A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
B ERNARD L ÉAUTÉ
Étude de la métrique de Kerr
Annales de l’I. H. P., section A, tome 8, n
o1 (1968), p. 93-115
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p. 93
Étude de la métrique de Kerr
Bernard
LÉAUTÉ
Stagiaire de recherche.Institut Henri Poincaré
(~)
Vol. VIII, n° 1, 1968, Physique théorique.
RÉSUMÉ.
- Lamétrique
de Kerr est une solutionstationnaire,
àsymétrie
axiale,
deséquations
d’Einsteindu vide ;
elledépend
de deuxparamètres m
et a. On montre que m
peut
êtreinterprétée
comme la masse du corpscentral,
source duchamp -
théorème de Gauss - et- m/a
comme un« courant de masse » le
parcourant
- théorèmed’Ampère 2014.
L’étude dela structure
multipolaire
duchamp
de Kerr faitapparaître
un « momentquadrupolaire
de masse »proportionnel
àma2
et « un momentdipolaire
de rotation »
proportionnel
à ma. En considérant lestrajectoires
des par- ticulesd’épreuve,
on obtient un termedépendant
de aqui s’ajoute
auxtermes issus de la solution de Schwarzchild.
SUMMARY. - The Kerr metric is a
stationnary axially symmetric
solutionof Einstein vacuum
equations;
itdepends
twoparameters m
and a. It is shown that m can beinterpreted
as the mass of the centralbody
which isthe source of the field-Gauss’
theorem2014and2014m/a
as a « mass current »travelling
inside thebody-Ampère’s
theorem-. Thestudy
of themultipole
structure of the Kerr field reveals a «quadripole
mass moment »proportionnal
toma2,
and a «dipole
moment of rotation »proportionnal
to ma.
By considering
thetrajectoires
of testparticules,
one reveals the existence of a termproportionnal
to a, which does not exist in the Schwarz- child solution.(~) Laboratoire de Physique Théorique associé au C. N. R. S.
NOTATIONS
Nous utiliserons des
métriques
designature
+2( - + + + ).
Les indices grecs
prendront
les valeurs0, 1, 2,
3.Les indices latins les valeurs
1, 2,
3.Le
système
d’unités sera tel que G = 1 et c =1,
sauf à propos de certainspoints particuliers
où ilapparaîtra souhaitable,
pourplus
declarté,
d’uti-liser les unités habituelles.
I. - SOLUTION DE KERR.
PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES. INTERPRÉTATIONS
1. Introduction.
La
métrique
de Kerrappartient
à une classeparticulière
de solutions deséquations
d’Einstein du vide[1]
Cette classe est celle pour
laquelle
le tenseurmétrique
est de la forme :où est la
métrique
de Minkowskiet l
un vecteurisotrope
parrapport
à cette
métrique
~ .,,
Notons que ceci
implique
que :Énonçons quelques-unes
despropriétés
des solutions de la forme(1.1).
a. Toutes les
métriques
de cette forme sontalgébriquement dégénérées
au sens de la classification de Bel-Pétrov
[2], 1~
étant vecteurprincipal.
Ainsi la congruence associée est
géodésique
et sans distorsion.b. Elles admettent un groupe d’isométries à un
paramètre.
Le vecteurde
Killing c, générateur
du groupe, est aussi vecteur deKilling
de lamétrique
minkowskienne. Enfait,
la transformation est une translationle
long
d’une directionqui
peut être de genrestemps,
espace ouisotrope
dans
l’espace-temps
de Minkowski. Il y a ainsi trois cas :-
c. Dans chacun de ces cas la solution
générale
est déterminée par une.fonction
analytique arbitraire.
2.
Métrique
de Kerr. Diverses formes.Propriétés.
La
métrique
de Kerr est une solution detype bi correspondant
auchoix
d’une fonction
analytique particulière dépendant
d’unparamètre a 0).
