rj)
-/'/lu.
^
INSTRUCTION
SUR
L’IMPORTANCE DE LA CULTURE
DU CHANVRE
DANS LE DISTRICT DE MONTPELLIER.
I,^ES
vuesdu gouvernement
étant que la culturedu
chanvre soit plusgénéralement
adoptée suiSle territoirede
la répu- blique^de manière
à ne plusmanquer
d’une matière premièresi utile à tous
nos
besoins et au service de lamarine
fran- çaise yl’administrationdu
districtde
Montpellier considérantcombien peu
la culturede
cette plante a été pratiquée jus- qu’icidans son arrondissement
etcombien
elle pourroity
être utile à plusieurs égards, invite les négocians à faire
de
]a graine
de
chanvreune
branche
de leur industrie, et les
tultivateufs à disposer toutes les terres convenables pour
y
faire succéder à
propos
cette graine à d’autres,même
auxgrains alimentaires. L’instruction suivante ficilitera la culture
du
chanvre à ceux qui n’en auroient pas l’usage.Le
chanvre estune
grande plante annuelle , àtigeligneuseet creuse , qui s’élèvede
cinq à huit pieds, selon leterrain ; elle est fore branchue, à feuillesrugueuses,découpées
et odorantes.1H£î«SVB£Rit>ï
USRARY '
Cè
genre de plante adeux
sexes très distincts par les fleurs; dont les unes
mâles
sontformées de
cinq pièces yrenfermant
cinq étamine.On nomme
ainside
petits corps jaunes, qui dans leur maturité sont tous couverts d’une pous- sière impalpable y
de
lamême
couleur y qui serépend
pourpeu
que l’on agite la plante.Les
fleurs mâles sont disposéesen grappe
le long de la tigeou
des rameaux.Les
fleurs femellesne
sontcom-
posées que d’une pièce ; elles ont
un germe
au centre quidonne
la graine.Ces
fleurs sont ramassées vers les extré- mités desrameaux
yoù
ellesforment
des grouppes avecles feuilles.
Les
fleursmâles
et ^es fleurs femellesne
sont point en-semble
sur lamême
plante ( si ce n’est par accident )chaque
individu n’a que des fleursmâles ou
des fleurs femelles.Cette distinction de sexe est prise dans la nature et est bien
opposée
à l’idée fausse qu’en à le vulgaire qui regardecomme
chanvremâle
oufécond
celui qui porte la grainey tandisqu’ilnomme improprement
chanvre femelleou
stérile celui qui a la fleur la plus apparente et quine donne
pointde
graine.Heureusement
ilne
resuite pasun grand
incon- vénientde
cette méprisé y si ce n’est lorsque le cultivateurne donne
pas letemps
à la plantemâle de
féconder la plante femelle y et qu’il l’arrache trop tôtde
sonchamp
: ilexpose par cette
manœuvre
les graines à avorter.Il est essentiel que les plantes mâles soient rapprochées
ou
disséminéesparmi
les plantes femellesjpour que celles-ci .en
soient fécondées, c’est-à-dire,pour
que lesembrions
des3
graines reçoivent ce principe
de
vie qui doit lesrendre
propres àgermer
,sans quoi les graines seroienc videsde germe
j et
semées
elles ne leveroient point.Un
piedde
chanvremâle
suffiroit pourféconder un grand nombre de
chanvre femelle , ce qui s’opère par le contactde
la poussière jaune fécondante des fleursmâles
que levent
ou
l’élasticité naturellede
cette poussière porte sur les fleurs femelles.Les
graines qui résultent de cettefécon-
dation ,donnent
indistinctement des chanvresmâles ou
femelles.Les
produitsdu
chanvre sont le chenevisou
la graine 9 et la chenevotteou
la tige quidonne
la filasse.Le champ oû
l’oaseme
le chenevis seyiiomme
la chenevière.r‘
La
grainede
chanvre doit être ;choisie récente5pesante luisante9d’un grisbrun
9point piquée de vers9 ni avariée.
On
laseme
à la volée9mais
bien plus clairque
le blé^Le
chanvre étantune
plante haute etrameuse
9 il devroity
avoir dixou douze pouces
aumoins
d’intervalle entre chaque pied; car plus ils sont distants les uns des autres
9
plus les tiges sont fortes et
donnent une
plusgrande
quan-tité de filasse.
