Organisation mondiale de la Santé
Bureau régional de l’Afrique
MANUEL DE FORMATION
SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA
PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE
CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE : MANUEL DU PARTICIPANT
ISBN 978-929031244-4
© Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Afrique 2017
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Citation suggérée.Manuel de Formation sur la Planification Stratégique de la Prévention et de la Lutte Contre le Cancer du Col de l’utérus en Afrique : Manuel du Participant. Brazzaville : Organisation mondiale de la Santé ; 2017.
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Conception et impression : Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, République du Congo
es cancers de la femme, en particulier ceux du sein et du col de l’utérus, sont très répandus. On estime que plus de 266 000 femmes meurent chaque année d’un cancer du col de l’utérus, et 87 % de ces décès se produisent dans les régions les moins développées du monde à l’instar de la Région africaine de l’OMS. Cette pathologie inflige un fardeau économique et social considérable qui affecte directement l’Afrique. Si rien n’est fait, le nombre de décès atteindra 416 000 en 2035.
Le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent et représente la première cause de mortalité par cancer chez les femmes dans les pays en voie de développement. En Afrique subsaharienne, 34,8 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus pour 100 000 femmes sont détectés chaque année, et 22,5 femmes pour 100 000 meurent de la maladie.
Dans de nombreux pays, l’élaboration de stratégies de prévention et de contrôle du cancer du col de l’utérus se heurte à de nombreux problèmes et défis. Citons par exemple l’absence de politiques, de stratégies et de programmes de lutte contre le cancer, le manque de données récentes et complètes, le lourd fardeau économique et psychosocial infligé par la maladie, l’insuffisance ou le manque d’informations et de compétences, le coût élevé de la vaccination contre le Papilloma virus humain (PVH), l’indisponibilité de la prévention secondaire, l’inaccessibilité des ressources thérapeutiques et le désintérêt pour les soins palliatifs, l’inaccessibilité géographique de la prévention tertiaire, et le manque de collaboration et de coordination des interventions.
L’incidence du cancer du col de l’utérus peut être réduite en appliquant des stratégies fondées sur des bases factuelles pour la prévention, le dépistage et la prise en charge des patients, y compris le diagnostic et le traitement.
Des efforts doivent être faits pour accroître la sensibilisation au fait que le cancer du col de l’utérus est une maladie évitable et contrôlable.
Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique a assisté les États Membres dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans intégrés et complets de prévention et de contrôle du cancer du col de l’utérus. D’autres mesures ont également été prises, notamment la concentration et l’harmonisation de l’appui apporté aux pays pour renforcer la couverture des activités de dépistage et de traitement, le développement de registres du cancer dans divers pays, l’introduction du vaccin contre le PVH comme mesure de prévention primaire du cancer du col de l’utérus, et l’élaboration d’une série d’outils en collaboration avec les partenaires, en particulier la Fondation Bill et Melinda Gates.
Nous sommes résolus à faciliter et à accentuer la coordination des activités, le plaidoyer et la sensibilisation, le financement et la mobilisation des ressources, le renforcement des capacités, ainsi que l’innovation, le développement et l’accès aux produits dans tous les secteurs à l’échelle locale, nationale et régionale.
Le présent travail - présenté à travers une série d’outils de formation - porte sur la base de compétences des pays, la sensibilisation, les politiques d’information, d’éducation et de communication, la planification stratégique, le dépistage par l’utilisation de la méthode d’’inspection visuelle et la pratique de la cryothérapie dans le cadre de la prise en charge du cancer du col de l’utérus. Nous osons espérer que ces mesures contribueront à renforcer les capacités du personnel de santé au niveau des pays.
Je tiens à remercier mes collègues, les scientifiques et tous nos partenaires, notamment la Fondation Bill et Melinda Gates, dont les efforts ont contribué à cet accomplissement inestimable. Nous avons foi que le présent ouvrage fera figure de ressource exhaustive pendant de nombreuses années.
Préface
L
es maladies non transmissibles (MNT) constituent la principale cause des décès et des incapacités dans le monde, imposant aux individus, sociétés et systèmes de santé un lourd fardeau sur les plans sanitaire et économique, en plus d’entraîner chaque année le décès d’environ 8,2 millions de personnes.
Le cancer du col de l’utérus est le cancer le plus fréquent et la principale cause de mortalité liée au cancer chez les femmes dans les pays en développement. En Afrique subsaharienne, 38,4 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués pour 100 000 femmes annuellement, tandis que 22,5 femmes sur 100 000 décèdent de cette maladie, contre 6,5 nouveaux cas et 2,5 décès pour 100 000 femmes en Amérique du Nord.
Le principal facteur de risque associé au cancer du col de l’utérus est l’infection à virus du papillome humain (VPH) qui survient généralement pendant l’adolescence après les premiers rapports sexuels. En Afrique, la prévalence de l’infection à VPH est estimée à 21,3 %, avec des variations considérables d’une région du continent à l’autre. C’est ainsi que le taux de cette infection est de 33,6 % en Afrique de l’Est, contre 21,5
% en Afrique de l’Ouest et 21 % en Afrique australe. Au nombre des autres facteurs de risque, l’on pourrait citer le tabagisme, la faible propension à subir le test de dépistage et les insuffisances dans le traitement des lésions pré-cancéreuses. La co-infection du virus du VPH et du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) accélère la progression vers le cancer.
Le cancer du col de l’utérus peut être prévenu et traité s’il est dépisté assez tôt. L’OMS recommande une approche globale pour la prévention du cancer du col de l’utérus et les interventions de lutte couvrant la prévention aussi bien primaire que secondaire et tertiaire.
En Afrique, il y a plusieurs problèmes et défis dans la prévention du cancer du col de l’utérus et la lutte contre cette maladie. Il s’agit notamment du manque de politiques, de stratégies et de programmes de lutte contre le cancer du col de l’utérus; du manque de données récentes et complètes ; du lourd fardeau économique et psychosocial de cette maladie ; de l’insuffisance ou du manque d’informations et de compétences ; du coût élevé de la vaccination contre le VPH ; de la non-disponibilité de la prévention secondaire ; du caractère peu abordable des ressources thérapeutiques et de la négligence des soins palliatifs ; de l’inaccessibilité géographique pour la prévention tertiaire ; et du manque de collaboration et de coordination des interventions.
Ces constatations font ressortir la nécessité de mettre au point et/ou d’adapter des outils pour appuyer
Avant-propos
L
e manuel de formation à la planification stratégique de la prévention et de la lutte contre le cancer du col de l’utérus en Afrique a été élaboré par Daniel Murokora (Initiative pour la santé des femmes en Ouganda) ; Jean-Marie Dangou, Mary-Anne Land et Prebo Barango (Organisation mondiale de la Santé).
