MARS 2017
Réalisation : DREAL PACA / Nicaya Conseil / Studio Magellan. Crédits photos : Laurent Carte, DREAL PACA, SEGED, McArthurGlen Provence, Eiffage, V. Rivière, Ville de Miramas, BTPRF, DR.
ÉDITORIAL
La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Provence-Alpes-Côte d’Azur met en œuvre des politiques publiques et des projets qui ont trait à l’aménagement durable des territoires, à l’énergie et à l’environnement.
Elle vise ainsi à apporter des réponses aux besoins quotidiens des populations.
Dans ce cadre, la DREAL a porté la réalisation de la déviation de Miramas, avec l’assistance de la Direction Interdépartementale des Routes Méditerranée et du Centre d’Études et d’Expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement, en s’attachant à prendre en compte les enjeux sociaux, économiques et environnementaux. La mise en service intervient après trois ans d’intenses travaux.
Cette rocade va considérablement améliorer les conditions de vie des habitants de Miramas en déviant le trafic en dehors de la ville ; près de 15 000 véhicules par jour, dont de nombreux poids lourds, sont attendus sur ce nouvel axe. Car la déviation participe aussi à la desserte des activités économiques du territoire de l’ouest de l’Etang-de-Berre ; elle assure désormais une continuité entre la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer et le réseau autoroutier A54, A7 et A9.
Ces résultats sont le fruit d’un travail de coopération avec la ville de Miramas et les différents co-financeurs : l’État, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Grand Port Maritime de Marseille.
Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont œuvré pour la réalisation de ce projet. Cette plaquette raconte la vie de ce projet et de cette aventure humaine.
Bonne lecture et bonne route.
Corinne TOURASSE Directrice Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement
MIRAMAS
Localisation
Miramas est une commune des Bouches-du-Rhône située au nord de l’Étang de Berre à proximité de la plaine de la Crau. Elle est principalement desservie par la RN(1)569, la RD69, la RD10 et la RD16.
Miramas en quelques chiffres
•
25 850
habitants (recensement de 2012)•
25,74
km2•
1 750
établissements actifs recensées au 31/12/2014(1) (répartition ci-contre)Histoire de Miramas
Un territoire agricole
Miramas est située dans la plaine de la Crau et dispose ainsi d’un patrimoine naturel, caractérisés notamment par la présence d’une faune riche et fragile. La Crau, protégée par la réglementation européenne Natura 2000, est également une terre agricole. Les communes de Miramas, de Saint-Martin-de-Crau et de Grans sont inscrites dans l’aire de production AOC du foin de Crau, reconnu pour ses qualités nutritives et gustatives.
Un territoire industriel
Autrefois village rural (Miramas le Vieux), la ville est devenue dès le XIXe siècle un pôle industriel important en lien avec le développement des infrastructures et des activités ferroviaires. Le quartier de la gare devient alors le nouveau centre de gravité de la ville, le lieu de vie et de travail des habitants qui délaissent progressivement Miramas Le-Vieux.
La Durance
L’Arc
Étang de Berre
Golfe de Fos
Côte bleue
Ligne TGV Aix TGV A54
RD9 RD7n
RN568
RN(1)569
RD113 RD16
RD10
RD6
A55
A51
A51 A7
A7
A7 A8
L2
Marignane Berre l'Étang Salon-de- Provence Grans
Saint-Martin- de-Crau
Martigues
AIX-EN- PROVENCE Istres
Vitrolles Rognac
Port de Bouc Port Saint-Louis
du Rhône
Gardanne Eguilles
Venelles Puyricard Lambesc
Fos/mer
MIRAMAS
0 5 10 km
Saint-Charles
MARSEILLE
10 km 18 min 21 km
25 min 20 km 19 min
16 km 24 min
58 km 56 min
47 km 42 min 10 km
17 min
Industrie Agriculture Administration
Construction Commerce, transport, services
16,9 % 1,7 %
5,2 % 13,2 %
63 %
Miramas va alors devenir un nœud ferroviaire pour le transport de voyageurs et le fret.
Lors du premier conflit mondial, un camp militaire américain s’est installé à Miramas, profitant du réseau ferroviaire pour acheminer et stocker du matériel provenant de Marseille. La ville accueille encore aujourd’hui de nombreuses infrastructures militaires comme l’Etablissement Principal des Munitions de Provence qui assure des missions de soutien technique et d’approvisionnement auprès de régiments de la région.