Mais
aussi, plus les pieds sont
rapprochés
plus le chanvreen
est finOn
doit d’ailleurssemer
plus dru sur les terres grasses ethumides pour
éviter leversement
des chanvres.Dans
lenord
de la franceon répand communément un
setier
un
quartou un
cinquième de chenevis par arpentde
Paris.
En
Angleterre9on met deux
boisseaux de graine par âcre.Ce
qui doit varier -nécessairement selon de climatjî *
^
1 exposition 5 la qualité de la texte j le genre d’engrais et
de
labour, c’est l’expérience qui doit guider sur cela le cultivateur.
La
grainegerme en
peu de jours; elle
ne
paroit pas sur la terrecomme
les blés, elle la soulève par plaques
comme
certains légumes.Le temps
le plus proprepour semer
le chenevis seroit pour notre climat depuis la findu mois
deventôsejusques et par tout lemois
de germinal.Quoique
la culturedu
chanvre soit plus pratiquée dansles
départemens du nord
,ceux du midi ne lui seroient pas moins., favorables, puisqu’on sait qu’on en récolté en Italie, à
Gènes
, dans le ci-devantPiémont
etc.On
peut d’ailleurs lui choisir des expositions plus aunord
quitempèrent
la chaleurdu
climatou
la seçheressedu
sol.Quoique
le chanvre croisse dans differentes sortesde
terrains, le plus convenable est celui qui a
du
fonds,
qui n’est ni sec ni trop
humide;
car cette plantes’acom-
mode
aussipeu
d’une terre froide et argilîeuse que d’une terre trop arride etpurement
sabloneuse.Cependant
beau-coup de
terres qui ne conviendroient pas aux grains peu- vent convenir au chanvre.Par exemple
, les fonds aquatiques qu’on peut dessecher par des épanchoirs, des fossés ,des rigoles; les bords des marais, les fonds d’étangs qui s’éva- porent , les valons , les gorges des
montagnes
qui ont quelques sources;en un mot
toute terre trop grasse qui faitverser le
froment
et qu’on est dispensé defumer
, sur les-*quelles
on
est dans l’usagede
faire passer forge et favoine5È
ÎE^'Oir
. _>
P ^
t/l
sèra ameublie par le chanvre et
mieux
le blé.
Les
terres arrosablesqui sont prèsdes cati'^j^Bés.ri^seauxou
des sourcesabondances
, peuvent devenir desbonnes
chenevières.Les
prairies défrichées et toute terre à grain à jaquelleon
peutdonner
des engrais sont des terres propres au chanvre.La
meilleure enfin sera la plus facile à labou- rer et la plus pénétrable par les racines, celle qui étant légère s’émiette par le labour et par le dégel. Il faudracasser , réduire les
mottes
si elle est forte.Tout
engrais est profficable au chanvre, les plus gras et les plusconsommés
sont les meilleurs.Ceux dont
les principes fertilisants sont le plus rapprochés sousun moindre volume
Sont les plusde
durée et les plus actifs.On
étend les engrais avec la fourcheou
le rateauimmé- diatement
avantde donner
le labour qui doit l’enfouir. Si la terre est assezhumide, ou
que letemps
soit disposé à la pluie , lemélange de
l’engrais avec la terreen
sera fait plusexactement
et pluspromptement.
Le
chanvre étantune
plante annuelle qui n’ocupe laterreque pendant
quatremois
etdemi ou
environ, peut facilement succéder aux grains] alimentairespendant
l’année déjà chère puisqu’on à letemps de
répandre l’engrais etde
labourer avant l’hiver,de donner un second
labour etde
herser aupremier
printempsimmédiatement
avant desemer
,de
récol- terpendant
l’été, enfin de préparerde nouveau
la terrepour
le semaillesd’automne ou
d’hiver.Le
chanvre ayantune
racine pivotante etligneuse quidescend
6
assez
profondément ou
superficiellescomme
sont cellesdè
froment
qui tallenc,ne
sauroit épuiser la terre autantque
le féroient
deux
plantes à racines fibreuses qui se succéde- roient sansdonner du
repos à la terre.D
ailleursyle débrisde
feuillesdu
chanvre rend à la terreune
partiede
la substance que ses racines lui eiilevent. L’engraidonné
a lachenevière proffitera encore au ble.
La
culturedu
chanvre ne peutdonc
préjudicier à celledu
blé,nien
élFritant la terre, nien
nous privant d’une seule récoltede
blé.Comme on ne sème
ordinairenvent le chanvre que par petites parties et que cette culture est plus à la conveneiice despetits propriétaires et cultivateurs que celledu
blé, rienn’empêche
que cette portionde champ
soit continué àêtre chenevière plusieurs années desuite, surtout si c est
un fohd
richecomme
le sont ordinairement ceux des enclos y ceux qui avoisinent les habitations.On
peut le rendre telà la faveur des
amendemens
etdes engrais qu’on est plusà portée de leur donner.