Rapportant
lamétrique
de Minkowski à unsystème
de coordonnéescartésien,
x, y, z et t, lamétrique
de Kerr s’écrit :où r est une fonction
réelle, positive
définie par la relation :A l’aide du
changement
de coordonnées suivant :On passe à une seconde forme de la
métrique :
où l’on a
posé :
Considérant ces deux
expressions
de lamétrique
de Kerr nous pourronsdéjà
noter lespropriétés
et remarques suivantes :(1)
L’annulation de m conduit à lamétrique
deMinkowski,
ceci estclair sur
l’expression (1. 3) ;
par contre l’annulation de m dans la forme(1. 5)
ANN. INST. POINCARÈ, A-vm-1 7
de la
métrique
de Kerr ne conduit pas à la versionpolaire
de lamétrique
de
Minkowski ;
les coordonnées r,0, ~
ne constituent donc pas unsystème
de coordonnées
polaires.
L’introduction de coordonnées
polaires , ,
et l’utilisation des formules(1.4)
conduisent aux relations :Si nous admettons que
l’interprétation
des coordonnées dansl’espace- temps
deKerr,
se faitd’après
la forme minkowskienne limite de cettemétrique quand m
estnulle,
alors nous pourrons dire que les coordonnéespolaires r,
sont aussi des coordonnéespolaires pour m ~
0.Indiquons
enfin que l’introduction de ces coordonnées(r, ~, 4J),
dansl’expression
de lamétrique
deKerr,
conduirait à uneexpression
fortcompliquée
et d’un maniementdifficile ;
nous utiliserons donc les formes(1.3)
et(1.5)
recourant, si besoin est, aux formules(1.6).
(2)
Lamétrique
de Schwarzschildcorrespond
au casparticulier a
= 0.(3)
Lamétrique
de Kerr a uncomportement asymptotiquement
eucli-dien.
(4)
Les coefficients .sontanalytiques partout,
sauf pour r = 0 et 0= - c’est-à-dire,
si l’on utilise(1.6),
sur la circonférence r située dans leplan z
=0,
centrée surl’origine
et de rayoneN J
(5)
Enfin l’écriture descomposantes
du tenseur decourbure,
par rap-port
à unrepère
orthonorméconvenable,
sous la forme :montre que
l’espace-temps
de Kerr est dutype
IIa de la classification deBel-Petrov ;
par ailleurs cesquantités (Ra8.l,J
sontsingulières
sur r.3.
Interprétations.
a)
SelonKerr,
lamétrique pourrait
êtreinterprétée
comme décnvantle
champ
degravitation produit
parun corps de révolution
en rotation deson axe. Ceci se fonde
(en partie)
sur le fait que ledéveloppement
limitéà l’ordre trois des
g7jJ
en une série depuissances
de m et a, m étantsupposée
d’ordre deux et a d’ordre un,
permet
d’obtenir uneexpression approchée
de la
métrique
de Kerridentique
à lamétrique
de Lense etThirring.
On
a, eneffet,
faisantapparaître explicitement
G et c, lesexpressions
suivantes :
d’où il ressort
du corps central et - mac analogue de l,
le momentangulaire
autour de z. C "-/l Gû
b) Compte
tenu de laforme
de lasingularité
descomposantes
du ’ten-seur de
courbure,
Janis et Neumanpensent plutôt
que lechamp
de Kerrcorrespond
à un tore de masse m en rotation aûtour de son axe[3].
4. Domaine de validité du
système
de coordonnéeslocales ;
surfaceslimitant ce domaine.
Sur la variété
V4,
lamétrique
doit êtrepartout
detype hyperbolique
normal et, afin que les coordonnées locales conservent dans tout leur domaine de validité le même sens, on
requiert
en outre que :de sorte que la coordonnée
x°
ait constamment un caractèretemporel.
Nous devons ainsi étudier le
signe
del’expression :
Nous constatons d’abord que la
métrique
estsingulière
sur laligne
r.L’étude des surfaces
Si, S2
satisfaisant àl’équation :
montre
qu’il
convient dedistinguer
trois cas suivant les valeurs relatives de m et a.Si nous
représentons
les traces,Ci et C2
des surfacesSi
etS2,
sur unplan passant
par l’axe z, nous obtenons lesfigures
suivantes :Les
systèmes
de coordonnées ne sont pas admissibles dans le domaine inclus entre les surfacesSi
etS2,
ils sont admissiblespartout
ailleurs.II. - EXPRESSIONS
INTÉGRALES
DES
QUANTITÉS
m ET aA) Rappels
sur la théorie desespaces-temps
stationnaires.1.
