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Mines Maths 1 PC 2001 — Corrigé
Ce corrigé est proposé par François Michel (École Polytechnique) ; il a été relu par Benoît Chevalier (ENS Ulm) et David Lecomte (ENS Cachan).
Ce long sujet d’algèbre est composé de quatre parties et quelques questions préli- minaires classiques. On y aborde des notions fondamentales du programme d’algèbre de classes préparatoires, sans faire intervenir les méthodes de réduction d’endomor- phismes.
On travaille sur les espaces vectorielsR[X] etRn[X] sauf dans les questions pré- liminaires. Le but du problème est de rechercher des réels λpour lesquels on peut trouver un endomorphismegde l’un de ces deux espaces tel queg◦g=λId+ D (∗), oùD désigne l’opérateur de dérivation.
Les questions préliminaires permettent d’introduire une propriété classique des endomorphismes nilpotents grâce à la « suite de noyaux itérés ».
• Dans la première partie, on détermine les sous-espaces stables par g et l’on élimine le cas λ <0 avant de construire une base adaptée au traitement ma- triciel du problème. On parvient, grâce à ces résultats, à résoudre le problème suivant : trouver les matrices réellesGcarrées d’ordre 3 vérifiantG2= A1 où
A1=
1 1 0 0 1 1 0 0 1
• L’objet de la deuxième partie est d’étudier le cas où λest nul en partant des propriétés des endomorphismesget D.
• Dans la troisième partie, indépendante des deux précédentes, on construit di- rectement un endomorphisme solution de(∗)à partir d’une somme de matrices.
On retrouve finalement les matricesGobtenues au cours de la première partie.
• Enfin, la quatrième partie, également indépendante des précédentes, débute par l’étude d’un développement en série entière. Les coefficients de celui-ci interviennent ensuite dans la définition d’une solution de(∗). On termine une nouvelle fois en retrouvant les matricesGsolutions de l’équationG2= A1.
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Indications
Préliminaires
b Démontrer par une unique récurrence les propriétés
∀q∈N, q>p
(Kerfq = Kerfq+1 Kerfq = Kerfp
Montrer que la suite (dim Kerfk)k∈N est réelle, croissante et majorée ; en déduire qu’elle converge. Utiliser ensuite le fait que cette suite prend ses valeurs dansN.
Première partie
I-1.a Pour montrer queget Dn commutent, comparer ce que l’on obtient en com- posantg2=λidEn+Dn parg, soit à gauche, soit à droite.
I-1.c Pour montrer que DF est nilpotent, chercher q ∈ N tel que F ⊂ Eq et en déduire queDFq+1= 0. L’unique sous-espace vectorielGdeEde dimension infinie et stable parDest Elui-même (raisonner par l’absurde).
I-2.a Commedim E0= 1,g∈L(E0)est de la formeg=γ idE0. . . I-3.a Choisiry tel que fn(y)6= 0. Montrer par récurrence queBest libre.
I-3.b Appliquer le résultat de la question précédente àf = Dn.
I-4.a Se donner les coefficients de MatB2(h) = (hi,j)16i,j63; exprimer la relation h◦D2= D2◦hsous forme matricielle.
I-4.b Montrer queg∈L(E2)vérifie la relation g2=λidE2+D2
si, et seulement si, il existe trois réelsa, betc solutions du système
a2=λ 2ab= 1 2ac+b2= 0 et tels queg puisse s’écrire
g=aidE2 +bD2 + c(D2)2
Deuxième partie
II-1.a Pour obtenir l’inégalitédim Kerg2>2, montrer en raisonnant par l’absurde queKerg6={0} puis queKerg6= Kerg2.
II-1.b Raisonner par l’absurde et chercher une contradiction surdim Ker Dn. II-2.a Montrer dans cet ordre queD,Dm,gk et gsont surjectifs.
II-2.d Montrer qu’il existeg∈L(E)vérifiantgk = Dmsi et seulement sikdivisem.
