Edit i ons
Claude Déclert
Cultures de Côte-d'Ivoire
a nue 1
de phytopathologie maraîchère tropicale
1
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M a n u e
de phytopathologie maraîchère tropicale
Cultures de Côte-d'Ivoire
M
de
Claude Déclert
a n u e
phytopathologie maraîchère tropicale
Cultures de Côte-d'Ivoire
Préface de C. M. Messiaen
Éditions de l'ÜRSTüM
INSTITUTFRANÇAIS DE RECHERCHESCIENTIFIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT EN COOPÉRATION
Collection
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ACTIQ UESParis 1990
Préface Ava nt- pro pos
Les cultures maraîchères enCôte-d' Ivoire Lediagnostic
Symptô mes et diagnosticdesmalad ies Les agents pathogènes
Situatio n sanitairedesplantati on smaraîch ères Le contrô le des maladi es
Bibliog raphie Annexes Index
Tabl edesillustrati on s Tabl edesmatières
11 13 15 31
63
219263 273
281 287 309325
329Photographies :ClaudeOÉCLERT.
lllustretion etmaquettedecouverture :Mic hel leSAINT-L ÉG ER.
Fabrication et coordination:Catherine GUEDjet ÉlisabethLORN E.
Lalo i du11mars1957n'autorisant,auxtermesdesalinéas 2 et3 del'arti cle 41,d' unepart, que les«copiesou reproduct ion sstrictementréservéesàl'usage privéduco piste et non destinéesiluneutil isationcollective»et,d'autrepart,quelesanalysesetles courtescitations dansun butd'exemp leet d'il lustration,«tout ereprésentationoureproducti onintégrale,ou partielle,faitesansleconsentementdel'auteurou deses ayants droitouayants cause,est illicite» (alinéa1~del'article40).
Cettereprésentation ou reproduct ion,parquelqueprocédé quecesoit,constitueraitdo nc une contrefaçonsanctionnéepar les articles425 et suivants ducodepénal.
©ORSTOM1990 ISSN114 2-2580 ISBN2-7099-1005-5
Àlamémoire demon collaborateuretami JonasOmp léon SérydeZoukougbeu.
Préface •
•
L'ouvrage de Claude DÉCLERT sur les maladies des plantes mereîchères en Côte-d'Ivoire permet d'apprécier àquel point ce pays, à la fois tiède et humide, dresse contre ce type de cultures un parasitism e puissant et varié, modulé parl'alter- nancede deuxou quatre saisons suivantleslatitudes.
Celui qui a vécu ou jard iné dans d'autres pays tropicaux retrouvera dansce livre laplupart des ennemis fongiques ou bactériens quilui étaient fam iliers, et verra à quel point un peu moins de vent ou un peu plus d'humidité peuvent faire demaladies«secondaires»des plaiesmajeures.
Lesglossaires et clefs conce rnant les symptômes, les fam illes fongiques,lesdescription smycologiquesdétaillée s,et lestrès belles illustrations permettentau non mycologue d'approfon- dirses connaissances et de s'initierà des méthodes d'étude originalespouvantêtre pratiquéesdans un cadre rustique.
Dan s ses co nse ils pour laprotection des cultures, Claude DÉcLERTa deplusle méritedene
p~er
le complexecryp- togamique, mais de le situe r dans l'ensemble géné ral des problèmes phytosanitaires de chaque culture, incluant virus, ném atodes,acarie ns et insectes.Même si la concentratio n de population de tel ou tel pays tropical,dansuneou plusieursvilles tentaculaires, faitreculer l'espoirde l'auto suffisan ce pour les alimentsde base, com m e farinesou huiles, subsistera toujours pourcesmétrop olesla nécessité de ceintures mereîch ères ou d'Îlots, producteursde légumesfraisindispensablesàla survie.
• 11 +
• C. DÉCLERT.
Celivre trou vera saplacedanslabiblioth èque des maraîchers de pointe, oude ceux qui auront encharged'encadreret de promou voirla production maraîchèredanslespaystropicaux.
Mieux connaîtreà l'avance leurs ennem ispotentiels, déceler le plus tôt possible ceux qui se man ifestent, savoirà la fois com ment lutter au jour le jour etétab lirun jardin sur des bases saines, c'estce que pourraapprendre cet ouvrage, en contribuant ainsiàleur réussite.
C.M.MESSIAEN Directeurderechercheàl'INRA,
ancien directeurdes stetions de pathologievégétale etd'amélioration desplantes del'INRAAntilles-Guyane.
• 12.
Avant-propos •
•
La place des cultu res maraîchèresdans la stratégiemondiale dudéve- loppement agrico le est actuellement en voie de revalorisat ion, aussi bien dans la perspective de l'augmenta tio n des ressources paysannes que dans celledelalutte contre la faim.
La Côte-d' Ivo ire bénéficie également de cette réhab ili tatio n, devenue pour elle une nécessité.L'augm entatio ncroissante de[aconso mmation des frui tset légum es, produitspar [e maraîc hage, s'assorti t égalemen t d'uneprogressio ndu commerce interna tio nalde ces denrées.
Dansl' axe Nord-Sud,les importations ivoirie nnesde pommede terre et d'oi gno n viennent au premier rang dans cette catégorie. Les échanges Sud-Sud sedéveloppent, en particuli er pour les fraises du Sénégal, les hari cot s verts et les pommes de terredu Burk ina Faso,et les oignons du Niger. Sousl'impul sion de la Sodéfel",de nou veaux encouragemen ts devraient permettre à la Côte d'Ivoi re, dans un avenir proche, non seulement de réduire ses im por tations, mais encorede prend re rang d'e xpor tateur.
On peut espérer, en outre, que des problèmes de socié té, tels que l' exode rural et le retour des jeunesà la terre, trou ven t une solu tio nà travers le développement de l'activité maraîchère. Les cultures maraî- chèresconstituenten effet une voie originale, sansobstac lefoncie r ni traditionn el: les supe rfic ie sà utiliser (bas- fonds et au tresparcelles impropres aux cul tures classiques)sont en dehor s des propriétéstradi- tionnelles et nécessi tent seulement des amé nageme nts de mi se en valeur.
"Sodé tei=société pourle développemen tdesfruits etlégum es
~. DÉCLERT •
Le développe ment rem arqu ab le du réseau routier permet notamment l' écoul ement et la distributio ndes produits,tant pourle marché intérieur que pour celui d'un marchécentral, à vocatio n nation ale et internatio- nale, du modèledeshall es centralesd'Abobo.
La sensibi l isatio n de l'o pini on publiq ue au maraîch age est menéeacti- vement par lesmedias (presse,télévi sion)et au travers de colloq ues.
Néanmoin s, la réussite de celte nouvelle « vague verte »demeurera conditionnée par la maîtr ise des cont rai ntes par asitaires, qu i sont malheureusement très fortes. Le but de cet ouvrage est d'appo rteraux développeurs desinform ationsutilesdansledomaine de la défensedes culturesmaraîchères.
Aprèsavoir exposé sous quelles formes lesmalad iescryptogamiq ues apparaissentà l'observateur, et commentse manifestent (ou se cachent) les agents pathogènes(«Le diagnostic", p. 31), l'auteurpasse en revue, plantepar plante, différentes affectio ns susceptibles de survenir dans les plantations maraîchères[« Symp tô mes et diagnostic des maladies ».
p.63).
Afin denepas décourager lelecteur non spécialiste, les données myco- logiq uesont étécondensées[« Les agents pathogènes». p. 219). Que les phytopa tho logistespuristes ne s'enoffusquentpas,pas plusquedela présence de quelques« étrangers " , bactérieset nématod es, ad mis à côtoyer leschampignons, cela en raisondu choix de concep tio n de l' ouvrage.