On
reserve alors le travailde
lachenevière pour le
temps où
ily en
ade moins
pressantpour
lesjours interrompus,ou
pouremployer
des bras oisifs; car lechanvre préfèrelaculture à bras à celleà lacharrue.Un
petit
champ
passé à labêche
vaut centfoismieux pour une
chenevière qu’un grandchamp
passéà la charrue. ilen
estde
même
pour bien d’autres productions.Les
labours répétés équivaudront cependant àune
fouille plusprofonde
; il sontsurtout nécessaires aux terres fortes.
On
pourroit aussisemer
le chanvre par larges planches1
dans
les terrains,humides en
les Cûupanr par des fosser,dont
la terre seroit rejettée sur les planches qu’elle rehaus-seroit.
La
terre ainsiremuée
j le seroitmieux que
par le sim- ple labour.Comme
que soitdonc
préparée la terre , à labêche
^ au luchet, à
/’ûwWo
, à rairauyCWo. doit être applanie , unie et passée à la herseou
au rateau après avoir étéensemencée*
La
grainede
chanvrene demande
pas à être trop couvertede
terre, il suffit quelle le soit assezpour
être à l’abride
la.rapine des oiseaux granivores qui l’aiment passion
nément
Il faut la garantir
de
ces larronsde
toutes lesmanières
etne
pas s’en tenir àun
simple épouventail de chenevière ycomme
dit le proverbe; ils s’yaccoutument
trop tôt.On
ditcommunément
quela chenevière doit entendre le chantdu coq pour
exprimer quelle doit être à laproximité des habitationsmais
aussi ellene
doit pas être visitée par les poules quiy
causentun grand
dégât.Cela
vaut lapeinede
faire garderpendant
quelques jours la chenevière,même
parun
enfant qui,en
écartant les poules ,feroit du bruit et lanceroit despierres
pour
mettreen
fuite les oiseaux deschamps.
Le
chanvre a l’avantage d’améliorer leschamps
jusquesk un
certain point. C’esten
purgeant laterre des mauvaises herbes, des plantesvraiment parasites qui ladévorent à pure perte, et qui rendent les travaux plus longs et plus pénibles.Mais
ce n’est qu’en grandissant que lechanvre peut étouffer les plantes basses et inutiles qui l’entourent.Ce
n’est pas parune
propriété particulière qui larende nuisibleaux
autres plantes; ce n’est qu’en les privant
de
l’influencede
l’air ttae
lalumière.Ce
qui ne dispense pasde
sarcler les chenev.èrequand
le chanvre est encore jeune, parceque
les plantesinutiles qu’il l’entourent pourroient lui nuire avant quil neles eut p’auné
de
vittesseen
s’élevant au dessus d’elle.En
sarclant,on
éclaircit aussi-lespieddu
chanvre quisero.ent
trop prés les uns des autres, et lespieds retranchés pourroient servir à garnir les vides, les clairière qui se seroieiit
formées
accidentellement.On
choisira pour fiiire cette operaiionun
temps
couvert;un
jourhumide,
ce qui assurera la reprise des ieulies plants transplantes., . ,
Le
cultivateur n’a plus rien à faire àsa chenev.erejusqu aumoment de
larécolte, àmoins
qu’il n’ait lafaculté de pouvoirl’arroser si la saison est trop sèche.
Les
pluies bienfaisantesdu mois
Floréal le dispenseront de ce soinen
procurant un végétation rapide à ses chanvres., j j
La
maturité des chanvresmâles dévance
presquede deux Décades ou
d’unmois
celle des chanvres femelles.Les
natu-ralistes sont
moins
étonnés de cette précocité queles cul-
:^::2s
qui seméprennent
sut le véritablesexe^de.
chanvre.
