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Énumération des permutations par nombre de marches

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Texte intégral

(1)

RAIRO. I NFORMATIQUE THÉORIQUE

F. P OUSSIN

Énumération des permutations par nombre de marches

RAIRO. Informatique théorique, tome 13, no3 (1979), p. 251-255

<http://www.numdam.org/item?id=ITA_1979__13_3_251_0>

© AFCET, 1979, tous droits réservés.

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(voL 13, n° 3, 1979, p. 251 à 255)

ÉNUMÉRATION DES PERMUTATIONS PAR NOMBRE DE MARCHES (*)

F. POUSSIN C)

Communiqué par R. CORI

Résumé. — Une permutation a^ a2. . >an présente une « marche » en at si ai+l=ai— 1.

On démontre que le nombre M(n, k) de permutations présentant exactement k marches est lié au nombre classique d(n) des permutations * sans rencontres par la relation :

Abstract. — A step in a permutation a: a2.. .aH isanatsuch thatai+] = af — 1 . Itis proved that the number M (n, k) of permutations with exactly k steps is given by M (n, k) = ( J d (n — k + \)i{n — k) where d{n) is the number of dérangements (permutations with every element displaced).

INTRODUCTION

Les propriétés combinatoires des permutations, notamment rémunération des permutations suivant le nombre de leurs pics, creux, montées, descentes, ont trouvé récemment des applications remarquables à l'évaluation de certaines structures de données [4],

On s'est depuis longtemps intéressé à l'énumération des permutations en fonction du nombre de leurs descentes, c'est-à-dire que pour une permutation a = a (1) . . . a (n) on comptait sous diverses conditions le nombre des i tels que a ( i ) > a ( i + l ) ( l ^ i < n ) . Voir entre autres [1, 3],

On peut aussi distinguer ces descentes suivant leur « hauteur », c'est-à-dire selon la valeur de a(Q —a(i+l) si cr(i)>a(i+l). On s'intéresse ici, dans un premier temps, au cas où CT(Ï) —a (i4-1) = 1.

Ainsi, on dit qu'une permutation a (1) . . . a (n) présente une marche s'il existe ï(l<^i<n) tel que a(i) = a(f+1)+1. Nous calculons ici le nombre de permutations de [n] qui ont un nombre donné k de marches.

(*) Reçu mai 1978, révisé octobre 1978.

l1) Université de Picardie, Amiens, et L. A. « Informatique théorique et Programmation », Paris.

R.A.LR.O. Informatique théorique/Theoretical Informaties, 0399-0540/1979/251/$ 4.00

© Bordas-Dunod

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252 F. POUSSIN I. DÉFINITIONS ET NOTATIONS

[n] est l'ensemble des entiers {1, . . . , n}. Soit a une permutation de [n], on notera a sous la forme alt a2, • . . , an. On dira que la permutation a présente une marche en i si at = ai+1 + l (l£U'<n). On notera Jl(n, k) l'ensemble des permutations de [n] qui ont k marches et M(n, k) le nombre d'éléments de Mijt, k). Pour une permutation aeJÏ(n, k) on notera supp (a) = { at | üi^ at + x + 1} et sp (a) = aix, ah, .. ., akk avec atj e supp (a)

( l ^ J ^ K — k) e t ï * i < ï2 • • - < * n - * - .

Exemple : a = 1 7 \ 6 3 5 \ 4 2 a deux marches : ae^ÇJ, 2) : supp(a) = { l , 2 , 3,4,6}

sp(a) = l 6 3 4 2 .

LEMME : Si a et b sont deux permutations de [n] alors

En effet, il est évident que si aeJi{n, k) alors |supp(a)| = n — k. Donc si ae^f(nt kx) etbe<J? (n, k2) avec kx # k2 alors a ^ b et sp (a) # sp (b). Supposons donc a, beJ%(n, k). Si supp (a) ^ supp (b) alors a # b (d'après la construction de supp) et sp(a)#sp(fc).

Reste le cas où supp (a) = supp (b). Comme en partant d'un a donné on ne construit qu'un seul sp(a) il est évident que sp(a)#sp(i)=>a#fc.

Si a#b alors il existe p<qetp'<q' tels qye ap = bq> et aq = bp- on peut toujours supposer que ap, aqe supp (a) et bq., bp. 4 supp (b), car si par exemple ap $ supp (a) on considère ap+x=ap— 1 et bq,+1 = bq> — 1 puisqu'on est dans le cas où supp (a) = supp (b). Mais ceci entraînera sp(a)#sp(fc) comme on se convainc en examinant le schéma de la figure.

a — at . . . ÛP . . . aq . . . an

Figure — ap est silué avant aq dans sp(a), mais bq> = ap est situé après bp> — aq dans sp(fc).

PROPRIÉTÉ 1 :OnaM(n, ^ = ( " 7 JM(n-lc, 0 ) , p o u r n > l e t O g f c ^ n - l . Démonstration: Soit b = b1b2 . . . feB-jk une permutation de J({n — k, 0).

Prenons une application \|/ de [n — /c] dans [n] telle que v|/(l)=l et

(

n — 1 \) applications qui répondent à ces k ;

R.A.LR.O. Informatique théorique/Theoretical Informaties

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conditions. Posons fe'= 61 bi . . . 6;_ket&* = {61,&2, .. -,K-k} avec b; ^ \ (l^i^n-k). Construisons alors 6", une permutation de [n] de la façon suivante :

si ie[n] et si i$b^ alors 3j tel que b'/ = i, bj'+i— i— U si 6r = bp6/= 6, alors p<q^>i<j.