Espace-temps
stationnaire.Un
espace-temps
riemannienV4
est dit stationnaire s’il existe un groupeconnexe à un
paramètre
d’isométriesglobales
ne laissant invariant aucunpoint
deV4
et dont lestrajectoires
z, orientées dans letemps,
sont homéo-morphes
à la droite réelle R. Onappelle
espace la variétéquotient V 3
définie par la relation
d’équivalence
du groupe.L’étude
systématique
desespaces-temps
stationnaires a été faite par A. Lichnerowicz[4] ;
nous en retenons iciquelques-unes
des conclusions.Il existe des
systèmes
de coordonnées localesx°‘, adaptées
auchamp
devecteurs "( générateur
du groupe, pourlesquels
les gap nedépendent
pas dex°
et~ = 2014 ~
= goo. Cessystèmes
de coordonnéesadaptées
sontdéfinis au
changement
suivantprès :
Les variétés
W 3’ x° =
cte d’unsystème
de coordonnées locales sontdites sections
d’espace
de cesystème ;
lesXi
définissent sur elles des coor-données locales. Elles sont conservées par les
changements
de la forme :On
appelle changement
dusystème
des sectionsd’espace,
toutchange-
ment de coordonnées de la forme suivante :
La
métrique
deV4 peut
êtredécomposée
ainsiqu’il
suit :en posant
et
Écrite
en coordonnéesadaptées
la formequadratique ds2
estindépen-
dante de
,r°
et de toutsystème
de sectionsd’espace.
Elle détermine surV3
une
métrique
riemannienne définiepositive
dont les tenseurs deV 3 :
ouu
sont les coefficients.
Les
éléments,
tenseurs,opérateurs,
surmontés dusigne
seront relatifsà cette
métrique d’espace.
2.
Application
à lamétrique
de Kerr.La
métrique
de Kerr est stationnaire par construction et, en outre,nous constatons, par
inspection
de la seconde forme de lamétrique (1.5)
que les ga{J ne
dépendent
pas nonplus
de la coordonnée~,
ceciindique
que la
métrique possède
lasymétrie
axiale. Lechangement
de coordonnéessuivant,
donné sous formedifférentielle,
respecte
la doubleadaptation
dessystèmes
decoordonnées,
aux carac-tères stationnaire et à
symétrie
axiale de lamétrique,
etpermet
d’aboutir à l’écriture ditecanonique
de lamétrique
de Kerr :Cette écriture se caractérise par la
présence
d’un seul termerectangle
go3 ; elle est doncparticulièrement
convenable pour effectuer des calculs et nous utiliserons maintenant cette troisième forme de lamétrique
de Kerr.Notons enfin que la nouvelle coordonnée
C,
ci-dessus introduite(II.4),
est un bon
angle polaire,
elle coïncideavec (~
à la limite m = 0. Les indices0, 1,
2 et 3 se rapporterontrespectivement
auxcoordonnées t,
r, 0 et ~.Exprimons
lamétrique quotient - (11.2)
et
3. Le tenseur
d’espace Hy.
Considérons le vecteur
covariant ~~,
défini surV4,
en coordonnéesadaptées,
par :Les
composantes ~~
définissent surW3
unchamp
de vecteurs covariants.Par
changement
dusystème
des sectionsd’espace (11.1)
elles se trans-forment suivant :
Le tenseur
rotationnel
de~
est bien défini surV3, d’après (II. 8)
et par le fait que :
Pour la
métrique
de Kerr on a pourexpression
descomposantes
de~1 :
et pour
Hij :
Ainsi sur
V3
se trouventdéfinis,
unscalaire
unemétrique gij
et untenseur
antisymétrique Hij ;
surchaque W3
outre ces éléments on a unun
champ
de vecteurs tel queB) Équations
de conservation.Expression
des invariantscorrespondants.
4.
Equations
duchamp.