Quelques missions d'experti ses, effectuées dansle cadrede lavocation de coopératio n scientif ique interna tio nale de l'ORSTOM, ont permis à l'auteur de relever la spécificité de la Côte-d'Ivoire par rapport à d'au- tres pays africainsde larégion, quantauspectreparasitaire(«Situation sanitairedesplantation s maraîchèresenCôte-d 'Ivoi re», p.263).
Enfin, on attenddu phytopat ho logistequ'i l nes'arrête pasaudiagnostic nià la connaissance des agentspathogènes,mais qu' ilproposeenoutre des solutions concrètes pour lamaîtrisedesmalad ies:«Le contrô le des maladi es" (p. 273) estto ut entier consacré aux différentes voies de la lutte et de la prévention sur un plan général, l'aspect particulier ayant été trai té dans l'étu d e descri p t iv e des affectio ns [« Symptô meset diagnostic desmalad ies». p.63) et dans l'exposé analyt ique des para- sites[«Les agents pathogènes». p.219).
• 14 •
Les cultures maraîchères •
en Côte-d'Ivoire
•
L E MILIEU
Climat et zones climatiques
Lespays intertropicaux sontsoumisàunedoubl einfluence,cellede la cha leu r et celle de la plui e . On y con naît deu x type sde cli ma t différents:
- le cli mat équato rial, dépour vu de vraie saisonsèche, est caractérisé parladistributiondespluies sur tou tel'ann ée (avec 1ou2maxima),et par l' uniformité destemp ératures. Il conce rne les régio ns s'étenda nt jusqu'à4à5°delatitudenordousud;
- le climat subtropic al, intéressant les région s voisines des tropiques, compo rte deux saisons, une saison despluies et une saisonsèchebien marquée, durant au moins six mo is.Lestempératuresvarient sensible- ment pendant l'année.
Entre ces deux types extr êm es existe n t desformes de transition, disti nctespar la durée relative desdeux saison s, ainsi que par l'ampli- tude desvariations de températur e. Située dan s la région ouest de l'Afriqu e, entre les latitudes 4°30 ' et 10°30' N, la Côte-d'Ivoire est soumi seàde tels régimes intermédi aires.
Le cl i matsubéq uato rial, caractéri séd'une part par une pluviom étri e élevée - dépassant 1 500 mm -, despréci pitation s répartiessur toute l'an née - avec deux maxima situés en mai-juin-juillet et oct o br e- nove mbr e (respec tiv eme nt grand e et pet it e saison des pluie s) - et, d' autrepart,par detrèsfaibl esamplitudesdesmoyennesmensuelle sde
+ c.
DÉCLERT+
températures maximales (27° à 31°C) et minimales (21° à 24 "C), conditionne la zone forestière de la basse Côte-d'Ivoire.
Le climat tropical, caractérisé par une pluviométrie inférieure à 1 500 mm - les précipitations étant concentrées sur une seule saison pluvieuse - et des oscillations plus importantes des moyennes mensuelles de températures maximales (28° à38 OC) et minimales (15,5 à23,5 OC), correspond aux régions de savane du nord.
BURKINA FASO
Yamoussoukro
•
Bouaké
•
Kaliola
--...- . - . _ - - -
OCEAN ATLANTIQUE Bouaflé
-.
\
\
\
.-
Oumé
• Ferkessedougou
•
Korhogo
2
4 3
__ Buyo --
..
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'1 -
J 1 / / -,
LIBERIA
FIGUIŒ1 • Carte des régions climatiques de Côte-d'Ivoire (échelle 1/5600000) : 1.Zone de climat tropicalàlongue saison sèche
0-8 mois) ;2.Zone de climat tropicalàmoindre saison sèche (5-6 mois) ;3.Zone de climat subéquatorialàlongue saison sèche
(5-6 mois) ;4.Zone de climat subéquatorialàcourte saison sèche (4-5 mois) ;5.Zone de climat subéquatorial de montagne.
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• LES CULTl RESMARAÎCHÈRES EN CÔTE-D'IVO IRE.
iempé raiure-c
35
30
25
20
15
10
pluviométriemm 600
500
300
200
100
• T.min.
• T.max.
_ Pluvicm. _ E.r .p .
M A M
...salsonsèche
A o N
grande...
FIGUIŒ2• Caractéristiques climatiques de lazonesubéquatoriale (Abidjan).
tempèrëiureOC pluviomélrie mm
600
35
500
30
400
• T.min.
25 • T.max.
300
_ Piuvcrn.
20 s.r.e,
200
15 100
10
FIGURE3• Caractéristiques climatiques de la zonetrop icale (Fereessédougou) .
• 17 .
+
C. DÉCLERT+
ELDIN (AVENARD etel., 1971), pour défini r la saiso n sèche, prend en compte le déficit hydrique, différence entre lapluviom étri e et l' évapo- transpiratio n potentielle mensuelle. Le déficit hydri qu e cumulé pour la grande saison sèche, ainsi que laduréede cettesaison, lui permet de défin ir des sous-clima tsà l' intérieur des deux grands typesclim atiqu es de Côte-d'I voire (figures4 et5).
déficithydrique/mm 160
120 -I- --Ic-- t-
80 +---t--~
sept oct nov déc JilllV fév RaS <M
FIGURE4 . Position nementet durée dela saisonsècbe pour les cinqsous-zones climatiquesdéfinies.
Dansla régio n nor d, une ligne passant par Touba-I<atio la-Bon dou kou (cf.figure1) délimi te une zone àdéfic itcumulé de 600 à850 mm pour une saisonsèchede 7à8mo is, avec une pluviométrie annuel le variant de 1 100 à 1 700 mm. Au sud de cette ligne, jusqu' au tracé Man- Bou aflé-Ou mé-Abengourou, lapluviométrieest du même ordre (1 100 à 1600 mm), mais la saisonsèche ne dure que 5à 6 mois et le déficit cumu léoscilleentre400 et 600 mm.
De même, larégion forestièrepeut être partagéeen deux zonesparune lign e Buyo-Sikensi-Ayam é. La premiè re, au nord , bén éfi c ie d'une pluviométrievariantde1200 à1800 mmet d' une saison sèchede4à 5mois,pendant laquell eledéficitcumulé varie de 250à400 mm. Uneenclave climatiquesubéquatoria ledemont agne se singularisedans le massif de Man, carac térisée par une pluviométrie élevée (1 700 à 2 500 mm) pour une même duréede la saison sèche, d'o ù l'abaisse- ment du déficit hydriqueen dessousdu niveau300. Dansla seconde
+ 18 +
• LES CULTU RES MARAÎCH ÈRE S EN CÔTE- D 'IVO IRE.
zone, ausuddelaligne précitée,on n'enregistrequ'un déficit de150à 250 mm, enraison delaforteaugmentationdelapluvi ométrie (1600à 2 500mm) etdelaréductionà3à4 moi sdela grandesaisonsèche.
défic tcumuëImm
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KORHOGO 88
700 -t---~&--
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3 00 +-- - - - - - 1Il
déc oct
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~~B O U A K E -469+ - - - -- - .... · -- ~42B
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: 'OJ A N- 2BB400
200 -t---~..-__'?'_---,,.:-~"'---GAG NO~271
FIGURE5• Intensitédudéficit hydriqu e cumuléet durée de la saison sècbepour les cinqsous-zonesclima tiques.
Hygrométrie% IUU
Hygromé'lie'%
100
80
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ABJ40 FKE
~
20
Jan.Iév. marsavr. l11aIjuin juil. aoûtsept.OCI.nov.déc.
