LA RECHERCHE APICOLE EN POLOGNE
TRAVAUX RÉCENTS
L. BORNUS Ce
9
atre
d’Apiculture de
l’Institutporrzologigue
de Shienziewirc (l’ologne).SOMMAIRE
Après
unexposé
surl’Apiculture polonaise
et sur les laboratoires de recherchesapicoles
deson pays, l’auteur fait le bilan des travaux
scientififjues
publiés dans les dernières années ou actuel- lement en cours d’achèvement. l,es recherches ont porté essentiellement sur le miel, la sécréti<miiectarifère, la
pollinisation,
l’amélioration des ressources mellifères, la cire, les races d’Abeilles.l’atmosphèrc
interne des ruches, la fécondation des reines, les maladies des Abeilles et lagelée
rivale.
INTRODUCTION
Les recherches dans le domaine de
l’Apiculture
enPologne
se sontparticulière-
ment
développées
au cours des dernières années et notamment àpartir
de ig5o.Durant cette
période,
le Centre de Recherches du Ministère del’Agriculture
à Skiernie-wice a été considérablement
agrandi.
et des centresd’Apiculture
ont étéorganisés
dans
l’enseignement supérieur.
En outre, certaines chairespuisent
dansl’Apiculture
les
sujets
de leurs travaux de recherches. Le Centred’Apiculture
de l’Institut dePomologie
àSkierniewice,
rattaché au Ministère del’Agriculture
continue toutefois d’être le Centre de Recherchesapicoles
leplus développé (fig. I ).
Le programme de ses travaux est très vaste
puisqu’il englobe tous les problèmes apicoles (à
l’heure actuelle, 3 6 sujets expérimentaux,
non compris
les questions
se
rapportant
aux maladies d’Abeilles).
Au point
de vue de son organisation
il comprend
trois laboratoires :
a)
celui de laBotanique apicole,
b)
celui del’Apiculture
et del’exploitation
desruchers, c) celui des produits
de l’Apiculture.
Le
personnel
du Centred’Apiculture compte des spécialistes
des différentes
disciplines scientifiques.
Ilcompte
au total 12 chercheurs dont 3 travaillent seuls.Une
partie
dupersonnel
auxiliaire estemployé
au laboratoire central et aux stations localesqui,
sur tout le territoire de laPologne,
sont au nombre de 9. Dans les ruchersexpérimentaux
il existe 620 colonies d’Abeilles.Chercheurs attachés au Centre :
L.
BoR!us, docent, I)r;
A.I) EMI .x;ou.Ic 2 , Prof., I)r; Zofia DE JB1L BSOWICZ, docent,
Dr ; Z. KO--!OPACKA,lie. ;
Z.S OCZEK , lie. ;
M.GxoMrsz, lie. ;
B.J ABLONSKI , lic. ;
W. ZALEWSKI,
lic. ;
C. ZMARIICKI,lic. ;
M.J ABLO -&dquo;;SKI, ing.
etJ.
SZYMA-.!ÇKIr--!!-ICZ.Le Centre des Maladies des Abeilles
près
de Poznan est un autre centrescientifique apicole
du Ministère del’Agriculture.
I,e programme de ses travaux nedépasse
pas les maladies des Abeilles et du couvain. Sa tâche essentielle consiste dansl’organisa-
tion d’une campagne
prophylactique
visant à laliquidation
desfoyers
de maladies.Son laboratoire contient une section de
diagnostic qui
examine annuellementplus
de 100 ooo échantillons d’Abeilles. I,e
personnel
du Centrecompte
3 chercheurs : S. KrrtxoR, pr. Dr, S. KosTECxr,lie. ;
et M. Gizr. Le rucherexpérimental comporte
40 colonies.Les centres
d’Apiculture
rattachés auxI;coles Supérieures d’Agronomie
sontd’ordinaire
plus petits
et leurpersonnel
est surtoutchargé
del’enseignement. Cepen- dant,
il est tenuégalement
d’effectuer des recherchesqui,
vu la modicité des fondsdont
disposent
ces centres et l’insuffisance dupersonnel,
ne constituent que des tâches secondaires. I)e tels centres existent àVarsovie, Olsztyn,
Szczecin et Wroclaw.A
Varsovie,
leDocent,
DrW OJKE
étudie toutspécialement
labiologie
de la fécon-dation des reines et la
génétique
des Abeilles. Le Prof. I)r WANic àAlsztyn
effectuedes recherches sur les miels et le rendement des
plantes
en nectar. Il est assisté deMme M. MosTOwsx9,
lie.,
et de Mr S. Bosxz!cxi,lie.,
leProf.,
Dr LINKE à Szczecin s’intéresse avant tout aux recherchesmonographiques