Des contributions à ce manuel ont été reçues d’un certain nombre de collègues de l’intérieur et de l’extérieur de l’OMS. Nous nous félicitons des contributions des pays dans la revue de ce manuel. Au sein de l’OMS, nous tenons à remercier Nathalie Broutet, Raymond Hutubessy mais aussi le Dr Emmanuel Mugisha (PATH Ouganda), et Mme Theopista Wenene (Ministère de la Fonction publique de l’Ouganda) pour leurs contributions.
L’OMS tient à remercier les participants à la Réunion d’experts sur la finalisation des outils de prévention et de lutte contre le cancer du col de l’utérus, tenue du 13 au 15 avril 2015 à Brazzaville, en République du Congo, pour leur revue et leur rétroaction.
L’OMS tient également à exprimer sa sincère gratitude à la Fondation Bill & Melinda Gates pour avoir financé, à titre de don, la présente trousse d’outils, dans le cadre des efforts d’allègement du fardeau du cancer du col de l’utérus dans des pays sélectionnés et supportant un lourd fardeau à cet égard dans la Région africaine.
Le présent manuel s’appuie sur les bases factuelles et l’expérience des activités stratégiques menées au titre de la prévention et de la lutte contre le cancer du col de l’utérus dans la Région africaine et à l’échelle
Remerciements
L
PREFACE 5
AVANT-PROPOS 7
REMERCIEMENTS 9
INTRODUCTION 13
Pourquoi le cancer du col de l’utérus ? 13
Qu’est-ce que la planification stratégique ? 14
Qui doit participer à la planification ? 14
Comment utiliser le présent manuel ? 15
SECTION A – PREPARATION POUR LA FORMATION 17
CONTEXTE 17
SECTION B – PLANIFICATION STRATEGIQUE 25
Session 1 – PREPARATION POUR LA PLANIFICATION STRATEGIQUE 25
Session 2 – ACHEVEMENT D’UNE EVALUATION SITUATIONNELLE DES BESOINS 27 Session 3 – ELABORATION D’UNE VISION, DES BUTS ET DES OBJECTIFS 30
Session 4 – PREPARATION DES PLANS D’ACTION/ACTIVITES 33
Session 5 – ETABLISSEMENT DU COUT DU PLAN STRATEGIQUE 34
Session 6 – EVALUATION DU PLAN STRATEGIQUE 35
Session 7 – ELABORATION D’UN PLAN A STRATEGIQUE 37
Session 8 – DIFFUSION ET MISE EN OEUVRE DU PLAN STRATEGIQUE 38
Annexe 1.0 Exemple de liste des participants et des autres parties prenantes 39
Annexe 2.0 Liste des matériels de formation 41
Annexe 3.0 Exemple pour la portée, le but, les objectifs, le programme et 43 la liste des documents à lire
Annexe 4.0 Exemple de plan d’évaluation de la formation 45
Annexe 5.0 Exemple de programme de formation à la planification stratégique 47
Sommaire
Pourquoi le cancer du col de l’utérus ?
(Manuel inspiré des Lignes directrices de l’OMS pour la lutte contre le cancer du col de l’utérus)1.
n Le cancer du col de l’utérus est dans une large mesure une maladie évitable, mais à l’échelle mondiale, il constitue l’une des principales causes des décès imputables au cancer chez les femmes.
n A l’échelle mondiale, jusqu’à 266 000 femmes meurent chaque année du cancer du col de l’utérus.
n Le cancer du col de l’utérus constitue la principale cause des décès imputables au cancer en Afrique de l’Est et en Afrique centrale.
n La majorité de ces décès peuvent être prévenus, à la faveur de l’accès universel à des programmes complets de prévention et de lutte contre le cancer du col de l’utérus, qui peuvent pourtant bénéficier à toutes les filles, à travers la vaccination contre l’infection à VPH et le suivi et le traitement de toutes les femmes avant qu’elles ne développent le cancer du col de l’utérus.
n Les causes du cancer de l’utérus sont connues : pratiquement tous les cas de cancer du col de l’utérus sont causés par une infection persistante (de très longue durée) due à un ou plusieurs types de VPH à
«haut risque» (ou oncogènes).
n Nous connaissons l’évolution de l’infection à VPH et la très lente progression de cette maladie chez les femmes pour passer de l’étape normale (saine) à celle du pré-cancer, puis à celle du cancer invasif, cette dernière étant potentiellement fatale.
n La période de 10 à 20 ans entre l’étape du pré-cancer et celle du cancer offre des opportunités suffisantes de dépistage et de traitement précancéreux pour éviter la progression vers le cancer. Toutefois, les femmes immunocompromises (par exemple les femmes vivant avec le VIH) progressent plus fréquemment et plus rapidement vers l’étape du pré-cancer, puis celle du cancer du col de l’utérus.
n L’OMS recommande une approche globale, en tenant compte de l’évolution naturelle de la maladie, en vue de promouvoir les interventions ciblant divers sous-groupes au sein de la population.
n Il y a plusieurs tests disponibles et d’un coût abordable, qui peuvent permettre de détecter systématiquement l’étape du pré-cancer, ainsi que plusieurs options abordables pour le traitement à ce stade.
n Il existe maintenant des vaccins contre l’infection à VPH. Si ces vaccins sont administrés à toutes les filles avant qu’elles n’atteignent l’âge de la maturité sexuelle, ils peuvent prévenir une grande proportion des cancers du col de l’utérus.
n Jusqu’à ce que l’on parvienne à l’accès universel aux programmes de prévention et de lutte contre le cancer du col de l’utérus, à la faveur de l’élimination des iniquités actuelles, les importantes disparités dans les taux d’incidence et les taux de mortalité dans différents milieux continueront à attester amplement du manque de services complets et efficaces de lutte et de prévention.
1OMS, Lignes directrices pour la lutte contre le cancer du col de l’utérus, 2014, Genève, Suisse.
Introduction
Qu’est-ce que la planification stratégique ?