FIGURE6• Moyennes mensuel/es deshygrométries maxima leet minimale (Abidj anet Ferteessédo ugou).
• 19 .
• C.DÉCLEKT•
Outre cesdeux facteursdu climat,quesont la températureet lapluv io- métri e, l'hygrométrie jo ue un rôl e très impor tant, tant pour les plantes cultivéesquepourlesparasites,déprédateurs etagents demalad ies.
On con state (f igu re 6) que, dan s la zo ne de clima t subéq uatori al (ex.station d'Abidjan), l'hygrométri emaximale moyenn emensuell e est toujour s proche de 100 % et l'hygrom étrieminimalejamaisinférieureà 65 %.Larégiondu no rd (ex.statio n de Ferkessédo ugou), soumiseà un régi me d'harmattandurant lasaison sèche,voitson hygrom étri emaxi- males'abaisserà64 % (février)etbénéficie toutel'annéede journées à moins de 65 %.
Les sols
Lessolsdela Côte-d'Ivo ire, trèsinfluencéspar le climat, se situentdans l'ordre dessols évolués sur place (AUB ERT, 1941), et serépartissent entre leso us-ord referrugineux tropical, caractérisé parlalibération du fer, et le sous-o rdre ferrall it iqu e, caractérisé par la double libératio n du fer et del' alum ine(A. PERRAUD,in:AVENARDetal.,1971).
Lessolsferrugineux tropicaux sont localisésdans la région nord- estdu pays,forméssurgranite, sous uncli mat à longue saison sèche(8 moi s) et plu vi om étrie modérée (1 200 à 1 300 mm). La chaleuraccentue l'hydr ol yse du fer, qui devi ent l'élément pri mo rd ial au détr im ent de l' argil e. Leur teneu r en humus est mod ér ée, l'argil e migre peu au cont raire du fer sous forme d'h yd rate. Il se forme en profo nde ur des concrétions,desgravil lons, descuirasse s ou des carapaces,consti tuées toujou rs de fer, so uvent de manganèse, et parfo isd' alumine. Les so ls ferrugi neux tropi caux ont tendanceà s'ac idi fier. Le lessivage plus ou moins intense, dont ils sont l'obj et, augmente leur acid itéet rédu it leur fertil ité. Sous savane ou sous forêt, la matière organiq uesedépose en quanti téimportanteà lasurface dusol, toutefoi s elle s'y incorpore très peu, décomposée rapi dement sou sl'effetdes facteursdu climat. Laferti- litédes sols ferrugineuxtropicaux semesure àleur richesseen matière organique.
Les sols ferrallitiqu es, réparti s sur lamajoritédu pays,sont caractérisés par la décompositionintense des minéraux de la roche mère (essentiel- lement graniteset roches métamo rphiques schi steuses), allant jusqu'à l'i nd ivid uali satio n du fer, de l'alumine et de la silic e. Il reste la si lice cristal lisée (q uartz), la si lice colloïda le, et des oxydes, hydr oxydesou hydratesdefer, alumi nium, manganèse et titane.Form és en clim attropi- cal humi de ou équato rial sous forêt dense, ces solssont pauvresen humus:la masse de matière végétaledéposée chaq ue année ensurface
.20.
• LES CULTURES MARAÎCHÈRES EN CÔTE-D'IVOIRE.
est importante, mais sa décomposition très rapide. Ils se caractérisent par une forte acidité, puisqu'en général le lessivage des bases l'emporte sur la remontée par les racines des végétaux. Sur le plan agronomique, ils sont peu fertiles en raison du lessivage des bases solubles et échan- geables, et de la destruction du complexe organique, donc pauvres en azote.
Les sols de bas-fonds, parfois consacrés au maraîchage, appartiennent à la catégorie des sols hydromorphes, dont l'évolution est dominée par l'engorgement par l'eau, phénomène en général temporaire lié à l'accu- mulation des eaux de pluie. Lorsque des aménagements sont réalisés, la matière organique évolue normalement et la fertilité est satisfaisante lors de la mise en culture. On rencontre des implantations maraîchères sur tous ces types de sols, sols tropicaux ferrugineux peu lessivés (les plus favorables), sols ferralitiques non ou peu évolués (récemment mis en valeur), et sols de bas-fonds après aménagements de drainage.
L'eau
Les besoins en eau des plantes maraîchères ne sont jamais totalement satisfaits tout au long de l'année par les précipitations. Le déficit hydrique impose d'en pallier les insuffisances par une irrigation complé- mentaire. Les solutions sont modulées en fonction du type de l'exploita- tion : simple et manuelle pour les petits jardins groupés aux abords des villes (arrosage à l'arrosoir, exceptionnellement à la raie), sophistiquée et puissante pour les plantations à grands périmètres, dotées d'importants moyens d'investissement (pompage motorisé à partir de barrages ou de rivières, distribution par réseau d'irrigation pour l'écoulement ou le goutte-à-goutte et par réseau de tuyauteries pour l'aspersion). Chacune d'entre elles présente des avantages et des contraintes sur le plan de la protection phytosanitaire.
LES MODALITÉS DU MARAÎCHAGE
Le jardin de case
On peut observer en Côte-d'Ivoire diverses modalités de la culture maraîchère. La plus simple est celle du jardin de case ou de campe- ment. Sur une superficie réduite, de quelques dizaines de m2au maxi- mum, la ménagère entretient quelques espèces potagères destinées à la
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+ c.
DÉCLERT•consommation familiale :pim ent, aubergine Ndrowa, tomate, gomboet roselle, haricot grimpant, basell e, co rc ho rus et nié bé. Cl o turé et ombragéd'arbresfruitiers (citrus, mangui er et papayer), le jardin est développéensaison pluvi ale,exceptionnel lementarrosé.
Engénéral de grandesdistancesle sépa rent d' autr es cu ltu res rnaraî- chères, et, en raison de cet isolement, les jardinsconstituen t de véri - tablesniches écologiqu es, parfoi s épargnéespar lesparasites, mais le plus so uv ent, au co ntrai re, ils se co mpo rte nt en rel ais ou en foy ers d' in fection .
La culture pluviale extemporanée
Uneautre forme primitive du maraîchage est la culture pluviale extem- poranée. Pratiquée envue de l'obtention deressourcessupplémentaires parles travailleurs manuels des villes (gardiens,manœuv res,etc)sur les loti ssements non encore construits, et parti culi èrem ent fréqu ent e aux abords de l'agglomération abidjanaise, elle concerne desplanteslégu- mièrespeu diversifiées, comme la tomate, le gomboet la roselle,entre- tenuesen rotation avec le maïs.
Lamiseenvaleur de défriches de forêt,ava nt la tradit ionn el leplantation de caféier et de cacaoyer,est réaliséepar une culture deriz, maisaussi par des soles maraîchères, en culture pure ou assoc iée, de gombo, aubergine Ndrow a, piment et tomate.
De même que pour lesjardi ns decase, detell esplantati ons enclairière son t relativement isolées, mais rarement indemnes demal adi es.
Le maraîchage artisanal
Lorsque lemaraîcha gedevi ent une act iv itéprofessionn ell e, la maîtrise del'eau est acqui se. Laforme artisanaleest représentée unifor mément dan s le pay sdèsque lesagglomération surb a in es sont dotées de marchés. Lesjardin s sont concentrés dans une zone urbainede jardi - nage, part agée en lots de superficie var iab le (de l' ord re de 500 à 2 000 rrr'), éq u ipés d'un ou de plusieurs puits pour l'arro sage des planches. Les cultures sont en général très diversifi ées en espèces à l'intér ieur de chaque jardin, et conduites pendant la saison sèche. En saison des pluies, lesparcelles sont souvent submergées et leur accès imp ratica ble; le so l devientdifficileà travailler, et le parasitismedomi- nantminimiselesrécoltes.