du domaine del’Apiculture
et au rendement en nectar des
plantes
cultivées.L’ingénieur
L,. WEBER à W’roclawexamine les méthodes intensives de
production
de la cire.La chaire de
Botanique
del’École Supérieure d’Agronomie
deI,ublin,
oit tra- vaillentW ARAKOMSKA , lie.,
LucEwiez,lie.,
et deSzxt,n!owsxa, lie.,
effectue les recherches sur lesplantes mellifères ; J. C URY i,o, qui dirige
la chaire de Chimie à la même écolepoursuit
des recherches sur les miels.Certaines chaires des écoles
supérieures
nonagricoles
s’intéressent soit àl’Api- culture,
soit auxproduits
du rucher. Les chaireschargées
de l’examen desproduits
alimentaires des Académies de Médecine de Lodz et de Cracovie ainsi que la chaire de
Microbiologie
de Torunpoursuivent
des recherches sur les différents constituants des miels et, toutparticulièrement,
sur les enzymes. Ces travaux sont réalisés sous la direction desprofesseurs
K.M ONIKOWSKI ,
M. RVCHLIKet I,. Dzrar,oszi·vTsKr.Des cours sur
l’Apiculture
sontorganisés
dans 4 écolessupérieures d’Agronomie
et des cours sur les maladies des Abeilles dans 3 écoles de ce
type.
Dansl’enseignement
secondaire
l’Apiculture
estenseignée
sur une échelleplutôt modeste; cependant,
ilexiste une école
technique spécialement chargée
de la formationprofessionnelle
desfuturs
apiculteurs (5
annéesd’études).
Tous les ans,près
de 30 élèvesquittent
cetteécole. En outre, il existe une école dont les cours durent une année pour les
apicul-
teurs
employés
dans les ruchers du secteurd’État
etcoopératif
ou travaillant dans leur propreexploitation.
L’Apiculture
est trèsdéveloppée
enPologne
oit ellepossède
ses vieilles traditions Lesproduits apicoles
faisaientl’objet d’exportations polonaises dès le Moyen Age.
Actuellement,
oncompte
dans ce pays 1 250ooo ruches cequi signifie qu’il
y a uneruche pour 24 habitants
et 4 ruches
au km2.Certes,
elles ne sont pasréparties
d’unemanière uniforme. Les terres du nord-ouest de la
Pologne
sont lesplus
pauvres en Abeilles(environ
2 ruches aukm 2 ) ;
par contre, dans la voïvodie de Lublin la moyenne atteint 7 ruches au km2 et danscertaines’ régions elle dépasse
même
m ruches. On
distingue
enPologne
6régions apicoles (fig. 2 ).
Lapremière
est laplus productive : on y récolte de 14 à 22 kg
de miel par ruche. La flore de cette région
abonde en
bruyères,
en tilleuls et autresplantes
mellifères des bois. La seconderégion
est un peu moins
riche,
son rendement étant de 8 à 15kg
de miel par ruche. Les Abeilles y butinent assez tard etprincipalement
dans les cultures. Les ruchers de la troisièmerégion
ont des revenus trèsmodestes,
laquantité
moyenne de miel par ruche yatteignant
de 3 à 6kg.
Letemps
de floraison y est court etquelquefois
on y trouve du miellat. La miellée offre unegrande
variété surtout dans laquatrième région qui
donne en moyenne 7 à 12
kg
de miel parruche ;
cetterégion
est riche enbruyères.
La
cinquième région
se maintient à un niveau deproduction
moyen : de 8 à r5kg
demiel par essaim. La miellée y est très
précoce,
cequi
constitue un obstacle grave audéveloppement
des colonies. La sixièmerégion,
ourégion centrale,
estplutôt
pauvreson rendement en miel étant à
peine
de 4kg
par ruche. Unprincipe,
elle offre deuxespèces
demiellée ;
la mielléeprécoce (acacia) et la miellée tardive (brttyère).
La
production globale de miel varie de 6 à 10ooo tonnes par an, dont 7o p. 100
sont destinés au marché. I,es coopératives apicoles
achètent annuellement environ
3
00
o tonnes de miel dont i ooo tonnes au
plus
sont destinées àl’exportation.
Environ300 tonnes sont transformées en
hydromel.
Leprix
dukg
de miel acheté directe- ment àl’apiculteur
s’élève à 40 Zl. et dans la vente au détail il atteint5oZl.
