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Submitted on 1 Jan 1928
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Essai d’une méthode pour la mesure des gaz dissous dans l’eau
L. Dunoyer
To cite this version:
L. Dunoyer. Essai d’une méthode pour la mesure des gaz dissous dans l’eau. J. Phys. Radium, 1928,
9 (1), pp.1-12. �10.1051/jphysrad:01928009010100�. �jpa-00205317�
LE JOURNAL DE PHYSIQUE
ET
LE RADIUM
*ESSAI D’UNE MÉTHODE POUR LA MESURE DES GAZ DISSOUS DANS L’EAU par M. L. DUNOYER
Sommaire. - La méthode étudiée par l’auteur consiste à évaporer dans un bon vide une petite quantité d’eau, à absorber la vapeur d’eau produite et à mesurer la pression des gaz dégagés. On peut ainsi faire une mesure exacte à 1 ou 2 pour 100 près sur une très, petite quantité d’eau; et il est facile de mettre cet échantillon à l’abri de l’atmosphère entre le
moment de sa prise et celui de l’analyse.
Le présent article est consacre à une étude critique de la méthode. Elle s’est révélée très
rapide parce qu’il n’est pas nécessaire d’attendre que l’eau introduite (1 à 2 cm3 suffisent) soit complètement évaporée. Les gaz, en effet, se dégagent immédiatement. De plus, les
mesures sont très concordantes. Mais elles fournissant des nombres notablement plus forts que le procédé classique consistant à chauffer l’eau (au-dessous du point d’ébullition) jusqu’à ce que les gaz se dégagent.
Les deux absorbants essayés ont été l’anhydride phosphorique et le froid produit par
une bouillie de neige carbonique et d’acétone. Dans les deux cas, on a rencontré des phéno-
mènes d’absorption inattendus qui limiter la quantité d’eau sur laquelle peut être effectuée la mesure. En outre, dans le cas de l’absorption par le froid, on a observé deux pressions l’équilibre successives, pour une même quantité d’eau introduite.
SERIN ’’’’1. TOMB IX. JANVIBR 1928 N. 1.
1. Principe de la méthode. - ~~~ sait que l’une des objections faites au projet de
MM. G. Claude et P. Bouelierot pour l’utilisation thermodynamique des différences de
température qui existent dans les Océans à différentes profondeurs repose sur la présence
des gaz dissous dans l’eau. L’importance que présentent ainsi ces gaz nous a conduit, sur l’invitation même de M. Claude, à reprendre la question, et nous nous sommes proposé d’essayer une méthode que nous croyons nouvelle pour effectuer leur mesure.
Le procédé employé jusqu’ici consiste à chasser les gaz dissous en chanffant l’eau
(au-dessous du point d’ébullition) jusqu’à ce que les gaz se dégagent visiblement, et à
mesurer directement leur volume, ramené à la pression atmosphérique. La faible solubi- lité dans l’eau des gaz sans action chimique sur elle oblige à opérer sur des quantités d’eau
assez importantes, de l’ordre d’un litre au moins. Encore la précision de la mesure paraît-
elle faible. Rien ne prouve, du reste, que la totalité des gaz dissous soit ainsi obtenue et
qu’un autre mode opératoire, consistant par exemple à faire’le vide sur l’eau déjà privée
de ses gaz par l’échauffenlent en question, n’en fournirait pas une nouvelle quantité. Ce
fait serait d’une importance particulière pour l’étude des procédés que nous venons de mentionner.
~1 nous a semblé que pour répondre à cette objection la seule méthode sûre consistait à évaporer dans le vide une certaine quantité d’eau, à absorber immédiatement la vapeur d’eau produite, soit par le froid, soit par un desséchant convenable, et à mesurer la pre,§-
*ion exercée diîais uu connv par les gaz dégagés autres que la vapeur d’eau.
,
La seiasibilité des manomètres empyés dans la technique du vide permet d’opérer
sur de faibles quantités de liquide. Cela présente l’avantage que les mesures sont plus rapides et qu’il devient facile de soustraire l’échantillon du liquide à tout contact avec
l’atmosphère. Un centiraètre cube d’eau contient, d’après les résultats jusqu’à présent
L~ iovn;xL DL PHYSIQUE M LK RI]DIUM.
-r1.
s-IX.
--JANVIER 1928.
-.. f. i
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01928009010100
admis, 0,0? cm ~ environ des gaz de l’atmosphère en diverses proportions. Dans un volume
d’un litre, cette quantité de gaz exerce une pression de 760 X 0,02 X 10-3 = 0,01.5’2 mm
de mercure, pression très facile à mesurer à 1 ou 2 pour 100 près avec une jauge de
Me Leod.
