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ans nos services spécialisés en médecine des voyages, la consul- tation des voyageurs avant leur départ se focalise sur la prévention des maladies infectieuses par la vaccination (par exemple : fièvre jaune, hépatite A), la prévention des piqûres d’arthropodes, la prescription d’antipaludéens en chimioprophylaxie (zones à haut risque) ou en traitement de secours (zones à faible risque), et des recommandations préventives, as-sociées à un traitement de secours con- tre les diarrhées du voyageur. D’autres recommandations plus individuelles sont également intégrées comme la prévention des maladies sexuellement transmissibles ou de la schistosomiase (baignades en eau douce en Afrique).
Prévenons-nous des maladies gênantes ou graves ? Certainement. Sauvons- nous des vies ? Très probablement. Pourrions-nous en sauver plus ? Très probablement aussi.
Moins de 5% des décès des Suisses voyageant à l’étranger sont dus à des maladies infectieuses. Les voyageurs suisses meurent d’accidents de la cir- culation, d’exacerbations de maladies chroniques, de noyades ou d’homi- cides. Si la preuve de l’efficacité de mesures préventives contre ces causes de décès chez le voyageur reste à démontrer, certaines mesures ont prouvé leur efficacité en Europe, telles que le port du casque à moto ou de la cein- ture de sécurité en voiture. Il paraît indispensable de les rappeler pendant la consultation car les milliers de kilomètres, la douceur du sable et la cha- leur des tropiques provoquent une évasion mentale qui emporte avec elle des attitudes salvatrices pourtant bien ancrées à la maison… Le rôle des médecins de premier recours est également essentiel pour informer les voya- geurs sur les risques d’exacerbation de maladies chroniques et s’assurer que la trousse de secours contienne les médicaments adéquats et le sac de voyage un extrait de dossier médical en langage approprié. Nous devons éga- lement apprendre des départements médicaux d’organisations humanitaires comme le CICR et MSF la gestion du risque sécuritaire chez les expatriés et adapter leurs principes aux voyageurs.
Le développement de la télémédecine et des applications pour télépho- nes portables devrait être une aide précieuse pour les voyageurs et pour les professionnels de santé : accès à distance à des professionnels de santé, capteurs biomédicaux pour l’aide au diagnostic, dossier électronique du pa- tient, informations sécuritaires par pays, etc.
Les spécialistes en maladies infectieuses et tropicales auront toujours un rôle central, car l’émergence, la réémergence et la globalisation des mala- dies infectieuses nécessiteront toujours un suivi au quotidien des systèmes de surveillance épidémiologique et des recommandations spécifiques aux voyageurs et aux médecins de premier recours. Néanmoins, les cibles et les outils de prévention et de communication doivent être adaptés aux besoins et aux risques individuels des voyageurs. D’une manière générale, l’impact des messages donnés devrait aussi être mieux évalué pour savoir lesquels conserver, modifier, ajouter ou carrément supprimer. L’intégration de pro- fessionnels de la communication devrait aussi être envisagée pour optima- liser cette démarche.
Consultation des voyageurs :
messages… mais sages…
«… Moins de 5% des décès des Suisses voyageant à l’étranger sont dus à des maladies infectieuses …»
éditorial
Revue Médicale Suisse –www.revmed.ch–7 mai 2014 995
Editorial
F. Chappuis B. Genton
François Chappuis
Service de médecine tropicale et humanitaire
Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences
HUG, Genève
Blaise Genton
Service des maladies infectieuses CHUV
Centre de vaccination et médecine des voyages – PMU
Lausanne Articles publiés
sous la direction des professeurs