La
principale
déficience constatée dansl’Apiculture polonaise
réside dans sonmorcellement. En
effet,
les ruchersimportants (de
80 à 100ruches)
sont très peunombreux. En moyenne un rucher abrite 7 colonies. Les
Apiculteurs
sont au nombrede 180 ooo.
L’aménagement
des ruchers n’est pasultra-moderne ; cependant,
letype
de ruche de construction
primitive
et non démontable a été éliminédepuis longtemps.
La ruche à cadres mobiles
prévaut
actuellement. Environ ho p. 100 des ruchesappartiennent
autype
dit varsovien : 435 X 240mm(cadre haut).
32 p. 100corres-pondent
à 3 autres modèles : ruche Dadant Blatt : 300 X 435, ruche varsovienneélargie :
435 X 300 mm et ruche de la GrandePologne :
260 X3 6 0
mm. Le reste, soit 8 p. 100desruches, représente
destypes
peurépandus qui
pour laplupart
satis-font des
goîtts
individuels et dont la construction varie selon lesaptitudes
desapicul-
teurs.
I. - RECHERCHES SUR LE MIEL
De nombreuses recherches sont faites en
Pologne
sur le miel aussi bien en cequi
concerne sa
composition,
sespropriétés chimiques
etbiologiques
que dans le domaine del’analyse pollinique. Nous examinerons successivement les différentes directions suivies actuellement par nos laboratoires.
Eitzymes.
Les recherches sur les enzymes des miels ont été
particulièrement développées
afin de déterminer l’action du
chauffage
sur le miel et aussi dans le but de mettre aupoint
une méthodepermettant
de détecter les falsifications par nourrissement excessif.En
effet,
troisgrandes coopératives apicoles préparent le miel destiné à la vente
en le faisant chauffer
jusqu’à
unetempérature
de 45 à 5oo en vue depermettre
la mise enemballages
de détail. D’autrepart,
leprix
du miel étant environcinq
foiscelui du sucre, il arrive dans certaines
régions
de laPologne
que lesapiculteurs
nour-rissent
exagérément
lesAbeilles,
cequi
leurrapporte
un peuplus
de miel.Les recherches ont
porté
sur la teneur eninvertase,
enamylase
et enphosphatase
des différents miels
polonais.
On a constaté des différences considérables d’un miel à l’autre cequi
nous a incités à étendre nos recherches aux nectars que l’onpeut
obtenir enquantités
suffisantes pourl’analyse grâce
à une méthodespéciale
miseau
point
à l’Institut dePomologie
de Skiernievice.L’activité
del’«-amylase
dans les miels naturels varie entre 20 et 7o unités dediastase ;
par contre, dans les miels fournis par des Abeilles alimentées enpartie
avecdu sucre, elle ne
dépasse
pas i5 unités. Dans les miels conservés enmagasin pendant
un an cette activité baisse dans un bon nombre de cas de 20p. 100, mais dans certains miels aucun affaiblissement de
l’x-amylase
n’a été constaté(Z ALEWSK i,
enpréparation).
L’activité de la
p-amylase
ne subit pas dechangement
essentielaprès chauffage
du miel
jusqu’à
50°. Il convientcependant
de noter que laquantité
de!-amylase
dans les différents miels de fleurs est
sujette
àd’importantes
variations. La!-amylase
ne
peut
donc servir de test pour lechauffage
excessif des miels comme, parexemple, l’hydroxyméthylfurfurol qui accuse un accroissement évident après chauffage
du
miel à haute
température (C URYLO , m!6r.)
L’activité de l’invertase des miels
polonais,
mesurée enmilligrammes
de saccha-rose
hydrolysée
en 3 heures par 100 g de miel sec s’élève à 1 o0o à 2 500 mg. Les miels conservés enmagasin
accusentaprès
r2 mois une activité de l’invertase réduite de 30 p. 100 environ(R YCH mK, i g 6i).
L’activité des mielsproduits
par les Abeilles nourries ausirop
estplus
faible : 600 à 1 800 mg(Z AMWSKI ,
enpréparation).
Lors de l’examen de l’activité de la
phosphatase
acide etalcaline,
l’Institut de Skiernievice aappliqué
sa propre méthoded’analyse,
basée dans une certaine mesure sur celle de SCHORMUI,LER. On a constaté à cette occasion que les ionsMg ++
sont desactivateurs de la
phosphatase
acide mise en évidence dans les miels. On a pu prouver que desprocédés
tels que ladialyse
ou laprécipitation provoquent
une inactivation évidente desphosphatases (Z AL E WSKI , ig6o).
Les recherches sur les enzymes contenus dans les nectars sont en cours ; des résultats seront connus en
10 6 1 .