Par planification stratégique, l’on entend les capacités de gestion organisationnelle permettant de déterminer les priorités, de s’assurer que tous les acteurs œuvrent à l’atteinte d’objectifs communs, de parvenir à un accord sur les réalisations et/ou les résultats souhaités, et d’évaluer et d’ajuster les orientations organisa- tionnelles au regard des changements intervenant dans l’environnement. Les décisions et mesures fonda- mentales à même d’éclairer et de guider la vision, la mission et les interventions d’une organisation passent par des efforts disciplinés, en pensant essentiellement à l’avenir. Une planification stratégique efficace permet de déterminer non seulement la direction à suivre par une organisation et les initiatives à prendre pour enregistrer des avancées, mais aussi de déterminer les voies et moyens d’en garantir le succès (Figure 1) Figure 1 : Processus de planification stratégique
Pourquoi la planification stratégique est-elle importante dans la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus ?
n Facilitation d’une coordination rigoureuse entre les femmes et facilitation des technologies et de la prestation de services
n Promotion de la mobilisation des ressources (ressources humaines, services et technologies)
n Une exigence des institutions de financement et des donateurs tels que la GAVI Qui devrait participer à la coordination ?
Les principaux responsables au sein de l’administration privilégient une approche essentiellement sectorielle pour l’engagement de toutes les parties prenantes (comme dans le cas des ministères de la Santé, de l’Education, des Transports et des Finances), ainsi que de tous les acteurs intervenant dans le continuum de la prévention et de la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Il convient d’impliquer au moins une personne habilitée à prendre des décisions stratégiques ainsi qu’une autre personne capable de gérer le processus. L’Annexe 1.0 présente une liste des participants proposés, mais cette liste peut être ajustée en fonction de la situation particulière d’un pays donné.
14 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Processus de planification stratégique Evaluation des opportunités et des
barrières actuelles et futures
Evaluation
Evaluation des progrès vers l’atteinte des buts et des objectifs
Orientation organisationnelle Définition de la vision, des buts et
des objectifs
Elaboration de la stratégie Activités, budgets et mise
en œuvre
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Comment utiliser le présent manuel ?
Des stratégies de sensibilisation à la prévention et à la lutte contre le cancer du col de l’utérus existent certes depuis quelques années, mais bon nombre de pays se trouvent à divers stades des processus d’élaboration et de mise en œuvre de stratégies de vaccination, de dépistage et de traitement du cancer du col de l’utérus.
Le présent manuel facilite l’élaboration et la mise à l’échelle de plans stratégiques pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus selon une approche intégrée et complète.
Le présent manuel fournit une série d’informations et d’idées pour aider les équipes pays à élaborer une stratégie de prévention et de lutte contre le cancer du col de l’utérus. Ces informations sont regroupées en deux sections et huit sessions de formation comme suit:
Section A– Préparation et contexte Section B – Planification stratégique
Session 1 –Préparation pour la planification stratégique/le leadership Session 2 – Analyse de la situation/évaluation des besoins
Session 3 - Vision, buts et objectifs Session 4 - Plans d’action/activités
Session 5 – Etablissement du coût du plan stratégique Session 6 – Evaluation du plan stratégique
Session 7 – Elaboration d’un plan stratégique Session 8 - Diffusion et mise en œuvre
Pour chaque section, les informations fournies visent à guider la session de formation, tandis que les travaux en groupes sont axés sur les mesures recommandées.
Le présent manuel des participants est à compléter au cours des différentes sessions.
Afin d’être prêt pour le processus de formation :
1. chaque participant doit accorder toute l’attention et tout le temps voulus à la session de formation 2. chaque équipe pays doit venir prendre part à la session de formation en se munissant des informations
pertinentes sur la situation du cancer du col de l’utérus dans son pays d’intervention
3. chaque équipe pays doit également se munir des lignes directives existantes sur le cancer di col de l’utérus, ainsi que des matériels et plans d’IEC pertinents, le cas échéant
CONTEXTE
(D’après les Lignes directrices de l’OMS pour la lutte contre le cancer du col de l’utérus)2
Durée: 60minutes (45minutes pour l’exposé et 15minutes pour le jeu de questions-réponses) Historique du cancer du col de l’utérus
Qu’est-ce que le cancer ?
Par cancer, l’on entend une croissance maligne, autonome et incontrôlée des cellules et des tissus. Une telle croissance contribue à la formation de tumeurs qui peuvent envahir les tissus dans les zones touchées et entraîner de nouvelles croissances similaires au cancer initial dans d’autres parties éloignées de l’organisme.
C’est ce que l’on appelle les métastases. A mesure que le cancer se propage, il détruit les tissus normaux et mène la concurrence pour les nutriments et l’oxygène.
Qu’est-ce que le cancer du col de l’utérus ?
La persistance de l’infection cancérigène de type VPH (ou HPV) est la cause de la plupart des cas de cancer du col de l’utérus. Jusqu’à 90 % des cas de cancers du col de l’utérus sont des cancers épidermoïdes et touchent initialement la zone de transformation de l’exocol, les 10 % de cas restants étant des adénocarcinomes qui se constituent dans la couche cylindrique glandulaire de l’endocol.
Le cancer du col de l’utérus peut être prévenu par la vaccination des filles (âgées de 9 à 13 ans) contre les papillomavirus humain qui en est la cause, ainsi que par le dépistage et le traitement des lésions pré- cancéreuses chez les femmes, étant donné que ces lésions interviennent plusieurs années avant la phase du cancer du col de l’utérus. Par ailleurs, s’il est détecté assez tôt et traité, le cancer du col de l’utérus peut encore être guéri.
Qu’est-ce que le pré-cancer du col de l’utérus ?
Le pré-cancer du col de l’utérus est un changement distinct intervenant dans les cellules épithéliales de la zone de transformation du col de l’utérus. Ces cellules commencent alors à prendre une forme anormale, avec la présence d’une infection à VPH persistante ou de long terme.
Dans la majorité des cas de cancer, même s’il y a eu un stade précurseur, les effets sont trop brefs pour qu’on s’en aperçoive effectivement et ne se prêtent pas facilement à un diagnostic ni à un traitement. Le cancer du col de l’utérus est l’un des très rares cancers dont le stade précurseur (celui du pré-cancer) dure de nombreuses années avant de devenir un cancer invasif que l’on peut alors facilement dépister et traiter.
Malheureusement, bien qu’il soit évitable, le cancer du col de l’utérus entraîne encore le décès d’un grand nombre de femmes dans beaucoup de pays. Cette situation s’explique par le manque d’accès aux services de prévention et de traitement, un problème lié à de nombreux facteurs tels que les barrières limitant l’accès des femmes aux services de santé (par exemple les heures d’ouverture, les distances à parcourir et le
PREPARATION POUR LA FORMATION
2OMS, Lutte contre le cancer du col de l’utérus, 2014, Genève, Suisse.
SECTION A
18 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
manque de moyens de transport), ainsi que par les barrières culturelles et sexospécifiques. Toutefois, la principale cause est la pauvreté.
