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Un amour maladif

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Academic year: 2022

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Un amour maladif

Note de l’auteur : Je m’appelle Luna Caldin. J’ai 21 ans. J’écris cette nouvelle afin de ra- conter un évènement personnel de ma vie qui nous a traumatisés, mon petit ami de l’époque et moi. C’était il y a deux ans, au début de notre relation...

Chapitre 1 : La rencontre

- Tim, dépêche-toi, on va être en retard !

Je tambourinais à la porte de la salle de bain, où mon petit ami s’était enfermé depuis près d’une demi-heure.

- Sérieusement, ton défaut à toi, c’est de prendre autant de temps dans la salle de bain ! Aucun homme ne s’éternise dans cette pièce comme tu le fais ! Tu te maquilles pour aller voir tes parents ou quoi ?! criai-je, exaspérée.

En effet, c’était la première fois que j’allais rencontrer ses parents et il n’était pas question de faire mauvaise impression ! La porte se déverrouilla enfin et mon petit ami apparut. Il avait coiffé ses cheveux châtains avec un peu de gel et avait enfilé un costume. Il me fixait avec ses yeux noisette et affichait un sourire amusé face à ma réaction. C’est vrai que quand je l’ai vu, j’ai tout de suite cessé de râler, j’étais bouche-bée.

- Alors Luna ? Tu as fini ta petite crise ? T’en penses quoi de ton homme “ un peu trop fé- minin” ? Mmm ? me dit-il, avec un regard pétillant et sur un ton un brin provocateur. Face à cette attitude, je me repris instantanément.

- Tim... Va dans la voiture, il est hors de question qu’on soit en retard ! lui dis-je légèrement irritée.

- Ok, ok j’y vais, me répondit-il en faisant semblant de resserrer sa cravate et en prenant un air sérieux.

Certes, j’avais été prise par surprise quand je l’avais vu dans son costume. En même

temps, il ne s’habillait jamais de la sorte. A quoi s’attendait-il ? Je le rejoignis dans la voiture et nous prîmes le chemin du restaurant où nous allions rencontrer ses parents.

C’était un restaurant luxueux. Peu de personnes pouvaient s’autoriser ce genre d’endroit. Il faut dire que les parents de Tim gagnaient plus que bien leur vie et ne cherchaient pas for- cément à le cacher, contrairement à leur fils. Nous commençâmes à manger, et discutâmes un long moment. Un moment durant lequel je pus découvrir ses parents. Son père était un homme ouvert. Il avait beaucoup d’humour et avait toujours quelque chose à raconter. Sa mère, en revanche, était tout le contraire de son mari. Elle était fermée et peu souriante.

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Enfin non, très peu souriante ! Les seuls mots qu’elle prononçait étaient tous adressés à son mari pour le rappeler à l’ordre lorsqu’il oubliait où nous nous trouvions et qu’il adoptait un comportement presque enfantin. Sinon, elle ne parlait pas et m‘adressait des regards froids.

- Haha, je sens qu’on va bien s’entendre elle et moi, pensai-je intérieurement.

Malgré ça, ma rencontre avec ses parents se passa plutôt bien. De retour dans la voiture, je décidai de parler avec Tim du comportement de sa mère qui m‘inquiétait tout de même un peu.

- Dis, Tim... Heu ta mère...

Je n’eus pas le temps de finir ma phrase qu’il me répondit, sachant directement ce que j’al- lais dire.

- Oh oui... Elle était un peu froide, je sais, désolé. Ce n’est pas contre toi, rassure-toi. Elle est comme ça avec Alice aussi.

- Ah oui ? répondis-je étonnée.