Glucides.
La teneur des miels en saccharose constitue un
problème spécial
pour le marché du miel. Les standardspolonais
admettent 5 p. 100 de saccharose dans les miels necontenant pas
plus
de 2z p. 100 d’eau.Cependant,
les fournisseurs offrent assez sou- vent de bons miels dont la teneur en saccharose estplus
forte et que l’on devrait donc considérer comme falsifiés. C’estpourquoi
nous nous sommes attachés à obte- nir des miels uniflorauxrigoureusement
purs,lesquels
nous servent à déterminer le teneur normale des miels en saccharose(Z AL E W S KY ,
enpréparation).
Il
arrive,
certes,également
que des miels soient falsifiés avec du sucre. Pour détecter de telles adultérations on a élaboré une méthode basée surl’emploi
du réactifde
LuFF-SCHOORi!.
Cette méthode est trèssimple.
Lepersonnel
d’uneentreprise peut,
sans avoir des connaissances en
chimie,
vérifier lui-même enquelques
minutes lavaleur du miel
du’on
lui offre. D’autres recherches ont démontré que les miels falsifiésen saccharose
subissent,
s’ils sont conservés aumagasin,
l’activité del’invertase,
à la suite de
quoi
leur teneur en saccharose baisse en moyenne de I p. 100 parjour.
(Z AI , EI VS KY
,
enpréparation).
Action
bactériostatique
du miel.L’activité propre des différents miels a été examinée sur Micrococcus
pyogenes
v.aureus, souche 209P et sur Escherichia coli souche
OIIl !B 4 .
Les miels de miellat et les miels de Tilleulprésentent
l’activité laplus grande.
Les miels de Colza et de Moutarde deschamps
ont une activité moyenne. Les miels de Sarrasin et deBruyère
ont une acti- vitéplus
faible.Jusclu’ici,
on n’a trouvé aucun mielqui
soit totalementdépourvu
depropriétés bactériostatiques vis-à-vis des microorganismes
sus-mentionnés bien que
25 p. 100 des échantillons ne manifestent qu’une
action faible. Les différents miels se
distinguent
par une activitébiologique
variable selon les microbes.Aussi,
convient-il de définir exactement le microbe utilisé comme test pour caractériser l’activité propre d’un miel(R y c HI ,rK, i()6i).
Oli go-éléments.
Un effectuant des recherches sur les miels on s’est intéressé
également
auxoligo-
éléments
qu’ils
contiennent et, toutparticulièrement
aufer,
au colbalt et au man-ganèse.
Dans les miels de fleurs laquantité
de fer est assez faible : 0,33 à o,44mg parI
oo g de miel. Pour couvrir ses besoins
journaliers
enfer,
l’homme devrait consommerde 300 à 35o g de miel. I,es recherches dans ce domaine sont encore en cours
(Moxl-
KOWS KI
,
H )6 1 ).
Bioflavonoïdes.
La vitamine
P,
dérivée des navones etprévenant
larupture
descapillaires sanguins
chez l’homme estparticulièrement précieuse
pour sonorganisme.
Desrecherches
préliminaires
ontpermis
de constater laprésence
d’unequantité impor-
tante de bioflavonoïdes dans les
miels,
àl’exception
de lalévercytine
et de la rutine.On examine à ce
point
de vue les miels unifloraux purs obtenus par unprocédé spé-
cial
(Z AL E WSKI , I9 6 0 ;
RYCHI,IIi,19 6 1 ).
Méthodes
d’analyse ehimique.
Le
développement
des recherches sur les miels apermis d’apporter des modifi-
cations aux méthodes d’analyse chimique employées jus d u’ici.
On a ainsi reconnu
que de nombreux réactifs habituellement utilisés sont
incapables
destopper
l’activité de l’invertase dans les solutions aqueuses de miel. Il en résulte une cause d’erreursimportantes
au cours de certainsdosages (FE DOR O W S K A, I g6 I ).
Analyse pollinique.
Critiquant
la méthoded’analyse pollinique des miels appliquée jusqu’ici et qui,
qui,
sous sa forme
actuelle,
est essentiellement une méthodequalitative,
on a continuéles recherches sur les miels unifloraux. Les résultats de ces recherches ont servi de base pour l’élaboration d’un tableau de coefficients de correction à
appliquer
auxdifférents miels. On a pu obtenir 27 miels purs unifloraux en
forçant
les Abeilles à butiner le nectar dans un espace clos d’environ 5o m2 ne contenantqu’une
seuleespèce végétale.
Les cages sont construites au moyen de cadres de boisde
4X 2 m recouverts degrillage.