Le
but de la nature dans lavégétationétantde fait produire dès fruits
ou
des graines àvenir â sa reproduction et à sa multiplication , le chanvre
mâle
ayant par, sa poussière fécondantevivifie
em non
1
la grainedu
chanvre femelle , sa fonction est remplieune
pius longue durée seroit inutile.On
le voit ’il s’eftéuille en partie, il blanchit vers la racine et dansla tige il secheroit si
on
ne l’enlevoit â proprOs.Ce
seroitune imprudence
au cultivateurque
darracle9
de
la chenevière les plants mâles avant qu’ils n’aient passefleurs^^à
moins
qu’il fitpeu
de casde
la graine des plants femelles.Mais
quel est le cultivateur quine
voulut avoiren même temps deux
récoltes, l’uneen
chanvre , l’autreen
grainechacun de
ces produits étant aussilucratif l’unque
l’autre ?
Les
chanvres arrachés doiventêtremis
par poignéeà
sécher, puis secoués,
mis en
botteou en
faisceaux parpoignée de
huit à dix, c’est-à-dire , autant qu’une brassée peuten
contenir:on
les lie vers lesdeux
boutsen
tirant les liens desrameaux même
qu’on tord.Ce
seroitune mauvaise manœuvre
etune économie mal entendue que de
vouloir se dispenser de faire larécoltedu
chanvreen deux temps,
puisque les plantsmâles
etles plants femellesne
sontmûrs
qu’à des époque.s differentes.Arracher
les plants femelles
en même temps
que lesmâles
, ce seroit se priver d’unebonne
graine et s’exposer à avoirde mau-
vais chanvre;
chanvre
trop vert qui feroitéprouverun
déchet considérabledans
le rouissage. D’ailleurs,
on
a observéque
la filasse
du
chanvremâle ou
stérile est supérieure à celledu
chanvre femelle quant à la finessej celle
du
chanvre femelleou fécond
estmoins
estimée quoique plus forte; elle est plus- nourrie parce que la plante a resté pluslong-temps en
végétation; elle est plusabondante
parceque
le plant femelle est plusrameux.
La
parfaite maturitéde
la graine^
les autres signesque
nous
avons indiqué pourla maturitédes
plantsmâles
yannon-
cent à leur tourquand
il esttemps de
récolter les plants femelles.On
les étend;,on
les éparpille surune
aireou
10
sur des toilesj pour
en
détacher les graiifésen
les battant aux sommités.On
dispose ensuite les paquetsen
faisceaux^
en
les séparant des autres, car ilsne
doivent pas être remis ensemble.On
a sur cela différentes pratiques selon les lieux.Les
graines doivent être exposées au soleilpendant
quel- quesjours,en
les garantissantde
l’humiditépendant
lanuit.On
les épluche,
on
lesvanne
eton
les serréen un
liuecon-
venable à l’abri desvermines
et des souris.La
filasse est ce qu’onnomme
la teille.On
la séparede
la chenevotte parune
manipulation qu’onnomme
le rouiou
le rouissage,lequel consisteen une
sortede
macérationdans
l’eau que l’on fait subir aux bottesde
chanvre, afinde
dissoudreune
substancegommo-résineuse
qui unit l’écorceou
la filasse à la partie ligneuseou
la chenevotte.Comme
cette opération salit l’eau etluicommunique une
propriété dangereuse qui nuitmême
aux poissons, il est important que le rouissagene
se fasse pas dansune
eau qui doive servir à abreuver les bestiaux, encoremoins
leshommes.
On
n’a pasencore
décidé d’unemanière
positive quelles sont les eaux à préférerpour
le rouissage.Les
unstiennent,pour
les eaux courantes, les autres pour les eaux stagnantes etchacun
allègue l’expérience quiestfavorableà saméthode.
Il est certain que la qualité des eauxaccélère
ou
retarde le roui.La
promptitudede
cette opérationdépend
aussidu
lieu,
de
la températurede
la saison,du
chanvre lui-même.
Quoiqu’il
en
soit,on
n’a pas partout les eaux à sadispo-sîtion.
On
estgêné
par les prohibitions et par la craintede
nuire.
Pour
éviter les rivières et les ruisseaux yon
a recours aux marres, aux fossés, et ce sontdeux
extrêmes: làon
craint d’infecter l’eau,icion accumule
l’infection par les exhalaisons,non moins
nuisiblesque
la macération ajoute àune
eau qui croupir.Pour
obvierà
ce- très-grand inconvénient et faciliter le rouissage, il conviendroit qu’on établitdans
lesCommunes;
où
l’on est dans les casde
faire rouirbeaucoup de
chanvre, desroutoirs publics dontl’eau s’épancheroit etseroitrenouvellée au besoin.Une
chaussée près d’une rivière,un
canal près d’unmoulin
,un
réservoir qui réceuilleroit les eaux superfluesd’une sourceetc.-Présenteroientbeaucoup
decommodité
sansincon-vénients aux rouisseurs et au public.