2. Description de l’appareil.
-La figure 1 représente l’appareil dont nous nous
sommes servi. Il comprend une pompe à condensation à vapeur de mercure A, reliée par l’intermédiaire du robinet Ri à une jauge de Me Leod munie de quatre chambres de
compression de diamètres décroissants et de quatre tubes gradués de mêmes diamètres respectivement que les cham-
...--
bres de compression. La même jauge permet ainsi de
mesurer une pression quel-
conque comprise entre 4 mm
et 0,00001 mm de mercure(’).
Elle est reliée à un tube B de 40 mm de diamètre sur a0 cm
de longueur environ, par l’intermédiaire d’un piège à
froid P, pouvant être im- mergé dans un méla,nge réfri- gérant. Dans le tube B, fermé
à l’une de ses extrémités par
une glace rodée, on peut iritro-
duire deux nacelles en porce- laine pleines d’anhydride phosphorique. Au-dessus des
nacelles (2) et entre elles vient déboucher un tube capillaire (2 mm de diamètre intérieur
environ), séparé par un robi-, net R2 ~l’un tube gradué C.
r, ig. 1.
°
pouvant contenir quelques
1. centimètres cubes d’eau, et
muni à sa partie supérieure d’un trop plein. Le piège P et le tube à anhydride phosphorique B sont destinés à
l’absorption de l’eau introduite dans l’appareil préalablement vidé.
L’appareil comporte encore : i 0 un tube G contenant une nacelle d’anhydride phos- phorique servant à protéger la jauge de Me Leod contre l’arrivée d’une trop grande quantité
de vapeur d’eau; 9 ~° un ballon jaugé D fermé par un robinet R3. Ce ballon sert à effectuer la mesure du volume dans lequel se produit l’évaporation de l’eau et l’expansion des gaz.
dissous. Pour cela, on fait un certain degré de vide dans l’appareil, le robinet R3 étant
ouvert. On ferme Ri. On mesure la pression. On ferme alors R,. On rouvre Ri sur la
pompe en marche. On le referme de nouveau et on remesure la pression. Puis on rouvre R3
et on mesnre encore la pression. L’application de la loi de Mariotte fait connaître le volume de la canalisation en fonction du volume du ballon D. Pour effectuer ces mesures, on a soin d’attendre quelques minutes pour chacune d’elles que l’équilibre des pressions soit
atteint entre les différentes parties de l’appareil. Deux lectures de la jauge faites à quelques
minutes d’intervalle doivent être concordantes.
3. Mode opératoire et résultats.
-On introduit quelques centimètres cubes de l’eau à essayer dans le tube gradué C. Dans le cas où les gaz dissous dans cette eau ne
(’) Voir L. DUNOYBR : La Technique du l’ide, p. 69.
(::) Sur la figure, le raccordement du robinet R, et du tube B est au-degaous de ce dernier. On a.
reconnu ultérieurement plus commode de placer le tube C et le robinet R2 au-dessus de B.
seraient pas en équilibre avec l’atmosphère, on modifierait ce tube ; Oll bien, si l’on dispose d’une certaine quantité de cette eau, on la fait constamment arriver par un tube à la partie inférieure du tube C, de manière qu’elle s’écoule par le trop-plein placé en haut
de ce tube. L’eau circulant de bas en haut, celle qui est admise dans le vide par le robinet R3 n’aura eu aucun contact ayec l’atmosphère avant son admission.
Bien entendu, il faut avoir soin d’éliminer toute bulle d’air qui pourrait être restée
emprisonnée dans le capillaire du robinet R3. Il suffit d’entrouvrir ce robinet, le vide étant fait dans l’appareil, pour y faire passer cette bulle et une trace d’eau. On refait ensuite un
très bon vide, puis on admet une quantité d’eau mesurée.
Pour étudier la méthode, nous avons employé de l’eau distillée, aérée par un séjour prolongé dans le laboratoire. Dès qu’elle est introduite par le robinet, elle se transforme en
glace, qui s’évapore ensuite très lentement. Aussitôt après l’introduction de l’eau, c’est-à- dire en fait au bout de 5 à 15 secondes, nous avions effectué une première mesure de la pression à la jauge. Cette mesure a été ensuite répétée de 2 en 2 minutes environ jusqu’à
ce que toute l’eau introduite fut
évaporée et que la pression fût de-
1. ~ ~ t 1venue constante. Une nouvelle
quantité d’eau mesurée était alors introduite et une nouvelle série de
mesures de pression effectuée.