Miramas est inscrite au sein d’un territoire industriel de premier plan avec la présence d’industries chimiques à Istres, du complexe industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer et des activités militaires.
Une ville de passage
Le développement des activités logistiques liées aux bassins ouest du Grand Port Maritime de Marseille a généré d’importants flux de circulation qui empruntent la RN(1)569 pour rejoindre Salon-de-Provence, Istres ou encore Fos en traversant Miramas.
LA DÉVIATION DE MIRAMAS
Pourquoi une déviation ?
Attendue par les habitants et les acteurs économiques du territoire de l’Ouest Étang de Berre, elle s’inscrit dans le schéma global d’amélioration de la desserte routière de l’Ouest de l’étang de Berre avec différentes opérations :
• Le réaménagement du carrefour de Saint-Gervais à Fos-sur-Mer (réalisé en 2015) et la mise en place d’une déviation des poids lourds par les voies portuaires dès 2017.
• Le réaménagement du carrefour de la Fossette à Fos-sur-Mer pour améliorer des conditions de sécurité, l’accessibilité à la ZIP de Fos-sur-Mer ainsi qu’à la ville de Port-Saint-Louis du Rhône et aménager une aire de contrôle de poids lourds (études en cours).
• Le contournement de Martigues-Port-de-Bouc (mise en service prévue en 2022).
• La liaison Fos-Salon (préparation du débat public).
• Le contournement d’Arles qui permettra d’assurer une continuité
autoroutière A7 - A54 - A9, d’améliorer la sécurité routière et la qualité de vie des riverains de la RN 113 (études en cours).
Dans Miramas, les riverains et usagers de la RN 569 subissent des nuisances (pollution, bruit) et d’importantes difficultés de circulation : 21 000 véhicules en moyenne traversent quotidiennement Miramas avec des répercussions importantes : insécurité routière, fort niveau de congestion, conditions de vie dégradées pour les habitants…
La déviation allégera d’environ 12 000 véhicules par jour le trafic en traversée de Miramas. Compte tenu de son attractivité, la déviation accueillera près de 15 000 véhicules chaque jour à sa mise en service.
Miramas dans les années 90
Elle va favoriser également la desserte de quartiers en pleine mutation et des pôles d’activités de la commune : les quartiers de la Maille dont le réaménagement urbain est en cours, le centre-ville, le village de marques MacArthurGlen Provence, la plateforme logistique de Clésud et le stade couvert d’athlétisme.
Le projet de déviation
La déviation de Miramas, c’est une nouvelle route interurbaine de 3 km à 2x2 voies qui reliera la RN569 (route de la transhumance) et le boulevard Aubanel au Sud au giratoire de Toupiguières au Nord de Miramas. Comme sur le reste de l’itinéraire, la vitesse sera limitée à 90 km/h. Les caractéristiques de la route permettront de l’intégrer à une future liaison autoroutière entre l’A54 et Fos-sur-mer.
Plusieurs ouvrages d’art ont été réalisés dans le cadre de ce projet :
• un viaduc pour franchir la voie ferrée existante et permettre l’aménagement ultérieur de nouvelles voies destinées au fret ferroviaire,
• un pont qui permettra de créer un nouvel embranchement pour le fret ferroviaire vers la plate-forme multimodale de CLEsud,
• un passage pour la faune et le réseau d’irrigation du secteur de la Péronne et des ouvrages de franchissements des canaux.
Le Village de marques © McArthurGlen Provence Le stade couvert d’athlétisme CLEsud
GIRATOIRE D’AUBANEL
GIRATOIRE DE TOUPIGUIÈRES
PROJETS FERROVIAIRES DE «VOIES LONGUES»
ET D’EMBRANCHEMENT VERS CLESUD Mur anti-bruit
Canal du Paty
Filioles d’irrigation
Canal Grignan Piste cyclable
et piétonne Plantations et modelés paysagers Bassin
VOIE FERRÉE
CLEsud
ZONE D’ACTIVITÉS DES MOLIÈRES
VILLAGE DE MARQUES
BOULEVARD AUBANEL
Fos-sur-Mer Istre
AVENUE DU NORD
COMMUNE DE GRANS COMMUNE DE MIRAMAS
Salon Grans CLEsud A54
5,1 % 13,9 %
17 %
32 % 32 %
PRÉFET DE LA RÉGION PROVENCE-ALPES
CÔTE D'AZUR
Le financement et le coût de l’opération
L’opération est le fruit d’une coopération entre cinq cofinanceurs : l’État, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Métropole Aix-Marseille-Provence, le Grand Port Maritime de Marseille et le département des Bouches-du-Rhône.