Infection à VPH et cofacteurs favorisant la persistance des infections
La principale cause du pré-cancer du col de l’utérus et du carcinome épidermoïde est l’infection asymptomatique persistante ou chronique par un ou plusieurs types de VPH à haut risque (cancérigènes ou oncogènes).
L’infection à VPH est l’infection virale sexuellement transmissible la plus courante.
Sur les plus de 100 types d’infection à VPH recensés, la plupart d’entre eux ne sont pas associés au cancer du col de l’utérus. Sept sur dix (70 %) de tous les cas de cancer du col de l’utérus signalés à l’échelle mondiale ne sont causés que par deux types de VPH, à savoir le type 16 et le type 18. Quatre autres types de VPH à haut risque, à savoir les types 31, 33, 45 et 58, sont les moins couramment associés au cancer du col de l’utérus, la prévalence de certains types particuliers d’infection à VPH étant plus grande que celle d’autres types dans certaines zones géographiques.
Deux types d’infection à VPH à faible risque (les types 6 et 11) ne causent pas le cancer du col de l’utérus, mais sont à l’origine de la plupart des verrues génitales ou condylomes.
Presque toutes les femmes et tous les hommes sont infectés par le VPH immédiatement après une activité sexuelle. Il n’est même pas nécessaire que le pénis soit introduit dans le vagin pour que la contamination intervienne, dans la mesure où ce virus peut se transmettre par simple contact cutané des parties génitales situées près du pénis ou du vagin.
Comme chez les femmes, les infections à VPH chez les hommes sont aussi généralement asymptomatiques, en plus d’être de courte durée. Les hommes peuvent contracter le cancer de l’anus, qui est très généralement associé avec le type 16 de l’infection à VPH et qui est plus courant chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Comme chez les femmes, les types 6 et 11 de l’infection à VPH sont la cause de la majorité des verrues génitales chez les hommes.
Chez les femmes, pendant les périodes de puberté et de grossesse, la zone de transformation de l’exocol s’élargit. L’exposition à l’infection à VPH au cours de ces périodes peut faciliter cette infection et peut expliquer les liens entre le carcinome épidermoïde et l’activité sexuelle précoce, le jeune âge lors du premier accouchement et les grossesses multiples. Les comportements susceptibles d’accroître le risque d’infection à VPH (et, partant, le risque de cancer du col de l’utérus) sont notamment les partenaires multiples et le fait d’avoir un partenaire ayant des partenaires multiples.
S’il est vrai que l’infection par un type de VPH à haut risque est la cause sous-jacente de la quasi-totalité des cas de cancer du col de l’utérus, il n’en demeure pas moins que ce ne sont PAS ces infections qui entraînent presque toujours le cancer. En fait, la plupart des femmes infectées par un type de VPH à haut risque donné ne contractent pas le cancer, dans la mesure où la plupart des infections, quel que soit le type de VPH, sont de courte durée, l’organisme les éliminant spontanément en moins de deux ans. L’infection à VPH à haut risque ne persiste (c’est-à-dire ne devient chronique) que chez un petit pourcentage de femmes, et un faible pourcentage seulement de ces infections chroniques peuvent évoluer pour atteindre le stade du pré-cancer. Même dans ce dernier cas, l’évolution atteint rarement le stade du cancer invasif.
C’est ainsi que, selon les estimations, une proportion de pas plus de 2 % de toutes les femmes des pays à faible revenu développe le cancer du col de l’utérus dans la vie.
Les conditions (cofacteurs) susceptibles de favoriser la persistance et l’évolution de l’infection à VPH pour atteindre le stade du cancer ne sont pas bien maîtrisées, mais les facteurs de risque ci-après jouent probablement un rôle à cet égard :
n le type d’infection à VPH– Son pouvoir oncogène ou le facteur causal du cancer ;
n le statut d’immunité – Les personnes dont le système immunitaire est affaibli, telles que les personnes vivant avec le VIH, sont plus susceptibles de contracter des infections à VPH persistantes et d’évoluer plus rapidement vers les stades du pré-cancer et du cancer;
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
n la co-infection avec d’autres maladies sexuellement transmissibles telles que l’herpès simplex, la chla mydia et la blennorragie;
n le nombre d’accouchements et le jeune âge lors du premier accouchement;
n le tabagisme;
n l’utilisation de contraceptifs oraux sur une période de plus de cinq ans.
Le dernier cofacteur, à savoir l’utilisation de contraceptifs oraux (CO) sur une période de plus de cinq ans, est le plus faible. Cette question a fait l’objet d’une étude approfondie conduite par un groupe d’experts de l’OMS qui est parvenu à la conclusion que les grands avantages liés à l’utilisation d’une méthode contraceptive très efficace pour prévenir les grossesses imprévues et non désirées (avec à la clé la prévention de la morbidité et de la mortalité liées à de telles grossesses) dépassent de loin la possibilité extrêmement faible d’un risque accru de cancer du col de l’utérus pouvant résulter de l’utilisation des CO. Il n’est donc pas ainsi de l’intérêt des femmes de les décourager ou de les empêcher d’utiliser les CO. Tout ce qu’il faut pour ces femmes, comme pour toutes les autres femmes, c’est de les amener à se présenter pour le dépistage du cancer du col de l’utérus.
Evolution du pré-cancer
Après avoir atteint les cellules de l’épithélium du col de l’utérus, l’infection à VPH à haut risque interfère avec leurs fonctions normales, conduisant à des changements caractéristiques du pré-cancer (également appelé dysplasie).
La Figure 2 présente l’évolution de la progression de l’infection pour passer d’un cil de l’utérus normal (non infecté) à un col de l’utérus atteint par l’infection à VPH, puis au stade du pré-cancer et enfin à celui du cancer invasif. Il convient de noter que des changements interviennent dans tous les deux sens parce qu’une large proportion des cellules infectées revient à un état normal, tandis qu’une grande proportion des pré-cancers du col de l’utérus n’évolue pas pour atteindre le stade du cancer invasif.
Figure 2: Evolution et cheminement naturel pour passer du pré-cancer au cancer du col de l’utérus
Prévalence dans la population (non à l’échelle)
Normal Infection
à PVH Pré-cancer Cancer
Infection
Clairance
Progression
Regression
Invasion
Age
Source :Figure reproduite avec la permission de l’auteur initial, Schiffman M, Castle PE. The Promise of Global Cervical-cancer Prevention, The New England Journal of Medicine 2005; 353(20):2101–4.