Nous avons jugé utile de re- produire partiellement ci-dessous
le détail de deux de nos séries
d’obsèrvations, correspondant t
chacune à l’un des modes d’ab-
sorption de la vapeur d’eau que
nous avons employés. On peut
ainsi se rendre compte du degré )
de précision des mesures fournies
par la jauge malgré la présence
momentanée de vapeur d’eau. 0n ’$
sait que la présence de vapeur
d’eau rend incohérentes les me-
sures à la jauge. Ainsi, en suppri-
mant les absorbants nous avons
pu lire, pour une même atmo-
sphère de gaz humide, les pres- sions suivantes, en utilisant les chambres de compression au 11100, au ! /1000 et au 1/10 000 :
i5 m 0,01
=O,fDO 31 X 0,001
~0,031 mm,
36 X 0,0001= 0,0036 mm.
Mais dans toutes les obser-
,vations que nous avons retenues, Fig. 2.
la concordance des lectures de
pression effectuées sur les repères des différentes chambres décompression de notre jauge
s’est montrée aussi satisfaisante que dans les exemples que nous donnons ci-dessous. Il est nécessaire pour cela que la canalisation reliant le tube absorbeur à la jauge ne soit
pas trop large, La vapeur d’eau s’y diffuse alors assez lentement pour être complètement retenue, soit dans le tube absorbeur proprement dit, soit dans le tube de protection de la jauge, et ne jamais troubler les lectures.
.
TABLEAU I.
Ahsorption par P 205 (28 g, étalé sur une surface de 24 cm2 environ).
Volume de la canalisation V = 990 cm3. Température moyenne ambiante, 30° C.
Dans les tableaux 1 et II, les pressions ont été évaluées en microns de mercure, unité commode pour ce genre de mesures.
Ces résultats. et ceux d’autres mesures analogues "ont été résumés par les courbes des figures 2, 3 et 4.
Fig. 3.
Les courbes des figures 2 et 3 ont été construites en prenant en abscisses le temps
écoulé depuis l’introduction d’une quantité d’eau déterminée, quantité inscrite à droite de la courbe; l’instant de l’introduction est marqué par un petit trait vertical. La figure 2 se rapporte à l’absorption par P,05 et à notre premier tableau d’observations; la figure 3 est relative à l’absorption par le piège refroidi par l’anhydride carbonique.
Les courbes de la figure 4 ont été construites en prenant en abscisses les quantités
croissantes d’eau introduites, et en ordonnées les pressions d’équilibre obtenues. Les
points. et + correspondent à deux séries distinctes d’observations faites avec l’anhydride phosphorique comme absorbant, et les points 8 à l’absorption par le froid.
4. Discussion des résultats. - Nous examinerons successivement, d’après les
figures 2 et 3 le processus de l’évaporation et le dégagement des gaz dissous, puit,
d’après la figure 4, les pressions d’équilibre, qui conduisent au calcul de la teneur en gaz
dissous.
TABLEAU 1 (suite).
Dégagement des gaz dissous et processus de l’évaporation.
-Une première ohser- vation, qui ne laisse pas de surprendre tout d’abord bien qu’elle soit aisément explicable,
c’est la lenteur avec laquelle se produit l’évaporation spontanée des, glaçons formes instan-
tanément dès l’introduction d’une petite quantité d’eau dans le tube absorbeur. Ainsi, la
courbe de la figure 3 relative à 2,1 cm’ montre qu’il a fallu i heure 14 minutes pour obtenir
l;évaporation complète et spontanée (sans chauffer) d’un volume de 1,1 cm3 de glace sous
une pression de 50 (J4, l’absorbant étant le piège à froid..De même, en présence de l’anhy-
~~lride phosphorique, il a fallu 27 minutes. pour* obtenir l’évaporation spontanée de
0,2 cln3 de glace sous la pression de 15 > (courbe de la figure 2 relative à 0,4 cm~). La
température ambiante était pourtant dans chaque cas assez élevée (30°C environ"). Mais,
d’une part, l’évaporation tend à refroidir constamment la glace et à abaisser tension de vapeur; et d’autre part, la chaleur ambiante se communique très mal à la glace, car
la convection par le gaz est faible, à cause de la basse pression, et la conduction à travers la paroi ne peut sue produire que par un petit nombre de points de contact.
4.
rour accélérer les expériences, on a donc, dans beaucoup de cas, chauffé avec une
petite flamme la paroi du tube absorbeur dans la région où des ;laçons reposait sur
elle. Le début de ces périodes de chauffage, mentionné sur les tableaux d’observations, a été indiqué sur les courbes des figures 2 et 3 par la lettre C. La disparition dr’ toute trace de solide ou de liquicle a été indiquée par la lettre E (évaporation complète).