Le financement de la déviation a été mis en place à travers le Programme De Modernisation des Itinéraires (PDMI 2009-2014) et le Contrat de Plan État Région (CPER) 2015-2020 qui ont permis de financer le projet à hauteur 49,2 M€ TTC.
Passage faune et irrigation Pont ferroviaire Canal d’irrigation
Le viaduc
Mars 2014
Lancement des travaux
Chronologie de l’opération
Mai 2009
Contractualisation des financements du projet Janvier 2008
Décision ministérielle de relance du projet
Juin 2010
Concertation publique
2015
2016
2017
2018
2011
Élaboration du dossier d’enquête
Novembre - décembre 2012 Diagnostic archéologique
Juin 2013 Enquête parcellaire Janvier 2013 - Mars 2014
Actions de préservation de l’environnement Février - mars 2012
Enquête publique
11 octobre 2012 Déclaration d’utilité publique
Mai 2015 - août 2016
Construction des autres ouvrages (pont, faune et irrigation) et terrassements Juillet 2015 -
septembre 2015 Fouilles
archéologiques du camp de prisonniers allemands
Janvier 2016 - mars 2017
Travaux d’assainissement, de chaussées, équipements routiers (murs acoustiques, glissières…), raccordement giratoire Aubanel (mis en service le 23 novembre 2016)
Mars 2017 Inauguration et mise en service de la déviation Été 2017
Travaux de raccordement de l’accès Nord de Miramas
2018
Requalification de la RN 569 en traversée de Miramas en boulevard urbain dédié à la desserte et à la vie des quartiers de la commune Mars 2014 -
mars 2016
Construction du viaduc sur la voie ferrée
Décembre 2013 - février 2014 Fouilles archéologiques dépotoir d’époque contemporaine
Janvier - février et octobre - novembre 2017 Aménagements paysagers
2014 2013 2012 2011 2010 2009 2008
LE CHANTIER
Le viaduc
Les travaux ont commencé en mars 2014 par ceux du viaduc qui franchit la voie ferrée Avignon-Marseille. Implanté au plus haut à 15 m au-dessus du sol, il s’étend sur 216 m de long et 23 m de large et s’appuie sur 3 piles. Les choix architecturaux ont été conçus au plus près des contraintes techniques et des ressources d’un paysage en mutation. Le viaduc est un pont mixte (acier-béton) bipoutre dont la conception a été fortement contrainte par les voies SNCF. Il apparaît comme posé sur un socle formé par les soutènements en béton matricé rappelant les galets émergeant du sol.
Totalement blanc, il franchit les voies SNCF avec la plus grande légèreté possible.
Les culées en béton cadrent la « fenêtre paysagère » ouverte vers le Nord. Les piles sont travaillées dans cet esprit de recherche de légèreté en alternative aux chevêtres métalliques classiques souvent lourds. Cet allègement est souligné par les parties métalliques qui ont été traitées en blanc accentuant le contraste avec le socle.
La construction
Dans un premier temps, les appuis du viaduc ont été construits avec :
• la réalisation des fûts en béton armé, des piles et des culées,
• le montage des remblais renforcés des culées (murs en béton matricé),
• l’assemblage des chevêtres métalliques sur site au sol,
• le montage de chaque chevêtre sur son fût.
Dans un deuxième temps, la charpente métallique du tablier a été assemblée sur la culée sud du viaduc avec des pièces déjà forgées en usine puis livrées sur site pour être soudées les unes aux autres. Puis cette charpente de 1 300 tonnes d’acier a ensuite été « poussée » pour être positionnée sur les piles. Du fait de la longueur du viaduc, cette phase a été répétée 2 fois. Le tablier a enfin été constitué par le clavage d’environ 200 dalles en béton armé préfabriquées en usine.
Pour finir les corniches-caniveaux, les dispositifs de retenue et les écrans de protections des voies SNCF ont été installés avant la réalisation de l’étanchéité puis la chaussée.