Alice est la meilleure amie de Tim. Ils sont inséparables. Elle est très gentille et drôle. Je m’entends bien avec elle. Savoir que la mère de Tim était comme ça avec Alice alors qu’elle et son fils étaient proches depuis longtemps maintenant m’étonnait beaucoup. Avoir ce comportement avec moi, je pouvais comprendre étant donné qu’elle ne me connaissait pas encore, mais avec l’amie d’enfance de son fils… Quelque chose m’échappait… J’étais perdue dans ces réflexions, lorsque la voix de mon petit ami s’éleva de nouveau.

- Oui, à vrai dire, elle est comme ça avec la plupart des filles avec qui j’entretiens une bonne relation. Elle est un peu protectrice, elle ne veut pas me voir triste à cause d’une re- lation qui ne fonctionne pas. Tu comprends ?

- Oui mais… à ce stade-là, ce n’est pas de la surprotection plutôt ? lui demandai-je un peu hésitante. J’avais conscience qu’ils étaient très proches, et j’espérais qu’il ne considère pas ce que je lui disais comme un reproche.

- Oui, peut-être… me dit-il, songeur.

Chapitre 2 : L’accident

Quelques semaines étaient passées depuis ma rencontre avec les parents de Tim. Nous étions tranquillement à nos occupations, lorsque le téléphone retentit. Je me dirigeai donc vers celui-ci et décrochai.

- Allô ?

- Luna ? C’est Frédéric, le père de Tim, me répondit l’autre voix, derrière le téléphone.

- Oh, bonjour Frédé… Je ne pus finir ma phrase, celui-ci m’interrompait déjà.

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- Il faut impérativement que tu me passes Tim, c’est très urgent ! Il me parlait avec un air plus que paniqué qui m’inquiéta fortement.

- O-oui, répondis-je.

J’appelai Tim sans tarder et restai face à lui afin d’être là pour le soutenir si une éventuelle mauvaise nouvelle tombait.

- Allô, Papa ? dit Tim calmement.

- Mon fils, je… Je ne sais pas comment t’annoncer ça…

A mesure que la conversation avançait, le visage de mon petit ami se décomposait et la boule de stress dans mon ventre s’agrandissait. Il finit par raccrocher et éclata en sanglots.

Je me ruai sur lui et lui demandai ce que son père lui avait dit.

- Alice est… Elle est morte, me dit-il sans parvenir à se calmer. La « nouvelle » me frappa de plein fouet. Alice ? Morte ? Comment était-ce possible ? Tout se bousculait dans ma tête et les larmes se mirent à rouler sur mes joues sans que je ne puisse les retenir. Je pris Tim dans mes bras et tentai de le calmer tant bien que mal…

Nous étions restés silencieux pendant un long moment. C’était impensable ! Ce maudit coup de téléphone venait de nous annoncer ce que nous pensions qui n’arrivait qu’aux autres. Après quelques instants, je brisai le silence qui s’était installé.

- Tim… que lui est-il arrivé ?

Il resta plongé dans le silence quelques secondes, les yeux perdus dans le vague, puis ré- pondit.

- Elle… a fait un accident de voiture… Elle était sur l’autoroute et elle a perdu le contrôle de son véhicule. Elle roulait à 120 km/h…

Je ne savais pas quoi répondre. Alice ne buvait pas et était toujours très prudente… Alors pourquoi lui était-ce arrivé à elle ? Le téléphone retentit de nouveau. Je me dirigeai, pour la seconde fois, vers cet objet porteur de mauvaises nouvelles.

- A-allô ? répondis-je d’une voix tremblante.

- Bonjour madame, est-ce qu’un dénommé Tim Duciel se trouve à vos côtés ? - Hum… Je jetai un regard à mon petit ami, assis sur le divan avec un regard vide.

- Il n’est pas disponible maintenant, nous venons d’apprendre une très mauvaise nouvelle.

Si c’est important, vous pouvez m’en parler, et je lui dirai une fois qu’il ira mieux.