Sous la cage onplace
une ruchette Z!!rn!R dont le cadremesure 20 X 12 cm et
qui
contient un groupe de 300 à 35ojeunes
Abeillesn’ayant
pas encore
volé ;
une reine féconde est enfermée dans unecagette.
I,aquantité
demiel obtenue oscille entre 5 et 224g selon le rendement en nectar de la
plante
et selonles conditions
météorologiques.
On a trouvé que le nombre desgrains
depollen
contenus dans les différents miels unifloraux
peut
varier de 186 à1 7
309 o0o par gramme(fig. 3).
On a cherché
également
à définir l’influence du stadephénologique
des fleurset de
l’aménagement
des ruchers sur laquantité
depollen
dans le miel(D EMlAXO -
WICZ
, 1957,
ig6o, igoi).
Levures du miel.
Les nectars constituent un milieu favorable au
développement
de nombreuses levures. L’examen du nectar fourni par les fleurs de 6plantes
différentes apermis
de trouver 22 levures
appartenant
à la famille desCryptococcacées
et q à la familledes
Endomycétacées (D OLEZAL , ig6o).
II. - RECHERCHES SUR LA SÉCRÉTION NECTARIFÈRE
On a examiné chez 52
espèces
deplantes
la sécrétion du nectar et on a cherché àétablir l’influence
qu’exercent
sur laqualité
et laquantité
de nectar secrétée : lestade
phénologique
desfleurs,
laposition
des fleurs sur laplante, l’épandage d’engrais potassiques, la fertilité du sol,
la densité des semis, l’époque de la floraison,
et, parmi
floraison,
et,parmi
les facteurs
climatiques,
l’influence de l’humidité relative de l’air et celle de latempé-
rature. Le nectar était
prélevé
au moyen depipettes fabriquées
par l’Institut(fig.
4et
5).
En outre, on a examiné en détail la
biologie
de la floraison chezplusieurs espèces
de
plantes.
On a observé lecomportement
des Abeillesposées
sur les fleurs. On aévalué le
rapport
entre les butineuses depollen
et les butineuses de nectar à diffé- rents moments de lajournée.
On a calculé le rendement en miel de cesplantes
àpartir
de la
quantité
moyenne de sucre sécrétée par les fleurs en 24heures,
de la durée de la floraison dechaque
fleur et du nombre de fleurs à l’hectare. Les recherches dans le domaine de la sécrétion nectarifère s’étendent maintenant surplusieurs
années(DE
MIANOWI C
Z
etJ ABI , ONSKI , Ig6o).
III. - RECHERCHES SUR LA POLLINISATION
On a constaté que, dans les vergers, les
poiriers
ne sont pas bienpollinisés
etdonnent peu de fruits. Pour élucider ce
phénomène,
nous avonscomparé
la sécrétionnectarifère des
pommiers,
descerisiers,
despruniers
et despoiriers
en déterminant leur rendement en sucre par arbre ou àl’hectare ;
enplus,
nous avonsprocédé
àl’analyse chromatographique des sucres des différents nectars. Nous avons constaté que c’est
le poirier qui
sécrète le moins de nectar et le prunier
le plus,
ce qui explique pourquoi
les
poiriers
sontnégligés
par les Abeilles.Au cours des
premiers essais, on n’a découvert dans le nectar des arbres fruitiers
que du glucose,
du lévulose et du saccharose (K ONOPACKA ,
en préparation).
L’étude de l’action
pollinisatrice
des Abeilles dans leschamps
d’essais a été effec-tuée en utilisant des cages
spéciales protégeant 8 m2 de plantes
cultivées contre les
visites des Abeilles et de
pollinisateurs
venus du dehors et dont le corps aplus
oumoins les mêmes dimensions. Ces cages
peuvent
être utilisées pourn’importe quelle durée,
parexemple
2, 4, 8 ou I2heures. Il a étéprouvé
que lespollinisateurs
ont aug- menté la récolte à l’hectare du Colza d’hiver(Bvassica Na!us
var.olei f eva)
dans uncas de 12 p. 100 et dans un autre de 41 p. 100. D’autres recherches sur le Sarrasin
(Pago!yvum escutentum)
ont démontré que lapollinisation
y a été effectuée à 86 p. 100par les Abeilles
qui
ont ainsi contribué à un accroissement de récolte degrain
d’en-viron 30 p. 100
(DE MI A N O WI C Z
etR U S ZK O W S K A, Ig58.)