+ 22.
+
LES CULTURES MARAÎCHÈRESEN CÔTE-D'IVO IRE+
Les grands périmètres maraîchers
Les plantat ions indu striel lessont totaleme ntaffranchies des aléasde la pl uviomé trie et leu r activ i té se pou rsui t en généra l toute l'ann ée.
Install ées sur de grandes supe rf ic ies, atteigna nt plusieur scentai nes d'hectares,ellessont spécialisées dans la production d'un petit nombre d'espèces :aubergine, melo n, oignon, poiv ron, tomate.Sidetelles plan- tation s sont actuellementréd uitesàquelquesunités, ilne faud rait pas se hâterde condamne rcetteforme d'exploi tatio n maraîch ère, particu liè re- ment struc turée, capable d'une partde s'adapte r aux vicissitudes du marché et,d'autre part,de maîtriser les problèmes phytosanit aires.
Ilexiste unautre type d'explo itation, interméd iaireentre lepetit maraî- chage artisanal collectif et la plantatio n ind ustriel le, celui des fermes maraîchères géréespar des Asiatiques.Caractériséespar leur dimensio n moyenne (quelqueshectares)et leur spécialisatio nconcentréesurdeux ou troi s espèces (cucurbi tacées), la quali tédestravaux etdusavoir-faire leu r permet une production satisfaisante, assortie d'une situati o n sani- taire de bon niveau. De tel les entreprisessont suscept ibl esde se multi- plier, modèle accessibl e à un certai n nombred'Ivoiri ens, propriétaires fonc iers, désireux de s'instal ler à leu r compte et ouver tsaux récents progrès techni ques (entre autres le système deproduct ion mix teovins- produitsmaraîchers, mis au poin t aucentreORSTOMd'Adiopodoumépar C. NETSCHER).
LES PLANTES CULTIVÉES EN CÔTE-D 'IVO IRE
Liste des plantes cultivées
Alliumasca/on icu m L.(Liliacées)=échalote A/li um cepa L.(Lil iacées)=oignon
A/li um pottum L.(Lil iacées)=poireau
Amara nth us hybridu ssubsp.cruentus L.(Amaranthacées)=amarante Basella a/ba L.(Basellacées)
=
baselleBeta vu/garis L.(Chenopodi acées)=betterave potagère Brassicanapu s L. (Cruci fères)
=
navetBrassica o/eracea L.var. capitala L. (Cruc ifères)= choudeMilan Canava /iaensiform is (L.) D.C.(Légum ineuses)=haricot sabre
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• C.DÉCLERT•
Capsicum annuum L.(Solanacées)= po ivron Capsicum frutescens L.(Solanacées)=piment Cicho rium endivia L.(Composacées)= chicorée frisée Citrullus vulgaris Schrad.(Cucurb itacées)=pastèque Corchorus olitarius L.(Tiliacées)= kprala
Cucu m is melo L.(Cuc urbitacées)=melon
Cuc um is sativus L.(Cuc urbitacées)=concomb re, cornich on Cuc urbita maxim a Duch (Cucurbitacées)=potiron
Cucurbita mosch ata Duc h exPoir. (Cucurb itacées)=giraumon Cucurbi tapepo L.(Cucurbitacées)=courge,courgette Daucu s carota L.(Ombell ifères)=carotte
Fragaria virginiana x chiloensis (Rosacées)=fraisier Hibiscusesculen tus L.(M alvacées)=gombo
Hibiscus sabdariffa L. (Ma lvacées)
=
rosell e, oseille de Guinée ou«dah»Lactuca sativa L.(Composacées)=laitue
Lycopersico nesculen tum Mill.(Solanacées)=tomate Nasturtium officinale (R.) Bz (Cruc ifères)=cresson Petroselinu msativum Hoff (Ombe llifères)
=
persi lPhaseolu slunatus L. (Légumine uses)=haricotdu Kissi, ou pois savon Phaseolus vulgaris L.(Légum ineuses)
=
haricot communRaphanussativus L.(Cruc ifères)= radi s
Sechium edule (Jacq.)Sw arz (Cucur bitacées)
=
chayote Solanumanoma lum Tho nn. (Solanacées)=aubergine Ndr ow a Solanum macrocarpon L.(Solanacées)=
grosse auberginelocale Solanummelonge na L.(Solanacées)=aubergineSolanum nigrum L.(Solanacées)=morelle noi re Solanum tube rosum L. (So lanacées)
=
pom me de terre Vigna sesquipedalis Fruw. (Légumineuses)=niébé longueVignasinensis SaviexHassk,(=
v.
unguiculata Walp.) (Légum.)=niébé.Le panorama maraîcher ivoirien
Les différent es espèces culti vées sont regroup ées entre les catégories suivantes:
Les alliums
Les exigences climatiques de l' o ignon n' en permetten t la cultu re que dansle nord dela Côte-d'Ivoi re. La variétéVio let de Galmi est la plus adop tée, aussi bien en pla ntation indust rielle qu'en maraîch age tradi -
. 24+
• LESCULTU RES MARAÎCHÈRES ENCÔTE-D'IVOIRE.
tionnel. Le poi reau,cult ivédansles zones de jardinage, ne se maintient qu'en raisonde la demandedesmarchésen légumes frais : les cond i- tions climatiques requises(température nocturne de 17-18 "C) ne sont qu'exceptionnell em ent remp l ies et les rendements sont toujours médiocres. L'éch alot e, très app réc iée par le consomm ateu r ivoirien, occupe une placeimpo rtante dans l' asso lementdesjard insmaraîchers.
L es aubergin es
Elles sont trèsimpor tantes dans l'assol ement.Leur cultureestengénéral assez faci le, maisles parasites etagentspathogènes,nombreux et variés, dé routen tparfoi s le maraîch er. Pour des rai son s de commodité, Sola n um melo ngena L. (= aube rgi ne douce) sera disti nguée ici de S. œthiopicum (= aubergineamère) regroupan t les espèces anoma lum Schum.et Tho nn., macrocarponL.et integrifo li umL.L' aubergine douce est sur to utcul tivée en plantation industrielle, l'aubergin e amère est ado ptée dans touslestypes de culture.
La betterave potagère
Labetterave rouge potagère etla blette sont rares en Côte-d'Ivo ire,et les épinards, autres chénopodi acées potagères,encore davantage.
La ca rotte
Celégum e,d'im portance secondaire ensupe rfic ie,estnéanm oin s régu- lièrement présentdans les zones de jard inage, demêmequele persil.
Le céleri-tigeestexceptionnel.
Le cho u
Il fait l'obj etdecultur es étenduesdans lesjardins et même en planta- tionsinterméd iaires. Préférantles sols lour ds etargileux, sonassolement est impo rtantdans la région de Yamoussoukro, Bouaflé, Daloa, Rubino, Odie n né , Korhogo, et beau cou p pl us réduit sur les sols sable ux d'Ab idjan. Si le navet jouitd'un e faveur presqueégaleà celleduchou dans l' assolement des zonesde jardinageet dedéfriche de fo rêt (axe Tiassal é-H érémankono), le rad is tie nt une place minim ede pla n te cond ime ntaire,et le chou-fleurn'a pas dépasséle stadeexpérime ntalou de curiosité.
Le concombre
D'import ance seconda irepar rappo rtàcelle deslégumes-fru its des sola- nacées,le conco mbreestcelledes cucur bitacées nontrad itio nnel lesqui
. 25.