Examinons maintenant les analogies et les différences que présentent le~ courbes de Ia
flblll’;, 2, relatives à l’absorption par P;0j , et les courbes de la figure 3, relatives à l’absorp-
tion par le piège à neige carbonique.
’
Elles présentent cette analogie que la pression n’augmente nullement proportionnel-
lement au temps, ni par conséquent à la quantité de glace qui s’évapore.
vont illstantanérnent dégagés, et la glace formée n’en coitéiejît I)Iits couibe; des
figures 2 et 3 relatives à 0,2 et à 0,47 cm3 commencent, il est vrai, par monter légèrement
TABLEAU Il.
paî, uît piè_qe dans rie la neige ca rbonique nlouillée d’acétone.
Volume de la canalisation 990 t’m:). Température moyenne pendant les mesures 30°C.
pendant les trois ou quatre premières minutes. Mais cela tient à ce que la surface du desséchant étant vierge (dans le cas de la vapeur d’eau est absorbée au fur et à
mesure due sa formation sans se répandre dans la canalisation, et aussi à ce que la pression
motrice produite par les gaz dégagés étant faible, ces gaz diffusent lentement. S’il y avait dégagement graduel de gaz dissous pendant les premières minutes, pendant les- quelles une très faible partie seulement de la glace s’évapore, ce dégagement continuerait et la pressiorl croitrait jusqu’à la fin de l’évaporation.
Pour àppliquer notre appareil à la détermination pratique du volume total des gaz dissous il n’est donc nullement nécessaire d’attendre que toute l’eau introduite se soit
évaporée. Il suffit qu’elle soit introduite brusquement dans un bon vide, en présence du desséchant, et en assez petite quantité pour qu’elle se solidifie aussitôt. La mesure de la
pression exercée par les gaz dégagés peut être faite au bout des quelques minutes néces- pour que la vapeur d’eau formée au moment de l’introduction soit absorbée et que les aient diffusé dans la canalisation de manière à produire une pression uniforme.
Quant aux différences entre les courbes des figures 2 et 3, elles consistent surtout dans les deux particularités suivantes : -.
1°.Au début des courbes, surtout quand les quantités d’eau déjà admises augmentent,
on observe une diminution rapide de la pression avec P2Û5, et non avec le piège refroidi.
D’autre part, lorsqu’on chauffe, dans le premier cas, il se produit une augmentation
momentanée de la pression, qui redevient ensuite constante jusqu’à la fin de l’évapora-
tioit et au delà. Ces deux particularités proviennent de ce que la vapeur d’eau formée ne
peut diffuser vers la jauge sans traverser la chicane du piège à neige carbonique, où elle
est immédiatement condensée, tandis qu’une partie peut évidemment commencer par
échapper au contact avec l’anhydride phosphorique.
~° Après la fin de l’évaporation, la pression ne subit plus aucune variation avec P,0j . Au contraire, avec le piège à neige carbonique, les courbes présentent deux paliers, l’un pendant et l’autre après l’évaporation. Sur les courbes de la figure 3, le premier palier a été, dans la plupart des cas, déformé par le chauffage, mais il est très net sur les courbes obtenues sans chauffage, en particulier la courbe III.
Nous nous réservons de revenir sur ce phénomène. Quelle qu’en soit la cause, l’emploi
de l’anhydride phosphorique comme absorbant paraît préférable à celui du piège à neige carbonique, comme donnant des résultats d’une interprétation plus sûre; du moins, comme
nous allons le voir, si l’on ne fait porter l’analyse que sur une très petite quantité d’eau,
soit 1 à 2 cm3.
Teneur de l’eau en gaz dissous.
-Considérons en effet la figure 4. La courbe 1
correspond à l’absorption par les points (e) et les points (+) étant relatifs à deux séries de mesures. Les courbes II et III correspondent l’une et l’autre à l’absorption par
le piège à neige carbonique ; mais la courbe III a été construite avec les valeurs moyennes de la pression qui correspondent aux paliers terminaux des mêmes courbes. Ces diffé- rentes courbes donnent lieu aux remarques suivantes :
Il Toutes ces courbes sont formées de deux parties rectilignes, parallèles, raccordées
par une partie avec point d’inflexion. Les parties rectilignes mettent en évidence la
production d’une quantité de gaz proportionnelle à la quantité d’eau introduite. Mais le décalage des deux droites parallèles appartenant à une même courbe montre que le gaz dégagé subit une adsorption partielle quand sa pression atteint une certaine
valeur.