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Troisième partie III-1.a Montrer que(In+1+tDn)−1=
n
P
k=0
(−1)ktkDnk.
III-1.b Dériver la relation(In+1+tDn) (In+1+tDn)−1= In+1par rapport àt∈R.
III-1.c Remarquer queLn(t) = Dn
n−1 P
k=0
(−1)k tk+1 k+ 1Dnk
.
III-2.a Utiliser la formule du binôme de Newton pour développer(u+v)k dans l’ex- pression deϕu+v(t).
III-2.c Déduire de la question précédente que
∀t∈R Dnϕ1(t) = (In+1+tDn)ϕ′1(t) et dériver cette relation par rapport àt.
III-3.a Utiliser successivement les résultats des questions III-2.c et III-2.a pour ob- tenir les matrices+−
√λ ϕ12 1
λ
∈Mn(R).
Quatrième partie
IV-1.b Appliquer la méthode de l’équation différentielle, sans oublier d’utiliser l’uni- cité de la solution de l’équation différentielle établie à la question IV-1.a avec une condition initiale donnée.
Montrer par récurrence que lesbp sont données par
b0= 1 et ∀p∈N∗ bp = (−1)p
p
k=1
Π
(2p−2k−1) 2pp!IV-1.c Développer la sérieh(x)2 par un produit de Cauchy et reconnaître les coeffi- cientscn.
IV-2.a Utiliser le fait que :
∀P∈E,∀q∈N, q>d◦(P) =⇒ T(P) =
q
P
p=0
bp
λpDp(P)
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Préliminaires
Noyaux itérés a Commef ∈L(V), pour tout entier naturelk,
• Kerfk est bien un sous-espace vectoriel deV et
• pour toutx∈Kerfk,fk+1(x) =f(fk(x)) =f(0) = 0
d’où ∀k∈N Kerfk ⊂Kerfk+1
b Supposons qu’il existep∈N tel que Kerfp = Kerfp+1. On procède alors par récurrence : pour tout entierq>p, on noteP(q)la propriété
Kerfq+1= Kerfq = Kerfp
• P(p)est vraie par hypothèse.
• P(q) =⇒P(q+ 1): commeKerfq+1= Kerfpd’aprèsP(q), il reste à mon- trer queKerfq+1= Kerfq+2. On procède par double inclusion.
– D’après la question précédente,Kerfq+1⊂Kerfq+2. – Montrons l’inclusion réciproque. Soitx∈Kerfq+2.
Par définition, fq+2(x) = 0
soit fq+1◦f(x) = 0
ou encore f(x)∈Kerfq+1= Kerfq (d’aprèsP(q))
Par suite, fq◦f(x) = 0
ie x∈Kerfq+1
d’où Kerfq+2⊂Kerfq+1
Finalement, on obtient l’égalité Ker fq+2 = Kerfq+1 = Kerfp, c’est-à-dire queP(q+ 1)est vraie.
• Conclusion :P(q)est vraie pour toutq>p.
∃p∈N Kerfp= Kerfp+1
=⇒ (∀q∈N, q>p Kerfq= Kerfp) Supposons queV soit de dimension finie n∈N. D’après la question précédente, la suite(dim Kerfk)k∈Nest bien définie, réelle et croissante. De plus, pour toutk∈N, l’inclusionKerfk ⊂V entraîne l’inégalitédim Kerfk 6n: cette suite est majorée.
Elle converge donc. En outre, étant à valeurs dansN, elle est même constante à partir d’un certain rangp∈N.
Montrons que ce rangpvérifiep6n. C’est bien le cas sip= 0. Supposons donc pnon nul. D’après ce qui précède, p est le premier rang pour lequel on a l’égalité Kerfp= Kerfp+1, ce qui implique
∀k∈N, k6p−1 Kerfk Kerfk+1 d’où ∀k∈N, k6p−1 dim Kerfk+1>dim Kerfk+ 1
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