Il
ne
seroit'par-moins
utile qu’ily
eutdesrouisseurs publics qui dirigeroient ces travauxou
donneroient leurs conseils à ceux qui n’en ont pas la pratique; car le rouissage estune chose
essentielle qui décide de labonne ou mauvaise
qualitédu
chanvre.- Il faut safsir le point pour obtenir'le chanvreen
entier etdans
toute 'sa force. La'manipulationetla duréedu
rouissage-varie selon la saison,ou
selon qu’onveut rouir eri eau courante,en
eaudormante,
à l’air et à sec,ou
àla rosée , sur la prairie. C’est toujours l’alFaire
de
quatreou
cinq jours, et
de
huitou
dix au plus. ;Le
chanvre étant suffisamment roui ,on
le lave ,on
le fait sécher eton
peut le garder jusques à ce qu’on veuille l’éplucher , c’est-à-dire, jusques à ce qu’on le teille
ou
qu’on le broie.Ce
sontdeux
opérations différentesqui ten-IZ
dent à détacher entièrement la filasse
de
la chenevotte*^ Teiller, c’est séparer à la
main
cette filasse,en
conservantla chenevotte prèsqu’entière.
Broyer,
c’est écraser lache-
nevotte sousune machine
pouren
détacher plus facilementla filasse.
On
teillecommunément
le chanvre le plus long*Ce
travailoccupe
lesfemmes
et les enfans, au lieu que la broie expedieen peu de temps
le travail d’ungrand nom-
bre de personnes.
La
broie, qu’onnomme
aussi lamacque^
estun
instru-ment de
boisen forme
demâchoire
allongée,dont une
piècemobile
agit parun mouvement de
charnière surcelle qui est fixe surun
treteau.La
chenevotte placée entredeux
est brisée
, concassée> et la partie ligneuse
du
chanvreaban- donne
la filasse.Le
chanvre teillé,
broyé ou mâché
subit encore d’autres opérationspour
être perfectionné. Il passe sous l’espadon ^ . puis sousle séran.L’espadon
estun
baètoirou
palettede
bois ^vec lequelon
bat le chanvre surune
planchepour
l’adoucir et en- leverde
la filasse tous les brinsde
chenevotte qui peuventy
être restés, i-res uns se servent à cet effetdu spadoni
les autres d’un maillet.
Le
séran etune
sortede
peignede
fer à longues dents, fixe surun
ais, au travers duquelon
passe et repasse lechanvre par poignées jusques à ce qu’il
ne
laisse plus 4®matière grossière sur le peigne.
On
se sertdabord
d’un séran à dents plus grosses etplus écartées pourdégrossir la filasse.On
eli vient ensuite à des sêr4ns à det^ts plus fines et plus*3
rapprochées qui divisent
exactement
les brinsde
chanvre et les rendenten
fils unis.La
matière grossière qui reste sur le peignej estce qu’onnomme
Fétoupe qui à ses usages*Enfin 9 le chanvre bien sérancé reste net
y et sort
du
peigneen
fils longs et fins y propres à être ouvrés àla corderie y à la tisseranderieJ àêtre filés au rouet, au fuseau, etc.