.c.
DÉCLERT •renco ntre le plus de succès. La diffusion de la variété Pointsett par la Sodéfel a été bien accueillie, par les consommateurs comme par les prof essio nnel s, qui en apprécient le cyc leculturalco urt et la rusticité (outresa résistanceau mildiou).
La courgette et autres cucurbitacées de jardin
Cucurbi ta pepoenregistre uncertai nprogrèsdans les jardins, probable - ment en raisonde son dével opp ement végétati f luxur iant et desoncycle court.Elle estsouventvic ti me deparasites et atteintede mal adies,et le cours desfruits restemodeste. La courge, ou pot iron ,développée sans soinsaux abords descases, estpro babl ement laplusrustique et laplus épargnéedesplantes maraîchères (mo uchedesfruits exceptée).
La chayo te, cultivée tradition nell e me nt depui squelques dizain es d'années (région d'Anvarna),ne progressesensiblement pas malgrédes cours incitatifs.
L e fraisier
Outre l' acclim atement, cette plante doit faire face à des problèmes phytosanit aireset des probl èmes de multipl icat io n végétative. La vulga- risation de saculture demeure d' avenirincer tai n.
L e go mbo
C'est un légume -fruit très import ant, cultivé dans toutes les situatio ns, exceptésur lesplantation sindustriell es.
Le haricot
Lesjardiniers cultivent plusieurs espècespou r leharicot- grain,Ph.lunatus le plus fréquemment et parfo is le Vigna sesq uipe dalis.Le haricot-fil et, tant les variétés naines que grimpa ntes, n' estque très peu vulgarisé en raiso n d'une forte pression par asitaire. Cu ltivé pour la récolte des feuilles, Vigna unguiculata jouit d'unegrande faveur.
L a laitue
Lactu ca sa tiva rep résente une sole très importante dans les jardi ns urbains,en raison d'unedemande constante dumarc hétoutau lo ng de l'ann ée. Lavariété Batav ia blo nde de Pari s, relati vem ent adaptée au climat,est unanim ementrecherchée.
L e melon
Il est adopté dansles plantations industrie lles, lesplantation s intermé -
• LESCULTURESMARAÎCHÈRESEN CÔTE-D 'IVO IRE .
diaireset parfoi sdanslesjardin sde vil le, maisles surfaces cul tivées so nt en régression,probablement en raiso ndes dégâtsde mouch esdes fruits et du mildiou,difficilesà co ntrô ler.Ainsi lesreversrépétés, enregistrés par lesartisansmaraîc hers du Banc o (emplacement actu el de la voie Expr essNord),ontétécause deson abando nàpartir des années 1974-75, malgré unedemandecons istantedu marchéet des cours incit atifs.
L es légumes traditionnels
Très import ant sdansles form es artisa na les du maraîc hag e, ce sont essentiell eme nt des légum es-feuill es, amarante, aubergi ne Ndrowa et aubergi ne Gnagnan, basell e,corchoru s,niébé, roselle.
La pastèqu e
Demême que lemelon , el le n'occupequ'uneplacesecondairedans les jardins. Sa rusticité, le bon état sanitairedes cultures,et lafaveur crois- sant e du conso mmateu r, permett ent d'augur er un accroiss eme nt des surfaces.
L es pépinières
Un certain no mbre de légumesdoi vent être élevéset soignés à part, pendantlestade plantule.Lesprobl èmesphytosan itairesparti culiers aux planches depépinièresero nt abordéssous ce paragraphe.
Le piment et le poivron
DesdeuxespècesdeCapsic um, le pimentest leplus cultivé,principal e- ment en jard in s de case,enplantati o ns declairi ère eten jardinsdeville.
Le poivro n asurtout été cultivésur certain esplantationsindustrielles.
La p omme de terre
Saculture artisanaleet trad iti onell e dans l'uni q ue région nord-o uest (O uanino u) n'apu êtreétend ue au modeindustriel,en particuli erpour desraisonsphytosanitaires. Denouvell estentativessont en cours dans la région de Toub a et de Si néma tiali, diligem men t men ées par la Sodéfel.
La tomate
Elle estcultivée danstoutesles formes demaraîch age en Côt e-d 'I voi re.
Depu isune quinzain ed'années, les variétésàfruit allongé,approp riées à la fab rication de conce ntr é pour la conserve, se so nt ajout éesaux variétésen place:tomati ou tomatede Korhogoàpulpe acide et tomate
· 27·
• C.DÉCLERT•
àgros fruit (He intz 1370 essentiellemen t). Ni lesnombreux probl èmes sani tairesrencontrés dans la culture, ni la modicitédes rendementsqui en sont la conséquence, ni même les aléas des cours fluct uants, ne découragentjardiniers etplanteurs.
LE S TRAVAUX CULTURAUX
Travaux du sol et mesures antiérosives
Les plantations industriel les disposent de moyens mécaniq ues impor- tants pour l'aménagement des parcelles,charruesmultisocs ou charrues àdisques pour labour profond(18à20 cm) etcultiva teursouscarifica- teurs pourle nivellementdes parcelles.
Le typede labo urest adapté selon le mode d'irrigation:à plat dans le cas d'aspersion et en planchesavec sillon pour l'éco ulement, dans le casd'i rrigation pargravité.Àtitrede mesureantiérosive, pourcontrô ler ledégât des eaux de ruisselleme nt, le labou r en planchesest le plus souventadopté.
Dans les jardins, le labour manuel est réal isé à la daba. et le terrain cultivab leest aménagéenplanc hesne dépassant pas1,20 mde large ou enbillons de 60à70 cm,lor squ ' il ya risque d'inondatio n.Pour facilite r ledrainage, lesplanches sont séparées pardes fossés dont laprofondeur peut atteindre60à80 cm.Lestravaux delabouront l'avantage de favo- riserla décomposition desrésidusde la cultureprécédente et leur trans- formation enmatière organiq ue nécessaire aumaintien delafertil ité du sol. Un certain nombre de germes pathogènesdispara issent dans la compétitionavec les micro-organismestell uriq ues.
Cependa nt certainsd'entre eux, présents en grand nombre, sont alo rs disséminéset seront l'originede maladiesen«taches»ouen«séries»
sur leslignesde culture.
Semis et repiquage
Si pour certai nesespèces lerepiq uageest bénéfique, par le renforce- ment du système racinaire qu'il occasionne, les mei l leurs so i ns que recoivent lesplantules en pépinières, et par la sélectionsanitaire alors fac ileà opérer (élimi natio n des plantsavec tumeursà Me/oidog yne),le
• 28.
• LES CULTU RES MARAÎCHÈRESEN CÔTE-D'IVO IR E.
semis direct est avantageux pour les légumes à grosses graines, qui, après la germination, positionnent correctement leur collet et, surtout, dévelop pentleur systèmeradicu lairedefaçon optimale. Les opératio ns de sem iset de repiquage do i vent respec ter les norm esde den si té propresàchaqueespèce et mêmeà chaq uevariété.
Eneffet,des plantations trop serrées favorisentl'élévationde l'hygrom é- trie et augmentent la préd isposi tio n des plantes envers les maladi es cryptoga miq ues. Dans leszones à risques, le planteu r sera amenéà modulerles normes.
Travaux d'entretien
Ayant pour butde protéger les plantescultivées contre la conc urrence des adve ntices et de régula riser l'en viron nement, le désher bage est souvent réali sémanuell ement dans les jardins,oupar l'usage de désher- bantschimiquessélectifsdansles grandesplantations.