- Bien… Ce que je vais vous dire n’est malheureusement pas une bonne nouvelle. En effet, je suis l’officier qui a été appelé pour l’accident de la route de mademoiselle Alice Crisci. Je vous présente mes plus sincères condoléances. Si je vous appelle, c’est parce que mon- sieur Tim Duciel était un de ses proches amis, et que, suite à la découverte que mes col- lègues et moi venons de faire, il est important que vous soyez mise au courant.

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- De quelle découverte s’agit-il ? demandai-je de plus en plus inquiète. Avais-je seulement vraiment envie de savoir ? Je m’attendais au pire.

- Et bien… Alice Crisci n’a pas fait un simple accident de la route dû à une faute d’inatten- tion, ou à l’effet de l’alcool. Après avoir vérifié l’état de sa voiture, nous avons découvert que… ses freins étaient fortement abîmés. L’expert de la police judiciaire pense que le sys- tème de freinage a été saboté. C’est visiblement ce qui a provoqué son décès…

- Q-quoi ? Vous… Vous voulez dire que quelqu’un a volontairement trafiqué sa voiture pour provoquer son accident ?

- Hélas oui. Même une forte utilisation des freins n’aurait pu les abîmer au point qu’ils lâchent. Quelqu’un avait donc en tête de s’en prendre à cette jeune femme.

Je ne trouvais plus les mots. Quelqu’un avait trafiqué les freins d’Alice pour causer cet ac- cident ? Qui serait capable d’une telle chose ? La voix du policier s’éleva à nouveau.

- Je sais que c’est un choc pour vous, et vous me voyez désolé de vous annoncer une telle chose… Sachez que nous recherchons activement le coupable de cet acte. Je vous recon- tacterai si nous avons du nouveau. Encore une fois, toutes mes condoléances.

- Merci… J’attendrai votre appel dans ce cas…

Je redéposai le téléphone à sa place et restai plantée dans le couloir, avant de m’effondrer au sol. J’avais l’impression d’enchaîner mauvaises nouvelles sur mauvaises nouvelles.

J’espérais juste être en train de vivre un affreux cauchemar. Hélas non. Alice était bien morte, et pas par accident. Pour moi, c’était déjà très dur. Mais pour Tim… Il allait être dé- vasté…

Chapitre 3 : Premiers indices

Plusieurs jours étaient passés depuis ma conversation avec l’officier de police. Je n’avais toujours pas de nouvelles de cette affaire. J’avais eu beaucoup de mal à expliquer la situa- tion à Tim. Comment annoncer à son petit ami que sa meilleure amie n’était pas morte par accident ? J’avais beaucoup médité sur chaque phrase, chaque mot que j’allais utiliser pour lui dire.

Après lui avoir fait part de ma conversation avec l’officier, Tim était devenu presque fou. Il était partagé entre la douleur d’avoir perdu quelqu’un de proche et la haine que cette per- sonne soit partie trop tôt et pas par accident, qui plus est. Il était devenu obsédé par l’idée de trouver qui était le coupable d’un tel acte… Il ne trouvait rien. Personne qui puisse en vouloir à Alice au point de la tuer.

Moi, j’attendais que cet officier me rappelle. Nous avions assisté à l’enterrement d’Alice le matin même. Beaucoup de personnes étaient présentes. C’était un moment très difficile.

Ce n’est que le lendemain que je reçus cet appel tant attendu. Je m’empressai de décro- cher en priant que ce soit l’officier. Et ma prière fut entendue…

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- Allô ? répondis-je, un brin stressée.

- Bonjour mademoiselle, je suis monsieur Dupont, l’officier avec qui vous avez partagé une conversation téléphonique il y a quelques jours de cela.

- Bonjour monsieur, si je reçois votre appel, j’imagine que vous avez trouvé quelque chose ?

- En effet, mais ce n’est pas très convaincant. Nous n’avons pas de piste, mais nous avons quelques indices.