20 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Normal pré-cancer léger
Pré-cancer
modéré à grave Cancer invasif Couche superficielle
Couche intermédiaire
Couche basale Membrane basale
La Figure 3 présente la progression de l’épithélium normal (à gauche) aux couches plus épaisses des nou- velles petites cellules anormales touchant l’épithélium dans la grande section intermédiaire. Cette section intermédiaire montre que l’épithélium normal est de plus en plus épais, ce qui indique que l’épithélium est considéré comme présentant un pré-cancer léger, puis modéré et finalement grave. Cette séquence conduit au cancer invasif si les cellules anormales envahissent la couche inférieure de l’épithélium (membrane basale), tel qu’indiqué à la droite de la figure.
Figure 3: Progression pour passer de l’épithélium normal au pré-cancer léger, modéré et grave, et finalement au cancer invasif
Cheminement du cancer invasif dans l’organisme, à mesure qu’il progresse Il y a quatre circuits, généralement séquentiels, qu’emprunte le cancer invasif.
i. Au sein du col de l’utérus :La propagation se fait à partir d’un petit noyau de micro-cancer invasif jusqu’à atteindre tout le col de l’utérus, avec un gros diamètre pouvant atteindre 8 cm ou plus. Le cancer peut être ulcérant, exophytique (avec une excroissance) ou infiltrant (avec une invasion interne).
ii. Dans les structures adjacentes :La propagation directe dans toutes les directions est possible, soit vers le bas jusqu’au vagin, soit vers le haut jusqu’à l’utérus, soit de côté jusqu’aux tissus appuyant l’utérus dans le pelvis et l’urètre, soit en arrière jusqu’au rectum et enfin soit en avant jusqu’à la vessie.
iii. Ganglions lymphatiques :La propagation jusqu’aux ganglions lymphatiques pelviens intervient dans 15
% des cas lorsque le cancer est encore confiné dans le col de l’utérus, et elle s’accentue à mesure que se propage le cancer. La présence de métastases dans les ganglions lymphatiques est initialement confinée dans le pelvis, avant de gagner par la suite la chaîne des ganglions le long de l’aorte pour atteindre finalement l’espace en dessus de la clavicule (fosse supra-claviculaire). Les ganglions lymphatiques, une fois envahis par le cancer, se gonflent et peuvent devenir palpables, s’ils sont proches de la peau. A titre d’exemple, si le cancer a progressé pour atteindre le tiers inférieur du vagin, les ganglions de la gorge peuvent être attaqués et s’en élargiront, et les ganglions en haut de l’utérus s’élargiront également considérablement.
iv. Métastases distantes dans la circulation sanguine et les vaisseaux lymphatiques :Les cellules du cancer du col de l’utérus peuvent se propager à travers la circulation sanguine et les vaisseaux lymphatiques pour développer des métastases distantes au niveau du foie, des os, des poumons et du cerveau.
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Le cancer invasif peut certes demeurer initialement confiné dans la zone du pelvis, et bon nombre de cas peuvent encore, à ce stade, être guéris, grâce à un traitement approprié. Toutefois, en l’absence d’un tel traitement, le cancer du col de l’utérus progresse de manière imprévisible et entraîne alors presque toujours le décès.
Cancer du col de l’utérus et infection à virus de l’immunodéficience humaine (VIH)
Le cancer du col de l’utérus est une maladie associée au syndrome de l’immunodéficience acquise (sida) chez les personnes infectées par le VIH.
Les femmes vivant avec le VIH et d’autres femmes dont le système immunitaire s’est affaibli ont des taux de prévalence plus élevés de l’infection à VPH (risque de maladie infectieuse, lié au degré d’affaiblissement du système immunitaire) ainsi qu’une prévalence plus élevée de l’infection persistante à VPH et de l’infection à multiples types de VPH à haut risque. Cette exposition accrue à l’infection à VPH conduit à :
n un plus grand risque de pré-cancer et de cancer dans le jeune âge, avec comme conséquence une augmentation du degré d’affaiblissement du système immunitaire ;
n un risque accru de contracter une maladie invasive jusqu’à 10 ans bien avant les femmes non infectées par le VIH ; et
n des cas plus fréquents d’évolution de la maladie vers les stades plus graves, avec de plus faibles chances de survie pour cinq ans.
Principales composantes du programme complet de prévention et de lutte contre le cancer du col de l’utérus Un programme complet comprend trois composantes autonomes, à savoir la prévention primaire, la prévention secondaire et la prévention tertiaire (Figure 4).
Figure 4: Approche complète de l’OMS pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus : aperçu général des interventions programmatiques au cours du cycle de vie pour prévenir l’infection à VPH et le cancer du col de l’utérus
9 ans 15 ans 30 ans 45 ans 60 ans
Prévalence dans la population (non à l’échelle)
Pré-cancer
Cancer
PRÉVENTION PRIMAIRE Filles 9 à13 ans
n Vaccin contre le PVH Filles et garçons, selon le cas
n information sur la santé et mise en garde contre le tabagisme *
n éducation sexuelle
* Le tabagisme est un facteur de risque supplémentaire du cancer du col de l'utérus
PRÉVENTION SECONDAIRE Femmes > 30 ans
n Dépistage et traitement selon le cas
n Dépister et traiter avec une technologie VIA de faible coût, suivi d'une cryothérapie
n Dépistage du PVH pour détecter les types de PVH à haut risque (par exemple, les types 16, 18 et autres).
PRÉVENTION TERTIAIRE Toutes les femmes selon les besoins
n Traitement du cancer invasif à tout âge
n Chirurgie ablative
n Radiothérapie
n Chimiothérapie
Source : D’après la note d’orientation de l’OMS intitulée: Comprehensive cervical cancer prevention and control : A healthier future for girls and women. Geneva: World Health Organization; 2013
22 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Prévention primaire : Réduction du risque d’infection à HPV
L’objectif de santé publique est de réduire les infections à VPH, étant donné que les infections à VPH persistantes peuvent causer le cancer cervical.
Au nombre des interventions de prévention, l’on pourrait citer les suivantes:
n la vaccination des filles âgées de 9 à 13 ans (ou de la tranche d’âge indiquée dans les lignes directrices nationales) avant qu’elles ne commencent les rapports sexuelles;
n la sensibilisation des garçons et des filles aux questions liées à la sexualité, en tenant compte de l’âge et de la culture, afin de réduire le risque de transmission de l’infection à VPH (en même temps que d’autres infections sexuellement transmissibles, et notamment l’infection à VIH), étant entendu que les principaux messages devraient porter notamment sur le report des premiers rapports sexuels et la réduction des comportements sexuels à haut risque;
n la promotion ou la fourniture des préservatifs aux personnes déjà sexuellement actives;
n la circoncision des garçons lorsque cela est pertinent et approprié.