Le sarclagecontribue àla propreté des cultu resetàl'économiede l'eau dans le solen réd uisantl' évaporation. La pratiqu e dubuttage, indispen- sable après l' épandage des apports fractio nnés de ferti l isants, et utile pour renforcer labo nne tenue des plantes (no ntuteurées etirriguéesàla raie), doit cependa nt être adoptée avec discernemen tenfonct ion du risq ue de certainesmaladies du collet(verse post-repiq uageetdépéris- sementàsclérotes).
LA RÉCOLTE
Ladatede la récol te, ainsique la période durant laq uell e elle se pro- lon ge,est importante.
Eneffe t la suspen sio n réglementa ire des traitements antiparasitai res, assortie d' undélai préalab le,metles planteset leurs produits de récolte, feui lles ou fruits, à la merci de leurs agresseurs. De plus, le stade de maturi té des fru itscorrespond à une mod ification de leur physio logie, qui,engénéral,accentue la sensibi li téauxmaladies.
Pou r réduire les risquesde pertesde réco lte, le planteur avisé recourt aux variétés résistantes ou, tout aumoins,décale le cycle cultural pour éviter que ce stade de grande fragi l ité ne coïnc ide avec une saison prédisposante.
+ 29 +
• C. OÉCLERT•
LA PRO TECTIO N SANITAIRE
Laprotect io n sanitaire des cultures maraîchèresen Côte-d'Ivoi re est mod ulée selon l'expl oi ta ti o n. Rudimentaire au niveau desjard ins urbai ns, où le savoi r-fai re et l'i nit iative des jardin iers supp lée nt à la faiblesse des moyens- la lu tte chim ique étant rédui teà d'éventu els poudragesantiacrid iensouàdes arrosages (par défaut de pulvérisateurs) de solutio nsinsectic ides - elle estaucontraireconduiteavec diligence danslesplantation sintermédi aires et lesplantations industriel les,mais limitéetout efoisdans soneff icaci té parl'état actuel des connaissances.
Ilvade soique lesprogrès, attendus danslaconnaissancedes maladies des plantes légumi ères,devron t également se manifest er dans deux domaines«enaval»:celui del'élaborationetdeladiffusiondes pres- criptions, et celui de la distribut ion des techn ologies et des spécialités commerc iales convenabl es.
• 30 .
Le diagnostic •
•
LES MA LADIES DES PLA NTES
La maladie, alternative de l'état sain, est l'état d'un organ isme vivant, pour leq uel un ou plusieur s éq u i l i bres biologi q uessont pertu rbés
(DELACROIX,1911).
À la notion abstrai te de maladie son t assortis un certai n nombre de caractères,grâceauxquelsune définitio npeut être dégagée:
- caractère apparent : une maladie se manifeste par dessignes (symp- tômes) et parfo is des traces d'unagent étranger ;
- caractère de fréquen ce :en général, une maladie est inhab ituell e ou exceptionnelle,sanspréjuge rdel'extension parfois considérablequ'elle peutprendredans une populationde sujets;
- caractère dépressif : la plante mal ad e est soumise à une influence dépressivequirédu itsa duréede vieetsa production ;
- au dégât ou au dommage constaté, l'o bservateur réfléchi substi tue la notion d'effet résultant d'une cause. Ainsi s'accomp lit la première démarch e de phy topatho logie...
Les maladie sdes plantesso nt lerésu ltat d'unecause dite patho logiq ue (biotique ou abiotique), provoquant une perturbatio n desorganismes , mani festéepar des signes extérieurs - ent raîn ant une réduction de la vigueur ou de laprod uct io n - et généralement inhab ituelleou suscep- tible d'êt re évitée.
Parmi les causes biot iquesprennent placeleschampignons phytop ara- sites. Les maladiesprovoquées, quali fiéesde cryptoga m iques, son t rapportéesàlaphytopatho logie (sensustricto).
• 31 .
• C. DÉCLERT •
Le diagnostic est, pardéfin ition, laconnaissance de la maladi e d'après les symptômes.Cetteconnaissancecomprendàla fois l'identi ficationde la cause(étio logie),la prévisio n del'évolu tion (pronostic), l' analysedes altérations pour la co mpréhensio n desinterac tio ns {( hôte- parasite "
(sympto mato logie).
Enphytopatho logie, ladésignation des maladi esse fait selon une termi- nologiedisparate:
à l'o rigin e, l'usage du symp tô me le plus caractéristique a été adopté (ex.le{( blanc »,la{( rouill e», le{( charbo n». etc), puis a suivi l'usage dusuffixeose accoléaunom du genre duchampig non, suivant encela la règle de la médec ine (ex. cercospor iose, alternariose, stemphy liose, etc), enfin, de manière tout aussi discutable, s'est install ée la formule assimilant directement lamaladieàsonagent pathogène (ex.lePhoma, le Corynespo ra,etc.).
Dans cetouvrage, cette tro isième solutio n ne sera utili séeque lor sq ue l'altération produitepar le champignon nepeut, de par l'aspect béni n sous leq uel elle a été observée, être considéréecomme une maladie, susceptiblede dépasseruncertain seuildenuisance.
Deux méthodes sont généralement adoptées pour l'id enti fi cati on des malad ies infecti euses : la méthode dudiagnostic {( au champ" et la méthode de ladétermi natio n bio logique.
La premi ère consiste à identifier la maladi e à partir des symp tô mes observéssur lesplantes. 11 est préférablede l'appliquer au champ, de façon àdisposerd'un échanti llo nnagesuffisantet de témo in ssains.
À partir de l' ensembl e des obser vation s faites, une rep résentat ion moyenne est synthétisée.Ce symptôme{( type »,confrontéauxco nnais- sances mémori sées ou aux donnéesthéori quesd'un manuel de réfé- rence,permetàl'observateur deproposerun diagnosticdelamalad ie.
La sec onde fait appel aux techni q ues de phytopa t ho logie et aux con na i ssancesde mycolog ie, pour parveni r à l'id en tif ic at ion ou déterminatio n du champ igno n parasite.Ellenécessitela disposition d'un laboratoire doté d'un équipementen matériel d'optique et en matériel demicrobiologie(autoclave, étuve,verreriesdiverses,etc) .
En général, les champignons subsistent surlesplantes maladesà l'état detraces ou de signesvisibles,organesde conservat ionet/oude fructifi- cation et éléments de dissémin ation. Différentestechniquespermett ent de les recueilli r et de les soum ettreà l'examen microscopiqueen vue d'identificatio n. Lor sque les{( traces" du champigno nmanque nt, il est nécessairederecouriràdes techniqu esspécifiques.
• 32 .
• LE DIAGNOSTIC.
DIAGNOSTIC ET D ÉTERMINATION
Du symptôme au diagnostic (glossaire)
Avortement desfruits
Lesympt ôm e consiste en l'arrêt du grossissement après la nou aison piqûr e préc o c e des fruits de melon par Oacu s ou atta q ue par Choe nephore,provoqua ntunemoisissuredes vestigesdela coro lle, qui se propageensuiteàl'ovaire(courgette, gombo).
Parfois,ils'agitd'une attaque directe delapartie apicale du jeunefruit (Pythiumaphanidermatum sur pastèque,photo 1).
PHOTO1 • Avortem ent desfruitsdepastèqu e (Pyth iumapha nidermatum).
Brûlure desfeuilles (vo ir nécrose)
Lorsque, sur lesfeuilles,lanécrose intervient rapid ement etse généra- lise, lefeuill agerestefixé au rameau, le longduquel il pend, plus ou moin snoirci. Son aspect carbonisé évoque l' action du feu et justifie l'app ell ati on de brûlure desfeuill es (casde la corynespori ose de la
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• C.DÉCLERT •
tom ate). Labrûlure des feuilles caractéri se souvent une attaque bacté- rienn edite "feubactérien ».