- Êtes-vous sûr que vous pouvez me les dévoiler ? Ce n’est pas censé être confidentiel ? - Normalement oui, mais étant donné que nous n’avons pas d’idée concernant l’alibi de cet individu, nous préférons prendre des mesures de sécurité. De plus, peut-être pourriez-vous nous éclairer sur une éventuelle piste.

- Dites-moi tout et peut-être pourrais-je vous apporter mon aide.

- Nous devrions nous rencontrer, car c’est un peu compliqué par téléphone.

- Oui bien sûr, quel jour me proposez-vous ?

- En fait, je pensais plutôt à cet après-midi, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

- Oh et bien d’accord, quelle heure préférez-vous ?

- 14h00, au café nommé « L’antique ». C’est bon pour vous ?

- Oui, pas de souci. Nous viendrons donc pour 14h00 à « L’antique ».

- Bien, à tout à l’heure, dans ce cas.

- Oui, à tout à l’heure.

Après avoir raccroché, je me fis la réflexion qu’un café comme lieu de rendez-vous avec un officier, ce n’était pas vraiment professionnel. Mais, je ne me suis pas attardée davantage sur ce point, pensant que la découverte du coupable d’un tel acte passait au-dessus de ce petit détail…

J’annonçai donc à Tim notre rencontre de cet après-midi, avec l’officier.

Il était 14h00 pile lorsque nous posâmes un premier pas dans le café. Nous aperçûmes un homme aux cheveux bruns et à la barbe soigneusement taillée, en tenue d’officier de po- lice. Nous rejoignîmes donc sa table.

- Bonjour, vous êtes bien monsieur Dupont ?, demandai-je.

- Oui, bonjour. Installez-vous, je vous en prie. Vous désirez boire quelque chose peut-être ? Nous commandâmes trois cafés et poursuivîmes notre conversation de la matinée.

- Bien, voici ce que nous avons trouvé comme indices.

Il sortit de sa poche un petit sachet en plastique qu’il nous tendit.

- Un cheveu ? dis-je, perplexe.

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- En effet, ce n’est pas grand-chose, mais c’est déjà ça. Cependant, nous avons également ceci.

Il nous tendit une photo qui contenait une empreinte de pas.

- Avec ceci, nous avons pu déterminer la pointure et déduire la taille de l’individu. Le cou- pable a donc une pointure 41 et une taille approximative d’1m85.

- Ainsi que des cheveux noirs si on en croit cet échantillon, ajoutai-je.

- Tout à fait ! répondit monsieur Dupont. Et c’est pour cela que je me demandais si vous connaissiez quelqu’un, dans votre entourage qui possédait une telle corpulence ainsi qu’une telle pointure ?

- Non, malheureusement je ne vois personne. répondit Tim, d’un air songeur. Veuillez m’ex- cuser, mais je vais rentrer me reposer. Je suis épuisé et, parler de tout ça, c’est encore trop tôt pour moi.

- Je comprends tout à fait votre état d’esprit. Peut-être votre compagne pourrait-elle rester encore un moment ? répondit l’officier, en posant son regard sur moi.

- Oui je compte rester encore un peu. Il faut retrouver cet individu au plus vite, répondis-je, avec une certaine détermination.

Tim acquiesça et se dirigea vers la sortie du café.

Chapitre 4 : Pourquoi moi ?

Après le départ de Tim, monsieur Dupont me proposa de m’emmener au poste afin de me montrer d’autres découvertes qu’il avait faites au sujet de l’accident. J’acceptai et nous nous dirigeâmes donc vers sa voiture.

Ce n’est qu’à ce moment que je me rendis compte du comportement étrange de monsieur Dupont. Lui qui, au café, semblait calme était maintenant comme stressé et inquiet. Il ne cessait de jeter des coups d’œil dans son rétroviseur, comme pour s’assurer que nous n’étions pas suivis. Et cela faisait un moment maintenant que nous roulions sur des routes de campagne un peu perdues où les voitures se faisaient rares.