Les
équations
duchamp
du cas extérieur =0, peuvent
être écrites pour unespace-temps
stationnairerapporté
à unsystème
de coordonnéesadaptées
ainsiqu’il
suit :Nous allons utiliser ces
équations
pour obtenir des relations de conser-vation
puis,
parintégration,
nous calculerons les invariantscorrespondants.
a)
Considérons levecteur h
défini comme suit :Il est bien connu que ce
vecteur h
satisfait la relation[4] :
h n’est défini que sur les sections
d’espace W,
car il contientcPb
maissa
div
est définieintrinsèquement
surV 3’
Par
changement
dusystème
des sectionsd’espace (11.1), ~
subit latransformation suivante :
Écrivons
ladivergence
de cettequantité :
Les deux derniers termes du second membre sont nuls car :
c’est le second groupe des
équations
duchamp (11.11),
eten raison de
l’antisymétrie
du tenseurHki.
Ainsi :
et la
divergence de h
nedépend
pas de la sectiond’espace W3
surlaquelle
elle est
calculée ;
elle est doncintrinsèquement
définie surV3.
b)
Introduisons un second vecteurB
défini parl’expression :
Le second groupe des
équations
duchamp (II. Il) s’écrit,
à l’aide deB ;
Nous allons maintenant
exploiter
ces relations(II. 13)
et(II. 16).
5. Théorème de Gauss pour
l’espace-temps
de Kerr.A l’aide des
quantités ~2 (II.6), ~,~ (II.9)
etHki (II.10),
nous obtenonspour
expression
descomposantes
deh
Considérons
l’intégrale
de volume suivante :L’expression
descomposantes
deh (de h)
montre que la fonction àintégrer
en(II .18)
est formellementsingulière
pour r = 0 et 8 =x/2,
c’est-à-dire sur la circonférence r
(Ceci
ne doit passurprendre puisque
lesgap
sont
singuliers
surF).
Nous devonsdistinguer
deux cas :1 ° le volume v ne contient pas la
ligne
r. Laquantité
divh
estidentique-
ment nulle sur v et le théorème de Stokes
permet
de conclure que le flux deh,
sortant de S frontière de v, est nul.2° le volume v contient la
ligne singulière
F. Un raisonnementsimple,
basé sur l’utilisation du théorème de
Stokes, permet
de voir quel’intégrale
de flux :
est
susceptible
d’être non nulle et que sa valeur nedépend
pas de la forme de la surface S limitant le volume v contenant lasingularité
r.Pour évaluer ce flux nous pouvons ainsi faire choix d’une surface de forme
particulière simple,
unesphère
de centre 0 et de rayon r = R(cons- tante)
convient bien. Nous utilisons les coordonnées0, ~
comme desparamètres
de calcul.L’équation
de lasphère
est :l’élément d’aire :
les
composantes
de la normale unitaire :Nous avons ainsi les éléments nécessaires au calcul de
l’intégrale (II.19) :
Par
intégration
nous arrivons au résultat suivant :Et l’on peut énoncer : le flux du vecteur
gravitationnel h
sortant de la surface S entourant la masseagissante
m, estégal
à 4nm.6. Théorème d’ «
ampère gravitationnel
».Nous examinons maintenant la seconde relation
Indiquons
lescomposantes
deB,
calculées selon la formule(11.15) :
Le raisonnement sera ici
semblable,
dans sonprincipe,
à celui menéprécédemment.
Nous sommes amenés à considérerl’intégrale :
La surface convexe S est limitée par un contour C.
L’expression (II . 21)
descomposantes
deB
montre quel’intégrant (II . 22)
est
singulier
si la surface S coupe laligne
r.1 Le contour C n’entoure pas la
ligne singulière
r. Laquantité
rot B estidentiquement
nulle sur la surfaceS,
limitée parC,
et le théorème de Stokespermet
de conclure que la circulation deB,
lelong
deC,
est nulle.2 Le contour C entoure la
ligne
F. La circulation de Bpeut
alors ne pas être nulle et elle nedépend
pas de la forme du contour C.On fait le calcul en choisissant le contour
indiqué
par lafigure ci-après.
On utilise les coordonnées r et 0 comme
paramètres.
Nous avons ainsi :Expression qui
s’écrit d’unefaçon explicite :
Par
intégration
on aboutit à :Si l’on définit cette dernière
quantité
comme « intensité de courant demasse » alors on a l’énoncé
suivant,
tout à faitanalogue
au trèsclassique
théorème
d’Ampère :
La circulation du vecteur
gravitationnel
B lelong
d’un contourC, / ~A
entourant
r,
estégale
à l’intensité -4 -
du courant de masse parcou- rant ce circuit r.7. Structure
multipolaire
de lamétrique
de Kerr.Nous essayons maintenant de
transposer
au casgravitationnel
de lamétrique
de Kerr les notions de momentsmultipolaires électrique
etmagnétique.