Exemple : Soit b = l 3 4 2; prenons b' = l 5 7 4; on a alors b" = 3 \ 2 \ l 6 \ 5 7 4e<Jf(7, 3).

Il est clair d'après la construction utilisée que b" eJi{n, k) et que sp (b") = b'.

Montrons que toutes les permutations de M (n, k) peuvent être engendrées par cette méthode. Soit b"eJt(n, k), b' = sp(b"); il est évident que 1 esupp(b")- On peut donc trouver \|/ tel que x)/"1^') soit une permutation de [n — k]; de plus ty~1(bf)eJi{n — k, 0). Supposons en effet que y\f~l(b') présente une marche :

v|/-1(b') = Z> = b1 . . . bj\bj+i . . . bB-fc avec bj-l=bj+1. Considérons bf-b[ . . . b)bj+ 1 . . . K-k; ou bien bj = b j+ 1 + l mais alors b'#sp(b") ou bien pour tout entier i(b]<i<b]+1) : i^b^et b" sera de la forme bl' . . . bjf\b'/-l\ . . . \bj'+1 . . . ce qui est incompatible avec b' = sp(b'0- Montrons qu'on ne peut ainsi engendrer deux permutations b" identiques.

Prenons a et b appartenant à Jï(n — k, 0),

b=bx ..-. &,.k, t ' = 6 1 . . . b;_fe, b; ^

Si on suppose a^b alors il existe i tel que at <ai+1 et bt>b» + x. Mais on aurait a£<flî+1 et b'i>bl+it donc a¥=b=>a'^b''. Or a' = sp(a") et b/ = sp(b") donc d'après le lemme ceci entraîne-a" # 6 " .

PROPRIÉTÉ 2 : On a M{n, 0) = ( n - l ) . M ( w - 1 , 0) + M ( w - l , 1) pour n>2.

Démonstration : Soit a = a1 . . . aj-1ajaj+1 . . . aneJ?(n, 0) u n e p e r m u t a - tion de [M] sans marche telle que aj = n. Considérons la permu- tation a'^cii . . . aj-lfaj+1 . . . an; c'est une permutation de [n — 1], Deux cas peuvent se produire :

— ou aJ-_1=aJ-+i + 1 et alors a'eJ£{n— 1, 1);

- ou a-/_1#aJ-+i + l et alors a ' e ^ ( n — 1 , 0).

Réciproquement, soit a'= ax .,. an-xeJi{n — \/V), il lui correspond une seule permutation de Ji(n, 0) : a = ay . . . ainai + 1 . . . a„_!. Soit a ' = «! . . . aM_! eJt (n- 1, 0), il lui correspond n - 1 permutations de Jl{nt 0) car on peut insérer n devant a1)a2, . . . , ou an _ x (sauf devant af si a^ = n — 1) et on peut aussi insérer n après an_!.

vol. 13, n° 3, 1979

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254 F. POUSSIN

II est évident que deux permutations construites par cette méthode ne peuvent être égales.

Une permutation sans « rencontres », ou sans point fixe est une permutation a telle que a£^ i (l ^ j; <;n). Le nombre des permutations de [n] sans rencontres est généralement noté d(n) et obéit à la relation de récurrence

, 5].

PROPRIÉTÉ 3 : On a M (n, l) = d(n) pour n ^ l . Démonstration : D'après 1 : M(w+1, l) = rc.M(rc, 0),

donc'd'après 2 :M(w.+ l, 1) = « ( ( n - l ) . M ( n - l , 0) + M ( n - l , 1)), mais d'après 1 : M(n, l) = ( w - l ) . M ( n - 1 , 0),

d o n c M ( n + l , l) = n.(M(n, 1) + M ( n - 1 , 1)).

On voit que cette relation de récurrence est semblable à celle du nombre de permutations sans rencontres. De plus, M(l, l)=d(l) = 0 car Jt{\, l) = 0 ; M (2, l) = d(2)=l car JK(2, 1) est formé de la permutation 2 1.

PROPRIÉTÉ 4 : On a les égalités suivantes :

(A)

(B)

M{n, k) = M(n, k) =

n~l\d(n-

k Y n-k ' n~l\(n-~k + l)l "-p

1

(-Vf

n-k t=o H

Démonstration : La formule (A) découle directement des propriétés 1 et 3.

La formule (B) lui est équivalente.

V

n \

2. . . 3. . . 4. . . 5. . . 6. . . 7. . . 8. . .

0

1 3 11 53 309 2 119 16 687

1

1 2 9 44 265 1 854 14 833

Table des M (n, k), 2 i 2

1 3 18 110 795 6 489

3

1 4 30 220 1 855

4

1 5 45 385

5

1 6 63

6

1 7

7

1 R.A.I.R.O. Informatique théorique/Theoretical Informaties

(6)

BIBLIOGRAPHIE

[1] L. CARLITZ et R. SCOVILLE, Some Permutation ProblemsJ. Comb. Th., vol. A 22,1977, p. 129-146,

[2] L. COMTET, Analyse combinatoire, P.U.F., Paris, 1970.

[3] D. FOATA et M. P. SCHÜTZENBERGER, Théorie géométrique des polynômes eulériens, Lecture Notes in Mathematics n° 138, Springer-Verlag, 1970.

[4] F. FRANÇON, Histoires de fichiers, R.A.I.R.O. Informatique théorique, vol. 12, 1978, p. 49-62.

[5] J. RIORDAN, An Introduction to Combinatorial Analysis, Wiley, 1959.

vol. 13, n° 3. 1979

Références

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