La technique du matriçage
Cette technique permet d’aviver les surfaces de béton grâce aux jeux d’ombres et de lumière créés par la texture obtenue. La matrice de coffrage utilisée évoque les galets affleurants du coussoul des steppes de la Crau, comme si le sol se soulevait pour soutenir le tablier du pont.
Les autres ouvrages
Un second pont a été construit afin de préserver les possibilités de développement du fret ferroviaire. Il permettra de créer un nouvel embranchement vers le terminal de transport, combinant le transfert de marchandises entre camions et trains, de la zone logistique de CLEsud.
Un passage pour la faune et le réseau des filioles d’irrigation a également été réalisé pour préserver la trame paysagère du secteur de la Péronne. Enfin, 3 ouvrages permettent le franchissement du Canal du Paty et du Canal de Craponne-Grignan.
Les nouvelles entrées de ville
Au nord du projet, la déviation de Miramas se connecte au giratoire de Toupiguières dont la configuration et le dimensionnement sont compatibles avec le nouveau trafic. Ce giratoire a toutefois subi des améliorations et la branche d’accès nord à Miramas sera aménagée dans sa configuration définitive à l’été 2017.
Au sud du projet, un giratoire neuf a été aménagé et mis en service en novembre 2016. L’aménagement de l’entrée de ville, entre le nouveau giratoire et le boulevard Aubanel, a été réalisé par l’ÉPAD Ouest Provence dans le cadre de la réalisation de la zone d’activité de la Péronne. Cette entrée de ville desservira également le village de marques à partir d‘avril.
Les protections acoustiques
La proximité d’habitations a nécessité la réalisation de deux écrans acoustiques :
• un écran de 1,5 m de haut et 175 m de long au sud du projet au niveau du franchissement de la RD10,
• un écran de 1,5 m de haut et 585m de long au niveau de la zone industrielle des Molières.
LA PRISE EN COMPTE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
Le projet de déviation s’inscrit dans une démarche de développement durable permettant de favoriser un épanouissement de la population dans un cadre de vie plus sain et de respecter les paysages typiques de la Crau, la faune et la flore et impulser de nouvelles dynamiques de développement d’activités économiques, bénéfiques au territoire. Cette démarche a été déclinée sous différents aspects tout au long de la conception du projet et de sa réalisation.
La préservation de la biodiversité
Des mesures ont été mises en place pour préserver les espèces observées.
Les lézards et reptiles ont été déplacés vers le site de la Petite Cabasse à l’Est de Miramas. La DREAL a mené en collaboration avec l’EPAD une opération de capture sur site grâce à 3 méthodes : à l’aide de plaques posées au sol, en
« sortie de garenne » avec un piège à tube ou suite à des prospections effectuées à la jumelle. Des lézards ocellés ainsi que d’autres espèces tels que le crapaud calamite, le crapaud Commun, le seps strié, la couleuvre de Montpellier, la couleuvre à Échelons ont pu être capturés et sauvegardés.
Cette opération de capture s’est poursuivie par la translocation des animaux vers le site de la Petite Cabasse, où des gîtes géolocalisés ont été constitués.
Par ailleurs, le site du Mas du couvent au nord de Miramas, identifié comme terrain favorable à l’ophrys de Provence (orchidée), sera protégé pour y favoriser le développement de cette fleur protégée impactée par le projet.
Un passage pour la faune a été construit au niveau du domaine de la Péronne afin de maintenir une continuité écologique existante. Les haies boisées interceptées par la déviation ont été replantées pour définir des corridors écologiques (pour les oiseaux et les chauves-souris).
La sauvegarde du patrimoine
Elle s’est traduite par la réalisation d’un diagnostic archéologique réalisé par le SAN Ouest Provence en 2013. À l’issue de ce diagnostic, deux opérations de fouilles ont été ordonnées par la Direction Régionale des Affaires Culturelles.
L’INRAP a ainsi étudié, début 2014, un dépotoir du XIXe siècle qui a permis d’enrichir la connaissance du développement historique de la ville de Miramas et des activités ferroviaires à cette époque. L’étude de la céramique a permis de mettre en évidence l’origine marseillaise de ces déchets.
Couleuvre de Montpellier Ophrys de Provence
Fouilles INRAP
Puis, en 2015, l’INRAP a mis au jour les vestiges d’un ancien camp de travail de prisonniers allemands ayant fonctionné pendant la seconde guerre mondiale (entre fin 1944 et l’été 1946) donnant des éléments de compréhension des conditions de vie des prisonniers, leurs relations avec la population ainsi que les formes de la présence américaine, sur le territoire. À travers l’ensemble des produits manufacturés qui ont été retrouvés, on perçoit l’influence de la société américaine sur la « veille Europe ».
