par rapport au réseau moyen..

Pour décrire cette fonction de déplacement, nous

avons été amenés, tout d’abord, à distinguer dans la

structure les deux sous-réseaux d’atomes Au et Cu.

Pour pouvoir expliquer la dissymétrie, la modu-

lation doit se faire, pour chaque type d’atome, avec

la période M et dans la direction al de l’antiphase

de manière à ce qu’elle apporte une contribution

aux intensités en h :1: 2P2: 1, 2m k l et non pas en

des positions différentes pour lesquelles nous n’ob-

servons aucune réflexion.

La période de modulation étant égale à M, l’équi-

valence des frontières d’antiphase se trouve assurée.

En outre, dans ce type d’antiphase à une direc-

tion (x), la coordonnée réduite de l’atome suivant x étant invariante au passage des frontières, la modu-

lation fonction de x seulement pourra s’appliquer

dans l’analyse à tout le domaine antiphasé sans

tenir compte de l’existence des frontières d’anti-

phase.

Remarque.

---

La coordonnée y

-

z est également

invariante au passage de la frontière, mais on a

vérifié qu’en introduisant une composante y

-

z

pour les déplacements on ne peut faire apparaltre

(5)

857 pour les satellites qu’une dissymétrie très faible

par rapport à celle entraînée par la modulation fonction de x seulement.

Les amplitudes diffusées seront obtenues en effect-

tuant le produit de convolution de la transformée de Fourier du réseau modulé par la transformée de la fonction d’ordre. Nous donnons ci-après l’essen-

tiel du calcul des amplitudes des satellites d’ordre.

Nous effectuons le calcul pour un seul des quatre sous-réseaux, la généra,lisation n’ayant pour effet que de faire apparaitre les conditions d’extinction.

En outre, les déplacements s’efiectuant suivant a,,

nous repérerons la position de chaque atome du

sous-réseau seulement par sa coordonnée x. La

«

fonction réseau » à une dimension s’écrit alors :

et sa transformée de Fourier :

On reconnait la génératrice des f onctions de

Bessel :

Faisons

avec

Posons

Calcul de p(h).

-

Nous devons rechercher les valeurs de ni, n2,

...,

np,

...

qui satisfont la

relation (1), où N == 0.

Nous ne considérons toutefois que les n, avec

p 3. En effet, pour p > 3, la relation (1) impose

très vite pour au moins l’un des np une valeur très

grande qui entraîne une valeur très petite pour

Jnp(2 n X Ei) l’argument 2 n X Fi étant très petit.

Cette recherche effectuée et sachant que

J,(z)

=

(--1)n J,(z) nous obtenons

Les arguments 2n X si étant des quantités petites équivalentes au 1 er ordre, nous avons : .

. Nous symboliserons dorénavant en écrivant :

*

et

nombre fini de valeurs.

En f aisant N =1, lh = ----1, N = 2, N = - 2,

nous obtiendrons successivement de la même manière :

Nous devons maintenant composer ce spectre’

des J’ par le spectre de Fourier de la partie oscil-

lante de la fonction d’ordre. Au lieu d’adopter pour

fonction d’ordre F(x) . une simple « fonction

(6)

858

créneau o, nous prendrons pour chaque type de

domaine

F(m) définit la probabilité pour que les atomes situés en x = m soient en bonne place. Le fait que

nous n’observons pas de satellites d’antiphase en h :f: 1 /M, kl nous impose :

La partie oscillante de la fonction d’ordre a pour transformée de Fourier :

La convolution des deux transformées de Fourier

nous conduit au spectre :

Nous obtenons en module :

En reportant dans ces égalités les expressions

trouvées pour les J’, nous obtenons les amplitudes

diffusées

Compte tenu du fait que la maille contient deux atomes Au et deux atomes Cu et que

nous obtenons en négligeant les termes de 2e ordre

en E; :

En posant

et

1

nous obtenons pour les dissymétries :

. -.. - -.

Nous constatons que la dissymétrie est fonction

linéaire de h, projection du vecteur de diffusion sur

la normale aux frontières, ce qui est confirmé au

moins qualitativement par l’expérience. Les expres- sions des dissymétries étant établies, nous avons imaginé deux modèles extrêmes.

MODELE 1.