Les
apprêtsdu
chanvre varient suivant sa destination., Ici l’on à des procédés plus simples j làon
est plus soigneuxde
bonifier la filasse,
mais
ce soin appartient plusà
l’artiste qu’au cultivateur.On
semeroit sans doute davantagede chanvre,
si la récolte faite,
on
étoit dispensédu
rouissage et autres préparations qu’il faut faire subir à la chenevottepour en
retirer la filasseet la réduire
en
chanvre à ouvrer.Mais
le cultivateurne
dût-il vendreson
chanvreque
bruten
botte,même
sur pied,pour
s’épargner les façonsdu
rouissage,
de
l’espadonage,du
teillage,du mâchage ou
broyage,du
séranceage, il est toujours assuré d’un proffic net qui seraen
proportionde
laconsommation du
chanvre etdu
cheneyis;et-cette
consommation ne
peutqu’augmenter
avec les besoinsde
lamarine de
laRépublique
et le soinque prend
legouvernement de
rétablir les arts et les manufactures quiemploient
cesdeux
matières premières.Quant
au chanvre,on
saitque
saconsommation en
cor-dages
eten
toilesde
toute espèce, estimmense. L’impor-
tation nous enlève
une
grosse partiede
notre numéraire ,la privation
de
la matièrerend
les arts et les manufactures languissants./
14
Cultivateurs
J
en
cultivantle chanvreJ vouS vousprocurerez"
de l’aîsance et vous fairez le Bien
de
Pétat.Quand
vous n’obtiendriez pas de votre crûdu
chanvrede
la qualitéde
ceuxde
Sassenage etdu
ci-devantPiémont; quand
vous n’en pourriez fournir aux premières,manucfacturesde
toile, tellesque celles
de Rouen ou de Voiron,
ils vousseront enlevezpour
lès corderies et les manucfactures de toiles à voiles.Vous
vendrez la filasse brute; vous aurez à
en
fournir aux papéteries quimanquent
aussi de matièrepremière,
vu l’em- ploi considérable quise faitdu
papierde
toutes les qualités dans toute l’étendue de laRépublique
la multiplicité des pressesen consomme étonnemmeht;
il n’est point d’art qui soit plusen
activité que celuide
l’imprimerie.Cultivateurs,vous avez un double avantage dans la culture
du
chanvre, il vous
donne deux
produits et ehpeu
de temps.Le
chenevis Vous présente plusieurs usages, outre celuidu
semis. 'Vous en
exprimerezde
l’huiie , vousen
nourrirez la volaille. Cette huile estun peu
âcre.On
parviendraun
jour à là rectifier pour larendre comestibleà défaut d’autre huile Elle servira toujours à brûler' et àdifférents arts.Le
prerdièt usage que vous ferez sailS doute de cette graine, sera d’en engraisser la volaille; elle^ vous serviradu moins
à l’échauffer si elle est lente à couver,en en donnant
pourtantmodéré- ment.
’Le marc
préssuré qui resteen
tourteau après qu’onen
aexprimé
l’huile, est êïicôre du- goût des bestiaux^ dès porcs sür-tout qu’iî engraisse.De
plus, c’estune
matière combustible qui attise le feu lorqu’on n’àque du
bois vert:à brûler.
Tant
d’avantagesne
doivent-ils pas faireembrasser
ce genrede
culture sipeu
usitéparmi
nous, puisqu’il est àla portéedu
plus petit cultivateur. Il n’est pointde
canton y pointde
Communes dans
le Districtde
Montpellieroù
l’onne
put cultiver le chanvre à diverses fins 9dont
ilsrésulteroitun
bien généraly et le bien public doitanimer
toutbon
citoyen.Le
bienfaitdu gouvernement
qui fait importerdu
chenevi?doit encourager à sa culture
; les besoins
de
lamarine
et des artsen
fontun
devoir.EXTRAIT du Procès-verbal des Séances publiques de rAdmiiiistration du Département
de l’Hérault.
Du 27 Germinal
yfan
troisième de la République"Française
y une et indivisible*
Un Membre
a dit:La Commission
d’agriculture et des arts ainformé
l’Administrationy
que
leGouvernement
avoit chargéun
négociant Français d’acheter àGênes
, etdans
le ci-devantPiémont, de
la grainede
chenevis, etd’en expédier
une
partie
pour
le portde
Sette.Cette
Commission
adémontré en même -temps
l’importancede
la culturedu
chanvre, etexprimé
le désirque
lesÇA
t6
négocîans fussent invités à faire
de
la grainede
chenevisfune branche de
leur industrie.Les
Districts ont été chargés de faire ces invitationsy et l’Administration àen
outredemandé
qu’ils fissent connoître l’état actuelde
la culturedu
chanvre ^si cette culture étoit usitée ^ quelle étoit l’espècede
terrein qu’on pourroit lui affectery et quels étoient les cantons qui pourroient produire davantage.Le
citoyenAmoreux médecin
naturaliste a dressé y sur l’invitation qui luien
a été faitepar l’Agent national près le Districtde
Montpellier,une
instruction sur l’importancede
la culturedont
il s’agitj et le conseilde
ce District vientde
transmettre ladite instruction à l’Administration,en
lui proposantde
la faire imprimer.Surquoi
, lecturefaite
de
l’instruction dréssée parleCitoyen
Amoreüx
,sur l’importancede
la culturedu
chanvredans
le*District
de
Montpellier, l’Administrationdu Département
,
reconnoissant que cette culture doit procurer
un
avantage considérable à ses administrés, et les mettre àmême de
se pourvoir de toiles etde
cordes -Arrête
que ladite instruction seraimprimée
aunombre de
mille exemplaires in-4°. et qu’elle sera distribuéedans
toutes les