Un chantier éco-responsable
La déviation a été réalisée dans le cadre d’une démarche environnementale.
Des mesures ont été prises en termes de gestion du chantier avec :
• la désignation tout au long de l’opération d’un coordinateur environnement chargé de veiller au respect des engagements en matière d’environnement,
• la rédaction par chaque entreprise de travaux d’un plan de respect de l’environnement précisant les dispositions environnementales prises par l’entreprise pendant le chantier et la désignation d’un responsable environnement chargé de les contrôler.
Pour les entreprises, cela s’est traduit sur le chantier notamment par :
• l’utilisation de matériaux de recyclage comme les déblais du chantier de la L2 en construction sur Marseille, ou encore des laitiers en provenance de Fos-sur-Mer,
• la réalisation d’un nettoyage régulier du chantier avec le tri des déchets dans des conteneurs adaptés,
• la mise en place des dispositions permettant d’éviter tout prélèvement ou toute pollution de la nappe phréatique de la Crau,
• la protection des zones à enjeux (Ophrys de Provence, filioles…) avec un balisage et une interdiction d’accès sur certains points du site,
• la réduction de la vitesse de circulation des véhicules de chantier afin de réduire les émissions de poussières.
Lézard ocellé
Bac de lavage béton Aire de lavage toupie
Gîte pour lézards
Des clauses d’insertion sociale
Marquant la volonté de l’État et des cofinanceurs, ces clauses ont intégrées dans les marchés de travaux de la déviation, avec pour objectifs de :
• permettre l’insertion professionnelle des personnes éloignées de l’emploi,
• favoriser la solidarité et l’équité sociale,
• renforcer la stratégie de responsabilité sociétale des entreprises.
Près de 12 000 heures d’insertion sociale ont été effectuées dans ce cadre, représentant près de 8 temps pleins. La DREAL a reçu le prix « Clause up ! 2017 », récompensant ainsi son investissement en faveur des clauses sociales dans le cadre d’attribution de marchés publics.
L’intégration paysagère
Les aménagements paysagers
L’aménagement paysager de la déviation est une composante importante de l’opération. Le cabinet H et R, maître d’œuvre de ces travaux, a souligné la diversité de paysages dont dispose Miramas. 3 unités paysagères ont été distinguées :
a
Le paysage ferroviaire : il a marqué économiquement et physiquement l’organisation de la ville. Il a une forte valeur patrimoniale tant au niveau historique que culturel, qui évoque le monde du travail et les échanges économiques.z
Le paysage naturel : il est composé d’espaces agricoles et des paysages spécifiques de la Crau. Il est caractérisé par la présence des filioles (petits canaux d’irrigation) et par des haies coupe-vent. Au Sud se situent des massifs collinaires et au Nord les chaînes des Alpilles, du Luberon, et au loin le Mont Ventoux.e
Le paysage urbain : il renvoie à la ville actuelle et à l’arrière des quartiers d’activités industrielles et commerciales, qu’entrecoupent des vestiges routiers.Ainsi les caractéristiques paysagères de Miramas sont soulignées par le projet et matérialisées au niveau des nouvelles entrées de ville. Les deux seuils urbains, fortement boisés, contrastent avec l’espace central plus minéral à vocation industrielle ou commerciale. Le soulèvement de la route, au passage de la voie de chemin de fer, apparaît comme un élément artificiel et autonome dans un paysage fortement structuré par les haies de la Crau humide et les chênaies des collines calcaires.
Le Village de marques © McArthurGlen Provence Haies coupe-vent Gare de triage de Miramas
La démarche et les aménagements retenus se traduisent dans différentes réalisations qui ponctuent la déviation.
• Une partie des déblais de l’opération ont été utilisés pour créer des « modelés paysagers » qui rappellent les reliefs collinaires autour du giratoire de Toupiguières.
• Les réseaux de filioles d’irrigation sont maintenus sur le domaine de la Péronne pour arroser les haies nouvelles et existantes.
• Trente-cinq manches à air vont s’aligner sur la déviation pour signifier concrètement la force du vent.