2° La première partie rectiligne de la courbe 1 (absorption par coïncide avec la
première partie de la courbe II (absorption par le froid). Les deux procédés de fixation de la vapeur d’eau donnent donc les mêmes résultats à condition de n’opérer que sur une faible quantité d’eau et, dans le cas de la fixation de la vapeur d’eau par le piège à froid, de prendre le premier palier de la courbe reliant la pression à la durée d’évapo-
ration.
TABLEAU II
Dans toutes nos séries de mesures, nous avons trouvé une bonne proportionnalité de
la pression obtenue à la quantité d’eau introduite quand cette quantité était inférieure à 3 ou 4 cm’. Il nous paraît donc recommandable de ne faire la mesure que sur 1 ou 2 cm3
d’eau, ce.qui ne présente aucun inconvénient, la sensibilité de la jauge étant largement
suffisante, comme l’indique la figure 3.
, . ,3° D’après le coefficient angulaire de la première partie rectiligne des courbe-s 1 et lI,
la quantité de gaz dégagés par 1 cm3 de l’eau sur laquelle nous avons opéré exerçait dans
notre canalisation, de volume V, une pression de 29 à la température de 300 C. Cette
même quantité de gaz, ramenée aux conditions normales, occuperait donc un volume égal à :
’
Le volume de la canalisation, mesuré comme il a été dit au moyen du ballon jaugé D, était
de 990 cm3. Un centimètre cube d’eau contenait donc
de gaz dissous.
°
La courbe III donne de même un volume de gaz dissous par centimètre cube d’eau égal à
Si l’on admettait que le passage de la courbe II à la courbe III correspond à la fixation de C02 dans le piège à froid, le volume de COI contenu dans 1 cm3 de l’eau employée serait
donc 0,0135 cm~, soit 39 pour 100 des gaz dissous.
Ces résultats sont très différents de ceux qu’on indique pour la teneur des eaux natu- relles (non gazeuses) en gaz atmosphériques. Un centimètre cube d’eau de pluie, par
exemple, contient; d’après Péligot (Recueil des Constantes physiques), cm3 de gaz
dont 2,5 pour 100 seulement de C0, . Pourtant, les nombreuses expériences que nous avons
faites, en vérifiant chaque fois la parfaite étanchéité de la canalisation, nous ont donné des
résultats très concordants. Il est vrai qu’elles ont porté exclusivement (et à dessein, en vue
de vérifier la fidélité de la méthode) sur de l’eau distillée du commerce, ayant séjourné longtemps dans le laboratoire. Il serait possible que l’acide carbonique provenant des carbo-
nates contenus dans l’eau naturelle soumise à la distillation se soit redissous dans l’eau au
fur et à mesure de sa condensation. D’ailleurs, la teneur que nous avons trouvée en gaz autres que CO,, soit 0,0?06 cm3, est un peu plus faible que celle qu’indique Péligot pour l’eau de pluie, soit 0,023 ( l -- 0,()~5)
-0,0224. Nous sommes ainsi amenés à conclure que tévapor’ation dans le vide donne une quantité de gaz dissous plus grande que le procédé classique consistant à chauffer l’eau ait-dessous dit hoirit d’ébullition.
5. Résumé et conclusions. - Il Nous avons mis au point un appareil permettant
de déterminer la teneur d’une eau en gaz dissous ; la méthode consiste à introduire dans un
bon vide une petite quantité d’eau; la vapeur d’eau est absorbée soit par l’anhydride phosphorique, soit par un piège immergé dans un mélange de neige carbonique et d’acétone.
L’eau se congèle immédiatement en dégagent la totalité des gaz dissous, dont la pression est mesurée au moyen d’une jauge de ~Ic Leod. Elle s’évapore ensuite avec une
extrême lenteur.
2° Lorsque la quantité d’eau introduite croît progressivement, ainsi que la quantité de
gaz dégagés, il arrive un moment où une partie de ces gaz sont absorbés, probablement en
même temps que la vapeur d’eau. Il convient donc de ne procéder à la détermination de la teneur en gaz dissous que sur une très petite quantité d’eau, soit i ou 2 cm3. La détermi- nation de la pression produite par les gaz dégagés peut cependant être faite avec une préci-
sion de l’ordre de 1 à 2 pour 100.
3° L’absorption dans un piège à neige carbonique de la vapeur d’eau produite nous a
donné des résultats complexes sur lesquels nous nous proposons de revenir. Ils indiquent
en tout cas que l’emploi de l’anhydride phosphorique est préférable.
,