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Observations sur l'influence de la neige sur la température de l'air
CHAIX, Emile
CHAIX, Emile. Observations sur l'influence de la neige sur la température de l'air. Le Globe , 1891, vol. 30, no. 2, p. 164-166
DOI : 10.3406/globe.1891.1778
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:155874
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l!,'.,;tmit du GLOB E, Jounwt géugruphiqu1,
ORUAN E DE LA 90UitTt DE GtOARAPHIE DE GENèVE Tome XXX. - Bulletin n" 2.
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ÜBSEHVAT!ONS SUH L'JNFLUENCE DE LA NEIGE SUH LA TEMPÉRATUHE DE L'AIH.
M. Émile Chaix, privat-docent à l'Université et Secré- taire général ùe la Société de Géograpl1ie, communiqu tJuelt1ues-uns des résultats d'une série d'observations qu'il
, 1îenL de faire en décembre el janvier sur l'influence de la neige sur la tempémt..ure de l'air. Ces observations ont été exécutées sur lit terrasse de la maison n° 22, chemin du )fail, Plainpalais.
·Quôique l'emplacement fùt pen favorable, ces observa- tions ont confirmé en général les principes établis par :\DL J. Hann et A. Woeïkof.
Pendant sa chute, la neige devrait élever la tempéra- ture, puisqu-e sa formation can se un dégagement de cha- leur. Mais nous poûYOl1S recevoir la neige sans profiter du dégagement de chaleur, qui se fait dans des régions plus élevées de l'atmosphère.
Toutefois une neige abondante ne pouvant venir que d'air d'une humidité absolue considérable, clone chaud, le mélange de cet air avec les couches inférieures froides doit amener un adoucissemei1t de la température. Tel a été le cas le 21 janvier, où il est tombé om,08 de neige en gros flocons par - 13 ° C. ; aussi le lendemain le thermo- mètre ne marquait plus que - 0°, 4-.
Cette chute de neige par - 13 ° est un fait exceptionnel.
M. Berndt donne ' comme températures extrêmes obser- vées pendant des chutes de neige
+
&. 0 et - 11 •I ".La neige de ceL hiver
nousa
p1·01l\'éplusieurs
fois<Ju'elle venait
derégions
moin·sfroides
quela
surfa·ce de la terre. Ainsi, à 6 heures du so.ir, le 30 décembre, pen- dant une chute de om,09 de neige, l'air, à ·lm du sol, avait2
- o
0, l.anùis 40.e la 1;ouohe sup~r!ii;~~lle dé li,neig,e
fl'afohe,pendant qu'elle r.omhait,
n'.rvnit,que -~0 ,3,c.:e qni
constitue 110e d'ill'érencelle 2° ,7
à son (l.vanlage.~1i\is,
fortpeu
de temps après la fin de lachute,
à 9 l'i. ,:\.5 du_soir,
l'égu.ilibre était tléjà t·élttbli : le thermomètre marquait - 3°,3 à oni,O<tcle
profondeur tlans la neigeel ;)
sa sur- face, et - 3° ,i à 1 et à 2 mètres dans l'air.Une fois que la neige est à terre, elle favorise ou cause, ùe quatre manières, le refroidissement cles couches infé- rieures de.l'atmosphère : 11 ° elle empêche le sol d'échauf- fer l'air en arrêtant l'émission ·(le la clrnleur interne;
2° elle se refroidit extrêmement par rayonnement et com- munique son froid à l'air; 3° dans un endroit entouré de hauteurs elle favorise l'accumulation cl'air froi.cl dans la vallée; q." si elle couvre dp, grands espaces elle arrête ou circonscrit les dégels.
1 ° Pour plus cle quarante observations, la moyenne des
tem_pérnlllres
il la surface de ln.neige
a éLérle 2°
C. plus basse quecellê
destem'J)èrntures
à la surface clu sol m1, bien balayéel
d'aiJleurs très vite dèbarmssé par évapora- tion desqu.elques parcelles
de .neige (J ui -y restaient. fot différence extrême, par un des rnres jours clairs el calmes que nous ayons eus, a été cle If O ,2 le 21 janvier à 6 lteures du soir. .L'air et le vent inférieurs ont clone dù ètre en moyenne de 2° plus froids que de juste, parce qu'ils reposaient on avaient passé sur la neige et non sur le sol nu.
2°
La.
neige ayant, surtout lorsqu'elle est fraiche OLlpul-
vérulente, une puissance rierayonnemenL
bettUcoup plus grandeque
le sol, se refroidit o·utre mcsù1·e quand le temps estclnir
et calme. Dans ce <:a.s l'air seramoins
froid à quelques mètres au-dessus lie la neige que sur la neige même.Quoiqu'il ne fùt pas possible tle faire des observations exactes à plus de 2 mètres clu sol, un renversement sen- sible des :tempétaLW'es a pu OLre const.i Lé plusieurs fois.
La surface de la neige a été sensiblement ph:1s Croide que l'air
u
2 mètres treize fois, mais surtout aux dates sui- vantes : le 5 janvier (1 ° ,9), ,le 6 (•1 ° ,7 et 1 °), le 7 c,1 °), le 8 (0° ,2 et 1 °), le 20 (0° ,5).3
Qrurnd le temps est couvert, :-;urtout lorsqu'il y a du vent, le rayonnement est moindre et la couche inférieure
de l'air ne sera pas plus froide que celles qui sont plus .- loin de la neige (sans parler des phénomènes de conden- ·
sation). L'air a élé plus froid à 2 mètres qu'à la surface de la neige dix fois, surtout le 30 décembre ('1 ° ,2), le 3 jan- - vier (0° ,9), le ,J 8 (0° ,;'\ et 0° ,8), le 20 janvier au soir (0° ,8).
3° Le refroidissement de la plaine par la desr.;ente de l'air froid le long des pentes de neige et son accumulation dans les enfoncements a_ été établi par les observations simultanées de stations météorologiques situées à diverses hauteurs. Une course an Reculet, le
+
janvier, a permis a M. Chaix de le r.;onstater.ff0 Quant au retard apporté par la neige dans le retour lie la chaleur, nous en avons eu quatre exemples, les ~1, 23 et 3,1 décembre, puis le 5 janvier, par le vent du S.-0.
On peut expliquer ainsi l'action rie la neige clans ce sens : s'il n'y avait pas eu de neige chez nous, le sol, grâce à sa faible chaleur spécifique, amait profité de l'échauffement, surtout le 5 janvier, puisque le soleil bril- lait; l'air que notre région aurait envoyé au plateau suisse aurait donc pu y fondre la neige, et celui qui nous en serait venu plus tard aurait eu une température d'envi- ron 0°; m[lis notre neige a absorbé la chaleur venue du S., et comme elle s'est trouvée assez épaisse pour survivre, le thermomètre est redescendu dès que ·le vent est tombé.
En effet, dès le lendemain cles quatre journées de radoucissement, le thermomètre est reclescenciu respecti- vement à -7°, -2°,7, -5° et -;'\0J; et, les 7, 8 et
9 janvier, le plateau suisse nous envoyait de la bise fi -7°,6, -6°,8 et -7°,9.
En résumé, la neige a certainement accentué nos froids et a contribué à les faire durer - clans l'air, car son a·ciion sur le sol lni-même est contrr1ire.
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