• Quatre hectares de boisement forestier ont été plantés, soit 13 000 plants d’essences locales sur l’ancien domaine de la Péronne et au niveau du giratoire de Toupiguières.
• Un cheminement pour les modes doux a été réalisé entre l’avenue du nord et la plateforme logistique de CLESud.
• Dix-huit hectares ont été ensemencés pour stabiliser les terrains remaniés, restaurer les surfaces de chantier et installer un tapis fleuri de faible entretien et adapté au climat.
SIGLES
AOC : Appellation d’Origine Contrôlée CAUE : Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement, qui assure une mission de service public dans ce domaine
CPER : Contrat Plan État Région EPAD Ouest Provence : Établisse- ment Public d’Aménagement et de Développement Ouest Provence.
Il assure la maîtrise d’ouvrage opérationnelle de projets d’amé- nagement urbain qu’il pilote en complément de l’action des autres acteurs institutionnels (ex SAN Ouest Provence ou les communes).
INRAP : Institut National de Recherches Archéologiques Préventives
PDMI : Programme De Modernisation des Itinéraires RD : Route Départementale RN : Route Nationale
SAN : Syndicat d’Agglomération Nouvelle Ouest Provence ZIP : Zone industrialo-Portuaire
LEXIQUE
Chevêtre : partie supérieure d’une pile, sur laquelle repose le tablier.
Culée : appui qui soutient l’extrémité du tablier du viaduc Déblais : décombres enlevés ou matériaux extraits en déblayant Filiole : petit canal d’irrigation Fût : partie se situant à la base d’une pile
Laitier : granulat ou liant issu de haut fourneau d’entreprises de Fos-sur-Mer servant de base à la réalisation de béton écologique, de renforcement de sol ou dans la construction des assises de la chaussée
Pile : appui intermédiaire
permettant de supporter le tablier et de répartir la charge du poids au sein de l’ouvrage
Tablier : structure porteuse qui supporte la voie de circulation
La politique « 1% paysage et développement »
Il s’agit d’une démarche partenariale entre les acteurs du projet visant à mener des actions d’aménagement paysager et de développement autour des nouveaux itinéraires routiers. Cette politique vient en complément des aménagements paysagers réalisés dans le cadre de la déviation. Concrètement, l’État, représenté par la DREAL PACA, s’engage à financer jusqu’à 50 % des actions de valorisation du paysage portées par les collectivités, dans la limite de 1% du montant de l’opération de déviation de Miramas. Un dossier a ainsi été constitué par la ville de Miramas et le CAUE 13.
Il présente un diagnostic du paysage et une charte d’objectifs qui propose de :
• requalifier le paysage des entrées Ouest et Nord de la ville,
• préserver et mettre en valeur le paysage agricole,
• mieux gérer les co-visibilités entre l’infrastructure et les zones d’activités.
Un programme d’actions est en cours d’élaboration (réaliser des aménagements paysagers, compléter les circulations des modes doux, signer le projet d’un point de vue artistique, requalifier les franges à l’arrière des zones d’activités…) et devra être validé par une commission nationale. L’objectif est de réaliser les actions retenues dans les 3 ans suivant la mise en service de la déviation.
Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement PACA Service Transports Infrastructures et Mobilité - Unité Maîtrise d’ouvrage
16, rue Antoine Zattara - CS 70248 - 13331 MARSEILLE CEDEX 3 - Tél. : 04 88 22 61 00
Réalisation : DREAL PACA / Nicaya Conseil / Studio Magellan. Crédits photos : Laurent Carte, DREAL PACA, SEGED, McArthurGlen Provence, Eiffage, V. Rivière, Ville de Miramas, BTPRF, DR.
LES PRINCIPAUX ACTEURS DU CHANTIER
Intervenants
• DREAL PACA : maître d’ouvrage
• DIRMED : maître d’œuvre
• CEREMA : études et assistance au maître d’œuvre travaux
• H&R : architecte paysagiste
• SEGED : coordonnateur environnemental
Entreprises de travaux
• Bouygues Travaux Public Région France / Baudin Chateauneuf : viaduc
• Bouygues Travaux Public Région France / AGOR : terrassements et autres ouvrages
• Eiffage Route Méditerranée / AER / Razel-Bec : assainissement, chaussées, équipements routiers et raccordements
• Jardins de Provence, SATAR et Innovatex : aménagements paysagers
PRÉFET DE LA RÉGION PROVENCE-ALPES
CÔTE D'AZUR