Za’osmo-guidage
des Abeilles selon la méthode de Von FRISCHapermis
detripler
la
production
degrains
de Trèfle violet(Tvi f oli2cm pratense)
parrapport
à la pro- duction normale(DE MIAN O WI C Z , 1 957 ).
IV. - AMÉLIORATION DES RESSOURCES MELLIFÈRES
En
Pologne,
les ruches sont asseznombreuses ;
oncompte
en moyenne 4 coloniesau
km 2 ;
dans certainsdistricts,
cette moyennedépasse
II colonies par km2. Pour cetteraison,
laproduction
du miel diminue par suite d’une concurencetrop
forte.La nécessité se fait donc sentir
d’augmenter
les ressources mellifères.Un
procédé permettant d’augmenter les ressources mellifères consiste à cultiver
des plantes
telles que la Phacélie (Phacélia tenaceti f olia).
Le bétail mange volontiers
un
fourrage composé
delégumineuses
et dephacélie ;
cemélange
donne d’ailleursune meilleure récolte de
fourrage
vert que lemélange composé de légumineuses
et
de céréales
(avoine orge).
Onprocède
actuellement à desanalyses chimiques portant
sur l’azote
(protéines digestibles)
lesgraisses,
les fibres et les cendres(J ABLON -
SKI,
Ig60).
V. - RECHERCHES SUR LA CIRE
Pour se
garantir
contre les tentatives de falsification de la cire au moyen deparaffines,
on aentrepris
des recherches sur la teneur des cires naturelles enhydro-
carbures. De nombreuses
analyses
ontpermis
d’en découvrir environ 15 p. 100.L’analyse chimique
des écailles de cire sécrétées par les Abeilles cirières apermis
decompléter
les recherches antérieures(Z ALEWSKI ,
enpréparation).
Des recherches ont été
opérées
sur la résistance de la ciregaufrée.
Eneffet,
pour détruire les germes de maladies infectieuses on chauffe la cirejusqu’à
120° et il s’estavéré que les feuilles de cire chauffée ont une résistance
mécanique plus grande
que cellesqui
sont obtenues avec de la cire chauffée seulement à 80°(C URYLO , 1959 ).
Pour extraire la cire du rayon on a
employé
une méthode d’extraction par voiechimique.
Laquantité
de cire ainsi obtenue aaugmenté
d’environ 23 p. 100 parrapport
à l’extractionmécanique
traditionnelle(J. CuR y i,o, ig57).
On a élaboré une méthode
colorimétrique
pourindiquer
laquantité
de cirecontenue dans les rayons. Cette méthode est peu
complexe
etrapide (J. CURyI,o et
W.
Z ALFWSKI ,
enpréparation).
VI. - RECHERCHES
BIOMÉTRIQUËS
SUR LES ABEILLES DE POLOGNEAfin de
pouvoir organiser tous les travaux dans le domaine de la sélection et de
l’élevage,
on aentrepris
des recherchesbiométri d ues
sur les Abeilles dePologne.
Les recherches
portent
à la fois sur les caractèresmorphologiques
et sur les caractèresbiologiques.
Pour les mesures on a utilisé 45o échantillons de 100ouvrières ;
on a choisi les caractèresmorphologiques
suivants :1
° Couleur de
l’exosquelette ;
2
° Dimensions de l’Abeille définies par la somme des
largeurs
du 3e et 4e ter-gite abdominal ;
3°
Degré
dedépigmentation
du3 e et 4 ° tergite abdominal ; 4
° Longueur
de lalangue.
5°
Longueur
de l’aile antérieure.6°
Largeur
de l’aile antérieure.7
°
Nombre des hamuli.8°
Largeur
du4e
sternite abdominal.g°
Surface desplaques
cirières sur le4 e
sternite.10
° Valeur de l’index cubital.
Les données
statistiques
ont étéanalysées
et on a pu ainsi établir larépartition
des différentes races existant en
Pologne
ainsi que les zonesd’hybridation.
Les recherches sur les caractères
biologiques
des Abeilles sont en cours. Les élémentspris
en considération sont :1
° Cadence de
développement
des colonies auprintemps.
2
°
Importance
des colonies au moment de la mielléeprincipale.
3°
Douceur.4°
Anecbalie.5°
Hivernage.
6° Inclination au
pillage.
Lorsque l’analyse statistique
des caractèresbiologiques
aura été faite ou pourra fournir unedescription précise des différentes populations régionales
de l’Abeille
polonaise (B ORNUS , ig6o ; G ROMISZ , 19 6 1 ).