J’allais lui demander ce qu’il se passait, lorsqu’il freina d’un coup sec. Je fus, heureuse- ment, retenue par ma ceinture. Je n’eus même pas le temps de me rendre compte de ce qu’il se passait qu’un sac en plastique recouvrit ma tête. J’essayai de me débattre pour re- trouver de l’oxygène, mais l’officier était bien plus fort que moi. Je commençai à suffoquer doucement. Le dernier son que j’entendis étaient les sirènes de police. Après ça, je sombrai et perdis connaissance.

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Chapitre 5 : C’est la triste vérité

Je me réveillai sur un lit d’hôpital quelques heures plus tard. Tim était à mes côtés, il pleu- rait. Que s’était-il passé ? Un policier entra dans la chambre et me parla avec un air qui se voulait rassurant.

- Bonjour mademoiselle. Je suis heureux de voir que vous êtes saine et sauve.

- Qu-Que s’est-il passé ? Il y a un instant j’étais dans une voiture avec ce dénommé mon- sieur Dupont, et me voilà dans un lit d’hôpital, dis-je, complètement perdue.

- Ce n’était pas il y a un instant, mais il y a quelques heures que vous étiez dans cette voi- ture. Vous êtes restée inconsciente presque une heure et demie.

- Quoi ? Mais je ne me rappelle de rien…

- Laissez-moi vous expliquer, répondit le policier.

J’écoutai donc ses révélations…

Monsieur Dupont était loin d’être celui qu’il prétendait. Il avait été engagé dans la police cette année-même, ce qui fait qu’il débutait tout juste dans le métier. Le policier m’expliqua que, depuis le début, l’homme que je croyais être mon allié était en fait mon ennemi. Mon- sieur Dupont était coupable du meurtre d’Alice Crisci. L’échantillon de cheveu qu’il m’avait montré était complètement faux ainsi que l’image contenant l’empreinte de pas.

Il avait essayé de me tromper et de tromper les policiers en déposant ces faux indices sur la scène de crime. Mais les policiers le soupçonnaient…

Il adoptait un comportement étrange depuis qu’il faisait partie de la police. Il avait même souri devant la scène de crime. Un sourire satisfait... Ce qui engendra le fait que les hommes de la brigade policière ne lui firent pas confiance. Surtout que certaines de ses empreintes avaient été trouvées sur la voiture. Il avait réussi à trouver une excuse valable pour expliquer le fait que ses empreintes étaient sur le véhicule mais ce n’était pas pour au- tant que les policiers ne l’avaient plus tenu à l’œil.

- Mais… Mais pourquoi a-t-il fait ça ? Et surtout, comment m’avez-vous trouvée ? deman- dai-je.

- J’y arrive. Quand j’ai appris qu’il vous avait donné rendez-vous au café « L’antique », je l’ai suivi. J’ai également suivi l’entièreté de votre conversation.

Quand il vous a proposé de le suivre au poste, j’ai pris la même direction que vous. Je n’avais aucune preuve que c’était lui, donc pour être honnête… j’ai suivi mon instinct. Et j’avais raison, il m’a donné la preuve qu’il me fallait pour l’arrêter quand il a tenté de vous étouffer avec un sachet en plastique…

Vous avez été transférée dans cet hôpital pendant que lui se faisait interroger au poste. Il savait qu’il n’avait aucune chance de s’en sortir après cette tentative de meurtre, alors il nous a tout balancé. Cet homme qui se prétendait être monsieur Dupont est en fait un tueur à gages. Il nous a expliqué qu’il s’était retrouvé dans une situation délicate avec un gang de

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dealers. Réseau de drogue, pour lequel, nous sommes en train d’intervenir afin de faire cesser leurs activités. Il devait, apparemment, une importante somme d’argent à ce gang, qu’il ne savait pas rembourser et allait le payer de sa vie s’il ne leur rendait pas cette

somme sous peu. Voilà ce qui arrive quand on joue avec des personnes qui sont plus fortes que vous… Il s’est donc infiltré dans la police pour mener à bien les consignes qui lui

avaient été données. Il avait comme mission de tuer Alice Crisci par accident puis de brouiller les pistes et enfin… de s’occuper de vous.