Chancre
Lésion intéressa ntpri nc ipa lement l'écorce d'organes ligneux, tiges ou rameaux.Onobserveaucentre une airedesséchéeet morte, déprim ée par lanécrose et l'affaissement destissus sous-jace nts. le bois pouvant être misà nu et même attaq ué. La périphérie de la plaie est saine, marquéeounonpar desbou rrelets cicatricie ls.
Chancre du collet
C'est une tache de pourriture,déprimée en raison de ladestructi ondes parenchymes, et ceinturant plus ou mo inscomplètement le collet des plantes(alternariose de la tomate).
Coulu re des fleurs
Ce symptôme, différent del' avort ementdesfruits(casdes cucurbitacées attaquées parChoanephora), est un défaut de nouaison; les fleurs ne sontpas fécondéeset subissent une abscission pédo ncu laire. Parfoi sla coulureest enrelatio navec undéséquilibreminéral (tomate),la piqû re des ovairespar desinsectes (aubergi ne Ndrow a) ou encor e l' inf ect io n desracin es.
Déco loration de la moelle
Danscertains cas dedépéri ssement,la sectio n transversale ou lon gitudi- naledelapartie inférieu redelatigelaisse apparaître la moell e brunieet macérée, légèrement humide. Chez la tomate (photo 2), ce symptôme est rapportéau syndromedela bactérioseàPseudomonas so/anacearum.
Déc olora tion des tissu s conducteu rs
Ils'agit d' unecolorati o n brune faci leàdécelersur les coupes depétiol e ou detigede plantsatteintsde dépérissement. Une telle " réacti on » vasculaireest engénéral un excelle nt ind icedediagnostic defusariose vasculai re.
Déf oliation
Les rameaux sedénudent par absc issio n despéti ol es; les feui lles, jonc hant le sol, peuve nt être ou no n flétr ies, desséch ées,jaun iesou brunies(néc rosées).Cas del'oïd ium del'aubergin eNdrow aàLevei/lu/a (photo 3, p.36).
. 34.
+
LE DIAGNOSTIC+
Dégât et do m mage
Les altératio ns produitespar les causes biotiques et abiotiques sur une plante sont inventori ées comme «dégât », alors que le résultat global sur le groupe deplantes cultivées (c'est-à-dire sur la plantation)comme
«domma ge" .
PHOTO2.
Coloration rouge dela moelle (flétrissement bactérien dela tomate).
Dépérissem ent
La cro issance de laplanteralentit puis s'arrête ; lesfeu ill es sedécol o- rent ou non,seflétrissent,ain siquelesapexdes rameaux.Ce synd rome complexe etgénéral isé résulte, soit del' altérati on desracin es (destruc- tion mécaniqu epar insectes du sol,pourriturepar champignons du sol, nématoseà Meloidogyne,photo4,p.36), so it del'invasion dusystème vasculaire par un agent pathogène interne (trachéo mycose à Fusar ium ox yspo rum ou bactérioseàPseudom on as so lanacea rum).
Dessèchement
(des rameaux)L'action localisée de champignons parasitespeut entraî ner ladéfol iation et la nécrose des rameaux ;intervenant dansles casdedépérissement , ce symptôme est à rapporter à l'attaque desracin es.Parfoi sla nécrose progresse de l'extrémité vers la base: c' estle«die-back»(photo 5,p.37).
Évolution
(des maladies)On distingue habituellement les phasessuivantes pour une malad ie : contamination, pénétration, infection latente et infection prop reme nt
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PHOTO3. Défoliation de l'aubergineNdrouia (oïd iu màLeveillulaJ,
PHOTO4. Dépérissementdu
con combre (Meloid ogynesp).
PHOTO
5.
Dépérissem entde l'aub ergineNdrouia (fusariose).
PHOTO
6.
Flétrissem entde l'aubergin e (Sclerotiurn ro lfsii),
• C. DÉCLERT •
dite, fructification du parasite. La contamination se définit comme situa- tion de contact entre une plante et un champignon pathogène par ses conidies, ses sclérotes ou son thalle qui s'y développe superficiellement.
L'infection correspondà la pénétration du parasiteà l'intérieur de l'hôte, etàl'invasion intercellulaire et/ou intracellulaire des tissus.
Elle requiert, outre certaines conditions de l'environnement et de déve- loppement des thalles, une densité minimum des éléments infectieux.
Lorsque agissent les enzymes et les toxines, les symptômes se manifes- tent et la maladie devient perceptible. Ultérieurement le parasite subit une maturation et élabore ses organes de fructification, susceptibles de disperser des éléments de dissémination, pour atteindre d'autres parties de la plante (infections secondaires) ou d'autres plantes voisines ou éloi- gnées, contribuant au développement de l'épiphytie.
C'est dans cette dernière phase que la maladie peut être le plus facile- ment diagnostiquée.
Flétrissement
La diminution de turgescence des tissus constitutifs entraîne une fanai- son plus ou moins prononcée du feuillage (photo 6, p. 37) et des jeunes rameaux. Le plus souvent, le déséquilibre de l'eau dans la plante tient à des causes naturelles telles que le manque d'eau disponible dans le sol et l'évaporation exagérée.
Les causes parasitaires se situent àtrois niveaux:
- défaut d'absorption (altération des racines) ;
- dérégulation de la transpiration (action de toxines parasitaires) ; - défaut de circulation interne par altération du système conducteur (trachéobactériose et trachéomycose).
Fonte de semis
Après la germination des graines, les plantules sont atteintes de pourri- ture, localisée au niveau du collet ou généralisée. Elles s'affaissent sur le sol et disparaissent en quelques jours comme « fondues », C'est la
«fonte de semis de postémergence », Lorsque les graines sont attaquées dès la germination, le semis ne «lève» pas. La fonte de semis est dite de«préémergence ».
Macération, pourriture et nécrose
Ces trois termes sont souvent mal définis et, en conséquence, utilisés confusément. Si l'on admet généralement que la nécrose est l'état dégradé irréversible d'une cellule après une agression physico-chimique
• LE DIAGNOSTIC.
ou biol ogiqu e,un tissu«nécrosé»estceluidont lamajorité (ou latota- lité)des cell ulesontsubicedommage (photo7).
Lamacération est le résultatdel' action enzymatiquedes agents patho- gènes sur lestissus végétaux, leplus souventcelle dela pectine-méthyl- estérase, détrui sant les lamell esmoyennes: les cell ulesperdent toute cohésion et les tissusatteints prennentune texturede pâte moll e, s'écra- santà la pression du doigt. Le plus souvent, l'épid erme ou l'épi carpe 'recouvrantletissu altérésont «décolorés » en teint e sombre,gris brun ou noir. Lestiges et les frui ts macérés sont dépr imés et les feui lles trouées (ex.macérat ion de feui Ile de courgepar Rhizoctonia soleni, photo8,p.41).
PHOTO7 . Nécrose totalede lafeuille demelon (m ildiou du melon).
Lapourritureest l'étatd'un organe après macérationde ses tissus:elle interv ie nt sur des organesvariés tels que feui lles, rameaux et tiges, collets, raci nes,fruits.Selonquela macératio nestaccompagnéeounon d'écoul ement liquide, on parlede pourrituresuintante(bac tériose des frui ts d'aubergine) ou depourr iture sèche(Sclerotium toltsiisurtige de tom ate). Lorsquel' altération destissus est importa nte, il seform e une dépress io n ou une caverne dansles organesatteints, c'est la pourriture creuseouchancre(anthracnosedufruit depoivron). Lestéguments sont alo rsplissés et portent souve nt lesfructifications des champ ig no ns
• C.DÉCLERT •
responsab les. Lor sq ue la pourriture est supe rf ic iel le, les tégume nts restent tendu s etlisses.