Notreanalyse
est liée au caractèreasymptotiquement
euclidiende la
métrique ;
en raison de ce fait nous utiliserons pour distance à l’ori-gine
la valeur de r.a. Moments
multipolaires
de masse.L’évaluation des contributions de chacun des termes
composant ~ (II .12) permet
de montrer que :si l’on
adopte.pour expression de ç (II .6)
ledéveloppement
limité suivant :Les relations
(II. 25)
montrentque h peut
être considéré comme ana-logue
duchamp électrique E
et -(~ 2014 1)
de V lepotentiel
électrosta-tique.
Par
ailleurs,
defaçon analogue
à ce que l’on fait pourV,
onpeut
écrire :où
Pl (cos é)
est lepolynome
deLegendre
d’ordre 1.Les moments
multipolaires Dl
étant définis parl’expression :
Compte
tenu de cettedéfinition,
on constate l’existence d’un termemonopolaire (m)
et d’un termequadrupolaire (ma2),
iln’y
a aucun termedipolaire.
b. Moment
dipolaire
de rotation.Si l’on se borne pour l’écriture de
chaque composante
de B(II.21)
auterme
principal en -
r( B ou - r/ ),
r ceci revient à écrire engénéral :
et ainsi :
Relation aussi satisfaite par l’induction
magnétique.
Les valeurs
approchées
descomposantes
deB,
selon(II .28),
sont :Ces
quantités
sont tout à faitcomparables
auxcomposantes
de l’induc- tionmagnétique
créée par undipole magnétique
de momentM,
à la condi- tion de considérer commeanalogues
M et - 2ma.De ces considérations il ressort donc que
(
-2ma) peut
être noté « momentdipolaire gravitationnel
de rotation ».c.
Remarques.
1. Nous avons dû poser la définition
(II.27)
des « moments multi-polaires
de masse » différente de cellequi
est donnée habituellement enélectromagnétisme,
ceci en vue d’uneinterprétation
correcte des diverstermes du
développement (11.26).
Il faut noter en effet que les relations :considérées comme
analogues,
diffèrent carl’opérateur
n’est pas linéaire.2. Les notions de moment
angulaire (chap. 1-3),
d’intensité de courant de masse et enfin de momentdipolaire
de rotation sont bien cohérentes.Nous
pourrions
établir entre cesquantités
les relations habituellement constatées enélectromagnétisme (à
un facteur 2nprès
lié auxunités).
III. - TRAJECTOIRES D’UNE PARTICULE
D’ÉPREUVE
DANS LE CHAMP DE KERR
1.
Équations
destrajectoires.
Nous savons
qu’une particule d’épreuve
soumise à unchamp
degravi-
tation se meut suivant les
géodésiques
del’espace
riemannien corres-pondant.
Nous allons former leséquations
de ceslignes
dans le cas del’espace-temps
de Kerr.Écrivons d’abord,
pour cefaire,
la fonction deLagrange
associée à lamétrique
de Kerr :(~
est unparamètre
affineparticulier
letemps
propre ; la dérivation parrapport
à T estmarquée
par unpoint).
Écrivons
ensuite lesintégrales premières correspondant
aux variablescycliques t
et C :Ces
intégrales premières expriment
la constance des momentsconju- gués
po et p3.Enfin pour
pouvoir
déterminercomplètement
le mouvement il fautajouter
uneéquation
deLagrange,
celle relative à 0 :Dans ces
expressions
on a rétabli G et c pour faciliter lescomparaisons.
2.
Étude
destrajectoires planes.
Par
inspection
del’équation (III. 4)
on constate que 0 =7r/2
est solutionparticulière (Il
faut supposer toutefois r #0,
c’est-à-dire r #a).
Il en résulte que, si initialement
80
=n/2 et 0o
=0,
le mouvement sefera selon 0 =
7r/2.