Prévention secondaire : dépistage et traitement du pré-cancer
L’objectif de santé publique est de réduire l’incidence et la prévalence du cancer du col de l’utérus, ainsi que la mortalité connexe, à la faveur de l’interruption de la progression de l’étape du pré-cancer à celle du cancer invasif.
Au nombre des interventions à mettre en œuvre à cette fin figurent :
n la fourniture de conseils et le partage de l’information;
n le dépistage de toutes les femmes âgées de 30 à 49 ans (ou de la tranche d’âge déterminée par les normes nationales) en vue d’identifier les lésions pré-cancérigènes qui sont habituellement asymptomatiques ;
n le traitement des lésions pré-cancérigènes identifiées avant que celles-ci ne progressent vers l’étape du cancer invasif. Même pour les femmes déjà vaccinées contre l’infection à VPH, il importe de poursuivre le dépistage et le traitement lorsque ces femmes atteignent l’âge cible.
Prévention tertiaire : traitement du cancer invasif du col de l’utérus
L’objectif de santé publique est de réduire le nombre de décès imputables au cancer du col de l’utérus.
Au nombre des interventions à mettre en œuvre à cette fin, l’on pourrait citer :
n le mécanisme d’orientation par les prestataires de soins primaires vers les formations de santé offrant des services de diagnostic et de traitement du cancer du col de l’utérus;
n le diagnostic exact et opportun du cancer du col de l’utérus, à travers l’exploration de l’étendue de l’invasion;
n le traitement approprié à chaque stade, en fonction du diagnostic établi :
-cancer précoce :si le cancer est limité au col de l’utérus et les zones environnantes (telles que la zone du pelvis), le traitement peut en garantir la guérison, sous réserve du recours au traitement disponible le plus approprié ainsi que de la prise en charge des symptômes associés au cancer ou à son traitement.
-Cancer avancé :si le cancer touche déjà les tissus au-delà du col de l’utérus et du pelvis et/ou des métastases, le traitement peut améliorer la qualité de vie du patient, en plus de maîtriser les symptômes et de minimiser les souffrances ; de garantir les soins curatifs et palliatifs les plus efficaces disponibles au cours de l’étape tertiaire ; et de fournir les soins curatifs et palliatifs les plus efficaces disponibles dans les formations sanitaires tertiaires et au niveau communautaire, y compris l’accès aux opioïdes.
n les soins palliatifs pour alléger les douleurs et les souffrances.
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Principaux messages
1. Le cancer du col de l’utérus est une maladie qui peut être prévenue.
2. Il existe des tests pour détecter les changements initiaux dans le col de l’utérus (changements constituant des pré-cancers) qui peuvent conduire au stade du cancer, faute de traitement approprié.
3. Il existe des traitements sûrs et efficaces pour ces changements initiaux.
4. Toutes les femmes âgées de 30 à 49 ans doivent se présenter au moins une fois dans les services compétents de dépistage du cancer du col de l’utérus.
5. Il existe, pour les filles, un vaccin permettant de prévenir le cancer du col de l’utérus.
PLANIFICATION STRATEGIQUE
Guide 1 pour les discussions en groupes :
1. Sélection d’un chef d’équipe et d’un rapporteur
2. Discussions sur les structures dirigeantes et managériales du MINSANTE
3. Alignement de ces structures pour créer une structure de leadership pour les CCP
4. Elaboration d’un organigramme pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus 5. Elaboration des termes de référence pour chaque acteur ou groupe de travail pour la mise
en œuvre du plan
Institution d’un leadership pour le programme
Le leadership de la planification stratégique incombera très probablement au Ministère de la Santé (MINSANTE). Afin de faciliter la planification, la mise en œuvre et l’évaluation d’un plan stratégique pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus, il importe de mettre en place une équipe chargée d’assumer le leadership à cet égard, équipe dotée de responsabilités claires et assumant l’orientation et la mise en œuvre de ce plan.
Deux groupes doivent être constitués au niveau national, chacun de ces groupes étant piloté par un coor- dinateur national désigné à cet effet :
1. un chef d’équipe assumant la responsabilité du programme, les membres de cette équipe étant composés de représentants du MINSANTE;
2. un groupe consultatif des différents acteurs, composé de représentants des pays et des principaux acteurs, y compris les professionnels de la santé, les organisations de la société civile et les entreprises de télécommunications.
Les membres de tous les deux groupes sont à sélectionner par le MINSANTE qui devrait les inviter à participer au processus.
SESSION 1 PREPARATION POUR LA PLANIFICATION STRATEGIQUE
Durée : 1 heure
SECTION B
26 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Figure 5 : Structure proposée pour une équipe de gestion du plan stratégique(inspirée des Lignes directrices de l’OMS pour la lutte contre le cancer du col de l’utérus)3
Rôles et responsabilités
L’équipe du MINSANTE doit assumer ses responsabilités dans la prise de décisions, l’autonomie et les res- sources nécessaires pour assurer la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du plan straté- gique pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Un rôle clé à cet égard porte notamment sur la liaison avec les responsables des programmes en cours, y compris pour ce qui est des lignes directrices nationales pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus, afin de garantir les synergies entre les différents programmes.
Le groupe consultatif des différents acteurs sera chargé d’appuyer, de guider et d’encadrer le programme, depuis les phases de sa conception et de son élaboration jusqu’aux phases de sa mise en œuvre et de son évaluation. Des réunions devraient régulièrement se tenir pour le partage de l’information et le point sur les progrès réalisés.
Cadre conceptuel pour l’élaboration de la stratégie
3OMS, Programme de lutte conter le cancer du col de l’utérus, 2014, Genève, Suisse.
COORDINATION DU MINISTERE DE LA SANTE AU NIVEAU NATIONAL
Equipe du MINSANTE :
Un gestionnaire/chargé de programme dédié et s’intéressant particulièrement au cancer du col de l’utérus devrait être désigné pour gérer les processus de planification, de mise en œuvre des activités et d’évaluation
Groupe consultatif des différents acteurs:
Les pouvoirs publics (y compris les responsables de la santé, des milieux d’affaires, du trésor et de la planification) tout comme les ONG, les pro- fessionnels de la santé, les milieux académiques et les chercheurs, ainsi que les groupes d’assur- ance-maladie, les prestataires de services de santé, les organisations de la société civile, les décideurs et les médias.
Groupe de travail sur la planification
stratégique
Groupe de travail sur l’élaboration des
lignes directrices
Groupe de travail sur le suivi et
l’évaluation
Groupe de travail sur la communication
Groupe de travail sur la prestation
des services
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
La compréhension de la justification d’une stratégie de prévention et de lutte contre le cancer du col de l’utérus, ainsi que des principaux éléments d’une telle stratégie, constitue un important point de départ.