VII. - RECHERCHES SUR I/ATMOSPHÈRE INTERNE DES RUCHES
La
quantité
de gazcarbonique présente dans certaines parties
de la ruche est
quelquefois
très élevée. On a démontré que souvent, enhiver,
elle atteintjusqu’à
6 ou 7p. 100 ; dans un cas elle a atteint I I p. 100. Un
phénomène analogue se produit
en été
pendant
lapériode marquée
par l’instinctd’essaimage.
Le gazcarbonique apparaît
comme un facteur essentielréglant
de nombreuxphénomènes
de la vie desAbeilles
(D EMIANOVI ez,
enpréparation).
VIII. - RECHERCHES SUR LA FÉCONDATION DES REINES 1
°
BioLogie
de l’insémination naturelle.On a examiné I 300 reines et observé 3 ooo vols
nuptiaux.
I,e volume moyen du sperme fourni par un faux-bourdon s’élève à 1,7 mm3 alors que les reines ramè- nent du volnuptial
en moyennem,6
mm3 de sperme dans leurs oviductes. Les faux-bourdons fournissent environ z millions despermatozoïdes
et lespeines
ramènent du vol
nuptial
une moyenne de8 7
millions despermatozoïdes.
Ellescopulent
doncpendant
un vol avec, en moyenne, 8mâles,
Parmi les reinesdéjà
inséminées une
fois,
qo p. 100 sont fécondées une seconde fois et 6 p. 100 une troi- sième fois.Une corrélation
négative
a été établie entre lalongueur
des oeufs lesplus grands
dans les ovaires d’une
part
et le volume de la semencerapportée
par les reines du volnuptial,
de l’autre. Le coefficient de corrélation a été trouvéégal
à- 0 ,6.
La lon-gueur des oeufs dans l’ovaire s’étant accrue de 0,1 mm le volume de la semence dans les oviductes a diminué de I mm3.
Les reines
pondeuses
ont, en moyenne, 5,3 millions despermatozoïdes
dansleur
réceptacle
séminal. On a constatéqu’il
existe unrapport
entre ledegré
d’insémi-nation
après
lepremier
volnuptial
et lecomportement
ultérieur de la reine. Les reines fécondées pour la seconde fois ontrapporté
dupremier
volnuptial
g,5millions despermatozoïdes
dans leurspermathèque.
Les reinesqui, après
insémination s’envolaient de laruche,
mais sans être fécondée une secondefois,
avaient dans leurspermathèque
q,5millions despermatozoïdes.
Par contre, cellesqui après
une fécon- dation ne s’envolaientplus
enpossédaient
5,3 millions.Les reines fécondées
pendant
deux volsnuptiaux
avaient en moyenne 5,9 millions despermatozoïdes
et, fécondées au cours de trois vols elles avaient 7 millions despermatozoïdes
dans leurréceptacle
séminal.On a constaté que
8, 7
p. 100des reines fécondées s’envolent de la ruche pour la seconde fois le mêmejour ;
60à8 3
p, 100de ces Reines sont fécondées pour la seconde fois le mêmejour.
Au moment dequitter
la ruche elles ont encore dans leurs oviductes 9mm3de semence provenant de lacopulation précédente.
On a constaté une corréla-tion entre le moment du second vol et le
comportement
ultérieur de la reine. Sil’espace
detemps
entre deux vols s’accroît de 10minutes,
le second vol se trouveréduit de 2minutes
(coefficient
de corrélation0 , 71 ).
Plus letemps
entre deux vols estlong,
moins le nombre des mâles aveclesquels
la reinecopule
est élevé et, par consé-quent,
moins elle a despermatozoïdes
dans sonréceptacle
séminal.Lorsque
letemps
entre le vol
nuptial
et le vol suivantdépasse
uneheure,
la reine necopule plus
lemême
jour
bienqu’elle
aitquitté
la ruche(W OYK E, i 9 6o).
2
° hZSémiz2ation
artificielle.
On a constaté que si la
quantité
de sperme utilisée est faible et n’atteint que8
MM 3 @
il est enprincipe
indifférent due la reine soit inséminée une fois ou deux foisavec la moitié de cette
quantité. Lorsque
laquantité
de spermedépasse
8 mm3 etva
croissant,
on obtient de meilleurs résultats en divisant la dose en deuxparties
eten inséminant la reine deux fois et à deux
époques
différentes. Pour obtenir le même nombre despermatozoïdes
que chez les reines fécondées par voienaturelle,
laquanti-
tité minima de semence devrait s’élever à 8 mm3. En la
portant jusqu’à
16 mm3 eten la divisant en deux
parties (2 X 8 mm 3 ) on peut
même arriver à des résultats
meilleurs que ceux que donne l’insémination naturelle.
3° Hétévosis.