Je ne savais pas comment réagir face à une telle révélation, mais une question me traversa l’esprit.

- Qui lui a donné ces consignes ? demandai-je, hésitante.

- Et bien… Il nous a avoué qu’il avait été cher payé par madame Françoise Duciel. Grâce à l’argent qu’elle lui verserait il serait, d’après lui, tiré d’affaire.

QUOI ? Si je n’avais pas été assise sur mon lit, je serais sans aucun doute tombée à terre ! La mère de Tim ? Mais pourquoi ? Je n’avais pas les mots, j’étais comme paralysée.

- Je sais que ça doit être un choc pour vous. Mes collègues ont arrêté Madame Duciel et sont en ce moment même en train de l’interroger. Vous allez devoir attendre encore un peu avant de tout savoir. Je sais que ça doit être insupportable pour vous. Tâchez de vous re- poser, vous en avez besoin.

Sur ce, le policier tourna les talons et sortit de la pièce. Je restai un moment immobile. J’a- vais énormément de mal à réaliser ce qu’il s’était passé, et ce qu’on venait de me dire. Puis je tournai la tête vers Tim, me rappelant qu’il était à côté de moi. Il pleurait toujours. Ap- prendre que sa propre mère avait payé quelqu’un pour se débarrasser de sa meilleure amie et de sa petite amie, ça devait être horrible. Comment une mère pouvait-elle faire une telle chose à son enfant ? Je ne savais pas comment le réconforter. Qu’aurais-je pu dire ?

Chapitre 6 : Un amour maladif…

Je pus sortir de l’hôpital le lendemain. Et c’est en fin d’après-midi que le policier vint m’ex- pliquer le fin mot de l’histoire. Françoise Duciel avait été interrogée. Elle n’avait pas cher- ché à nier les faits et avait expliqué qu’elle devait absolument protéger son fils des femmes qui peuplent ce monde.

A sa manière d’expliquer les choses, comme si tout était normal, on la fit examiner par un expert-psychiatre. Celui-ci décréta que Françoise Duciel était malade. Elle portait un amour beaucoup trop fort envers son fils et ne supportait pas l’idée qu’une autre femme qu’elle puisse être dans son cœur.

C’était un amour destructeur. Elle avait cherché un moyen d’être la seule femme dans le cœur de son fils et la seule chose qui lui soit venue à l’esprit était de faire en sorte qu’il n’ait plus aucune chance de revoir ces femmes.

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Elle n’avait aucun regret. En agissant ainsi, son fils était obligé de revenir vers elle. Elle était, selon elle, la seule femme capable de le rendre heureux. C’était un amour à sens unique qui poussait à la folie ceux et celles qui étaient atteints d’une pareille maladie.

Elle fut donc jugée coupable mais non responsable du meurtre d’Alice Crisci et de la tenta- tive de meurtre sur moi-même et fut transférée dans un hôpital psychiatrique, afin qu’une aide lui soit apportée. Quant au fameux réseau mis à jour par monsieur Dupont, il avait heureusement, pu être démantelé.

Après cette histoire, Tim et moi nous sommes séparés et avons refait nos vies chacun de notre côté. Quelques mois plus tard, j’ai appris le décès de Françoise Duciel. Elle n’avait pas supporté le fait d’être séparée de son fils et s’était laissé mourir. Il m’a fallu énormé- ment de temps pour me remettre de cette horrible histoire… Et cela m’a fait réaliser à quel point l’amour pouvait être destructeur…

Fin.

Note à part : Françoise Duciel était donc atteinte d’un syndrôme similaire au complexe d’Œdipe, mais inversé et exacerbé... J’espère que ça vous a plu 😊

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