Par analyse de la situation, l’on entend la collecte et l’évaluation systématiques des données économiques, politiques, sociales et technologiques antérieures et actuelles aux fins:
1) d’identification des forces internes et externes susceptibles d’influencer la performance et le choix des stratégies ; et
2) d’évaluation des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces actuelles et futures.
Les informations peuvent être collectées en recourant à un certain nombre de méthodes, y compris la revue des documents et des dossiers cliniques ; les entretiens avec des groupes ciblés, les responsables sanitaires, les cliniciens, les pathologistes, les agents des soins de santé et les membres des communautés, en plus de l’analyse des pratiques au sein des cliniques et des centres de soins de santé.
Les informations collectées devraient être examinées en vue de la formulation de recommandations et de et de l’établissement de rapports. La soumission des rapports et des constatations aux différentes parties prenantesconstitue une importante étape permettant de s’assurer que les informations collectées sont exactes.
Il existe plusieurs thèmes à explorer dans la conduite d’une évaluation des besoins. Les participants aux sessions de formation devraient être capables d’identifier bon nombre de ces considérations.
Figure 6 : Exemple d’analyse des causes profondes
Etape 1 - Constitution de l’équipe chargée du plan stratégique
Etape 2 – Définition du problème ou de l’enjeu
Etape 3 – Conduite de l’analyse des données
Erape 4 – Détermination de la (des) cause(s) profonde(s)
Etape 5 – Définition des interventions et du plan
Etape 6 – Evaluation des progrès dans la mise en œuvre du plan
Analyse des causes profondes du plan stratégique – Processus
SESSION 2 ACHEVEMENT D’UNE EVALUATION DES BESOINS
Durée : 1 heure et 30 minutes
28 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Tableau 1: Thèmes et considérations à prendre en compte pour une évaluation des besoins
Thèmes Considérations
Situation actuelle
Groupes cibles
Barrières politiques/
économiques
Barrières communau- taires/ individuelles Perceptions des comportements recommandés Partenariats
- Niveau du fardeau sanitaire - Fardeau du VIH
- Services de dépistage et de traitement disponibles (fréquence du dépistage) - Couverture du dépistage
- Services de laboratoire
- Infrastructures, équipements et fournitures - Systèmes d’information
- Politique ou plan national global actuel pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus
- Lignes directrices nationales pour le personnel de santé
- Ressources financières et techniques pour mettre en œuvre le plan - Stratégies de communication pour appuyer la sensibilisation et le plaidoyer - Programmes de formation en place pour les prestataires des soins de santé - Disponibilité et couverture de la vaccination contre l’infection à VPH
- Disponibilité des services de dépistage et de traitement (y compris des ressources) et couverture (VIA, cryothérapie)
- Systèmes d’orientation-recours permettant de relier les services de dépistage aux services de traitement et de prise en charge des lésions pré-cancérigènes
- Système de suivi depuis le stade de la vaccination contre l’infection à VPH jusqu’aux stades du dépistage et du traitement de suivi
- Existence de registres du cancer - Intégration aux services existants
- Quelles sont les populations cibles (taille et caractéristiques démographiques)
- Quelles sont les barrières à éliminer et les opportunités à saisir au sein de la population - Engagement politique
- Priorité à accorder à la santé sexuelle et génésique des femmes - Niveaux des ressources (coût des programmes)
- Niveaux des connaissances, attitudes culturelles, perception des risques, comportements actuels et tendances en matière de comportements
- Voies et moyens de promouvoir les stratégies - Calendriers
- Incitations pour encourager la participation - Alliés, partenaires, parties prenantes
CONSEILS : Planification et mise en œuvre des programmes de prévention et de lutte contre le cancer du col de l’utérus - Un manuel pour les gestionnaires4présente des échantillons de questions pour évaluer l’utilisation des politiques, des lignes directrices et des normes, ainsi que les questions liées à la gestion des programmes, aux services de santé, aux activités d’information et de sensibilisation, aux perspectives communautaires, ainsi qu’aux laboratoires et aux systèmes d’information.
4Alliance for Cervical Cancer Prevention Planning and Implementing Cervical Cancer Prevention and Control Programs: A Manual for Managers.
2004.
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Guide 2 pour les discussions en groupes :
1. Discussions portant sur les principales considérations et les principaux domaines thématiques de l’analyse de situation
2. Recours à l’analyse des causes profondes pour discuter de la situation du cancer du col de l’utérus dans le pays
a. Quel est le fardeau du cancer du col de l’utérus dans le pays?
b. Pourquoi ce fardeau est-il si lourd?
c. Qu’est-ce qui peut être fait pour alléger ce lourd fardeau?
3. Discussions portant sur l’analyse de situation en utilisant l’arbre à problèmes de l’analyse des causes profondes
4. Accord sur les principales considérations à explorer dans l’analyse de situation 5. Examen et adoption du questionnaire sur l’analyse de la situation
6. Discussions portant sur les principaux principes nécessaires pour la planification stratégique 7. Identification des principaux acteurs à associer à la planification stratégique
8. Identification des sources d’information
9. Détermination de la façon dont les données seront analysées et utilisées aux fins de planification stratégique
Les principes directeurs permettant de s’assurer que le plan est aligné sur les priorités nationales et s’appuie sur les plateformes existantes, tout en favorisant la mobilisation des ressources et en évitant le double em- ploi, sont notamment les suivants:
n Leadership- Le plan doit promouvoir la clarté et l’unicité des objectifs, tout en encourageant l’esprit d’équipe, la participation la plus large possible et l’appropriation du processus, ainsi que l’apprentissage continu et la reconnaissance mutuelle des efforts déployés.
n Intégration- Toutes les interventions prioritaires proposées dans le plan doivent être intégrées à divers niveaux du système de santé, et ce de manière cohérente et efficace afin de répondre aux besoins des femmes.
n Fondement sur des bases factuelles- Le plan est basé sur les besoins manifestes et prioritaires à jour, ainsi que sur des approches d’un bon rapport coût-efficacité.
n Equité et accessibilité- Des efforts délibérés doivent être déployés pour promouvoir l’accès équitable à des services de santé de qualité, en accordant une plus grande attention aux femmes vivant dans les zones rurales et mal desservies, ainsi qu’aux femmes vivant avec le VIH.
n Partenariats- Le plan devrait promouvoir des partenariats et des programmes conjoints avec les principales parties prenantes ainsi qu’avec les communautés pour éviter le double emploi, tout en attirant d’autres ressources et en maximisant les ressources disponibles.
n Efficience- Les rôles et responsabilités des différents acteurs participant à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des activités devraient être définis.
n Transparence et responsabilisation - Le plan devrait comporter une composante relative à la responsabilisation.
n Caractère approprié et pertinence- Le plan devrait tenir dûment compte de la situation au niveau local ainsi que des perspectives concernant la prévention et la lutte contre le cancer dans le pays.