L’utilisation des relations(1.6)
reliant les coordon- nées(r, 0)
aux coordonnées(r, ), permet
de montrer que les conditions initiales90
=n/2; Bo
= 0 etBo
=n/2, Bo
= 0 sontéquivalentes.
Ainsiil est
possible
d’énoncer :Si initialement la
particule d’épreuve
se trouve dans leplan
XOY(plan
de la
singularité r)
avec une vitesse initialedirigée
suivant ceplan,
sonmouvement tout entier se déroulera dans ce
plan.
Remarque.
Nous allons étudier les
trajectoires
defaçon approchée.
L’étude dansle cas
GM/c2a «
1 conduirait à un résultatidentique
à celuiqui
seraitobtenu en utilisant la
métrique
de Lense etThirring (chap. 1-3),
aussinous nous
placerons
dansl’hypothèse Gm/c2a
» 1.Nous menons les calculs en
développant
les divers termes aupremier
ordre en a.
a)
Apartir
deséquations (111.2)
et(III .3),
il estpossible
d’éliminer Tet ainsi d’obtenir la relation
suivante, comparable
à la loi des aires classi- que :Faisant a
nul,
on retrouvel’expression qui
serait déduite de lamétrique
de Schwarzshild.
b) Équation
destrajectoires planes.
Cette
équation
est obtenue en substituant dans(III . .1 ), à ~
ett
leurs valeurs tirées de(III.2)
et(III.3).
On aboutit ainsi àl’équation
exacte :Comme on le
conçoit
facilement l’étude de cette relation exacte est peu aisée. Nouspoursuivons
endéveloppant (III.6)
aupremier
ordre en aet en
posant :
Après réarrangement
des termes nous obtenons :où Mt, u2, u~ sont les racines
de f (u).
Parvenu à ce stade du calcul nousconstatons que le
polynôme f (u)
est très semblable à celuiqui
serait obtenuen
partant
de lamétrique
de Schwarzschild(a
=0),
et nous nous propo-sons
d’appliquer
à(III.7)
la méthode donnée parSynge JJ)
dans ce cas.Nous supposons ainsi ui u~ U3 si ces racines sont toutes réelles.
Si nous nous
restreignons
à l’étude des orbites àpérihélie,
en cepoint
nous avons :
Il ressort de
(111.7) que feu)
doit êtrepositive
pour des valeurs de uappartenant
àl’orbite,
car l’est nécessairement. En outre le coeffi- cient deu~
étantpositif, feu)
estpositive
pour lesgrandes
valeurs de u.De ceci on
peut
conclure que les racines u~ et U3 sontpositives,
u~ corres-pondant
aupérihélie.
Il reste deuxpossibilités :
u 1positif,
ils’agit
d’uneorbite de
type elliptique
dont u 1 estl’aphélie ;
u i estnégatif,
ils’agit
d’uneorbite de
type hyperbolique.
La résolution de
l’équation (III . 7)
parquadrature
etinversion, toujours
suivant
Synge, permet
d’arriver aux conclusions suivantes :(1)
Toutes les orbitesgéodésiques ayant
unpérihélie
satisfontCette
expression
conduit parapproximation,
à :ASS. INST. POINCARÉ, A-YIII-1
On retrouve ainsi les orbites
newtoniennes, ellipses
ouhyperboles
suivant que Mi > 0 ou Mi
0.
(2)
L’évaluation de l’écart entre deuxpérihélies
successifs se fait àpartir
de lapériode
4 T de la fonctionelliptique sn2 (III .9).
On obtient :et
où l’on a
posé :
Les relations entre les racines Mi, u2, u~
de feu) (III. 7) permettent
l’élimi- nation de u~ del’expression
de K etensuite, compte
tenu du fait que K estpetit,
on calcule T commesuit,
ennégligeant K4 :
Finalement on obtient le résultat
suivant,
concernant cet écart :Le
premier
termede £,
+u~) qui
nedépend
pas de a, serait obtenu enpartant
de lamétrique
de Schwarzshild.Le terme
complémentaire
est lié à a, c’est-à-dire au mouvement du corps central.La valeur du rapport
(k/h) pourrait
être obtenue en fonction de UI et u2, par utilisation des relations liant les racines ui, u2, u~ aux coefficients dupolynôme f (u) (III . 7).