On
poursuit
des recherches sur laproduction
de familleshybrides
par croisementsmultiples
et onprocède
à la vérification de leur valeur. A cet effet leshybridations
suivantes ont été effectuées : A.
mellifica
X A.melli fica
A. mellica X A. caucasica A.
mellifica
X A.ligustica
A.
melli feca
X A.melli fica,
A.caucasica,
A.ligustica
A. caucasica X A. caucasica A. caucasica X A.
melli fcca
A. caucasica X A.
ligustica
A. caucasica X A.
caucasica,
A.mellifica,
A.ligustica.
ainsi que certaines combinaisons de A.
Ligustica
X A.ligustica
et les autres races(J. W OYKE , en préparation).
4°
Mutants.Afin de
permettre
des observations sur lagénétique
de l’Abeille ainsi que surla
physiologie
et labiologie
de lareproduction
on élève des Abeillesporteuses
de muta- tions telles quebk, ch l ,
m,ch 2 ,
cd et wr(W OYKE ,
enpréparation).
On se sertégale-
ment des mutations pour contrôler la valeur des stations de fécondation
(K ONOPACKA ,
en
préparation).
5
°
Recherches sur le volnuptial.
Des recherches sont en cours en ce
qui
concerne l’influence des conditions atmos-phériques (température, insolation, précipitations, vents, humidité de l’air, etc.)
sur le processus de fécondation naturelle des reines. La
température optimale des
vols
nuptiaux
suivis de fécondation est de 20à 21°. Untemps légèrement couvert et
une
température supérieure à a5° favorisent les vols. Lorsque
le vent dépasse 4 m/s
le nombre des vols diminue
(SoczEK, z 959 ).
Les différences entre la fécondation des reines dans une station de fécondationpossédant beaucoup
de mâles et dans unestation n’en
ayant qu’un
nombre restreint ne sont pas trèsmarquées.
On a pu l’établir par des mesures faites sur les oviductesremplis
de spermeaprès préparation
desreines dans l’alcool
(KoxorACKA,
enpréparation).
6
0 Valeur des reines
préParées par des procédés différents.
On a
procédé
à des recherchescomparatives
sur la valeur des reines obtenues enpériode d’essaimage, en élevage
artificiel et en cellules de sauveté ;
on a pris
comme
terme de
comparaison
le nombre des tubesovariens,
lacapacité
deponte
et la viabi- lité du couvain(S O C ZEK ,
enpréparation).
IX. - RECHERCHES SUR LES MALADIES DES ABEILLES
L’examen de
l’hémolymphe permet de déterminer le nombre des hémocytes
chez
les Abeilles adultes. Ces recherches ont pour but d’établir les
rapports numériques qui
existent entre les différentshémocytes
et leurcomportement
lors de diverses maladies(KIRI!oR,
enpréparation).
Des recherches sur le taux de calcium dans le corps des larves dans différentes
régions
sontpoursuivies
en vue de déterminer l’influence éventuelle du calcium dansl’origine
de laLoque européenne
et dans l’évolution de cette maladie. Les recherchesporteront
à l’avenirégalement
sur lemagnésium,
le sodium et lepotassium (K IRKOR ,
en
préparation).
X. - RECHERCHES SUR LA GELÉE ROYALE
Les recherches sur l’influence de la
gelée royale
sur la croissance des Mammi- fères(lapins
etrats) comparée simultanément à l’action de l’hormone de synthèse
S. T. H.
qui
active la croissance ont montré que chez les rats cette influence estposi-
tive alors que chez le
lapin
lagelée royale
neproduit
aucun effet favorable. Les pre- miers résultats des recherchesindiquent également
que si l’on administre 100mg degelée royale
toutes les 24 heures son action estplus marquée
que celle de la S. T. H.( 2
mg).
Les recherches des différentes sections du Centre amènent à conclure que chez les rats il y a unelégère dégénérescence adipeuse
des cellules du foie et une diminu- tion sensible du corpsthyroïde (MATUSZ!wsxl, en préparation).
XI. - DIVERS
Outre les recherches sus-mentionnées on en
poursuit
de nombreuses autres ayant un caractèreplus pratique. Ce sont des recherches expérimentales
sur :
- la sélection et
l’élevage
desreines,
-
l’hivernage
des reines au laboratoire en dehors de la grappe(méthode roumaine).
- la valeur
pratique
des races puresimportées (A. melti fcca carnica, A. m.
caucasica,
A. m.ligustica,
A. m.acervovum)
et deshybrides produits par croisement
avec l’Abeille
polonaise.
- les dimensions naturelles des alvéoles dans les rayons à