30 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Déclaration sur la vision :Cette déclaration définit la situation future optimale désirée à laquelle entend parvenir à terme l’organisation.
Il y a certaines caractéristiques communes aux déclarations sur la vision. En général, les déclarations sur la vision devraient être :
n comprises et partagées par les membres de la communauté
n être d’une portée suffisamment large pour couvrir diverses variétés de perspectives locales
n une source d’inspiration et d’encouragement pour toutes les personnes concernées
n faciles à communiquer.
Exemples de déclarations sur la vision :
Ministère de la Santé publique et de l’Assainissement, et Ministère des Services médicaux – Programme national de prévention du cancer du col de l’utérus au Kenya (Plan stratégique 2012-2015).
- Femmes kenyanes libérées du cancer du col de l’utérus
Ministère de la Santé – Plan stratégique pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus en Ouganda pour la période 2010-2014.
- Femmes ougandaises libérées du cancer de l’utérus
Buts et objectifs :
Il est nécessaire de définir les buts et objectifs en vue de clarifier ce que la stratégie entend accomplir et aussi d’évaluer la mesure dans laquelle les résultats souhaités ont été obtenus. Dans le contexte de la pla- nification stratégique de la prévention et de la lutte contre le cancer du col de l’utérus, il peut y avoir des objectifs à atteindre à long et court termes.
Chaque objectif devrait être :
1. spécifique, en termes des résultats à obtenir
2. mesurable, pour permettre de déterminer si un tel objectif a été atteint
3. réalisable, pour fournir une base permettant de déterminer les succès enregistrés et les barrières rencontrées
4. réaliste, par rapport aux ressources disponibles 5. programmé dans le temps
Au nombre des bons exemples à cet égard, l’on pourrait citer les suivants :
1. la réduction de l’incidence, de la prévalence, de la morbidité et de la mortalité liées au cancer du col de l’utérus, ainsi que l’amélioration de la qualité de vie des patients souffrant de ce type de cancer ;
Guide 3 des discussions en groupes :
1. Discussions portant sur les principales caractéristiques d’une bonne déclaration sur la vision 2. Discussions et élaboration de trois déclarations sur la vision pour la prévention et la lutte contre
le cancer du col de l’utérus
3. Discussions et sélection de la meilleure déclaration sur la vision
SESSION 3 ELABORATION D’UNE VISION, DES BUTS ET DES OBJECTIFS
Durée : 3 heures et 15 minutes
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
2. la réduction de l’incidence de l’infection à HPV, ainsi que la réduction de l’incidence du cancer du col de l’utérus et de la mortalité connexe ; l’amélioration de la qualité de vie, à travers la promotion de l’information, de l’éducation et de la communication, ainsi qu’à travers la vaccination contre l’infection à VPH, le dépistage et le traitement de cette infection, et l’amélioration des services palliatifs.
3. L’allègement du fardeau du cancer du col de l’utérus, à travers: i) la réduction des infections à VPH ; ii) le dépistage et le traitement du pré-cancer du col de l’utérus ; et iii) la prestation en temps voulu des soins curatifs et palliatifs contre le cancer invasif.
Au titre des objectifs spécifiques, un plus grand nombre d’informations seront fournies sur les voies et moyens de réaliser les objectifs visés. L’idéal serait que l’accent soit mis non seulement sur la prévention primaire, la prévention secondaire et la prévention tertiaire, mais aussi sur les initiatives de communication et/ou de sensibilisation, ainsi que sur la formation du personnel de santé.
Au nombre des objectifs spécifiques à atteindre, l’on pourrait citer les suivants : 1. l’intensification de l’information et de la fourniture de conseils
2. la promotion de la vaccination contre l’infection à VPH
3. le renforcement du dépistage et du traitement du pré-cancer
4. l’amélioration des programmes de formation ciblant le personnel des soins de santé 5. le renforcement des systèmes d’information et des registres du cancer
5. l’élargissement de l’accès et l’amélioration de la qualité des soins curatifs et palliatifs du cancer Guide 4 pour les discussions en groupes :
1. Discussions portant sur les caractéristiques d’un but pertinent d’un plan stratégique 2. Elaboration de trois objectifs et discussions à ce sujet au niveau des groupes
3. Discussions et sélection du meilleur objectif dans la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus
4. Discussions sur les voies et moyens de s’assurer que les principales considérations et informations présentées dans l’analyse de situation guident la définition des objectifs.
Guide 5 pour les discussions en groupes :
1. Discussions portant sur les caractéristiques d’un bon objectif spécifique pour un plan stratégique 2. Elaboration et examen d’au moins deux objectifs spécifiques pour chaque domaine thématique
a. prévention primaire b. prévention secondaire c. soins tertiaires
d. soins palliatifs
3. Discussions puis sélection du meilleur objectif spécifique pour chaque domaine.
32 Manuel du Participant
MANUEL DE FORMATION SUR LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS EN AFRIQUE
Produits
Pour atteindre les objectifs spécifiques visés, les produits doivent être réalisés dans les délais impartis.
Exemples de produits:
1. Elaboration d’une stratégie de la communication et promotion de la sensibilisation sur la vaccination contre l’infection à VPH, ainsi que sur le dépistage et le traitement de cette infection
2. Augmentation de xx % du nombre de filles âgées de 9 à 13 vaccinées contre l’infection à VPH
3. Augmentation de xx % du nombre de femmes âgées de 30 à 49 ans qui se font dépister pour la première fois 4. Amélioration des infrastructures (installations, équipements et fournitures)
5. Renforcement des capacités et des systèmes aux fins de suivi 6. Disponibilité de personnels de santé formés
S’assurer que les participants disposent des données de référence nécessaires pour mesurer le changement.
Guide 6 pour les discussions en groupes :
1. Discussions portant sur les caractéristiques d’un bon produit ou d’une bonne réalisation au titre des objectifs spécifiques sélectionnés présentés plus haut
2. Préparation et examen d’au moins deux produits et d’une réalisation au titre de chacun des objectifs spécifiques pour chaque domaine thématique
a. Prévention primaire b. Prévention secondaire c. Soins tertiaires
d. Soins palliatifs
3. Elaboration, examen et adoption d’au moins un indicateur mesurable pour chaque objectif spécifique visé dans chaque domaine.