-

Dans ce premier modèle, nous envisageons des déplacements répartis sur l’en-

semble des atomes de la période M de modulation

en considérant une modulation simplement sinu- soïdale (fig. 4). Les déplacements s’écrivent :

La comparaison des intensités expérimentales

des deux premiers satellites (n

=

0 et n = 1 d’une part, n = - 1 et n

= -

2 d’autre part), nous

conduit à prendre 1 rla/rlll = 1 /4 et la condition D31D, > 0 nous impose pour ce modèle

. 1

Ceci entraine D3

=

5,3 Dl. Ce résultat n’est pas conforme à l’expérience qui nous donne :

D’autre part, dans ce modèle, la condition

F(M /2) 1, compte tenu de oc3 jccl = - 1/4, en-

(7)

859

FIG. 4.

traînerait, pour les couples de satellites, des inten-

sités deux fois plus faibles que les intensités obser- vées, celles-ci ayant été mesurées par comparaison

aux intensités des raies fondamentales.

L’incohérence entre les résultats expérimentaux

et ceux prévus par ce modèle en ce qui concerne, d’une part le rapport D3/Dl des dissymétries et,

d’autre part les intensités des satellites, nous oblige

à abandonner l’idée d’une modulation simplement

sinusoïdale et de toute autre modulation répartie.

MODÈLE 2.

-

Dans le deuxième modèle envisagé,

la modulation est confinée aux abords immédiats des frontières d’antiphase (fig. 5). Les dépla-

cements s’écrivent :

En exprimant le résultat expérimental D3

=

2 D-1

sachant que oc3 jal = 1/4, nous obtenons :

Si nous faisons l’hypothèse que l’extension u du domaine où se produisent les déplacements est iden- tique pour les deux types d’atomes Au et Cu, nous

avons :

D’autre part, les coefficients de Fourier de la fonction de modulation

telle qu’elle est représentée ( fig. 5), nous étant

donnés par :

la condition S2

=

1,8 s, entraîne

u = 1 /2 maille.

Ce deuxième modèle est tout à fait cohérent. La fonction d’ordre (fig. 5) se rapproche de la « fonc-

tion créneau» qui sert à décrire le modèle de

FIG. 5.

Johansson et Linde. La fonction de modulation

représentée figure 5 est naturellement un modèle extrême. Tout ce que nous indique l’expérience,

c’est que les deux premiers harmoniques de la fonc- tion de modulation à choisir doivent être égaux

aux deux premiers harmoniques de cette fonction

modèle. Nous ne pouvons pas avoir d’information

sur les harmoniques supérieurs du fait que nous n’observons que les deux premiers satellites.

Afin de préciser les amplitudes de modulation, il

nous reste à exploiter le fait que Dl = 0,2 6 pour h

=

1 et que l’on n’observe rien autour des raies fondamentales. La relation :

compte tenu de

entraine :

D’autre part, une exploration soignée du fond continu, en particulier autour de 111, ne nous a pas

permis de déceler de satellites. Or, le rapport de

l’amplitude du satellite de modulation 1 + (1 /M),

1, 1 à l’amplitude de la raie fondamentale 111

serait :

(8)

860

Le soin apporté à nos mesures nous permet d’écrire :

d’où, compte tenu de

Nous aboutissons don.c au système :

Ce système nous engage à envisager une modu-

lation en opposition de phase pour les deux types d’atomes. Des mesures d’intensités effectuées sur

des échantillons plus riches en or que Au’Cu et

présentant des satellites plus dissymétriques nous imposent, de façon absolue, un tel type de modu- lation. Nous proposons une modulation telle que :

Une telle modulation ne ferait pas naître de

satellites autour des raies fondamentales et entraî- nerait pour l’échantillon Au Cu :

La figure 6 nous montre qu’une telle modulation

entraine aux frontières un léger rapprochement des

atomes de types différents, les portions de plan Cu

se dilatant plus que ne se contractent les portions

de plan Au. Pour respecter le sens de la dissymétrie,

s

Au doit, en effet, être pris positif.

La figure 6 nous fait égale.ment constater que la modulation portant sur les deux types d’atomes

dans un plan de cote Zo, se fait avec la période 2M.

Conclusion.

-

Les résultats expérimentaux con-

cernant la dissymétrie des satellites d’antiphase se

trouvent globalement justifiés par une modulation

périodique de la position des atomes, les dépla-

cements affectant seulement les atomes proches des

frontières d’antiphase et se faisant en opposition de phase pour les deux types d’atomes.

FiG. 6.

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