Moisissure
Ce terme est généraleme nt employé pour désigner l'altérat ion plus ou moins impo rtante de tout organevégétal(feuille,tige, frui t,racine) surla pla nte ou aprèsla récolte, recouvert de traces poudreuses ou pelu- cheuses, présum ées serapporter à un champ igno n microsco p ique, lequel reçoi t parfois (abusivement) la mêmeappellation.
Nan isme des p lants
Sur une parcelle maraîchère, la présence groupée de plantschétifs ou peudéveloppésest souvent imputableàune nématose(photo 4,p.36).
Cette hypothèse se conf i rme facil ement par l'examen des racin es (ex.tumeurs racinaires delaitue).
Nécrose
(voir ma cératio n)Piétin-verse
Lorsque la based'une tige herbacée estatteintede pourri ture, la plante s'affaissesur le solsous l'effetde son propre poids,c'e st laverse parasi- taire ou piétin-verse (le symptôm e de lapourri turedu « pied »étant déno mmépiétin ).Ce symptô meserencontrefréquemmentaprèslerepi- quage ou le buttage desplantes maraîch ères; ex. Pyth iu m aphan ider- matum sur to mate, ou Pythium aphaniderma tum sur pomme de terre (pho to9).
Plissu re
Lestachesfol iaires nécroséess'opposentàlacroissance desfeuilles, qui présentent souve nt une plissure (plis sup erficiels rayo nnants) ou une gaufr ure . Lor sque les parenc hymes sont épais (cas des fruits), leur destruct io n par macératio n entraîne aucontraire l'apparition desillons plusoumoins profonds.
Pou rritu re
(voir macération)POURRITURE MARBRÉE: sur lesfruits, lestaches de pourritu reaffec tent souvent une disposition où alternentconcentriquement des bandes plus ou moinsfo ncées. Elles sont équivalen tes aux tach esfoli air eszonées
(Rh izocton iasurfruit detomate).
POURRITUI\EDESRACINES :les fibresdu cyl ind re central résistentmieux à ladégradation enzymatiqueparasitaire,de sortequesouvent lesrac ines
PHOTO8. Mac érationdes feuil/esde cou rge (Rhizoc to niasolani).
PHOTO9. Verseparasitaire de la pomme de terre (Pythiumapha nide rma tum) .
• C.DÉCLERT •
attein tesprésentent le symptômedu «fil " : la coiffe et le parench yme corti cal ayant disparu sur une certaine longueur, la racine se termi ne brusquementparun fil(photo 10).
Pu stule
C'est un petit renfl ement superficiel des téguments, dû au développ e- ment sous-j acent des organes du champignon parasite (conidiocystes des rouilles blanches, acervules des agents d'anthracnose, écid ies, urédi es et téleuties des rouilles). La déchirure de la pustule perm et la dissémination des conidies.
Dansle casdes rouilles, les pustules prennent le nom correspond ant à la fructificatio n, composé avec le suffixe sore.
Réa ction hémiplégique
Dansle casdesfeuilles composées, lorsque le symptôme de flétri sse- mentou de nécro sese manifeste sur les folioles d'un seul côté de la feui lle - lesfoliolesde l'autre côté demeurant sains -, on arecour s au term e « réaction hémiplég ique " (fusariose ou trachéob actéri osede la tom ate,photo11).
Réseau brun
La nécrosedesnervur es, et le brunissement dont ellessont affectées, reproduit uneimagede filet ou deréseau,qui peutconstituer uncarac- tèredifférenti el (cas du Choaneph ora sur haricot).
Ta ch e
Onappell e tacheuneaire plusou moin sdéfini e sur une feui l le,unfrui t ou unetige, où la colo rationest modifi ée en raison de l'altération des tissus. Lor sque les cel lu lesattaq uées par les agents path ogènes sont mort es,onuse de l' expre ssion «tach enécrosée " (tache de mild ioudu melon ). Parfois la co loratio n de latache est masquée par laprésence desorganesdereproduct ionduchampignon parasite.Il s'agitalors d'un signe et non plus d'un symptô me (cf. « Inventair edes agents patho - gènes ", p. 223).
Les attributs des taches peuvent êtrearb itrai reme nt cités dansl'ordre suivant: dimension ,coloration, fo rme, caractèressecondaires (contour, halo, relief, répartition, etc.).
Une tache a pour originele point depénétrati ond'un agent pathogèneà l'intérieur des tissus de la plante. Engénéral, la cro issance deshyphes est ralentie, puis stoppée pardesréact ion s de défense delaplante.
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PHOTO10 • Pourriture des racines del'aubergine (Pyth ium aphanidermatum).
PHOTOIl •
Nécrosehémiplégiqu e dela feuille
de tomate (Pse ud omonas solanacearu rn).
• C. DÉCLERT•
La densitédestaches sur une feuil leest fonctio nde lapollutio n de la surfaceen germes infectieux etdel'apti tude de ceux-ci àgermer.
Par su ite de réactions seconda i res, les surfaces sépara nt les taches peuvent être altéréeset même nécrosées: ondit que lestach es so nt coalescentes.
COLORATION DESTACH ES : la colora tio n destaches dépend du degré d'évolution del'agression et desréactionsayant partici péàlanécrose: - tachejaune :elle correspond àuneagressionrécente, lanécrosen'est pas enco re intervenue ou ne co ncerne qu'un petit nombre de cellules (mildioudu melon ou du conco mbre).
- tachesombre, grise,brune, brun-rouge,ou noire (stemphy liosede la tom ate,corynesporiosede latom ate, alternariosedela carotte).
La coloratio n destaches peutnepas être uniforme : ladisposit ion ocel- lée, ou encocarde tbt rd'seye),consisteen une petite tache centrale de colorat ion claire, blancàbeige, entourée d'unanneaude couleurbrune (cas dela cercosporiosedelalaitue, photo12).
DIMENSIONSDESTACH ES :les petitestaches(mo ins de2 mm) sont dénom- méespointsou taches punctifor mes,etles grandes(plusde 8à 10 mm) macules.Par exemple:
- points:roui lle des feui llesduharico t(photo 13) ; - tache:corynesporiosedelatomate ;
- macule: Phomadela tomate ou moi sissure del'aubergi ne.
fORME DESTACHES:de mêmeque les dimensions, lafo rme des tachesest variable:
- les tachescirculaires à arrondies sont rares, mais elles constituentun ind ice excel lent pour le diagnostic (septoriose de lato mate ; myrothé- cium du melon,photo 14) ;
- lestaches lesplus fréquentessont ovalesà all o ngées (Pho ma de la tomate) ouirrégulières(corynespo riosedela tomate) ;
- lorsque la progression duparasite à l'in térieur des parenchymes est arrêtée par les petitesnervures, la forme de la tacheest polygona le : le terme ang lo-saxon « angu lar leaf spot »est so uvent ad o p té par sa traductio n « tache anguleuse » (septor iosede la laitue, corynesporiose du concombre).
CO NTO URDESTACHES : les tachespeuvent être caractéri séespar leu r contour net (altern a rio se du concombre) ou par un conto ur diffus (mild io udu melo n,photo15,ouoïdiumdel'aubergine).
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PHOTO 12. Tache ocellée
(cercosporiosedela laitue).
PHOTO14. Mycosphœrella
du melon.
PHOTO13• Rouilledesfeuilles du haricot (Uro m yces appendiculatus).
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