Il convient de noter toutefoisqu’il
subsiste uneindétermination
quant
ausigne
de(kjh),
cesigne
serait obtenu en considé- rant la vitesse de rotation initiale de laparticule 1>0
et les valeurs des autresquantités
m et a caractérisant le corps.3. Mouvements selon oz.
Ils
correspondent
au cas 8 =0(H
0 =0).
Nous devons doncprendre
lesvaleurs de L
(111.1),
po(111.2)
et p~(III .3)
en faisant 0=0. Nous avonsainsi :
Éliminant ,
entre(III .14)
et(III. 15),
nousobtenons,
enposant r’
=dr/dt :
Et en dérivant une fois par
rapport à t,
nous trouvons l’accélération r" :L’étude du mouvement se fait selon les
procédés
de lamécanique
classi-que, à l’aide de ces
expressions
r’ et r". On doitexiger
que le second mem-bre de
(III. 16)
soitpositif,
les racines de cetteexpression
fixant des limitesaux mouvements
possibles.
Il faut aussi que(chap. 1-3) :
Les résultats obtenus
peuvent
être résumés ainsiqu’il
suit :Pour des vitesses initiales assez
importantes, supérieures
à une vitesselimite
VL,
laparticule d’épreuve peut
atteindre des ordonnées de valeursquelconques ; pratiquement,
ellepeut
s’affranchir duchamp
du corps central.Pour des vitesses initiales assez
faibles,
inférieures àVL,
laparticule
décrit un mouvement oscillatoire
entre ri et r2 - (ri
et r2 sont les racines du second facteur du membre droit de(111.16)
pourlesquelles r’ = 0).
Pour des vitesses initiales assez élevées
( > VL)
laparticule peut
atteindre des ordonnées de valeursquelconques.
Pour des vitesses initiales assez faibles
(
laparticule
atteint uneordonnée
maximum ri puis revient,
en un mouvementasymptotique,
vers le corps central.
L’étude de ce cas limite conduirait à des conclusions sensiblement
équivalentes
auxprécédentes.
Notons enfin que dans le cas de la
métrique
deSchwarzschild,
on auraitpour
VL :
CONCLUSIONS
A l’issue de ce
travail,
visant àpréciser
la structure de lamétrique
deKerr et la situation
physique qu’elle traduit,
nous voudrionsdégager
lespoints principaux.
A. - L’examen des domaines de validité de la
métrique
et l’étudedes _
composantes du tenseur de
courbure,
ont montré l’existence d’une circon-férence
singulière r,
de rayon a, et de surfacessingulières Si, S2
dont laforme et la situation varient selon les valeurs relatives des constantes m et a.
B. - L’écriture des
équations
duchamp,
dans unsystème
de coor-données
adapté
au caractère stationnaire de lamétrique,
conduit à des relations deconservation. L’exploitation
de ces relations sous formeintégrale permet
d’obtenir mcomme flux
devecteur À -
c’est le théorème de Gauss - et- ( - 4m/a)
comme circulation de B - c’est le théorème d’Am-père
-. Il en résulte quel’interprétation
de m comme masse du corps central et celle de -4m/a
comme « intensité de courant de masse » leparcourant
se trouvent convenablementjustifiées.
C. - Enfin nous avons examiné
quelques trajectoires particulières.
Nous avons pu montrer la
possibilité
de mouvements se déroulantcomplè-
tement dans le
plan
de lasingularité
r et, dans ce casparticulier,
menerdes calculs
approchés permettant
d’obtenir un termecomplémentaire
liéà a par
rapport
au résultat issu de lamétrique
de Schwarzchild.Enfin l’étude d’un second cas
particulier,
celui des mouvementsayant
lieu lelong
de l’axe desymétrie
oz conduit encore àdistinguer
trois cassuivant que :
m > a, m a ou m=a.
BIBLIOGRAPHIE
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Publications récentes sur le sujet :
R. M. BOYER, Camb. Phil. Soc., 61, 1965, 527.
R. M. BOYER and T. G. PRICE, Camb. Phil. Soc., 61, 1965, 531.
BRANDON-CARTER, Phys. Rev., 141, 4, 1966, 1242.
Manuscrit reçu le 19 mai 1957.